Marine Le Pen reconnaissante envers Elisabeth Lévy, Robert Ménard, Eric Zemmour, Philippe Cohen, Natacha Polony, Luc Ferry et Ivan Rioufol
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Re: Marine Le Pen reconnaissante envers Elisabeth Lévy, Robert Ménard, Eric Zemmour, Philippe Cohen, Natacha Polony, Luc Ferry et Ivan Rioufol
Un des épisodes de la polémique s'est semble-t-il joué ici
http://www.debout-la-republique.fr/Philippe-Cohen-donne-une-leccon-d.html
http://www.debout-la-republique.fr/Philippe-Cohen-donne-une-leccon-d.html
Finrod- Fidèle du forum
Re: Marine Le Pen reconnaissante envers Elisabeth Lévy, Robert Ménard, Eric Zemmour, Philippe Cohen, Natacha Polony, Luc Ferry et Ivan Rioufol
Abraxas a écrit:C'est un trotskiste (et un type intéressant, en dehors de ça… C'est lui qui a en charge Marianne2…)… Ça doit lui faire plaisir, d'être cité par le FN…
Surtout qu'effectivement Condorcet aussi est cité par Marine Le Pen
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John- Admin
Re: Marine Le Pen reconnaissante envers Elisabeth Lévy, Robert Ménard, Eric Zemmour, Philippe Cohen, Natacha Polony, Luc Ferry et Ivan Rioufol
John a écrit: je peux vous assurer que ces quatre-là font une sacrée pub idéologique au FN, qu'on le veuille ou non.
Et est ce que ça ne serait pas le FN qui prendrait une place que les autres ne prennent pas ?
Pour N. Polony c'est, j'imagine, parce qu'elle souhaite une école exigeante...

Pierre_au_carré- Guide spirituel
Re: Marine Le Pen reconnaissante envers Elisabeth Lévy, Robert Ménard, Eric Zemmour, Philippe Cohen, Natacha Polony, Luc Ferry et Ivan Rioufol
Pierre_au_carré a écrit:John a écrit: je peux vous assurer que ces quatre-là font une sacrée pub idéologique au FN, qu'on le veuille ou non.
Et est ce que ça ne serait pas le FN qui prendrait une place que les autres ne prennent pas ?
Je pense plutôt à cela pour ma part. La politique a horreur du vide. (Enfin, c'est une formule)

Cripure- Bon génie
Re: Marine Le Pen reconnaissante envers Elisabeth Lévy, Robert Ménard, Eric Zemmour, Philippe Cohen, Natacha Polony, Luc Ferry et Ivan Rioufol
Et est ce que ça ne serait pas le FN qui prendrait une place que les autres ne prennent pas ?
Leur point commun, c'est généralement de trouver l'UMP trop consensuelle et pas assez à droite. Cette place-là est déjà prise.
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John- Admin
Re: Marine Le Pen reconnaissante envers Elisabeth Lévy, Robert Ménard, Eric Zemmour, Philippe Cohen, Natacha Polony, Luc Ferry et Ivan Rioufol
John a écrit:Et est ce que ça ne serait pas le FN qui prendrait une place que les autres ne prennent pas ?
Leur point commun, c'est généralement de trouver l'UMP trop consensuelle et pas assez à droite. Cette place-là est déjà prise.
Sachant que Marine Le Pen se prend pour Che Guevara, ça ne doit pas les satisfaire non plus alors...
Pour le thème de l'éducation, que nous connaissons le mieux, il ne me semble pas que N. Polony soit "plus à droite que l'UMP" (*).
Et ce n'est pas parce qu'elle défend des choses différentes de ce pense l'UMP et le PS, qu'il faut la classer de cette façon.
(*) Je ne sais pas exactement tout ce qu'elle dit, mais j'imagine qu'elle tient le même discours que d'autres qui ont pu être oubliés dans cette liste.

Pierre_au_carré- Guide spirituel
Re: Marine Le Pen reconnaissante envers Elisabeth Lévy, Robert Ménard, Eric Zemmour, Philippe Cohen, Natacha Polony, Luc Ferry et Ivan Rioufol
Pierre, les quatre que j'ai extraits de la liste sont Rioufol, Zemmour, Levy et Ménard.
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John- Admin
Re: Marine Le Pen reconnaissante envers Elisabeth Lévy, Robert Ménard, Eric Zemmour, Philippe Cohen, Natacha Polony, Luc Ferry et Ivan Rioufol
John a écrit:Et suis-je le seul ignare à ne pas connaître Philippe Cohen ?
