Début de la campagne contre les violences éducatives

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Re: Début de la campagne contre les violences éducatives

Message par Rikki le Mer 27 Avr 2011 - 18:18

@Melody Nelson a écrit:Si ça me fait du bien: non. Si j'aurais aimé qu'il le voie: oui.
Il y a quelques années alors qu'il gardait le petit-fils de sa compagne, âgé de trois ans, il l'a violemment fessé à trois reprises devant moi en l'insultant parce que l'enfant venait de vomir... il était malade, qu'y pouvait-il ?

Je pense que le clip nous met tous en garde contre des dérives possibles et puis oui, je suis aussi d'accord pour dire que claques et fessées sont des gestes violents. Pourtant, j'ai moi aussi mis des fessées, mais je trouve que ce n'est pas glorieux. J'aimerais vraiment faire autrement.

Edit pour ma part mon père ne s'est pas limité à des claques et des fessées, hein. Mais même en elles-mêmes, ces dernières, fréquentes, injustifiées, banales, m'ont beaucoup marquée.

Je suis d'accord avec toi qu'il y a des choses qu'il faudrait probablement montrer à des gens qui se montrent violents sans même s'en rendre compte. Mais ce clip me semble particulièrement mal fait, et son intention législative particulièrement mal venue.

Et tu le dis toi-même : les personnes qui sont véritablement violentes ne se "limitent pas à des claques et des fessées". Or, la maltraitance est interdite par la loi depuis belle lurette. La question est : cette loi t'a-t-elle protégée ? Et ne serait-elle pas complètement diluée dans une loi qui mettrait "dans le même sac" des gens comme moi, qui ai dû mettre trois fessées à mon fils, deux à ma première fille et peut-être quelques dizaines à ma pestouille de troisième, et des gens comme ton père, qui est capable de frapper un jeune enfant malade ?

Evidemment, je vais avoir tendance à me considérer comme "du bon côté", tu me diras. Je ne vais pas dire "Je suis quelqu'un de violent". Mais vraiment, je ne le pense pas. Et je pense que considérer tout geste envers un enfant comme une marque de violence est contre-productif.

Quid des "tapes sur les doigts" aux tout-petits quand ils veulent approcher les mains des prises ? Où s'arrêtera-t-on dans la sanctification du corps des enfants ?

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Re: Début de la campagne contre les violences éducatives

Message par Reine Margot le Mer 27 Avr 2011 - 18:21

@Melody Nelson a écrit:Dans certaines familles oui on se prend une claque pour un verre renversé, pour rien, pour un oui, pour un non, et alors oui, on est dans un contexte de maltraitance tout à fait banalisée... qui n'exclut pas d'autres formes de violences du reste... Mais oui ça peut commencer comme ça.

Je pense que c'est bien pour ça que le film choisit cet exemple.



sur la maltraitance (prendre une claque ou une fessée sans raison) on est d'accord; ce qui est gênant, c'est que le film en tire comme conclusion qu'il faut interdire TOUTE fessée et TOUTE claque, ce qui n'est pas la même chose, et tout aussi dangereux que de banaliser les claques. si on suit ce film, 99% des parents, ayant donné une claque un jour, sont des criminels.

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Re: Début de la campagne contre les violences éducatives

Message par Lornet le Mer 27 Avr 2011 - 18:24

Pourquoi cette vidéo est-elle nulle ?

Parce que manifestement, le cadre familial est calme. L'enfant n'est manifestement pas Cosette : elle est bien habillée et n'a pas à ramasser le verre qu'elle fait tomber. Ce n'est pas elle qui essuie la table. Elle a la possibilité de faire ses devoirs et sa mère lui a préparé un goûter.
Au milieu de tout ça, elle reçoit une claque qui sonne faux.
Ce n'est pas le bon décor ; ce ne sont pas les bons personnages.



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Re: Début de la campagne contre les violences éducatives

Message par Rikki le Mer 27 Avr 2011 - 18:26

@Reine Margot a écrit:
@Melody Nelson a écrit:Dans certaines familles oui on se prend une claque pour un verre renversé, pour rien, pour un oui, pour un non, et alors oui, on est dans un contexte de maltraitance tout à fait banalisée... qui n'exclut pas d'autres formes de violences du reste... Mais oui ça peut commencer comme ça.

