Collègues de maths : que pensez-vous de ce procédé "honnêtement fatigant" selon son auteur ?

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Collègues de maths : que pensez-vous de ce procédé "honnêtement fatigant" selon son auteur ?

Message par John le Ven 28 Oct 2011 - 20:45

http://www.cahiers-pedagogiques.com/spip.php?article7542#forum2128

Un extrait :

J’ai créé un livret trimestriel composé de toutes les évaluations du trimestre. Chaque élève a son livret nominatif. Sur chaque feuille se trouve en alternance une évaluation ou son rattrapage. Les notions évaluées dans un contrôle de rattrapage sont les mêmes que celles de l’original. Les évaluations ne sont composées que de problèmes. Toutes les feuilles sont agrafées entre elles ; l’élève ne peut donc repartir avec le livret chez lui qu’en fin de trimestre. Toutefois, le premier jour de la correction, l’évaluation est détachée du livret et remise à l’élève

Comment est utilisé ce livret ? Le livret est distribué lors des contrôles. L’élève peut alors y faire l’évaluation du mois, mais aussi un rattrapage spécifique ou encore un problème du mois suivant.

Le livret peut aussi être réclamé à tout autre moment pour effectuer exclusivement des rattrapages (à la récréation, lors d’une heure creuse). Lors d’un rattrapage, l’élève ne retravaille que les problèmes échoués ou non traités précédemment. Un élève se sentant capable de résoudre un problème du mois de novembre peut le traiter lors du contrôle d’octobre.

L’élève est plus responsable. Je peux témoigner que des élèves (et pas forcément les meilleurs) viennent à certaines récréations pour traiter en quinze minutes un problème et ainsi récupérer les points perdus. Si un élève n’a pas traité ou réussi une notion, il a jusqu’à la fin du trimestre pour y arriver. En mathématiques nous faisons des progressions spiralées. Une notion est donc revue plusieurs fois en cours d’année. On l’enrichit au fur et à mesure. Dès lors, la plupart des notions sont réévaluées d’un trimestre à l’autre.

Le couperet du jour J n’est plus.... presque plus (il y a malheureusement la limite du trimestre). L’élève avance à son rythme.
Difficile, mais stimulant

J’ai commencé cette pratique depuis quelques mois, et, pour l’instant, c’est difficile : la préparation est longue ; en classe, il faut courir, passer d’un exercice à l’autre, voire d’un thème à l’autre. L’avantage incontestable est que personne ne s’ennuie. Les meilleurs avancent et, s’ils ont terminé, assurent l’aide aux « moyens ». Ceux qui sont en difficulté se rendent compte qu’on va à l’essentiel et apprécient le temps passé avec eux. Mais cela suppose d’avoir des élèves de confiance, qui se mettent au travail même quand l’enseignant se concentre sur un groupe. Cela peut-il être fait dans toutes les classes ? La quantité de travail est considérable, tant par la conception des six évaluations (pour un total moyen de vingt-quatre problèmes) que par les corrections des rattrapages. Il n’y a plus de correction collective. Lors d’une séance de correction, je remets à chaque élève son livret. Il relève et travaille de nouveau les notions échouées ou non traitées. Ainsi c’est l’élève qui cherche et sait ce qu’il doit retravailler. Il le note sur son cahier et commence immédiatement une démarche d’amélioration.


Dernière édition par John le Ven 28 Oct 2011 - 21:12, édité 1 fois

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Re: Collègues de maths : que pensez-vous de ce procédé "honnêtement fatigant" selon son auteur ?

Message par Mufab le Ven 28 Oct 2011 - 21:00

Ça ressemble un peu au fonctionnement par "plans de travail", inspiré de la PMEV, non ?


Dernière édition par Mufab le Ven 28 Oct 2011 - 21:14, édité 1 fois

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Re: Collègues de maths : que pensez-vous de ce procédé "honnêtement fatigant" selon son auteur ?

Message par Mufab le Ven 28 Oct 2011 - 21:13

Néanmoins, j'ai l'impression que cette différenciation ne touche que l'évaluation... Ou est-elle mise en place de façon systématique, à chaque heure de maths ?

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Re: Collègues de maths : que pensez-vous de ce procédé "honnêtement fatigant" selon son auteur ?

