La CNIL condamne Google à 100 000 euros d'amende pour atteinte à la vie privée
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La CNIL condamne Google à 100 000 euros d'amende pour atteinte à la vie privée
La CNIL s'attaque aux abus des services de géolocalisation sur Internet
L'autorité indépendante condamne Google à 100 000 euros d'amende pour atteinte à la vie privée
Comment concilier services de géolocalisation grand public et respect de la vie privée ? La décision de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL), publiée lundi 21 mars, de condamner Google à une amende de 100 000 euros pour atteinte à la vie privée, marque une étape importante dans le débat, même si ce montant pèse peu face aux 30 milliards de dollars de chiffre d'affaires du géant de l'Internet : il s'agit d'abord de la plus forte amende jamais infligée par la CNIL ; et cette autorité indépendante est la première à prononcer une telle sanction.
Elle vise Street View, le service très controversé de Google. Pour la première fois, la collecte d'informations, en l'occurrence la prise de vue des rues des villes du monde entier par des véhicules équipés d'appareils photos, n'avait rien de virtuel. Dès leur lancement, en 2007, ces opérations ont suscité de vives réactions, et des contentieux sont encore en cours aux Pays-Bas, en Espagne et aux Etats-Unis. Sous la pression des pays réticents à cette numérisation systématique, Google a accepté de flouter les visages et les plaques d'immatriculation.
Mais l'affaire a pris une autre dimension quand, en Allemagne, des ingénieurs chargés d'un audit ont découvert que les véhicules de Google, qui enregistraient également la position des bornes wi-fi des particuliers devant lesquels ils passaient, avaient " aspiré " des données personnelles : courriels, mots de passe, adresses de sites sur lesquels naviguaient les internautes concernés. Google a reconnu les faits en plaidant l'erreur de logiciel. La CNIL, qui a constaté lors de contrôles les mêmes manquements en France, a réclamé la restitution de ces données et a dû recourir, pour les obtenir, à une procédure de mise en demeure.
Lundi, le groupe californien qui s'était engagé à ne plus collecter de données privées par les réseaux wi-fi et à détruire celles qu'il possédait ; s'est déclaré, lundi, " profondément désolé ". Mais la CNIL n'est pas satisfaite. Elle lui reproche de continuer à enregistrer les points d'accès wi-fi des particuliers à leur insu. Non plus avec les véhicules, mais grâce aux mobiles des utilisateurs se connectant à son service de géolocalisation Latitude.
Lancé en 2009 et nourri des données accumulées par Street View, cette application permet à celui qui l'active sur son mobile de se localiser sur une carte (Google Maps) et de situer ses contacts enregistrés. Or, Latitude n'a pas fait l'objet d'une déclaration à la CNIL, une obligation pour tout service de géolocalisation. Google conteste l'application de la loi française à ce service, arguant que le traitement des données ne se fait pas en France.
Cette affaire ouvre plus largement le débat sur les limites des services de géolocalisation. Ils ont d'abord concerné les entreprises. Mais avec le succès des smartphones, la démocratisation de l'Internet mobile et la poussée des réseaux sociaux, ils se banalisent depuis un an ou deux et leur utilisation par le grand public tend à se généraliser.
Google n'est pas seul en lice. En 2010, Facebook a lancé en France son service " Places " (" Lieux "). Il permet aux membres de signaler le lieu où ils se trouvent et de localiser leurs amis. Cette idée de coupler réseau social et géolocalisation avait déjà été mise en oeuvre par des sites Internet pionniers comme Foursquare (7,5 millions de membres) ou Gowalla. Sans oublier les opérateurs de téléphonie mobile, qui connaissent leurs abonnés et sont capables de les localiser.
Tous ont en ligne de mire le marché de la publicité locale. L'objectif est de cibler la publicité en fonction du lieu où le mobinaute se trouve. Un restaurant, un magasin sera en mesure d'indiquer ses promotions ou d'envoyer un bon de réduction pour attirer le chaland qui passe à proximité.
Pour l'instant, ce géomarketing reste balbutiant. SFR propose depuis un an aux distributeurs l'envoi de SMS promotionnels à ses abonnés quand ils sont à proximité de leur magasin. L'opérateur a une base de 3,8 millions de clients prêts à les recevoir. Le site français Plyce, qui a signé un accord avec Bouygues Telecom, s'est lancé dans les bons plans shopping géolocalisés.
L'enjeu est considérable. Surtout si des acteurs comme Google ou Facebook réussissent à coupler les données intimes qu'ils ont amassées sur les internautes et les données de géolocalisation. L'exploitation des traces laissées par les internautes est au coeur de leur modèle économique.
Laurence Girard
© Le Monde
L'autorité indépendante condamne Google à 100 000 euros d'amende pour atteinte à la vie privée
Comment concilier services de géolocalisation grand public et respect de la vie privée ? La décision de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL), publiée lundi 21 mars, de condamner Google à une amende de 100 000 euros pour atteinte à la vie privée, marque une étape importante dans le débat, même si ce montant pèse peu face aux 30 milliards de dollars de chiffre d'affaires du géant de l'Internet : il s'agit d'abord de la plus forte amende jamais infligée par la CNIL ; et cette autorité indépendante est la première à prononcer une telle sanction.
Elle vise Street View, le service très controversé de Google. Pour la première fois, la collecte d'informations, en l'occurrence la prise de vue des rues des villes du monde entier par des véhicules équipés d'appareils photos, n'avait rien de virtuel. Dès leur lancement, en 2007, ces opérations ont suscité de vives réactions, et des contentieux sont encore en cours aux Pays-Bas, en Espagne et aux Etats-Unis. Sous la pression des pays réticents à cette numérisation systématique, Google a accepté de flouter les visages et les plaques d'immatriculation.
Mais l'affaire a pris une autre dimension quand, en Allemagne, des ingénieurs chargés d'un audit ont découvert que les véhicules de Google, qui enregistraient également la position des bornes wi-fi des particuliers devant lesquels ils passaient, avaient " aspiré " des données personnelles : courriels, mots de passe, adresses de sites sur lesquels naviguaient les internautes concernés. Google a reconnu les faits en plaidant l'erreur de logiciel. La CNIL, qui a constaté lors de contrôles les mêmes manquements en France, a réclamé la restitution de ces données et a dû recourir, pour les obtenir, à une procédure de mise en demeure.
Lundi, le groupe californien qui s'était engagé à ne plus collecter de données privées par les réseaux wi-fi et à détruire celles qu'il possédait ; s'est déclaré, lundi, " profondément désolé ". Mais la CNIL n'est pas satisfaite. Elle lui reproche de continuer à enregistrer les points d'accès wi-fi des particuliers à leur insu. Non plus avec les véhicules, mais grâce aux mobiles des utilisateurs se connectant à son service de géolocalisation Latitude.
Lancé en 2009 et nourri des données accumulées par Street View, cette application permet à celui qui l'active sur son mobile de se localiser sur une carte (Google Maps) et de situer ses contacts enregistrés. Or, Latitude n'a pas fait l'objet d'une déclaration à la CNIL, une obligation pour tout service de géolocalisation. Google conteste l'application de la loi française à ce service, arguant que le traitement des données ne se fait pas en France.
Cette affaire ouvre plus largement le débat sur les limites des services de géolocalisation. Ils ont d'abord concerné les entreprises. Mais avec le succès des smartphones, la démocratisation de l'Internet mobile et la poussée des réseaux sociaux, ils se banalisent depuis un an ou deux et leur utilisation par le grand public tend à se généraliser.
Google n'est pas seul en lice. En 2010, Facebook a lancé en France son service " Places " (" Lieux "). Il permet aux membres de signaler le lieu où ils se trouvent et de localiser leurs amis. Cette idée de coupler réseau social et géolocalisation avait déjà été mise en oeuvre par des sites Internet pionniers comme Foursquare (7,5 millions de membres) ou Gowalla. Sans oublier les opérateurs de téléphonie mobile, qui connaissent leurs abonnés et sont capables de les localiser.
Tous ont en ligne de mire le marché de la publicité locale. L'objectif est de cibler la publicité en fonction du lieu où le mobinaute se trouve. Un restaurant, un magasin sera en mesure d'indiquer ses promotions ou d'envoyer un bon de réduction pour attirer le chaland qui passe à proximité.
Pour l'instant, ce géomarketing reste balbutiant. SFR propose depuis un an aux distributeurs l'envoi de SMS promotionnels à ses abonnés quand ils sont à proximité de leur magasin. L'opérateur a une base de 3,8 millions de clients prêts à les recevoir. Le site français Plyce, qui a signé un accord avec Bouygues Telecom, s'est lancé dans les bons plans shopping géolocalisés.
L'enjeu est considérable. Surtout si des acteurs comme Google ou Facebook réussissent à coupler les données intimes qu'ils ont amassées sur les internautes et les données de géolocalisation. L'exploitation des traces laissées par les internautes est au coeur de leur modèle économique.
Laurence Girard
© Le Monde

papillonbleu- Doyen
Re: La CNIL condamne Google à 100 000 euros d'amende pour atteinte à la vie privée
Il n'y a qu'à moi que ça fait peur, cet article ?

papillonbleu- Doyen
Re: La CNIL condamne Google à 100 000 euros d'amende pour atteinte à la vie privée
non, je trouve ça flippant aussi. sur google earth, on voit les chaises longues dans le jardin de mes parents, limite si on ne voit pas la chienne se balader...

Reine Margot- Oracle
Re: La CNIL condamne Google à 100 000 euros d'amende pour atteinte à la vie privée
Oui ça fout les boules....
Pour décompresser : sur GoogleEarth, on voit un de mes chats et on dirait qu'elle regarde l'objectif en plus ! Non mais on ne lui a pas demandé son avis à mon chat ! et son droit à l'image alors ?
Enfin bref, petite parenthèse parce que ça nous fait marrer à chaque fois, mais c'est clair que c'est un peu flippant comme principe.
Pour décompresser : sur GoogleEarth, on voit un de mes chats et on dirait qu'elle regarde l'objectif en plus ! Non mais on ne lui a pas demandé son avis à mon chat ! et son droit à l'image alors ?
Enfin bref, petite parenthèse parce que ça nous fait marrer à chaque fois, mais c'est clair que c'est un peu flippant comme principe.

Saraswati- Neoprof expérimenté
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