Finrod a écrit:Un des épisodes de la polémique s'est semble-t-il joué ici
http://www.debout-la-republique.fr/Philippe-Cohen-donne-une-leccon-d.html
ah mais oui, bien sûr! la fameuse enquête sur les hauts fonctionnaires ex-chevènementistes qui auraient rejoint le FN était co-signée par lui! C'était un article assez intéressant d'ailleurs, et je crois qu'on a prêté à ces journalistes des pensées qui n'étaient pas les leurs. On a cru qu'ils étaient contents des faits qu'ils relataient. Faut vraiment être bête.
Décidément, ils sont toujours aussi stupides au Nouvel Obs. ça n'a pas changé.
Invité- Invité
Re: Marine Le Pen reconnaissante envers Elisabeth Lévy, Robert Ménard, Eric Zemmour, Philippe Cohen, Natacha Polony, Luc Ferry et Ivan Rioufol
Le programme du FN est chiffré : il est donc fort possible que des hauts fonctionnaires aient épaulé le parti pour le monter....
Exemple : "Il faut rendre aux métiers et organisations professionnelles la maîtrise de l’alternance et de l’apprentissage :
- Cela signifie adapter en permanence les formations aux emplois émergents par un dispositif de veille stratégique et un programme d’orientation efficace. Il conviendrait de rendre plus systématiques les stages en entreprise afin que les jeunes diplômés soient plus directement opérationnels.
- Afin de développer l’apprentissage, il faut revaloriser le salaire des apprentis (dès 14 ans et jusqu‘à 25 ans) par un allègement des charges correspondantes des entreprises.
Coût estimé : 210 millions d’euros"
En revanche, d'autres points sont très lacunaires (cf le volet culture).
La posture sociale du FN ne résiste pas à l'analyse même sommaire....
Exemple : "Il faut rendre aux métiers et organisations professionnelles la maîtrise de l’alternance et de l’apprentissage :
- Cela signifie adapter en permanence les formations aux emplois émergents par un dispositif de veille stratégique et un programme d’orientation efficace. Il conviendrait de rendre plus systématiques les stages en entreprise afin que les jeunes diplômés soient plus directement opérationnels.
- Afin de développer l’apprentissage, il faut revaloriser le salaire des apprentis (dès 14 ans et jusqu‘à 25 ans) par un allègement des charges correspondantes des entreprises.
Coût estimé : 210 millions d’euros"
En revanche, d'autres points sont très lacunaires (cf le volet culture).
La posture sociale du FN ne résiste pas à l'analyse même sommaire....

condorcet- Empereur
Re: Marine Le Pen reconnaissante envers Elisabeth Lévy, Robert Ménard, Eric Zemmour, Philippe Cohen, Natacha Polony, Luc Ferry et Ivan Rioufol
Abraxas a écrit:Elle m'a oublié !
Heureusement !
Il y a des patronages empoisonnés dont il vaut mieux se dispenser...

Palombella Rossa- Habitué(e) du forum
Re: Marine Le Pen reconnaissante envers Elisabeth Lévy, Robert Ménard, Eric Zemmour, Philippe Cohen, Natacha Polony, Luc Ferry et Ivan Rioufol
condorcet a écrit:Le programme du FN est chiffré : il est donc fort possible que des hauts fonctionnaires aient épaulé le parti pour le monter....
pareil pour la lettre aux préfets qui utilisait la novlangue des hauts fonctionnaires
Invité- Invité
Re: Marine Le Pen reconnaissante envers Elisabeth Lévy, Robert Ménard, Eric Zemmour, Philippe Cohen, Natacha Polony, Luc Ferry et Ivan Rioufol
Pour reprendre un peu les bases historiques du " républicanisme scolaire" :
Lettre à un journaliste républicain
Il reste bien sûr beaucoup à écrire sur les rapports du républicanisme et de l’école mais je pense, qu’après la première version du texte sur Jean-Pierre Chevènement que je vous avais envoyée, l’ensemble formé par la dernière version du texte sur JPC avec les ajouts sur les programmes du secondaire, le texte sur le général de Gaulle et la présentation de ces deux textes à lire en premier lieu, on arrive maintenant à une rédaction certes minimale mais qui permet d’être compréhensible même et surtout si l’on n’en partage pas le contenu.
L’origine des idées que l’on trouve dans ces textes remonte non pas exactement à 68 mais au début des années 70, c'est-à-dire à une quarantaine d’années, quand j’ai commencé à enseigner et que je m’opposais avec les moyens du bord et de manière complètement solitaire aux fausses problématiques partagées par tous les courants politiques et pédagogiques de l’époque. Il était en effet impossible, pour des raisons diverses, de parler sérieusement du contenu de l’enseignement et surtout de celui des maths et du français et en particulier en primaire, c'est-à-dire de ce qui était central dans cette réforme.[...]
Et je garde donc essentiellement de l’époque l’impression que les fausses oppositions qui apparaissaient dans le débat public ne servaient qu’à renforcer un front uni droite/gauche - et en quelque sorte pédago / antipédago - tendant à interdire toute forme de pensée cohérente et par là-même tout enseignement cohérent. Je fus donc fort surpris lorsque l’on m’a dit ensuite que le gaullisme avait défendu l’école qui aurait été sauvagement agressée par les gauchistes de Mai 68 puisque je n'avais vu aucune résistance gaulliste à cette agression et qu'elle venait non pas des gauchistes mais du plutôt du gaullisme, du PCF et de l'OCDE et de bien avant Mai 68. Mais, bien que pensant qu’il ne pouvait en être autrement, je n’avais pas de preuves effectives du fait que le gaullisme jusqu’au plus haut niveau, c'est-à-dire celui du général lui-même, avait non seulement participé au massacre mais avait été à l’origine de celui-ci. Les textes que je présente ici sur le sujet et qui n'étaient ni disponibles sur Internet ni cités à ma connaissance dans la littérature critique sur l'école me semblent permettre de trancher sans aucune difficulté la question du rôle profondément négatif du gaullisme sur l'école primaire et secondaire.
Vint ensuite la deuxième pseudo vague prétendant à une défense d’un « enseignement sérieux », la vague républicaine des chevènementistes des années 2000 qui vint nous expliquer que Chevènement avait stoppé la dégradation de l’école et qu’il fallait donc défendre son héritage et le soutenir politiquement. Or s’il avait certes « sifflé la fin de la récréation », il avait surtout servi à rétablir l’ordre … pédagogiste mais il n’avait pas changé dans le bon sens le contenu de ce que l’on doit enseigner une fois que l'on a sifflé la fin de la récré et que l'on rentre en classe : une lecture même superficielle des programmes et directives signées par le ministre Jean-Pierre Chevènement sur des sujets de fond montre que non seulement ces directives n'ont pas stoppé la dégénérescence de l’école et du lycée mais ont participé à celle-ci et l’on peut même dire que pour l’ensemble des mathématiques, elles ont imposé un point de non retour et surtout qu'elles ont été un facteur essentiel, par la suppression de la possibilité "d'enseigner la preuve mathématique", de la "proscription de toute forme de pensée cohérente" titre de la pétition contre les programmes du primaire de 2002 .
Dans ces conditions s’éclairent les raisons pour lesquelles Jean-Pierre Chevènement, malgré mes demandes réitérées, n’a pas signé cette pétition contre les programmes du primaire de 2002 : c’est simplement parce qu’il n’était pas d’accord avec son contenu.
[...]
Suite à http://michel.delord.free.fr/lettre-jr.html
Attention, produit décapant. Bonne lecture.
Michel Delord , heureutraité
Lettre à un journaliste républicain
Il reste bien sûr beaucoup à écrire sur les rapports du républicanisme et de l’école mais je pense, qu’après la première version du texte sur Jean-Pierre Chevènement que je vous avais envoyée, l’ensemble formé par la dernière version du texte sur JPC avec les ajouts sur les programmes du secondaire, le texte sur le général de Gaulle et la présentation de ces deux textes à lire en premier lieu, on arrive maintenant à une rédaction certes minimale mais qui permet d’être compréhensible même et surtout si l’on n’en partage pas le contenu.
L’origine des idées que l’on trouve dans ces textes remonte non pas exactement à 68 mais au début des années 70, c'est-à-dire à une quarantaine d’années, quand j’ai commencé à enseigner et que je m’opposais avec les moyens du bord et de manière complètement solitaire aux fausses problématiques partagées par tous les courants politiques et pédagogiques de l’époque. Il était en effet impossible, pour des raisons diverses, de parler sérieusement du contenu de l’enseignement et surtout de celui des maths et du français et en particulier en primaire, c'est-à-dire de ce qui était central dans cette réforme.[...]
