Radical du présent Latin

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Re: Radical du présent Latin

Message par Nell le Sam 12 Nov 2011 - 10:07

Je pense surtout que la réponse à cette question, délicate, dépend tout d'abord du public qu'on a face à soi.
Je viens de faire le présent avec mes 5èmes et si j'ai pu expliquer à certains le radical & co, j'ai demandé aux autres de "se fermer les oreilles" simplement. tous ne sont pas aptes à comprendre ça!
J'ai donc expliqué, comprend qui le peut surtout. les autres apprennent par coeur. C'est sans doute le point le plus délicat à faire intégrer aux élèves (j'ai d'ailleurs eu droit à un "vouos aviez dit que c'était facile le latin Madame, là, je comprends plus rien" Rolling Eyes ).


Dernière édition par Nell le Sam 12 Nov 2011 - 10:20, édité 1 fois

Nell
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Re: Radical du présent Latin

Message par Iphigénie le Sam 12 Nov 2011 - 10:19

Si je peux me permettre,( ne travaillant pas en collège) , il me semble qu'il vaut mieux qu'ils apprennent par coeur avant, et apprennent à décomposer radicaux et désinences après.
Sinon, ils embrouillent tout.
( si ça peut vous "rassurer", aucun de mes secondes ne connaît sa conjugaison de "amo" en arrivant au lycée....Ne parlons pas des autres conjugaisons.
Mon rêve: qu'ils connaissent déjà parfaitement (sur le bout des doigts) les temps de l'indicatif de amo, ça serait déjà chouette.Après, pour le subjonctif, on pourrait en effet parler efficacement de désinences et radicaux.Mais je tiens à d'abord au Smile par coeur bête et méchant.

Iphigénie
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Re: Radical du présent Latin

Message par nlm76 le Sam 12 Nov 2011 - 11:38

@iphigénie a écrit:Si je peux me permettre,(ne travaillant pas en collège) , il me semble qu'il vaut mieux qu'ils apprennent par coeur avant, et apprennent à décomposer radicaux et désinences après.
Sinon, ils embrouillent tout.
Ah non! Les élèves ne sont pas des imbéciles ! Quand on donne la conjugaison de amo, on explique comment c'est foutu. Ensuite on fait conjuguer de la même façon placo, sto, puto, existimo, delecto, nego, appello, rogo, laudo, exspecto, impero, etc. On fait apprendre par cœur amo, en le faisant répéter en classe, à l'oral et à l'écrit, on fait réviser avec de petits exos d'analyse et de synthèse, on interroge sur amo et d'autres verbes, et on ne colle que des bonnes notes.
On fait pareil pour habeo, lego, facio, et audio.
Non, non, et non, les élèves ne sont pas des débiles!

nlm76
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Re: Radical du présent Latin

Message par Iphigénie le Sam 12 Nov 2011 - 11:55

@nlm76 a écrit:
@iphigénie a écrit:Si je peux me permettre,(ne travaillant pas en collège) , il me semble qu'il vaut mieux qu'ils apprennent par coeur avant, et apprennent à décomposer radicaux et désinences après.
Sinon, ils embrouillent tout.
Ah non! Les élèves ne sont pas des imbéciles ! Quand on donne la conjugaison de amo, on explique comment c'est foutu. Ensuite on fait conjuguer de la même façon placo, sto, puto, existimo, delecto, nego, appello, rogo, laudo, exspecto, impero, etc. On fait apprendre par cœur amo, en le faisant répéter en classe, à l'oral et à l'écrit, on fait réviser avec de petits exos d'analyse et de synthèse, on interroge sur amo et d'autres verbes, et on ne colle que des bonnes notes.
On fait pareil pour habeo, lego, facio, et audio.
Non, non, et non, les élèves ne sont pas des débiles!

ben oui scratch scratch

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Re: Radical du présent Latin

