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mav80
Niveau 5

Re: Stephen King enseigné au lycée ?

par mav80 le Dim 30 Jan 2011 - 19:31
Je (ne) suis (que) linguiste, mais j'ajouterais que les traductions peuvent être infidèles au texte dans le détail, même si elles rendent l'ensemble de l'oeuvre. Et qu'elles peuvent être en bon français, mais pleines de contresens. Donc, pour les analyser en détail, il faudrait pouvoir comparer la traduction et l'original.
Un exemple classique : Nerval traduisant le Faust 1 de Goethe : heisse Magister, heisse Doktor gar : le Docteur Gar ! (je suis maître et même Docteur)
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John
Médiateur

Re: Stephen King enseigné au lycée ?

par John le Dim 30 Jan 2011 - 19:32
La valeur littéraire de King, c'est encore autre chose.

Violet, je ne suis pas sûr que beaucoup d'élèves lisent encore King d'eux-mêmes Wink

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Violet
Bon génie

Re: Stephen King enseigné au lycée ?

par Violet le Dim 30 Jan 2011 - 19:34
Certains y viennent à cause des films et téléfilms je pense...enfin, les quelques élèves qui lisent encore des livres sans images... Laughing
User5899
Dieu de l'Olympe

Re: Stephen King enseigné au lycée ?

par User5899 le Dim 30 Jan 2011 - 21:14
@Nikita a écrit:
Cripure a écrit:. En revanche, il me semble que King est très intéressant à lire sur de longues plages, sur la façon de construire ses livres, sur sa technique d'anticiper les solutions sans que le lecteur sache d'abord quoi faire des détails donnés (dans _ÇA_, par exemple, la tortue apparaît très tôt sur la boîte de cirage que va chercher Georgie, mais ce n'est que 1200 pages plus loin que cet animal trouve tout son sens). Donc des LA d'extraits, je suis quelque peu sceptique. Mais sa vision de l'Amérique, des enfants (enfin des enfants ignobles et pas des petits nenfants tout mignons tout plein !) me semblent mériter mieux que le dédain de quelques cuistres.



J'ai lu que dans un lycée des élèves de première avec option cinéma ( ouh les chanceux !) avaient étudié en litt/ciné Shinning version livre, version film ... Le rêve ( en tant qu'élève ou que prof, telle est la question ) !

Je suis entièrement d'accord qu'il faudrait des pages et des pages pour rendre compte d'un effet de S.K... Je crois que je vais me résoudre à faire comme d'habitude ... Evoquer quelques possibilités, en discuter à la pause avec les élèves les plus intéressés et fermer la porte en me disant : " si seulement ... "

Ah, et pour _Shining_, il y a le film de Kubrick, bien sûr, mais il y a également un téléfilm de trois fois 1h20, supervisé par King lui-même, assez éloigné de Kubrick (qui s'est pas mal éloigné du roman...) et qui tient assez bien la route, je trouve. Sinon, j'avais lu avec des secondes jadis _Misery_, pour parler de la relation du public au personnage.
User5899
Dieu de l'Olympe

Re: Stephen King enseigné au lycée ?

par User5899 le Dim 30 Jan 2011 - 21:23
@John a écrit:Ce qui me froisse, Cripure, c'est qu'il suffit de taper sur google "lecture analytique" et "texte traduit" ou "traduction" pour voir ce qu'il en est :

1) http://media.education.gouv.fr/file/Formation_continue_enseignants/57/1/enseigner_oeuvres_litteraires_en_traduction_109571.pdf
Comprendre les enjeux littéraires d’un texte traduit nécessite une approche méthodique et rigoureuse, distincte de la lecture analytique d’un texte écrit en français. La principale caractéristique de cette démarche consiste à prendre en compte le processus de translation d’une langue, d’une culture, d’une époque à une autre. Ce qui constitue un filtre entre le texte et le lecteur peut devenir, dans un apparent paradoxe, une médiation vers la saisie du sens. Non par le recours à la langue de l’écriture originale, qui n’est envisageable, dans le cadre scolaire, que sur des termes isolés ou de courts extraits, mais par des activités spécifiques, comme la comparaison de différentes traductions. En repérant et en analysant les obstacles linguistiques et culturels auxquels les traducteurs ont été confrontés, en observant les choix qu’ils ont effectués, le lecteur est conduit à interroger le texte et à construire une réflexion critique, c’est-à-dire à effectuer un véritable travail littéraire sur les oeuvres.

