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Mila
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Devenir prof? Perdue... Empty Devenir prof? Perdue...

par Mila le Lun 3 Oct 2011 - 18:07
Bonjour tout le monde,

Je ne suis pas certaine d'être dans la bonne section du forum pour ce sujet donc mes confuses si l'emplacement de mon post est mauvais Embarassed
Je suis une étudiante en Master 1 de Lettres Modernes (spécialité Recherches) et depuis l'année dernière, je me pose de sérieuses questions quant à mon avenir.
Je me suis engagée, pour le moment, dans la voie agrégation + thèse (sans avoir préalablement décidé de l'ordre de ces deux projets).
Je verrai bien cette année si mon initiation à la recherche est prometteuse et si le doctorat est "fait" pour moi.
Mais j'éprouve des réticences pour l'enseignement (et donc passer d'ici deux ans le capes et l'agrég).

L'année dernière j'ai décroché un petit boulot d'enseignante vacataire dans un organisme de soutien scolaire.
Je me suis dit que ce serait l'occasion de me frotter à la pratique des "jeunes".
Les conditions étaient idéales : petit groupe d'une dizaine d'élèves, rassemblés par leur niveau de classe.
Seulement, d'une part, ma bonne volonté s'est vue sérieusement écornée par l'attitude de certains (en échec scolaire) mais d'autre part, ma propre attitude m'a fait TOUT remettre en question.
Ainsi, je suis une personne timide, réservée et discrète et cela m'a vraiment desservie au niveau de l'autorité. J'ai été... décevante (pour ne pas dire complètement nulle).
Je sais bien que l'assurance se gagne, qu'il serait très hâtif de me juger aussi sévèrement sur la base d'une seule expérience et surtout d'un seul échantillon d'élèves mais ma confiance en a pris un sérieux coup...
La fin d'année s'est pourtant très bien passée. Pour tout dire, les élèves m'appréciaient beaucoup, certains avaient fait de nets progrès, d'autres... aucun pale mais avaient acquis une attitude positive (écoute, respect). Bref, il n'y a pas eu que du mauvais. Mais pour moi, c'était "trop tard".
L'idée à fait son chemin = je ne suis pas faite pour ça. Je ne sais pas si c'est la peur, une voix défaitiste dans ma tête, ou la lucidité qui me fait penser une telle chose, d'où mon trouble quant à mon orientation.

J'ai lu pas mal de sujets sur ce forum et il apparaît comme une évidence que pour la majorité l'enseignement est une vocation (non?). Certains parlent même de scène de théâtre. Je ne peux pas m'empêcher de penser que si l'on ne s'y sent pas épanoui de suite, cela n'arrive jamais...
Je me rends bien compte que penser ainsi est réducteur mais c'est plus fort que moi.

Aussi, je remets donc entièrement en question toute mon orientation sans trouver de réelle solution pour rebondir... Car le journalisme, les métiers du livre impliqueraient de refaire un cursus voire même d'intégrer une école pas donnée, les affaires étrangères m'attirent vraiment beaucoup mais les concours sont tellements durs et contiennent de l'économie, de la politique, du droit, autant dire du jamais vu pour moi...Bibliothécaire, ça ne me botte pas tellement...
A la base, je voulais devenir prof à l'étranger (dans un lycée français) mais seule l'élite y accède, non?

Bon bon bon... Vraiment navrée d'avoir autant exposé mes états d'âme mais je préfère me poser toutes ces questions maintenant plutôt qu'une fois prof, seule, devant des classes ingérables et regrettant amèrement de ne pas m'être davantage écoutée.

J'aimerais donc savoir si vos débuts ont été difficiles, si vous pensez que persister dans cette voie est une bonne idée pour quelqu'un qui aime les lettres, qui aimerait enseigner, mais qui a mon caractère (timide, etc.).
Si jamais je renonce à l'enseignement, dois-je aussi renoncer à la thèse à votre avis? Puisqu'être thésard sans être professeur n'ouvre pas beaucoup d'autres portes.

