Etats généraux de la sécurité à l'école ("nan, nan, rien n'a changé, tout, tout a continué...")

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Etats généraux de la sécurité à l'école ("nan, nan, rien n'a changé, tout, tout a continué...")

Message par Invité le Jeu 17 Fév 2011 - 9:10

http://www.lemonde.fr/societe/article/2011/02/16/les-etats-generaux-de-la-securite-a-l-ecole-n-ont-rien-ameliore_1480672_3224.html

"Les états généraux de la sécurité à l'école n'ont rien amélioré"



LEMONDE.FR | 16.02.11 | 16h36 • Mis à jour le 16.02.11 | 17h41


Au début de l'année 2010, trois agressions dans des lycées du Val-de-Marne avaient réveillé la colère des enseignants, qui étaient descendus dans la rue
pour protester contre le problème de la violence à l'école et celui des
suppressions de postes. Le 16 février, le ministre de l'éducation, Luc Chatel, annonçait des états généraux de la sécurité à l'école, qui se sont tenus les 7 et 8 avril.
Dix mois plus tard, difficile de tirer un premier bilan concluant ;
les mesures, quand elles ont été appliqués, n'en sont qu'à leurs
balbutiements. Pour les syndicats, le fond du problème reste inchangé :
il faut plus de personnel.
Pendant deux jours, ces 7 et 8 avril, 600 personnes (ministres,
représentants de personnels chefs d'établissement...) s'étaient réunis
pour, selon les termes du problème, "comprendre, prévenir, agir". "Les états généraux ont été extrêmement intéressants", reconnaît Thierry Cadart, secrétaire général du SGEN-CFDT. Tellement intéressants qu'"ils ont fait peur au ministre en dévoilant la complexité du problème", ironise-t-il. "Aucun élément ne nous permet de penser que les choses vont mieux aujourd'hui", avance Monique Daune, secrétaire nationale du SNES, syndicat majoritaire dans la second degré.
A l'issue de ces deux jours de débat, Luc Chatel en présente les
conclusions. Côté sanction, il propose d'agir directement sur les "élèves perturbateurs" en allant jusqu'à sanctionner leur parents et entend "faire évoluer les sanctions disciplinaires"
dès la rentrée 2010. Côté prévention, le ministre propose des outils
pour mesurer la violence, former les enseignants et un programme
d'innovation pédagogique.
Isoler les "éléments perturbateurs"."Il ne s'agit pas d'exclure [les élèves perturbateurs]", mais de "les placer dans des structures adaptées, aussi longtemps que nécessaire", disait M. Chatel le 8 avril.L'objectif
des établissements de réinsertion scolaire (ERS) est donc d'accueillir
des collégiens perturbateurs en internat afin de rompre avec leur cadre
de vie habituel. Le premier a ouvert dans l'académie de Nice en
septembre 2010 et on en compte aujourd'hui une dizaine. Après des violences dans des ERS en novembre, des améliorations ont été apportées, notamment en terme de taux d'encadrement.
Mais Thierry Cadart reste très sceptique : "Je ne pense pas
qu'extraire les gamins de leur milieu en les envoyant loin de chez eux
soit une solution, sans compter que les ERS demandent tellement de
moyens humains et financiers qu'il est impossible de les généraliser."
Eric Debarbieux, président du conseil scientifique des états généraux de la sécurité, estime lui aussi que ces ERS "ne résoudront pas le problème". Entre dix et vingt autres ERS seront pourtant crées d'ici la fin de l'année scolaire.
Punir les parents. Début mai, Nicolas Sarkozy avait promis que la proposition de loi du député UMP Eric Ciotti
serait rapidement votée ; elle prévoit de transférer du président du
conseil général à l'inspecteur d'académie la responsabilité de
suspendre, en cas d'abstentéisme répété de l'enfant, les allocations des
parents. La loi a été votée le 29 juin mais il est trop tôt pour un
bilan : celle-ci n'est effective que depuis moins de trois semaines, le
décret ayant été publié le 23 janvier.
Redifinir le barême des sanctions. Luc Chatel l'a reconnu lui-même début janvier dans le journal Libération : "La réforme des sanctions a pris du retard". Le texte, qui prévoit notamment de supprimer les exclusions temporaires de plus de huit jours, est actuellement en débat au Conseil d'Etat et, selon M. Debarbieux, pourrait entrer en application pour la rentrée 2011.
Mesurer la violence. "Tout est prêt", assure cette fois Eric Debarbieux. A la rentrée 2011, une première enquête sociologique dite de "victimation" sera
lancée pour faire un état des lieux de la violence scolaire à travers
un panel de 18 000 collégiens. Cette enquête devrait être biennale.