Message par Finrod le Ven 28 Oct 2011 - 22:04

L’élève est plus responsable. Je peux témoigner que des élèves (et pas forcément les meilleurs) viennent à certaines récréations pour traiter en quinze minutes un problème et ainsi récupérer les points perdus. Si un élève n’a pas traité ou réussi une notion, il a jusqu’à la fin du trimestre pour y arriver

J'essaie de faire une chose qui ressemble, sans livret.

Alors, quasiment aucun élève n'essait de repasser les trucs ratés. La moitié de ceux qui repassent ne font pas mieux.
La plupart des élèves ont vu cette responsabilisation comme une nouvelle faille : il faut faire uniquement ce que l'on sait à son rythme donc pour eux , c'est logique, ils ne savent pas.
ça concerne une poignée d'élèves mais ils ne veulent pas faire parce que de toute façon, ils vont rater (et sans connaitre un mot du cours qu'ils n'ont pas noté, c'est bien normal)

edit : Oh et bien sûr, personne n'a jamais demandé à repasser en dehors des heures de devoir.


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Re: Collègues de maths : que pensez-vous de ce procédé "honnêtement fatigant" selon son auteur ?

Message par Libé-Ration le Sam 29 Oct 2011 - 0:51

J'ai travaillé un peu comme ça en CLA. C'est un boulot énorme en terme de préparation, en utilisable uniquement sur certaines notions (en français du moins).

J'essaie de continuer dans mes corrections en classe. Mais avec 7 niveaux cette année, dont 4 dans une discipline qui n'est pas la mienne, et 4 niveaux d'examen... c'est moins possible.

Je ne désespère pas d'essayer de mettre cela en pratique l'année prochaine, y compris en formation.

(Et en même temps, mon proviseur me reproche mon immobilisme, parce que je refuse de créer des groupes "de niveaux"... et c'est bien comme cela qu'il les appelle !)

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Re: Collègues de maths : que pensez-vous de ce procédé "honnêtement fatigant" selon son auteur ?

Message par pk le Sam 29 Oct 2011 - 5:29

"J’ai décidé que toute séance, toute évaluation, toute situation devaient être consacrées à la résolution d’un problème."

Pas tout compris. Vingt - quatre problèmes d'évaluations pour l'année. Durée de la recherche du problème et celle de la formulation de la réponse? Idem pour les problèmes de remédiation. Nombre d'évaluations hors - socle? La note(!) correspondante obtenue par Eva est - elle sa note annuelle ou une de ses notes? Optons pour la seconde option car je n'ose pas imaginer que le programme n'est pas traité et évalué pour tous les élèves. Bref, il faut voir à l'année N+1. Comme le dit Guy Morel, sans les graviers, la plage! Au-delà du tableau, à chacun son interprétation, c'est beau le socle. Ce collègue ne manque pas de volontarisme.

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Re: Collègues de maths : que pensez-vous de ce procédé "honnêtement fatigant" selon son auteur ?

Message par Botentoush le Sam 29 Oct 2011 - 10:38

Intéressant mais certains élèves ne se contentent que de voir les points du socle et pas le reste, pourquoi?
Le programme ne doit-il pas être vu par tous les élèves?

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Re: Collègues de maths : que pensez-vous de ce procédé "honnêtement fatigant" selon son auteur ?

Message par Finrod le Sam 29 Oct 2011 - 15:42

Le programme ne doit-il pas être vu par tous les élèves?

Ce n'est pas le point de vue de l'UNSA.

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Re: Collègues de maths : que pensez-vous de ce procédé "honnêtement fatigant" selon son auteur ?

Message par Igniatius le Sam 29 Oct 2011 - 16:31

C'est pas mal mais j'ai du mal à bien capter l'organisation : si un élevé a échoué, il faut qu'il travaille le rattrapage, mais cela suppose une nouvelle explication par l'enseignant. Explique-t-il a chaque éleve individuellement ses manquements ?
S'il refait une explication globale, que font ceux qui ont réussi ? Ils auront vite fini le livret, ou s'ennuieront en classe.
Le programme devant être bouclé, il y aura nécessairement des gamins qui n'auront pas compris malgré le rattrapage : que fait-on ?

Sans abattre autant de différenciation que cela, j'essaie fréquemment de corriger un contrôle en leur proposant un énoncé du même type : les plus faibles peuvent piger ce qui leur a manqué et les meilleurs consolident leur maîtrise.

Quoi qu'il en soit, ce travail courageux suppose des élèves autonomes et tous motivés par la réussite : je constate que ceux qui rencontrent de grandes difficultés associent rarement ces deux qualités.
Avec des élèves pareils, j'aurais tendance à dire que toutes les méthodes marchent.

Intéressant mais je reste sceptique.

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Re: Collègues de maths : que pensez-vous de ce procédé "honnêtement fatigant" selon son auteur ?

Message par Mufab le Sam 29 Oct 2011 - 16:37

@Igniatius a écrit:Le programme devant être bouclé, il y aura nécessairement des gamins qui n'auront pas compris malgré le rattrapage : que fait-on ?
Oui mais ça c'est vrai tout le temps, non ? Et le rattrapage leur donnerait une autre chance de s'y frotter, à la notion, davantage que "correction collective et hop on passe à la suite."

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Re: Collègues de maths : que pensez-vous de ce procédé "honnêtement fatigant" selon son auteur ?

Message par Igniatius le Sam 29 Oct 2011 - 16:40

Pas convaincu.

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Re: Collègues de maths : que pensez-vous de ce procédé "honnêtement fatigant" selon son auteur ?

Message par olivier-np30 le Sam 29 Oct 2011 - 18:40

J'imagine la même chose en langue:

alors Arthur ne sait pas conjuguer estar ou ser : il vient me voir pendant la récré et il fait son problème : il a 18.

Tout cela c'est beau mais au final cela reste du une préparation minimale pour la résolution d'un problème réduit et au final les connaissances réelles et solides ne sont pas plus pérennes pour autant.

Rien ne vaut le travail de fond tout au long de l'année, plutôt que le travail éphémère en vue d'un ratrrapage de notes.

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Re: Collègues de maths : que pensez-vous de ce procédé "honnêtement fatigant" selon son auteur ?

Message par John le Dim 30 Oct 2011 - 0:31

Gilles Gane, auteur de l'article cité au début de ce post, a eu la gentillesse de nous écrire une réponse très détaillée :

Chers collègues,
Je découvre aujourd'hui avec quelques craintes cet échange sur mon article. La première chose que je peux vous dire est "Merci".
Que vous soyez sceptiques ou non, je vous remercie des propos que vous avez tenus sur le fond comme sur la forme.

Le contexte:
Je suis un jeune professeur qui, comme vous, n'arrête pas d'être surpris par le gouffre intellectuel de mes élèves. Mais plus encore, par leur manque de réflexion. De plus, je crois fermement aux bienfaits de l'hétérogénéité des classes. S'il est vrai qu'elle semble parfois (souvent?) tirer vers le bas le niveau général d'une classe, je fais l'hypothèse que cela vient du fait que nous choisissons souvent un "juste milieu" entre les meilleurs et les plus en difficulté.
Le bilan est souvent alors le même: Les meilleurs ralentissent et se complaisent dans la facilité. Les plus en difficulté n'y trouvent pas leur compte.
Mais j'ai de la chance collègues. Mes élèves sont gentils. Ce seul fait m'a permis d'expérimenter ce dont on parle.

Je vous réponds, de façon chronologique:
@ Mufab: Ma contribution parle essentiellement de l'évaluation. Mais comme je le laisse entendre dans l'article, c'est toute mon organisation qui est différenciée; d'où la lourdeur. En 5e, j'ai actuellement deux élèves qui ont un niveau tel, qu'il n'est pas question qu'elles attendent les autres, qu'elles s'ennuient. Elles ont deux chapitres d'écart avec le reste de la classe. Ce cas est extrême. Mais il révèle bien mon fonctionnement. Tout le monde part sur un problème. Ceux qui peuvent arriver rapidement à le résoudre, enchaînent sur des problèmes du même type et de difficulté croissante. S'il leur arrive de maîtriser TOUTES les notions qui s'y cachent, ils poursuivent leur chemin.

@Finrod: Oui, mes élèves viennent effectuer leur rattrapage soit en heure creuse, soit en cas d'absence d'un prof, soit durant la récréation, soit en heure supplémentaire, soit enfin durant un contrôle. En effet, durant un contrôle on peut avoir deux cas de figure:
- Soit l'élève a un bon niveau et termine mon contrôle. Auquel cas, soit il revient à un élément qu'il avait échoué ou non traité, soit il enchaîne sur le contrôle suivant (risqué).
- Soit l'élève n'arrive pas à tout traiter. Auquel cas, il revient sur un élément qu'il avait compris entre-temps.

Mais cela ne s'est pas fait en un jour. Cela fera précisément deux ans (au moment où j'ai écrit l'article, j'étais dans la première année) que j'ai cette pratique. Au début les élèves ne venaient pas. C'est après la première rencontre parents/profs que les choses ont évolué. Car j'ai clairement fait comprendre que maintenant, l'élève ne pouvait avoir d'excuse à l'échec total car tout est fait pour qu'il s'améliore sur l'année.


@Pk et docco: Je ne suis pas sûr d'avoir tout compris. Mais je peux en tout cas répondre sur certains points:
1. Le nombre 24 donne une idée. Mais il n'est pas fixe.
2. Ce nombre indique le nombre de problèmes moyen que je dois concevoir par TRIMESTRE. Soit donc 72 par an.
3. Ma progression est faite de sorte à traiter les notions du socle en 1,5 trimestre (si possible; en 6e non). Soit donc une fin pour la fin février. Commence après le hors socle. Tout ceux qui ont de grandes difficultés sont alors pour le reste de l'année concentré sur la maîtrise des éléments du socle. ATTENTION, cela se fait non seulement au cas par cas, mais aussi notion par notion. Un élève faible n'est pas résolu à ne traiter que des éléments du socle. Exemple: On peut prendre le cas d'un élève de 3e en difficulté sur les écritures fractionnaires mais ayant bien compris les notions élémentaires de probabilité. Quand je travaille avec la classe sur la résolution de problèmes sur les écritures fractionnaires, lui revient au socle (il travaille sur des opérations élémentaires traitant des fractions). Quand je travaille avec la classe sur les probabilités d'expériences aléatoires à deux épreuves, il fait la même chose que le reste. Apparemment, je n'ai pas les mêmes outils que M. Guy Morel. Mais je crois que nous avons le même combat. Nous en avons marre des élèves qui ne savent pas RAISONNER.
Que dit la loi? Nous devons GARANTIR le socle. Le socle est ce que nul ne doit ignorer. Alors certes, c'est beau sur le papier.
Moi j'ai dit: "chiche!!!". Si j'ai bien compris, le programme est un objectif que l'on se fixe pour chacun. On peut ne pas l'atteindre. Mais le socle est une obligation. On se doit de l'atteindre. Ce seul fait et la nécessité de TOUT FAIRE pour permettre à chacun d'avoir son socle entraîne inévitablement que certains ne feront pas le programme. N'est-ce pas mieux que certains ne fassent pas tout le programme mais qu'ils aient bien compris ce qui est exigible que faire son programme et que personne ne s'y retrouve? Je n'ai aucun problème avec ça, car je veux que mes élèves puissent sortir du collège en sachant parfaitement (à leur niveau de 3e) lire, analyser et interpréter des documents statistiques, notamment. Si un élève a été entraîné uniquement à de la technique (les gammes) il ne saura pas se former plus tard. En cela, je privilégie la qualité (la réflexion), pas la quantité. Pour donner un exemple. Je veux qu'un élève de 3e, face à un problème dans lequel se cache le PGCD, sache le détecter et le traiter avec sa calculatrice. Indépendamment de la difficulté du texte, du problème. En cela, je travaille énormément avec les calculatrices qui, ou bien rendent des fractions irréductibles ou bien donnent carrément le PGCD. L'algorithme (hors socle) viendra après pour tous ceux qui savent déjà dénicher dans mes problèmes la présence du PGCD.


