Partagez
Voir le sujet précédentAller en basVoir le sujet suivant
avatar
Violet
Bon génie

la providence et l'optimisme : toujours plus de doutes...je ne m'en sors pas.

par Violet le Jeu 27 Jan 2011 - 15:25
Faites-vous une différence entre les deux ? Embarassed
Car pour moi, les philosophes optimistes estiment que Dieu n'a pas pu créer un monde parfait donc y a mis une petite qtité de mal et tout mal n'est qu'un rouage car le monde évolue vers un bien général plus important.
Or la providence c'est bien l'idée que Dieu est sage et nous amène vers une fin heureuse...
Pour moi c'est à peu près pareil mais des élèves font la différence dans leur commentaire et je ne trouve pas cela très pertinent... Voltaire écrit bien contre Leibniz, les optimistes et la croyance en la providence ? (poème sur le désastre et Candide)


Dernière édition par Violet le Dim 30 Jan 2011 - 10:22, édité 1 fois
avatar
dorémy
Esprit éclairé

Re: la providence et l'optimisme : toujours plus de doutes...je ne m'en sors pas.

par dorémy le Jeu 27 Jan 2011 - 15:34
Pour moi la providence vient de l'extérieur (une situation est providentielle) alors que l'optimisme est un sentiment intérieur (je suis optimiste). Je me rappelle que mon prof de 1ère faisait une différence entre la providence et le hasard (pour l'épisode ou Candide et Cacambo se laissent aller sur le fleuve avant d'arriver en Eldorado.)
avatar
Violet
Bon génie

Re: la providence et l'optimisme : toujours plus de doutes...je ne m'en sors pas.

par Violet le Jeu 27 Jan 2011 - 15:45
oui moi aussi, je fais une différence entre providence et hasard.
Mon souci est plutôt entre la philo optimiste de Leibniz et la providence.
avatar
ysabel
Devin

Re: la providence et l'optimisme : toujours plus de doutes...je ne m'en sors pas.

par ysabel le Jeu 27 Jan 2011 - 18:27
qq éléments sur l'Optimisme que je donne aux élèves :




La question centrale des Essais de théodicée est bien celle du mal (c'est aussi pour cette raison qu'on la retrouve dans Candide : répondant à Leibniz, Voltaire se place sur le même terrain que lui) : comment un Dieu nécessairement tout-puissant et infiniment bon peut-il tolérer l'existence du mal au sein de sa création ? La réponse de Leibniz est là encore très rationnelle : il commence par affirmer que l'idée du bien est une idée abstraite, et que seule l'idée du meilleur est véritablement concrète. On ne choisit donc jamais vraiment entre le bien et le mal, mais entre le meilleur et le pire. Il en est ainsi de Dieu qui, voulant faire le bien, choisit en fait le meilleur : le monde qu'il a créé n'est donc pas, par définition, un monde bon, mais « le meilleur des mondes possibles ». Or Dieu n'a pas créé le monde par petites touches successives, mais d'un seul coup : ce qui importe dès lors n'est pas que chaque élément du monde soit bon, mais que l'ensemble du monde ainsi créé soit le meilleur possible.

L'équilibre de ce monde peut de plus nécessiter la réalisation de possibles peu satisfaisants : un mal peut ainsi être la condition nécessaire d'un bien supérieur. Il ne faut donc pas juger de la bonté du monde par le détail, mais par l'ensemble. La question n'est en effet pas de savoir s'il y a du mal dans le monde (c'est une évidence), mais si ce monde est bien, dans sa totalité, dans l'ensemble qu'il forme, « le meilleur des mondes possibles ». Cela conduit finalement Leibniz à considérer que le tout que forme le monde est le meilleur possible, même si certaines de ses parties relèvent du mal : ces mauvaises parties sont en effet nécessaires à l'équilibre du meilleur tout possible. Aussi ne faut-il pas regarder le monde dans ses détails, mais dans sa globalité : le mal, dès lors, disparaît au profit du meilleur. Dieu se trouve donc disculpé de l'existence d'un mal qu'il aurait pu éradiquer.

On le voit, l'une des notions centrales de la théorie leibnizienne est celle du « meilleur », qu'il substitue au bien pour envisager la question du mal. Or en latin, « le meilleur » se dit optimum : la doctrine de Leibniz a trouvé là son nom, l'optimisme.


_________________
« vous qui entrez, laissez toute espérance ». Dante

« Il vaut mieux n’avoir rien promis que promettre sans accomplir » (L’Ecclésiaste)
avatar
Violet
Bon génie

Re: la providence et l'optimisme : toujours plus de doutes...je ne m'en sors pas.

par Violet le Jeu 27 Jan 2011 - 19:21
Merci Ysabel.

Mais croire en la providence, un dieu sage qui nous amène vers une fin heureuse, c'est donc bien un peu pareil ? Embarassed (Pardon, je n'arrive plus du tout à réfléchir ce soir...)
avatar
ysabel
Devin

Re: la providence et l'optimisme : toujours plus de doutes...je ne m'en sors pas.

par ysabel le Jeu 27 Jan 2011 - 19:38
ah non, rien à voir.

_________________
« vous qui entrez, laissez toute espérance ». Dante

« Il vaut mieux n’avoir rien promis que promettre sans accomplir » (L’Ecclésiaste)
avatar
Reine Margot
Demi-dieu

Re: la providence et l'optimisme : toujours plus de doutes...je ne m'en sors pas.

par Reine Margot le Jeu 27 Jan 2011 - 19:45
Non, l'optimisme de Leibniz suppose que Dieu a calculé le monde le meilleur possible (c'est à dire imparfait), mais en quelque sorte, il n'y touche plus après et n'intervient pas. tandis que la providence divine suppose une divinité toujours agissante.

