le fil pour discuter sans se crier dessus de ce qu'est le socle commun
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Re: le fil pour discuter sans se crier dessus de ce qu'est le socle commun
V.Marchais a écrit:Le problème, c'est qu'en demandant aux professeurs de chaque établissement de réfléchir à la mise en oeuvre du socle, on leur demande de faire le travail de l'IG. Or l'IG, comme son nom l'indique, est générale, nationale, alors que le travail des professeurs, qu'ils n'ont de toute façon pas le temps de faire, ne peut être que fragmentaire.
+1
Pili- Expert spécialisé
Re: le fil pour discuter sans se crier dessus de ce qu'est le socle commun
Le problème que soulève Celeborn est peut-être LE problème majeur que nous pose le socle: les modalités de l'évaluation de son acquisition. Les documents officiels qu'on a en restent souvent aux principes.
Puisque le socle est le minimum indispensable que tout élève de France se doit d'acquérir, son évaluation devrait se faire sur des critères de réussite nationaux qui en garantissent la fiabilité. Pour une performance donnée, un élève doit réussir (ou pas) de la même façon quel que soit l'endroit où il est évalué. Mais bon, le problème se pose déjà avec les harmonisations de notes au bac par exemple.
Puisque le socle est le minimum indispensable que tout élève de France se doit d'acquérir, son évaluation devrait se faire sur des critères de réussite nationaux qui en garantissent la fiabilité. Pour une performance donnée, un élève doit réussir (ou pas) de la même façon quel que soit l'endroit où il est évalué. Mais bon, le problème se pose déjà avec les harmonisations de notes au bac par exemple.
Dernière édition par kensington le Mar 22 Fév 2011 - 14:21, édité 1 fois

kensington- Erudit
Re: le fil pour discuter sans se crier dessus de ce qu'est le socle commun
Tout pareil que ma copine Véronique!

Audrey- Bon génie
Re: le fil pour discuter sans se crier dessus de ce qu'est le socle commun
J'ai lu, et continue également à lire la documentation que je trouve sur le socle et la pédagogie par compétences, officielle ou non. Je pense qu'il faut lire les deux, "pro" compétences ou son contraire.
Je rajouterai à la bibliographie les références suivantes, déjà mentionnées dans d'autres posts mais autant tout centraliser et mutualiser :-)
http://www.skolo.org/spip.php?article1099&lang=fr
http://retraitbaseeleves.files.wordpress.com/2010/12/lpc-pour-les-nuls2010.pdf
http://retraitbaseeleves.files.wordpress.com/2010/12/2011_forum_du_4_decembre_paris.pdf
http://retraitbaseeleves.files.wordpress.com/2010/07/du-marche-du-travail-au-marche-des-travailleursv2.pdf
Quels que soient les problèmes de "forme", de mise en place du socle etc, je ne peux pour ma part dissocier la forme du fond. Ma conscience m'en empêche. J'attends toujours des arguments solides et convaincants sur le bien-fondé du socle: est-il légitime, moral..que l'école ait pour but de former une main d'œuvre souple pour le marché du travail? La longue liste des sources officielles ne semble pas y répondre, on y traite surtout du "comment", du "qu'est-ce que c'est".
Je rajouterai à la bibliographie les références suivantes, déjà mentionnées dans d'autres posts mais autant tout centraliser et mutualiser :-)
http://www.skolo.org/spip.php?article1099&lang=fr
http://retraitbaseeleves.files.wordpress.com/2010/12/lpc-pour-les-nuls2010.pdf
http://retraitbaseeleves.files.wordpress.com/2010/12/2011_forum_du_4_decembre_paris.pdf
http://retraitbaseeleves.files.wordpress.com/2010/07/du-marche-du-travail-au-marche-des-travailleursv2.pdf
Quels que soient les problèmes de "forme", de mise en place du socle etc, je ne peux pour ma part dissocier la forme du fond. Ma conscience m'en empêche. J'attends toujours des arguments solides et convaincants sur le bien-fondé du socle: est-il légitime, moral..que l'école ait pour but de former une main d'œuvre souple pour le marché du travail? La longue liste des sources officielles ne semble pas y répondre, on y traite surtout du "comment", du "qu'est-ce que c'est".

Fantômette- Niveau 9
Re: le fil pour discuter sans se crier dessus de ce qu'est le socle commun
est-il légitime, moral..que l'école ait pour but de former une main d'œuvre souple pour le marché du travail?
Qu'elle permette aux élèves de trouver à terme un travail, ça me semble important.
Mais elle n'a pas que ce rôle-là, d'où l'intérêt d'items comme la culture humaniste ou l'engagement citoyen.
Je dirais que ce n'est pas cette question-là qui permettra d'expliquer une opposition à l'idée de socle commun.
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John- Admin
Re: le fil pour discuter sans se crier dessus de ce qu'est le socle commun
les compétences clés sont essentielles dans une société fondée sur la connaissance et garantissent davantage de souplesse de la main d’œuvre. (…). Elles constituent également un facteur essentiel d’innovation, de productivité et de compétitivité » (recommandation adoptée par le Conseil de l'Union européenne, citée dans le rapport sur les livrets de compétences par l'Inspection générale de l'Education nationale p8). Ce sont d'autres sources officielles qu'il ne faut pas négliger de lire, pour bien savoir ce qu'on fait en effet.
Extrait à remettre dans son contexte : http://europa.eu/legislation_summaries/education_training_youth/lifelong_learning/c11090_fr.htm
On peut y lire également (la mise en gras est de moi) :
Huit compétences clés
Le présent cadre définit huit compétences clés et décrit les connaissances, aptitudes et attitudes essentielles qui sont attachées à chacune d'elles. Ces compétences clés sont :
* la communication dans la langue maternelle qui est la faculté d'exprimer et d'interpréter des concepts, pensées, sentiments, faits et opinions oralement et par écrit (écouter, parler, lire et écrire), et d'avoir des interactions linguistiques appropriées et créatives dans toutes les situations de la vie sociale et culturelle ;
* la communication en langues étrangères qui implique, au-delà des mêmes compétences de base que celles de la communication dans la langue maternelle, la médiation et la compréhension des autres cultures. Le degré de maîtrise dépend de plusieurs facteurs et des capacités d'écouter, de parler, de lire et d'écrire ;
* la compétence mathématique et les compétences de base en sciences et technologies. La compétence mathématique est l'aptitude à développer et appliquer un raisonnement mathématique en vue de résoudre divers problèmes de la vie quotidienne, l'accent étant mis sur le raisonnement, l'activité et le savoir. Les compétences de base en sciences et technologies renvoient à la maîtrise, à l'emploi et à l'application des connaissances et méthodologies servant à expliquer le monde de la nature. Elles supposent une compréhension des changements liés à l'activité humaine et à la responsabilité de tout individu en tant que citoyen ;
* la compétence numérique qui implique l'usage sûr et critique des technologies de la société de l'information (TSI) et, donc, la maîtrise des technologies de l'information et de communication (TIC) ;
* apprendre à apprendre liée à l'apprentissage, à la capacité à entreprendre et organiser soi-même un apprentissage à titre individuel ou en groupe, selon ses propres besoins, à avoir conscience des méthodes et des offres ;
* les compétences sociales et civiques. La compétence sociale renvoie aux compétences personnelles, interpersonnelles et interculturelles ainsi qu'à toutes les formes de comportement d'un individu pour participer de manière efficace et constructive à la vie sociale et professionnelle. Elle correspond au bien-être personnel et collectif. La compréhension des codes de conduite et des usages des différents environnements dans lesquels l'individu évolue est essentielle. Par ses compétences civiques, notamment sa connaissance des notions et structures sociales et politiques (démocratie, justice, égalité, citoyenneté et droits civils), un individu peut assurer une participation civique active et démocratique ;
* l'esprit d'initiative et d'entreprise qui consiste en la capacité de passer des idées aux actes. Il suppose créativité, innovation et prise de risques, ainsi que la capacité de programmer et de gérer des projets en vue de la réalisation d'objectifs. L'individu est conscient du contexte dans lequel s'inscrit son travail et est en mesure de saisir les occasions qui se présentent. Il est le fondement de l'acquisition de qualifications et de connaissances plus spécifiques dont ont besoin tous ceux qui créent une activité sociale ou commerciale ou qui y contribuent. Cela devrait inclure la sensibilisation aux valeurs éthiques et promouvoir la bonne gouvernance ;
* la sensibilité et l'expression culturelles qui implique la conscience de l'importance de l'expression créatrice d'idées, d'expériences et d'émotions sous diverses formes (musique, arts du spectacle, littérature et arts visuels).
Invité- Invité
Re: le fil pour discuter sans se crier dessus de ce qu'est le socle commun
V.Marchais a écrit: refuser de voir le contexte idéologique dans lequel s'inscrit le développement du SCCC, celui d'une Europe économique fort peu soucieuse de culture et de liberté, et la rupture que cela constitue avec une autre idéologie, celle des Lumières, qui a présidé à la fondation de l'école telle que nous l'avons connue, me semble un terrible aveuglement.
Oui j'ai sans doute mal formulé la question. Véronique Marchais a parfaitement exprimé ce que je pense.

