sens de "pratique" chez Flaubert

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sens de "pratique" chez Flaubert

Message par miss terious le Dim 24 Avr 2011 - 18:22

Je prépare un brevet blanc et m'appuie sur un texte trouvé sur le net. Le support est un extrait de Madame Bovary. À un moment, Flaubert écrit :
Flaubert a écrit:On entendait Nastasie qui pleurait. Il aimait un peu cette pauvre fille. Elle lui avait, autrefois, tenu société5 pendant bien des soirs, dans les désœuvrements de son veuvage. C’était sa première pratique (6), sa plus ancienne connaissance du pays.
Les collègues qui ont donné ce devoir mettent en note
collègues a écrit:6. première pratique : première rencontre féminine
À mon sens, ils se trompent. Je dirais qu'ici Flaubert entend "pratique" dans le sens "cliente", "patiente". Ai-je raison ? tort ?
Merci de vos réponses.

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Re: sens de "pratique" chez Flaubert

Message par User5899 le Dim 24 Avr 2011 - 18:45

D'ordinaire, c'est en effet le sens de "cliente", voire d'objet qu'on confie au commerçant (les clientes de Gervaise lui retirent l'une après l'autre leur pratique).

extrait du TLF :

II. [Corresp. à pratiquer B]
A. 1. Fréquentation habituelle (d'une personne, d'un lieu). Synon. plus usuel habitude. La pratique des hommes, du monde. Vous avez la pratique des âmes et je n'ai rien à vous apprendre sur ce point (BLOY, Journal, 1907, p.354). Un gué de pureté s'ouvrait devant lui dans la place Pigalle. Fontranges avait peu de pratique de ces lieux (GIRAUDOUX, Bella, 1926, p.121).
2.
Vieilli. Fait de se fournir habituellement chez un commerçant, de recourir aux services d'un artisan, d'un médecin, d'un homme de loi; p.méton., clientèle (v. ce mot II B). Vous me servez mal, vous n'aurez plus ma pratique (Ac. 1835-1935). Il
nous apparut bien vite que le marquis de Fonfreyde était un client
détestable et que sa pratique menaçait de nous coûter fort cher
(DUHAMEL, Désert Bièvres, 1937, p.170).
Au sing. à valeur coll. La pratique. La clientèle habituelle (v. clientèle I B). Rocambole tenait le débit de boissons, allumait la pratique en trinquant avec elle (PONSON DU TERR., Rocambole, t.1, 1859, p.540).
Une, des pratiques. Un, des clients habituel(s). Au reste, dit Murger, vous savez que deux des meilleures pratiques de la Farcy, c'étaient Constance et X... (GONCOURT, Journal, 1857, p.409). Il avait plu trois jours, les pieds des pratiques semblaient avoir apporté dans le magasin toute la boue du quartier (ZOLA, Assommoir, 1877, p.731).


Dernière édition par Cripure le Dim 24 Avr 2011 - 18:48, édité 2 fois

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Re: sens de "pratique" chez Flaubert

Message par Nasopi le Dim 24 Avr 2011 - 18:46

Je dirais qu'ici Flaubert entend "pratique" dans le sens "cliente", "patiente". Ai-je raison ? tort ?

Tiens, oui, j'aurais compris comme toi, moi aussi.

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Re: sens de "pratique" chez Flaubert

Message par User5899 le Dim 24 Avr 2011 - 18:48

Réponse éditée supra.

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Re: sens de "pratique" chez Flaubert

Message par Carabas le Dim 24 Avr 2011 - 18:50

@Nasopi a écrit:
Je dirais qu'ici Flaubert entend "pratique" dans le sens "cliente", "patiente". Ai-je raison ? tort ?

Tiens, oui, j'aurais compris comme toi, moi aussi.
Pareil.

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Re: sens de "pratique" chez Flaubert

Message par popeye le Dim 24 Avr 2011 - 19:05

Moi, je dirais que cela veut dire: sa première expérience érotique.

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Re: sens de "pratique" chez Flaubert

Message par bellaciao le Dim 24 Avr 2011 - 19:11

"Pratique" dans le Littré : il se dit des personnes mêmes qui achètent habituellement chez un marchand, qui emploient habituellement un ouvrier, un artisan, un avoué, un médecin.