Message par aaaa298 le Sam 12 Nov 2011 - 12:20

Alors je ne suis pas du tout un adepte du par coeur et encore moins pour considérer les élèves comme des imbéciles. Ca fait fuir les élèves du latin car il y a déja les déclinaisons à apprendre et c'est ce qui fait qu'ils ne continuent pas en lycée.
Un bon moyen pour qu'ils apprennent sans s'en rendre compte. Organiser un petit concours. je l'ai inauguré cette année et ils adorent ça. On en tire 3 au sort et ils vont au tableau: on leur donne un verbe et ils doivent le conjuguer le plus rapidement au tableau. A chaque manche, on prend le plus rapide. Puis demi-finales, finales, ... Eventuellement des rattrapages pour ceux qui n'ont pas été rapides mais qui s'en sont bien sortis quand même. Pas mal de variantes finalement. Les gamins aiment bien car c'est au tableau, y'a un peu de compétition, les autres regardent. Au bout d'une demi-heure-une heure, selon la taille de la classe, ils connaissent tous leur conjugaison et c'est moins répétitif que de conjuguer des tas de verbes sur leur cahier. A mon avis, on gagne du temps plutôt que d'y revenir toutes les deux semaines.

aaaa298
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Re: Radical du présent Latin

Message par Iphigénie le Sam 12 Nov 2011 - 13:54

@aaaa298 a écrit:Alors je ne suis pas du tout un adepte du par coeur et encore moins pour considérer les élèves comme des imbéciles........
Un bon moyen pour qu'ils apprennent sans s'en rendre compte.

Il y a pourtant un peu de ça dans cette démarche, non?
Enfin, l'important c'est qu'ils sachent à la fin....
PS:
Je ne suis pas contre l'introduction d'un peu de jeu ou de variété dans les cours de latin ( et je ne trouve pas votre idée mauvaise):par contre l'idée que tout effort ou toute acquisiton de savoir est un travail évidemment rébarbatif et répulsif, impossible à demander aux élèves latinistes me hérisse au plus au point. Cette obligation de divertissement et de ludique est tout aussi mortifère qu'un sérieux totalitaire et abusif.

Iphigénie
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Re: Radical du présent Latin

Message par aaaa298 le Sam 12 Nov 2011 - 14:25

Nous nous sommes sans doute mal compris. Loin de moi l'idée de ne vouloir faire que du "ludique". En l’occurrence, je trouve moi-même l'idée d'apprendre les conjugaisons par coeur rébarbative car cela conduit ensuite à apprendre énormément de choses par coeur : déclinaisons / conjugaisons / ... alors qu'à partir d'une construction et d'un radical, les terminaisons étant presque toujours les mêmes, cela simplifie les choses.

Mon but - mais c'est personnel - est qu'à la fin, ils le sachent (là-dessus nous sommes d'accord), et qu'ils n'aient pas passé des heures à apprendre tout cela par coeur. Des efforts, ils en font déjà et si le latin doit être réservé seulement aux élèves dont l'acquisition de connaissances, de savoir et l'effort est un plaisir, alors il n'y aura bientôt plus grand monde dans nos cours, je n'aurais pas été plus loin que la troisième non plus et je ne serais bientôt plus prof de lettres classiques si cela se résume, au début en tous cas, à envisager la grammaire comme des tableaux à faire recopier et réciter. Les explications de morphologie ne sont-elles réservées qu'aux profs de lycée, les élèves ne pouvant pas les comprendre avant ?

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Re: Radical du présent Latin

Message par Iphigénie le Sam 12 Nov 2011 - 14:50

Les explications de morphologie ne sont-elles réservées qu'aux profs de lycée, les élèves ne pouvant pas les comprendre avant ?

en fait en lycée on demande (espère) le par-coeur.On va au plus rapide.