Merci à ceux et celles qui m'auront lue, et désolée du pavé Embarassed
sand
sand
Empereur

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par sand le Lun 3 Oct 2011 - 18:11
Ce n'est pas un métier facile. Je suis prof en collège, l'autorité est essentielle devant 30 élèves, dont de nombreux récalcitrants. Je te dirais bien de chercher une autre voie si tu te sens trop réservée, parce qu'il est très difficile de se reconvertir.
Kamol
Kamol
Niveau 10

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par Kamol le Lun 3 Oct 2011 - 18:16
Courage, Mila, c'est le métier qui rentre! Je crois pouvoir dire qu'on en passe tous par là, à un degré plus ou moins élevé d'incertitude, sur une période plus ou moins longue de nos carrières (j'évite volontairement le mot "vie" car il faut bien séparer les deux, ce que n'aide pas à faire le métier en question).
La vraie question est: as-tu eu plaisir à voir progresser ceux qui ont progressé, et t'est-il arrivé de sortir d'un cours en étant simplement contente? Des élèves en gros échec, malheureusement, il y en aura toujours, et au risque de choquer, on ne pourra pas tous les sauver... pour l'école: ils se sauveront certainement eux-mêmes pour autre chose, car l'école n'est pas la clé de tout!

Ce métier n'est qu'un métier, pas un sacerdoce, et forcément, on a des hauts et des bas. Si tu deviens enseignant-chercheur et que tu obtiens un poste à la fac, tu auras un public tout différent. Il faut donc te demander si tu aimes ce que tu fais: la recherche et le transmission...

J'espère avoir pu t'aider...
Marie Laetitia
Marie Laetitia
Bon génie

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par Marie Laetitia le Lun 3 Oct 2011 - 18:16
La thèse sans l'enseignement, en lettres, ne peut pas servir à grand chose (je sais à peu près de quoi je parle, même si je n'ai pas un cursus de lettres).

Le goût de l'enseignement peut arriver tout de suite comme il peut venir après des années de doute.

Reste à savoir si tu résisteras devant des classes difficiles. Mais personne ne peut le savoir, seulement toi et seulement avec l'expérience.

Pour l'enseignement à l'étranger, est-ce réservé à l'élite, je ne sais pas, certains ici y sont arrivés... Donc beaucoup de choses sont possibles.

Si tu as commencé un cursus recherche, je dirais d'attendre de savoir si la recherche te plaît vraiment, si tu es douée et si tu es soutenue par ton directeur, auquel cas une carrière dans l'enseignement peut mériter que tu t'accroches, même si tu rencontres des difficultés.

_________________
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Si tu crois encore qu'il nous faut descendre dans le creux des rues pour monter au pouvoir, si tu crois encore au rêve du grand soir, et que nos ennemis, il faut aller les pendre... Aucun rêve, jamais, ne mérite une guerre. L'avenir dépend des révolutionnaires, mais se moque bien des petits révoltés. L'avenir ne veut ni feu ni sang ni guerre. Ne sois pas de ceux-là qui vont nous les donner (J. Brel, La Bastille)


Antigone, c'est la petite maigre qui est assise là-bas, et qui ne dit rien. Elle regarde droit devant elle. Elle pense. [...] Elle pense qu'elle va mourir, qu'elle est jeune et qu'elle aussi, elle aurait bien aimé vivre. Mais il n'y a rien à faire. Elle s'appelle Antigone et il va falloir qu'elle joue son rôle jusqu'au bout...


Et on ne dit pas "voir(e) même" mais "voire" ou "même".
Nestya
Nestya
Bon génie

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par Nestya le Lun 3 Oct 2011 - 18:20
@Mila a écrit:J'ai lu pas mal de sujets sur ce forum et il apparaît comme une évidence que pour la majorité l'enseignement est une vocation (non?). Certains parlent même de scène de théâtre.

Pas du tout, ça n'a jamais été une vocation pour moi. D'ailleurs, parmi les profs que j'ai connu, ceux qui avaient la vocation sont ceux qui ont eu le plus de mal car ils avaient une vision idéalisée du métier et le choc avec la réalité a été très difficile à vivre.

Je vais répéter ce que j'ai déjà plusieurs fois sur ce forum: avant d'être prof, j'étais très timide et réservée. Ce métier a été une véritable thérapie pour moi, il m'a obligée à sortir de ma coquille et si aujourd'hui je ne suis probablement pas la personne la plus extravertie qui existe, j'adore prendre la parole en public, défendre mes opinions...

C'est un métier difficile, ma 1ère année a d'ailleurs été très éprouvrante. ça va beaucoup mieux aujourd'hui même si parfois avec certaines classes, le courant ne passe pas.

Je ne saurais que te conseiller, n'ayant jamais envisagé sérieusement de faire de la recherche mais renseigne toi bien sur les éventuels débouchés avant de prendre une décision.

Bon courage!

_________________
"Le doute ne garantit pas d'avoir raison, mais d'éviter de persister dans l'erreur." Thomas C.Durand

"Un lecteur vit un millier de vies avant de mourir. Celui qui ne lit pas n'en vit qu'une."
George R.R.Martin
kiwi
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Grand Maître

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par kiwi le Lun 3 Oct 2011 - 18:21
@Mila a écrit:

J'ai lu pas mal de sujets sur ce forum et il apparaît comme une évidence que pour la majorité l'enseignement est une vocation (non?).

Et bien pas pour moi en tout cas. Je fais ce boulot pour manger. Bien sûr, c'est un travail qui me plait (encore que, ça dépend des établissements, des classes, de heures dans la journée...), mais décidément, ça n'est pas une vocation.

Ensuite, je pense comme Sand : la discipline est réellement essentielle pour ensuite pourvoir travailler. Ceci dit, la timidité se soigne aussi. Jamais je n'aurai cru que mon meilleur ami obtiendrait le capes un jour... Quand je l'ai connu au début de la fac il bafouillait, devenait tout rouge, suait à grosses gouttes tellement il était mal à l'aise... Et pourtant, que de progrès il a fait à l'oral juste pour le concours, que de progrès il a fait pour s'imposer face à une classe. Sa timidité semble s'être envolée complètement maintenant.
olive-in-oil
olive-in-oil
Grand sage

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par olive-in-oil le Lun 3 Oct 2011 - 18:30
J'ai envie de te dire d'attendre un peu pour te lancer dans la fosse aux lions. Tu es sans doute jeune.
Sans parler de "vocation", le métier de prof reste difficile et si tu es déjà craintive, il est clair qu'il te faudrait des conditions plus qu'idéales pour débuter. La réalité est tout autre, classes surchargées, gamins difficiles, sans parler de soucis annexes que certains d'entre nous rencontrent avec des collègues, les administratifs...

Je ne suis devenue enseignante qu'après avoir roulé un peu ma bosse avec d'autres boulots... Je ne le regrette pas.
nuages
nuages
Doyen

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par nuages le Lun 3 Oct 2011 - 18:30
Je n'ai pas de vocation non plus. Il est intéressant de faire des cours de littérature avec des élèves motivés , désireux d'acquérir des connaissances et de progresser , quel que soit leur niveau , mais certaines classes sont aussi très pénibles à supporter et tu peux en ressentir une immense lassitude . Difficile de te répondre d'une manière générale mais les conditions d'enseignement ne sont pas en train de s'améliorer! No
minnie
minnie
Expert spécialisé

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par minnie le Lun 3 Oct 2011 - 18:39
Pas de vocation ici non plus et de sérieuses désillusions quant au métier quand j'ai commencé.
Les "vrais" élèves, je ne savais pas ce que c'était. J'ai toujours été bonne élève dans des classes d'élite au collège (Bilangue + latin+ grec). AU lycée, tout était facile, je ne m'en rendais pas compte.

