Les profs du primaire ne veulent pas de contractuels

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Les profs du primaire ne veulent pas de contractuels

Message par Docteur OX le Mer 23 Nov 2011 - 21:14

http://www.liberation.fr/societe/01012373328-les-profs-du-primaire-ne-veulent-pas-de-contractuels

[quote] «Vous êtes étudiant ? Vous avez une licence ou vous préparez un master ? L'académie de Paris recrute des enseignants contractuels, des vacataires et des assistants de langues pour effectuer des vacations.» Devenues monnaie courante dans le secondaire, les petites annonces «cherche prof» sont en passe de concerner aussi le premier degré. Au grand mécontentement des syndicats de professeurs des écoles, qui organisaient ce mercredi un rassemblement commun (SNUipp-FSU, SNUDI-FO, SE-UNSA, SUD Education) sous les fenêtres du ministère de l'Education à Paris pour s'opposer à ce qu'ils estiment être un «énorme retour en arrière».

Jusqu'à présent, en cas d'absence d'un professeur des écoles (malade, en formation, en congé maternité, muté, en disponibilité...), les académies puisaient dans un double vivier : celui des titulaires remplaçants (apellés «brigades» ou «ZIL», pour Zone d'intervention localisée, selon la durée et la zone de remplacement), et celui de la liste complémentaire du concours de professeur des écoles, sorte de liste d'attente des lauréats.

Mais entre la réduction des postes, y compris ceux des remplaçants (33 de moins à Paris cette année) et celle de la liste complémentaire du fait de a réforme de la masterisation, le contingent se tarit. Et c'est toute la chaîne qui se grippe. D'où le recours aux contractuels, c'est-à-dire en contrats à durée déterminée, pour boucher les trous qui s'annoncent.

Ainsi, fin octobre, 180 étudiants de master 2 n'ayant pas été admis au concours ont reçu un courrier du rectorat leur proposant d'assurer des cours à temps complet «pour une période qui pourrait aller de quelques semaines à quelques mois». 80 ont répondu positivement, précise le rectorat, qui dédramatise en parlant de «petits ajustements» «pour pourvoir à d'éventuels besoins qui pour le moment ne se font pas sentir». Les 600 remplaçants titulaires en poste dans l'académie suffisent, assure-t-on.
«Contrats jetables»

Mais dans une situation de flux tendu, les besoins en question ne manqueront pas d'arriver sitôt l'hiver et la première épidémie de grippe venus, prédisent les syndicats, pour lesquels le recours aux contractuels est inacceptable à double titre.

D'abord, l'insuffisance de formation de ces nouvelles recrues. «Ces contractuels pourront être n'importe qui. Le gars va débarquer devant les élèves non formé. Si ça marche, tant mieux, et si ça marche pas, l'académie fermera les yeux», dénonce Thierry Pousin, secrétaire général du Sgen-CFDT Paris. «Ça veut dire qu'on considère que l'on peut mettre quelqu'un sans formation sur un poste de prof. Mais enfin, ce n'est pas parce qu'on a une maîtrise de maths qu'on sait transmettre ! Enseigner, c'est un métier», souligne aussi Brigitte, prof des écoles à Paris et membre du SNUIpp-FSU, le principal syndicat du primaire.

L'inspecteur d'académie chargé du premier degré, Gérard Duthy, rétorque que «les étudiants contactés, en master 2, présentent toutes les garanties puisqu'ils ont tous dans le cadre de leur cursus effectué des stages, d'observation mais aussi en responsabilité».

Autre motif de contestation des syndicats, la précarité induite par cette mesure, qui «remet en cause le statut de fonctionnaire d’Etat pour tous les personnels enseignants». «Ce sont des contrats jetables, sans perspective. C'est aller vers une privatisation de l'école», s'alarme Sylviane, prof des écoles et membre du SNUIpp.

Dans une motion unitaire, les syndicats réclament donc le non recours aux contractuels et, pour remettre de l'huile dans les rouages, l'augmentation de postes au concours.[quote]

Docteur OX
Sage


Revenir en haut Aller en bas

Re: Les profs du primaire ne veulent pas de contractuels

Message par Malaca le Jeu 24 Nov 2011 - 23:28

@Docteur OX a écrit:http://www.liberation.fr/societe/01012373328-les-profs-du-primaire-ne-veulent-pas-de-contractuels

Ainsi, fin octobre, 180 étudiants de master 2 n'ayant pas été admis au concours ont reçu un courrier du rectorat leur proposant d'assurer des cours à temps complet «pour une période qui pourrait aller de quelques semaines à quelques mois».

D'abord, l'insuffisance de formation de ces nouvelles recrues.