Pour ce qui est du déclin des LA, je ne voudrais pas lancer une polémique, mais 20 ans de pratiques "allégées" n'ont fait que faire fuir les très bons élèves auxquels il s'adressait utilement("élitistement"-) sans mettre pour autant d'autres élèves à même de tirer profit des LA.
Penser que l'on peut faire du latin en économisant les efforts, c'est déjà vicieux à la base.....
Les apprentissages "intelligents" des radicaux et désinences sont devenus très à la mode dans cette période, ramenant la simple acquisition des déclinaisons ou conjugaisons par-coeur ( qui n'est pas "la mer à boire" en réalité) en séries d'équations obscures qui n'ont de sens que pour celui qui sait déjà ses "formes".
C'est un peu comme les tableaux de contractions en grec: ça va tellement plus vite d'apprendre par coeur le présent des verbes modèles !....

Iphigénie
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Re: Radical du présent Latin

Message par User5899 le Sam 12 Nov 2011 - 15:09

@ataraxie a écrit:je ne vais pas beaucoup aider mais pour montrer l'utilité du par coeur: j'ai fait du latin de la 5e à la Tale (88) et je sais encore: fero-fers-ferre-tulli-latum! ou sto-stas-stare-stetti-statum (moins l'orth. peut-être).

La prof de 5e nous avait dit que c'était comme une petite musique que l'on devait apprendre par coeur dans notre tête! Madame P*****L sunny

Vive le latin!!!!

J'aurais tant aimé apprendre le Grec... mais l'ECLA n'existait pas en ce temps-là!

Que rajouter, à part : "Vive Madame P*****L" ?! yesyes yesyes yesyes

User5899
Dieu de l'Olympe


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Re: Radical du présent Latin

Message par aaaa298 le Sam 12 Nov 2011 - 15:11

Peut-être que tu as raison et mon expérience est loin d'être aussi importante que la tienne. Il y a 20 ans, je n'étais même pas encore au collège.
Je ne vois pas en quoi ce que j'ai dit plus haut est lié aux "pratiques allégées". On peut aussi dire que le par coeur est possible pour ceux qui s'embrouillent avec les explications. Pour ma part, j'ai souffert de tout ce par coeur que j'oubliais systématiquement et j'ai toujours continué le latin et le grec au collège et lycée sans jamais rien apprendre, ni comprendre, d'ailleurs. Il a fallu attendre la prépa pour qu'on m'explique la formation, que je comprenne le fonctionnement et que j'accepte de l'apprendre.
Pour les verbes en grec, c'est la même chose: mieux vaut apprendre, selon moi, un tableau de contraction (qui marchera et pour les verbes et pour les noms) que de se taper luo, timao, poieo, douloo + istèmi, ièmi, didomi, titèmi, ... surtout vu le nombre de temps, de modes, ... C'est quand même beaucoup plus rapide et à la fin il suffit de tout additionner et on arrive toujours à la bonne forme. Tant que je les apprenais par coeur, tout était à refaire tous les 6 mois, alors qu'une fois la construction vue, c'est ancré et on s'en souvient.
Enfin, je me refuse à dire aux élèves qu'il y a des exceptions et qu'il faut les apprendre par coeur. Tout s'explique après c'est aussi aux élèves à voir: si pour eux le par coeur est plus rapide et efficace, alors libre à eux, mais je suis convaincu qu'il faut aussi expliquer, sans pour autant alléger les choses, puisque cela permet d'aller beaucoup plus loin et de voir beaucoup plus de formes. Ex: pour PQP, futur antérieur, subj pft, ... en latin: on leur fait apprendre tout par coeur (3 temps x 5 conjugaisons) ou alors la simple règle radical du parfait + sum à l'imparfait, au futur, ... ?
Cordialement

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Re: Radical du présent Latin

Message par Iphigénie le Sam 12 Nov 2011 - 16:32

Vous avez sûrement raison: les vieilles méthodes ont fait leur temps, et les nouvelles sont en voie de sauver ces enseignements.
Cordialement.

Pour vous conforter, tableau de l'évolution des effectifs d'élèves prenant le latin à l'écrit en série L dans l'académie de Lille:
2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010
Latin 216 171 129 104 80 75 71 55

Comme on le voit, ils ont une très nette conscience de mieux maîtriser ces enseignements grâce aux pratiques qui misent sur l'éveil des intelligences au lieu d'assommer avec le stupide par coeur.
Grec
/20 16 13 24 20 07 05

Iphigénie
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Re: Radical du présent Latin

Message par aaaa298 le Sam 12 Nov 2011 - 17:03

Je n'ai jamais prétendu sauver ces enseignements, même si j'adorerais avoir ce pouvoir! Après, chacun sa méthode et son point de vue, tant que l'on est capable d'échanger. Je tente tant bien que mal d'envoyer un maximum de latinistes au lycée, avec les meilleures bases possibles, et je mets en application ce qui me semble le mieux marcher, sans pour autant tenir mordicus mes principes. Si j'étais sûr que le par coeur marchait a long terme, c'est la voie que je suivrais.
Après, cela dépend aussi des finalités que l'on a : je n'ai pas l'intention de faire de mes élèves des traducteurs modèles de Cicéron ni des futurs agrégés de lettres classiques, mais plutôt de leur ouvrir l'esprit sur le monde et sur leur propre langue qu'est le français, car c'est ce qui leur servira plus tard. Alors, connaître les déclinaisons et conjugaisons est bien pour accéder à la pensée des anciens directement, mais cela ne nécessite pas une connaissance par coeur et exhaustive de tous les points de grammaire latins et grecs. Le par coeur, c'est bien pour le thème, mais combien en feront puisque que ce soit en prépa ou à la fac, on n'en fait pas avant le master.
En tous cas, nous sommes au moins d'accord sur la nécessité de sauver les langues anciennes. Je mise en effet sur l'éveil des intelligences plus que sur le par coeur, car sinon, autant remonter à l'apprentissage par coeur de L'Odyssée, l'Iliade et l'Enéide, comme à l'époque où, finalement, latinistes et hellénistes étaient encore plus nombreux. Je crois également, et là dessus votre ironie a visé juste, qu'il existe des vieilles méthodes où les élèves sont censés être des machines à réciter et des méthodes où ils ne sont plus considérés comme des imbéciles, avec autant de résultats. Quant à la baisse des effectifs, ils remontent en collège et je ne tolère pas que des profs de lycée, sous prétexte qu'ils ont des classes d'un plus haut niveau, méprisent le travail des enseignants du collège en répétant sans cesse que les gamins arrivent sans rien savoir. Autant alors supprimer le latin au collège, cela fera faire des économies en cette dure période, puisque vous, enseignants du lycée, êtes les seuls à avoir les bonnes méthodes et à savoir les faire progresser. Il faut prendre en compte l'évolution des choses et des élèves : un élève de 12 ans n'apprend pas comme un pré-adulte de 17 et le contexte n'est pas le même en 2011 qu'en 1920.
Très cordialement.

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Re: Radical du présent Latin

Message par Serge le Sam 12 Nov 2011 - 17:11

En même temps, les causes de la baisse d'effectifs ne sont-elles pas à chercher aussi ailleurs ?
Sans cela, la baisse serait sans doute pire encore.

Elle semble surtout venir du fait que les jeunes sont de moins en moins portés à travailler, donc à se charger eux-mêmes d'options, et ils sont de nos jours bien plus occupés à vouloir s'insulter sur msn ou jouer à Kévina sur Facebook. Sans compter la concurrence d'options nettement plus faciles et permettant de gagner des points (ne parlons même pas de la nouveauté supplémentaire de l'option ODP). L'offre aujourd'hui est si large et diversifiée (le trop d'options tue l'option)! "A mon époque", elles étaient bien plus limitées et les effectifs étaient nettement moins "dispersées" aussi.

Est-ce qu'une pédagogie uniquement du par coeur changerait vraiment quelque chose à ça et ferait venir en masse ces jeunes enthousiastes qui sont en fait comme chacun le sait des bourreaux de travail du par coeur qui s'ignoreraient ?

Descartes


D'autant que de par coeur, même en leur expliquant le fonctionnement des conjugaisons/déclinaisons, ben ... ils en ont déjà beaucoup ...




Dernière édition par Serge le Sam 12 Nov 2011 - 17:17, édité 1 fois

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Re: Radical du présent Latin

Message par Provence le Sam 12 Nov 2011 - 17:17

@aaaa298 a écrit: Je crois également, et là dessus votre ironie a visé juste, qu'il existe des vieilles méthodes où les élèves sont censés être des machines à réciter et des méthodes où ils ne sont plus considérés comme des imbéciles, avec autant de résultats.

J'utilise de vieilles méthodes précisément et mes collègues de lycée vantent la solidité des bases de mes anciens élèves. Je crois que le travail en séquence et le souci du ludique ont fait beaucoup de mal à l'enseignement des langues anciennes.

@aaaa298 a écrit:
Quant à la baisse des effectifs, ils remontent en collège et je ne tolère pas que des profs de lycée, sous prétexte qu'ils ont des classes d'un plus haut niveau, méprisent le travail des enseignants du collège en répétant sans cesse que les gamins arrivent sans rien savoir.
Je n'ai lu nul mépris, dans les propos d'Iphigénie, pour les collègues de collège. Et je trouve qu'elle a parfaitement raison de nous alerter sur les lacunes des latinistes de lycée. On peut se draper dans son orgueil ou accepter de s'interroger collectivement sur l'origine du désastre.

@aaaa298 a écrit:
Autant alors supprimer le latin au collège, cela fera faire des économies en cette dure période, puisque vous, enseignants du lycée, êtes les seuls à avoir les bonnes méthodes et à savoir les faire progresser. Il faut prendre en compte l'évolution des choses et des élèves : un élève de 12 ans n'apprend pas comme un pré-adulte de 17 et le contexte n'est pas le même en 2011 qu'en 1920.
Très cordialement.
Je veux bien que tu m'expliques un peu mieux les différences d'apprentissage entre un gamin de 12 ans et un gamin de 16. Que vient faire le contexte dans cette histoire? scratch

Provence
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Re: Radical du présent Latin

Message par aaaa298 le Sam 12 Nov 2011 - 17:36

Le souci du ludique est nécessaire, bien que cela me désole aussi, quand les élèves peuvent arrêter d'une année sur l'autre, ou en fin de 3ème. Je préfère, mais là encore c'est personnel, les intéresser, ce qui leur permettra d'apprendre, que de les bloquer en leur demandant d'apprendre par coeur, ce que beaucoup ne feront pas; ils attendront simplement la fin de l'année pour arrêter. Mieux vaut à mon avis 20 latinistes avec un niveau de grammaire moins élevé mais des connaissances de base que 2 qui savent écrire comme César, les très bons qui auront tout appris par coeur. Pour les séquences, peut-être que cela a fait des dégâts, je n'en sais rien puisque j'étais de l'autre côté à l'époque. Je peux seulement dire que j'aurais aimé que l'on m'enseigne le latin au collège (et lycée) tel qu'il est censé être enseigné maintenant; cela m'aurait peut-être permis d'avoir un quelconque niveau au bout de 6 ans de latin et grec dans le secondaire. Je ne suis pas un fervent défenseur des évolutions actuelles de l'éducation mais à propos des langues anciennes, cela me semble plutôt être positif.

Lorsque l'on dit que lorsque les élèves arrivent au lycée, il faut leur faire apprendre leurs conjugaisons et déclinaisons, cela implique une non-connaissance de celles-ci et donc un échec des profs des années précédentes. Que l'on fasse revoir, ok; on le fait tous d'une année sur l'autre, même quand on sait qu'on leur a déjà appris les choses; mais pas apprendre, comme si rien n'avait été fait avant. Quant à mon orgueil, il ne rentre absolument pas en ligne de compte ici puisque je suis, comme vous, un fervent défenseur, certes jeune et inexpérimenté, des lettres classiques qui voudrait évidemment que les élèves, que ce soit au collège, au lycée ou plus tard, aient un meilleur niveau. Seul cela me préoccupe et je suis entièrement d'accord avec vous sur le fond du problème (les lacunes), mais pas sur les moyens à employer, en collège en tous cas puisque je ne me permettrais pas de parler du lycée où je n'ai jamais enseigné.

Les différences de contexte sont tout simplement que les élèves sont moins enclins à apprendre maintenant qu'il y a 20 ans. Pour l'âge, un élève de 12 ans ne connait pas le latin, un de 16 si puisqu'il en a déjà fait et s'il continue, c'est a priori que cela lui a plu et forcément cela révèle un terreau plus propice pour les apprentissages. Il y a aussi une question de mâturité: je voyais davantage l'intérêt du latin à 16 qu'à 12, âge auquel les élèves ont d'autres préoccupations.

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Re: Radical du présent Latin

Message par Iphigénie le Sam 12 Nov 2011 - 18:30

Bon, je vais essayer d'être pédagogue comme dirait l'autre, bien que j'aie été tentée de laisser tomber. Mais ça me navre de voir que lorsqu'on va dans le mur, certains essayent encore d'accélérer.
Il ne s'agit pas d'opposer professeurs de collège et de lycée, j'ai été les deux (ce qui me différencie de vous ("je ne me permettrais pas de parler du lycée où je n'ai jamais enseigné"). Je constate simplement, avec l'inconvénient d'une longue expérience qui m'a permis de voir les évolutions, que l'idée que l'on va "intéresser" mieux les élèves en les laissant dans l'incapacité de saisir la langue est un gros leurre, entretenu, certes par certains IPR (pas tous d'ailleurs) et sous le prétexte fallacieux d'ouverture des LA à l'"hétérogénéité": ce faisant , on a perdu les élèves qui étaient à même de tirer quelque chose des langues anciennes, pour divertir passagèrement des enfants qui pour x raisons ( pas forcément de "milieu social "d'ailleurs, je ne crois pas à la fatalité) ne sont pas en capacité intellectuelle de tirer profit de ces enseignements (trop de lacunes dans tous les domaines).
Après je n'ai jamais dit qu'il fallait n'utiliser QUE le par coeur, mais simplement que parfois, comme en grammaire, apprendre est le plus court chemin pour comprendre. Je n'ai jamais dit qu'il ne fallait pas se servir de la morphologie pour expliquer un plus-que-parfait mais que miser sur la "mémorisation" de formules morphologiques était un effort peut-être plus pénible que simplement réciter la forme complète. Après, les formules aident sans aucun doute à enregistrer, mais après.
Enfin quand j'interroge au baccalauréat des élèves qui ne savent même pas le nom des cas, ou qui sont incapables d'identifier un imparfait, ( et ce ne sont hélas pas des cas extrêmes et rares) je veux bien ne mettre en cause personne, ni aucune méthode, mais permettez-moi d'observer qu'il y a quand même un gros problème.Et qu'il ne s'agit pas là de vouloir exiger qu'ils écrivent comme César.Enfin, vous dites que "vous auriez aimé apprendre le latin tel qu'il est enseigné maintenant" (le maintenant correspondant aux programmes de 2000, (pour le moins, et l'"immersion" culturelle dans les textes authentiques date des années 80 quand même!)je suppose pourtant que vous y avez eu droit): c'est dommage que cet avis ne soit pas conforté par la hausse des effectifs, et qu'on vive bel et bien un effondrement , hélàs (avec oui, Serge, plein d'autres raisons aussi).