Et je garde donc essentiellement de l’époque l’impression que les fausses oppositions qui apparaissaient dans le débat public ne servaient qu’à renforcer un front uni droite/gauche - et en quelque sorte pédago / antipédago - tendant à interdire toute forme de pensée cohérente et par là-même tout enseignement cohérent. Je fus donc fort surpris lorsque l’on m’a dit ensuite que le gaullisme avait défendu l’école qui aurait été sauvagement agressée par les gauchistes de Mai 68 puisque je n'avais vu aucune résistance gaulliste à cette agression et qu'elle venait non pas des gauchistes mais du plutôt du gaullisme, du PCF et de l'OCDE et de bien avant Mai 68. Mais, bien que pensant qu’il ne pouvait en être autrement, je n’avais pas de preuves effectives du fait que le gaullisme jusqu’au plus haut niveau, c'est-à-dire celui du général lui-même, avait non seulement participé au massacre mais avait été à l’origine de celui-ci. Les textes que je présente ici sur le sujet et qui n'étaient ni disponibles sur Internet ni cités à ma connaissance dans la littérature critique sur l'école me semblent permettre de trancher sans aucune difficulté la question du rôle profondément négatif du gaullisme sur l'école primaire et secondaire.
Vint ensuite la deuxième pseudo vague prétendant à une défense d’un « enseignement sérieux », la vague républicaine des chevènementistes des années 2000 qui vint nous expliquer que Chevènement avait stoppé la dégradation de l’école et qu’il fallait donc défendre son héritage et le soutenir politiquement. Or s’il avait certes « sifflé la fin de la récréation », il avait surtout servi à rétablir l’ordre … pédagogiste mais il n’avait pas changé dans le bon sens le contenu de ce que l’on doit enseigner une fois que l'on a sifflé la fin de la récré et que l'on rentre en classe : une lecture même superficielle des programmes et directives signées par le ministre Jean-Pierre Chevènement sur des sujets de fond montre que non seulement ces directives n'ont pas stoppé la dégénérescence de l’école et du lycée mais ont participé à celle-ci et l’on peut même dire que pour l’ensemble des mathématiques, elles ont imposé un point de non retour et surtout qu'elles ont été un facteur essentiel, par la suppression de la possibilité "d'enseigner la preuve mathématique", de la "proscription de toute forme de pensée cohérente" titre de la pétition contre les programmes du primaire de 2002 .
Dans ces conditions s’éclairent les raisons pour lesquelles Jean-Pierre Chevènement, malgré mes demandes réitérées, n’a pas signé cette pétition contre les programmes du primaire de 2002 : c’est simplement parce qu’il n’était pas d’accord avec son contenu.
[...]
Suite à http://michel.delord.free.fr/lettre-jr.html
Attention, produit décapant. Bonne lecture.
Michel Delord , heureutraité

MichelDelord- Niveau 3
Re: Marine Le Pen reconnaissante envers Elisabeth Lévy, Robert Ménard, Eric Zemmour, Philippe Cohen, Natacha Polony, Luc Ferry et Ivan Rioufol
Merci pour votre lien et vos "éclairages" sur certains points pédago-historiques. Je reste cependant très sceptique sur l'impact réel des programmes décrétés par tel ou tel ministre sur le niveau des élèves. A vrai dire, je crois bien qu'il est impossible d'en évaluer l'efficacité (ou les dégats !) sur des durées de quelques années. En gros, il faut bien 20 ans au minimum pour se faire une idée.
Sérieusement, pensez-vous que les programmes 2008 succédant à ceux de 2002 vont modifier quelque peu le niveau des élèves ? Personnellement, je suis persuadé que non ! D'autant plus qu'il n'y a pas de ruptures véritables avec la loi de Jospin de 1989 ! Pire, c'est encore plus confus ! On donne des indications précises par niveau de classes et pour chaque matière(ce que j'approuve) et en même temps on réaffirme l'utilité et l'obligation de travailler par cycles, par "compétences" et tout le tralala...
Même les IEN sont incapables d'éclaircir ces contradictions...
Sérieusement, pensez-vous que les programmes 2008 succédant à ceux de 2002 vont modifier quelque peu le niveau des élèves ? Personnellement, je suis persuadé que non ! D'autant plus qu'il n'y a pas de ruptures véritables avec la loi de Jospin de 1989 ! Pire, c'est encore plus confus ! On donne des indications précises par niveau de classes et pour chaque matière(ce que j'approuve) et en même temps on réaffirme l'utilité et l'obligation de travailler par cycles, par "compétences" et tout le tralala...