@Igniatius: Oui, si un élève a échoué, lors de la correction il retravaille le(s) problème(s) échoué(s). Je passe l'aider sur ce qui l'a bloqué. Il lui est donné une autre série de problèmes traitant des mêmes principes. Si sa difficulté est technique, il revient sur les exercices "gammes" du livre. Oui j'essaie d'expliquer à chaque élève les points importants pour la réussite de tels problèmes. C'est la raison pour laquelle, mes corrections s'étalent sur 2 heures. Ceux qui ont réussi planchent sur un problème introduisant une notion suivante. S'ils terminent le livret, ou bien ils enchaîneront avec l'autre, ou bien ils continuent à avancer sur d'autres notions. L'élève ne doit pas s'ennuyer. Il y a forcément des élèves qui ne comprendront plus, car il est trop tard. Ce que je fais n'est pas la panacée. Je crois bien être trop jeune, trop inexpérimenté (10 ans de carrière seulement) pour prétendre trouver SEUL la solution. En cela je dirai que si j'échoue pour un élève à lui inculquer LE SOCLE et non le programme, j'en serai désolé, mais conscience tranquille. Au départ, les élèves ne sont pas autonome. Seuls mes anciens, connaissant le système, savent que faire. Pour les autres, ça vient au fur et à mesure; surtout quand les anciens viennent se rattraper et augmentent leur gain. ça enrage les autres, qui viennent aussi. Tu sais, j'ai des moments de doute dus à la masse de boulot abattue seul (mieux vaut une équipe). Mais ce qui fait que je tiens ce sont les élèves qui spontanément viennent se rattraper. Ce sont les élèves qui, sachant maintenant qu'ils ont une 2e chance sur une notion, ne l'abandonnent pas en se disant "c'est passé, j'ai merdé, à la suite". Maintenant, je témoigne que certains s'entraînent réellement sur un type de problèmes pour tenter un rattrapage. En cela oui je gagne quelque chose: L'élève travaille plus qu'avec l'ancien système. Il sent que "c'est jouable".

@olivier-np30: Je ne suis pas sûr d'avoir tout compris. Néanmoins, je ne sais absolument pas comment les choses pourraient être faites dans d'autres disciplines. Concernant les phrases "Tout cela c'est beau [...] pour autant. Rien ne vaut [...] de notes" J'aurais une réponse à formuler:
* Il y a un travail de fond (voir plus haut). Vous n'avez qu'une vue parcellaire (l'évaluation) de ce que je fais. L'évaluation a pleinement pris son titre de "formatrice". Car elle crée un point d'analyse permettant de savoir que réviser pour s'améliorer. Mais ce n'est qu'un élément. La progression que j'ai conçue est spiralée. Autrement dit, le travail sur une notion se fait toute l'année en se complexifiant. Travail de fond, il y a. Les "connaissances réelles et solides" ... de quoi parle-t-on? Que regrette-on principalement chez nos élèves? Le manque de technicité ou le manque de jugeote, d'analyse?


J'espère avoir répondu à vos interrogations et suis ouvert à toute critique objective, dépassionnée et tout apport à ma réflexion.

Merci

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Re: Collègues de maths : que pensez-vous de ce procédé "honnêtement fatigant" selon son auteur ?

Message par Mufab le Dim 30 Oct 2011 - 0:51

Merci beaucoup pour ta réponse !
Je travaille un peu comme toi, de façon sytématique en français, lecture et maths (je suis PE en Ce2), avec des tâches de difficulté croissante et des plans de travail que tous ne terminent pas (mais chaque notion est vue par tous. Seule la totalité des exos n'est pas faite par tous les élèves). De même, c'est l'auto-correction qui est favorisée, puisque seule la réussite autorise à avancer.

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Re: Collègues de maths : que pensez-vous de ce procédé "honnêtement fatigant" selon son auteur ?

Message par pk le Dim 30 Oct 2011 - 4:46

Extrait des programmes de collège:

"Le socle commun de connaissances et de compétences recouvre en mathématiques la quasi totalité des champs du programme, la différence entre le programme proprement dit et le socle commun résidant surtout dans le degré d’approfondissement et dans l’expertise attendue. De plus, pour la maîtrise de nombreux concepts, un temps d’appropriation plus important est laissé aux élèves.
Certes, quelques connaissances inscrites dans les programmes ne figurent pas dans les compétences du socle (trigonométrie, équation, fonctions, ...) mais c’est essentiellement au niveau des capacités attendues et des activités proposées que la différence entre les exigibles apparaît. Elles sont identifiées dans les programmes par un recours aux caractères italiques, signalé systématiquement. "

"Note : les points du programme (connaissances, capacités et exemples) qui ne sont pas exigibles pour le socle sont écrits en italiques. Si la phrase en italiques est précédée d’un astérisque l’item sera exigible pour le socle dans une année ultérieure. Dire que l’exigibilité pour le socle est différée ne veut pas dire que la capacité ne doit pas être travaillée – bien au contraire !"

