Malaise chez les libraires

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Malaise chez les libraires

Message par Cripure le Mar Déc 20 2011, 13:35

Dans Libération d'aujourd'hui.
http://www.liberation.fr/culture/01012378580-les-livres-ma-passion-ma-perte
J’ai créé à Lyon une librairie spécialisée dans la musique en 2005. Ceux qui la connaissent - des professionnels et musiciens du monde entier - la disent unique en France et en Europe. Un choix de vie «à mi-parcours» longuement mûri, après une première partie de carrière dans l’informatique scientifique. La librairie est ouverte cinquante heures par semaine et ne ferme que deux semaines début août. Nous sommes deux : une salariée et moi-même. Depuis sept ans, j’y travaille 80 à 90 heures par semaine, 49 semaines par an, avec au mieux un dimanche de pause par mois. A l’automne 2010, j’ai enchaîné 59 jours sans une seule demi-journée de repos. Depuis sept ans, faute de moyens pour sous-traiter, je gère seule ma comptabilité pour 400 fournisseurs, presque l’équivalent d’un plein-temps, effectué la nuit et le dimanche. Nous avons organisé des centaines de rencontres à la librairie, parfois pour «personne» (ce qu’aucun libraire n’avoue jamais, trop d’offre tue l’offre, surtout quand elle est gratuite !). Et, plusieurs fois par mois, je m’en vais après la fermeture tenter de vendre livres et disques lors de concerts.

Nous participons chaque année à trois grands salons et deux festivals dans la région : un salon, c’est des heures de préparation, des commandes, des tonnes de livres à porter à bout de bras, les nocturnes du samedi, le dimanche soir sur les rotules et le lundi matin au travail pour une nouvelle semaine ! Nous approvisionnons aussi la boutique de l’Auditorium : gestion des stocks à l’aiguille deux fois par mois, compte tenu du fait qu’on achète et paie tous les livres avant d’espérer les vendre. Et, bien sûr, au quotidien, il faut : trouver l’argent pour passer les fins de mois avec une trésorerie toujours brûlante, chercher les bouquins introuvables pour les clients, faire le livreur dans les collectivités (un bibliothécaire ne se déplace pas : le contrat de marché exige qu’on le livre sur son bureau !), communiquer sur les animations et les parutions, alimenter un blog, passer des heures à éplucher les sites d’éditeurs (avec plus de 1 000 éditeurs parfois très confidentiels dans les rayons, si je ne vais pas chercher l’information, elle n’arrive pas seule !). Depuis sept ans, mon existence n’est que travail, sans un sou pour manger décemment, quatre hivers consécutifs sans chauffage, une épaule détruite sans possibilité de la faire soigner, plus aucune vie sociale. La famille le jour de Noël (dans quel état !) et pour la fête des Mères. Combien sommes-nous à «vivre» ainsi, esclaves de fournisseurs qui nous imposent des conditions qu’aucun contrôleur du travail ne tolérerait !

La prochaine hausse de la TVA sur les livres ne fait donc qu’alimenter la colère qui mijote en moi depuis les dernières Rencontres nationales de la librairie. Les 15 et 16 mai, à Lyon, 450 libraires venus de toute la France ont fait le point sur leur état et leur avenir. Diffuseurs, distributeurs, éditeurs, élus, ministre de la Culture et autres acteurs des pouvoirs publics nous ont répété, la main sur le cœur, leur attachement à la librairie indépendante, à son importance culturelle et sociale dans la cité, à son rôle clé pour la diffusion des savoirs et de la pensée, et blablabla, et blablabla. On riait tant c’était gros. Puis on a ri jaune, en voyant écrit noir sur blanc ce que nous savions déjà : dans quelques mois, beaucoup d’entre nous seraient morts.

Le cabinet Xerfi, mandaté par le ministère de la Culture, nous a présenté le résultat d’une étude économique sur la librairie indépendante entre 2003 et 2011. Quelques chiffres édifiants : la marge commerciale des libraires a augmenté de 1% en sept ans alors que, dans le même temps, les charges ont augmenté de 16% et la part de marché baissé de 4%. Conséquence, le résultat net moyen de nos entreprises est en chute libre : 0,3% du chiffre d’affaires, soit quelques centaines d’euros pour la majorité d’entre nous. Autant dire que, depuis, la seule hausse du prix du gazole nous a tous mis dans le rouge. Et le nouveau coup de boutoir que représente la hausse de la TVA ne fera qu’accélérer la destruction du réseau de librairies indépendantes. Amen.

Mais de qui se moquent nos fournisseurs quand ils répètent à l’envi tenir à nos structures ! Qu’on comprenne bien : depuis la loi Lang, le prix de vente TTC d’un livre est fixé par l’éditeur. Les libraires travaillent et vivent avec la remise qu’on leur octroie sur ce prix, marge qui sert à payer nos loyers, nos emprunts, les salaires de smicards de nos salariés, l’eau, l’électricité, les impôts, les 9% de rabais sur chaque livre vendu à une bibliothèque, et aussi les 6% de taxe à la Sofia (la Sacem des livres pour faire court), le papier cadeau exigé comme un dû notamment à Noël, la fidélité de 5%, et le vol contre lequel nous ne sommes pas assurés ! Si la majorité des gérants de petites librairies sauvent leur exercice d’année en année, c’est parce qu’ils ne se paient pas !

La discrète évocation de notre quotidien attire systématiquement la même réflexion : «D’accord, ça a l’air dur, mais vous êtes passionnés !» Franchement, la passion a bon dos. Et je trouve cher payé l’engagement sans limite consenti depuis des années pour défendre des livres, quand les intermédiaires de la chaîne nous maintiennent dans une misère intolérable. De leur côté, élus et politiques ne tarissent pas d’une hypocrisie sans bornes pour répéter leur attachement à nos librairies et l’importance qu’elles revêtent dans le «tissu culturel et social». Après avoir lancé un vibrant «la politique du livre est un atout formidable pour la France», Valérie Pécresse expliquait sans rire le 11 décembre sur Europe 1 que les librairies n’avaient qu’à écouler leur stock en deux mois pour ne pas être gênés par la hausse de la TVA. Sait-on au gouvernement ce qu’est un stock de librairie ? Nous ne vendons pas des «salades», nous vendons des livres ! Dont certains, contenant des textes vieux de deux mille ans, sont dans nos rayons depuis deux, trois ou quatre ans et doivent y être, quel que soit le temps nécessaire pour que quelqu’un décide de les acheter et de les lire ! Cela s’appelle l’accès à la culture. On pourrait espérer qu’à Lyon, la municipalité de gauche tienne un tout autre discours. Las… J’ai eu la folie - semble-t-il - d’installer ma librairie en 2005 dans un beau local situé à moins de cent pas de l’Opéra et du musée des Beaux-Arts. Ce qui ne manquait pas de logique. Le «pas de chance», c’est que notre rue est envahie de travaux - pour des locaux publics - ininterrompus depuis quatre ans. Leur ampleur a entraîné en 2011 une perte de chiffre d’affaires catastrophique, les clients ne pouvant souvent pas accéder à la librairie. Réponse de la municipalité à mes demandes d’indemnisation du préjudice subi : «Personne ne vous a demandé de vous installer là.» Sous prétexte d’entreprises privées (et si peu lucratives !), nous sommes privées de ce qui soutient la culture publique et exclues de facto des dispositifs de subventions culturelles et de mécénat. Pour cette raison aussi, la simple mention de nos librairies est exclue des outils de communication officiels de la ville et des arrondissements. Quel non-sens !

Bien sûr, je ne gomme pas les moments de bonheur : les échanges inoubliables avec des inconnus qui passent la porte par hasard, les clients qui prêtent de l’argent gratuitement «parce que ce que [vous faites] est essentiel». Et surtout, la réalisation des rêves les plus fous, ceux-là mêmes qui avaient motivé la création de cette librairie : je voulais recevoir Patricia Barber [auteur-compositeur-interprète de jazz américaine, ndlr] et elle est venue. Elle, mes artistes préférés, mes auteurs de chevet : des rêves de petite fille qui ont pris chair et sens. J’ai tout donné et tout perdu probablement dans cette boîte, mais quelle que soit la suite, il me restera ça.

La prochaine hausse de la TVA aura des conséquences catastrophiques pour nous. Mais personne ne pourra nous reprocher de ne pas avoir alerté. Quand on aura tous baissé le rideau, cela fera quelques milliers de libraires chômeurs mais bien plus de gens, dont l’emploi et le salaire dépendent de notre existence.

Quand les clients achètent sur Internet un livre qu’ils trouveraient au même prix en bas de chez eux, ils participent à notre mise à mort. Ils tuent surtout une bonne partie de la vie intellectuelle de notre société. La fin de la librairie indépendante, c’est la fin de centaines de maisons d’édition qui publient des pensées et des écrits essentiels. Le jour où ces éditeurs n’auront plus qu’Internet et ses méthodes de cow-boy pour diffuser leurs livres, il sera trop tard.

Qui, parmi nous, n’a pas commandé un livre sur Internet en 2011 ? Difficile de nier, dans notre société de gens pressés, le temps et l’énergie ainsi gagnés. Mais nous devons prendre conscience des graves conséquences sociales et culturelles de ce geste sur le réseau des librairies indépendantes. Des conséquences amplifiées par la hausse à venir de la TVA sur le livre. En décidant de faire passer celle-ci de 5,5% à 7% début 2012, le gouvernement donne le coup de grâce à un secteur déjà laminé par la vente en ligne, la multiplication des grandes enseignes et l’essor des tablettes. Certes, le Sénat vient de rejeter cette hausse de la TVA mais l’Assemblée nationale, jeudi, devrait l’adopter. Et même si les libraires se voient allouer un délai de deux mois pour l’appliquer, pas sûr que beaucoup y résistent si l’on en croit ces deux témoignages. A.S.


http://www.liberation.fr/societe/01012378579-ne-tirez-plus-sur-le-libraire

L’autre jour, vers 15 heures, je m’approche de ma librairie et j’aperçois une jeune femme qui mitraille ma vitrine de Noël avec son iPhone. J’engage la conversation et lui demande l’intérêt qu’elle peut bien y trouver. «Je photographie les couvertures des livres qui m’intéressent pour pouvoir les commander sur Internet», me dit-elle. En entendant cette réponse, je pense à Lucien Jerphagnon et, avec lui, je songe : Homère d’alors (1). Hé oui, les commerces «de rue» sont nombreux à être victimes de ces pratiques déloyales. Un spécialiste de guitares de la rue Victor-Massé avec qui je prenais un verre m’expliquait il y a peu que certains clients venaient essayer des instruments dans sa boutique, lui demandaient moult conseils avant de partir sans le moindre achat, ni même revenir. Ils achètent maintenant leurs instruments sur Internet, moins cher bien sûr. Soyons clairs : les consommateurs sur Internet veulent le beurre et l’argent du beurre, mais ils ont de plus en plus tendance à négliger la crémière. Bientôt, la dame de l’autre jour ne trouvera plus de vitrines à photographier, l’amateur de guitares trouvera moins facilement de bons professionnels pour l’orienter.

Qui aurait cru, il y a dix ou quinze ans, qu’autant de consommateurs se transformeraient si vite en serial killers de commerçants indépendants, l’index rivé sur le clic gauche de leur souris devenue gâchette. Et ils tirent ! Ils tirent ! A Noël, c’est une pluie de missiles qui réduit en cendres ou endommage nombre d’entre nous, surtout les libraires, les plus fragiles. Dans les dix dernières années, plus de 15% ont fermé leurs portes. Et de nouvelles questions ont surgi dans l’esprit de celui qui a vendu par centaines le petit Indignez-vous ! de Stéphane Hessel : à quoi bon s’indigner aussi massivement contre les puissants, les grands groupes commerçants ou financiers si l’on s’en va cliquer en faveur de ces mêmes grands groupes ? Sommes-nous allés faire un tour dans les entrepôts du e-commerce, pour interroger les employés de ces chaînes aux cadences folles sur leurs salaires, leurs conditions de travail ?

Résumons-nous : les éditeurs imposent aux libraires des conditions commerciales insuffisantes à leur survie ; les loyers des centres-villes deviennent peu à peu inaccessibles au commerce de livres, trop faiblement rentable ; les grandes enseignes culturelles se multiplient et continuent d’exercer une forte attraction ; une partie des lecteurs se met à préférer la relation virtuelle à l’échange «charnel», intellectuel ou de simple bon voisinage ; les «tablettes» menacent d’envahir la planète Gutenberg… Et voilà que l’Etat profite de ce moment critique pour imposer, sans la moindre négociation, une augmentation de la TVA sur le livre de 5,5 à 7% !

