Rapport de l'IG sur la réforme du lycée
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Rapport de l'IG sur la réforme du lycée
C'est ici :
http://media.education.gouv.fr/file/La_reforme_du_lycee/89/4/Mise-en-oeuvre-de-la-reforme-des-lycees-d-enseignement-general-et-technologique_170894.pdf
http://media.education.gouv.fr/file/La_reforme_du_lycee/89/4/Mise-en-oeuvre-de-la-reforme-des-lycees-d-enseignement-general-et-technologique_170894.pdf

Ruthven- Doyen
Re: Rapport de l'IG sur la réforme du lycée
Consigne : Dans le paragraphe suivant tiré du rapport de l'IG, entoure en rouge la catégorie des mauvais anciens réactionnaires, en vert (comme le DD) la catégorie des gentils enseignants :
"Les observations menées ont été réalisées en novembre et en décembre, au tout début de la
mise en oeuvre de cette première année de réforme. Les hésitations, les tâtonnements, la
perplexité et parfois le désarroi des équipes pédagogiques sont le signe d’évolutions en cours.
"Ces évolutions touchent le coeur de la culture et des pratiques professionnelles des enseignants
de lycée. Les entretiens menés avec les équipes pédagogiques (plus de 350 enseignants
rencontrés) et les séances observées (plus de 130 en enseignements d’exploration et en
accompagnement personnalisé) permettent de caractériser trois types de réaction, aucune
n’étant indifférente :
– ceux qui restent opposés, qui restent sur la « défense du territoire » et contre la
« diminution des horaires de cours », qui pensent que les élèves doivent s’adapter
au lycée et à son modèle dominant, que la réforme se limite à des activités
« occupationnelles ». Ce discours peut être présent dans un groupe, il est beaucoup
plus minoritaire à titre individuel ou dans la pratique réelle. Cependant il s’agit
d’une attitude qui est encore majoritaire dans certains lycées ;
– ceux qui adhèrent à la réforme, qui montrent un désir d’avancer mais qui restent
perplexes sur les nouveaux modes d’enseignement. Ils participent volontiers aux
enseignements d’exploration où ils peuvent s’appuyer sur des repères : ancrage
disciplinaire, pistes d’activités dans les textes, ou même, passion à faire partager.
Ils se disent très démunis et inquiets pour mettre en oeuvre l’accompagnement
personnalisé (absence de contenus prédéfinis, groupes d’élèves aux besoins très
différents) ;
– ceux qui construisent projets et démarches avec une réelle créativité pédagogique.
Ce sont le plus souvent des enseignants qui avaient déjà une expérience du travail
d’équipe et de la pédagogie de projet. Ils soulignent leur satisfaction devant cette
plus grande liberté. Mais ces innovateurs connaissent aussi le doute et demandent
fortement un accompagnement.
Ces premiers mois d’application de la réforme montrent donc un impact important sur les
pratiques pédagogiques, que celui-ci se manifeste par un désarroi ou par une innovation.
Plusieurs « facteurs clefs » méritent d’être détaillés."
"Les observations menées ont été réalisées en novembre et en décembre, au tout début de la
mise en oeuvre de cette première année de réforme. Les hésitations, les tâtonnements, la
perplexité et parfois le désarroi des équipes pédagogiques sont le signe d’évolutions en cours.
"Ces évolutions touchent le coeur de la culture et des pratiques professionnelles des enseignants
de lycée. Les entretiens menés avec les équipes pédagogiques (plus de 350 enseignants
rencontrés) et les séances observées (plus de 130 en enseignements d’exploration et en
accompagnement personnalisé) permettent de caractériser trois types de réaction, aucune
n’étant indifférente :
– ceux qui restent opposés, qui restent sur la « défense du territoire » et contre la
« diminution des horaires de cours », qui pensent que les élèves doivent s’adapter
au lycée et à son modèle dominant, que la réforme se limite à des activités
« occupationnelles ». Ce discours peut être présent dans un groupe, il est beaucoup
plus minoritaire à titre individuel ou dans la pratique réelle. Cependant il s’agit
d’une attitude qui est encore majoritaire dans certains lycées ;
– ceux qui adhèrent à la réforme, qui montrent un désir d’avancer mais qui restent
perplexes sur les nouveaux modes d’enseignement. Ils participent volontiers aux
enseignements d’exploration où ils peuvent s’appuyer sur des repères : ancrage
disciplinaire, pistes d’activités dans les textes, ou même, passion à faire partager.
Ils se disent très démunis et inquiets pour mettre en oeuvre l’accompagnement
personnalisé (absence de contenus prédéfinis, groupes d’élèves aux besoins très
différents) ;
– ceux qui construisent projets et démarches avec une réelle créativité pédagogique.
Ce sont le plus souvent des enseignants qui avaient déjà une expérience du travail
d’équipe et de la pédagogie de projet. Ils soulignent leur satisfaction devant cette
plus grande liberté. Mais ces innovateurs connaissent aussi le doute et demandent
fortement un accompagnement.
Ces premiers mois d’application de la réforme montrent donc un impact important sur les
pratiques pédagogiques, que celui-ci se manifeste par un désarroi ou par une innovation.
Plusieurs « facteurs clefs » méritent d’être détaillés."

