Trop de textes, trop d'écrit. "Ca sert à rien".

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Message par Presse-purée le Mer 15 Fév 2012 - 14:58

à bas les leçons à l'ancienne...

Comme quoi cela varie selon les académies. Chez nous, on demande une leçon de langue par semaine.

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Re: Trop de textes, trop d'écrit. "Ca sert à rien".

Message par Emeraldia le Mer 15 Fév 2012 - 14:59

@iphigénie a écrit:Je comprends vos arguments, Maieu et Eliam, mais si je rattache la problématique au fil , il me paraît troublant que l'on s'interroge sur l'absence des auteurs étrangers dans la culture de nos élèves alors qu'objectivement , en suivant même les nouveaux programmes et en organisant bien les groupements, il y a des pans entiers de littérature française qui échappent aux élèves, et de plus ils n'ont aucune ou presque culture commune à la fin de la première: c'est en tout cas ce que je constate à 'échelle de mon lycée. Et cela me pose problème.
En regardantces listes de première, il se trouve qu'ils ne connaîtront pas -je n'appelle pas connaître que d'avoir fait un texte voire un texte "complémentaire"...)(entre autres):(mutatis mutandis selon les classes)
Villon,Montaigne, Pascal, Ronsard et Du Bellay,Rabelais,Les baroques, Les précieux,la plupart des Molière, Corneille et Racine si pas vus en seconde, Marivaux et Beaumarchais,des "philosophes du XVIIIè :des broutilles (en seconde), igorance totale de Diderot , de Montesquieu(sauf l'esclavage des nègres et encore pas tous!),Lamartine, Hugo, Musset, Baudelaire, Verlaine, Rimbaud,.....j'arrête la liste ça me déprime.
Vous oubliez que bcp d'élèves arrivent en 6ème en ne sachant pas lire correctement et en ne maîtrisant pas la grammaire ! On compose dc avec le programme (qui débute avec l'Antiquité) et les lacunes énormes (ex j'ai dû revoir les classes de mots en 5ème !).

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Re: Trop de textes, trop d'écrit. "Ca sert à rien".

Message par Emeraldia le Mer 15 Fév 2012 - 15:01

@Chocolat a écrit:
@iphigénie a écrit:Il me semble que le naufrage des auteurs étrangers va avec celui des auteurs français....Mes élèves de seconde n'ont pas lu Tolstoi, ils n'ont pas lu Molière non plus,très peu Hugo, Dumas ils ne connaissent pas (authentique).
Ce qui me frappe surtout (je suis en train de regarder le bac blanc oral d'une autre classe) c'est le caractère totalement hétéroclite de leurs lectures avec des enseignants qui (certes) sont restés sur les anciennes et fatales séquences: un mic mac de toutes sortes d'auteurs qui n'ont en commun qu'un thème (et rien de commun dans le propos) .
Et je me demande en tant qu'élève ce que j'aurais bien pu retenir-et faire, intellectuellement- d'un tel fatras où Flaubert voisine avec Fénelon ou Chrétien de Troyes avec Fred Vargas, Ponge avec Théophile de Viau etc....(Et des lectures d'auteurs contemporains majoritairement pour montrer qu'on est au coeur de "littérature et société"). Il me semble, mais c'est peut-être le point de vue d'un vieux**** , que cela ne permet pas de se constituer une culture littéraire,qui donne des clés pour s'ouvrir aux oeuvres y compris étrangères. J'en suis à me demander s'il ne faudrait pas des programmes plus contraignants qui évitent cet éparpillement in-signifiant pour un gamin et qui ne correspond qu'aux goûts d'un professeur qui lui a une culture constitutive, mais pas l'élève qui est devant lui.
Enfin je m'interroge, je n'ai pas de réponse "carrée".J'attends vos avis.....

Ce que tu écris me fait peur et me confirme l'absence de culture littéraire cohérente - que nous sommes un certain nombre à déplorer - et ce à tous les niveaux d'enseignement.