Former les enseignants. Pour Eric Debarbieux "c'est un chantier majeur et nous en sommes au niveau presque zéro", alors que M. Chatel estimait, auprès de Libération que "c'est l'un des sujets où l'on a le plus avancé". Il y a d'une part le programme "Tenue de classe" qui se décline en dizaines de petites vidéos intitulées, entre autres, "asseoir son autorité" ou "se remettre en cause".
Un programme "très affligeant", pour Monique Daune. "On y présente juste quelques gestes très théoriques présentés commme étant magiques", commente la secrétaire nationale du SNES.
Rejetant cette "caricature", M. Debarbieux rappelle que 80 "formateurs de formateurs" vont être mis en place pour les jeunes professeurs. Mais il admet qu'il s'agit "d'un chemin très long" et qu'"il faudra des années pour aboutir à un résultat" sans compter "le contexte très difficile de suppressions de postes".
Se concentrer sur les établissements difficiles. Le
programme Clair ("Collèges et lycées pour l'ambition, l'innovation et la
réussite") est expérimenté depuis la rentrée 2010 dans 105
établissements difficiles. Mme Daune fustige les risques de "ghettoïsation" et de "stigmatisation des élèves" qui peuvent en découler. Sans compter le risque d'une école à deux vitesses avec les Clair et les non-Clair : "cela va créer des zones concentrées de violence", assène-t-elle.
Le programme se compose d'un volet pédagogique, "pas très original", selon Christian Vitali,
formateur à l'IUFM de Basse-Normandie, et d'un volet vie scolaire, plus
important, centré sur la stabilité de l'équipe pédagogique. Il prévoit
notamment que le chef d'établissement recrute lui-même "les personnels enseignants, d'éducation, administratifs, sociaux et de santé".
"Nous sommes le seul pays au monde à ne pas recruter les enseignants au niveau local", se défend M. Debarbieux. "C'est
toujours le même fantasme idéologique selon lequel si le chef
d'établissement recrutait directement, nous aurions de meilleurs
enseignants"
, rétorque Thierry Cadart. Quant à Mme Daune, elle
regrette le caractère obligatoire du programme, les établissements ne
pouvant refuser d'en faire partie.
Le bilan ? "Nous le verrons l'année prochaine", explique Eric Debarbieux. "Alors pourquoi le ministre a-t-il d'ores et déjà annoncé que ce programme allait être élargi à la rentrée 2011 ?", répond Monique Daune.
Renforcer la présence sécuritaire. Les équipes
mobiles de sécurité (EMS) ont été renforcées. Mises en place à la
rentrée 2009, elles sont composées de personnels de l'éducation et de
spécialistes de la sécurité et ont pour mission d'intervenir en cas de
tension dans les établissements pour prévenir les éventuelles explosions
de violence. C'est peut-être la seule mesure qui fait à peu près
consensus et il a été décidé lors des états généraux d'élargir leur
présence et leurs interventions.
Mais les états généraux ont crée une seconde mesure, plus innovante : installer dans 53 lycées "particulièrement sensibles" un bureau destiné à un policier ou un gendarme référent. A la rentrée 2010, Luc Chatel avait déclaré qu'"il y en [avait] déjà" dans certains établissements et que les autres se mettront "progressivement"
en place. Mais au ministère, on refuse catégoriquement de communiquer
sur le sujet ; impossible de savoir quels sont les lycées concernés, et
ce pour éviter toute "stigmatisation". On saura juste que ni le
lycée Darius-Milhaud du Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne), où un élève
était mort poignardé en janvier 2010, ni l'établissement Adoplhe-Chérioux de Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne), où un élève avait été blessé au couteau en février, ne seront concernés.
A venir : lutter contre la cyberviolence. C'est le
dernier cheval de bataille d'Eric Debarbieux : enrayer la cyberviolence
(SMS ou mails injurieux par exemple) et les harcèlements, les petites
violences répétées. "C'est le sujet dont tout le monde parle",
assure M. Debarbieux, d'après qui cela concerne 9 à 10 % des enfants.
Des propositions à ce sujet devraient rendues publiques d'ici le mois de
mai.


Hélène Bekmezian

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Re: Etats généraux de la sécurité à l'école ("nan, nan, rien n'a changé, tout, tout a continué...")

Message par nhebbek le Jeu 17 Fév 2011 - 13:34

N'empêche, que la "sécurité" à l'école soit devenue un problème, quelle régression! Progrès technologiques: de la bonne volonté et des résultats encourageants.
Progrès humains: il faut vous ressaisir d'urgence! Avertissement! :colere:
Sur quelle planète sommes-t-on???

nhebbek
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