Ruthven- Doyen
Re: Rapport de l'IG sur la réforme du lycée
"Le mot individualisation a donné lieu à de multiples malentendus, notamment en référence
aux cours particuliers. Le modèle de l’accompagnement personnalisé n’est pas celui du
« répétiteur », sauf pour ceux qui pensent que l’on ne peut faire progresser les élèves en
difficulté qu’en « répétant » sans arrêt la même chose, si possible dans un tête-à-tête avec
l’élève."
Eh oui ... L'accompagnement personnalisé, il est personnel, mais en groupe. Ils ne comprennent rien, ces élèves !
aux cours particuliers. Le modèle de l’accompagnement personnalisé n’est pas celui du
« répétiteur », sauf pour ceux qui pensent que l’on ne peut faire progresser les élèves en
difficulté qu’en « répétant » sans arrêt la même chose, si possible dans un tête-à-tête avec
l’élève."
Eh oui ... L'accompagnement personnalisé, il est personnel, mais en groupe. Ils ne comprennent rien, ces élèves !

Ruthven- Doyen
Re: Rapport de l'IG sur la réforme du lycée
L'enseignement d'exploration serait-il le cheval de Troie de l'enseignement et de l'évaluation par compétences au lycée ?
"Comme le dit un interlocuteur de la mission, les enseignants se sont « penchés sur les
compétences à l’insu de leur plein gré » et tentent de procéder à des évaluations par
compétences pour la plupart des enseignements d’exploration, à l’exception des SES où la
notation classique semble majoritaire et des enseignements d’exploration souvent confondus
avec des options.
Comme souvent, on entre dans les compétences par la fabrication de l’outil d’évaluation avant
de s’interroger sur la démarche d’apprentissage elle-même, plus difficile à concevoir. Dans un
enseignement de MPS, trois professeurs de disciplines différentes travaillent autour d’ateliers
de radioprotection en partenariat avec le CEA et des experts étrangers qui viennent faire des
conférences. Les enseignants ont réfléchi à la question de l’évaluation qui s’avère être un
exercice difficile « du fait de l’estimation objective de la progression de l’élève dans ses
apprentissages, une note ne reflète pas toujours la performance de l’élève et ses capacités à
reconduire les acquis dans le temps ». L’équipe a donc essayé de formuler un ensemble de
« grandes compétences » mises en jeu lors de la réalisation des projets."
"Comme le dit un interlocuteur de la mission, les enseignants se sont « penchés sur les
compétences à l’insu de leur plein gré » et tentent de procéder à des évaluations par
compétences pour la plupart des enseignements d’exploration, à l’exception des SES où la
notation classique semble majoritaire et des enseignements d’exploration souvent confondus
avec des options.
Comme souvent, on entre dans les compétences par la fabrication de l’outil d’évaluation avant
de s’interroger sur la démarche d’apprentissage elle-même, plus difficile à concevoir. Dans un
enseignement de MPS, trois professeurs de disciplines différentes travaillent autour d’ateliers
de radioprotection en partenariat avec le CEA et des experts étrangers qui viennent faire des
conférences. Les enseignants ont réfléchi à la question de l’évaluation qui s’avère être un
exercice difficile « du fait de l’estimation objective de la progression de l’élève dans ses
apprentissages, une note ne reflète pas toujours la performance de l’élève et ses capacités à
reconduire les acquis dans le temps ». L’équipe a donc essayé de formuler un ensemble de
« grandes compétences » mises en jeu lors de la réalisation des projets."

Ruthven- Doyen
Re: Rapport de l'IG sur la réforme du lycée
Quelques préconisations :
"Du point de vue pédagogique, la réforme est en marche, même si les avancées sont inégales,
si les réticences sont encore fortes et si l’inquiétude domine souvent. Cela signifie que les
enseignants sont en train de s’en emparer et qu’ils avaient pour beaucoup d’entre eux
conscience de la nécessité de transformer leurs pratiques.
Les observations de la mission se sont situées au tout début de la mise en place de la réforme
et l’on voit clairement que de telles mutations professionnelles ne s’opèrent pas en quelques
mois. Il faut donc respecter cette durée nécessaire, permettre aux professeurs d’expérimenter,
de faire eux aussi des erreurs, les rassurer.
Seuls les enseignants, et personne d’autre qu’eux, inventeront des méthodes pédagogiques
efficaces pour faire réussir leurs élèves. Mais il faut d’urgence les accompagner dans ces
transformations. Leurs besoins de formation (quelles qu’en soient les modalités : stages,
mutualisation d’expériences, mise à disposition de ressources) découlent des points clefs que
cette observation a permis de dégager :
– leur permettre d’exercer pleinement leur liberté pédagogique en se libérant des
ancrages traditionnels ;
– aller vers des approches pluridisciplinaires sans pour autant abandonner leur
compétence et leur identité première ;
– développer des outils permettant de diagnostiquer les besoins des élèves et de
développer leurs compétences ;
– discerner et comprendre les démarches d’apprentissage des élèves ;
– mettre en place des dispositifs en réponse aux besoins des élèves ;
– sortir des éternels débats particulièrement vains qui opposent compétences et
connaissances ou discipline et méthodologie.
Cependant, ces avancées sont extrêmement fragiles et des tensions existent qui peuvent
entraver les changements amorcés et provoquer un retour au statu quo. Il peut suffire d’un
rapport de force qui bascule dans un lycée à l’occasion de l’arrivée d’une DGH diminuée. La
fatigue et les contradictions du système pèsent également beaucoup. Les professeurs vivent
une transformation importante dans un temps très court et, au même moment, les programmes
sont modifiés sans toujours aller dans le sens de ce qu’on leur demande en accompagnement
personnalisé par exemple.
La déception des élèves, notamment en ce qui concerne l’accompagnement personnalisé qui
ne répond pas à leurs besoins, doit être prise en compte rapidement. Il est regrettable qu’ils ne
soient pas consultés plus souvent sur leurs études et les facteurs de leur réussite. Il est clair
que tous les dispositifs gagnent en efficacité lorsque les élèves sont acteurs de leur formation.
Pour l’instant, et c’est sans doute normal, les évolutions des pratiques concernent les
enseignements d’exploration et l’accompagnement personnalisé. Mais la réforme ne sera pas
complète si rien ne bouge dans le reste des enseignements."
"Du point de vue pédagogique, la réforme est en marche, même si les avancées sont inégales,
si les réticences sont encore fortes et si l’inquiétude domine souvent. Cela signifie que les
enseignants sont en train de s’en emparer et qu’ils avaient pour beaucoup d’entre eux
conscience de la nécessité de transformer leurs pratiques.
Les observations de la mission se sont situées au tout début de la mise en place de la réforme
et l’on voit clairement que de telles mutations professionnelles ne s’opèrent pas en quelques
mois. Il faut donc respecter cette durée nécessaire, permettre aux professeurs d’expérimenter,
de faire eux aussi des erreurs, les rassurer.
Seuls les enseignants, et personne d’autre qu’eux, inventeront des méthodes pédagogiques
efficaces pour faire réussir leurs élèves. Mais il faut d’urgence les accompagner dans ces
transformations. Leurs besoins de formation (quelles qu’en soient les modalités : stages,
mutualisation d’expériences, mise à disposition de ressources) découlent des points clefs que
cette observation a permis de dégager :
– leur permettre d’exercer pleinement leur liberté pédagogique en se libérant des
ancrages traditionnels ;
– aller vers des approches pluridisciplinaires sans pour autant abandonner leur
compétence et leur identité première ;
– développer des outils permettant de diagnostiquer les besoins des élèves et de
développer leurs compétences ;
– discerner et comprendre les démarches d’apprentissage des élèves ;
– mettre en place des dispositifs en réponse aux besoins des élèves ;
– sortir des éternels débats particulièrement vains qui opposent compétences et
connaissances ou discipline et méthodologie.
Cependant, ces avancées sont extrêmement fragiles et des tensions existent qui peuvent
entraver les changements amorcés et provoquer un retour au statu quo. Il peut suffire d’un
rapport de force qui bascule dans un lycée à l’occasion de l’arrivée d’une DGH diminuée. La
fatigue et les contradictions du système pèsent également beaucoup. Les professeurs vivent
une transformation importante dans un temps très court et, au même moment, les programmes
sont modifiés sans toujours aller dans le sens de ce qu’on leur demande en accompagnement
personnalisé par exemple.
La déception des élèves, notamment en ce qui concerne l’accompagnement personnalisé qui
ne répond pas à leurs besoins, doit être prise en compte rapidement. Il est regrettable qu’ils ne
soient pas consultés plus souvent sur leurs études et les facteurs de leur réussite. Il est clair
que tous les dispositifs gagnent en efficacité lorsque les élèves sont acteurs de leur formation.
Pour l’instant, et c’est sans doute normal, les évolutions des pratiques concernent les
enseignements d’exploration et l’accompagnement personnalisé. Mais la réforme ne sera pas
complète si rien ne bouge dans le reste des enseignements."

Ruthven- Doyen
Re: Rapport de l'IG sur la réforme du lycée
Soyez professeur innovant ...
"La priorité aux porteurs de projet est certes une garantie de qualité et d’investissement mais
elle pose problème pour l’avenir où le « quota » de professeurs innovants pourrait s’avérer
insuffisant quand la réforme concernera tous les niveaux. Elle comporte également des
contraintes supplémentaires sur les emplois du temps et elle peut conduire à un émiettement
de projets sans ligne directrice de l’établissement."
Et devenez une charnière entre l'administration et les autres enseignants ... Ce paragraphe sur les PP (à mettre en parallèle avec le préfet des études en CLAIR) est pour le moins inquiétant : les super-profs innovants au-dessus des autres. Hum !
"Dans de très nombreux lycées, on assiste à un développement important du rôle et des tâches
de professeurs principaux. Ils sont très souvent relais, coordonnateurs, « chevilles ouvrières »
de l’accompagnement personnalisé : analyse des besoins des élèves, répartition dans les
groupes, synthèse des bilans. Dans deux lycées, ils sont même chargés de trouver chaque
semaine les professeurs pour assurer l’accompagnement personnalisé. Leurs responsabilités
sont donc beaucoup plus lourdes. Ils sont en général membres du conseil pédagogique.
(...) En fait, on assiste à l’émergence d’un nouveau métier dans les lycées : celui d’une sorte de
« cadre intermédiaire » entre l’équipe de direction et les enseignants. Il est vrai que dans des
lycées où l’on trouve souvent une centaine d’enseignants (parfois 200), le développement de
projets pédagogiques nécessite des animateurs, sortes de « leaders » qui portent les projets et
organisent la concertation. Cette question, qui ne manquera pas de soulever de nombreuses
oppositions idéologiques représente un point majeur pour l’avenir de nos EPLE."
Et ensuite on apprend que les CdE doivent devenir responsable du pilotage pédagogique.
"La priorité aux porteurs de projet est certes une garantie de qualité et d’investissement mais
elle pose problème pour l’avenir où le « quota » de professeurs innovants pourrait s’avérer
insuffisant quand la réforme concernera tous les niveaux. Elle comporte également des
contraintes supplémentaires sur les emplois du temps et elle peut conduire à un émiettement
de projets sans ligne directrice de l’établissement."
Et devenez une charnière entre l'administration et les autres enseignants ... Ce paragraphe sur les PP (à mettre en parallèle avec le préfet des études en CLAIR) est pour le moins inquiétant : les super-profs innovants au-dessus des autres. Hum !
"Dans de très nombreux lycées, on assiste à un développement important du rôle et des tâches
de professeurs principaux. Ils sont très souvent relais, coordonnateurs, « chevilles ouvrières »
de l’accompagnement personnalisé : analyse des besoins des élèves, répartition dans les
groupes, synthèse des bilans. Dans deux lycées, ils sont même chargés de trouver chaque
semaine les professeurs pour assurer l’accompagnement personnalisé. Leurs responsabilités
sont donc beaucoup plus lourdes. Ils sont en général membres du conseil pédagogique.
(...) En fait, on assiste à l’émergence d’un nouveau métier dans les lycées : celui d’une sorte de
« cadre intermédiaire » entre l’équipe de direction et les enseignants. Il est vrai que dans des
lycées où l’on trouve souvent une centaine d’enseignants (parfois 200), le développement de
projets pédagogiques nécessite des animateurs, sortes de « leaders » qui portent les projets et
organisent la concertation. Cette question, qui ne manquera pas de soulever de nombreuses
oppositions idéologiques représente un point majeur pour l’avenir de nos EPLE."
Et ensuite on apprend que les CdE doivent devenir responsable du pilotage pédagogique.

Ruthven- Doyen
Re: Rapport de l'IG sur la réforme du lycée
Comment échapper à la pesanteur du réel ?
"Le second concerne la grande fragilité des évolutions en cours, notamment dans le domaine
pédagogique. Ces transformations touchent le coeur du métier de professeur de lycée, on ne
peut donc pas attendre qu’elles se réalisent pleinement en un temps court. L’essoufflement
peut arriver très vite si l’on n’y prend pas garde. En particulier, le cantonnement des
évolutions professionnelles aux nouveaux dispositifs (enseignements d’exploration et
accompagnement personnalisé) sans irrigation des pratiques dans le reste des cours peut
conduire à ce que notre système a déjà bien connu : des innovations liées à la nouveauté de
dispositifs, qui disparaissent assez vite au fil du temps. Les risques d’essoufflement sont
nombreux : sentiment de contradiction entre l’adaptation aux besoins des élèves et la pression
des programmes et des examens ; choix difficiles concernant les réductions de moyens qui
seront mal acceptées ; fatigue des équipes d’innovateurs sur qui reposent souvent de multiples
tâches. Il convient de réaffirmer sans relâche l’objectif central de la réforme : la réussite des
élèves par une meilleure prise en charge de chacun d’eux."
"Le second concerne la grande fragilité des évolutions en cours, notamment dans le domaine
pédagogique. Ces transformations touchent le coeur du métier de professeur de lycée, on ne
peut donc pas attendre qu’elles se réalisent pleinement en un temps court. L’essoufflement
peut arriver très vite si l’on n’y prend pas garde. En particulier, le cantonnement des
évolutions professionnelles aux nouveaux dispositifs (enseignements d’exploration et
accompagnement personnalisé) sans irrigation des pratiques dans le reste des cours peut
conduire à ce que notre système a déjà bien connu : des innovations liées à la nouveauté de
dispositifs, qui disparaissent assez vite au fil du temps. Les risques d’essoufflement sont
nombreux : sentiment de contradiction entre l’adaptation aux besoins des élèves et la pression
des programmes et des examens ; choix difficiles concernant les réductions de moyens qui
seront mal acceptées ; fatigue des équipes d’innovateurs sur qui reposent souvent de multiples
tâches. Il convient de réaffirmer sans relâche l’objectif central de la réforme : la réussite des
élèves par une meilleure prise en charge de chacun d’eux."

Ruthven- Doyen
Re: Rapport de l'IG sur la réforme du lycée
Ruthven a écrit:Quelques préconisations :
"Du point de vue pédagogique, la réforme est en marche, même si les avancées sont inégales,
si les réticences sont encore fortes et si l’inquiétude domine souvent. Cela signifie que les
enseignants sont en train de s’en emparer et qu’ils avaient pour beaucoup d’entre eux
conscience de la nécessité de transformer leurs pratiques.
Les observations de la mission se sont situées au tout début de la mise en place de la réforme
et l’on voit clairement que de telles mutations professionnelles ne s’opèrent pas en quelques
mois. Il faut donc respecter cette durée nécessaire, permettre aux professeurs d’expérimenter,
de faire eux aussi des erreurs, les rassurer.
Seuls les enseignants, et personne d’autre qu’eux, inventeront des méthodes pédagogiques
efficaces pour faire réussir leurs élèves. Mais il faut d’urgence les accompagner dans ces
transformations. Leurs besoins de formation (quelles qu’en soient les modalités : stages,
mutualisation d’expériences, mise à disposition de ressources) découlent des points clefs que
cette observation a permis de dégager :
– leur permettre d’exercer pleinement leur liberté pédagogique en se libérant des
ancrages traditionnels ;
– aller vers des approches pluridisciplinaires sans pour autant abandonner leur
compétence et leur identité première ;
– développer des outils permettant de diagnostiquer les besoins des élèves et de
développer leurs compétences ;
– discerner et comprendre les démarches d’apprentissage des élèves ;
– mettre en place des dispositifs en réponse aux besoins des élèves ;
– sortir des éternels débats particulièrement vains qui opposent compétences et
connaissances ou discipline et méthodologie.
Cependant, ces avancées sont extrêmement fragiles et des tensions existent qui peuvent
entraver les changements amorcés et provoquer un retour au statu quo. Il peut suffire d’un
rapport de force qui bascule dans un lycée à l’occasion de l’arrivée d’une DGH diminuée. La
fatigue et les contradictions du système pèsent également beaucoup. Les professeurs vivent
une transformation importante dans un temps très court et, au même moment, les programmes
sont modifiés sans toujours aller dans le sens de ce qu’on leur demande en accompagnement
personnalisé par exemple.
La déception des élèves, notamment en ce qui concerne l’accompagnement personnalisé qui
ne répond pas à leurs besoins, doit être prise en compte rapidement. Il est regrettable qu’ils ne
soient pas consultés plus souvent sur leurs études et les facteurs de leur réussite. Il est clair
que tous les dispositifs gagnent en efficacité lorsque les élèves sont acteurs de leur formation.
Pour l’instant, et c’est sans doute normal, les évolutions des pratiques concernent les
enseignements d’exploration et l’accompagnement personnalisé. Mais la réforme ne sera pas
complète si rien ne bouge dans le reste des enseignements."
Ouais, bon, il y a plusieurs conclusions possibles:
_On essaiera de "faire gober" coûte que coûte qu'il faut être: "novateur", "transdisciplinaire", "L’équipe a donc essayé de formuler un ensemble de « grandes compétences » mises en jeu lors de la réalisation des projets."etc. Tout cela dans une logique purement libérale et de désengagement de l'Etat.
_A force de nous balancer toujours les mêmes analyses sans que les prétendues "innovations" améliorent quoi que ce soit, ça finit par revenir dans la tête de ceux qui les imposent...mais jusqu'où iront-ils ?

frankenstein- Vénérable
Re: Rapport de l'IG sur la réforme du lycée
il y a un passage sur l'accompagnement personnalisé et le rôle des élèves dans leur apprentissage, je cite:
"La déception des élèves, notamment en ce qui concerne l’accompagnement personnalisé qui ne répond pas à leurs besoins, doit être prise en compte rapidement. Il est regrettable qu’ils ne soient pas consultés plus souvent sur leurs études et les facteurs de leur réussite. Il est clair que tous les dispositifs gagnent en efficacité lorsque les élèves sont acteurs de leur formation."
qui me rappelle furieusement/curieusement cet article paru sur le N-Y Times ce 14 mars intitulé: "Let Kids Rule the School"...
http://www.nytimes.com/2011/03/15/opinion/15engel.html
"La déception des élèves, notamment en ce qui concerne l’accompagnement personnalisé qui ne répond pas à leurs besoins, doit être prise en compte rapidement. Il est regrettable qu’ils ne soient pas consultés plus souvent sur leurs études et les facteurs de leur réussite. Il est clair que tous les dispositifs gagnent en efficacité lorsque les élèves sont acteurs de leur formation."
qui me rappelle furieusement/curieusement cet article paru sur le N-Y Times ce 14 mars intitulé: "Let Kids Rule the School"...
http://www.nytimes.com/2011/03/15/opinion/15engel.html

loup des steppes- Fidèle du forum
Re: Rapport de l'IG sur la réforme du lycée
Il est regrettable que les élèves ne soient pas consultés plus souvent sur leurs études et les facteurs de leur réussite. Il est clair que tous les dispositifs gagnent en efficacité lorsque les élèves sont acteurs de leur formation
Je ne peux pas dire que c'est absurde, car je ne comprends pas bien où cette phrase veut en venir, concrètement. _________________
Quis adjuvat ipsos adjutores ?
"Quand on reconnaît une liberté, il faut en faire un droit." (F. de Closets)
En achetant vos livres, cd et dvd à ce lien, vous nous aidez, sans frais, à gérer le forum. Merci !

John- Admin
Re: Rapport de l'IG sur la réforme du lycée
Du point de vue pédagogique, la réforme est en marche, même si les avancées sont inégales, si les réticences sont encore fortes et si l’inquiétude domine souvent.
_________________
Quis adjuvat ipsos adjutores ?
"Quand on reconnaît une liberté, il faut en faire un droit." (F. de Closets)
En achetant vos livres, cd et dvd à ce lien, vous nous aidez, sans frais, à gérer le forum. Merci !

John- Admin
Re: Rapport de l'IG sur la réforme du lycée
John a écrit:Il est regrettable que les élèves ne soient pas consultés plus souvent sur leurs études et les facteurs de leur réussite. Il est clair que tous les dispositifs gagnent en efficacité lorsque les élèves sont acteurs de leur formationJe ne peux pas dire que c'est absurde, car je ne comprends pas bien où cette phrase veut en venir, concrètement.
M'enfin John, c'est pourtant limpide! Demandons aux élèves, et hop, le miracle aura lieu!
Sauf dans mon lycée (sans doute peuplé de vils réac'), ou à part 4, peut-être 5 élèves sur 4 classes, qui voulaient faire de l'orthographe, ils n'en savaient rien. Ah si, nous avons eu des demandes comme du soutien dans telle ou telle matière...avec désillusion au moment où on constate que même en soutien il faut travailler pour que ça fonctionne.

Angua- Doyen
Re: Rapport de l'IG sur la réforme du lycée
Dans mon lycée, point de vue des élèves sur l'accompagnement personnalisé:
- que souhaiteriez-vous avoir en AP pour l'année prochaine ?
- du sport
- "qu'il n'y en a pas " Eloquent, non?
- que souhaiteriez-vous avoir en AP pour l'année prochaine ?
- du sport
- "qu'il n'y en a pas " Eloquent, non?

nevermore- Niveau 10
Re: Rapport de l'IG sur la réforme du lycée
nevermore a écrit:Dans mon lycée, point de vue des élèves sur l'accompagnement personnalisé:
- que souhaiteriez-vous avoir en AP pour l'année prochaine ?
- du sport
- "qu'il n'y en a pas " Eloquent, non?

frankenstein- Vénérable
Re: Rapport de l'IG sur la réforme du lycée
chez moi, j'entends :
- "mais ça sert à quoi ?"
- "on est obligés de venir ?"
- "on peut pas faire comme l'année dernière" ? (oui, je voulais les booster en leur disant que nous étions en retard et j'ai expliqué que nous avions perdu 1h de français par semaine...mais que nous avions l'AP !)
- "mais ça sert à quoi ?"
- "on est obligés de venir ?"
- "on peut pas faire comme l'année dernière" ? (oui, je voulais les booster en leur disant que nous étions en retard et j'ai expliqué que nous avions perdu 1h de français par semaine...mais que nous avions l'AP !)

Violet- Empereur
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