_________________
Que le cul leur pèle, et que les bras leur raccourcissent!
avatar
Violet
Bon génie

Re: la providence et l'optimisme : toujours plus de doutes...je ne m'en sors pas.

par Violet le Jeu 27 Jan 2011 - 21:03
merci ! c'est beaucoup plus clair.
avatar
Violet
Bon génie

Re: la providence et l'optimisme : toujours plus de doutes...je ne m'en sors pas.

par Violet le Dim 30 Jan 2011 - 10:21
Bon j'ai continué à me documenter et je croyais avoir bien compris la différence entre les deux grâce à vous Ysabel et Marquise.

Dans le poème sur le désastre, il me semble que Voltaire remet en cause à la fois les thélogiens chrétiens (la punition divine) et les optimistes.
Donc il remet en cause à la fois la providence (dieu bon vu comme une force toujours agissante, et menant les hommes vers un futur meilleur) et les optimistes (il ne faut regarder le monde que dans sa globalité, le mal n'est qu'une composante).

Mais en feuilletant le Lagarde et Michard, je lis dans le chapitre sur voltaire et la providence (XVIII p. 160) : "La question de la Providence occupe particulièrement Voltaire pendant son séjour aux délices. Comment concilier l'existence du mal avec la bonté du créateur ? Selon les optimistes Leibnitz, Pope, Wolf "tout est pour le mieux..." et en fin de paragraphe, il est écrit "la Providence organise le monde de sorte que tout mal est compensé par un bien infiniment plus grand."
Pour moi, là, cette dernière phrase porte à confusion car cette histoire de mal compensé par un bien, ce n'est pas la providence mais l'optimisme...

Donc, j'ai quand même l'impression pour l'avoir lu dans plusieurs ouvrages que la confusion providence / optimisme est souvent faite...
De plus, la réponse de Rousseau porte bien sur la providence...
Ou alors c'est parce que je suis débile et que parfois le terme providence est vu dans une acception plus générique et parfois comme un terme plus précis ?

Bref, je me prends toujours la tête sur ces deux notions en me disant pendant 5 minutes qu'elles sont très différentes puis en me disant qu'elles sont proches...

Est-ce grave si mes élèves confondent les deux ?
Que pensez-vous de mes dernières interrogations ?
avatar
Chocolat
Guide spirituel

Re: la providence et l'optimisme : toujours plus de doutes...je ne m'en sors pas.

par Chocolat le Dim 30 Jan 2011 - 10:50
Je n'ai pas trop le temps de développer ce matin, mais je pense qu'il est grave que l'on confonde optimisme et providence, parce que la première invite à l'action et la seconde à l'inaction.

Voltaire critique la providence, et Leibniz, mais pas l'optimisme (il me paraît d'ailleurs indispensable que les élèves comprennent l'évolution de l'acception du terme, avant tout).


Je crois qu'il est toujours intéressant de convoquer Kant, avant de trancher sur la question:

« Les Lumières, c’est la sortie de l’homme hors de l’état de tutelle dont il est lui-même
responsable. L’état de tutelle est l’incapacité de se servir de son entendement sans la
conduite d’un autre. On est soi-même responsable de cet état de tutelle quand la cause
tient non pas à une insuffisance de l’entendement mais à une insuffisance de la résolution
et du courage de s’en servir sans la conduite d’une autre. Sapere aude ! Aie le courage de
te servir de ton propre entendement ! Voilà la devise des Lumières »


_________________

La réforme du collège décryptée sur un site indépendant et apolitique :
http://www.reformeducollege.fr/
avatar
Violet
Bon génie

Re: la providence et l'optimisme : toujours plus de doutes...je ne m'en sors pas.

par Violet le Dim 30 Jan 2011 - 10:54
En quoi l'optismisme invite-t-il à l'action ?

Pourquoi dis-tu que voltaire critique la providence et Leibnitz mais pas l'optimisme ? L. n'est-il pas un philosophe optimiste ?

Je suis encore plus perdue qu'avant... titanic
avatar
Chocolat
Guide spirituel

Re: la providence et l'optimisme : toujours plus de doutes...je ne m'en sors pas.

par Chocolat le Dim 30 Jan 2011 - 10:57
pale Et m... je savais que j'aurais dû me taire! :marteau: Laughing

Il est pour quand, ton cours?

_________________

La réforme du collège décryptée sur un site indépendant et apolitique :
http://www.reformeducollege.fr/
avatar
Violet
Bon génie

Re: la providence et l'optimisme : toujours plus de doutes...je ne m'en sors pas.

par Violet le Dim 30 Jan 2011 - 11:10
demain...
avatar
Chocolat
Guide spirituel

Re: la providence et l'optimisme : toujours plus de doutes...je ne m'en sors pas.

par Chocolat le Dim 30 Jan 2011 - 11:30
mp Violet

_________________

La réforme du collège décryptée sur un site indépendant et apolitique :
http://www.reformeducollege.fr/
Contenu sponsorisé

Re: la providence et l'optimisme : toujours plus de doutes...je ne m'en sors pas.

par Contenu sponsorisé
Voir le sujet précédentRevenir en hautVoir le sujet suivant
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum