[6e] Français : Progression annuelle

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Re: [6e] Français : Progression annuelle

Message par Thalia de G le Dim 21 Aoû 2011 - 20:12

Je suis rassurée !
Et cela génère combien de rédacs, si ce n'est pas indiscret ?

Spoiler:
Je t'envoie un mp pour les fiches de voc

Thalia de G
Modérateur


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Re: [6e] Français : Progression annuelle

Message par Celeborn le Dim 21 Aoû 2011 - 20:38

Là-dessus, je ne suis pas encore sûr. je fais souvent des fiches de lecture avec résumé de l'ouvrage, ce que je comptabilise dans les travaux de rédaction. Ensuite, je ne suis pas certain de leur demander de résumer Alice : ça me semble assez pervers Razz

Les grosses rédac', honnêtement, je n'arrive même pas à en faire une par chapitre : ça prend un temps fou. Je tente souvent des petits exercices d'écriture + courts.

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Re: [6e] Français : Progression annuelle

Message par Tuliperose le Jeu 22 Aoû 2013 - 21:06

Le topic date, je suis désolée, mais je fais remonter parce que je voudrais votre avis sur ma propre progression : je vois partout (ici ou sur Weblettres) que mes collègues ont tendance à faire les contes avant la grosse partie Antiquité, probablement parce que c'est plus facile à faire lire. Seulement, dans la progression que j'ai bâtie, il me semble plus logique de garder les contes pour le milieu de l'année. Le problème c'est qu'en gros ça donnerait ça :

1. Poésie (séquence "facile" et courte, introductive, bcp de révisions de grammaire) (GT)
2. Les métamorphoses (OE)
3. Héros et monstres de l'Antiquité (Odyssée, Eneide) (GT)
4. Les textes fondateurs (Bible, Coran, Gilgamesh) (GT)
5. Les contes (Perrault, Andersen, etc) (contes en OI)
6. Des récits d'apprentissage (Petit Prince, Alice, Leuk-le-lièvre) (GT)
7. Du conte au théâtre : Pour l'annonce de Gripari (réécriture du Petit Chaperon Rouge version théâtrale, parodie comique) (OI)
8. Quand les animaux parlent des hommes (les Fables) (GT).

Vu ma progression, ça me semble compliqué de séparer le bloc 5-6-7-8... Mais du coup je trouve que 2-3-4 ça fait un peu lourd, surtout pour un début d'année. A la base je voulais faire d'abord les contes puis le bloc antiquité mais ça m'embête de séparer mon bloc final qui joue beaucoup autour du thème de l'animal (+ mon chapitre sur le théâtre qui est en lien direct avec les contes : je pourrai laisser tomber et étudier Molière mais j'adore cette pièce de Gripari !).
Puis-je vous demander votre avis ?

Merci bien ! Smile

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J'avais vingt ans, je ne laisserai personne dire que c'est le plus bel âge de la vie - Paul Nizan, Aden Arabie.

Tuliperose
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Re: [6e] Français : Progression annuelle

Message par miss sophie le Jeu 22 Aoû 2013 - 21:37

Les métamorphoses est un chapitre qui passe bien même en début d'année, je le fais comme toi après la poésie (et avant le conte, donc).
Qu'est-ce qui t'empêche, après ton "2. Les métamorphoses", d'embrayer sur ton bloc contes >> fables et de terminer par les textes fondateurs ? Quant aux "héros et monstres de l'Antiquité", je ne sais pas ce qui est le plus logique : le coupler aux Métamorphoses ou aux "textes fondateurs"...

miss sophie
Expert spécialisé


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Re: [6e] Français : Progression annuelle

Message par Tuliperose le Jeu 22 Aoû 2013 - 21:59

Hm, oui, pas bête, mais est-ce logique de séparer Ovide de Homère, la Bible, Gilgamesh, bref, de couper en deux les textes de l'Antiquité ?

Et du coup tu ne ferais pas trois mais seulement deux séquences sur les textes antiques ?

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J'avais vingt ans, je ne laisserai personne dire que c'est le plus bel âge de la vie - Paul Nizan, Aden Arabie.

Tuliperose
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Re: [6e] Français : Progression annuelle

Message par miss sophie le Ven 23 Aoû 2013 - 11:14

Eh bien, cette année, je n'ai pu faire que 7 chapitres, je n'ai pas étudié d'extrait de La Bible (mais les histoires les plus célèbres ont tout de même été vues à travers des exposés : Adam et Eve, le Déluge, la tour de Babel, David et Goliath, le jugement de Salomon). Cela a donné :
1. La magie des mots (GT, essentiellement des poèmes)
2. Métamorphoses (GT)
3. Contes (OI)
4. Le petit prince (OI)
5. Fables animalières (GT)
6. Sur les pas d'Ulysse (GT et LC)
+ exposés
7. En scène ! (OI Le médecin volant)


miss sophie
Expert spécialisé


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Re: [6e] Français : Progression annuelle

Message par Sylvain de Saint-Sylvain le Ven 23 Aoû 2013 - 11:37

Il faut absolument faire la Bible ?...

Sylvain de Saint-Sylvain
Neoprof expérimenté


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Re: [6e] Français : Progression annuelle

Message par Amaliah le Ven 23 Aoû 2013 - 12:10

J'ai fait l'an dernier
1. La poésie.
2. Les Métamorphoses.
3. L'Odyssée.
4. L'héritage biblique (Sylvain, si tu ne le fais pas, certains n'en entendront jamais parler!)
5. Les contes.
6. Les fables.
7. Molière.

Pas eu le temps de faire 8 séquences.
Aucun problème à faire d'abord le bloc Antiquité, puis le bloc XVIIe siècle avec travail sur la langue classique repris de séquence en séquence.

Tuliperose, en étudiant une pièce de Gripari en OI, il me semble que tu ne respectes pas la volonté de revenir à des textes patrimoniaux. Cela dit, ta progression me semble tout à fait bien.

Amaliah
Guide spirituel


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Re: [6e] Français : Progression annuelle

Message par retraitée le Ven 23 Aoû 2013 - 12:45

@Sylvain de Saint-Sylvain a écrit:Il faut absolument faire la Bible ?...
On peut la faire  "transversalement".
Tu travailles "la Création du monde", cela te permet d'étudier les mythes grecs et les autres récits.
Ensuite le Paradis. Tu vois l'âge d'or etc
Un exemple de textes que j'ai utilisés il y a longtemps (tu peux en ajouter plein d'autres) :


Désolée, la mise en page saute, l'italique de présentation en particulier !

Le Mythe préhéllénique de la Création


Au commencement, Eurynomé, déesse de Toutes Choses, émergea nue du Chaos mais elle ne trouva rien de consistant où poser ses pieds, c’est pourquoi elle sépara la mer d’avec le ciel et, solitaire, dansa sur les vagues. En dansant, elle se dirigea vers le sud et le vent agité sur son passage devint quelque chose de nouveau et de différent : elle pourrait ainsi faire œuvre de création. Poursuivant son chemin de sa démarche onduleuse, elle s’empara de ce vent du Nord, le frotta entre ses mains, et voilà qu’apparut le grand serpent Ophion. Eurynomé dansait pour se réchauffer ; elle dansait, sauvage et frénétique, devant Ophion, et celui-ci s’enroula autour de ses membres divins et s’unit à elle. Ainsi le vent du Nord, qu’on appelle aussi Borée, est fécondant.[…] Eurynomé devint mère.
Ensuite ayant pris la forme d’une colombe, elle couva sur les vagues, et, lorsque le moment fut venu, elle pondit l’Œuf Universel. Sur sa demande, Ophion s’enroula sept fois autour de cet œuf jusqu’à ce qu’il éclose et se brise. Et de cet œuf sortirent ses enfants, c’est à dire tout ce qui existe : le soleil, la lune, les planètes, les étoiles, la terre avec ses montagnes, ses rivières, ses arbres, ses plantes et toutes les créatures vivantes.
Eurynomé et Ophion choisirent le mont Olympe pour demeure. Mais il l’irrita en proclamant qu’il était l’auteur de l’univers. Alors elle lui écrasa la tête avec son talon, lui brisa les dents, et l’exila dans les sombres cavernes de dessous la terre.
Puis la déesse créa les sept puissances planétaires et les fit gouverner chacune par un Titan et une Titanide ; Théia et Hypérion régnaient sur le soleil ; Phœbé et Atlas sur la lune ; Dioné et Crios sur la planète Mars ; Métis et Coecos sur la planète Mercure ; Thémis et Eurymédon sur la planète Jupiter ;Thétys et Océanos sur Vénus ; Rhéa et Cronos sur Saturne. Mais le premier homme fut Pélasgos, l’ancêtre des Pélasges ; il naquit du sol d’Arcadie et d’autres le suivaient à qui il apprit à faire des huttes, à se nourrir de glands et à coudre des tuniques en peaux de porc pareilles à celles que portent encore les gens pauvres en Eubée et en Phocide.



Hésiode

On s’accorde pour le faire naître vers -750 et -730. Son père était sans doute un marchand dont les affaires avaient mal tourné et qui était venu tenter sa chance à Ascra, un petit bourg près de l’Hélicon. Hésiode y a vraisemblablement passé sa vie, une vie sédentaire, partagée entre les travaux des champs, les soins aux troupeaux et la poésie. On ignore quand il mourut. Une légende lui prête une mort violente. Il aurait été tué par les frères d’une jeune fille qu’il aurait séduite, et son corps aurait été jeté à la mer.
r
Les Travaux et les Jours, et La Théogonie  comptent au nombre des plus anciens poèmes de langue grecque qui nous soient parvenus. La Théogonie conte la naissance des dieux.



Racontez-moi cela, Muses qui habitez l’Olympe, et remontant au commencement, dites-moi ce qui, de tout cela, fut dès les origines.
Chaos, l’abîme géant, naquit le tout premier ; puis Gaia, la terre au vaste sein, assise à jamais inébranlable de toutes choses, et Éros, le plus beau des dieux immortels, qui défait les membres et, dans la poitrine de tous, dieux et humains, dompte l’esprit et le sage vouloir.
De Chaos naquirent  Érébos, la ténèbre, et Nyx, la nuit noire. De Nyx naquirent Æther, la quintessence lumineuse de l’air, et Héméra, le jour, qu’elle conçut et enfanta après s’être unie à Érébos.
Gaia enfanta d’abord Ouranos, le ciel étoilé, aussi grand qu’elle même, pour qu’il la couvrît tout entière et fût, pour les dieux bienheureux, une demeure inébranlable à jamais ; puis elle enfanta les hautes Montagnes, plaisant séjour des Nymphes divines, qui habitent au creux des vallons ; elle enfanta aussi Pontos, la mer aux flots stériles, toute gonflée de vagues- et tout cela sans connaître le désir ni l’étreinte.
Mais ensuite, s’étant unie à Ouranos, elle enfanta Océanos aux tourbillons profonds, Coios et Crios, Hypérion et Japet, Théia et Rhéa, Thémis et Mnémosyne, Phœbé, à la couronne d’or, et l’aimable Thétys ; le dernier-né d’entre eux fut Cronos à l’esprit retors, le plus redoutable de tous ses enfants, qui prit en haine son florissant géniteur.
Elle enfanta encore les Cyclopes dont le cœur est plein de violence : Brontès, Stéropès et l’audacieux Argès qui donnèrent à Zeus le tonnerre et façonnèrent pour lui la foudre ; ils étaient en tout semblables aux dieux : seul les en distinguait un œil unique planté au milieu du front. (Cyclopes-Œil rond- était leur nom, parce qu’unique était l’œil rond planté au milieu de leur front) Force, violence et ruse étaient dans tous leurs actes.
De Gaia et Ouranos naquirent encore trois autres enfants, grands, vigoureux, qu’on tremble de nommer : Cottos, Briarée et Gyès, rejetons pleins d’orgueil ; cent bras jaillissaient, terribles, de leurs épaules entre lesquelles avaient poussé cinquante têtes, dominant leur corps vigoureux ; et toute leur personne, d’une taille démesurée, respirait une force et une vigueur sans égales.
Or ceux qui étaient nés de Terre et de Ciel étaient les plus terribles des enfants, et leur géniteur les prenait en haine dès les premiers instants ; à peine étaient-ils nés que, sans les laisser monter vers la lumière, il les enfouissait dans le sein de la terre.
Et Ciel prenait plaisir à cette œuvre mauvaise, cependant qu’en ses profondeurs, Terre, énorme, pleine, gémissait. Sans tarder, d’un brillant acier qu’elle avait créé, elle façonna une grande serpe et fit connaître sa pensée à ses enfants. Pour les encourager, le cœur en peine, elle leur dit : “Enfants qui êtes miens, fils aussi d’un père insensé, si vous m’en croyez, nous ferons payer ses traitements odieux au père qui est le  vôtre : car c’est lui le premier qui conçut des ignominies.”
Ainsi parla-t-elle. Alors la crainte les saisit tous et nul d’entre eux ne dit mot. Cependant le grand Cronos à l’esprit retors, hardiment répondit à sa noble mère : “Moi je me charge, mère, de mener à bien la besogne ; je me soucie peu du père — il ne mérite pas ce nom— qui est le nôtre : car c’est lui le premier qui conçut des ignominies.”
Ainsi parla-t-il et grande fut la joie de Terre énorme. Elle le posta en embuscade, lui mit dans les mains la serpe aux dents acérées et l’instruisit du piège dans son entier.

Du sang de Ciel émasculé, la Terre enfante les Érinyes, les Géants, et les Nymphes des frênes.
Aphrodite naît de l’écume de la mer,.
Les enfants  engendrés par Ouranos sont appelés Titans.
Ensuite, Hésiode énumère les descendants de Nuit, de Pontos,  puis celle des Titans et Titanides.

S’étant soumise à l’amour de Cronos, Rhéa enfanta de glorieux enfants.
Hestia, Déméter, Héra aux pieds chaussés d’or, et le puissant Hadès qui habite un palais souterrain et dont le cour ne connaît pas la pitié ; elle enfanta aussi le bruyant Ébranleur du sol et le sage et rusé Zeus, le père des dieux et des hommes, dont le tonnerre fait trembler la vaste terre.
Mais, au fur et à mesure que chacun d’eux sortait du ventre sacré de sa mère et arrivait à ses genoux, le grand Cronos les avalait : il avait souci d’éviter que quelque autre des descendants de Ciel n’exerçât la royauté parmi les Immortels. car il avait appris de Terre et de Ciel étoilé que le destin lui réservait de subir la  loi de son propre fils, si fort qu’il fût lui-même - ainsi en avait décidé le grand Zeus. C’est pourquoi, se tenant à l’affût, il ne cessait de guetter ses enfants pour les avaler. Rhéa, quant à elle souffrait cruellement. Mais, comme elle s’apprêtait à mettre au monde Zeus, le père des dieux et des hommes, elle supplia ses parents, Terre et Ciel étoilé, d’imaginer avec elle une ruse qui lui permît de mettre au monde son enfant en cachette et de venger les Érynies de son père et de ses enfants avalés par le grand Cronos à l’esprit retors. Terre et Ciel se laissèrent persuader par leur fille ;



Ovide
Origines du monde

Avant la mer, la terre et le ciel qui couvre tout, la nature, dans l’univers entier, offrait un seul et même aspect ; on l’a appelé le chaos ; ce n’était qu’une masse informe et confuse, un bloc inerte, un entassement d’éléments mal unis et discordants. Il n’y avait pas encore de Titan pour donner sa lumière au monde ; Phébé ne réparait pas les cornes nouvelles de son croissant ; la terre n’était pas suspendue dans l’air environnant ni équilibrée par son propre poids ; Amphitrite n’avait pas étendu ses bras tout autour des rivages. Partout où il y avait de la terre, il y avait aussi de la mer et de l’air ; ainsi la terre était instable, la mer impropre à la navigation, l’air privé de lumière ; aucun élément ne conservait sa forme, chacun d’eux était un obstacle pour les autres, parce que dans un seul corps le froid faisait la guerre au chaud, l’humide au sec, le mou au dur, le pesant au léger.


Séparation des éléments.

Un dieu, avec l’aide de la nature en progrès, mit fin à cette lutte ; il sépara du ciel la terre, de la terre les eaux et il assigna un domaine au ciel limpide, un autre à l’air épais. après avoir débrouillé ces éléments et les avoir tirés de la masse ténébreuse, en attribuant à chacun une place distincte, il les unit par les liens de la concorde et de la paix. La substance ignée et impondérable de la voûte céleste s’élança et se fit une place dans les régions supérieures. L’air est ce qui en approche le plus par sa légèreté et sa situation ; la terre, plus dense, entraîna avec elle les éléments massifs et se tassa sous son propre poids ; l’eau répandue alentour occupa la dernière place et emprisonna le monde solide.
Lorsque le dieu, quelqu’il fût, eut ainsi partagé et distribué l’amas de la matière, lorsque de ses différentes parts il eut façonné des membres, il commença par agglomérer la terre, pour en égaliser de tous côtés la surface, sous la forme d’un globe immense. Puis il ordonna aux mers de se répandre, de s’enfler au souffle furieux des vents et d’entourer d’une ceinture les rivages de la terre. Il ajouta les fontaines, les étangs immenses et les lacs, enferma entre des rives obliques la déclivité des fleuves, qui, selon les contrées, sont absorbés par la terre elle-même ou parviennent jusqu’à la mer et, reçus dans la plaine des eaux plus libres, battent, au lieu de rives, des rivages. Il ordonna aux plaines de s’étendre, aux vallées de s’abaisser, aux forêts de se couvrir de feuillage, aux montagnes rocheuses de se soulever. Deux zones partagent le ciel à droite, deux autres à gauche, avec une cinquième plus chaude au milieu d’elles ; la masse qu’il enveloppe fut soumise à la même division par les soins du dieu et il y a sur la terre autant de régions que couvrent les zones d’en haut. l’ardeur du soleil rend celle du milieu invivable ; deux autres sont recouvertes de neiges épaisses ; entre elles il en plaça encore deux, à qui il donna un climat tempéré, en mélangeant le froid et le chaud.
Au-dessus s’étend l’air ; autant il est plus léger que la terre et que l’eau, autant il est plus lourd que le feu. c’est le séjour que le dieu assigna au brouillard et aux nuages, aux tonnerres, qui épouvantent les esprits des humains, et aux vents, qui engendrent les éclairs et la foudre.[…]
Au-dessus des vents, le dieu plaça l’éther fluide et sans pesanteur, qui n’a rien des impuretés d’ici-bas. Dès qu’il eut enfermé tous ces domaines entre des limites immuables, les étoiles, longtemps cachées sous la masse qui les écrasait, commencèrent à resplendir dans toute l’étendue des cieux. pour qu’aucune région ne fût privée de sa part d’êtres vivants, les astres et les dieux de toutes formes occupèrent le céleste parvis ; les eaux firent une place dans leurs demeures aux poissons brillants ; le terre reçut les bêtes sauvages ; l’air mobile, les oiseaux.










La création du monde : le récit de la Genèse



1 Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre. Or la terre était vide et vague, les ténèbres couvraient l’abîme et un vent de Dieu agitait la surface des eaux.
Dieu dit : “Que la lumière soit” et la lumière fut. Dieu vit que la lumière était bonne, et Dieu sépara la lumière et les ténèbres. Dieu appela la lumière “jour” et les ténèbres “nuit”. Il y eut un soir et il y eut un matin : “premier jour.
Dieu dit : “Qu’il y ait un firmament au milieu des eaux et qu’il sépare les eaux d’avec les eaux” et il en fut ainsi. Dieu fit le firmament, qui sépara les eaux qui sont sous le firmament d’avec les eaux qui sont au-dessus du firmament, et Dieu appela le firmament “ciel”. Il y eut un soir et il y eut un matin : deuxième jour.
Dieu dit : “Que les eaux qui sont sous le ciel s’amassent en un seul endroit et qu’apparaisse le continent” et il en fut ainsi. Dieu appela le continent “terre” et la masse des eaux “mers”, et Dieu vit que cela était bon.
Dieu dit : “Que la terre verdisse de verdure : des herbes portant semence et des arbres fruitiers donnant sur la terre selon leur espèce des fruits contenant leur semence” et il en fut ainsi. La terre produisit de la verdure : des herbes portant semence selon leur espèce, des arbres donnant selon leur espèce des fruits contenant leur semence, et Dieu vit que cela était bon. Il y eut un soir et il y eut un matin : troisième jour.
Dieu dit : “Qu’il y ait des luminaires au firmament du ciel pour séparer le jour et la nuit ; qu’ils servent de signes, tant pour les fêtes que pour les jours et les années ; qu’ils soient des luminaires au firmament du ciel  pour éclairer la terre” et il en fut ainsi. Dieu fit les deux luminaires majeurs : le grand luminaire comme puissance du jour et le petit luminaire comme puissance de la nuit, et les étoiles. Dieu les plaça au firmament du ciel pour éclairer la terre, pour commander au jour et à la nuit, pour séparer la lumière et les ténèbres, et Dieu vit que cela était bon. Il y eut un soir et il y eut un matin : quatrième jour.
Dieu dit : “Que les eaux grouillent d’un grouillement d’êtres vivants et que des oiseaux volent au-dessus de la terre contre le firmament du ciel” et il en fut ainsi. Dieu créa les grands monstres marins et tous les êtres vivants qui glissent : les eaux les firent grouiller selon leur espèce et toute le gent ailée selon son espèce, et Dieu vit que cela était bon. Dieu les bénit et dit : “Soyez féconds, multipliez, emplissez l’eau des mers, et que les oiseaux multiplient sur la terre.” Il y eut un soir et il y eut un matin : cinquième jour.
Dieu dit :”Que la terre produise des êtres vivants selon leur espèce : bestiaux, bestioles, bêtes sauvages selon leur espèce” et il en fut ainsi. Dieu fit les bêtes sauvages selon leur espèce, les bestiaux selon leur espèce et toutes les bestioles du sol selon leur espèce, et Dieu vit que cela était bon.
Dieu dit : “Faisons l’homme à notre image, comme notre ressemblance, et qu’ils dominent sur les poissons de la mer, les oiseaux du ciel, les bestiaux, toutes les bêtes sauvages et toutes les bestioles qui rampent sur la terre.”
Dieu créa l’homme à son image,
à l’image de Dieu il le créa,
homme et femme il les créa.
Dieu les bénit et leur dit : “Soyez féconds, multipliez, emplissez la terre et soumettez-la ; dominez sur les poissons de la mer, les oiseaux du ciel et tous les animaux qui rampent sur la terre.” Dieu dit :”Je vous donne toutes les herbes portant semence, qui sont sur toute la surface de la terre, et tous les arbres qui ont des fruits portant semence : ce sera votre nourriture. A toutes les bêtes sauvages, à tous les oiseaux du ciel, à tout ce qui rampe sur la terre et qui est animé de vie, je donne pour nourriture toute la verdure des plantes” et il en fut ainsi. Dieu vit tout ce qu’il avait fait : : cela était très bon. Il y eut un soir et il y eut un matin : sixième jour.


2 Ainsi furent achevés le ciel et la terre, avec toute leur armée. Au septième jour Dieu avait terminé tout l’ouvrage qu’il avait fait et, le septième jour, il chôma, après tout l’ouvrage qu’il avait fait. Dieu bénit le septième jour et le sanctifia, car il avait chômé après tout son ouvrage de création.
Telle fut l’histoire du ciel et de la terre, quand ils furent créés.

retraitée
Vénérable


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Re: [6e] Français : Progression annuelle

Message par retraitée le Ven 23 Aoû 2013 - 12:49

Création de l'homme :Le Mythe préhéllénique de la Création


Au commencement, Eurynomé, déesse de Toutes Choses, émergea nue du Chaos mais elle ne trouva rien de consistant où poser ses pieds, c’est pourquoi elle sépara la mer d’avec le ciel et, solitaire, dansa sur les vagues. En dansant, elle se dirigea vers le sud et le vent agité sur son passage devint quelque chose de nouveau et de différent : elle pourrait ainsi faire œuvre de création. Poursuivant son chemin de sa démarche onduleuse, elle s’empara de ce vent du Nord, le frotta entre ses mains, et voilà qu’apparut le grand serpent Ophion. Eurynomé dansait pour se réchauffer ; elle dansait, sauvage et frénétique, devant Ophion, et celui-ci s’enroula autour de ses membres divins et s’unit à elle. Ainsi le vent du Nord, qu’on appelle aussi Borée, est fécondant.[…] Eurynomé devint mère.
Ensuite ayant pris la forme d’une colombe, elle couva sur les vagues, et, lorsque le moment fut venu, elle pondit l’Œuf Universel. Sur sa demande, Ophion s’enroula sept fois autour de cet œuf jusqu’à ce qu’il éclose et se brise. Et de cet œuf sortirent ses enfants, c’est à dire tout ce qui existe : le soleil, la lune, les planètes, les étoiles, la terre avec ses montagnes, ses rivières, ses arbres, ses plantes et toutes les créatures vivantes.
Eurynomé et Ophion choisirent le mont Olympe pour demeure. Mais il l’irrita en proclamant qu’il était l’auteur de l’univers. Alors elle lui écrasa la tête avec son talon, lui brisa les dents, et l’exila dans les sombres cavernes de dessous la terre.
Puis la déesse créa les sept puissances planétaires et les fit gouverner chacune par un Titan et une Titanide ; Théia et Hypérion régnaient sur le soleil ; Phœbé et Atlas sur la lune ; Dioné et Crios sur la planète Mars ; Métis et Coecos sur la planète Mercure ; Thémis et Eurymédon sur la planète Jupiter ;Thétys et Océanos sur Vénus ; Rhéa et Cronos sur Saturne. Mais le premier homme fut Pélasgos, l’ancêtre des Pélasges ; il naquit du sol d’Arcadie et d’autres le suivaient à qui il apprit à faire des huttes, à se nourrir de glands et à coudre des tuniques en peaux de porc pareilles à celles que portent encore les gens pauvres en Eubée et en Phocide.



Hésiode

On s’accorde pour le faire naître vers -750 et -730. Son père était sans doute un marchand dont les affaires avaient mal tourné et qui était venu tenter sa chance à Ascra, un petit bourg près de l’Hélicon. Hésiode y a vraisemblablement passé sa vie, une vie sédentaire, partagée entre les travaux des champs, les soins aux troupeaux et la poésie. On ignore quand il mourut. Une légende lui prête une mort violente. Il aurait été tué par les frères d’une jeune fille qu’il aurait séduite, et son corps aurait été jeté à la mer.
r
Les Travaux et les Jours, et La Théogonie  comptent au nombre des plus anciens poèmes de langue grecque qui nous soient parvenus. La Théogonie conte la naissance des dieux.



Racontez-moi cela, Muses qui habitez l’Olympe, et remontant au commencement, dites-moi ce qui, de tout cela, fut dès les origines.
Chaos, l’abîme géant, naquit le tout premier ; puis Gaia, la terre au vaste sein, assise à jamais inébranlable de toutes choses, et Éros, le plus beau des dieux immortels, qui défait les membres et, dans la poitrine de tous, dieux et humains, dompte l’esprit et le sage vouloir.
De Chaos naquirent  Érébos, la ténèbre, et Nyx, la nuit noire. De Nyx naquirent Æther, la quintessence lumineuse de l’air, et Héméra, le jour, qu’elle conçut et enfanta après s’être unie à Érébos.
Gaia enfanta d’abord Ouranos, le ciel étoilé, aussi grand qu’elle même, pour qu’il la couvrît tout entière et fût, pour les dieux bienheureux, une demeure inébranlable à jamais ; puis elle enfanta les hautes Montagnes, plaisant séjour des Nymphes divines, qui habitent au creux des vallons ; elle enfanta aussi Pontos, la mer aux flots stériles, toute gonflée de vagues- et tout cela sans connaître le désir ni l’étreinte.
Mais ensuite, s’étant unie à Ouranos, elle enfanta Océanos aux tourbillons profonds, Coios et Crios, Hypérion et Japet, Théia et Rhéa, Thémis et Mnémosyne, Phœbé, à la couronne d’or, et l’aimable Thétys ; le dernier-né d’entre eux fut Cronos à l’esprit retors, le plus redoutable de tous ses enfants, qui prit en haine son florissant géniteur.
Elle enfanta encore les Cyclopes dont le cœur est plein de violence : Brontès, Stéropès et l’audacieux Argès qui donnèrent à Zeus le tonnerre et façonnèrent pour lui la foudre ; ils étaient en tout semblables aux dieux : seul les en distinguait un œil unique planté au milieu du front. (Cyclopes-Œil rond- était leur nom, parce qu’unique était l’œil rond planté au milieu de leur front) Force, violence et ruse étaient dans tous leurs actes.
De Gaia et Ouranos naquirent encore trois autres enfants, grands, vigoureux, qu’on tremble de nommer : Cottos, Briarée et Gyès, rejetons pleins d’orgueil ; cent bras jaillissaient, terribles, de leurs épaules entre lesquelles avaient poussé cinquante têtes, dominant leur corps vigoureux ; et toute leur personne, d’une taille démesurée, respirait une force et une vigueur sans égales.
Or ceux qui étaient nés de Terre et de Ciel étaient les plus terribles des enfants, et leur géniteur les prenait en haine dès les premiers instants ; à peine étaient-ils nés que, sans les laisser monter vers la lumière, il les enfouissait dans le sein de la terre.
Et Ciel prenait plaisir à cette œuvre mauvaise, cependant qu’en ses profondeurs, Terre, énorme, pleine, gémissait. Sans tarder, d’un brillant acier qu’elle avait créé, elle façonna une grande serpe et fit connaître sa pensée à ses enfants. Pour les encourager, le cœur en peine, elle leur dit : “Enfants qui êtes miens, fils aussi d’un père insensé, si vous m’en croyez, nous ferons payer ses traitements odieux au père qui est le  vôtre : car c’est lui le premier qui conçut des ignominies.”
Ainsi parla-t-elle. Alors la crainte les saisit tous et nul d’entre eux ne dit mot. Cependant le grand Cronos à l’esprit retors, hardiment répondit à sa noble mère : “Moi je me charge, mère, de mener à bien la besogne ; je me soucie peu du père — il ne mérite pas ce nom— qui est le nôtre : car c’est lui le premier qui conçut des ignominies.”
Ainsi parla-t-il et grande fut la joie de Terre énorme. Elle le posta en embuscade, lui mit dans les mains la serpe aux dents acérées et l’instruisit du piège dans son entier.

Du sang de Ciel émasculé, la Terre enfante les Érinyes, les Géants, et les Nymphes des frênes.
Aphrodite naît de l’écume de la mer,.
Les enfants  engendrés par Ouranos sont appelés Titans.
Ensuite, Hésiode énumère les descendants de Nuit, de Pontos,  puis celle des Titans et Titanides.

S’étant soumise à l’amour de Cronos, Rhéa enfanta de glorieux enfants.
Hestia, Déméter, Héra aux pieds chaussés d’or, et le puissant Hadès qui habite un palais souterrain et dont le cour ne connaît pas la pitié ; elle enfanta aussi le bruyant Ébranleur du sol et le sage et rusé Zeus, le père des dieux et des hommes, dont le tonnerre fait trembler la vaste terre.
Mais, au fur et à mesure que chacun d’eux sortait du ventre sacré de sa mère et arrivait à ses genoux, le grand Cronos les avalait : il avait souci d’éviter que quelque autre des descendants de Ciel n’exerçât la royauté parmi les Immortels. car il avait appris de Terre et de Ciel étoilé que le destin lui réservait de subir la  loi de son propre fils, si fort qu’il fût lui-même - ainsi en avait décidé le grand Zeus. C’est pourquoi, se tenant à l’affût, il ne cessait de guetter ses enfants pour les avaler. Rhéa, quant à elle souffrait cruellement. Mais, comme elle s’apprêtait à mettre au monde Zeus, le père des dieux et des hommes, elle supplia ses parents, Terre et Ciel étoilé, d’imaginer avec elle une ruse qui lui permît de mettre au monde son enfant en cachette et de venger les Érynies de son père et de ses enfants avalés par le grand Cronos à l’esprit retors. Terre et Ciel se laissèrent persuader par leur fille ;



Ovide
Origines du monde

Avant la mer, la terre et le ciel qui couvre tout, la nature, dans l’univers entier, offrait un seul et même aspect ; on l’a appelé le chaos ; ce n’était qu’une masse informe et confuse, un bloc inerte, un entassement d’éléments mal unis et discordants. Il n’y avait pas encore de Titan pour donner sa lumière au monde ; Phébé ne réparait pas les cornes nouvelles de son croissant ; la terre n’était pas suspendue dans l’air environnant ni équilibrée par son propre poids ; Amphitrite n’avait pas étendu ses bras tout autour des rivages. Partout où il y avait de la terre, il y avait aussi de la mer et de l’air ; ainsi la terre était instable, la mer impropre à la navigation, l’air privé de lumière ; aucun élément ne conservait sa forme, chacun d’eux était un obstacle pour les autres, parce que dans un seul corps le froid faisait la guerre au chaud, l’humide au sec, le mou au dur, le pesant au léger.


Séparation des éléments.

Un dieu, avec l’aide de la nature en progrès, mit fin à cette lutte ; il sépara du ciel la terre, de la terre les eaux et il assigna un domaine au ciel limpide, un autre à l’air épais. après avoir débrouillé ces éléments et les avoir tirés de la masse ténébreuse, en attribuant à chacun une place distincte, il les unit par les liens de la concorde et de la paix. La substance ignée et impondérable de la voûte céleste s’élança et se fit une place dans les régions supérieures. L’air est ce qui en approche le plus par sa légèreté et sa situation ; la terre, plus dense, entraîna avec elle les éléments massifs et se tassa sous son propre poids ; l’eau répandue alentour occupa la dernière place et emprisonna le monde solide.
Lorsque le dieu, quelqu’il fût, eut ainsi partagé et distribué l’amas de la matière, lorsque de ses différentes parts il eut façonné des membres, il commença par agglomérer la terre, pour en égaliser de tous côtés la surface, sous la forme d’un globe immense. Puis il ordonna aux mers de se répandre, de s’enfler au souffle furieux des vents et d’entourer d’une ceinture les rivages de la terre. Il ajouta les fontaines, les étangs immenses et les lacs, enferma entre des rives obliques la déclivité des fleuves, qui, selon les contrées, sont absorbés par la terre elle-même ou parviennent jusqu’à la mer et, reçus dans la plaine des eaux plus libres, battent, au lieu de rives, des rivages. Il ordonna aux plaines de s’étendre, aux vallées de s’abaisser, aux forêts de se couvrir de feuillage, aux montagnes rocheuses de se soulever. Deux zones partagent le ciel à droite, deux autres à gauche, avec une cinquième plus chaude au milieu d’elles ; la masse qu’il enveloppe fut soumise à la même division par les soins du dieu et il y a sur la terre autant de régions que couvrent les zones d’en haut. l’ardeur du soleil rend celle du milieu invivable ; deux autres sont recouvertes de neiges épaisses ; entre elles il en plaça encore deux, à qui il donna un climat tempéré, en mélangeant le froid et le chaud.
Au-dessus s’étend l’air ; autant il est plus léger que la terre et que l’eau, autant il est plus lourd que le feu. c’est le séjour que le dieu assigna au brouillard et aux nuages, aux tonnerres, qui épouvantent les esprits des humains, et aux vents, qui engendrent les éclairs et la foudre.[…]
Au-dessus des vents, le dieu plaça l’éther fluide et sans pesanteur, qui n’a rien des impuretés d’ici-bas. Dès qu’il eut enfermé tous ces domaines entre des limites immuables, les étoiles, longtemps cachées sous la masse qui les écrasait, commencèrent à resplendir dans toute l’étendue des cieux. pour qu’aucune région ne fût privée de sa part d’êtres vivants, les astres et les dieux de toutes formes occupèrent le céleste parvis ; les eaux firent une place dans leurs demeures aux poissons brillants ; le terre reçut les bêtes sauvages ; l’air mobile, les oiseaux.










La création du monde : le récit de la Genèse



1 Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre. Or la terre était vide et vague, les ténèbres couvraient l’abîme et un vent de Dieu agitait la surface des eaux.
Dieu dit : “Que la lumière soit” et la lumière fut. Dieu vit que la lumière était bonne, et Dieu sépara la lumière et les ténèbres. Dieu appela la lumière “jour” et les ténèbres “nuit”. Il y eut un soir et il y eut un matin : “premier jour.
Dieu dit : “Qu’il y ait un firmament au milieu des eaux et qu’il sépare les eaux d’avec les eaux” et il en fut ainsi. Dieu fit le firmament, qui sépara les eaux qui sont sous le firmament d’avec les eaux qui sont au-dessus du firmament, et Dieu appela le firmament “ciel”. Il y eut un soir et il y eut un matin : deuxième jour.
Dieu dit : “Que les eaux qui sont sous le ciel s’amassent en un seul endroit et qu’apparaisse le continent” et il en fut ainsi. Dieu appela le continent “terre” et la masse des eaux “mers”, et Dieu vit que cela était bon.
Dieu dit : “Que la terre verdisse de verdure : des herbes portant semence et des arbres fruitiers donnant sur la terre selon leur espèce des fruits contenant leur semence” et il en fut ainsi. La terre produisit de la verdure : des herbes portant semence selon leur espèce, des arbres donnant selon leur espèce des fruits contenant leur semence, et Dieu vit que cela était bon. Il y eut un soir et il y eut un matin : troisième jour.
Dieu dit : “Qu’il y ait des luminaires au firmament du ciel pour séparer le jour et la nuit ; qu’ils servent de signes, tant pour les fêtes que pour les jours et les années ; qu’ils soient des luminaires au firmament du ciel  pour éclairer la terre” et il en fut ainsi. Dieu fit les deux luminaires majeurs : le grand luminaire comme puissance du jour et le petit luminaire comme puissance de la nuit, et les étoiles. Dieu les plaça au firmament du ciel pour éclairer la terre, pour commander au jour et à la nuit, pour séparer la lumière et les ténèbres, et Dieu vit que cela était bon. Il y eut un soir et il y eut un matin : quatrième jour.
Dieu dit : “Que les eaux grouillent d’un grouillement d’êtres vivants et que des oiseaux volent au-dessus de la terre contre le firmament du ciel” et il en fut ainsi. Dieu créa les grands monstres marins et tous les êtres vivants qui glissent : les eaux les firent grouiller selon leur espèce et toute le gent ailée selon son espèce, et Dieu vit que cela était bon. Dieu les bénit et dit : “Soyez féconds, multipliez, emplissez l’eau des mers, et que les oiseaux multiplient sur la terre.” Il y eut un soir et il y eut un matin : cinquième jour.
Dieu dit :”Que la terre produise des êtres vivants selon leur espèce : bestiaux, bestioles, bêtes sauvages selon leur espèce” et il en fut ainsi. Dieu fit les bêtes sauvages selon leur espèce, les bestiaux selon leur espèce et toutes les bestioles du sol selon leur espèce, et Dieu vit que cela était bon.
Dieu dit : “Faisons l’homme à notre image, comme notre ressemblance, et qu’ils dominent sur les poissons de la mer, les oiseaux du ciel, les bestiaux, toutes les bêtes sauvages et toutes les bestioles qui rampent sur la terre.”
Dieu créa l’homme à son image,
à l’image de Dieu il le créa,
homme et femme il les créa.
Dieu les bénit et leur dit : “Soyez féconds, multipliez, emplissez la terre et soumettez-la ; dominez sur les poissons de la mer, les oiseaux du ciel et tous les animaux qui rampent sur la terre.” Dieu dit :”Je vous donne toutes les herbes portant semence, qui sont sur toute la surface de la terre, et tous les arbres qui ont des fruits portant semence : ce sera votre nourriture. A toutes les bêtes sauvages, à tous les oiseaux du ciel, à tout ce qui rampe sur la terre et qui est animé de vie, je donne pour nourriture toute la verdure des plantes” et il en fut ainsi. Dieu vit tout ce qu’il avait fait : : cela était très bon. Il y eut un soir et il y eut un matin : sixième jour.


2 Ainsi furent achevés le ciel et la terre, avec toute leur armée. Au septième jour Dieu avait terminé tout l’ouvrage qu’il avait fait et, le septième jour, il chôma, après tout l’ouvrage qu’il avait fait. Dieu bénit le septième jour et le sanctifia, car il avait chômé après tout son ouvrage de création.
Telle fut l’histoire du ciel et de la terre, quand ils furent créés.


La création de l'homme


Le récit de la Genèse.


L’épreuve de la liberté. Le paradis

Au temps où Yahvé Dieu fit la terre et le ciel, il n’y avait encore aucun arbuste des champs sur la terre et aucune herbe des champs n’avait encore poussé, car Yahvé dieu n’avait pas fait pleuvoir sur la terre et il n’y avait pas d’homme pour cultiver le sol. toutefois, un flot montait de terre et arrosait toute la surface du sol. Alors Yahvé Dieu modela l’homme avec la glaise du sol, il insuffla dans ses narines une haleine de vie et l’homme devint un être vivant.
Yahvé Dieu planta un jardin en Éden, à l’orient, et il y mit l’homme qu’il avait modelé. Yahvé Dieu fit pousser du sol toute espèce d’arbres séduisants à voir et bons à manger, et l’arbre de vie au milieu du jardin, et l’arbre de la connaissance du bien et du mal.
Un fleuve sortait d’Éden pour arroser le jardin et de là il se divisait pour former quatre bras. Le premier s’appelle le Pishôn : il contourne tout le pays de Havila, où il y a l’or ; l’or de ce pays est pur et là se trouvent le bdellium et la pierre de cornaline. Le deuxième fleuve s’appelle le Gihôn : il contourne tout le pays de Kush. Le troisième fleuve s’appelle le Tigre ; il coule à l’orient d’Assur. Le quatrième fleuve est l’Euphrate.
Yahvé Dieu prit l’homme et l’établit dans le jardin d’Éden pour le cultiver et le garder. Et Yahvé Dieu fit à l’homme ce commandement : « Tu peux manger de tous les arbres du jardin. Mais de l’arbre de la connaissance du bien et du mal tu ne mangeras pas, car le jour où tu en mangeras, tu deviendras passible de mort.»
Yahvé Dieu dit : « Il n’est pas bon que l’homme soit seul. Il faut que je lui fasse une aide qui lui soit assortie. » Yahvé Dieu modela encore du sol toutes les bêtes sauvages et tous les oiseaux du ciel, et il les amena à l’homme pour voir comment celui-ci les appellerait : chacun devait porter le nom que l’homme lui aurait donné. L’homme donna des noms à tous les bestiaux, aux oiseaux du ciel et à toutes les bêtes sauvages, mais pour un homme, il ne trouva pas l’aide qui lui fût assortie. Alors Yahvé Dieu fit tomber une torpeur sur l’homme, qui s’endormit. il prit une de ses côtes et referma la chair à sa place. puis, de la côte qu’il avait tirée de l’homme, Yahvé Dieu façonna une femme et l’amena à l’homme. alors celui-ci s’écria :
« pour le coup, c’est l’os de mes os et la chair de ma chair!
Celle-ci sera appelée “femme”, car elle fut tirée de l’homme, celle-ci !»
C’est pourquoi l’homme quitte son père et sa mère et s’attache à sa femme, et ils deviennent une seule chair.
Or tous deux étaient nus, l’homme et sa femme, et ils n’avaient pas honte l’un devant l’autre.


La chute.