Bref, limiter certains élèves au socle, cela semble relever du choix de Gilles Gane.

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Re: Collègues de maths : que pensez-vous de ce procédé "honnêtement fatigant" selon son auteur ?

Message par Botentoush le Dim 30 Oct 2011 - 10:06

Merci pour cette réponse.
L'idée est intéressant, je me répète peut être mais je suis à l'affut d'idées pour améliorer mes pratiques.
J'ai testé cette année une évaluation où les élèves ont le choix entre deux exercices de difficultés variables et notés différemment (exercice 2 sur 4 points, exercices 2 bis sur 3 points) selon leurs niveaux d'acquisition d'une compétence.
Les élèves les plus rapides ne peuvent pas s'ennuyer puisqu'ils ont toujours des exercices à faire (de plus en plus durs)en attendant les autres.
Cette idée de livret m'intéresse mais, toujours dans l'idée d'occuper les plus rapides pour mieux s'occuper des élèves en difficulté, avec des problèmes à résoudre avec quelque chose à la clef!! J'y réfléchie encore!

L'idée de travailler uniquement le socle avec les élèves en difficultés (pas forcément en grande difficulté) ne peut être efficace que si l'équipe de maths travaille de la même manière parce que sinon les élèves auront encore plus de mal s'ils ont un des collègues qui ne bosse pas comme toi, "t'as pas vu cette notion?!!".

Il y a quand même des choses que je n'arrive pas à capter sur son organisation en cours:
- comment fait-il pour passer à la trace écrite (exemple thm de Pythagore) si tout le monde n'est pas au même point?
- comment se passe une heure de cours? Quel est le déroulement classique?



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Re: Collègues de maths : que pensez-vous de ce procédé "honnêtement fatigant" selon son auteur ?

Message par Ruthven le Dim 30 Oct 2011 - 10:10

Mais si on différencie la pédagogie au point de ne s'adresser à son public que de manière segmentée, quelle différence alors, au-delà des contorsions multiples, avec, horresco referens, des groupes de niveaux ? (Ce qui est arrive avec l'AP en lycée, hormis le fait qu'il n'y a pas de moyen nécessaire pour faire des groupes suffisamment homogènes ).

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Re: Collègues de maths : que pensez-vous de ce procédé "honnêtement fatigant" selon son auteur ?

Message par Mufab le Dim 30 Oct 2011 - 10:15

Si je puis me permettre, docco, (et je ne prétends pas répondre à la place du collègue, juste causer), il est possible d'aborder la même notion avec tout le monde (et donc de travailler de façon classique : recherches collectives, corrections -mais toujours partielles- collectives, menées par les élèves ayant avancé par exemple, trace écrite commune) en ne différenciant que le travail individuel écrit.


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Re: Collègues de maths : que pensez-vous de ce procédé "honnêtement fatigant" selon son auteur ?

Message par Botentoush le Dim 30 Oct 2011 - 10:26

@Mufab a écrit:Si je puis me permettre, docco, (et je ne prétends pas répondre à la place du collègue, juste causer), il est possible d'aborder la même notion avec tout le monde (et donc de travailler de façon classique : recherches collectives, corrections -mais toujours partielles- collectives, menées par les élèves ayant avancé par exemple, trace écrite commune) en ne différenciant que le travail individuel écrit.



En 5e, j'ai actuellement deux élèves qui ont un niveau tel, qu'il n'est pas question qu'elles attendent les autres, qu'elles s'ennuient. Elles ont deux chapitres d'écart avec le reste de la classe.

C'est cette phrase qui me fait poser ces questions! Je n'arrive pas à comprendre comment il fait pour gérer les traces écrites? par exemple si le chapitre d'avance est la symétrie centrale, est ce que les élèves rapides écrivent eux même les propriétés de conservation sur leurs cahiers de brouillon ou le prof les leur donne ou attendent-ils que les autres aient abordé cette notion? Dans le dernier cas, ils vont peut-être manqués d'outils pour faire d'autres exercices!
je ne sais pas, je n'arrive pas à voir!!

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Re: Collègues de maths : que pensez-vous de ce procédé "honnêtement fatigant" selon son auteur ?