L'introduction de la littérature dite de "jeunesse" en tant qu'objet d'étude à l'école, l'assassinat des romans dit "classiques" sur l'autel de l'accessibilité et leur transformation en bien de consommation prémâché ainsi que les "études" par groupements de textes prétextes à caser des notions les unes plus absconses que les autres, ont grandement contribué à la disparition de ce que l'on pourrait appeler cours de littérature, et de toute bribe de réflexion sur le monde.


Je crois que le problème principal vient du fait que trop d'enseignants se fixent comme objectif central l'application scrupuleuse des textes officiels et le respect des exigences des IPR.
Or tout le monde sait que lesdits textes et lesdites exigences peuvent manquer cruellement de réalisme et de bon sens, et peuvent même se contredire, d'une fournée à une autre, d'une personne à une autre.

Non, ds les nouveaux programmes, justement, la littérature de jeunesse ne doit plus être étudiée au collège... Euh, sincèrement, vu les remarques de mes élèves, croyez-vous qu'il soit simple de leur parler de Mme de Sévigné et de Montesquieu ??

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Re: Trop de textes, trop d'écrit. "Ca sert à rien".

Message par Chocolat le Mer 15 Fév 2012 - 15:02

@iphigénie a écrit:
On peut même se demander si le recyclage en "étude scolaire" de cette littérature n'est pas une des raisons du refus de lecture: bientôt il n'y aura plus un domaine qui échappera à l'emprise du "pédagogique"( la télé, le cinéma,Harry Potter:ils auront l'impression en les "pratiquant" d'être à l'école Laughing à part la fumette au coin du bahut,-et encore- plus aucun domaine à eux tous seuls....)

Ah non hein, la fumette est au programme, svp - la doc de l'établissement dans lequel j'exerce, et qui est une spécialiste de littérature dite "de jeunesse" a eu l'amabilité de me lister les thèmes abordés dans les romans qu'elle veut faire lire à mes élèves, et qu'elle souhaite me faire découvrir, par la même occasion. professeur

Je sens que la négociation va être rude, mais tout n'est pas perdu car:
- j'ai fini par comprendre, au bout de trois années d'enseignement en collège que ce que moi, j'appelle littérature de jeunesse (London, Kipling, Verne, Dumas, de Ségur, Leroux, Christie, Stevenson, Twist, Twain...) n'est pas du tout ce qu'elle appelle ainsi
- elle a fini par comprendre que je ne risque pas de renoncer au combat en faveur de la littérature classique, compte tenu du fait que je suis revenue enseigner en collège avec cet objectif clairement affiché.
(petite anecdote à ce sujet: l'IPR, mi-amusée mi-inquiète m'avait dit: "Bon, bon, d'accord, mais vous n'allez tout de même pas leur servir du Montaigne en 5e, rassurez-moi ?!) Laughing

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Re: Trop de textes, trop d'écrit. "Ca sert à rien".

Message par Emeraldia le Mer 15 Fév 2012 - 15:03

@Mufab a écrit:C'est dommage d'opposer litté jeunesse et littérature...

(au primaire, du moins, il y a des liens à faire, je crois.)
+1
Mais encore une fois, ceux qui continuent de faire des romans pour la jeunesse en OI n'ont même pas pris la peine de regarder les nouveaux programmes. J'utilise la litté jeunesse en lecture cursive en ce qui me concerne (Pennac était l'exception).

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Re: Trop de textes, trop d'écrit. "Ca sert à rien".