«Ça veut dire qu'on considère que l'on peut mettre quelqu'un sans formation sur un poste de prof. Mais enfin, ce n'est pas parce qu'on a une maîtrise de maths qu'on sait transmettre ! Enseigner, c'est un métier»

L'inspecteur d'académie chargé du premier degré, Gérard Duthy, rétorque que «les étudiants contactés, en master 2, présentent toutes les garanties puisqu'ils ont tous dans le cadre de leur cursus effectué des stages, d'observation mais aussi en responsabilité».

Autre motif de contestation des syndicats, la précarité induite par cette mesure, qui «remet en cause le statut de fonctionnaire d’Etat pour tous les personnels enseignants». «Ce sont des contrats jetables, sans perspective. C'est aller vers une privatisation de l'école»

Dans une motion unitaire, les syndicats réclament donc le non recours aux contractuels et, pour remettre de l'huile dans les rouages, l'augmentation de postes au concours

Effectivement issus de Master 2 les "contractuels-étudiants-ayant raté le concours" ont été formés comme les nouveaux titulaires qui se retrouvent sur le terrain !! ni plus, ni moins ... la seule différence c'est qu'ils sont "jetables" , et c'est plutôt pratique.

En plus de l'augmentation des postes aux concours, il serait peut-être judicieux de réfléchir à une vraie formation des enseignants avant de les jeter dans la fosse ? d'accord, les IUFM n'étaient pas la panacée, mais "rien" c'est pas mieux?

Quant à la privatisation de l'école, cela semble être la prochaine étape sur le modèle US ... je suis surprise de ne rien lire sur le forum (ou alors je l'ai raté) sur l'émission de Capital et les "Charters schools" américaines ?

Le magazine Capital inédit ce dimanche 20 novembre 2011 sur le thème “Services publics : en avons-nous toujours les moyens ?” http://www.tv-replay.fr/capital/
États-Unis : quand l’école publique rapporte de l’argent
Elles sont là pour pallier les carences de l’enseignement public. On les appelle les « charter schools » et elles se multiplient sur tout le territoire. Ils en existent déjà 10 000. Leur spécificité : ce sont des écoles subventionnées par l’État et gérées par des acteurs privés. Les directeurs sont maîtres à bord : ils recrutent les profs, les payent, décident
du contenu des enseignements. Et des entreprises ont investi dans ces écoles d’un nouveau genre avec un seul but : rentabiliser leur investissement.
Capital est parti à la découverte de ce nouveau modèle made in USA. Jérôme Lévy


Avec les offres "pôle emploi", les notations par les chefs d'établissement et le démantèlement du Service Public on y va direct primaire et secondaire confondus !

Malaca
Esprit éclairé


Revenir en haut Aller en bas

Re: Les profs du primaire ne veulent pas de contractuels

Message par Spinoza1670 le Ven 25 Nov 2011 - 19:53


_________________
« Let not any one pacify his conscience by the delusion that he can do no harm if he takes no part, and forms no opinion. Bad men need nothing more to compass their ends, than that good men should look on and do nothing. » (John Stuart Mill)
Littérature au primaire - Rédaction au primaire - Manuels anciens - Dessin au primaireApprendre à lire et à écrire - Maths au primaire - école : références - Leçons de choses.

Spinoza1670
Esprit éclairé


Revenir en haut Aller en bas

Re: Les profs du primaire ne veulent pas de contractuels

Message par Malaca le Ven 25 Nov 2011 - 22:46

édifiant ! encore pire que ce qu'on entrevoyait !! Evil or Very Mad

"la loi NCLB a laissé les Etats définir leurs propres modes d’évaluation. Ce qui a conduit certains d’entre eux à abaisser leur niveau d’exigence… de façon à permettre aux élèves d’atteindre plus facilement les objectifs."
"Dans nombre d’écoles, les enseignements ordinaires s’interrompent plusieurs mois avant la tenue des examens pour céder la place à la préparation intensive qui leur est consacrée."
un peu comme avec la recrudescence des CCF dans certaines filières ...

"Des milliards de dollars ont donc été dépensés pour mettre au point — puis faire passer — les batteries de tests nécessaires à ces différents systèmes d’évaluation."
cela fait penser aux nouveaux tests en maternelle qui s'ajoutent à tous ceux déjà existants !

"Les états doivent supprimer toute limite légale à l’implantation des charter schools. Ainsi, leur expansion vient réaliser le vieux rêve des businessmen de l’éducation et des partisans du tout-marché, qui aspirent à démanteler le système public."
à quand les actionnaires aussi dans les établissements ?

"La Floride vient de voter une loi qui interdit le recrutement d’enseignants débutants, fait dépendre la moitié de leur salaire des résultats de leurs élèves, supprime les budgets alloués à la formation continue et finance l’évaluation des élèves en prélevant 5 % sur le budget scolaire de chaque circonscription."
il ne reste plus qu'à passer l'éducation à la moulinette de la rentabilité économique ...

Quand La Finance finira par tout régir Twisted Evil


Malaca
Esprit éclairé


Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum