écriture-lecture : ressortir le cadavre du placard

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écriture-lecture : ressortir le cadavre du placard

Message par Spinoza1670 le Sam 7 Jan 2012 - 12:18

Un seul auteur, Liliane Lurçat, traite la question des méthodes de lecture de manière historique et échappe à cette négation/critique des méthodes prônées par les responsables de l'Instruction Publique dans les années 1880 :
------Dans ce livre, c'est la destruction de l'école élémentaire qui est l'objet principal de la réflexion. Par là j'entends une destruction patiente et méthodique, opérée à partir du haut. Elle est considérée à partir d'un fil conducteur : la destruction de l'écriture-lecture, méthode de l'Ecole de la République, sous les effets combinés du scientisme et des errances idéologiques de l'Education Nouvelle ...
-----------Trois familles de méthodes de lecture sont décrites par Ferdinand Buisson :
- Les méthodes synthétiques fondées sur la combinaison des lettres et des syllabes.
- Les méthodes analytiques qui partent des mots entiers.
- Les méthodes d'écriture-lecture fondées sur l'enseignement simultané de la lecture et de l'écriture ou sur l'enseignement de l'écriture substitué à celui de la lecture.
-----------Buisson présente un bilan de ces méthodes, élaboré à partir du témoignage d'enseignants expérimentés: "Les méthodes à marche analytique sont beaucoup moins nombreuses et n'ont pas reçu du public enseignant un accueil très favorable (...). Avec la méthode analytique-synthétique d'écriture-lecture, combinée avec les leçons de choses et de langue nous sommes arrivés au dernier stade de perfectionnement réalisé par la pédagogie moderne.
Liliane Lurçat, La destruction de l'école élémentaire et ses penseurs, François-Xavier de Guibert, Paris, 1998
Bibliographie provisoire :
Berger B., L'enseignement de la langue maternelle (Paris, 1878)
Bréal M., L'enseignement de la langue française, in Mélanges de mythologie et de linguistique, 1877.
Brouard E. et Defodon C., Manuel du certificat d'aptitude pédagogique, 1903. Chapitre IV : Modes, méthodes et procédés d’enseignement. Paragraphe 6 : Les petites classes.
Buisson, Rapport sur l'instruction primaire à l'Exposition universelle de Vienne de 1873.
Buisson, Conférence sur l'enseignement intuitif, (31 AOÛT 1878) in Les Conférences pédagogiques faites aux instituteurs délégués à l'Exposition universelle de 1878.
Carré I., L'Enseignement de la lecture, de l'écriture et de la langue française dans les écoles primaires (1889)
Carré I., Pédagogie pratique, dispo. sur Gallica/BNF.
Chartier A.-M. et Hébrard J., Méthode syllabique et méthode globale : quelques clarifications historiques, Le français aujourd’hui, n˚ 90, juin 1990.
Chartier A.-M., L’école et la lecture obligatoire. Histoire et paradoxe des pratiques d’enseignement de la lecture, Retz, 2007.
Delord M., Résumé du débat historique sur les méthodes de lecture
Delord M., M. Goigoux et les références scientifiques - 23 mars 2005.
Delord M., M. Goigoux et les méthodes de lecture - 12 décembre 2005.
Delord M., Trois mois ou trois ans et trois mois ? - 20 décembre 2005.
Delord M., La Globale et la Syllabique - 28 Janvier 2005.
Delord M., La Globale et La Syllabique. Complément : L’enjeu central des programmes de maternelle - 27 février 2006.
Delord M., La Globale et La Syllabique. Complément : Écriture-lecture ou le cadavre dans le placard - 20 mars 2006.
Delord M., Bref historique des méthodes de lecture - Journées de Gien - 22 Avril 2006.
Delord M., 'La méthode Boscher n’est pas une méthode de lecture' ou 'Ne pas confondre Couteau et Service trois pièces' - 09 Mai 2006.
Delord M., Du graphème vers le son ? - 25 septembre 2008.
Delord M. et Morel G., Lire, Ecrire, Compter : La pédagogie oubliée (Choix d’articles du Dictionnaire de pédagogie et d’instruction primaire de Ferdinand BUISSON).
Delord M., A propos des méthodes de lecture et du statut de la maternelle
Dictionnaire Pédagogique et d'instruction primaire de Buisson (abrégé DP), Article Écriture-Lecture-Auteur James Guillaume. Tome I de la première partie, pages 801 à 803.
DP, Article Lecture - Auteur James Guillaume. Tome I de la première partie, pages 1534 à 1551.
DP, Article Lecture- La méthode Schüler -Auteur Charles Defodon.Tome II de la deuxième partie, pages 1141 à 1143.
DP, Article Phonomimie - Auteur E. Brouard. Tome 2 de la première partie, pages 2368-2369.
Hébrard J., Apprendre à lire à l'école en France : un siècle de recommandations officielles, 1988.
Kergomard Pauline, L'Education maternelle dans l'école, tome 1, chapitre 11, Le Programme - La Lecture, 1886.
Larvatus Prodeo, La lecture selon les programmes de 2002 : comment n’apprend-on plus à l’école élémentaire, SLL, Janvier 2006.
Leçons élémentaires de pédagogie pratique (par un inspecteur d’Académie honoraire), Paris, 1880. Chapitre XII, Enseignement de la lecture.
Lurçat L., La destruction de l'école élémentaire et ses penseurs, François-Xavier de Guibert, Paris, 1998.
Morais J., L'Art de lire, Odile Jacob, Paris, 1994.
Morel G., Apprentissage de la lecture : les dégâts du révisionnisme, Exposé au colloque du GRIP (29 juin 2004)

Manuels de lecture (écriture-lecture et autres)
Block Maurice, (sous le pseudo. de Schüler), Méthode analytique-synthétique
d’écriture-lecture combinée avec les leçons de choses et de langue

(Hachette)
Boscher et al., La Journée des tout-petits, dit manuel Boscher, Préface et directions pédagogiques. [Lire le manuel Boscher en ligne]
Carré I., Méthode Pratique de Langage et de Lecture, d'Ecriture et de Calcul, CP
Cuissart E., Manuel CP, Directions pédagogiques
Lire au Burkina, 1° année, préface et avant-propos.
Fichiers joints
conscience phonémique.doc Vous n'avez pas la permission de télécharger les fichiers joints.(177 Ko) Téléchargé 10 fois
Cuissart méthode.doc Vous n'avez pas la permission de télécharger les fichiers joints.(920 Ko) Téléchargé 10 fois
Buisson - enseignement intuitif.doc Vous n'avez pas la permission de télécharger les fichiers joints.(131 Ko) Téléchargé 6 fois
Décatoire texte.docx Vous n'avez pas la permission de télécharger les fichiers joints.(26 Ko) Téléchargé 6 fois
Bréal_langue française.docx Vous n'avez pas la permission de télécharger les fichiers joints.(38 Ko) Téléchargé 8 fois
Berger-langue maternelle.doc Vous n'avez pas la permission de télécharger les fichiers joints.(111 Ko) Téléchargé 7 fois


Dernière édition par Spinoza1670 le Sam 12 Mai 2012 - 20:15, édité 27 fois

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Re: écriture-lecture : ressortir le cadavre du placard

Message par Spinoza1670 le Sam 7 Jan 2012 - 17:57

Dans le son et le sens, page 21 :
le fait que l'écriture lecture ait été massivement employée et que ses effets sur de grandes populations sur une période de temps considérable ont pu être constatés ne semble pas de nature à convaincre les mêmes "Scientifiques" de l'éducation qui vont même jusqu'à en ignorer l'existence.