Cet ouvrage ne propose que la lecture analytique comparative comme possibilité de lecture analytique d'un texte en langue étrangère (idem ici : http://www4b.ac-lille.fr/~scc/fichiers/p5/utopie_article.pdf)

2) IA-IPR de Nantes - Charte des examinateurs des EAF
2.2 Peut-on interroger sur un texte traduit?
« Nous vous conseillons vivement de ne faire porter les lectures analytiques que sur des textes d’auteurs écrivant en français, tant pour les groupements de textes que pour les oeuvres intégrales. Nous alertons les collègues sur le fait qu’une traduction est déjà une interprétation et que l’analyse des faits de style d’un texte traduit, sauf à comparer entre elles plusieurs traductions d’un même texte , ne saurait conduire les élèves et le professeur qu’à des remarques dont la justesse est souvent sujette à caution.
Il va de soi que les lectures cursives, lesquelles ne comportent pas d’analyse extrêmement précise de faits de style, peuvent avoir pour objet
– et cela est même fortement conseillé – des textes et oeuvres de littérature étrangère. » (extrait du bilan de l’épreuve 2007)

3) IA-IPR de Rouen : http://lettres.ac-rouen.fr/information/iaipr_letrouen/lycee/iaipr_rouen_lyc.pdf

N.B. Pour éviter de mettre les candidats et leurs examinateurs en difficulté, il est préférable de n'étudier en lecture analytique que des oeuvres et des textes de littérature française ou francophone ; les textes étrangers abordés en traduction peuvent faire l'objet d'une lecture cursive pour enrichir le corpus d'une séquence mais ne devraient pas pouvoir être donnés pour la première partie de l'épreuve (lecture analytique d'un texte à partir d'une question).

4) IA-IPR de Toulouse
Les oeuvres en traduction se prêtent mal à l'exercice de lecture analytique, qui demande à s'appuyer sur l'observation précise de la langue. Pour le descriptif des lectures et activités à l'EAF, en fin de classe de première, on évitera absolument de proposer dans le cadre des lectures analytiques des oeuvres ou des extraits traduits, et on les réservera aux lectures complémentaires et cursives. Cependant la question reste intéressante et nous restons attentif à son évolution. Le patrimoine de la littérature antique, l'ouverture des programmes sur les littératures européennes, invitent à aborder des oeuvres traduites. L'on peut certes observer, même en traduction, des macrostructures du texte : composition et structure du passage, mouvement grammatical de la phrase, thématique abordée ou argumentation proposée. Il est possible de construire une lecture beaucoup plus détaillée que la seule lecture cursive. L'exercice est donc exploitable à divers niveaux de classe, du collège au lycée, à condition de l'annoncer clairement. Mais l'étude des faits de langue en rapport avec le sens reste néanmoins limitée, sauf à développer une compétence bilingue. On évitera donc, répétons-le, de l'inscrire comme " lecture analytique " au sens plein du terme, dans une classe d'examen.
http://pedagogie.ac-toulouse.fr/lettres/ipr/pages/faq.html#22.4
Eh bien, John, je suis comme vous je pense professeur de lettres et je lis donc beaucoup, mais très peu de prose administrative. Je n'ai aucune raison de taper ce que vous m'indiquez dans Google, ça ne m'intéresse pas. Le BO qui fixe le programme me suffit. Les considérations des IPR-IA ne m'intéressent pas, elles n'ont aucune valeur légale. J'ai répondu à un membre sur la base de mon expérience d'examinateur, de ma pratique de professeur, des textes officiels, et j'ai posé une question oratoire à propos des textes médiévaux ou de la Renaissance, question fausse qui renvoie à une évidence : l'ancien français est une langue étrangère, et nous étudions des traductions.
Maintenant, chacun se déterminera comme il le voudra, mais vos piques ne sont pas utiles, je trouve. Mais si elles vous amusent... Nous comprendrons.

PS J'ai mis en gras quelques passages dans vos références. Ton péremptoire ici, circonvolutions embarrassées là... Bref, rien de décisif. Tout ce qui est dit sur le texte traduit relève de l'évidence, je n'en change pas une virgule. Mais je soutiens que le texte d'un traducteur peut être lu en classe avec suffisamment de précision. Je soutiens aussi que la première partie de l'épreuve orale est une "réponse organisée à une question", ce qui la rend traitable facilement sur un txete traduit.
PS2 La liberté pédagogique ne s'use que quand on ne s'en sert pas.
User5899
Dieu de l'Olympe

Re: Stephen King enseigné au lycée ?

par User5899 le Dim 30 Jan 2011 - 21:32
@mav80 a écrit:Je (ne) suis (que) linguiste, mais j'ajouterais que les traductions peuvent être infidèles au texte dans le détail, même si elles rendent l'ensemble de l'oeuvre. Et qu'elles peuvent être en bon français, mais pleines de contresens. Donc, pour les analyser en détail, il faudrait pouvoir comparer la traduction et l'original.
Un exemple classique : Nerval traduisant le Faust 1 de Goethe : heisse Magister, heisse Doktor gar : le Docteur Gar ! (je suis maître et même Docteur)
Bien sûr, et rien que sur Montaigne, le nombre d'erreurs des éditions en français contemporain par rapport au texte original est assez impressionnant. Cela implique-t-il que pour un exercice, on se prive de ces textes ?
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thierry75
Niveau 8

Re: Stephen King enseigné au lycée ?

par thierry75 le Dim 30 Jan 2011 - 22:00
Il me semble avoir lu des commentaires positifs de l'inspection concernant l'étude de Shakespeare en 1re. J'ai fait étudier Macbeth pendant des années. Toutes mes listes de bac ont comporté des oeuvres traduites, Orwell, Huxley, Shakespeare. Orwell et Huxley, c'est pour la séquence utopie, contre utopie (celle que les élèves préfèrent). Le travail est conduit différemment sur une oeuvre traduite, c'est clair, quant à Shakespeare, je fais sans cesse référence au texte original.
Quant à King, ce SERAIT uniquement en cursif.
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Nikita
Niveau 2

Re: Stephen King enseigné au lycée ?

par Nikita le Dim 30 Jan 2011 - 22:41
Pour vous donner quelques idées pendant vos cours et si vous avez l'occasion de le feuilleter : une très courte nouvelle de S.K " Laissez venir à moi les petits enfants " présente dans le recueil " Rêves et Cauchemars".

Je n'ai malheureusement pas trouvé la transcription via Internet, mais je vous mets un lien vers une courte analyse qui en a été faite ...

http://rernould.perso.neuf.fr/_Auteurs/zzxnouvelles/zzyvenir.html
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Invité6
Habitué du forum

Re: Stephen King enseigné au lycée ?

par Invité6 le Lun 31 Jan 2011 - 9:36
Comme Violet, je pense que c'est notre rôle de leur faire découvrir la littérature, française ou étrangère, des auteurs "classiques" qui constituent le patrimoine littéraire d'un pays. Mais en LA, je ne fais que des textes français (enfin, étudier Montaigne, ça revient souvent à le traduire pour les élèves...).
J'aime aussi beaucoup Stephen King (et Lovecraft), et il m'arrive d'en parler à mes élèves, mais jamais je ne l'étudierai en classe parce qu'il y a tellement d'autres textes qu'il me semble plus important qu'ils connaissent pour leur culture littéraire.
En collège, quelques nouvelles de King sont parfois étudiées, mais là, on est beaucoup moins dans l'analyse approfondie de l'écriture...
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Nikita
Niveau 2

Re: Stephen King enseigné au lycée ?

par Nikita le Lun 31 Jan 2011 - 10:40
Je suis d'accord avec vous, pour le rôle de faire découvrir des textes appartenant au patrimoine culturel.

Pour ma part c'est un peu "grâce" à S.K et aux bons profs que j'ai eu en 1ère et terminale que j'ai choisi la voie littéraire. Lire du S.K m'a fait descendre dans les "fondamentaux" en littérature.

Je crois que dans une réponse l'un de vous a dit que les élèves n'avaient pas besoin de nous pour lire du S.K, au sens où ils le lisent tout seul ...

Lors de remplacement j'ai été frappée de voir que très très peu d'élèves connaissent cet auteur. Sur 59 secondes, 2 en avaient lu. Et sur 45 premières un seul connaissait ...
Je n'ai pourtant pas tellement de différence d'âge avec eux ( 4 ans avec les redoublants ) et j'ai l'impression d'être vieillie quand ils me regardent avec des yeux ronds l'air de dire " de qui elle a parlé là ?" ... Et ne parlons même pas des films tels Shinning ou Misery ...

L'année dernière j'avais fait une séance ( pendant les grèves donc faible nombre d'élèves ) où j'avais essayé de leur faire découvrir des oeuvres que j'aimais : ça allait de Pascal à King bien évidemment ...

J'ai vu certains noté des titres et des auteurs, par exemple L'Herbe bleue, "ça", La nostalgie de l'Ange ... Mais les auteurs français récents et à la mode ( Musso, Thilliez ... ) n'ont pas ma côte ... Je leur en ai parlé , au cas où mais sans grande conviction.

C'est pour ça hier soir j'ai lu une grande partie des posts et noté quelques oeuvres qui me paraissent pas mal pour réveiller la littérature en 1ère.
Cath
Bon génie

Re: Stephen King enseigné au lycée ?

par Cath le Lun 31 Jan 2011 - 13:24
@Violet a écrit:Je ne ferais pas étudier King à mes élèves de lycée.

Ils le liront. Sans nous. Et tant mieux, c'est sympa à lire.
...

Alors curieusement, il y a quelques (pas mal) d'années, dans chacune de mes classes j'avais au moins un fan de Stephen King.
Aujourdhui, et alors que ses oeuvres n'ont absolument pas vieilli et qu'il écrit toujours, mes élèves ne le connaissent même pas de nom...
Cath
Bon génie

Re: Stephen King enseigné au lycée ?

par Cath le Lun 31 Jan 2011 - 13:29
Sinon, je suis d'accord sur Cripure, en tout cas sur le principe, n'étant pas en lycée général mais en lycée pro.
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Re: Stephen King enseigné au lycée ?

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