Je pense que c'est bien pour ça que le film choisit cet exemple.



sur la maltraitance (prendre une claque ou une fessée sans raison) on est d'accord; ce qui est gênant, c'est que le film en tire comme conclusion qu'il faut interdire TOUTE fessée et TOUTE claque, ce qui n'est pas la même chose, et tout aussi dangereux que de banaliser les claques. si on suit ce film, 99% des parents, ayant donné une claque un jour, sont des criminels.

Tout à fait d'accord. Et ce d'autant plus qu'autant la claque, à mon avis, concerne moins de 99 % des parents (je n'en ai jamais donné, et je connais beaucoup de gens qui n'en ont jamais donné), autant la tape sur les doigts et / ou la fessée sont beaucoup plus répandues ! Frapper un enfant au visage, c'est vrai que ça me gêne, personnellement, mais je n'irais pas criminaliser cet acte à tous les coups.

Le problème, c'est qu'on veut faire du "clip-choc", s'expliquer en 30 secondes, ratisser large... et du coup, on dit n'importe quoi !

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Re: Début de la campagne contre les violences éducatives

Message par Reine Margot le Mer 27 Avr 2011 - 18:27

@Rikki a écrit:
@Melody Nelson a écrit:Si ça me fait du bien: non. Si j'aurais aimé qu'il le voie: oui.
Il y a quelques années alors qu'il gardait le petit-fils de sa compagne, âgé de trois ans, il l'a violemment fessé à trois reprises devant moi en l'insultant parce que l'enfant venait de vomir... il était malade, qu'y pouvait-il ?

Je pense que le clip nous met tous en garde contre des dérives possibles et puis oui, je suis aussi d'accord pour dire que claques et fessées sont des gestes violents. Pourtant, j'ai moi aussi mis des fessées, mais je trouve que ce n'est pas glorieux. J'aimerais vraiment faire autrement.

Edit pour ma part mon père ne s'est pas limité à des claques et des fessées, hein. Mais même en elles-mêmes, ces dernières, fréquentes, injustifiées, banales, m'ont beaucoup marquée.

Je suis d'accord avec toi qu'il y a des choses qu'il faudrait probablement montrer à des gens qui se montrent violents sans même s'en rendre compte. Mais ce clip me semble particulièrement mal fait, et son intention législative particulièrement mal venue.

Et tu le dis toi-même : les personnes qui sont véritablement violentes ne se "limitent pas à des claques et des fessées". Or, la maltraitance est interdite par la loi depuis belle lurette. La question est : cette loi t'a-t-elle protégée ? Et ne serait-elle pas complètement diluée dans une loi qui mettrait "dans le même sac" des gens comme moi, qui ai dû mettre trois fessées à mon fils, deux à ma première fille et peut-être quelques dizaines à ma pestouille de troisième, et des gens comme ton père, qui est capable de frapper un jeune enfant malade ?

Evidemment, je vais avoir tendance à me considérer comme "du bon côté", tu me diras. Je ne vais pas dire "Je suis quelqu'un de violent". Mais vraiment, je ne le pense pas. Et je pense que considérer tout geste envers un enfant comme une marque de violence est contre-productif.

Quid des "tapes sur les doigts" aux tout-petits quand ils veulent approcher les mains des prises ? Où s'arrêtera-t-on dans la sanctification du corps des enfants ?

le gros problème c'est qu'effectivement les gens qui sont contre toute claque et fessée les voient comme donnés sans raison, ils ne distinguent plus la claque donnée justement à un enfant qui provoque et une claque donnée pour un verre renversé, la vraie maltraitance brouille ces repères et ce genre de loi "anti-fessée" contribue à confondre les choses, tout en enlevant aux adultes des moyens de poser des limites.

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Re: Début de la campagne contre les violences éducatives

Message par Provence le Mer 27 Avr 2011 - 18:29

Quelques alternatives...

http://www.20minutes.fr/article/714035/societe-claques-fessees-alternatives

ÉDUCATION - Interdire les châtiments corporels, oui, mais quelles sont les autres techniques pour asseoir son autorité...

Pas de gifle ni de fessée. C’est le message que va tenter de faire passer dès jeudi la Fondation pour l’enfance à travers le lancement d’un spot télévisé. Dans l’idéal, on le sait, il faudrait ne pas avoir à se fâcher tout court. Malheureusement, il arrive à nos chers bambins de transgresser les règles que nous leur imposons. Pour éviter d’avoir recours aux châtiments corporels, quelles alternatives s’offrent aux parents?

