Stratégies d'évitement... Comment ça se fait ?
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Re: Stratégies d'évitement... Comment ça se fait ?
Rikki a écrit:
Pour les histoires de poules et d'œufs, depuis que j'ai le CP, je suis de plus en plus convaincue que le seul endroit auquel on puisse réamorcer la pompe dans la dynamique réussir / avoir envie de faire, c'est en les obligeant à réussir.
Voilà !!!
Et c'est possible en donnant la même dose de travail au gamin, mais en passant régulièrement à côté de lui pour le stimuler...
La réussite donne confiance, et la confiance donne la réussite...
Sapotille- Grand sage
Re: Stratégies d'évitement... Comment ça se fait ?
Entièrement d'accord avec Rikki, sur le fait de "les obliger à réussir", leur mettre sous le nez de façon indiscutable que s'ils suivent les consignes, ils font juste, pour la majorité des exercices.
Mowgli, comme je te comprends ! Je fais de même avec ceux qui récalcitrent !
Et puis, il y a des moments où, ne nous le cachons pas, faire classe ressemble plus à une guerre de tranchées, ou à une partie de go, pour "forcer" les élèves à "se sortir un peu les tripes", notamment chez les plus grands.
Un exemple tout frais : lundi matin, la majorité de cessales feignants adorables bambins refusaient de se poser les questions élémentaires qui leur auraient permis d'accorder correctement des participes passés : "Me demander si c'est l'auxiliaire être ou avoir, pfffff, c'est trop fatigant !" "Chercher le genre et le nombre du sujet : ouah, le vieil esclavage !"
Bref, après une demi-heure à argumenter, ré-expliquer, puis m'arracher les cheveux (on est au CM2, quand même : ils entendent ça depuis le CE1 !!!!!! :colere:), j'ai fini par dire : "Bon, puisque c'est comme ça, nous ne sortirons en récréation que quand j'aurai eu zéro faute aux bêtes exercices d'application (sans aller chercher l'accord avec COD antéposé, hein...).
Eh bien, nous sommes sortis en récréation très en retard sur les petits copains, mais tout était juste. Ceci dit, j'ai eu l'impression de dépenser l'énergie normalement utilisée pour trois jours de classe !
Je leur en ai d'ailleurs reparlé en rentrant de la récré (toute petite, la récré, forcément...) : il n'est quand même pas normal que pour des exercices d'application aussi basiques, j'aie besoin de les "coincer" ainsi. Ils en sont convenus, et la classe a bien fonctionné jusqu'à hier soir (ils se sentaient sans doute un peu gênés aux entournures...).
C'est comme ça : avec les enfants d'aujourd'hui, sans vouloir faire "vieille bique sur le retour", il faut parfois se battre pour obtenir des résultats. Et ça ne s'arrange certainement pas en grandissant, pour la plupart : comme je les plains, nos collègues du collège !
Mowgli, comme je te comprends ! Je fais de même avec ceux qui récalcitrent !
Et puis, il y a des moments où, ne nous le cachons pas, faire classe ressemble plus à une guerre de tranchées, ou à une partie de go, pour "forcer" les élèves à "se sortir un peu les tripes", notamment chez les plus grands.
Un exemple tout frais : lundi matin, la majorité de ces
Bref, après une demi-heure à argumenter, ré-expliquer, puis m'arracher les cheveux (on est au CM2, quand même : ils entendent ça depuis le CE1 !!!!!! :colere:), j'ai fini par dire : "Bon, puisque c'est comme ça, nous ne sortirons en récréation que quand j'aurai eu zéro faute aux bêtes exercices d'application (sans aller chercher l'accord avec COD antéposé, hein...).
Eh bien, nous sommes sortis en récréation très en retard sur les petits copains, mais tout était juste. Ceci dit, j'ai eu l'impression de dépenser l'énergie normalement utilisée pour trois jours de classe !
Je leur en ai d'ailleurs reparlé en rentrant de la récré (toute petite, la récré, forcément...) : il n'est quand même pas normal que pour des exercices d'application aussi basiques, j'aie besoin de les "coincer" ainsi. Ils en sont convenus, et la classe a bien fonctionné jusqu'à hier soir (ils se sentaient sans doute un peu gênés aux entournures...).
C'est comme ça : avec les enfants d'aujourd'hui, sans vouloir faire "vieille bique sur le retour", il faut parfois se battre pour obtenir des résultats. Et ça ne s'arrange certainement pas en grandissant, pour la plupart : comme je les plains, nos collègues du collège !

Clarinette- Sage
Re: Stratégies d'évitement... Comment ça se fait ?
Hier, nous avons été obligées d'aller très loin dans le "tu es capable donc tu fais, la même chose que les autres, même si tu mets dix fois plus de temps que les autres" : Nico a quitté ma classe à 9 heures 20 après avoir épuisé toutes les stratégies d'évitement et mis hors d'elle l'EVS qui surveillait le groupe.
Il a atterri au bureau de ma collège de cycle 3 et y a passé toute la journée (en sortant aux récréations toutefois) sauf les dernières quinze minutes où il a pu rejoindre ma classe pour faire son dessin après avoir effectué tout le programme de la journée sauf la dictée !
Là, on est dans le cas particulier d'un élève à problèmes comportementaux lourds encouragés par la famille qui cherche qui plus est à lui faire obtenir le statut d'handicapé pour ne plus avoir à lui imposer de contraintes.
Je ne sais pas si nous arriverons à l'en sortir ou s'il passera par la case ITEP comme les grands frères mais, au moins, il sait lire, écrire, compter. L'orthographe est déplorable mais il sait conjuguer, analyser et il comprend parfaitement ce qu'il lit. C'est déjà ça de pris !
Il a atterri au bureau de ma collège de cycle 3 et y a passé toute la journée (en sortant aux récréations toutefois) sauf les dernières quinze minutes où il a pu rejoindre ma classe pour faire son dessin après avoir effectué tout le programme de la journée sauf la dictée !
Là, on est dans le cas particulier d'un élève à problèmes comportementaux lourds encouragés par la famille qui cherche qui plus est à lui faire obtenir le statut d'handicapé pour ne plus avoir à lui imposer de contraintes.
Je ne sais pas si nous arriverons à l'en sortir ou s'il passera par la case ITEP comme les grands frères mais, au moins, il sait lire, écrire, compter. L'orthographe est déplorable mais il sait conjuguer, analyser et il comprend parfaitement ce qu'il lit. C'est déjà ça de pris !

doublecasquette- Empereur
Re: Stratégies d'évitement... Comment ça se fait ?
Life is a struggle.... Teaching, too...

Clarinette- Sage
Re: Stratégies d'évitement... Comment ça se fait ?
Mufab a écrit:fugue a écrit:Comment pourraient-ils ne rien apprendre dans ta classe? Tu leur proposes forcément des choses nouvelles.
Tu es en train de te flageller pour un état de fait dont tu n'es pas responsable. Ce n'est pas comme ça tous les ans, n'est-ce pas?
Hé... Ça le devient.
Je ne me flagelle pas, Fugue, je constate ce phénomène et m'interroge sur ses origines, et sur les moyens de remettre tout le monde dans le train de ce qui me semblait un besoin fondamental : progresser.
Pas facile, parce qu'il faut sans doute remettre des choses en cause de son enseignement, ou de son attitude... Mais quoi exactement ?
PE j'ai fait le même constat affligeant, PLP c'est encore pire !
rien ne semble plus les intéresser, ni les motiver, leur seul objectif semble être en faire le moins possible
Remettre en cause son enseignement, son attitude, oui parce qu'il faut bien essayer de s'adapter pour faire son boulot au mieux, mais à quel prix ? finir les semaines de 27 heures vidé, démoralisé, seul face à ses limites et ses doutes ...