Fantômette- Niveau 9
Re: le fil pour discuter sans se crier dessus de ce qu'est le socle commun
Milasaintanne, mais tu es bien d'accord qu'on ne peut pas évaluer l'expression créatrice d'idées ou la sensibilisation aux valeurs éthiques ? C'est un non-sens. Et cette évaluation est impossible, que ce soit par des notes ou par des cases...
C'est comme mettre une note à Guernica ou cocher une case "Acquis" à Médecins sans frontières... Moi c'est l'impossibilité - voire l'illégitimité - de l'évaluation dans ces domaines qui me gène.
C'est comme mettre une note à Guernica ou cocher une case "Acquis" à Médecins sans frontières... Moi c'est l'impossibilité - voire l'illégitimité - de l'évaluation dans ces domaines qui me gène.
Dernière édition par John le Mar 22 Fév 2011 - 14:42, édité 1 fois
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John- Admin
Re: le fil pour discuter sans se crier dessus de ce qu'est le socle commun
Non, non, Fantômette, tu formules très bien toi-même, je me contente de passer la seconde couche...
Merci pour les liens vers d'autres analyses.
Merci pour les liens vers d'autres analyses.

V.Marchais- Monarque
Re: le fil pour discuter sans se crier dessus de ce qu'est le socle commun
John a écrit:Milasaintanne, mais tu es bien d'accord qu'on ne peut pas évaluer l'expression créatrice d'idées ou la sensibilisation aux valeurs éthiques ? C'est un non-sens. Et cette évaluation est impossible, que ce soit par des notes ou par des cases...
C'est comme mettre une note à Guernica ou cocher une case "Acquis" à Médecins sans frontières... Moi c'est l'impossibilité - voire l'illégitimité - de l'évaluation dans ces domaines qui me gène.
Yeap. Et ce n'est pas le moindre des paradoxe de l'évaluation par compétences que de glisser, précisément, de l'évaluation de compétences à proprement parler (n'est-ce pas déjà ce que nous évaluons quand nous notons un devoir de grammaire, de maths ou une rédac ?)à celle des individus.
Par ailleurs, il ne faut pas non plus se leurrer sur l'opportunité d'une telle banque de donnée sur les citoyens-travailleurs à l'heure d'Edwige and Co. Et c'est nous qui la renseignerions la bouche en coeur, cette banque de donnée qui concerne autant la souplesse et "l'éthique" du citoyen (??? mêmes réserves que toi, John) que les connaissances ?!

V.Marchais- Monarque
Re: le fil pour discuter sans se crier dessus de ce qu'est le socle commun
John a écrit:Milasaintanne, mais tu es bien d'accord qu'on ne peut pas évaluer l'expression créatrice d'idées ou la sensibilisation aux valeurs éthiques ?
On ne peut pas l'"évaluer" mais on peut faciliter le contexte pour la faire naître.
C'est là l'essentiel de la démarche de l'enseignement par compétences....
Si on prend ces deux exemples qui portent sur l'initiation à la démarche scientifique, je pense que les enfants en sauront plus à l'issue de cette initiation que s'ils avaient eu à apprendre des formules par coeur.
http://danslapeaudunchercheur.ning.com/
http://www.culture-primaire.be/les-eleves-collaborent-avec-anh-tuan-du-podcast-scientifique-cest-pas-faux-tv/
Invité- Invité
Re: le fil pour discuter sans se crier dessus de ce qu'est le socle commun
On ne peut pas l'"évaluer"
Bon ben alors on ne peut pas remplir le livret de compétences (?)
Si on prend ces deux exemples qui portent sur l'initiation à la démarche scientifique
Ah non non, la démarche scientifique, même moi je peux l'évaluer, ce n'est pas ça qui me pose problème. Ce qui me gêne, ce sont les items de créativité, d'éthique, etc.
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John- Admin
Re: le fil pour discuter sans se crier dessus de ce qu'est le socle commun
V.Marchais a écrit:John a écrit:Milasaintanne, mais tu es bien d'accord qu'on ne peut pas évaluer l'expression créatrice d'idées ou la sensibilisation aux valeurs éthiques ? C'est un non-sens. Et cette évaluation est impossible, que ce soit par des notes ou par des cases...
C'est comme mettre une note à Guernica ou cocher une case "Acquis" à Médecins sans frontières... Moi c'est l'impossibilité - voire l'illégitimité - de l'évaluation dans ces domaines qui me gène.
Yeap. Et ce n'est pas le moindre des paradoxe de l'évaluation par compétences que de glisser, précisément, de l'évaluation de compétences à proprement parler (n'est-ce pas déjà ce que nous évaluons quand nous notons un devoir de grammaire, de maths ou une rédac ?)à celle des individus.
J'ai eu le même échange avec ma collègue prof d'H/Gé, très investie dans les compétences, et elle m'a expliquée qu'après le travail qu'elle aurait mené avec les élèves sur l'étude de Guernica, ils y seraient forcément sensibles... Je crois qu'on ne met pas la même chose derrière le mot...