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Re: Radical du présent Latin

Message par nlm76 le Sam 12 Nov 2011 - 18:42

Eh oh, Wink il y a des vraiment des oppositions binaires qui ne valent rien. Quelle espèce de fumisterie interdit de faire comprendre la construction morphologique des verbes latins ET de faire apprendre par cœur les verbes modèles ? Les élèves apprennent mieux par cœur quand ils comprennent, et ils comprennent mieux quand ils apprennent par cœur.

Cela dit, l'assertion qui dit que les élèves sont moins enclins à apprendre aujourd'hui qu'il y a vingt ans n'a aucune espèce d'intérêt ni de valeur scientifique. "Moins enclin à apprendre", c'est juste une périphrase répugnante pour "stupide". Twisted Evil
Ce dont je suis persuadé enfin pour la non-connaissance des déclinaisons des élèves arrivant en 2de, c'est qu'en effet, ils ne les ont pas assez travaillées :
1. Presque toujours, ils les ont apprises par cœur, pour des interros. A plusieurs reprises.
2. Souvent, ils ne savent pas comment elles se construisent.
3. Surtout ils ne les ont presque jamais utilisées pour traduire un texte (en thème ou en version); ce qui fait que ces connaissances, peu réinvesties, reliées à un intérêt intellectuel (comprendre un texte, résoudre le "puzzle" que constitue un thème, mettre en relation deux langues très différentes), se perdent dans les nébuleuses de l'ennui.
4. Ils ne savent pas faire l'analyse grammaticale des mots d'un texte, préalable indispensable à sa traduction.
5. Conclusion : le problème, c'est qu'en latin, ils n'ont pas fait beaucoup de latin, sous prétexte que le latin était ennuyeux, ce qui rend le latin vraiment ennuyeux, parce qu'incompréhensible. On est passé d'un extrême où le latin devait être très difficile pour sélectionner, à un autre où on ne fait pas face aux difficultés réelles mais surmontables de cette langue, de sorte que les élèves n'obtiennent jamais cette extraodinaire et savoureuse récompense de lire et comprendre un texte magnifique de Lucrèce, Virgile, César ou Cicéron.

nlm76
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Re: Radical du présent Latin

Message par Kak le Sam 12 Nov 2011 - 18:51

Pour en revenir au sujet:
le I de capio vous le mettez dans le radical?? scratch

Quant à la polémique , je crois qu'elle n'a pas lieu d'être:
- même en procédant de façon ludique , aaaa298 semble bien passer par le par coeur et vous ne semblez pas diverger tant que cela dans vos avis.
- expliquer la formation des verbes est utile (on perd du temps lors de l'apprentissage du présent mais on en gagne ensuite sur les autres temps) et n'exclut nullement la phase de par coeur
- quant aux textes authentiques: on n'a pas le choix; on doit respecter les programmes; mais c'est vrai que les cours de latin étaient plus faciles avant les programmes de 1997 (si je ne me trompe) tant pour les élèves que pour les professeurs!

Kak
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Re: Radical du présent Latin

Message par nlm76 le Sam 12 Nov 2011 - 19:00

@Kak a écrit:Pour en revenir au sujet:
le I de capio vous le mettez dans le radical?? scratch
Bien sûr, puisqu'il EST dans le radical !

nlm76
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Re: Radical du présent Latin

Message par Provence le Sam 12 Nov 2011 - 19:16

@Kak a écrit:
- quant aux textes authentiques: on n'a pas le choix; on doit respecter les programmes; mais c'est vrai que les cours de latin étaient plus faciles avant les programmes de 1997 (si je ne me trompe) tant pour les élèves que pour les professeurs!

Je suis hors-la-loi.