La technique du permis à points

«La technique des 'jetons' ou 'permis à points' est très efficace», explique Didier Preux, psychologue clinicien, auteur de Un enfant heureux (Editions Odile Jacob 2010). «C’est-à-dire que tel comportement négatif sera égal à telle conséquence négative. A l’inverse, tel bon comportement sera récompensé par telle chose...», précise-t-il. Ces rapports cause/conséquence, comme toutes réprimandes, doivent être adaptés à l’âge de l’enfant et à la gravité de la bêtise.

L’isolement

«L’une des meilleures technique est le 'time out': l'exclusion de l'enfant dans sa chambre», conseil Didier Preux. Cette méthode a deux grands avantages: elle permet à l’enfant de réfléchir à sa bêtise sans pour autant le traumatiser car il est puni dans un espace qu’il affectionne.

Le coin

Cette technique a fait ses preuves. Mais attention: «Aller au coin, c'est souvent humiliant...», constate Didier Preux. Pour éviter que l’enfant réprimandé ne finisse par se braquer, il faut éviter d’utiliser cette méthode avant qu’il n’ait deux ans, ne pas l'appliquer trop souvent et veiller à ne pas laisser trop longtemps le fauteur dans le coin.

Le cri, inefficace mais pas traumatisant

«Crier ne sert à rien, comme la fessée c'est une 'sanction émotionnelle' d'un parent excédé, en colère», analyse l’auteur. Et d’ajouter: «C'est la 'conséquence' qui est éducative: combien ça coûte de faire telle bêtise?». Mais en revanche, «il n’y a rien de traumatisant dans tout ça. L’enfant est plus solide qu'on ne le croit».

Prendre l’enfant contre soi

Le psychologue pour enfants, Jean-Claude Périanna, explique sur France-Antilles: «S'il fait une crise dans un magasin, le mieux est de contenir son enfant en le serrant contre soi, de sortir, et de lui montrer que vous ne céderez pas, sans le frapper.»

La réparation

La réparation «tient compte du dommage subi par la victime. C’est elle qui négocie avec le transgresseur la mesure de réparation raisonnable», explique l’Association Ni fessée ni tape. Plus concrètement: «Lorsqu’Ugo dit un mot grossier à sa grand-mère, celle-ci subit un préjudice moral. C’est à elle de dire comment Ugo doit réparer sa faute: s’excuser, ou, si elle trouve cela insuffisant, négocier avec elle la réparation qu’elle exige (lui offrir une rose sur son argent de poche, ou le gâteau qu’elle adore...)».

Comment réprimer ses envies de fessées?

Interdire les châtiments corporels, oui, mais quand l’enfant est insupportable, comment ne pas céder à la fessée? «La fessée est souvent signe de l'impuissance des parents, ils ne savent plus comment se faire obéir. C'est 'en amont' qu’il faut intervenir: exiger des règles avant d'attendre l'escalade des comportements», commente le psychologue. Par exemple: «L'enfant est autorisé à se servir du coca à table quand il veut (c'est permis), il renverse un verre et se prend une gifle... L'autorité, c'est demander à l'enfant de boire de l'eau, de mettre le couvert, d'aider à la cuisine, etc. Ce sont souvent les enfants rois qui reçoivent des baffes...»

Olivia Vignaud

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Re: Début de la campagne contre les violences éducatives

Message par Invité31 le Mer 27 Avr 2011 - 18:31

Rikki, je suis comme toi: j'ai mis quelques fessées, quand j'ai vraiment été poussée à bout. Je ne me considère pas comme violente.
Mais dans l'absolu, ce geste reste un usage de la force, donc par définition violent.
Je reste convaincue qu'on peut faire autrement. C'est sûr que c'est difficile: on a été élevé comme ça, donc on reproduit, ce que le clip montre, justement.

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Re: Début de la campagne contre les violences éducatives

Message par Invité31 le Mer 27 Avr 2011 - 18:34

Prendre l'enfant contre soi, isoler, demander réparation: je m'en sers beaucoup ici et ça marche bien. Quand l'une de mes filles est en colère je garde en mémoire son immaturité et je la calme en la prenant contre moi pour l'aider à décharger sa colère avant de reparler avec elle, au calme.

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Re: Début de la campagne contre les violences éducatives

Message par Reine Margot le Mer 27 Avr 2011 - 18:41

bien sûr qu'on ne donne pas une fessée au 1er problème mais quand les sanctions préventives n'ont pas marché:

- tu mets l'enfant dans sa chambre et il en sort quand même pour narguer
- il est au coin mais se ballade pour provoquer
- Il se sauve en courant quand tu fais une remarque orale...

(vu chez des enfants autour de moi)


on fait quoi? heureusement que la fessée existe...



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2 enseignants molestés, c’est un fait divers, pas un phénomène de société.
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151 enseignants molestés, ce sont des faits divers, pas des phénomènes de société.
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Re: Début de la campagne contre les violences éducatives

Message par Lornet le Mer 27 Avr 2011 - 18:42

Claque et fessée, c'est un faux problème.
Quand j'étais ado, les fils du voisin étaient tout le temps dans les rues quand ils n'étaient pas en classe, jusque 22-23, hiver comme été. Au moment de refaire nos cartes pour le car scolaire, leur père, venu seul, ne savait pas en quelle classe étaient ses fils et restait tout bête devant la dame.
Mon année comme néo-tit, il y avait un gamin venu s'inscrire tout seul en 6e. Une demi-heure à pieds. Il avait des poux ; il sentait l'alcool ; il n'avait aucune affaire, sauf des crayons cassés et d'autres trucs en très mauvais état, qu'il devait traîner depuis des années...Il avait toujours le visage couvert de morve alors je lui donnais des kleenex. Je ne sais pas s'il était battu, mais c'était toute son enfance qui se barrait en lambeaux. Ses parents étaient peut-être très pauvres, ou peut-être qu'ils s'en fichaient, comme d'un de mes élèves, cette année, qui ne sait pas écrire, et quand on a réuni une équipe éducative, sa mère ne s'est même pas donné la peine de se déplacer, alors que c'est son fils.
Ceux qui vont se poser la question "Est-ce que donner une gifle, c'est mal ?", ce sont ceux qui s'intéressent à leurs enfants, à leur éducation. Mais ce sont les autres, ceux qui ont des enfants qui font tout le ménage chez eux ("J'ai pas pu faire mes devoirs parce que j'ai pas fini la vaisselle, alors ma mère, elle a pas voulu...") ou qui parlent à leurs enfants en les insultant ("Eh, p'tit con, tu vas te la fermer ? Je vais finir par te foutre en pension militaire !") à qui il faudrait s'adresser. J'ai vu une mère, il y a deux ans, nous répondre le plus sérieusement du monde : "Vous reprochez à ma fille d'avoir sucé un garçon dans les toilettes ? Mais elle le fait quand on va au camping, et c'est pas grave, c'est pas vraiment sexuel..." Sa fille avait treize ans. La vraie violence, c'est plus là que je la vois.

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Re: Début de la campagne contre les violences éducatives

Message par Reine Margot le Mer 27 Avr 2011 - 18:44

@Lornet a écrit:Claque et fessée, c'est un faux problème.
Quand j'étais ado, les fils du voisin étaient tout le temps dans les rues quand ils n'étaient pas en classe, jusque 22-23, hiver comme été. Au moment de refaire nos cartes pour le car scolaire, leur père, venu seul, ne savait pas en quelle classe étaient ses fils et restait tout bête devant la dame.
Mon année comme néo-tit, il y avait un gamin venu s'inscrire tout seul en 6e. Une demi-heure à pieds. Il avait des poux ; il sentait l'alcool ; il n'avait aucune affaire, sauf des crayons cassés et d'autres trucs en très mauvais état, qu'il devait traîner depuis des années...Il avait toujours le visage couvert de morve alors je lui donnais des kleenex. Je ne sais pas s'il était battu, mais c'était toute son enfance qui se barrait en lambeaux. Ses parents étaient peut-être très pauvres, ou peut-être qu'ils s'en fichaient, comme d'un de mes élèves, cette année, qui ne sait pas écrire, et quand on a réuni une équipe éducative, sa mère ne s'est même pas donné la peine de se déplacer, alors que c'est son fils.
Ceux qui vont se poser la question "Est-ce que donner une gifle, c'est mal ?", ce sont ceux qui s'intéressent à leurs enfants, à leur éducation. Mais ce sont les autres, ceux qui ont des enfants qui font tout le ménage chez eux ("J'ai pas pu faire mes devoirs parce que j'ai pas fini la vaisselle, alors ma mère, elle a pas voulu...") ou qui parlent à leurs enfants en les insultant ("Eh, p'tit con, tu vas te la fermer ? Je vais finir par te foutre en pension militaire !") à qui il faudrait s'adresser. J'ai vu une mère, il y a deux ans, nous répondre le plus sérieusement du monde : "Vous reprochez à ma fille d'avoir sucé un garçon dans les toilettes ? Mais elle le fait quand on va au camping, et c'est pas grave, c'est pas vraiment sexuel..." Sa fille avait treize ans. La vraie violence, c'est plus là que je la vois.