frankenstein- Vénérable
Re: Marine Le Pen reconnaissante envers Elisabeth Lévy, Robert Ménard, Eric Zemmour, Philippe Cohen, Natacha Polony, Luc Ferry et Ivan Rioufol
Frankenstein : Merci pour votre lien et vos "éclairages" sur certains points pédago-historiques.
MD : OK. Je vous remercie de cette réponse qui pose de profonds problèmes.
Frankenstein : Je reste cependant très sceptique sur l'impact réel des programmes décrétés par tel ou tel ministre sur le niveau des élèves.
MD : je pense que affirmé tel quel, c'est faux et l’on peut donner des exemples montrant explicitement le contraire, notamment lorsqu’il y a suppression de l’enseignement de notions qui sont en fait indispensables pour comprendre la matière ou les matières proches dans les niveaux supérieurs. Lorsque « Chevènement » a supprimé l’apprentissage des nombres premiers dans le secondaire, ça a été une véritable catastrophe pour l’équilibrage des équations en chimie dans le supérieur. Je pourrai aussi donner l’exemple de l’abandon de l’enseignement en primaire des deux sens de « un » – l’emploi classique et l’emploi générique – qui pose ensuite des problèmes aussi bien en anglais (puisque les deux ne se traduisent pas de la même manière) qu’en mathématiques puisque devient complètement incompréhensible une phrase du type « Un rectangle est un quadrilatère dont les quatre angles sont droits »
C’est par contre tout à fait juste si l’on dit « Je reste cependant très sceptique sur l'impact réel A COURT TERME des programmes décrétés par tel ou tel ministre sur le niveau des élèves. »
Frankenstein : A vrai dire, je crois bien qu'il est impossible d'en évaluer l'efficacité (ou les dégâts !) sur des durées de quelques années. En gros, il faut bien 20 ans au minimum pour se faire une idée.
MD : Là, tout à fait d’accord. Le délai pour voir l'ENSEMBLE des effets est bien de cet ordre là et je l’explique – pour le cas de la dégradation des programmes[1] – , calculé à la serpe, de la manière suivante.
Prenons le cas de 70, c'est-à-dire d’une forte réforme globale du primaire qui allège de plus le curriculum en supprimant des notions fondamentales : pendant tout un temps , les enseignants qui avaient une expérience du curriculum précédent « avec quelques tours de main » – C'est-à-dire qui ont à peu près dix ans d’ancienneté au moment de la reforme – sont capables de limiter considérablement les dégâts du nouveau cours. Mais les effets de la réforme ne sont complets que lorsque deviennent enseignants ( et pas seulement instituteurs [2]) des élèves qui n’ont pas connu cette génération d’instituteurs.
[1] Je n’ai pas eu l’expérience directe d’une amélioration des programmes
[2] Car un prof de collège doit « avoir une certaine connaissance » de l’enseignement primaire
Frankenstein : Sérieusement, pensez-vous que les programmes 2008 succédant à ceux de 2002 vont modifier quelque peu le niveau des élèves ? Personnellement, je suis persuadé que non !
MD : Moi aussi . Et je l’ai écrit à l’époque comme je l’ai expliqué quand j’avais été interviewé par Luc Cédelle. Extrait : ( Interview complet à http://michel.delord.free.fr/zizanie+.html )
« L. C. : Alors que vous étiez violemment hostile aux programmes du primaire de 2002 et à l’origine de leur mise en cause, le GRIP n’a pas, à ma connaissance, formellement approuvé les nouveaux programmes de 2008. C’est là une position que vous aviez défendue, pourquoi ?
MD : Le GRIP a en effet publié, en mars 2008, un communiqué dans lequel il n’approuvait pas les programmes du primaire. Mais j’avais déjà écrit un mois plus tôt un texte interne beaucoup plus critique [3] dans lequel non seulement je n’approuvais pas ces programmes mais je disais que, présentés ainsi et dans un tel contexte, ils avaient de fortes chances d’ « aboutir à une véritable catastrophe ».Approuvés par un certain nombre d’antipédagogistes car ces programmes mettaient en avant des questions de méthodes - notamment la critique du constructivisme - et non des questions de contenu, ils ne me semblaient pas marquer une rupture suffisante pour permettre un nouveau cours.
Plus encore, les conséquences pouvaient en être négatives faute d’une formation adéquate des enseignants sur certains aspects fondamentaux des programmes : j’ai rencontré des inspecteurs d’académie qui me l’ont dit très précisément en citant plusieurs points qui posent le problème du rapport entre la linguistique et la grammaire classique - « sujet » ou « groupe sujet », « déterminant » par exemple - ou du rapport entre les maths modernes et l’arithmétique classique.