J'ai bien peur qu'il s'agisse au-delà d'un problème scolaire, d'un réel problème de société (voir les études générations Y et Z), et pas sûr qu'on arrive à tout résoudre avec nos moyens réduits et nos petits bras musclés.
On est face à une génération "zapping" née avec les NTIC, l'instantanné, l'ephémère, l'éparpillement, le "multitache", la vitesse, le tout tout de suite ... rien qui valorise donc l'effort, la persévérance.
Si on ajoute les programmes télé (style star ac, qui veut gagner des millions...) où la réussite arrive d'un coup de baguette magique, et même les pubs qui prétendent qu'il suffit d'un déo, d'un parfum, d'un shampoing pour que tout réussisse... On obtient des troubles de l'attention, le refus de l'effort, des contraintes, la perte des valeurs.
Car travail, effort sont des valeurs d'adultes (et judéo-chrétiennes) et les parents -qu'on a beaucoup culpabilisés (enfant roi) veulent parfois "protéger", cocooner, préserver l'enfance et l'innocence. En plus cela exige des parents des efforts aussi, et après une journée de travail pas envie de se bagarrer, on devient moins exigeants sur le rangement de la chambre, faire son lit, préparer son cartable, faire les devoirs, participer au débarassage ... on encourage finalement le laisser aller.
Dans certaines familles il y a aussi le chomage, le manque de lisibilité de l'avenir, la crise qui plane ... mais souvent les aides, les alloc, les primes de rentrée tombent à point. Je dis ça parce que j'ai été effarée par un couple de jeunes adultes qui prenaient un an "sabatique" puisque selon eux "ils avaient droit au chômage" sic, pour faire du tourisme dans les îles, faire du surf tout en bossant un peu au noir quand même
Il revient donc d'abord aux parents, puis aussi au enseignants, d'expliquer en quoi l'effort est important, valorisé, payant. Les règles, les exigences, doivent être précises et justifiées, les aides, conseils, soutien et encouragements font partie du processus, tout comme le fait de ne pas stigmatiser l'échec et donner les moyens de le surmonter.
J'ai aussi pratiqué les récompenses et les "mini challenges" (les enfants aiment bien en général) juste dans l'idée de valoriser le travail et ... la réussite, si minime soit elle.(c'était l'idée de la différenciation, proposer à chacun de progresser...)
Pas de remède miracle, mais je crois qu'on ne peut pas porter seuls la responsabilité de l'attitude de nos élèves au risque d'y laisser des plumes

Malaca- Niveau 8
Re: Stratégies d'évitement... Comment ça se fait ?
Clarinette a écrit:Life is a struggle.... Teaching, too...
La vie est un(e)... L'enseignement aussi... Il me manque un mot
! Lutte ! Nicodème a parfaitement compris cet adage et il l'applique en pratiquant la guérilla active à longueur de journée
! Il ne se passe hélas pas une demi-journée sans qu'il tente de résister à l'envahisseur en minant un pont, détournant un convoi de munitions, attaquant à la kalachnikov une patrouille d'éclaireurs !
Surtout depuis qu'il a appris qu'il existait des classes où les enseignants, passés à l'ennemi, fichent une paix royale aux élèves en difficulté qui ont droit à la différenciation qui leur convient : ... le mandala !

doublecasquette- Empereur
Re: Stratégies d'évitement... Comment ça se fait ?
Malaca a écrit:
PE j'ai fait le même constat affligeant, PLP c'est encore pire !
rien ne semble plus les intéresser, ni les motiver, leur seul objectif semble être en faire le moins possible![]()
Des le college on leur dit tu fiches rien va en LP. Tu resteras sur la meme longueur d'ondes. Ils arrivent de force dans un endroit qu'on leur a présenté plus bas que terre. Tu ne pourras pas tomber plus bas que terre que d'être en LP. On retrouve des gamins qui ont compris qu'ils vont pas en foutre car ils ont usé des profs de colleges alors les profs de LP ca va pas leur faire peur. Les gamins tombent de haut car on leur repete que ca sera facile de suivre en LP et ils déchentent quand ils voient les exigences aux examens
. Alors on fait tout pour que le prof ne fasse pas cours, soit usé, une envie urgente d'aller chez linfirmière
Remettre en cause son enseignement, son attitude, oui parce qu'il faut bien essayer de s'adapter pour faire son boulot au mieux, mais à quel prix ? finir les semaines de 27 heures vidé, démoralisé, seul face à ses limites et ses doutes ...