ah oui là c'est énorme... Shocked

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Re: Début de la campagne contre les violences éducatives

Message par Invité31 le Mer 27 Avr 2011 - 18:46

Reine, oui, pour un esprit sain Wink
Quant à la fessée "heureusement qu'elle existe": dans les années 50/60 je pense que les parents devaient dire la même chose de la ceinture, puisqu'à l'époque, c'était courant... Pourtant plus personne ne bat son enfant à coups de ceinturon aujourd'hui,(EDIT enfin si, les parents de mes élèves les plus terribles, justement...) on reconnaît ce geste comme maltraitance. Tant mieux. pourtant à l'époque, il était consensuel... On n'imaginait pas possible de faire autrement.
Moi aussi j'ai mis des fessées en dernier recours, mais sincèrement, encore une fois, je trouve ça minable comme geste. J'aimerais faire autrement, sans pour autant ne rien faire.

Lornet, bien sûr qu'il y a des degrés. il n'empêche. Quand tu as été élevé comme la petite fille du clip, je pense que ça marque durablement.

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Re: Début de la campagne contre les violences éducatives

Message par Lornet le Mer 27 Avr 2011 - 18:52

La petite fille du clip a une mère trop stricte. On peut pointer du doigt ce type de parents, qui essuient ce que renversent leurs enfants mais les réprimandent sérieusement pour leur ôter l'envie de recommencer.
Mais cet été, ça va être le retour de Secret Story à la télé, et qui regarde ça ? Des élèves de 8 à 12 ans que leurs parents laissent devant la télé, et il y en a un paquet...Eux aussi, je pense que les séquelles seront durables. Ils n'ont aucun recul, ne comprennent pas un texte de dix lignes, mais connaissent les noms des bimbos par coeur.
Il ne s'agit pas de dire "gifler un enfant pour un rien, c'est bien !" Bien sûr que c'est mal.
Mais il n'y a que ceux qui lisent Dolto, s'intéressent à la pédagogie, au bien-être de leurs enfants, qui s'intéresseront au message de cette pub : on va prêcher les convertis.

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Re: Début de la campagne contre les violences éducatives

Message par Reine Margot le Mer 27 Avr 2011 - 19:11

@Melody Nelson a écrit:Reine, oui, pour un esprit sain Wink
Quant à la fessée "heureusement qu'elle existe": dans les années 50/60 je pense que les parents devaient dire la même chose de la ceinture, puisqu'à l'époque, c'était courant... Pourtant plus personne ne bat son enfant à coups de ceinturon aujourd'hui,(EDIT enfin si, les parents de mes élèves les plus terribles, justement...) on reconnaît ce geste comme maltraitance. Tant mieux. pourtant à l'époque, il était consensuel... On n'imaginait pas possible de faire autrement.
Moi aussi j'ai mis des fessées en dernier recours, mais sincèrement, encore une fois, je trouve ça minable comme geste. J'aimerais faire autrement, sans pour autant ne rien faire.


c'est tout un contexte la ceinture... il y avait des abus mais maintenant les abus sont dans l'autre sens (enfant trop écouté, enfant roi)


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Re: Début de la campagne contre les violences éducatives

Message par Lornet le Mer 27 Avr 2011 - 19:17

Ou enfant pas écouté, enfant "on s'en fout".
Un de mes pires élèves de 6e a vu toute la série des Saw plusieurs fois. Il est violent. Je ne sais pas si ses parents le frappent. Mais il aime les films gore "parce que c'est trop bien !"
C'est pas de la violence éducative ; c'est un manque total d'éducation.

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Re: Début de la campagne contre les violences éducatives

Message par Reine Margot le Mer 27 Avr 2011 - 19:18

@Lornet a écrit:Ou enfant pas écouté, enfant "on s'en fout".
Un de mes pires élèves de 6e a vu toute la série des Saw plusieurs fois. Il est violent. Je ne sais pas si ses parents le frappent. Mais il aime les films gore "parce que c'est trop bien !"
C'est pas de la violence éducative ; c'est un manque total d'éducation.

en effet c'est aussi une forme de violence.

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Re: Début de la campagne contre les violences éducatives

Message par Schéhérazade le Mer 27 Avr 2011 - 19:58

Je ne veux pas récuser les travaux des psys, ni jeter aux orties leurs conseils pour l' éducation. Mais j' ai quand même l' impression qu' ils s' érigent en experts qui ne permettent plus aux parents de se fier à leur bon sens, et créent involontairement un désarroi préjudiciable à tous. On n' élève pas ses enfants avec une liste de méthodes autorisées à la main. Un peu comme les experts didacticiens ne peuvent pas savoir quelles sont les méthodes infaillibles pour enseigner. Il me semble que tant qu' un enfant se porte bien et fait l' objet de l' attention de ses parents, on n' a pas à leur chercher des poux parce qu' ils lui ont parfois donné des fessées quand il était petit.

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Re: Début de la campagne contre les violences éducatives

Message par kiwi le Mer 27 Avr 2011 - 20:15

Et après on s'étonne des gamins qu'on a face à nous chaque jour... Rolling Eyes

Des claques et des fessées, je m'en suis prises un paquet étant gamine, toutes justifiées sauf deux selon-moi. J'étais une vraie saloperie. Suis-je traumatisée? Non.
Ce midi, un psy était reçu sur France 2 au JT. C'est limite s'il ne faudrait pas s'excuser devant l'enfant maintenant : il fait des conneries, les parents s'excusent de l'avoir puni. Tu parles. On va tous se faire bouffer par des gamins de 3ans bientôt.

PS : Oui, frapper un enfant pour un oui ou pour un non est de la maltraitance. En revanche, utiliser la gifle ou la fessée dans son échelle de sanction pour poser des limites ou empêcher un enfant de faire quelque chose de dangereux non.

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Re: Début de la campagne contre les violences éducatives

Message par freche le Mer 27 Avr 2011 - 20:21

@Reine Margot a écrit:bien sûr qu'on ne donne pas une fessée au 1er problème mais quand les sanctions préventives n'ont pas marché:

- tu mets l'enfant dans sa chambre et il en sort quand même pour narguer
- il est au coin mais se ballade pour provoquer
- Il se sauve en courant quand tu fais une remarque orale...

(vu chez des enfants autour de moi)


on fait quoi? heureusement que la fessée existe...



Je pense que si les enfants en sont là, c'est qu'il y a eu un problème éducatif avant. Et ce n'est pas dû à l'absence de fessée, mais à l'absence de cohérence ou de cadre.


Dernière édition par freche le Mer 27 Avr 2011 - 20:24, édité 1 fois

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Re: Début de la campagne contre les violences éducatives

Message par freche le Mer 27 Avr 2011 - 20:22

@kiwi a écrit:Et après on s'étonne des gamins qu'on a face à nous chaque jour... Rolling Eyes

Des claques et des fessées, je m'en suis prises un paquet étant gamine, toutes justifiées sauf deux selon-moi. J'étais une vraie saloperie. Suis-je traumatisée? Non.
Ce midi, un psy était reçu sur France 2 au JT. C'est limite s'il ne faudrait pas s'excuser devant l'enfant maintenant : il fait des conneries, les parents s'excusent de l'avoir puni. Tu parles. On va tous se faire bouffer par des gamins de 3ans bientôt.

PS : Oui, frapper un enfant pour un oui ou pour un non est de la maltraitance. En revanche, utiliser la gifle ou la fessée dans son échelle de sanction pour poser des limites ou empêcher un enfant de faire quelque chose de dangereux non.

C'est très facile de frapper un enfant, on a la force pour soi. Il y a d'autres méthodes qui marchent bien mieux. Ça ne soulage que les parents.

Tu dis que tu étais une vraie saloperie. Pourquoi à ton avis ?

freche
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Re: Début de la campagne contre les violences éducatives

Message par Provence le Mer 27 Avr 2011 - 20:27

@freche a écrit:

C'est très facile de frapper un enfant, on a la force pour soi. Il y a d'autres méthodes qui marchent bien mieux. Ça ne soulage que les parents.

Tu dis que tu étais une vraie saloperie. Pourquoi à ton avis ?

Lesquelles?

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Re: Début de la campagne contre les violences éducatives

Message par kiwi le Mer 27 Avr 2011 - 20:40

@freche a écrit:

C'est très facile de frapper un enfant, on a la force pour soi. Il y a d'autres méthodes qui marchent bien mieux. Ça ne soulage que les parents.