Le serpent était le plus rusé de tous les animaux des champs que Yahvé Dieu avait faits. Il dit à la femme : « Alors, Dieu a dit : vous ne mangerez pas de tous les arbres du jardin ,» La femme répondit au serpent :« Nous pouvons manger du fruit des arbres du jardin. Mais du fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : Vous n’en mangerez pas, vous n’y toucherez pas, sous peine de mort.» Le serpent répliqua à la femme : « Pas du tout! Vous ne mourrez pas ! Mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront et vous serez comme des dieux, qui connaissent le bien et le mal. » La femme vit que l’arbre était bon à manger et séduisant à voir, et qu’il était, cet arbre, désirable pour acquérir le discernement. Elle prit de son fruit et mangea. elle en donna aussi à son mari, qui était avec elle, et il mangea. Alors leurs yeux à tous deux s’ouvrirent et ils connurent qu’ils étaient nus ; ils cousirent des feuilles de figuier et se firent des pagnes.
Ils entendirent le pas de Yahvé Dieu qui se promenait dans le jardin à la brise du jour, et l’homme et sa femme se cachèrent devant Yahvé Dieu parmi les arbres du jardin. Yahvé Dieu appela l’homme : « Où es-tu ? dit-il. »« J’ai entendu ton pas dans le jardin, répondit l’homme ; j’ai eu peur parce que je suis nu et je me suis caché. »Il reprit : « Et qui t’a appris que tu étais nu ? Tu as donc mangé de l’arbre dont je t’avais défendu de manger ! » L’homme répondit : « C’est la femme que tu as mise auprès de moi qui m’a donné de l’arbre, et j’ai mangé ! » Yahvé Dieu dit à la femme : « Qu’as-tu fait là ? » et la femme répondit : « C’est le serpent qui m’a séduite et j’ai mangé.
Alors Yahvé Dieu dit au serpent : « Parce que tu as fait cela, maudit sois-tu entre tous les bestiaux
et toutes les bêtes sauvages.
Tu marcheras sur ton ventre et tu mangeras de la terre
tous les jours de ta vie.
Je mettrai une hostilité entre toi et la femme,
entre ton lignage et le sien.
Il t’écrasera la tête
et tu l(‘atteindras au talon.
A la femme il dit :
« Je multiplierai les peines de tes grossesses,
dans la peine tu enfanteras des fils.
Ta convoitise te poussera vers ton mari
et lui dominera sur toi. »
A l’homme il dit : « Parce que tu as écouté la voix de ta femme et que tu as mangé de l’arbre dont je t’avais interdit de manger,
maudit soit le sol à cause de toi !
A force de peine tu en tireras subsistance
tous les jours de ta vie.
Il produira pour toi épines et chardons et tu mangeras l’herbe des champs.
A la sueur de ton visage
tu mangeras ton pain,
jusqu’à ce que tu retournes au sol,
puisque tu en fus tiré.
Car tu es glaise
et tu retourneras à la glaise.
L’homme appela sa femme “Ève”, parce qu’elle fut la mère de tous les vivants. Yahvé Dieu fit à l’homme et à sa femme des tuniques de peau et les en vêtit.
Puis Yahvé Dieu dit : « Voici que l’homme est devenu comme l’un de nous, pour connaître le bien et le mal ! Qu’il n’étende pas maintenant la main, ne cueille aussi de l’arbre de vie, n’en mange et ne vive pour toujours ! Et Yahvé Dieu le renvoya du jardin d’Éden pour cultiver le sol d’où il avait été tiré. Il bannit l’homme et il posta devant le jardin d’Éden les chérubins et la flamme du glaive fulgurant pour garder le chemin de l’arbre de vie.

Adam et Ève donnent naissance à Caïn, puis Abel. Caïn tue son frère et Dieu le condamne à devenir un errant parcourant la terre. Caïn séjourna au pays de Nod, à l’orient d’Éden.
D’Adam et Ève naît ensuite Seth dont Noé, des générations plus tard est le descendant. Il engendre Sem, Cham et Japhet. Mais Yahvé, voyant la méchanceté des hommes, décide de les détruire, de même que les animaux, mais Noé, un homme juste, et décide de l’épargner. Il lui ordonne de faire une arche et d’y entrer avec sa famille et un couple de chaque espèce d’animaux.


Hésiode : Les travaux et les jours

Le mythe de l’âge d’or

D’or fut la race des hommes périssables que les Immortels, habitants de l’Olympe, créèrent la première. en ce temps-là, Cronos régnait au ciel : les hommes vivaient comme des dieux, le cour libre de soucis, à l’abri des peines et de la misère. ils ignoraient même la vieillesse et, bras et jambes toujours vigoureux, ils trouvaient leur plaisir dans les banquets, bien loin de tous les maux. quand ils mouraient, c’était comme gagnés par le sommeil. ils disposaient de tous les biens. la terre, féconde, produisait d’elle-même un fruit abondant et généreux ; et eux, paisibles et tranquilles, administraient leurs domaines et vivaient dans l’opulence.
Maintenant que la terre a recouvert cette race, ils sont devenus de bons génies par la volonté du grand Zeus ; vivant parmi les mortels, ils veillent sur eux en leur dispensant les richesses. tel est le royal honneur qu’ils ont obtenu.

Plus tard, les habitants de l’Olympe créèrent une seconde race, d’argent celle-là, et bien inférieure à la précédente : elle ne ressemblait à la race d’or ni par la taille ni par l’intelligence. pendant cent ans, l’enfant grandissait auprès de sa mère attentive, jouant dans la maison comme un grand naïf. mais, ayant grandi, ils atteignaient le terme de la jeunesse, ils n’avaient plus longtemps à vivre, victimes qu’ils étaient de leur propre sottise : ils ne pouvaient s’empêcher de s’abandonner entre eux à la plus folle démesure. ils refusaient d’honorer les Immortels et de sacrifier sur les autels des Bienheureux comme c’est la règle pour les hommes dans les lieux qu’ils habitent
. Alors, plein de bile, Zeus les ensevelit parce qu’ils ne rendaient pas hommage aux dieux habitants de l’olympe.
Quand la terre eut recouvert les hommes de cette race, ils reçurent des mortels le nom de Bienheureux des enfers ; quoique génies de second rang, ils sont eux aussi honorés.

Et Zeus père créa une troisième race d’hommes périssables, la race de bronze, en tout différente de la race d’argent, issue des frênes, redoutable et puissante à la fois. ceux de cette race n’avaient souci que des travaux d’Arès, ne rêvaient que violences cruelles. ils ne mangeaient pas de pain, leur cour inflexible était dur comme l’acier, ils inspiraient l’effroi. Doués d’une force extrême, ils étaient pourvus de bras invincibles, rattachés par l’épaule à leur corps vigoureux. Leurs armes étaient de bronze, de bronze leurs maisons comme aussi leurs outils : le fer noir n’existait pas.
Victimes de leurs propres bras, ils s’en sont allés, privés de gloire, dans les demeures moisies du glacial Hadès. La mort noire les a emportés, tout effrayants qu’ils étaient, et ils ont déserté la lumière éclatante du soleil.

Quand la terre eut recouvert aussi cette race, Zeus en fit naître une quatrième, plus juste et meilleure, sur le sol nourricier : race divine de héros que l’on nomme demi-dieux et dont la génération a précédé la nôtre sur la terre sans limites. Ceux-là, la guerre les anéantit dans une mêlée affreuse— devant Thèbes aux sept portes, sur la terre de Cadmos, tandis qu’ils combattaient pour les troupeaux d’Œdipe, ou bien encore à Troie où, par-delà les mers, ils menèrent leurs vaisseaux, tout au désir de se battre pour Hélène aux beaux cheveux. Après cela, pour quelques-uns, le terme fut la mort qui les enveloppa. quant aux autres, Zeus père, le fils de Cronos, les établit aux confins de la terre, où il leur a donné de vivre dans des demeures à l’écart des hommes, loin des Immortels, et Cronos règne sur eux. ceux-là, le cœur libre de tous soucis, habitent les îles des Bienheureux, au bord de l’océan aux tourbillons profonds : heureux sont-ils, ces héros auxquels trois fois l’an la terre féconde donne une récolte abondante et douce comme le miel.

Puissé-je n’avoir plus à vivre parmi les hommes de la cinquième race et être mort avant ou né après ! Car la race d’à présent est une race de fer. le jour n’apportera pas de répit à leurs pénibles souffrances, ni la nuit aux soucis amers et dévorants que leur enverront les dieux. a leurs maux, toutefois, quelques biens seront mêlés. Zeus détruira aussi cette race d’hommes périssables, le jour où ils naîtront avec les tempes blanches. le père, alors, ne ressemblera plus aux enfants, ni les enfants au père ; l’hôte ne sera plus cher à l’hôte, ni le compagnon à son compagnon, ni le frère à son frère, comme au temps passé. ces misérables traiteront avec mépris leurs parents devenus vieux ; ils leur feront de durs reproches, sans craindre aucunement le jugement des dieux. aux vieillards qui leur ont donné la vie, ils refuseront la nourriture. on ne respectera plus la parole donnée, ni la justice, ni le bien. Au contraire, on honorera celui qui fait le mal, l’homme devenu démesure. La force tiendra lieu de droit. Le sentiment de l’honneur disparaîtra. Par ses discours tortueux et par ses faux serments, le méchant nuira à l’homme de bien. L’envie au regard haineux, qui sème le trouble et se réjouit du malheur d’autrui, harcèlera les malheureux mortels. Alors, quittant la terre aux larges routes pour gagner l’Olympe, leur beau corps couvert de voiles blancs, Conscience et Équité abandonneront les hommes et s’en iront rejoindre les Immortels. aux mortels resteront les chagrins amers ; et contre le mal ne sera nul remède.

