[Littérature et société] Claude Quétel : Les lettres de cachet, une légende noire

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[Littérature et société] Claude Quétel : Les lettres de cachet, une légende noire

Message par John le Sam 19 Mar 2011 - 14:19

Beaucoup de critiques saluent la reparution d'un livre de Claude Quétel, devenu aujourd'hui un classique : Les lettres de cachet, une légende noire. Libération le salue comme "un livre original qui met à mal bon nombre d'idées reçues sur le sujet". Le livre pourra intéresser les enseignants de lettres (Voltaire, Beaumarchais et autres écrivains des Lumières ont chargé la lettre de cachet de bien des maux), les enseignants d'histoire et tous ceux qui s'intéressent à l'ancien régime.

Extrait d'une recension sur un blog juridique :

La force du dernier livre de Claude Quétel est d’être un authentique essai historique. Avec cette réédition d’un ouvrage paru en 1981, à l’époque couronné par l’Académie française (De Par le Roy. Essai sur les lettres de cachet, Privat), l’éminent historien, directeur de recherche honoraire au CNRS, réussit à fournir une synthèse érudite fourmillant de renseignements, et une vision critique de l’habituelle présentation des choses en la matière. Précisément, l’objet de la recherche est aujourd’hui bien connu. Il s’agit des lettres de cachet, cette « arme la plus sûre du pouvoir arbitraire » (Mirabeau, Des lettres de cachet et des prisons d’état, in Œuvres de Mirabeau, Paris, 1835, p. 5). Claude Quétel le fait remarquer d’emblée, elles sont le plus souvent présentées comme l’émanation de la pure volonté du roi et, partant, symbolique de la puissance absolutiste de la monarchie. Les historiens du droit ont déjà démontré que les lettres de cachet sont l’un des moyens d’action privilégiés du monarque. Leur origine est difficile à dater avec précision, peut-être au XVIe siècle. Il demeure que c’est sans doute avec le début du règne personnel de Louis XIV, préparé par Richelieu et Mazarin, que cette marque de « l’infrapénalité » (p. 196) grandissante a crû de manière exponentielle.

Érudition et esprit critique, tels sont les deux maîtres mots de cet ouvrage. Érudition, en premier lieu. En effet, on y apprend de nombreuses choses sur cette institution très répandue. Les lettres de cachet sont tout d’abord survenues pour des raisons politiques, intervenant dans des affaires particulièrement délicates. L’arrestation de Fouché, diligentée par d’Artagnan sur ordre de Louis XIV (p. 24-25) est un exemple désormais célèbre. Progressivement, les lettres de cachet ont développé leur empire sur la plupart des domaines et ont été délivrées à la convenance personnelle du roi. Mais « la lettre de cachet peut toutefois échapper à l’initiative réelle du souverain pour n’être qu’à celle d’un ministre agissant bien sûr au nom du roi et, pour les cas graves tout au moins, avec son assentiment final » (p. 35). La lettre est commode. Discrète, rapide et efficace, elle permet de soustraire certaines personnes à l’action de la justice (p. 114), notamment en raison de leur haute naissance. Au-delà, elle fonctionne également comme « un éteignoir », à même d’éviter le scandale et d’étouffer une affaire sensible.

La suite ici : http://blog.dalloz.fr/2011/03/les-lettres-de-cachet-une-legende-noire/



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