Message par tita89 le Dim 30 Oct 2011 - 10:32

@Mufab a écrit:Merci beaucoup pour ta réponse !
Je travaille un peu comme toi, de façon sytématique en français, lecture et maths (je suis PE en Ce2), avec des tâches de difficulté croissante et des plans de travail que tous ne terminent pas (mais chaque notion est vue par tous. Seule la totalité des exos n'est pas faite par tous les élèves). De même, c'est l'auto-correction qui est favorisée, puisque seule la réussite autorise à avancer.

c'est un peu comme la démarche pidapi j'essaie de la mettre en place avec mes CM , pour l'instant ça stagne un peu ,il ne sont pas du tout habitués à travailler seuls ..... et à réfléchir
mais je ne désespère pas ......

zut , je ne suis pas autorisée à mettre des liens externes

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Re: Collègues de maths : que pensez-vous de ce procédé "honnêtement fatigant" selon son auteur ?

Message par oursdestropiques le Dim 30 Oct 2011 - 10:38

@Finrod a écrit:
Le programme ne doit-il pas être vu par tous les élèves?

Ce n'est pas le point de vue de l'UNSA.
Je suis à l'UNSA et ça ne m'empêche pas de penser et de tout faire pour que tout le programme soit vu par tous.
Ou sinon encore une fois , des sources qui disent explicitement que certains élève doivent se contenter du socle. Ca serait tout simplement scandaleux. Après oui, tout les élèves ne maîtriseront pas tout le programme. Mais ça c'est vrai socle ou pas.

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Re: Collègues de maths : que pensez-vous de ce procédé "honnêtement fatigant" selon son auteur ?

Message par Mufab le Dim 30 Oct 2011 - 10:42

@Tita : Pour ne pas les laisser trop "seuls" face à la tâche, on peut injecter des aides collectives en début de séance : effectuer un exercice de même nature que ceux proposés, ou en commencer la correction (cahier fermé), donner et expliquer une trace écrite, refaire une manipulation plus adaptée aux difficultés rencontrées... Et ensuite beaucoup d'aides individuelles, lors du passage à l'écrit.

Le plus difficile est de proposer réellement des tâches de difficulté progressive, parfois en commençant très doux, pour mettre en situation de réussite les élèves les plus en difficulté, leur donner une certaine autonomie face à l'écrit, sans que les autres ne perdent leur temps. Pas fastoche, lorsque ton public est très hétérogène. Il m'arrive souvent de ne différencier que la quantité, avec une consigne répétitive...

(Désolée pour le HS. Il s'agit finalement d'une démarche assez différente de celle du collègue, puisque tous ses élèves ne travaillent pas forcément la même notion en même temps, ce que je n'avais pas perçu immédiatement, mais qui a été souligné par Docco).

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"Là où on ne lit pas, là où on n'élit pas, on ne rigole pas tous les jours. Lire est le propre de l'homme."
(Yvan Pommaux, auteur "Jeunesse")

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Re: Collègues de maths : que pensez-vous de ce procédé "honnêtement fatigant" selon son auteur ?

Message par pk le Dim 30 Oct 2011 - 11:04

Le programme doit être appliqué intégralement. Les extraits rappelés ci - dessus sont clairs. On n'a pas l'autorisation de se limiter au socle pour les notions enseignées à un élève, non?

pk
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Re: Collègues de maths : que pensez-vous de ce procédé "honnêtement fatigant" selon son auteur ?

Message par tita89 le Dim 30 Oct 2011 - 11:12

avec pidapi ils ne travaillent pas la même notion en même temps .....chacun choisit les compétences qu'il doit travailler pour avancer dans un domaine ou une notion ...ils ont un port folio , un livret un peu comme celui du collègue ( si j'ai tout compris ) , ils ont des fiches d'entrainement avec un système d'autocorrection , et quand ils se sentent prêts , ils demandent à passer la "ceinture" = évaluation
bien sûr je fais des bilans et reprends en collectif des notions qui ne sont pas maitrisées .....

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Re: Collègues de maths : que pensez-vous de ce procédé "honnêtement fatigant" selon son auteur ?

Message par Mufab le Dim 30 Oct 2011 - 11:14

Oui. C'est ce qui m'a effrayé dans ce fonctionnement (comme dans celui de la PMEV) : la perte du collectif, des interactions sur un objet d'étude commun, mobilisable. C'est pourquoi j'ai préféré l'adapter (et même le dénaturer, tant pis.).

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