Les « intellectuels faussaires » par Pascal Boniface

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Un texte faible

Message par Ali Devine le Dim 11 Sep 2011 - 11:29

Je n’ai lu le livre qu’en diagonale et je ne l’ai pas en ce moment sous la main, mais je vais m’inspirer de l’exemple de l’illustre BHL pour m’affranchir de toute règle méthodologique et dire que globalement, le livre de Boniface m’a beaucoup déçu –et ce d’autant plus que je partage de longue date son antipathie envers la plupart des personnages visés par son travail.

Une remarque de forme d’abord : de toute évidence, le livre n’a pas fait l’objet d’une relecture attentive avant sa mise sous presse, et il est criblé de fautes d’orthographe et de grammaire ainsi que de coquilles, particulièrement sur les noms propres (on rencontre ainsi un chancelier allemand du nom de Schrîder). On dira qu’il est ridicule de chicaner Boniface là-dessus vu la dimension de l’enjeu ; mais justement, l’auteur se met copieusement en scène, dans l’introduction de son livre puis dans celle de sa deuxième partie, dans le rôle de l’intellectuel courageux qui s’attaque seul ou presque à des adversaires puissants et vindicatifs. Quand tu t’engages dans ce genre de combat, tu vérifies que tes armes sont bien fourbies !

Par ailleurs, il ne s’agit ni d’un ouvrage scientifique (il y a par exemple extrêmement peu de notes de bas de page, la plupart des faits évoqués ne font l’objet d’aucune référence précise, comme étant de notoriété publique –ce qui est loin d’être le cas pour tous), ni d’un pamphlet (par formation et sans doute aussi par incapacité de faire autrement, Boniface reste dans le cadre d’un discours académique structuré et argumenté). On se demande donc de quoi il s’agit, quelle est au juste l’intention poursuivie. Prouver, dénoncer, les deux, autre chose ? A mon sens le livre n’atteint aucun but, si ce n’est celui de déconsidérer Boniface lui-même. On a l’impression de lire la copie d’un petit mec qui a collé des bribes dénichées par Google plutôt que le travail d’un penseur authentique démasquant des faussaires.

Enfin l’un des axes critiques du livre –les bad boys (and girls) de l’establishment intellectuel français sont des islamophobes patentés, crispés sur la défense d’un Occident qui n’est menacé que dans leurs fantasmes- conduit l’auteur à écrire un certain nombre d’énormités. Ainsi l’accueil réservé en France à Ayaan Hirsi Ali, qui a (cette expression effarante m’est restée en mémoire) « renié l’islam », serait-il un indice de ce biais hostile. « Renier l’islam » ! Faut-il rappeler quelques éléments de l’itinéraire de cette femme : excisée, visée par une tentative de mariage forcé, réfugiée politique aux Pays-Bas, militante des droits des femmes et en particulier de celles appartenant aux minorités ethniques et religieuses, collaboratrice de Theo van Gogh peu de temps avant son assassinat par un gentil musulman, objet de menaces de morts tout à fait précise et obligée de vivre cachée ou sous protection policière depuis aujourd’hui sept ans, Mme Hirsi Ali pouvait peut-être intéresser un peu au-delà du cercle des tenants de la guerre des civilisations ?

Bref, les réseaux sionistes et néo-conservateurs (je ne sais plus si l’expression se trouve textuellement dans le bouquin, mais le sens y est assurément) n’ont pas trop de soucis à se faire s’ils ne rencontrent en face d’eux que des adversaires de cette carrure.

Ali Devine
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Re: Les « intellectuels faussaires » par Pascal Boniface

Message par Reine Margot le Dim 11 Sep 2011 - 11:32

ah, l'islamophobie, le grand mot qu'on sort dès qu'on critique non l'Islam mais les intégristes...

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