Je l'ai fais. Je suis démotivée, vidée car les nouvelles générations n'en fichent pas une car cest trop dur....Pourquoi bosser maintenant alors qu'en college jetais pasl à, j'ai dormi.
J'ai bien peur qu'il s'agisse au-delà d'un problème scolaire, d'un réel problème de société (voir les études générations Y et Z), et pas sûr qu'on arrive à tout résoudre avec nos moyens réduits et nos petits bras musclés.
On est face à une génération "zapping" née avec les NTIC, l'instantanné, l'ephémère, l'éparpillement, le "multitache", la vitesse, le tout tout de suite ... rien qui valorise donc l'effort, la persévérance.
Si on ajoute les programmes télé (style star ac, qui veut gagner des millions...) où la réussite arrive d'un coup de baguette magique, et même les pubs qui prétendent qu'il suffit d'un déo, d'un parfum, d'un shampoing pour que tout réussisse... On obtient des troubles de l'attention, le refus de l'effort, des contraintes, la perte des valeurs.
Oui je suis d'accord.
Car travail, effort sont des valeurs d'adultes (et judéo-chrétiennes) et les parents -qu'on a beaucoup culpabilisés (enfant roi) veulent parfois "protéger", cocooner, préserver l'enfance et l'innocence. En plus cela exige des parents des efforts aussi, et après une journée de travail pas envie de se bagarrer, on devient moins exigeants sur le rangement de la chambre, faire son lit, préparer son cartable, faire les devoirs, participer au débarassage ... on encourage finalement le laisser aller.
Dans certaines familles il y a aussi le chomage, le manque de lisibilité de l'avenir, la crise qui plane ... mais souvent les aides, les alloc, les primes de rentrée tombent à point. Je dis ça parce que j'ai été effarée par un couple de jeunes adultes qui prenaient un an "sabatique" puisque selon eux "ils avaient droit au chômage" sic, pour faire du tourisme dans les îles, faire du surf tout en bossant un peu au noir quand mêmeles aides et la solidarité me semblent avoir été détournées dans un esprit de facilité et de profit immédiat encore une fois.
Il revient donc d'abord aux parents, puis aussi au enseignants, d'expliquer en quoi l'effort est important, valorisé, payant. Les règles, les exigences, doivent être précises et justifiées, les aides, conseils, soutien et encouragements font partie du processus, tout comme le fait de ne pas stigmatiser l'échec et donner les moyens de le surmonter.
J'ai aussi pratiqué les récompenses et les "mini challenges" (les enfants aiment bien en général) juste dans l'idée de valoriser le travail et ... la réussite, si minime soit elle.(c'était l'idée de la différenciation, proposer à chacun de progresser...)
Pas de remède miracle, mais je crois qu'on ne peut pas porter seuls la responsabilité de l'attitude de nos élèves au risque d'y laisser des plumes![]()
Je partage ton avis à 18888888888888888888%. Mais je crois que je ne vais plus non plus les non sanctions envers les parents qui ne font pas leur boulot. M'entendre dire que cest de ma faute que j'ai exclu l'élève car la crepe qu'il allait manger, allait tomber par terre et donc pourrir...j'aurais du me taire et le laisser manger. Voilà ce que je prend dans la tete et le cpe sen fou
Lenou3132- Habitué(e) du forum
Re: Stratégies d'évitement... Comment ça se fait ?
Sapotille a écrit:Tu irais à l'école, toi, s'il n'y avait pas un salaire à la fin du mois ?
Une indemnité tout au plus pour compenser très modestement le temps précieux que j'y perds.

Dhaiphi- Neoprof expérimenté
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