Cette hausse met en danger la profession de libraire. La vente des livres neufs est pourtant encadrée en France par la loi Lang qui impose un prix de vente unique, quelle que soit la taille du magasin ou de l’enseigne. L’un des principaux objectifs de ceux qui ont inspiré cette loi était de favoriser un maillage serré de points de vente de livres sur le territoire afin d’assurer la diffusion et la vente d’une production aussi diversifiée que possible. Le développement des grandes enseignes culturelles et du discount faisait en effet apparaître un risque de «standardisation» de la production et donc une menace sur la viabilité économique de livres de qualité, ou plus difficiles, bref une menace sur la liberté d’éditer. Comment expliquer les difficultés qu’il y a aujourd’hui à exercer le métier de libraire indépendant malgré cette loi protectrice ?

Commençons par un exemple : pour vous faire payer 1,10 ou 1,20 euro le café que vous buvez sur le zinc avant d’aller travailler, le bistrotier multiplie par 5 ce que lui coûte votre tasse. Plus tard, vous payez 50 euros un pull que le marchand de vêtements a acheté 10 ou 15 euros, parfois moins. Coefficient mutiplicateur : 3, 4, 5 et plus. Les libraires, eux, lorsqu’ils achètent le prix Goncourt chez Gallimard, multiplient par 1,33 ou 1,35, au mieux 1,40, le prix facturé par la maison d’édition, selon la remise accordée par ce fournisseur sur le prix unique du livre. Et pourtant les libraires ont les mêmes frais fixes que les autres : salaires, loyer, électricité, téléphone, etc. Il leur faut quand même envisager un modeste bénéfice, histoire de pérenniser la petite entreprise.

Cette hausse de la TVA peut donc être fatale à des centaines de libraires : n’ayant pas le choix du prix des livres qu’ils vendent, il leur sera impossible de répercuter le manque à gagner. Sans compter le poids financier de l’ensemble des volumes de leur fonds acquis à une TVA de 5,5% et qu’ils devront vendre avec une taxation de 7%. Depuis longtemps, les libraires indépendants qui s’en sortent le mieux ou le moins mal, savent attirer et fidéliser leur clientèle de lecteurs par des découvertes de bons et de grands textes, par la promotion des plus beaux livres de chacun de leurs rayons, par l’organisation patiente de leur espace de vente et de leurs vitrines, par des animations, des lectures et signatures avec des auteurs, par leur implication dans leur quartier… Ils ont aussi su se doter depuis la fin des années 90 d’un syndicat unitaire combatif et efficace, le Syndicat de la librairie française, qui concentre aujourd’hui la mobilisation contre la hausse de la TVA.

C’est désormais au public des lecteurs, aux décideurs du monde du livre et de l’édition et aux pouvoirs publics de se prononcer sur l’avenir de la librairie indépendante en France. Nous, libraires, nous voulons croire à la noblesse de notre métier, à son rôle indispensable dans la diffusion de la création littéraire et de la pensée. Nous sommes convaincus que notre métier a un avenir.

(1) «De l’amour, de la mort, de Dieu et autres bagatelles», entretiens avec Christiane Rancé, Albin Michel.

Cripure
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Re: Malaise chez les libraires

Message par Audrey le Mar Déc 20 2011, 16:07

Superbes articles, le premier m'a remué les tripes... Mais que faire, à part continuer à acheter chez les libraires?

Audrey
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Re: Malaise chez les libraires

Message par artaxerxes le Mar Déc 20 2011, 16:17

+1

artaxerxes
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Re: Malaise chez les libraires

Message par Marie Laetitia le Mar Déc 20 2011, 16:28

Raison pour laquelle je refuse d'acheter dans des librairies en ligne mes ouvrages neufs, Amazon compris, d'autant qu'il y a moyen de réserver et payer en ligne ses livres pour les retirer dans la librairie de quartier en passant par là http://www.1001libraires.com/#aLaUne

J'en avais parlé ici
http://www.neoprofs.org/t32083-1001-librairies-en-ligne-une-alternative-a-amazon?highlight=amazon

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Il y a un temps pour tout, un temps pour les larmes, un temps pour les rires, un temps pour se lamenter et un temps pour danser.
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Si tu crois encore qu'il nous faut descendre / Dans le creux des rues pour monter au pouvoir / Si tu crois encore au rêve du grand soir / Et que nos ennemis, il faut aller les pendre
Dis-le-toi désormais / Même s'il est sincère / Aucun rêve jamais / Ne mérite une guerre / On a détruit la Bastille / Et ça n'a rien arrangé / On a détruit la Bastille / Quand il fallait nous aimer
Mon ami, je crois que tout peut s'arranger / Sans cris sans effroi même sans insulter les bourgeois / L'avenir dépend des révolutionnaires / Mais se moque bien des petits révoltés / L'avenir ne veut ni feu ni sang ni guerre / Ne sois pas de ceux-là qui vont nous les donner (J. Brel, La Bastille)

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Re: Malaise chez les libraires

Message par Audrey le Mar Déc 20 2011, 16:36

Aucune librairie de ma ville n'est inscrite sur ce site.... Et ces derniers temps, à chaque fois que j'ai cherché une référence précise, j'aurais dû commander et attendre une semaine, voire davantage.... Alors qu'à Lyon, ou sur internet, je serais repartie guillerette de la librairie... On n'a quand même pas tous le même environnement en matière de librairie, ce qui rend internet malheureusement bien pratique.

Audrey
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Re: Malaise chez les libraires

Message par Leclochard le Mar Déc 20 2011, 16:44

Merci pour le lien Marie Laetitia.
J'avoue n'avoir jamais fait attention à ce problème des librairies indépendantes. En général, j'achète mes livres chez Gibert pour les occasions (des classiques en livres de poche) ou à la Fnac -le magasin, pas le site- (pour les Pléiade, les livres d'art, les BD) ou sur Amazon (pour les ouvrages ordinaires sur des sujets divers).
Faut reconnaître que ça rend service de pouvoir réfléchir, comparer chez soi, sans avoir besoin de se déplacer, surtout lorsqu'on est en vacances -ou pas- à plusieurs dizaines de kilomètres d'une libraire.
Juste une précision: sur Amazon, on peut acheter des ouvrages d'occasion ou neufs vendus par des libraires.


Dernière édition par Leclochard le Mar Déc 20 2011, 16:45, édité 1 fois

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Re: Malaise chez les libraires

Message par Marie Laetitia le Mar Déc 20 2011, 16:45

Audrey a écrit:Aucune librairie de ma ville n'est inscrite sur ce site.... Et ces derniers temps, à chaque fois que j'ai cherché une référence précise, j'aurais dû commander et attendre une semaine, voire davantage.... Alors qu'à Lyon, ou sur internet, je serais repartie guillerette de la librairie... On n'a quand même pas tous le même environnement en matière de librairie, ce qui rend internet malheureusement bien pratique.


tu peux éventuellement leur faire connaître ou leur demander pourquoi ils n'y adhèrent pas (coût?) ça serait intéressant... Sinon on peut réserver simplement par coup de fil à sa librairie la plus proche.

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Re: Malaise chez les libraires

Message par Marie Laetitia le Mar Déc 20 2011, 16:49

Leclochard a écrit:
Faut reconnaître que ça rend service de pouvoir réfléchir, comparer chez soi, sans avoir besoin de se déplacer, surtout lorsqu'on est en vacances -ou pas- à plusieurs dizaines de kilomètres d'une libraire.


tu peux aussi faire l'inverse, comparer sur internet en passant par Amazon ou autres et commander chez ton libraire. La population est aujourd'hui concentrée dans de grandes villes, donc c'est faisable pour la majorité (mais si un jour on va s'installer dans notre campagne, aïe là... le rayon livres du tabac presse même l'été donne envie de pleurer. Mais on peut tjrs commander ses bouquins... et les récupérer lors des courses hebdomadaires)

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Re: Malaise chez les libraires

Message par ysabel le Mar Déc 20 2011, 16:54

J'achète presque tous mes livres par Internet... pour aller dans une vraie librairie, je dois prendre ma voiture faire presque 30 km aller/retour mais surtout me garer dans des parkings payants et chers.

Je ne peux pas le faire tout le temps puisque je bosse et que j'ai d'autres trucs à faire.

Et s'il n'y a pas ce que je cherche, il faut commander et y revenir...

Bref c'est vrai que sur Amazon, je commande à tout heure, ça arrive directement dans ma boîte et je n'ai pas de frais de transport...

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Re: Malaise chez les libraires

Message par Adri le Mar Déc 20 2011, 17:00

Les livres, pour moi, c'est toujours ma librairie, que dis-je, mes librairies, par conviction, pour le conseil et le plaisir de fouiner dans les rayons - mais c'est vrai que j'y vais à vélo !
Amazon est bien pratique pour les cadeaux à distance... et comme toute la famille est à distance, je commande beaucoup sur amazon. Et puis il y a aussi Gibert qui vend les occasions en ligne.

En revanche, avec le livre électronique, ça va être encore plus difficile pour les libraires indépendants. humhum (Je vais aller voir sur le site de ma librairie, voir s'ils en vendent aussi, tiens !)

vérification faite, ma librairie vend en ligne des livres électroniques... mais en format epub évidemment... et je vais avoir un kindle à Noël... Neutral

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Re: Malaise chez les libraires

Message par Cripure le Mar Déc 20 2011, 17:27

Audrey a écrit:Superbes articles, le premier m'a remué les tripes... Mais que faire, à part continuer à acheter chez les libraires?
C'est déjà pas mal Smile

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Re: Malaise chez les libraires

Message par Dulcinea le Mar Déc 20 2011, 17:41

Moi cet article me remue aussi les tripes mais je ne me sens pas responsable de la mort des librairies car je reste fidèle à ma librairie de quartier et à la rue des écoles où je vais chez L'Harmattan pour trouver des livres en espagnol. L'ambiance y est unique et à chaque fois que j'y vais, ça fait très mal pour le compte en banque.

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Re: Malaise chez les libraires

Message par Audrey le Mar Déc 20 2011, 17:47

ML, y a des tas de fois où je ne peux pas forcément attendre une semaine voire plus pour recevoir un bouquin, réserver mon bouquin en librairie ne changera rien à ça malheureusement... alors oui, dans ces cas-là, je passe par internet. Flâner dans les rayons à Beurkville ne me procure pas une très grande satisfaction la plupart du temps non plus, je n'y trouve que les trucs bien commerciaux, ou des classiques que j'ai déjà...et puis j'ai pas un super contact avec les libraires du cru non plus.
Mes librairies locales me déçoivent, je ne peux pas le dire autrement...

En revanche, à Lyon, je trouve toujours mon bonheur. Je pense que ceux qui vivent dans une grande agglo n'ont pas idée de la chance qu'ils ont en matière d'accès à la culture.
C'est malheureusement trop souvent contrainte que je passe sur internet pour mes achats.

Anecdote PS: je me rappelle encore la première fois où je suis allée dans une des deux librairies indépendantes de mon bled. Je cherchais le théâtre complet de Plaute en GF, même pas en bilingue! Réponse de la libraire: "Plaute? mais c'est qui ça?". Ça m'a choquée. pale

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Re: Malaise chez les libraires

Message par Oudemia le Mar Déc 20 2011, 17:56

Depuis qu'il y a un libraire dans la famille (élargie: le mari de la belle-soeur de mon fils) je me fais une obligation de ne plus acheter à la Fnac, et encore moins en ligne.

Ce n'est pas cela qui le sauvera, ou sauvera l'autre courageuse qui a repris une librairie tout près de chez moi, mais au moins j'ai la conscience tranquille.

Une de mes plus vieilles amies ne commande plus que par Amazon ou équivalent, et est passée aux livres numériques, qui règlent son problème de place (plus un mur de libre).
Je crois que c'est une forme de fin du monde...

Audrey: nous ne sommes pas tous logés à la même enseigne, c'est le cas de le dire!

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Re: Malaise chez les libraires

Message par JEMS le Mar Déc 20 2011, 18:16

Mes livres sont également achetés en librairie, mais c'est une librairie chapitre...
J'ai la chance d'avoir également un magasin de destockage et de fin de série très bien. J'arrive à trouver quelques livres à 10 % de leur prix.

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