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Re: sens de "pratique" chez Flaubert

Message par Iphigénie le Dim 24 Avr 2011 - 19:30

c'est possible en effet;mais je me demande si Flaubert ne joue pas un peu sur l'ambiguité ( triviale) du sens usuel du mot:"connaissance,personne avec qui on est en relation":je n'ai pas le contexte sous la main,mais est ce que ça ne pourrait pas suggérer qu'elle est la première "relation" à égayer "le désoeuvrement de son veuvage"?.....

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Re: sens de "pratique" chez Flaubert

Message par miss terious le Dim 24 Avr 2011 - 21:10

Je donne donc le contexte. Charles et Emma rentrent du bal à la Vaubyessard et Emma est déjà nostalgique. Or, quand ils arrivent, le repas n'est pas prêt. Elle s'en prend alors à Nastasie et la renvoie. Flaubert écrit alors, à propos de Charles : "Il aimait un peu cette pauvre fille. Elle lui avait, autrefois, tenu société pendant bien des soirs, dans les désoeuvrements de son veuvage. C'était sa première pratique, sa plus ancienne connaissance du pays."
Il semble en effet y avoir volontairement ambiguïté sur les "relations" entre eux. Mais je dois mettre une note pour les élèves. Je vais donc rester sur "patiente", je crois. Non ?

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Re: sens de "pratique" chez Flaubert

Message par V.Marchais le Dim 24 Avr 2011 - 21:26

Charles et les amours ancillaires ? Le Charbovary si maladroit avec Emma ? J'ai du mal à y croire. Je pencherais pour le classique "cliente" et verrais dans cette phrase non pas quelque allusion grivoise, mais l'annonce du début de la fin : la première cliente disparaît, Emma se noie dans des rêveries délétères et le pied-bot miraculé va douiller... A rien de tout cela Charles ne sait opposer quelque résistance que ce soit.

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Re: sens de "pratique" chez Flaubert

Message par Dhaiphi le Dim 24 Avr 2011 - 21:26

@miss terious a écrit: Je vais donc rester sur "patiente", je crois. Non ?

Oui, faisons simple ! Very Happy

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Re: sens de "pratique" chez Flaubert

Message par Germinal le Dim 24 Avr 2011 - 21:39

En tout cas, pour Felix Faure, quand on parle de sa "connaissance", c'est sans ambiguité !


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Re: sens de "pratique" chez Flaubert

Message par miss terious le Dim 24 Avr 2011 - 21:44

Merci, en tout cas, pour vos avis et idées.

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Re: sens de "pratique" chez Flaubert

Message par User5899 le Dim 24 Avr 2011 - 22:41

@Germinal a écrit:En tout cas, pour Felix Faure, quand on parle de sa "connaissance", c'est sans ambiguité !

Il s'agissait de "pratique". "Connaissance" posait évidemment moins de problème, et bien avant Félix Faure.

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Re: sens de "pratique" chez Flaubert

Message par User5899 le Dim 24 Avr 2011 - 22:42

@V.Marchais a écrit:Charles et les amours ancillaires ? Le Charbovary si maladroit avec Emma ? J'ai du mal à y croire. Je pencherais pour le classique "cliente" et verrais dans cette phrase non pas quelque allusion grivoise, mais l'annonce du début de la fin : la première cliente disparaît, Emma se noie dans des rêveries délétères et le pied-bot miraculé va douiller... A rien de tout cela Charles ne sait opposer quelque résistance que ce soit.
+1000

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Re: sens de "pratique" chez Flaubert