Tu dis que tu étais une vraie saloperie. Pourquoi à ton avis ? [/quote]

Parce que j'ai été fille unique très longtemps et j'en voulais à mes parents de m'avoir fait une petite soeur Laughing Sans doute que je voulais attirer l'attention et non pas parce que mes parents ne m'ont jamais donné de cadre si c'est ce que ta question sous-entendait. Ma mère est quelqu'un de très stricte et j'estime avoir été très bien élevée. D'ailleurs, ma soeur aussi s'en est pris un certain nombre de claques. Pour autant, on n'avait pas le même caractère : elle était aussi gentille que moi j'étais une peste. En grandissant vraiment, ça a bien changé. Smile

kiwi
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Re: Début de la campagne contre les violences éducatives

Message par doublecasquette le Mer 27 Avr 2011 - 20:42

@Schéhérazade a écrit:Je ne veux pas récuser les travaux des psys, ni jeter aux orties leurs conseils pour l' éducation. Mais j' ai quand même l' impression qu' ils s' érigent en experts qui ne permettent plus aux parents de se fier à leur bon sens, et créent involontairement un désarroi préjudiciable à tous. On n' élève pas ses enfants avec une liste de méthodes autorisées à la main. Un peu comme les experts didacticiens ne peuvent pas savoir quelles sont les méthodes infaillibles pour enseigner. Il me semble que tant qu' un enfant se porte bien et fait l' objet de l' attention de ses parents, on n' a pas à leur chercher des poux parce qu' ils lui ont parfois donné des fessées quand il était petit.

Voilà le parallèle qui me trottait dans la tête depuis quelques jours ! Merci de l'avoir trouvé pour moi ! topela

doublecasquette
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Re: Début de la campagne contre les violences éducatives

Message par Invité31 le Mer 27 Avr 2011 - 20:45

Non mais il y a quelque chose qui me choque un peu en lisant certains posts. On dirait qu'il n'y a pas de demi-mesure: soit on "éduque" correctement son enfant, en lui mettant des fessées "bien méritées" qui vont nécessairement "bien le cadrer"; soit on est laxiste et on s'excuse devant un "enfant roi".

Mais il y a quand même un monde entre ces deux extrêmes, hein !

Et personnellement, je connais un certain nombre de gamins infects et pourtant ils s'en prennent, des fessées....
A l'inverse je connais des enfants très sages qui n'en ont reçu que très peu, voire pas du tout.
Après on peut toujours chercher le lien de cause à conséquence, n'empêche que penser qu'un enfant qui se prend de "bonnes" fessées est un enfant bien éduqué, c'est définitivement un dogme qui n'a plus cours pour moi.


Dernière édition par Melody Nelson le Mer 27 Avr 2011 - 20:54, édité 1 fois

Invité31
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Re: Début de la campagne contre les violences éducatives

Message par Lornet le Mer 27 Avr 2011 - 20:52


_________________
Ma nouvelle parue dans un recueil en faveur de Handicap International :  http://www.anywayeditions.com/…/decou…/je-tu-ils-nous-ebook/
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Mon roman à paraître le 3 juillet 2017 :
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Re: Début de la campagne contre les violences éducatives

Message par freche le Mer 27 Avr 2011 - 20:58

@Provence a écrit:
@freche a écrit:

C'est très facile de frapper un enfant, on a la force pour soi. Il y a d'autres méthodes qui marchent bien mieux. Ça ne soulage que les parents.

Lesquelles?

Dire et redire les choses avec calme, isoler l'enfant, être constant dans son attitude, ne pas attendre de lui des choses qui ne correspondent pas à son âge, avoir peu d'exigences fortes mais s'y tenir. En fait, je trouve qu'il faut décider au départ ce sur quoi on ne transigera pas, et laisser le gamin tranquille sur le reste. Pas de cadre est aussi mauvais que trop de cadre.
Par exemple, dans certaines familles, il faut absolument mettre des chaussons, chez d'autres on marche pieds nus, ici on mange tous à table à heure fixe, ailleurs chacun se sert comme il l'entend, mange quand il a faim, mais il faut nettoyer quand on a fini. Le respect de l'autre est la seule chose non négociable à mon avis.


Dernière édition par freche le Mer 27 Avr 2011 - 21:02, édité 1 fois

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