Et ils pensaient non seulement aux difficultés des maîtres mais à celles des formateurs. Et surtout, ces nouveaux programmes allaient être publiés dans un contexte national et international d’évaluationnite aiguë, d’ailleurs justifiée par le mouvement antipédagogiste qui s’appuyait sur une analyse de part en part fausse : si l’on obtient la liberté de l’enseignement, on doit avoir un contrôle des résultats. »
[3] Point C et D de http://micheldelord.blogspot.com/2010/09/propos-des-programmes-et-de-larticle-de.html
Frankenstein : D'autant plus qu'il n'y a pas de ruptures véritables avec la loi de Jospin de 1989 !
Pire, c'est encore plus confus ! On donne des indications précises par niveau de classes et pour chaque matière (ce que j'approuve) et en même temps on réaffirme l'utilité et l'obligation de travailler par cycles, par "compétences" et tout le tralala... Même les IEN sont incapables d'éclaircir ces contradictions…
MD : Ben oui. Je reviendrai sur la question des cycles car, bien que les cycles soient une ânerie volontaire et intéressée, il n’est pas sûr que l’organisation en « cours » soit dépassée.
Bonne soirée
Michel Delord
MD : OK. Je vous remercie de cette réponse qui pose de profonds problèmes.
Frankenstein : Je reste cependant très sceptique sur l'impact réel des programmes décrétés par tel ou tel ministre sur le niveau des élèves.
MD : je pense que affirmé tel quel, c'est faux et l’on peut donner des exemples montrant explicitement le contraire, notamment lorsqu’il y a suppression de l’enseignement de notions qui sont en fait indispensables pour comprendre la matière ou les matières proches dans les niveaux supérieurs. Lorsque « Chevènement » a supprimé l’apprentissage des nombres premiers dans le secondaire, ça a été une véritable catastrophe pour l’équilibrage des équations en chimie dans le supérieur. Je pourrai aussi donner l’exemple de l’abandon de l’enseignement en primaire des deux sens de « un » – l’emploi classique et l’emploi générique – qui pose ensuite des problèmes aussi bien en anglais (puisque les deux ne se traduisent pas de la même manière) qu’en mathématiques puisque devient complètement incompréhensible une phrase du type « Un rectangle est un quadrilatère dont les quatre angles sont droits »
C’est par contre tout à fait juste si l’on dit « Je reste cependant très sceptique sur l'impact réel A COURT TERME des programmes décrétés par tel ou tel ministre sur le niveau des élèves. »
Frankenstein : A vrai dire, je crois bien qu'il est impossible d'en évaluer l'efficacité (ou les dégâts !) sur des durées de quelques années. En gros, il faut bien 20 ans au minimum pour se faire une idée.
MD : Là, tout à fait d’accord. Le délai pour voir l'ENSEMBLE des effets est bien de cet ordre là et je l’explique – pour le cas de la dégradation des programmes[1] – , calculé à la serpe, de la manière suivante.
Prenons le cas de 70, c'est-à-dire d’une forte réforme globale du primaire qui allège de plus le curriculum en supprimant des notions fondamentales : pendant tout un temps , les enseignants qui avaient une expérience du curriculum précédent « avec quelques tours de main » – C'est-à-dire qui ont à peu près dix ans d’ancienneté au moment de la reforme – sont capables de limiter considérablement les dégâts du nouveau cours. Mais les effets de la réforme ne sont complets que lorsque deviennent enseignants ( et pas seulement instituteurs [2]) des élèves qui n’ont pas connu cette génération d’instituteurs.
[1] Je n’ai pas eu l’expérience directe d’une amélioration des programmes
[2] Car un prof de collège doit « avoir une certaine connaissance » de l’enseignement primaire
Frankenstein : Sérieusement, pensez-vous que les programmes 2008 succédant à ceux de 2002 vont modifier quelque peu le niveau des élèves ? Personnellement, je suis persuadé que non !
MD : Moi aussi . Et je l’ai écrit à l’époque comme je l’ai expliqué quand j’avais été interviewé par Luc Cédelle. Extrait : ( Interview complet à http://michel.delord.free.fr/zizanie+.html )
« L. C. : Alors que vous étiez violemment hostile aux programmes du primaire de 2002 et à l’origine de leur mise en cause, le GRIP n’a pas, à ma connaissance, formellement approuvé les nouveaux programmes de 2008. C’est là une position que vous aviez défendue, pourquoi ?