Message par Iphigénie le Lun 25 Avr 2011 - 6:46

Charles a beau être balourd,il a des "humeurs":s il connaît cette femme du temps de son veuvage,c'est avant qu'il n'arrive à Yonville et après son installation,par sa mère, à Tostes:elle apparaît après le premier mariage,elle est la servante du couple lorsqu'on vient chercher Charles pour soigner le père Rouault; :donc ça ne peut pas être sa première "patiente"dans le pays:on voit mal pourquoi convoitant le cabinet d'un docteur partant à la retraite,Charles aurait engagé comme bonne sa première patiente....cette hypothèse là est nécessairement fausse.
Flaubert veut souligner ,au retour du bal,l'écart des rêves d'Emma à la Vaubyessard et la réalité (crue,plate,paysanne et ancillaire) des faibles émois de Charles("il aimait un peu cette pauvre fille"qui lui avait tenu société pendant bien des SOIRS") .A propos de son veuvage,(j'ai retrouvé mon livre)Flaubert écrit:
"L'agrément de l'indépendance lui rendit bientôt la solitude plus supportable....Donc il se choya,se dorlota,et accepta les consolations qu'on lui donnait...Il trouvait sa figure plus agréable en brossant ses favoris devant son miroir....."Nastasie est sa bonne alors qu'il est encore marié à sa première épouse,à sa mort,ils restent tous les deux seuls dans la maison.
Enfin,se "déniaiser" avec les bonnes est une habitude bien inscrite dans les moeurs campagnardes du XIXème(lire Maupassant),et comme vous le dites,Charles est encore bien niais lors de son premier veuvage....


Donc pour moi,il s'agit bien de "pratique" au sens le plus large au XIXème de "relation,fréquentation" (d'où l'apposition explicative:"sa plus ancienne connaissance dans le pays"):elle est la personne qu'il connaît depuis le plus longtemps,avant même Emma- avec ,possiblement,un sous-entendu plus cru.


Dernière édition par iphigénie le Lun 25 Avr 2011 - 15:11, édité 1 fois

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Re: sens de "pratique" chez Flaubert

Message par V.Marchais le Lun 25 Avr 2011 - 8:08

C'est bien argumenté, Iphigénie, et convaincant.
Cela ne colle pas à l'image que je gardais du personnage mais j'admets que cela fait longtemps que je n'ai pas eu l'occasion de remettre le nez dans cet ouvrage - quoique je l'adore - et que j'ai perdu de vue tous ces détails. Mais ton analyse est pertinente et je m'y range bien volontiers.

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Re: sens de "pratique" chez Flaubert

Message par miss terious le Lun 25 Avr 2011 - 14:16

Merci Iphigénie. Je suis moi aussi convaincue. Mais que mettre dans la note de bas de page pour les 3è qui liront le texte pour le DNBblanc ? Conserver "fréquentation féminine" ?

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Re: sens de "pratique" chez Flaubert

Message par V.Marchais le Lun 25 Avr 2011 - 14:21

Ce sont des troisième, ils en ont vu d'autres. Tu peux être claire sans être graveleuse. Quelque chose du style : relation - avec ici une connotation sexuelle.

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Re: sens de "pratique" chez Flaubert

Message par Reine Margot le Lun 25 Avr 2011 - 14:30

Je vois bien Flaubert jouer avec les différents sens possibles du mot...

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1 enseignant molesté, c’est un fait divers, pas un phénomène de société.
2 enseignants molestés, c’est un fait divers, pas un phénomène de société.
150 enseignants molestés, ce sont des faits divers, pas des phénomènes de société.
151 enseignants molestés, ce sont des faits divers, pas des phénomènes de société.
………………………………
[la progression arithmétique se poursuit en série]
…………………………………..
156 879 enseignants molestés, ce sont des faits divers, pas des phénomènes de société.
156 880 enseignants molestés, ce sont des faits divers, pas des phénomènes de société. »

Reine Margot
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Re: sens de "pratique" chez Flaubert

Message par Iphigénie le Lun 25 Avr 2011 - 14:46

il me semble que finalement,tu peux garder la note du sujet de brevet des collèges...ou "cette servante a été ,pendant le temps de son premier veuvage,la seule personne à laquelle Charles se confiait le soir "? Wink Ne soyons pas plus explicites que Flaubert,après tout!


d'autant que si je suis sûre que le mot veut dire ici "fréquentation,compagnie en société"le sous entendu est possible mais pas certain à 100 pour cent!

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Re: sens de "pratique" chez Flaubert

Message par User5899 le Lun 25 Avr 2011 - 17:10

@iphigénie a écrit:Charles a beau être balourd,il a des "humeurs":s il connaît cette femme du temps de son veuvage,c'est avant qu'il n'arrive à Yonville et après son installation,par sa mère, à Tostes:elle apparaît après le premier mariage,elle est la servante du couple lorsqu'on vient chercher Charles pour soigner le père Rouault; :donc ça ne peut pas être sa première "patiente"dans le pays:on voit mal pourquoi convoitant le cabinet d'un docteur partant à la retraite,Charles aurait engagé comme bonne sa première patiente....cette hypothèse là est nécessairement fausse.
Flaubert veut souligner ,au retour du bal,l'écart des rêves d'Emma à la Vaubyessard et la réalité (crue,plate,paysanne et ancillaire) des faibles émois de Charles("il aimait un peu cette pauvre fille"qui lui avait tenu société pendant bien des SOIRS") .A propos de son veuvage,(j'ai retrouvé mon livre)Flaubert écrit:
"L'agrément de l'indépendance lui rendit bientôt la solitude plus supportable....Donc il se choya,se dorlota,et accepta les consolations qu'on lui donnait...Il trouvait sa figure plus agréable en brossant ses favoris devant son miroir....."Nastasie est sa bonne alors qu'il est encore marié à sa première épouse,à sa mort,ils restent tous les deux seuls dans la maison.
Enfin,se "déniaiser" avec les bonnes est une habitude bien inscrite dans les moeurs campagnardes du XIXème(lire Maupassant),et comme vous le dites,Charles est encore bien niais lors de son premier veuvage....


Donc pour moi,il s'agit bien de "pratique" au sens le plus large au XIXème de "relation,fréquentation" (d'où l'apposition explicative:"sa plus ancienne connaissance dans le pays"):elle est la personne qu'il connaît depuis le plus longtemps,avant même Emma- avec ,possiblement,un sous-entendu plus cru.
Mouais. On nous précise bien, lors de l'arrivée des époux Charles-Emma, qu'il s'agit d'une vieille femme, et Flaubert n'a pas publié un long passage écrit tout d'abord où il présente son Charles déniaisé par quelques filles un peu légères au cours de sa première année d'études ratée. Le sous-entendu cru me semble en complet contresens. En revanche, le sens de "pratique" antérieur à celui de cliente, la personne qui rend service ou à qui l'on rend service est possible. Charles est-il sexuel ?

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Re: sens de "pratique" chez Flaubert

Message par Iphigénie le Lun 25 Avr 2011 - 21:22

Charles est surtout balourd et campagnard,déniaisé il l'est effectivement,bien sûr-d'ailleurs veuf Shocked
Attiré par la "chose",néanmoins, comme le passage supprimé par Flaubert et que vous citez le démontre.Et libéré par la mort de sa vieille épouse de 45 ans,avec laquelle il a été casé par Môman à 23 ans.
Par contre la nature de son "commerce" avec Nastasie est très ambiguë (et pas vraiment essentielle):certes,Flaubert dit à un endroit "la vieille bonne"(j'ai pris la peine,non, le plaisir!! de relire le début de Madame Bovary),mais il dit ici "la pauvre fille".Le mot "désoeuvrements"prête d'ailleurs également à commentaire....
Mais il est sûr que ce n'est pas une patiente:si vous avez regardé les manuscrits,vous avez peut-être vu que Flaubert disait initialement que c'était déjà la servante du docteur précédent de Toste,"débauchée" (stricto sensu)par la mère de Charles quand elle installe son fils à Toste

.Donc servante,pas patiente.
Maintenant Charles est-il gérontophile?
.Merci pour le" complet contresens",mais j'ai quand même un peu lu Maupassant,quelques lettres de Flaubert et fait quelques plongées en Normandie profonde pour dire que le contresens n'est peut-être pas aussi net,et que la grivoiserie n'est pas totalement éloignée de l'univers de Maupassant et Flaubert,surtout quand elle vient surligner la médiocrité des hommes.... .Et d'ailleurs,je n'en suis pas sûre,je me pose la question (moi,je n'impose cette supposition à personne)...
En tout état de cause,la question de Miss Térious était bien justifiée!
Nous voilà partis dans une mini thèse sur la question(ça me rappelle un article sur lequel j'étais tombé en travaillant à l'université sur l'Iliade:"Achille portait-il des sandales?":15 pages .
Il me semble que Flaubert veut dire que Charles n'avait guère fréquenté que cette servante pendant son veuvage (et les Rouault,bien sûr,qui l'attirent et le titillent de plus en plus)C'est son univers,contrairement aux gens côtoyés dans le bal et auxquels rêvent Emma.Il montre aussi la faiblesse de caractère de Charles évidemment et la cruauté du sort de la servante,qui était dans la maison avant l'arrivée d'Emma:c'est elle qui la lui fait visiter le jour de son mariage."première pratique":sa plus vieille connaissance à Toste.
Enfin, comme disait Brel,"il faut bien que le corps exulte" en attendant:cinq mois de veuvage,c'est bien long dans nos campagnes Very Happy


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Re: sens de "pratique" chez Flaubert

Message par User5899 le Lun 25 Avr 2011 - 22:00

@iphigénie a écrit:Charles est surtout balourd et campagnard,déniaisé il l'est effectivement,bien sûr-d'ailleurs veuf Shocked
Attiré par la "chose",néanmoins, comme le passage supprimé par Flaubert et que vous citez le démontre.Et libéré par la mort de sa vieille épouse de 45 ans,avec laquelle il a été casé par Môman à 23 ans.
Par contre la nature de son "commerce" avec Nastasie est très ambiguë (et pas vraiment essentielle):certes,Flaubert dit à un endroit "la vieille femme"(j'ai pris la peine,non, le plaisir!! de relire le début de Madame Bovary),mais il dit ici "la pauvre fille".Le mot "désoeuvrement"prête d'ailleurs également à commentaire....
Mais il est sûr que ce n'est pas une patiente:si vous avez regardé les manuscrits,vous avez peut-être vu que Flaubert disait initialement que c'était déjà la servante du docteur précédent de Toste,"débauchée" (stricto sensu)par la mère de Charles quand elle installe son fils à Toste

.Donc servante,pas patiente.
Maintenant Charles est-il gérontophile?
.Merci pour le" complet contresens",mais j'ai quand même un peu lu Maupassant,quelques lettres de Flaubert et fait quelques plongées en Normandie profonde pour dire que le contresens n'est peut-être pas aussi net,et que la grivoiserie n'est pas totalement éloignée de l'univers de Maupassant et Flaubert,surtout quand elle vient surligner la médiocrité des hommes.... .Et d'ailleurs,je n'en suis pas sûre,je me pose la question (moi,je n'impose cette supposition à personne)...
En tout état de cause,la question de Miss Térious était bien justifiée!
Nous voilà partis dans une mini thèse sur la question(ça me rappelle un article sur lequel j'étais tombé en travaillant à l'université sur l'Iliade:"Achille portait-il des sandales?":15 pages .
Il me semble que Flaubert veut dire que Charles n'avait guère fréquenté que cette servante pendant son veuvage (et les Rouault,bien sûr,qui l'attirent et le titillent de plus en plus)C'est son univers,contrairement aux gens côtoyés dans le bal et auxquels rêvent Emma.
Enfin, comme disait Brel,"il faut bien que le corps exulte" en attendant:cinq mois de veuvage,c'est bien long dans nos campagnes Very Happy
Pour la pauvre fille, je crois que le sens ne pose pas de problème à cette époque.
Pour le contresens, j'ai pris la peine de modaliser ma phrase Smile
Pour la grivoiserie, je suis bien d'accord, mais il me semble, à travers la scène des comices ou celle du fiacre, que Flaubert éprouve un certain plaisir à ne pas être grivois d'un mot.
Mais bon, apparemment, nous sommes sur l'un des fameux passages où le texte ne se réduit pas. Et où "l'intention de l'auteur" n'est pas évidente Smile Smile

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Re: sens de "pratique" chez Flaubert

Message par miss terious le Lun 25 Avr 2011 - 23:09

Eh bien ! Si mes élèves savaient (et même certaines collègues) que le texte sur lequel ils vont plancher a pu être objet de discussion... Mais j'aime bien ça, en fait !

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