Héliandre- Neoprof expérimenté
Re: le fil pour discuter sans se crier dessus de ce qu'est le socle commun
Sauf si l'ennui peut-être considéré comme une certaine forme de sensibilité...
(Attention, je ne dis pas que Guernica m'ennuie... mais à force de vouloir à tout prix faire sentir quelque chose à nos élèves, on peut aussi finir par les dégoûter.)
Non, ce qui me gêne, moi, c'est l'idée qu'on puisse réellement croire qu'on peut juger de la sensibilité de quelqu'un. Comment cette collègue d'histoire géo va-t-elle s'y prendre pour pénétrer à l'intérieur même de ses élèves ? Comment fera-t-elle la part des choses entre l'élève scolaire qui aura bien compris qu'il faut manifester une sensibilité, et celui qui la possèdera réellement (et aura peut-être plus de mal à l'exprimer, d'ailleurs) ?
Et puis surtout, comme John, je suis terriblement inquiète de cette tournure qu'on veut donner à notre métier : quelle légitimité avons-nous pour juger de la sensibilité ou de la créativité d'autrui ? Et même, sommes-nous en droit de porter de tels jugements ? Sommes-nous censés former des esprits ou former des comportements ?
D'autres "items" me gênent : l'autonomie, l'esprit d'initiative, etc.
J'ai des élèves très "scolaires", très peu investis dans la vie de l'établissement, mais qui ont une vie extrêmement riche à l'extérieur. Le collège doit-il tout prendre en charge et couper entièrement les enfants du monde extérieur, afin de pouvoir évaluer toutes leurs capacités citoyennes ?
Cette vision de l'éducation me fait peur. Je me sens projetée dans 1984 ou le Meilleur des mondes, ou pire. Ou ce film affreux dans lequel une contravention sortait d'un automate, où qu'on soit, si on avait le malheur de prononcer une grossièreté.
(Attention, je ne dis pas que Guernica m'ennuie... mais à force de vouloir à tout prix faire sentir quelque chose à nos élèves, on peut aussi finir par les dégoûter.)
Non, ce qui me gêne, moi, c'est l'idée qu'on puisse réellement croire qu'on peut juger de la sensibilité de quelqu'un. Comment cette collègue d'histoire géo va-t-elle s'y prendre pour pénétrer à l'intérieur même de ses élèves ? Comment fera-t-elle la part des choses entre l'élève scolaire qui aura bien compris qu'il faut manifester une sensibilité, et celui qui la possèdera réellement (et aura peut-être plus de mal à l'exprimer, d'ailleurs) ?
Et puis surtout, comme John, je suis terriblement inquiète de cette tournure qu'on veut donner à notre métier : quelle légitimité avons-nous pour juger de la sensibilité ou de la créativité d'autrui ? Et même, sommes-nous en droit de porter de tels jugements ? Sommes-nous censés former des esprits ou former des comportements ?
D'autres "items" me gênent : l'autonomie, l'esprit d'initiative, etc.
J'ai des élèves très "scolaires", très peu investis dans la vie de l'établissement, mais qui ont une vie extrêmement riche à l'extérieur. Le collège doit-il tout prendre en charge et couper entièrement les enfants du monde extérieur, afin de pouvoir évaluer toutes leurs capacités citoyennes ?
Cette vision de l'éducation me fait peur. Je me sens projetée dans 1984 ou le Meilleur des mondes, ou pire. Ou ce film affreux dans lequel une contravention sortait d'un automate, où qu'on soit, si on avait le malheur de prononcer une grossièreté.
Dernière édition par La Jabotte le Mar 22 Fév 2011 - 15:09, édité 1 fois

La Jabotte- Erudit
Re: le fil pour discuter sans se crier dessus de ce qu'est le socle commun
elle m'a expliquée qu'après le travail qu'elle aurait mené avec les élèves sur l'étude de Guernica, ils y seraient forcément sensibles...
Mais comment peut-elle évaluer cette sensibilité ?
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Re: le fil pour discuter sans se crier dessus de ce qu'est le socle commun
Non, ce qui me gêne, moi, c'est l'idée qu'on puisse réellement croire qu'on peut juger de la sensibilité de quelqu'un.
Surtout sous ma forme acquis / non acquis !
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John- Admin
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