MD : Le GRIP a en effet publié, en mars 2008, un communiqué dans lequel il n’approuvait pas les programmes du primaire. Mais j’avais déjà écrit un mois plus tôt un texte interne beaucoup plus critique [3] dans lequel non seulement je n’approuvais pas ces programmes mais je disais que, présentés ainsi et dans un tel contexte, ils avaient de fortes chances d’ « aboutir à une véritable catastrophe ».Approuvés par un certain nombre d’antipédagogistes car ces programmes mettaient en avant des questions de méthodes - notamment la critique du constructivisme - et non des questions de contenu, ils ne me semblaient pas marquer une rupture suffisante pour permettre un nouveau cours.
Plus encore, les conséquences pouvaient en être négatives faute d’une formation adéquate des enseignants sur certains aspects fondamentaux des programmes : j’ai rencontré des inspecteurs d’académie qui me l’ont dit très précisément en citant plusieurs points qui posent le problème du rapport entre la linguistique et la grammaire classique - « sujet » ou « groupe sujet », « déterminant » par exemple - ou du rapport entre les maths modernes et l’arithmétique classique.
Et ils pensaient non seulement aux difficultés des maîtres mais à celles des formateurs. Et surtout, ces nouveaux programmes allaient être publiés dans un contexte national et international d’évaluationnite aiguë, d’ailleurs justifiée par le mouvement antipédagogiste qui s’appuyait sur une analyse de part en part fausse : si l’on obtient la liberté de l’enseignement, on doit avoir un contrôle des résultats. »
[3] Point C et D de http://micheldelord.blogspot.com/2010/09/propos-des-programmes-et-de-larticle-de.html
Frankenstein : D'autant plus qu'il n'y a pas de ruptures véritables avec la loi de Jospin de 1989 !
Pire, c'est encore plus confus ! On donne des indications précises par niveau de classes et pour chaque matière (ce que j'approuve) et en même temps on réaffirme l'utilité et l'obligation de travailler par cycles, par "compétences" et tout le tralala... Même les IEN sont incapables d'éclaircir ces contradictions…
MD : Ben oui. Je reviendrai sur la question des cycles car, bien que les cycles soient une ânerie volontaire et intéressée, il n’est pas sûr que l’organisation en « cours » soit dépassée.
Bonne soirée
Michel Delord

MichelDelord- Niveau 3
Re: Marine Le Pen reconnaissante envers Elisabeth Lévy, Robert Ménard, Eric Zemmour, Philippe Cohen, Natacha Polony, Luc Ferry et Ivan Rioufol
Elisabeth Levy s'attaque à Grazia, après le Nouvel Obs et le Monde.
Zemmour, Ménard, Rioufol : au bûcher !
Le cri du cœur de Grazia contre « les snipers de la haine »
Grazia, l’hebdomadaire voué à « la mode, la beauté, les people et le luxe » vient d’apporter sa pierre – précieuse – à la chasse aux néo-réacs du PAF. Comme ils sont pas beaux, pas bien habillés et pas people, on suppose qu’ils émargent à la rubrique « luxe » – catégorie « poule de ». Il était temps que la presse féminine contribue à cette œuvre de salubrité publique en s’emparant de ce marronnier de saison, qui rivalise en ce printemps, avec le salaire des cadres dans l’immobilier et le régime-miracle des francs-macs.
Bon, le confrère a de la bonne volonté, mais on ne peut pas dire qu’il se soit épuisé. Il est vrai que l’iconographie est plutôt inventive puisque, pour dénoncer ces « snipers de la haine » et, en attendant l’organisation de la minute du même nom, leur effigie est délicatement livrée aux flammes. L’argumentaire du papier commence à être connu, pour ne pas dire qu’il est un peu réchauffé mais je ne voudrais pas être désagréable. Comme je suis bonne fille, je vous fais un petit résumé.
Les néo-réacs ? Ils sont méchants. Ils sont puissants. Ils sont omniprésents. « On n’entend qu’eux ! » proclame d’une seule voix la planète médiatique. Comme dirait l’ami Basile, j’ai mis tous mes hommes sur le coup et je confirme : ces gens-là parlent trop, Gringo ! Si ça se trouve, le malheureux journaliste de Grazia officie sur une chaîne de télé et personne ne l’entend – ou ne se rappelle l’avoir entendu. En tout cas, ce fin limier affirme que « la chronique de Robert Ménard est le seul moment où i Télé dépasse BFM TV, sa concurrente directe ». Et vous savez quoi ? Ces patrons de médias qui pensent rien qu’à « la sacro-sainte audience », c’est tous des « hypocrites » (là coco, chez iTélé t’es tricard).