Provence
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Re: Radical du présent Latin

Message par Kak le Sam 12 Nov 2011 - 19:18

@nlm76 a écrit:
@Kak a écrit:Pour en revenir au sujet:
le I de capio vous le mettez dans le radical?? scratch
Bien sûr, puisqu'il EST dans le radical !
Je ne suis pas d'accord et ma grammaire (Sausy) non plus! Mais bon je n'ai quasiment pas fait de linguistique pendant mes études.
radical de CAPIO, CAPIS , CAPERE = CAP (avec un i qui s'intercale entre le radical et la terminaison)

Kak
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Re: Radical du présent Latin

Message par Iphigénie le Sam 12 Nov 2011 - 19:26

vous touchez du doigt le problème des "explications savantes".....Un peu d'indo-européen éclairerait le propos Laughing

Iphigénie
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Re: Radical du présent Latin

Message par Kak le Sam 12 Nov 2011 - 19:29

@Provence a écrit:
@Kak a écrit:
- quant aux textes authentiques: on n'a pas le choix; on doit respecter les programmes; mais c'est vrai que les cours de latin étaient plus faciles avant les programmes de 1997 (si je ne me trompe) tant pour les élèves que pour les professeurs!

Je suis hors-la-loi.


Y compris sur le nouvel intitulé de notre matière: "langues anciennes" est devenu " Enseignement de Langues et cultures de l'Antiquité au collège" ...
Wink
Je contourne parfois mais je n'oserais pas être aussi radicale que toi. Il faut dire que les années précédentes j'étais dans un collège où peu d'élèves allaient dans un lycée où le latin était enseigné.

Kak
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Re: Radical du présent Latin

Message par Kak le Sam 12 Nov 2011 - 19:31

@iphigénie a écrit:vous touchez du doigt le problème des "explications savantes".....Un peu d'indo-européen éclairerait le propos Laughing

Je n'ai guère le temps (ni les outils pour chercher) mais j'aimerais bien être éclairée sur ce point (où les manuels se contredisent).

D'autant plus que je suis en plein dans le présent avec mes quatrièmes!

Kak
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Re: Radical du présent Latin

Message par Provence le Sam 12 Nov 2011 - 19:42

@Kak a écrit:

Y compris sur le nouvel intitulé de notre matière: "langues anciennes" est devenu " Enseignement de Langues et cultures de l'Antiquité au collège" ...
Wink
Je contourne parfois mais je n'oserais pas être aussi radicale que toi. Il faut dire que les années précédentes j'étais dans un collège où peu d'élèves allaient dans un lycée où le latin était enseigné.

J'ai peut-être l'air de fanfaronner mais je redoute le passage d'un inspecteur. Lorsque j'ai commencé à enseigner, j'ai utilisé les manuels du collège (ceux de Mireille Ko Sad ) et, très vite, je me suis rendu compte que je n'enseignais rien aux élèves et que nous perdions un temps fou à faire un travail au-dessus de leur niveau sans objectif clairement compréhensible. Les 4e et les 3e ne sachant rien, j'ai entrepris de reprendre les bases en utilisant le manuel qui était le mien autrefois. Et j'ai vu que les gamins comprenaient ce que nous faisions. J'ai compris que je ne pouvais pas accepter de faire semblant s'enseigner le latin (parce qu'ainsi, ne comprenant pas où j'allais, je l'enseignais mal). Mais je reconnais qu'il n'est pas évident de ne pas rester dans les clous. C'est aussi pour cela que j'ai accueilli avec soulagement les premiers bulletins de lycée de mes anciens élèves: ils m'indiquaient que ma décision n'avait pas pénalisé mes élèves, que je n'avais pas fait n'importe quoi.


Dernière édition par Provence le Sam 12 Nov 2011 - 19:44, édité 2 fois

Provence
Bon génie


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Re: Radical du présent Latin

Message par Iphigénie le Sam 12 Nov 2011 - 19:42

capere est un ancien *capi-se devenu capere et assimilé au type legere.Pour le reste j'ai oublié parce que je ne m'en sers pas tous les jours Very Happy

Iphigénie
Esprit sacré


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