Pour se venger de Prométhée, qui lui a dérobé le feu pour en faire don aux hommes,,Zeus leur prépare un malheur. En contrepartie du feu, il leur donnera un mal bien à eux, qu’ils entoureront d’amour. Il demande aux dieux de collaborer, pour créer une femme belle et désirable, mais recélant l’esprit d’une chienne perfide. Elle est appelée Pandore. Epiméthée, frère de Prométhée accepte, malgré les mises en garde, le cadeau de Zeus,. Alors Pandore soulève le couvercle de la jarre où étaient enfermés tous les maux des hommes, fatigues et maladies qui hâtent la vieillesse. Seul l’Espoir reste dans la jarre. Depuis ce temps, la terre est pleine de maux, et la mer pleine aussi.
Pandore est celle dont est sortie la funeste engeance du peuple des femmes, redoutable fléau pour les hommes mortels dont elles partagent la demeure.



Ovide reprend à son tour le récit de l’âge d’or dans Les Métamorphoses.


Création de l’homme.

Un animal plus noble, plus capable, d’une haute intelligence et digne de commander à tous les autres manquait encore. l’homme naquit, soit que le créateur de toutes choses, père d’un monde meilleur, l’ait formé d’un germe divin, soit que la terre récente, séparée depuis peu des hautes régions de l’éther, retînt encore des germes du ciel, restes de leur parenté, et que le fils d’Iapet, l’ayant mêlée aux eaux d’un fleuve, l’ait modelée à l’image des dieux, maîtres de l’univers ; tandis que, tête basse, tous les autres animaux tiennent leurs yeux attachés sur la terre, il a donné à l’homme un visage qui se dresse au-dessus ; il a voulu lui permettre de contempler le ciel, de lever ses regards et de les porter vers les astres. Ainsi la terre, qui naguère était grossière et informe, revêtit par cette métamorphose des figures d’hommes jusqu’alors inconnues.


Les quatre âges

L’âge d’or naquit le premier […]
Quand Saturne eut été précipité dans le Tartare ténébreux, tandis que Jupiter régnait sur l’univers, vint l’âge d’argent[…]
Puis commença le troisième âge, l’âge de bronze[…]
L’âge qui a la dureté du fer est venu le dernier ; aussitôt ont fait irruption sur cette ère d’un métal plus vil les crimes de toute sorte ; alors ont fui la pudeur, la vérité, la bonne foi ; à leur place, sont entrées la fraude, la perfidie, la trahison, la violence et la passion scélérate de la richesse. Le marin livra ses voiles aux vents, qu’il connaissait mal encore ; après s’être longtemps dressés à la cime des monts, les bois des navires plongèrent dans les flots, nouveaux pour eux ; sur la terre, jusque-là commune à tous aussi bien que l’air ou la lumière du soleil, l’arpenteur défiant traça de longs sillons pour délimiter les champs. l’homme ne se contenta plus de demander à la terre féconde les moissons et les aliments qu’elle lui devait, mais il pénétra jusque dans ses entrailles ; il en arracha ce qu’elle y avait caché, ce qu’elle avait relégué près des ombres du Styx, les trésors qui irritent nos maux. Bientôt le fer pernicieux et l’or, plus pernicieux que le fer, parurent au jour ; à leur suite parut la guerre, qui se sert de tous deux pour combattre et qui brandit dans sa main ensanglantée des armes retentissantes. On vit de rapines ; l’hôte ne se fie plus à l’hôte, ni le beau-père au gendre ; même entre frères, la concorde devient rare. L’époux médite la perte de l’épouse ; l’épouse, celle de l’époux ; d’affreuses marâtres mélangent les sucs livides de l’aconit ; le fils s’informe, avant l’heure, de l’âge de son père. La piété est vaincue, foulée aux pieds ; loin de cette terre trempée de sang se retire, la dernière, après tous les immortels, la vierge Astrée.

Les géants.

Mais les hauteurs de l’éther ne devaient pas être un asile plus sûr que la terre : car les Géants, à ce qu’on assure, voulurent conquérir le royaume des cieux et entassèrent, pour s’élever jusqu’aux astres, montagnes sur montagnes. Alors le père tout-puissant fracassa l’Olympe sous les traits de la foudre et fit crouler le Pélion à bas de l’Ossa, qui le soutenait. Comme les corps de ces combattants barbares gisaient ensevelis sous une telle masse, leur ouvrage, la terre, sur qui avait abondamment coulé le sang de ses enfants, en fut, dit-on, imbibée ; elle anima ses flots encore chauds et elle en forma, pour ne pas voir finir les derniers rejetons de sa race, d’autres êtres à face humaine. mais cette race méprisa les dieux ; elle fut, entre toutes, avide des horreurs du carnage et ne respira que la violence ; on reconnaissait qu’elle avait été créée avec du sang.


Jupiter voit ce spectacle du haut des cieux, et décide d’anéantir tout le genre humain. Les dieux acceptent.

Cependant la perte du genre humain est un sujet de douleur pour tous ; quel sera l’aspect de la terre, veuve des mortels ? demandent-ils, qui portera l’encens sur les autels ? Veut-il livrer la terre à la dévastation des bêtes sauvages ? A ces questions le souverain des habitants du ciel répond qu’il se charge de tout ; il les invite à ne point s’alarmer ; il leur promet une race d’hommes qui ne ressemblera point à la précédents et dont l’origine sera merveilleuse.

Zeus songe tout d’abord à embraser la terre, mais, craignant que l’incendie n’embrase tout l’univers, il décide d’anéantir le genre humain sous les eaux du déluge.
Seuls, Deucalion et sa compagne Pyrrha, vertueux tous deux, en réchappent sur une barque, qui aborde sur le mont Parnasse, seule montagne que la mer n’ait pas recouverte. Ayant reçu de la déesse Thémis l’ordre de jeter derrière eux les os de leur grand-mère, ils lancent des pierres qui se changent en hommes et en femmes.

Voilà pourquoi nous sommes une race dure, à l’épreuve de la fatigue ; nous donnons nous-mêmes la preuve de notre origine première.

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Re: [6e] Français : Progression annuelle

Message par retraitée le Ven 23 Aoû 2013 - 12:50

On peut aller ensuite chercher différents récits du Déluge.
Pardon pour les doublons, j'ai "m....é".

retraitée
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Re: [6e] Français : Progression annuelle

Message par Tuliperose le Ven 23 Aoû 2013 - 22:37

Amalhia je pensais faire sauter ma séquence "des récits d'apprentissage" si je n'ai pas le temps d'en faire 8, on verra le moment venu.
Je suis assez d'accord pour Gripari, j'ai hésité à préparer Le Médecin Malgré Lui à la place mais je trouvais ça chouette de faire tout un ensemble sur les animaux et le lien entre le conte et le théâtre. Je me dis aussi que les élèves étudieront Molière en 5e puis en 4ème... Ceci dit c'est aussi mon année de stage (et donc d'inspection) donc on pourrait me le reprocher... Je suis donc en pleine réflexion ^_^ j'hésite à supprimer la séquence sur les textes fondateurs et à les intégrer sous forme d'exposés lors des deux autres séquences sur l'Antiquité, et à ajouter une séquence sur Molière en plus de Gripari qui serait étudié plus rapidement. Mais je n'ai pas encore pris ma décision, j'en parlerai à ma tutrice...
Merci à tous pour vos réponses en tout cas Smile

_________________
J'avais vingt ans, je ne laisserai personne dire que c'est le plus bel âge de la vie - Paul Nizan, Aden Arabie.

Tuliperose
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Re: [6e] Français : Progression annuelle

Message par Amaliah le Sam 24 Aoû 2013 - 11:06

Tuliperose, tu veux supprimer la séquence sur les textes fondateurs, c'est-à-dire sur les héros antiques? Je la garderais pour ma part parce que l'Antiquité est le gros morceau de la 6e. Par contre je privilégierais une "OI" par extraits, l'Odyssée ou pourquoi pas l'Iliade, plutôt qu'un GT qui fixe moins les connaissances qu'une OI. Mais ce n'est que mon avis personnel et je pense que beaucoup de collègues font comme toi.
Une question sur Gripari : pourquoi ne pas le donner en LC tout simplement? Je n'ai pas lu cette pièce mais y a-t-il matière à étudier quelque chose? Le texte offre-t-il une résistance pour des élèves de 6e?

Amaliah
Guide spirituel


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Re: [6e] Français : Progression annuelle

Message par Celeborn le Sam 24 Aoû 2013 - 11:19

Techniquement, Gripari ne peut pas être étudié en OI : c'est de la littérature jeunesse. C'est réservé aux cursives.

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Re: [6e] Français : Progression annuelle

Message par Tuliperose le Sam 24 Aoû 2013 - 12:22

Hm, d'accord, c'est une bonne idée de la faire en LC, je n'y avais pas pensé... Je ferai Molière en OI pour ma séquence théâtre, ça va me permettre un peu plus de libertés d'organisation.
Amaliah non je parlais de la séquence sur la bible. J'ai regroupé sous le terme "textes fondateurs" la bible, quelques extraits du coran et de Gilgamesh. Pour les héros antiques c'est ma séquence 2 intitulée "monstres et héros de l'antiquité". En fait j'ai trois séquences sur cette période. Et déjà une OE avec les Métamorphoses donc je ne voulais pas faire deux OE de suite, d'où le GT pour les héros antiques. Mais peut-être que ça ne pose pas de soucis de faire deux OE de suite, je ne sais pas !!
En tout cas merci encore Smile

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Re: [6e] Français : Progression annuelle

Message par Amaliah le Sam 24 Aoû 2013 - 12:38

Chaque année j'enchaîne Les Métamorphoses et l'Odyssée, sans aucun problème. Je commence par Ovide car ça permet de mettre en place le rapport entre les dieux et les hommes et puis les récits sont courts mais complets, ça fait une bonne introduction à Homère dont le récit est plus complexe. Ce serait dommage de ne pas faire la Bible. Je ne vois jamais Gilgamesh pour ma part.

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[6è] francais progression annuelle

Message par macano le Sam 24 Aoû 2013 - 14:40

Je trouve que l'héritage gréco-romain est difficile en début d'année 6è. Je pense aussi qu'il est important en 6è d'insérer une séquence écriture d'un conte.

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Re: [6e] Français : Progression annuelle

Message par Amaliah le Sam 24 Aoû 2013 - 15:12

Commencer par les contes donne aussi l'impression aux élèves qu'ils ne font rien de nouveau par rapport au primaire. Et puis c'est bien de voir les contes après les mythes pour montrer la continuité. Je crois que les deux points de vue se justifient.
L'écriture d'un conte peut faire l'objet d'une évaluation guidée en classe, pas forcément d'une séquence entière.

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Re: [6e] Français : Progression annuelle

Message par inviteeM le Dim 25 Aoû 2013 - 13:20

Je débute et je tente à mon tour une progression annuelle...Je n'en ai pour le moment que la trame, mais est-ce que vous pourriez me dire ce que vous en pensez? Merci d'avance!

1. Amener le conte, sa structure, ses personnages, sa portée symbolique (GT…Trouver un thème ? J’aimerais leur faire lire plusieurs contes dans cette séquence, comment faire ?)
2. L’imaginaire merveilleux du conte, un héritage vivace. Etudier un conte et sa postérité : La Belle et la Bête + film de Cocteau (OI)
3. Les Métamorphoses (GT)
4. Combats de monstres et de héros dans la mythologie antique : l’Odyssée d’Homère (OI par extraits)
5. Aux origines du monde, des dieux et des hommes : Les récits fondateurs (Bible + Coran + Torah, GT)
6. Orgie de mets, orgie de mots : la gourmandise en poésie (GT)
7. Penser la société humaine grâce aux animaux : Les Fables de La Fontaine (GT)
8. Le Médecin volant (OI)

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Re: [6e] Français : Progression annuelle

Message par Kak le Dim 25 Aoû 2013 - 13:54

Je n'ai pas encore faire ma progression mais je penche pour l'ordre suivant:
- poésie ( pour aborder les notions nécessaires ensuite en récitation, pour travailler d'abord sur des textes courts)
-théâtre ( pour réinvestir les cours de grammaire du début d'année sur la phrase, pour ne pas le bâcler en fin d'année, pour faire en début d'année ce qui est nouveau )
- héritage antique: métamorphoses ( pour traiter cela avant qu'on leur demande leur choix pour le latin)
- textes fondateurs
-l'Odyssée
- les contes ( assez tard pour pouvoir faire un travail d'écriture long... sauf si je dois les préparer à la venue d'un conteur...)

la fable  ( où la placer?)

Kak
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Re: [6e] Français : Progression annuelle

Message par abricotedapi le Dim 25 Aoû 2013 - 15:50

Maelia, le thème pour ton GT sur les contes peut tout simplement être les contes.
Ton thème en poésie est sympa ! Ça change.

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Mauvaise nouvelle : rien n'est éternel.
Bonne nouvelle : rien n'est éternel.

abricotedapi
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Re: [6e] Français : Progression annuelle

Message par Séréna le Dim 25 Aoû 2013 - 15:52

Maelia, je me permets de te poser la question: quels sont les textes que tu as choisis pour ton GT sur la poésie? le thème m'intrigue et m'intéresse!

Séréna
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Re: [6e] Français : Progression annuelle

Message par cannelle21 le Dim 25 Aoû 2013 - 15:55

maelia a écrit:Je débute et je tente à mon tour une progression annuelle...Je n'en ai pour le moment que la trame, mais est-ce que vous pourriez me dire ce que vous en pensez? Merci d'avance!

1. Amener le conte, sa structure, ses personnages, sa portée symbolique (GT…Trouver un thème ? J’aimerais leur faire lire plusieurs contes dans cette séquence, comment faire ?)
2. L’imaginaire merveilleux du conte, un héritage vivace. Etudier un conte et sa postérité : La Belle et la Bête + film de Cocteau (OI)
3. Les Métamorphoses (GT)
4. Combats de monstres et de héros dans la mythologie antique : l’Odyssée d’Homère (OI par extraits)
5. Aux origines du monde, des dieux et des hommes : Les récits fondateurs (Bible + Coran + Torah, GT)
6. Orgie de mets, orgie de mots : la gourmandise en poésie (GT)
7. Penser la société humaine grâce aux animaux : Les Fables de La Fontaine (GT)
8. Le Médecin volant (OI)
Il me semble qu'il y a un étonnant classique autour du thème de la sorcière... intéressant pour la transition avec les Métamorphoses.

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Il y a des gens si bêtes que si une idée apparaissait à la surface de leur cerveau, elle se suiciderait, terrifiée de solitude.

cannelle21
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Re: [6e] Français : Progression annuelle

Message par inviteeM le Dim 25 Aoû 2013 - 16:45

Merci à tous!
Pour le conte, c'est vrai que je ne suis pas obligée de prendre un thème. Mais d'un côté cela me rassurerait peut-être un peu, de l'autre j'ai peur que d'en choisir un ne restreigne trop le propos, alors qu'il faudrait, par cette première séquence, que je leur donne les éléments indispensables pour comprendre le genre du conte. Je patauge un peu. Merci pour l'idée de la sorcière, ça peut être une piste qu'il faut que je creuse rapidement!

Pour la gourmandise en poésie, je n'ai pas encore finalisé la séquence, mais pour le moment j'ai:
- "En voyage" de Blaise Cendrars
- "Le goûter" de Maurice Carême
- "L'oiseau du colorado" de Desnos
- "le melon" de Saint-Amant
- "le poème est une friandise" de Maurice Floch
- il y a aussi de nombreux haïkus sur ce thème, mais il faudrait sélectionner.

Certains de ces poèmes sont certainement un peu complexes pour des sixièmes (si vous avez des avis, d'ailleurs, ils sont bienvenus!), il faut que j'y réfléchisse encore.

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Re: [6e] Français : Progression annuelle

Message par Isidoria le Dim 25 Aoû 2013 - 18:11

Je trouve très lourd d'enchainer les trois textes fondateurs, à mon avis, même si les élèves adorent, ce sont de gros morceaux. C'est pourquoi j'intercale pour ma part les fables entre l'Odyssée et les métamorphoses (un chapitre que j'axe sur la notion de héros petit contre "grand" héros).
J'aurais peur que faire deux chapitres sur le conte soit très long, et que ce soit assez déséquilibré, c'est pourquoi je regrouperais tes deux chapitres.
Pour ma part, je fais
- une séquence "je me présente"
- les mots (structure du récit + classes grammaticales)
- la poésie
- l'Odyssée
- la Bible
- les fables
- le conte
- initiation au théâtre
Ca me fait 8 chapitres, mais les trois premiers sont plus rapides.

Isidoria
Grand sage


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Re: [6e] Français : Progression annuelle

Message par inviteeM le Dim 25 Aoû 2013 - 19:38

Merci pour ton retour sur mon travail!
En effet, j'avais pensé à regrouper mes deux séances sur le conte, et faire Alice au pays des Merveilles en plus. Serait-ce mieux?
Je suis d'accord avec toi sur le fait que mes 3 séquences sur les textes fondateurs sont assez lourdes l'une après l'autre. Mais j'avoue ne pas trop voir comment faire autrement. Je pourrais intercaler les fables, mais je voudrais que cette séquence sur les fables soit une transition qui m'amène vers le théâtre (avec l'adaptation de la Comédie Française).
Je vais y réfléchir encore.

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