"Prof en collège, mon quotidien, c'est l'extrême violence verbale"

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"Prof en collège, mon quotidien, c'est l'extrême violence verbale"

Message par John le Ven 9 Déc 2011 - 16:21

Prof en collège, mon quotidien, c'est l'extrême violence verbale

LE PLUS. "Préserver l'attractivité du métier". C'est la volonté des députés qui envisagent, une nouvelle fois, de remettre sur le tapis la formation des enseignants. Pour que les professeurs soient davantage préparés à des jours difficiles, comme l'explique Stéphane, professeur d'arts plastiques dans un collège d'Ile-de-France.

> Par Stéphane Leprof Enseignant qui en bave

Voilà une journée type de prof en collège. Jeudi dernier, malgré une grande activité dans la classe de 6e, le cours commence péniblement. Je pose une question sur le sujet du jour, un élève lève la main, il est volontaire pour passer au tableau. Ce qu’il se passera ensuite semble insignifiant, et pourtant, c’est, comme la partie immergée de l’iceberg, le signe d’une véritable crise à l’école.


Alors que j’ai le dos tourné, l’élève censé répondre à la question en profite pour essuyer bien consciencieusement le tampon qui sert à nettoyer le tableau sur mon manteau. Je ne m’en rends pas compte tout de suite. C’est en surprenant le regard complice de cet élève avec un camarade que je comprends ce qu’il se passe. Je me retourne alors, et je demande à l’élève fautif de s’expliquer. Je me fais agresser verbalement. Du genre : "J’ai rien fait ! Pourquoi vous êtes tout le temps sur moi ? Vous vous en prenez qu’à moi !". L'élève nie ce qu’il vient de faire. Et encore, je n’ai pas à me plaindre, il me vouvoie. Et puis, il y a le regard qui en dit long, ce regard méprisant.



A ce niveau-là, ce n’est même plus de la mauvaise foi. Je me fais littéralement envoyer sur les roses. Je crois que pour les personnes qui n’ont jamais vécu ça, il est très difficile de se rendre compte à quel point c’est dur émotionnellement. Ce sont vingt à vingt-cinq, voire trente adolescents dans certaines classes, face à vous, qui vous affrontent à chaque cours. Tous les jours.



Alors d’autres profs me disent que ce n’est rien, qu’eux aussi connaissent des "tensions" en classe, qu’eux-aussi ont vécu le coup du tampon de tableau "essuyé" malencontreusement sur leurs vêtements, que ce n’est pas si grave. Si c’est grave, car on banalise ces actes d’incivisme, ces actes qui sont le signe d’un manque total de respect envers l’enseignant.



Baguette magique et recette miracle



On ne dit pas que c’est la profession avec le plus de dépression. Je connais des enseignants avec près de trente ans de carrière qui en arrivent à pleurer. A une époque, il y avait une certaine aura autour du professeur, il était celui qui détenait la connaissance et la transmettait. Même les parents, en conseil de classe, nous donnent des leçons sur la manière dont on doit "tenir" une classe, s’adresser aux élèves, gérer le groupe. Récemment, un parent nous a donné une grande leçon sur le fait que certains d’entre nous n’avaient pas assez "d’autorité".



Je ne sais pas ce qu’ils s’imaginent d’ailleurs. Que nous avons une baguette magique, une sorte de recette miracle pour que les enfants deviennent des anges en classe et écoutent sagement ? Ma matière me passionne et j’ai décidé de la transmettre. Mais comment voulez-vous faire passer des connaissances à des enfants qui les refusent ? Sans compter qu’on nous demande, avant d’être enseignant, d’être éducateur, assistante sociale, psy et surtout policier.



Les parents nous reprochent de ne pas avoir d’autorité. Mais mon boulot, c’est de connaître ma matière et de savoir la professer. Je perds la moitié du temps de cours, ce qui est absolument considérable (comment enseigner correctement et suivre un programme imposé par l’Education nationale dans ces conditions) à faire le flic, gronder, tenter de remettre de la discipline. Et les seuls moyens de pression que nous, profs-flics, avons, sont les mots dans le carnet de correspondance, les colles, les punitions. Mais les élèves n’ont plus peur de rien.



Pas la moindre notion de politesse



J’ai beau écrire des mots dans les carnets - à noter que le carnet d’un élève est complet trois mois après la rentrée - j’ai beau les menacer de mauvaises appréciations sur le bulletin scolaire, rien n’y fait. Ils n’ont plus de limites. Les punitions leur passent totalement au-dessus de la tête.



Toujours jeudi dernier, pendant cette même heure de cours, je demande une, deux, trois… huit fois à un élève de retirer ses pieds de la chaise d’à côté. De se tenir bien, quoi. Mais chaque fois, il recommence. Le même procédé de répétition s’applique durant cette même heure pour un dormeur vautré sur sa table.



Alors bien sûr, tous ne sont pas comme ça, certains veulent travailler, certains veulent réussir, certains sont polis et respectueux. Mais ceux-là sont noyés par les autres. Ces autres qui arrivent au collège, vers l’âge de 10-11 ans, sans avoir la moindre notion de politesse, de courtoisie, de respect envers les autres et envers eux-mêmes. L’enseignant ne peut pas, en une année scolaire, combler les lacunes d’éducation que l’enfant n’a pas eue.



On ne peut imaginer à quel point ce corps de métier vit sous pression. Sans compter que nous aussi sommes notés, sur vingt, comme pour les élèves. Il y a quelque chose d’humiliant là-dedans.



C’est sans doute l’une des seules professions les plus malmenées. Il faut constamment se battre contre des individus qui sont contre vous. Et en même temps faire cours. Et puis il y a les insultes, on y passe tous. Qui peuvent aller du light "vas-y" au foudroyant "je vous crache à la gueule". C’est d’une violence extrême. Et c’est notre quotidien.

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Re: "Prof en collège, mon quotidien, c'est l'extrême violence verbale"

Message par clochette le Ven 9 Déc 2011 - 16:30

C''est exactement comme ca dans mon collège.
Et encore moi j'ai des "gentils"

J'ai tut le tps droit à des "tin !" quand je leur fais des remarques ...

Affalés sur leur table, les pieds sur les chaises ...

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Re: "Prof en collège, mon quotidien, c'est l'extrême violence verbale"

Message par Derborence le Ven 9 Déc 2011 - 16:32

Triste vérité...

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Re: "Prof en collège, mon quotidien, c'est l'extrême violence verbale"

Message par Parenthèse le Ven 9 Déc 2011 - 16:33

Ca vient de quelle source ? Je crains les commentaires...comme d'hab.

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Re: "Prof en collège, mon quotidien, c'est l'extrême violence verbale"

Message par Serge G le Ven 9 Déc 2011 - 18:01

Oh Parenthèse, pour avoir fait beaucoup de remplacements tous azimuts, ça peut venir de partout, y compris d'un endroit "calme et sans histoire"... Ce qu'il faudrait voir plutôt, là, c'est la direction de cet établissement qui peut parfois vous retourner un bahut peinard en pétaudière... En tous cas, des cas extrêmes dès la 6ème, ça laisse rêveur...

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Re: "Prof en collège, mon quotidien, c'est l'extrême violence verbale"

Message par Serge G le Ven 9 Déc 2011 - 18:03

En tous cas, je ferais payer le pressing du manteau à la famille...

Serge G
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Re: "Prof en collège, mon quotidien, c'est l'extrême violence verbale"

Message par John le Ven 9 Déc 2011 - 18:04


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Re: "Prof en collège, mon quotidien, c'est l'extrême violence verbale"

Message par Ergo le Ven 9 Déc 2011 - 22:08

Tiens, j'en parlais avec des cousines, cette semaine justement...à quel point leur contestation systématique était usante.
Spoiler:
Et chez nous, comme dans beaucoup d'autres endroits, la violence physique s'y ajoute.

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Re: "Prof en collège, mon quotidien, c'est l'extrême violence verbale"

Message par Celadon le Ven 9 Déc 2011 - 22:12

Les parents qui reprochent le manque d'autorité aux professeurs ? Ce serait à mourir de rire si ce n'était pas si dramatique !

Celadon
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Re: "Prof en collège, mon quotidien, c'est l'extrême violence verbale"

Message par gelsomina31 le Ven 9 Déc 2011 - 22:31

@Celadon a écrit:Les parents qui reprochent le manque d'autorité aux professeurs ? Ce serait à mourir de rire si ce n'était pas si dramatique !