Message par Emeraldia le Mer 15 Fév 2012 - 15:06

@Marie56 a écrit:Je reviens sur un sujet qui a été évoqué un peu plus haut : l'absence de culture littéraire des élèves. je suis totalement d'accord avec ceux qui disent que les groupements de textes, préconisés dans les programmes, ne permettent pas la constitution d'une culture : les élèves mélangent tout. Il faut revenir aux oeuvres intégrales, et en lecture suivie... J'ai vraiment du mal au collège à faire de vraies lectures analytiques. Je me rends compte qu'au final, ce qui compte, c'est que les élèves aient lu le livre, en aient vu les principales thématiques, aient appris du vocabulaire, etc. Vive la lecture suivie !
Cette année, je ne fais pratiquement que des OI (avec parfois un ou 2 textes qui complètent).
Et bien, tu me diras comment tu fais clairement pour faire des OI classiques (ss extraits dc) avec les classes d'aujourd'hui, avec des élèves qui te disent que les textes ne servent à rien. Si une page les rebute, imaginez les 150 suivantes...
Qd j'étais élève, on travaillait déjà en OI et en groupements de textes, je n'ai jamais rien mélangé, au contraire, j'appréciais la diversité des styles et des histoires.

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Re: Trop de textes, trop d'écrit. "Ca sert à rien".

Message par Emeraldia le Mer 15 Fév 2012 - 15:07

@LadyC a écrit:
@Mufab a écrit:C'est dommage d'opposer litté jeunesse et littérature...

(au primaire, du moins, il y a des liens à faire, je crois.)

Il s'agit juste de ne pas faire "étudier" (qu'y a-t-il à étudier ? à part un petit schéma actanciel sympa ?) Le château des Poulfenc quand on peut étudier Yvain. Le château des Poulfenc en lecture cursive, autonome, ou éventuellement avec des questions de lecture, à la maison ou en contrôle, pour les pousser à lire. Yvain en classe, pour leur faire goûter à cette littérature plus difficile - et qui fait partie du patrimoine - à laquelle ils n'auront jamais accès sinon (et inutile de le donner en littérature cursive, ils ne comprendront pas, en tout cas pas en ZEP où je suis).
En tout dépend des niveaux, comme le disent Iphigénie et Chocolat. J'imagine bien qu'en primaire on ne peut pas partir sur Chrétien de Troyes comme ça... Smile Mais mes 4e ont le droit d'apprendre à connaître (oui, le droit, et moi le devoir de leur faire connaître) Conan Doyle et pas seulement Christian Grenier. Et comment iront-ils en lycée avec un bagage de littérature jeunesse ? Et pour tous ceux qui arrêteront les études dès que possible, ce n'est pas de manière autonome et à l'âge adulte qu'ils découvriront Hugo, Maupassant, Rimbaud... et je me sentirais coupable de les laisser arriver à la majorité, incapables de lire un ouvrage destiné aux plus de 13 ans.
Sauf qu'on s'éloigne du sujet qui est :
On étudie Maupassant, Gautier, Montesquieu et Mme de Sévigné avec vous et ça ne sert à rien.
L'objet du topic n'est pas la litté jeunesse, je n'en fais pas en classe !!!

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Re: Trop de textes, trop d'écrit. "Ca sert à rien".

Message par Chocolat le Mer 15 Fév 2012 - 15:10

@Emeraldia a écrit:
Non, ds les nouveaux programmes, justement, la littérature de jeunesse ne doit plus être étudiée au collège...
Euh, sincèrement, vu les remarques de mes élèves, croyez-vous qu'il soit simple de leur parler de Mme de Sévigné et de Montesquieu ??

Heureusement, tiens - ce n'est pas trop tôt !

Et pour répondre à ta question (rhétorique) je crois que cela dépend de ce que toi, tu en penses, car je crois, moi, que nous pouvons parler de tout ce que nous voulons, à nos élèves, à condition que nous le fassions avec conviction.

Oui, je sais, facile à dire et difficile à faire.
Mais personne de bien sensé n'a jamais dit qu'être prof, c'était facile. Wink

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Re: Trop de textes, trop d'écrit. "Ca sert à rien".

Message par Aemilia le Mer 15 Fév 2012 - 15:12

Cette discussion me rappelle le sujet tombé au CAPES de lettres classiques en 2010, une citation de Louis Jouvet : "Le classique meurt par habitude".


J'avais commenté tant bien que mal...j'ai eu 9 je crois. Comme je ne connaissais pas du tout Louis Jouvet, j'avais peur de faire un horrible contresens...je vais regarder le rapport du jury, histoire de voir ce qu'il fallait en dire Wink



http://media.education.gouv.fr/file/capes_ext/03/4/capesextlttclass_155034.pdf

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Re: Trop de textes, trop d'écrit. "Ca sert à rien".

Message par Emeraldia le Mer 15 Fév 2012 - 15:12

@V.Marchais a écrit:Je vais me faire l'avocat du diable mais je pense moi aussi que ça ne sert pas à grand chose de noter les réponses aux questions sur un texte et que c'est même un excellent moyen de tuer la vitalité des échanges nécessaire à l'émergence de ces enjeux dont je parlais plus haut.
Moi aussi, les explications de textes, je les conduis à l'oral. Et dans le désordre. C'est pas grave, on synthétisera à la fin.
Ce qui est utile, c'est de noter les réponses aux questions un peu au début, et ensuite de temps en temps, non pas pour consigner ces réponses, ce qui n'aurait pas grand intérêt, mais pour fournir un modèle de rédaction des réponses. Ce qui est utile aussi, surtout avec les petits, c'est de demander, après l'étude du texte en classe, à l'oral, de reprendre certaines questions à la maison et d'y répondre par écrit : la réponse a déjà été donnée, là encore, on travaille la rédaction des réponses (et à chaque devoir sur table que je corrige, je me dis que c'est pas du luxe et que je devrais le faire plus souvent).

Pour le reste, il y a mieux à faire à l'écrit.
Moi aussi, j'essaie de faire de l'oral en ne leur apportant que peu de pistes et moi aussi je suis convaincue de ce que je fais...ça ne les empêche pas de dire que ça ne sert à rien, ils s'en fichent de savoir pourquoi Mme de Sévigné écrit à sa fille, pour eux, un texte est un texte, ils semblent que le fait même de lire les ennuie.
Et puis, tout faire à l'oral avec les classes de collège actuelles relèvent de la gageure.

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Re: Trop de textes, trop d'écrit. "Ca sert à rien".

Message par Chocolat le Mer 15 Fév 2012 - 15:15

Mowgli a écrit:

Spoiler:
En y réfléchissant, je me dis qu'il y a probablement de quoi ouvrir un nouveau fil sur le sujet, qui donnera lieu à de belles empoignades entre passionnés, juste comme je les aime ! Very Happy

Spoiler:
Oh qu'elle est bonne, cette idée de fil ! Twisted Evil Laughing

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Re: Trop de textes, trop d'écrit. "Ca sert à rien".

Message par Emeraldia le Mer 15 Fév 2012 - 15:18

@Chocolat a écrit:
@Emeraldia a écrit:
Non, ds les nouveaux programmes, justement, la littérature de jeunesse ne doit plus être étudiée au collège...
Euh, sincèrement, vu les remarques de mes élèves, croyez-vous qu'il soit simple de leur parler de Mme de Sévigné et de Montesquieu ??

Heureusement, tiens - ce n'est pas trop tôt !

Et pour répondre à ta question (rhétorique) je crois que cela dépend de ce que toi, tu en penses, car je crois, moi, que nous pouvons parler de tout ce que nous voulons, à nos élèves, à condition que nous le fassions avec conviction.

Oui, je sais, facile à dire et difficile à faire.
Mais personne de bien sensé n'a jamais dit qu'être prof, c'était facile. Wink
Certes, mais je trouve que cette remarque revient de plus en plus; comme ceux qui prétendent que la culture ne sert à rien... Ca ne leur servira pas plus tard sous entendent-ils... C'est plutôt désespérant. Je pense qu'ils devraient déjà être touchés par l'histoire ou la morale véhiculée par le texte, or pour la plupart, un texte en vaut un autre... La même élève hier m'a dit : "On fait tjs la même chose" (alors qje passe mon temps à varier les activités)...

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Re: Trop de textes, trop d'écrit. "Ca sert à rien".

Message par Chocolat le Mer 15 Fév 2012 - 15:22

@Mareuil a écrit:
C'est curieux, cette histoire de "littérature de jeunesse". Quand est-ce que c'est né ce truc ? Quand j'étais en sixième-cinquième - ça remonte à loin, 1956 -, je me suis tapé tous les romans de Zévaco, ceux de Jules Verne, tous les Fantomas, tous les romans de Gustave Le rouge - ah les escargots anthropophages !, ceux de James Oliver Curwood - ah Le Piège d'or et son fétichisme de la chevelure ! etc., etc. C'était publié dans la Bibliothèque verte ou dans des collections populaires ; on lisait ça en marge de la classe. C'était bien, ce domaine de lecture à part, à nous, où les profs ne mettaient pas leur nez. Plus tard, en troisième-seconde, il y eut Les onze mille verges et Histoire d'O ainsi que l'Amant de Lady Chatterley. De la "littérature de jeunesse" aussi ?

Excellente question - je ne le sais pas, moi non plus, et je suis plus jeune.
C'est bien pour cela que j'emploie la formule littérature dite "de jeunesse".

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Re: Trop de textes, trop d'écrit. "Ca sert à rien".

Message par Aemilia le Mer 15 Fév 2012 - 15:28

Je reviens à mon sujet de CAPES.
Rapport du jury :

Le choix du sujet avait, entre autres, l'intérêt de mettre l'accent sur la difficulté majeure qui attend les futurs jeunes professeurs de Lettres classiques dans leurs salles de classe : faire vivre une littérature, classique ou pas, être capable de faire résonner la voix d'Homère, de Madame de Lafayette ou de Flaubert, bref, être en situation de pouvoir justifier la pertinence et la nécessité de l'étude des classiques, si contestée aujourd'hui. Ce sujet de composition française nous a semblé constituer un préalable judicieux à cette captivante épreuve.

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Re: Trop de textes, trop d'écrit. "Ca sert à rien".

Message par Emeraldia le Mer 15 Fév 2012 - 15:29

"Captivante épreuve" disent ceux qui ne la vivent jamais ! Laughing

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Re: Trop de textes, trop d'écrit. "Ca sert à rien".

Message par Mufab le Mer 15 Fév 2012 - 15:34

@Mareuil a écrit:
C'est curieux, cette histoire de "littérature de jeunesse". Quand est-ce que c'est né ce truc ?

Quand la plupart des enfants sont allés à l'école y apprendre à lire, je suppose.
Et qu'il a fallu des textes à leur portée, tant dans les thèmes que dans la forme.

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Poky et Lucas, dessin de Phi :

"Là où on ne lit pas, là où on n'élit pas, on ne rigole pas tous les jours. Lire est le propre de l'homme."
(Yvan Pommaux, auteur "Jeunesse")

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Re: Trop de textes, trop d'écrit. "Ca sert à rien".

Message par Chocolat le Mer 15 Fév 2012 - 15:38

@Emeraldia a écrit:
Certes, mais je trouve que cette remarque revient de plus en plus; comme ceux qui prétendent que la culture ne sert à rien... Ca ne leur servira pas plus tard sous entendent-ils... C'est plutôt désespérant. Je pense qu'ils devraient déjà être touchés par l'histoire ou la morale véhiculée par le texte, or pour la plupart, un texte en vaut un autre... La même élève hier m'a dit : "On fait tjs la même chose" (alors qje passe mon temps à varier les activités)...

Je crois que certains élèves répètent les mêmes phrases en boucle, sans réfléchir, pour provoquer, ou pour dire quelque chose.
Il faudrait en coincer un, régulièrement, et lui demander d'aller plus loin et d'expliquer ses propos, avec des arguments, exemples, etc.

J'en ai eu un, comme ça, l'année dernière, et au bout de la dixième remarque, j'ai arrêté le cours et proposé un débat sur les contenus et l'utilité (ou inutilité) du cours de français et de la littérature.

Cette année, je n'ai pas encore eu l'occasion d'avoir à dégainer cette proposition de débat, mais je ne désespère pas. Twisted Evil

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Re: Trop de textes, trop d'écrit. "Ca sert à rien".

Message par Mareuil le Mer 15 Fév 2012 - 15:39

@Mufab a écrit:
@Mareuil a écrit:
C'est curieux, cette histoire de "littérature de jeunesse". Quand est-ce que c'est né ce truc ?

Quand la plupart des enfants sont allés à l'école y apprendre à lire, je suppose.
Et qu'il a fallu des textes à leur portée, tant dans les thèmes que dans la forme.

Mais non. L'introduction de la "littérature de jeunesse" dans les programmes scolaires n'a rien à voir avec ce que vous dites. Quand j'étais petit, ma mère me lisait des Petits livres d'or et la collection du Père Castor. Ce n'est pas cela dont nous parlons.

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Re: Trop de textes, trop d'écrit. "Ca sert à rien".

Message par Aemilia le Mer 15 Fév 2012 - 15:39

Pour paraphraser le titre d'un livre de Danièle Sallenave, nous voudrions rappeler aux candidats, que, eux, du moins, sont censés "aimer lire", et que leur goût pour la lecture, pour un auteur, pour un texte leur sera une arme autrement plus efficace pour se faire écouter d'une classe que le plus ingénieux des dispositifs pédagogiques. De fait, le jury ne saurait tenir rigueur à un candidat de vouloir faire entrer de nouveaux auteurs, Anna Gavalda ou encore JK Rowling, dans le panthéon des auteurs que l'on peut citer dans une copie de CAPES, pourvu que leurs oeuvres soient analysées avec rigueur et précision. A cet égard, l'étude de la phrase "gavaldéenne" ou de l'imaginaire "rowlingien" a rarement été mené de façon convaincante.

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Re: Trop de textes, trop d'écrit. "Ca sert à rien".

Message par Mufab le Mer 15 Fév 2012 - 15:43

@Mareuil a écrit:
@Mufab a écrit:
@Mareuil a écrit:
C'est curieux, cette histoire de "littérature de jeunesse". Quand est-ce que c'est né ce truc ?

Quand la plupart des enfants sont allés à l'école y apprendre à lire, je suppose.
Et qu'il a fallu des textes à leur portée, tant dans les thèmes que dans la forme.

Mais non. L'introduction de la "littérature de jeunesse" dans les programmes scolaires n'a rien à voir avec ce que vous dites. Quand j'étais petit, ma mère me lisait des Petits livres d'or et la collection du Père Castor. Ce n'est pas cela dont nous parlons.

"Mais non". A quoi répondez-vous ?
Et de quels auteurs parlez-vous, quand vous dites : "ce n'est pas cela dont nous parlons" ?

"ce truc", vous parliez de quoi ? De la litté jeunesse, ou de son introduction dans les programmes ?
Lesquels ? De collège ?

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Re: Trop de textes, trop d'écrit. "Ca sert à rien".

Message par Mareuil le Mer 15 Fév 2012 - 15:52

@Mufab a écrit:
@Mareuil a écrit:
@Mufab a écrit:
@Mareuil a écrit:
C'est curieux, cette histoire de "littérature de jeunesse". Quand est-ce que c'est né ce truc ?

Quand la plupart des enfants sont allés à l'école y apprendre à lire, je suppose.
Et qu'il a fallu des textes à leur portée, tant dans les thèmes que dans la forme.

Mais non. L'introduction de la "littérature de jeunesse" dans les programmes scolaires n'a rien à voir avec ce que vous dites. Quand j'étais petit, ma mère me lisait des Petits livres d'or et la collection du Père Castor. Ce n'est pas cela dont nous parlons.

"Mais non". A quoi répondez-vous ?
Et de quels auteurs parlez-vous, quand vous dites : "ce n'est pas cela dont nous parlons" ?

Il vaut mieux s'arrêter là. Je ne suis pas sûr que ce genre de dispute vide soit utile à quoi que ce soit. Je viens de vous expliquer que les livres pour les petits existent depuis longtemps et que cela n'a rien à voir avec la "littérature de jeunesse" qui apparaît à une date précise dans les programmes scolaires. Mais vous savez tout, donc à quoi bon continuer ? Bonne route.

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Re: Trop de textes, trop d'écrit. "Ca sert à rien".

Message par Mufab le Mer 15 Fév 2012 - 15:55

Je n'avais pas compris votre phrase, et notamment le référent de "ce truc".
Mes plates excuses.

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Re: Trop de textes, trop d'écrit. "Ca sert à rien".

Message par Mufab le Mer 15 Fév 2012 - 16:00

(Mais sinon, je sais pas tout, mais, en litté jeunesse , oui, on peut dire que je commence à toucher ma bille.)
Pour répondre donc à votre interrogation, l'introduction de la littérature de jeunesse dans les programmes (dont j'ignore la date, mais il me semble que l'oeil du Loup, par exemple, y a figuré avant 96, car je me souviens l'avoir fait lire quand j'enseignais en collège) correspond peut-être au passage d'une oeuvre ou d'un auteur du côté des "classiques contemporains" ?

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Re: Trop de textes, trop d'écrit. "Ca sert à rien".

Message par Mareuil le Mer 15 Fév 2012 - 16:06

@Mufab a écrit:(Mais sinon, je sais pas tout, mais, en litté jeunesse , oui, on peut dire que je commence à toucher ma bille.)
Pour répondre donc à votre interrogation, l'introduction de la littérature de jeunesse dans les programmes (dont j'ignore la date, mais il me semble que l'oeil du Loup, par exemple, y a figuré avant 96, car je me souviens l'avoir fait lire quand j'enseignais en collège) correspond peut-être au passage d'une oeuvre ou d'un auteur du côté des "classiques contemporains" ?

Ça ne change pas la question de fond que posent pas mal de participants à ce fil : cette littérature doit-elle être enseignée ?

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Re: Trop de textes, trop d'écrit. "Ca sert à rien".

Message par liskaya le Mer 15 Fév 2012 - 16:11

@Emeraldia a écrit:
@Marie56 a écrit:Je reviens sur un sujet qui a été évoqué un peu plus haut : l'absence de culture littéraire des élèves. je suis totalement d'accord avec ceux qui disent que les groupements de textes, préconisés dans les programmes, ne permettent pas la constitution d'une culture : les élèves mélangent tout. Il faut revenir aux oeuvres intégrales, et en lecture suivie... J'ai vraiment du mal au collège à faire de vraies lectures analytiques. Je me rends compte qu'au final, ce qui compte, c'est que les élèves aient lu le livre, en aient vu les principales thématiques, aient appris du vocabulaire, etc. Vive la lecture suivie !
Cette année, je ne fais pratiquement que des OI (avec parfois un ou 2 textes qui complètent).
Et bien, tu me diras comment tu fais clairement pour faire des OI classiques (ss extraits dc) avec les classes d'aujourd'hui, avec des élèves qui te disent que les textes ne servent à rien. Si une page les rebute, imaginez les 150 suivantes...
Qd j'étais élève, on travaillait déjà en OI et en groupements de textes, je n'ai jamais rien mélangé, au contraire, j'appréciais la diversité des styles et des histoires.

Ben oui, mais toi, tu es devenu prof de français, tu étais un bon lecteur, tu aimais ça.
Je pense qu'il ne faut pas trop raisonner en "moi quand j'étais élève"... Nous sommes un contre-exemple.
Personnellement, je ne sais pas comment ce goût m'est venu. Je n'ai aucun souvenir de prof de français marquant... J'ai aimé lire tout ce qu'on me donnait à lire, je me suis fabriqué une culture littéraire parce que j'aimais ça, mais je ne suis pas certaine que j'avais conscience de l'intérêt de la chose... Je suis passée naturellement de Oui-Oui au Club des cinq, à Sagan, à Maupassant, à Racine... Enfin, naturellement, non : on m'a mis entre les mains de la "vraie" littérature, mais j'ai "naturellement" aimé ça.
Mais dans mes classes de collège, dans ces classes où l'on m'a fait lire Camus, Racine, Molière, Zola..., je fais partie des quelques uns qui sont allés au lycée. La majorité des mes camarades est allée au LEP. Je parierai volontiers ma chemise qu'ils ne sont pas devenus lecteurs et qu'ils pourraient encore dire que "ça ne sert à rien".

Notre boulot est difficile, c'est évident. J'aimerais que grâce à moi mes élèves deviennent lecteurs... mais je n'y crois pas. J'ai des élèves lecteurs, j'espère réussir à nourrir leur curiosité, les aider à aller plus loin, j'ai des élèves non-lecteurs, j'espère leur rendre la tâche moins pénible, provoquer quelques plaisirs de lectures.

Les "à quoi ça sert" "ça sert à rien", moi aussi je les ai dit et répété à leur âge, pour d'autres matières. Ce sont des ado et les ados souvent c'est pas d'accord et pas contents... et c'est un facteur à prendre en compte dans notre métier, non ? idee

liskaya
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Re: Trop de textes, trop d'écrit. "Ca sert à rien".

Message par Mufab le Mer 15 Fév 2012 - 16:23

@Mareuil a écrit:
@Mufab a écrit:(Mais sinon, je sais pas tout, mais, en litté jeunesse , oui, on peut dire que je commence à toucher ma bille.)
Pour répondre donc à votre interrogation, l'introduction de la littérature de jeunesse dans les programmes (dont j'ignore la date, mais il me semble que l'oeil du Loup, par exemple, y a figuré avant 96, car je me souviens l'avoir fait lire quand j'enseignais en collège) correspond peut-être au passage d'une oeuvre ou d'un auteur du côté des "classiques contemporains" ?

Ça ne change pas la question de fond que posent pas mal de participants à ce fil : cette littérature doit-elle être enseignée ?
"enseignée"... ?
Disons qu'elle est un support de qualité (et à leur portée - bis) pour permettre aux plus jeunes élèves de s'initier aux textes longs, d'avoir en main un vrai livre, d'en mettre en voix des extraits, de répondre à des questions littérales ou plus fines sur un contenu qu'il n'a plus sous les yeux du fait de sa longueur...

@Mufab a écrit:
Je voulais juste défendre la litté jeunesse comme une entrée possible dans la lecture intégrale longue (c'est-à-dire lue de A à Z, avec tout ce que cela implique pour un élève, peu habitué à ce processus, comme mise en mémoire du contenu, au fil et au terme de la lecture - je ne sais pas si je suis claire, là scratch ), en opposition à la lecture unique d'extraits d'oeuvres classiques, aussi beaux, riches et marquants dans l'histoire littéraire soient-ils.

Et donc d'accord avec l'idée que la lecture suivie devrait être la priorité, et les extraits étudiés arriver en contrepoints ou en continuité avec celle-ci, afin de la mettre en perspective (époque, auteur, ou thème...).

@Mufab a écrit:De même qu'il doit être possible de faire des liens entre une oeuvre de litté jeunesse et les classiques desquels elle se nourrit - afin de motiver, par exemple, l'étude d'une oeuvre plus ardue ?

@Mareuil a écrit:Bonne route.

Merci, à vous aussi !



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(Yvan Pommaux, auteur "Jeunesse")

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