Et malgré tout, j'aime aujourd'hui profondément mon métier, parce que j'aime sa diversité, le contact humain, la liberté qu'il me laisse, j'aime être "le chef" d'une classe, j'aime mes vacances, j'aime être fonctionnaire de l'Etat, j'ai l'impression d'avoir une mission.....
Maintenant, j'ai aussi compris que je ne peux RIEN faire pour certains élèves qui sont décrocheurs depuis toujours, qui n'ont pas l'envie d'apprendre ou qui ne veulent faire aucun effort.

Les cours particuliers, c'est radicalement différent, parce que petits groupes, parce que tu es l'employée des parents.....

Encore une dernière chose: si tu vises l'agrégation, tu peux tout aussi bien envisager les concours les plus difficile des autres ministères.

Je n'aurais qu'un conseil, parcours ce forum, en long en large et en travers, et aussi celui des reconversions de certains (je n'ai pas le lien mais qqun te le donneras certainement....)



Je vais être honnête jusqu'au bout : je déconseille fortement aux jeunes de ma famille de rentrer dans ce métier quand ils sont brillants dans leurs études.
Bon courage Very Happy
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Invité14
Expert spécialisé

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par Invité14 le Lun 3 Oct 2011 - 18:50
Pas de vocation non plus!

Bon, moi je ne t'encouragerai pas à faire ce métier mais cela reste mon opinion .Si c'était à refaire, je ne referai pas. J'ai trop souffert!!!!

Avec un bac + 5 , et une agreg , il y a d'autres métiers plus valorisants et mieux payés que profs.
Nasopi
Nasopi
Bon génie

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par Nasopi le Lun 3 Oct 2011 - 19:11
Je suis moi aussi d'un caractère timide et réservé, et même si mes premières années dans l'enseignement ont été très difficiles, j'aime mon métier Very Happy .

_________________
"Donne-moi la sérénité nécessaire pour accepter telles qu’elles sont les choses qu’on ne peut pas changer, donne-moi le courage de changer celles qui doivent l’être ; donne-moi la sagesse qui permet de discerner les unes et les autres." (Marc-Aurèle)
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mask
Niveau 6

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par mask le Mar 4 Oct 2011 - 15:45
Si tu es intéressée par les affaire étrangères, je te conseille de préparer ces concours, si difficiles soient-ils. Après, c'est plus dur! Rien de pire que devenir prof par défaut (par facilité?) et en étant d'un naturel timide ou sensible. c'est en tous cas mon expérience et on n'en sort pas indemne. Courage. Tu peux aller voir le site quitter l'ensiegnement (si tu tapes ça dans google, tu devrais tomber dessus). certains reprennent des concorus administratifs après des années d'enseignement mais c'est plus difficile à préparer avec un crédit à payer, un métier prenant et des enfants (voire une dépression).
Aëmiel
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Expert spécialisé

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par Aëmiel le Mar 4 Oct 2011 - 17:06
Aucune vocation au départ.
Par contre, moi, ça compte pas, je suis depuis 5 ans dans un collège de bisounours (mais j'ai un peu douillé avant, hein, j'ai pas tiré le jackpot tout de suite), où les élèves et les collègues sont adorables, où un froncement de sourcil suffit à faire pleurer les 6è, et où l'ironie fonctionne à merveille avec les plus grands. (après,chez nous, il faut aimer les grands froids, les vaches, et les sportifs, mais quand on a connu les élèves qui défèquent dans les couloirs, tout est luxe, calme et volupté à côté)

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lene75
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par lene75 le Mar 4 Oct 2011 - 19:03
@Nestya a écrit:Je vais répéter ce que j'ai déjà plusieurs fois sur ce forum: avant d'être prof, j'étais très timide et réservée. Ce métier a été une véritable thérapie pour moi, il m'a obligée à sortir de ma coquille et si aujourd'hui je ne suis probablement pas la personne la plus extravertie qui existe, j'adore prendre la parole en public, défendre mes opinions...

Même chose ici. Ça et être maman (bé oui..).
Une première année très difficile, aussi, mais malgré tout l'envie de me battre et une certaine tristesse à quitter certains de mes élèves en fin d'année (pas tous, hein Wink )
Pour moi c'était une "vocation", mais sans trop d'illusions, car ayant une mère prof. Enfin si, peut-être des illusions, car beaucoup de choses ont changé en une génération, ma mère est parfois horrifiée de ce que je lui raconte, aussi bien sur ce qui peut se passer au lycée que sur nos conditions de travail, d'affectation, etc.
Pour l'instant, après 3 ans d'enseignement, des hauts et des bas, encore des doutes, je ne sais pas si je continuerai, mais là tout de suite, à l'instant t, et vu ma situation (poste fixe pas trop loin de chez moi, bon edt, classes sympas), ce que je fais me plaît beaucoup mais je sais que tout peut basculer, il suffit qu'une de mes classes change d'attitude.

Des difficultés, des doutes, je crois que tout le monde a. En revanche si à la réflexion et peut-être après une nouvelle expérience (vacation ?), tu ne le sens pas déjà avant de commencer, mieux vaut peut-être ne pas te lancer là-dedans.

Petite précision : des cours particuliers (même en petit groupe) et un cours à une classe, c'est très différent.

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Une classe, c'est comme une boîte de chocolats, on sait jamais sur quoi on va tomber...
lene75
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par lene75 le Mar 4 Oct 2011 - 19:10
Ah oui, et pour reprendre un peu ce que disent minnie et chanig, ce qui me plombe peut-être le plus et me fait le plus douter : un GROS sentiment de déclassement, d'être "trop qualifiée" pour mon métier ou pas assez reconnue pour mes qualifications, pas en cours, pas face à mes élèves, mais dès que je sors du cocon de la salle de classe.

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mimile
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par mimile le Mar 4 Oct 2011 - 19:44
comme lene, je pense que "tester" le métier serait une bonne solution : fais une vacation pour te rendre compte, ce n'est pas parce qu'on est timide qu'on est un prof nul ! Pendant ta thèse, tu auras surement l'occasion d'être chargée de TD : c'est différent de l'enseignement en collège mais certainement plus proche que le soutien scolaire.

Ensuite, timide et réservé, ce n'est pas forcément à vie donc ne t'arrête pas à ça.
LadyJane
LadyJane
Fidèle du forum

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par LadyJane le Mar 4 Oct 2011 - 20:01
Comme lene et mimile, je pense que "tester" le métier peut être une bonne chose. Je ne pense pas que l'on puisse savoir à quoi s'attendre avant d'avoir été devant une classe...

J'ai été vacataire, puis surveillante ( dans cet ordre là !) et très honnêtement, je ne regrette pas mon parcours. Je n'ai pas été "titulaire" très jeune, mais j'ai commencé assez jeune devant les élèves. Beaucoup de collègues de l'iufm ont eu du mal les premiers temps, pour ma part, je savais à quoi m'attendre et pour quoi j'avais signé !

D'autre part, je suis TRES réservée, eh bien dans ce boulot, c'est le seul moment où j'aime être devant les autres, prendre la parole et où je me sens ...disons "à ma place", comme quoi !

Il ne faut en tout cas pas se décourager ! Au début, je pense que personne n'a été à l'aise, il faut du temps !
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laetizia
Niveau 2

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par laetizia le Mar 4 Oct 2011 - 20:42
Bonjour !

moi aussi je suis timide, mais pas en classe. Comme certains se mettent des cravates pour aller travailler et sont en jogging dès qu'ils rentrent chez eux, je ne suis pas la même devant des élèves que... lors d'une réunion (par exemple!)

Comme beaucoup, je te conseille d'aller voir ce qui se passe sur le terrain. J'ai eu de nombreuses expériences dans l'enseignement : Aide-éducatrice, vacataire, formatrice, A.V.S, prof de français dans une université pédagogique en Russie et à partir de jeudi, suppléante ! Et vraiment, c'est le poste d'AVS qui m'a le plus appris sur l'enseignement "à la française": tu es comme en stage d'observation, à la place des élèves, dans toutes les matières...

Moi aussi je doute toujours, je ne suis pas titulaire, je suis adepte de pédagogies "différentes", je suis en Master 2 (ingénierie des formations FLE, FOS, FLS) cette année et après tous ces essais je trancherai.

L'année scolaire est lancée, passe ton diplôme et essaie de voir ce qui se passe dans diverses salles de classes, c'est bien différent de l'aide aux devoirs (ah oui, j'ai fait ça aussi...)

_________________
Le bonheur est un voyage, pas une destination...
cristal
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par cristal le Mar 4 Oct 2011 - 20:48
@Nestya a écrit:
@Mila a écrit:J'ai lu pas mal de sujets sur ce forum et il apparaît comme une évidence que pour la majorité l'enseignement est une vocation (non?). Certains parlent même de scène de théâtre.

Pas du tout, ça n'a jamais été une vocation pour moi. D'ailleurs, parmi les profs que j'ai connu, ceux qui avaient la vocation sont ceux qui ont eu le plus de mal car ils avaient une vision idéalisée du métier et le choc avec la réalité a été très difficile à vivre.

Pareil pour moi.
Le métier, il faut le dire et le savoir, est difficile.

Saloum
Saloum
Habitué du forum

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par Saloum le Mer 5 Oct 2011 - 11:31
sérafina a écrit:Aucune vocation au départ.
Par contre, moi, ça compte pas, je suis depuis 5 ans dans un collège de bisounours (mais j'ai un peu douillé avant, hein, j'ai pas tiré le jackpot tout de suite), où les élèves et les collègues sont adorables, où un froncement de sourcil suffit à faire pleurer les 6è, et où l'ironie fonctionne à merveille avec les plus grands. (après,chez nous, il faut aimer les grands froids, les vaches, et les sportifs, mais quand on a connu les élèves qui défèquent dans les couloirs, tout est luxe, calme et volupté à côté)

Wouah ! ça existe encore alors ? Et où se trouve cet Eldorado ??
Aëmiel
Aëmiel
Expert spécialisé

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par Aëmiel le Mer 5 Oct 2011 - 11:38
Rase campagne. I love you

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Saloum
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par Saloum le Mer 5 Oct 2011 - 11:56
Mila : comme d'autres, je te dirais qu'il n'est pas indispensable d'avoir la "vocation" pour enseigner (mais que veut dire ce terme à la fin ?), que c'est un métier qui ne s'apprend que sur le terrain, que passer le CAPES ou l'agreg ne te prépare pas à gérer une classe (je dirais même que ça n'a rien à voir : ces concours sont simplement un moyen de sélectionner des profs qui vont ensuite déchanter puis réapprendre en partant de zéro). Mais c'est vraiment un métier qui s'apprend donc c'est possible d'arriver à vaincre sa timidité et de parvenir, petit à petit à gérer une classe.
L'erreur est de penser que l'enseignement (en collège du moins) est la suite naturelle aux études de littérature.
Si tu veux faire de la littérature un métier, ne t'oriente pas vers le secondaire. Seul l'enseignement à la fac te permettra d'allier ces deux éléments , mais avec des contraintes forcément, que personnellement aujourd'hui je ne supporterai pas. Et puis il est extrêmement difficile aujourd'hui d'enseigner à l'université, même avec une thèse et l'agreg.

C'est vrai que durant mes premières années d'enseignement j'ai pas mal morflé et beaucoup déchanté: je voulais "faire de la littérature" Rolling Eyes . Mais je commence à apprivoiser ce métier et finalement, je me dis que ce n'est pas si mal, tout en restant à l'affût de ce qui peut s'offrir à moi comme autres expériences, professionnelles ou non professionnelles.

Aujourd'hui je me dis que toute profession a ses inconvénients et demande un peu de patience pour y creuser peu à peu sa place : il n'existe pas de "métier idéal fait pour soi".

Voilà, bon courage à toi !
Azad
Azad
Habitué du forum

Devenir prof? Perdue... Empty Re: Devenir prof? Perdue...

par Azad le Mer 5 Oct 2011 - 13:24
Pas tout lu, mais à mon sens, un seul message :
"Fuyez, pauvres fous...."
Indépendamment du côté théâtral et du rapport parfois difficile avec les élèves, c'est une telle charge de travail que je ne conseille ça à personne... d'autant que ça ne risque pas de s'améliorer.
Mama
Mama
Bon génie

Devenir prof? Perdue... Empty Re: Devenir prof? Perdue...

par Mama le Mer 5 Oct 2011 - 13:36
Peut-être, si tu es déjà en cursus recherche, peux-tu tenter des remplacements devant une classe en plus grand effectif ? Mais d'un autre côté, un remplacement, c'est de mauvaises conditions (pas de formation, courte durée), donc ça ne serait peut-être pas révélateur non plus.
Après, tu le dis toi-même, tu avais déjà progressé sur l'année, et si tu devenais prof, ça progresserait encore, comme pour nous tous. Il me semble qu'on s'améliore sans cesse (pour peu qu'on en ait le souci) dans la manière de s'imposer en classe et de préparer les cours.
Pour ce qui est de la "vocation", cette vocation, je dirais, pour le secondaire, a deux pans : ce n'est pas juste celle de vouloir enseigner la matière, parce qu'on est passionné : celle-là, on l'a presque tous au début, et là effectivement, on peut être très déçu et frustré. L'autre pan important, il me semble, c'est d'avoir envie d'être en contact, direct et parfois difficile, avec des adolescents. Les deux pans peuvent se développer au fil de la pratique, mais... c'est peut-être déjà bien d'en avoir un peu au début. Et surtout, la "vocation", c'ets peut-être justement avoir tellement envie de faire ce métier qu'on accepte d'être moins reconnu et rémunéré que notre niveau d'études ne le permet. C'est largement mon cas (bac + 8 car double cursus, renonciation volontaire à une bourse de thèse), mais je suis heureuse quand même !
En fait, si j'osais, je te dirais d'attendre les élections présidentielles pour faire ton choix, parce que selon le résultat les conditions de travail peuvent continuer à se dégrader plus ou moins vite... Et là, même avec toute la vocation du monde, on ne pourra plus faire grand chose de bon. Evil or Very Mad
nuages
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Doyen

Devenir prof? Perdue... Empty Re: Devenir prof? Perdue...

par nuages le Mer 5 Oct 2011 - 14:47
@Azad a écrit:Pas tout lu, mais à mon sens, un seul message :
"Fuyez, pauvres fous...."
Indépendamment du côté théâtral et du rapport parfois difficile avec les élèves, c'est une telle charge de travail que je ne conseille ça à personne... d'autant que ça ne risque pas de s'améliorer.

J'interviens à nouveau , dans le sens d'Azad: il y a une charge de travail énorme (je suis en lycée mais je crois que les collègues de collège ne manquent pas de travail non plus) . Cela veut dire passer souvent un week-end entier à corriger si tu as des classes de bac de 35 élèves en français ou corriger le soir jusqu'à 22h au moins. Donc aucune rupture entre l'activité professionnelle de la journée et la vie chez soi, puisque tu corriges ou prépares à la maison . Quend tu rentres chez toi, ta journée de travail n'est pas finie! De plus, les années passant, il y a des choses de plus en plus difficiles à supporter avec patience , comme l'immaturité de certains élèves , la diminution de leur temps de concentration , leur agitation ou leur apathie -les deux sont décourageantes- ; en prenant de l'âge tu t'épuises davantage et pour un résultat peu satisfaisant . Si j'avais 40 ans encore à faire ce métier, je ne le choisirais pas car je ne suis pas optimiste sur les conditions de travail qui se dégradent déjà.
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