Il fallait s’y attendre, à force de laisser parler ces salopards, le résultat est là : « La menace Marine Le Pen plane. Et personne ne veut porter la responsabilité de son envolée dans les sondages. » Ben si, camarade, on est là pour ça ! Sinon, à quoi ça servirait que les néo-réacs se décarcassent ? (Bon sang, ça faisait longtemps que je n’avais pas eu entre les mains une illustration aussi éclatante de la débilité journaleuse.)
Je reconnais que c’est très injuste. Trente ans de leçons de morale et de sermons compassionnels délivrés par des centaines d’éminences ont échoué à convertir le peuple aux beautés de la World Ideology. Et voilà qu’à moins d’une dizaine et en deux ou trois ans seulement, ces squatteurs d’ondes et d’écrans (faudrait savoir, on est grassement payés ou on squatte ?) ont réussi à pervertir l’opinion à coups de « propos rances et irresponsables ». Résultat, ce peuple qui a une cervelle d’oiseau se droitise, ce qui devrait être interdit par la loi, voire s’extrême-droitise. Des beaufs qui écoutent des salauds.
C’est pas pour me vanter, mais on est forts. J’ai oublié de vous le dire, puisque ça va sans dire, qu’outre votre servante, le commando démasqué par Grazia comprend les suspects habituels : Eric Zemmour, Robert Ménard, Ivan Rioufol et Eric Brunet. Nous bénéficions de salaires « plus que confortables » – pas assez en ce qui me concerne, à bon entendeur… – et des « bonnes grâces du pouvoir en place » – certainement, mais qu’on me file son numéro, à ce pouvoir-en-place, que je fasse sauter mes PV. Quand je pense à l’auteur de cette admirable enquête qui écrit bénévolement pour sauver la France pendant qu’on s’en fout plein les poches, je vous le dis, j’ai honte.
Ces « populistes de Café du commerce » ont un point commun : non seulement ils parlent des sujets trop sensibles pour être confiés au peuple, comme l’immigration, l’Europe ou l’identité nationale, mais ils défendent des points de vue non approuvés par le comité des idées correctes. Comme il faut bien mâcher le boulot du public, dont on ne vous dira jamais assez qu’il est bouché, s’ils prônent la réduction de l’immigration, ils sont forcément racistes et s’ils ont des doutes sur le mariage gay, c’est qu’ils sont homophobes. Selon Grazia, l’un d’eux aurait même osé « dire des vacheries sur la peste verte Eva Joly ». Merde, j’espère que c’est pas moi, le coup de la « peste verte ». De tels propos me semblent en effet incompatibles avec la possession d’une carte de presse. Vous croyez que j’exagère ? Même pas.
Les mous du genou du Nouvel Obs ou du Monde s’étaient contentés de désapprouver ; le confrère de Grazia (dont je dirais, si j’étais impolie, qu’il est quand même plus « con » que « frère ») réclame courageusement des têtes, avec un titre sans équivoque : « Faites-les taire ! » Je signale à la profession que « Foutez-les dehors ! » est encore disponible. Après, il restera « À mort les réacs ! » L’ennui c’est que comme ces gens sont de grands humanistes, ils sont contre la peine de mort (moi aussi d’ailleurs), mais peut-être seraient-ils prêts à tolérer une minuscule exception : après tout, les Israéliens ont pendu Eichmann.
« Je ne partage pas vos idées et je me battrai pour que vous ne puissiez pas les exprimer. » Etrange conception du pluralisme mais, après tout, le débat entre gens du même avis, c’est plus marrant. Notre Jean Moulin d’opérette explique finaud que RTL (qui emploie quatre des membres du « quintette » maudit) « se préoccupe de savoir si son célèbre slogan« Vivre Ensemble », n’est pas en train de virer au nauséabond « Vivre entre nous »". (Et lui, il pourrait peut-être se préoccuper de savoir causer la France, non ?) L’ennui, c’est qu’il ne comprend même pas ce qu’il écrit, ce pauvre garçon : après avoir expliqué sur deux pages que c’était mieux avant, quand des gens comme nous ne cassaient pas l’ambiance, il en conclut que « nous » voulons « vivre entre nous » ? Je renonce. Il y a des jours où je me dis que, plutôt que d’avoir à répondre à de telles buses, je ferais mieux de rester avec mes copains. Même ceux qui ne sont pas réacs.
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