L'Elysée envisage de suspendre les accords de Schengen

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L'Elysée envisage de suspendre les accords de Schengen

Message par Loise le Sam Avr 23 2011, 11:18

La France réfléchit à un renforcement de la clause de suspension provisoire de Schengen, accord de libre circulation des personnes en Europe, face à l'afflux de migrants venus de Tunisie et de Libye, via l'Italie, jugeant la gouvernance de cet accord actuellement "défaillante".

"Ce qu'il nous semble, c'est qu'il faut réfléchir à un mécanisme qui permette, lorsqu'il y a une défaillance systémique à une frontière extérieure (de l'UE) d'intervenir, en prévoyant une suspension provisoire, le temps que la défaillance soit réglée", a affirmé la présidence française.

L'accord en lui-même ne prévoit pas une telle suspension. Seule une "menace grave pour l'ordre public ou la sécurité intérieure" peut "exceptionnellement" justifier la réintroduction du contrôle aux frontières, durant une période limitée d'une durée maximale de trente jours, éventuellement renouvelable tant que la menace subsiste. Cette disposition a été déjà utilisée dans le passé, notamment peu après les attentats de Londres, en juillet 2005.

Pas de demande faite à Bruxelles

Une source à l'Elysée a précisé que "le système (était) bancal: chaque pays surveille sa frontière extérieure mais on peut passer d'un pays à l'autre à l'intérieur de l'espace Schengen". "Si on veut sauver Schengen et sortir de la crise par le haut, il faut renforcer la gouvernance de Schengen donc se doter d'outils". Parmi ces outils, la France préconise de "renforcer Frontex" (Agence européenne de surveillance des frontières), ou encore de "réfléchir à un mécanisme de clause de sauvegarde". Paris a déjà proposé la création d'un corps de gardes-frontières.

Toutefois, malgré les velléités élyséennes, il semble qu'aucune démarche officielle n'a été entamée. La Commission européenne n'a pas été notifiée de l'intention de la France de suspendre provisoirement Schengen, a-t-on ainsi précisé du côté de Bruxelles. La Commission a rappelé par ailleurs qu'une reprise temporaire des contrôles aux frontières devait être dûment argumentée.

La France irritée par l'Italie

Ce dossier de l'immigration est un des points les plus sensibles du sommet franco-italien qui se déroulera mardi prochain à Rome, avec le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi et le président français Nicolas Sarkozy. Dimanche dernier, Paris avait suscité la colère des Italiens en suspendant la circulation des trains depuis la ville italienne de Vintimille vers la France, estimant qu'un train avec à bord des manifestants voulant accompagner des immigrés tunisiens posait un risque de désordre public.

La France, de son côté, est irritée par l'Italie qui a décidé d'octroyer des permis de séjour de six mois aux plus de 20.000 Tunisiens arrivés sur ses côtes depuis janvier, pour qu'ils puissent rejoindre "amis et parents" en France et ailleurs en Europe. "Il y a une règle qui prévaut dans les accords de Schengen qui est que le premier pays d'entrée gère les populations migrantes", avait rappelé lundi le ministre français de l'Intérieur Claude Guéant. Il avait souligné que les ressortissants étrangers auxquels l'Italie donne des autorisations provisoires devaient disposer des ressources financières pour séjourner dans le pays de deuxième séjour et pour rentrer chez eux ensuite. En l'absence de ces ressources, "nous reconduisons ces personnes en Italie, qui est le pays de premier séjour", avait-il expliqué.

http://lci.tf1.fr/politique/2011-04/l-elysee-envisage-de-suspendre-les-accords-de-schengen-6407559.html

Loise
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