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Re: "Prof en collège, mon quotidien, c'est l'extrême violence verbale"

Message par Parenthèse le Ven 9 Déc 2011 - 23:49

@Serge G a écrit:Oh Parenthèse, pour avoir fait beaucoup de remplacements tous azimuts, ça peut venir de partout, y compris d'un endroit "calme et sans histoire"... Ce qu'il faudrait voir plutôt, là, c'est la direction de cet établissement qui peut parfois vous retourner un bahut peinard en pétaudière... En tous cas, des cas extrêmes dès la 6ème, ça laisse rêveur...
Je parlais des commentaires des lecteurs du site, pas du forum. On finit toujours par lire que les profs sont responsables de tous les malheurs d'aujourd'hui.

Parenthèse
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Re: "Prof en collège, mon quotidien, c'est l'extrême violence verbale"

Message par Nielsen Rika Bell le Sam 10 Déc 2011 - 0:08

Mais mon boulot, c’est de connaître ma matière et de savoir la professer.

Il faudrait développer "savoir la professer".

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Parlons éducation... il me vient encore quelques élèves normaux... certes!... jamais vous pouvez vous vanter d'être absolument sans normaux!... non! un de temps à autre... bon!... je les instruis... pas plus mal que les autres professeurs... pas mieux... pédagogue, je suis! oh! très pédagogue! et très scrupuleux!... jamais une séance de chic!... jamais un cours fantaisiste!... depuis trente et cinq années, jamais une pédagogie drôlette!... pas que je me tienne pas au courant!... que si! que si!... je lis à fond tous les cahiers pédagogiques, les sciences de l'éducation... deux, trois kilos par semaine!... au feu! au feu le tout! c'est pas moi qui serai inquiété pour "instruction à la légère"!...

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Re: "Prof en collège, mon quotidien, c'est l'extrême violence verbale"

Message par Hermione0908 le Sam 10 Déc 2011 - 0:57

@Serge G a écrit:Oh Parenthèse, pour avoir fait beaucoup de remplacements tous azimuts, ça peut venir de partout, y compris d'un endroit "calme et sans histoire"... Ce qu'il faudrait voir plutôt, là, c'est la direction de cet établissement qui peut parfois vous retourner un bahut peinard en pétaudière... En tous cas, des cas extrêmes dès la 6ème, ça laisse rêveur...

Si je te racontais ce qu'a fait mon élève de sixième qui passe en conseil de dis à la rentrée... Dès la mi-octobre, elle avait un rapport qui lui aurait valu ce conseil si la chefferie avait suivi (vol, suivi de menaces et intimidations envers l'élève volée, et mensonges éhontés une fois mise le nez dans la m*** devant le fait accompli). Et ce n'était que le début, nous ne le savions pas encore même si nous le soupçonnions fortement... Mais passage en conseil de dis et mesure conservatoire à peine trois mois après son entrée au collège, c'est vrai que ça laisse rêveur...

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Re: "Prof en collège, mon quotidien, c'est l'extrême violence verbale"

Message par kp le Sam 10 Déc 2011 - 1:01

Tiens nous au courant à la rentrée, Hermione0908. fleurs fleurs2 fleurs

kp
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Re: "Prof en collège, mon quotidien, c'est l'extrême violence verbale"

Message par Hermione0908 le Sam 10 Déc 2011 - 1:15

C'est moche, à dire, mais si le conseil fait son taf, on ne la voit plus définitivement, et je dois dire qu'en tant que PP, ça me soulage. J'ai honte de dire ça.
Il faut cependant être objectif, elle a manifestement un problème qui nous dépasse, et que nous ne pouvons gérer. Et puis, doit-on sacrifier les 26 autres élèves de la classe pour elle ?

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Re: "Prof en collège, mon quotidien, c'est l'extrême violence verbale"

Message par kp le Sam 10 Déc 2011 - 1:24

@Hermione0908 a écrit:C'est moche, à dire, mais si le conseil fait son taf, on ne la voit plus définitivement, et je dois dire qu'en tant que PP, ça me soulage. J'ai honte de dire ça.
Il faut cependant être objectif, elle a manifestement un problème qui nous dépasse, et que nous ne pouvons gérer. Et puis, doit-on sacrifier les 26 autres élèves de la classe pour elle ?
Ma réponse est non; mais elle est ambivalente car d'autres la supporteront éventuellement. Déjà elle peut changer dans un nouveau contexte, un nouvel équilibre. Tu auras fait, quoiqu'il arrive ton job, vraiment. Je te lis depuis un moment Hermione0908, tu es étonnante de vivacité; mais l'heure est au repos du combattant.

kp
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Re: "Prof en collège, mon quotidien, c'est l'extrême violence verbale"

Message par kp le Sam 10 Déc 2011 - 1:25

lunechat fleurs2 fleurs fleurs2 fleurs2 fleurs lunechat

kp
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Re: "Prof en collège, mon quotidien, c'est l'extrême violence verbale"

Message par Ergo le Mar 10 Jan 2012 - 22:25

Pfff...je ne sais pas où mettre ça, ni même si le mettre est une bonne idée (probablement pas) mais là, j'ai besoin d'en parler. Donc vous m'excuserez, je profite de vous un instant pour m'épancher. Embarassed
Je ne sais pas non plus comment formuler malgré le rapport que je viens de faire. D'un côté, je ne veux pas donner trop de détails, de l'autre, j'aimerais comprendre. Et puis, je m'en veux, et même si CPE-géniale m'a dit de ne pas culpabiliser parce qu'il n'y avait pas de raison, je sais que cette histoire va se régler demain et ça me stresse. boulet

J'ai un élève qui prend toujours du temps pour entrer en cours, on va l'appeler Killian (l'élève, pas le cours). Bon, Killian n'est à proprement parler pas en retard, mais il arrive quand même un peu après les autres. Puis il traîne, puis il entre, puis il ressort. Souvent. Aujourd'hui, rebelote, je lui demande deux fois d'entrer, il entre puis il ressort. Je m'agace, il s'assoit à une place qui n'est pas la sienne parce que soi-disant, à cette place, il parlera moins et participera plus. En soi, c'est louable sauf qu'il y a déjà un autre élève à cette place et que je ne vois pas pourquoi je l'en virerais parce que Killian n'est pas capable de fermer sa bouche.
J'invite Killian à rejoindre sa place à lui et à se modérer.

Lors d'un moment où j'ai l'impression de parler dans le vide, j'avertis les élèves que je récupère les carnets de tous les élèves encore en train de parler à l'issue des 20 secondes qui suivent. 20s plus tard, je récupère le carnet de Killian et celui d'un autre élève, tout en disant que ça ne signifie pas que je mets une observation mais qu'ils risquent d'en obtenir une si j'ai la moindre remarque à leur faire d'ici à la fin de l'heure.

Par la suite, Killian met un temps fouuuu à commencer l'activité que je leur demande. Il se retourne, se lève, bavarde avec la voisine de devant ou une élève de derrière. Mais évidemment, ce n'est jamais sa faute, c'est toujours la faute des deux autres (qui sont loin d'être innocentes, dans l'histoire, certes).

A l'issue de l'activité, Killian n'a même pas rempli la première ligne du tableau alors que c'était une phrase d'exemple que nous avions faite ensemble!

Pendant que les autres corrigent au tableau, je commence à rédiger l'observation de Killian, qui proteste. Y a pas que lui, blablabla, et c'est bon, jsuis toujours après lui. Je l'invite à venir me voir à la fin de l'heure pour régler ça après le cours.

A la fin de l'heure, il reste, ne me regarde pas, je lui montre le mot que je lui ai écrit et lui réexplique pourquoi. Il proteste de nouveau à grands coups de monosyllabes et de "c'est bon". Je lui demande à plusieurs reprises de se calmer et de me regarder quand je lui parle. Et je lui réexplique pourquoi oui, il m'exaspère avec ses retards, ses bavardages et oui, ça m'agace et que dire "excusez-moi" au bout d'un moment, ça suffit plus si c'est pour qu'il refasse la même chose deux minutes plus tard. Et que donc j'attends qu'il change. Vraiment. Et qu'il se calme parce que là, il est agressif.

A la fin de cette entrevue, toujours sans me regarder, il me fait "ç'aurait été les autres élèves, ils vous auraient tapée."

Incrédule, je lui réponds: "Pardon?! Donc là, je dois m'estimer heureuse que tu ne me frappes pas?" "C'est bon, je dis juste..." (donc il persiste et signe...)

Je l'ai renvoyé à son cours suivant...et je suis allée au mien. J'en ai parlé à la PP à la pause, on a vu tout de suite la CPE qui est allée en parler à la principale adjointe. Et apparemment, la principale adjointe reçoit l'élève à la première heure demain matin, avec mon rapport (mais moi aussi?).

Oui mais voilà, moi, jme sens mal. Parce que je comprends pas où ça a foiré, si je puis dire. Que j'aie mal géré, oui, certainement, que je me sois énervée, oui, aussi. Mais qu'on en arrive à PP + CPE + PA sans que j'aie eu le temps d'analyser la situation, j'ai du mal, même si évidemment c'est moi qui ai lancé la machine (on nous a dit de raconter tout de suite ce genre de choses). J'ai l'impression qu'y a un truc que j'ai raté. Neutral (Surtout que ce gamin, j'l'aime bien, globalement.)

Bref, je ne comprends pas, je m'en veux et là j'ai qu'une envie, c'est m'excuser auprès des collègues, de la CPE et de la PA. Et ça m'agace aussi, parce qu'au fond, je sais bien que le problème vient du fait que le gamin s'est monté tout seul. Mais jme sens coupable.
(Oui, je suis bête, vous pouvez me jeter des cailloux.)

Qu'est-ce que j'aurais dû faire? (Genre pour le cas où ça se reproduise... Embarassed)

Edit: ok, ça aurait plus sa place dans l'enseignement au quotidien mais ça collait bien à ce topic-là... Embarassed

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Re: "Prof en collège, mon quotidien, c'est l'extrême violence verbale"

Message par viesco le Mar 10 Jan 2012 - 22:32

Là je dis que Killian a cherché les emmerd.. et que tu as fait ce qu'il fallait. Wink

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Re: "Prof en collège, mon quotidien, c'est l'extrême violence verbale"

Message par frimoussette77 le Mar 10 Jan 2012 - 22:33

@viesco a écrit:Là je dis que Killian a cherché les emmerd.. et que tu as fait ce qu'il fallait. Wink
+1

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Re: "Prof en collège, mon quotidien, c'est l'extrême violence verbale"

Message par Thalia de G le Mar 10 Jan 2012 - 22:43

Tu as bien agi.
Tu aurais pu faire comme si tu ne voyais rien, mais personnellement, j'ai du mal.

Thalia de G
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Re: "Prof en collège, mon quotidien, c'est l'extrême violence verbale"

Message par Evariste le Mer 11 Jan 2012 - 0:15

@viesco a écrit:Là je dis que Killian a cherché les emmerd.. et que tu as fait ce qu'il fallait. Wink
+1
Surtout que ce gamin, j'l'aime bien, globalement
Et qui aime bien.... professeur

_________________
Quand on ne sait pas où on va il faut y aller.... et le plus vite possible

Evariste
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Re: "Prof en collège, mon quotidien, c'est l'extrême violence verbale"

Message par Moonchild le Mer 11 Jan 2012 - 0:35

@Ergo a écrit:J'ai un élève qui prend toujours du temps pour entrer en cours, on va l'appeler Killian (l'élève, pas le cours).
Moi je veux bien donner des cours de Killian :

abk

Moonchild
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Re: "Prof en collège, mon quotidien, c'est l'extrême violence verbale"

Message par frankenstein le Mer 11 Jan 2012 - 1:45

@Evariste a écrit:
@viesco a écrit:Là je dis que Killian a cherché les emmerd.. et que tu as fait ce qu'il fallait. Wink
+1
Surtout que ce gamin, j'l'aime bien, globalement
Et qui aime bien.... professeur
+1

Puis il ne faut pas faire de sentiment (enfin, si, mais surtout ne pas le montrer)...Et c'est une question d'expérience, je pense. C'est le genre de situation (certes douloureuse) que beaucoup de (jeunes) enseignants vont vivre à un moment ou un autre, il faut la vivre pour la comprendre et en sortir plus "fort".

Bon, je sais que c'est facile à dire et bcp plus difficile à vivre, mais ne te rends pas malade pour ça ! Wink fleurs En plus , je ne suis que PE, mais j'ai déjà eu des CM2 "gratinés", des CLIS et une SEGPA...

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Si les élections pouvaient changer la société, elles seraient interdites.

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Re: "Prof en collège, mon quotidien, c'est l'extrême violence verbale"

Message par Avatar des Abysses le Mer 11 Jan 2012 - 10:46

Pareil qu'evariste, je me suis surpris parfois à être plus ferme et exigent avec les élèves que j'appréciais.

Qui aime bien châtie bien! Mais d'abord le châtiment c'est plus drôle ^^

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N'écoutez pas les bruits du monde, mais le silence de l'âme. ( JCVD )

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