Idées pour intégrer un élève dans un groupe

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Idées pour intégrer un élève dans un groupe

Message par Alcyone le Ven 18 Mar 2011 - 20:12

Dans une classe de Cinquième, j'ai une élève qui a des problèmes d'intégration avec le groupe. Cela n'est pas neuf, après avoir convoqué ses parents, ils m'ont dit qu'elle avait toujours eu des difficultés par rapport à son comportement au sein d'un groupe. Elle est suivie par un psychologue pour enfant.
Cette élève a également des difficultés scolaires (dyslexie, retard).

Les élèves de la classe (et les élève du collège en général) ne s'entendent pas du tout avec elle. Cela va même plus loin car en réalité, c'est elle qui s'y prend mal pour s'intégrer, est rejetée, et du coup, réagit mal par rapport à cela, les cherche (bravades) et les trouve (retour d'insultes de la part des camarades).

Je pense que c'est un peu le bouc-émissaire de la classe.

Le problème, c'est que cela a commencé à se voir dans mes cours : bavardages, moqueries. J'ai revu ses parents. Nous avons fait une heure de vie de classe où chacun s'est engagé à faire des efforts pour accepter l'autre, où nous avons pris des mesures : je l'ai isolé en classe, seule devant à une table).

Mon but, ce serait de la réintégrer peu à peu au groupe-classe.
Mardi, elle a droit à deux heures de retenues avec moi (pour bavardages, conflit en classe et non respect des consignes). A cette occasion, j'aimerais lui proposer une ou deux activités qui lui permettent de réfléchir à sa relation avec les autres : comment on fait pour aller vers quelqu'un, créer une relation positive avec lui. C'est elle qui en a fait la demande car elle comprend qu'elle ne sait pas comment s'y prendre. Je me suis dit que ces heures de retenues pourraient servir à cela.

Je sais que nous ne sommes pas psychologues, mais je pense que c'est de mon devoir d'adulte de l'accompagner, peut-être à travers la lecture d'un texte.

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Re: Idées pour intégrer un élève dans un groupe

Message par JPhMM le Ven 18 Mar 2011 - 20:49

@Alcyone a écrit:Les élèves de la classe (et les élève du collège en général) ne s'entendent pas du tout avec elle. Cela va même plus loin car en réalité, c'est elle qui s'y prend mal pour s'intégrer, est rejetée, et du coup, réagit mal par rapport à cela, les cherche (bravades) et les trouve (retour d'insultes de la part des camarades).

Je pense que c'est un peu le bouc-émissaire de la classe.

Le problème, c'est que cela a commencé à se voir dans mes cours : bavardages, moqueries. J'ai revu ses parents. Nous avons fait une heure de vie de classe où chacun s'est engagé à faire des efforts pour accepter l'autre, où nous avons pris des mesures : je l'ai isolé en classe, seule devant à une table).

Pour moi le problème, c'est quand un élève est en souffrance du fait de la violence qui lui est faite (mais je comprends ce que tu veux dire).
Je trouve ces situations toujours très compliquées, car elles relèvent de multiples champs de compétences (dont psychologie et sociologie des groupes), et j'ai l'impression que le phénomène de bouc-émissaire est d'une complexité abyssale. Cela ne signifie pas qu'il ne faut rien faire, mais j'ai toujours peur que mon action ait l'effet inverse de celui recherché.

De prime abord, j'ai l'impression qu'il faut que chacun des individus du groupe comprenne combien est insupportable de s'en prendre à plus faible dans le seul but de 1. se conforter à la loi du groupe afin de s'en faire accepter 2. aider à l'acquisition par le groupe d'une identité qui lui est propre, par exclusion d'un individu ("nous sommes nous, car nous ne sommes pas toi, et nous sommes ensemble car nous sommes ensemble contre toi.").
Mais je ne sais pas comment on fait...

http://www.education.gouv.fr/cid55387/etats-generaux-pour-la-securite-a-l-ecole-pistes-d-actions-sur-la-question-du-harcelement.html

_________________
Labyrinthe où l'admiration des ignorants et des idiots qui prennent pour savoir profond tout ce qu'ils n'entendent pas, les a retenus, bon gré malgré qu'ils en eussent. D'ailleurs, il n'y a point de meilleur moyen pour mettre en vogue ou pour défendre des doctrines étranges et absurdes, que de les munir d'une légion de mots obscurs, douteux , et indéterminés. Ce qui pourtant rend ces retraites bien plus semblables à des cavernes de brigands ou à des tanières de renards qu'à des forteresses de généreux guerriers. Que s'il est malaisé d'en chasser ceux qui s'y réfugient, ce n'est pas à cause de la force de ces lieux-là, mais à cause des ronces, des épines et de l'obscurité des buissons dont ils sont environnés. Car la fausseté étant par elle-même incompatible avec l'esprit de l'homme, il n'y a que l'obscurité qui puisse servir de défense à ce qui est absurde. — John Locke

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Re: Idées pour intégrer un élève dans un groupe

Message par Alcyone le Ven 18 Mar 2011 - 21:06

Oui, ce que je voulais dire par "ça se voit dans mes cours", c'était qu'en fait, avant de que ça arrive en classe, je ne savais pas que cette élève avait cette position dans le groupe-classe.

Et pas du tout que je cherche à le cacher à l'équipe, au contraire, j'essaie par tous les moyens de sensibiliser mes collègues au fait que c'est quand même un problème à gérer mais bon... No
Je sais que c'est un peu excessif de penser cela, mais quand un enfant ou un adolescent va mal, cela peut parfois conduire à des situations de violence envers soi-même, et, les adultes sont responsables.

Ce qui est paradoxal, c'est que mon élève cultive en quelque sorte sa position de bouc-émissaire au sein du groupe. Il semble qu'elle le fasse parfois exprès, rien que pour avoir une existence dans le groupe, même si c'est la mauvaise place, et cela me gêne profondément. Je lui en ai parlé. Elle me dit que je me trompe, mais toujours en souriant, et ce sourire ne trompe pas, il me semble, sur le fait que d'un côté, elle souffre de la situation, et de l'autre, elle en tire une certaine forme de plaisir ou bien-être. Car si elle était totalement exclue du groupe, peut-être pense-t-elle que ce serait pire.

Je vais aller voir le lien donné. Merci JPhMM.

Si vous avez des idées de textes sur la tolérance ou sur la relation avec autrui, quelque chose de compréhensible à 12 ans, je suis toujours preneuse.

Je vais essayer une méthode "iufm" : parler individuellement avec quelques élèves de la classe pour leur faire cesser leurs méchancetés et/ou surtout accepter leur camarade.

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Re: Idées pour intégrer un élève dans un groupe

Message par Pseudo le Ven 18 Mar 2011 - 21:16

En analyse transactionnelle, on appelle "signes de reconnaissance" les interactions avec les autres. Sans ces signes de reconnaissance, on ne peut pas vivre. Et, effectivement, mieux vaut des signes négatifs que pas de signe du tout. On peut donc provoquer des intéractions désagréables juste pour ne pas crever de ne pas avoir de signes de reconnaissance.

L'objectif : remplacer les signes négatifs par des signes positifs. Tu peux expliquer à cette gamine cette histoire de signe de reconnaissance et lui proposer de donner des signes positifs aux autres. Un par élève qu'elle aime bien et par jour. Faire un compliment, par exemple.

Pareil avec quelques élèves de bonne volonté. Leur donner mission de donner des signes positifs, un par jour, à la gamine.



Tu peux leur proposer de réfléchir à ce qu'ils peuvent dire, leur faire constituer une liste où piocher. Pour les débuts difficiles.


Dernière édition par Pseudo le Ven 18 Mar 2011 - 21:29, édité 1 fois

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Re: Idées pour intégrer un élève dans un groupe

Message par Alcyone le Ven 18 Mar 2011 - 21:21

Excellente piste Pseudo! Merci beaucoup! fleurs

Je vais également creuser mon idée de "texte support à réflexion".

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Re: Idées pour intégrer un élève dans un groupe

Message par JPhMM le Ven 18 Mar 2011 - 21:22

@Alcyone a écrit:Ce qui est paradoxal, c'est que mon élève cultive en quelque sorte sa position de bouc-émissaire au sein du groupe. Il semble qu'elle le fasse parfois exprès, rien que pour avoir une existence dans le groupe, même si c'est la mauvaise place, et cela me gêne profondément. Je lui en ai parlé. Elle me dit que je me trompe, mais toujours en souriant, et ce sourire ne trompe pas, il me semble, sur le fait que d'un côté, elle souffre de la situation, et de l'autre, elle en tire une certaine forme de plaisir ou bien-être. Car si elle était totalement exclue du groupe, peut-être pense-t-elle que ce serait pire.
Il lui est sans doute impossible de verbaliser ce qu'il se passe. Elle a besoin de sociabilité après tout, et pense qu'accepter le rôle que lui donne le groupe c'est être en relation avec ce groupe. Après tout, chacun a un rôle dans ce groupe, certains sont plus ingrats que d'autres, ressent-elle peut-être. Elle se trompe, bien sûr, mais elle ne sait pas encore qu'être le bouc-émissaire d'un groupe, c'est bien être en relation avec le groupe, mais extérieurement au groupe, sans en faire partie.

Si les sujet de la violence fondatrice des groupes et du sacrifice de la victime émissaire t'intéressent, je te conseille la lecture de La violence et le sacré, de René Girard. Sa lecture ne t'aidera sans doute pas à trouver une "recette" mais décortiquera les mécanismes qui se dissimulent derrière ce type de comportements, que l'on retrouve à tous les niveaux de la vie collective.

Edit : désolé, mon message est redondant localement avec celui de Pseudo.

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