L'histoire de l'écriture-lecture reste à écrire et peut-être à continuer. Les arguments avancés par Buisson, Kergomard, Delord, Lurçat, Morel, Venot, doivent faire l'objet d'une synthèse. Il faut aussi apporter des exemples de manuels et plus généralement de méthodes qui fonctionnent selon cette théorie (la méthode Schüler je l'ai jamais vue). Voir le topic créé à cet effet.
Si cette histoire (qui est aussi une science) était faite et non juste esquissée comme c'est le cas chez les auteurs cités, il y aurait moins de quoi pour ces pseudo-scientifiques faire du révisionnisme.
Pour moi, le camp de la rationalité, de la rigueur, c'est pour l'instant le Grip qui a des arguments solides et qui produit des résultats largement supérieurs dans les classes. D'ailleurs, au passage, j'aimerais bien avoir qq chiffres sur les éval CE1 et CM2, sans donner le nom des classes ou des écoles, cela va sans dire.
D'ailleurs, sans faire d'expériences comparatives, le simple fait de produire des évaluations conformes aux programmes du GRIP permettraient de mesurer les progrès des instits utilisant ces programmes dans le temps, de comparer les résultats des classes slecc avec les résultats qu'obtiennent d'autres instits non slecc qui seraient prêts à fournir bénévolement les résultats de leurs classes à ces mêmes tests. (ce § n'est pas très clair)
En tout cas avec les évaluations nationales, qq imparfaites soient-elles, une comparaison est possible, ne serait-ce qu'avec les moyennes départementales ou nationales.

ses effets sur de grandes populations sur une période de temps considérable ont pu être constatés

---> eh bien moi je ne les ai pas constatés car je n'y étais pas. Où sont les évaluations ? les preuves ? les compte-rendu par les maîtres ? Quel manuel était utilisé ? Quelles méthodes, pratiques, exercices les instituteurs utilisaient-ils pour mener leurs leçons ? Encore une fois : l'histoire reste à écrire.
Je sais que pour ma part j'utiliserai certainement si j'ai un cp le manuel de Dc, si j'ai une gs le manuel de Venot, c'est très bien pour le Grip comme pour moi ; cela aidera mes élèves ; je serai certainement très content des résultats. Mais combien d'instits connaissent le Grip ? combien l'écriture-lecture ? Le bouche à oreille c'est sympa mais il y a un moment où il faut sortir la grosse artillerie : donc histoire faite par des historiens ; évaluations comparatives ; évaluations ... Sinon c'est pas demain que les bonnes méthodes seront unanimement adoptées et donc que l'école primaire pourra à nouveau être digne de son nom.

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Re: écriture-lecture : ressortir le cadavre du placard

Message par Mareuil le Sam 7 Jan 2012 - 19:58

Un exemple de la manière dont les "experts" font l'histoire.
Jean Hébrard situe tranquillement le remplacement d'Instruction publique par Éducation nationale en 1945 !
Et vous verrez la manière dont il traite la méthode d'écriture-lecture.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/lfr_0023-8368_1988_num_80_1_4764
Cordialement.

Mareuil
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Re: écriture-lecture : ressortir le cadavre du placard

Message par Mareuil le Sam 7 Jan 2012 - 20:20

Et un autre exemple.
Maître de conférence au service d'histoire de l'éducation de l'INRP, madame Anne-Marie Chartier, écrit, dans un entretien accordé en décembre 2003 au Monde de l'éducation (Dossier « Priorité à la lecture ») ce tissu d'absurdités et de contrevérités :
« En conduisant un enfant sur deux au certificat d'études, l'école de Jules Ferry considérait qu'elle remplissait très bien sa mission. Mais qui était l'autre moitié qui ne pouvait être présentée au certificat ? Des élèves qu'on qualifierait aujourd'hui d'illettrés, certainement. Beaucoup apprenaient le français en apprenant à lire. Il a donc fallu inventer des façons de travailler qui intègrent les élèves lisant et écrivant mal, mais capables de réciter une leçon, de suivre la lecture du maître, de faire du calcul mental, de s'intéresser aux cartes de géographie et aux leçons de sciences. Ces élèves étaient maintenus dans le processus de scolarisation, sans être pour autant autonomes en lecture. »

Mareuil
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Re: écriture-lecture : ressortir le cadavre du placard

Message par doublecasquette le Sam 7 Jan 2012 - 20:49

Ce qu'il y a de bien, avec Anne-Marie Chartier, c'est qu'à chaque fois que je la lis, même avec de la bonne volonté au départ (un dossier sur la réforme de l'évaluation des enseignants par exemple), elle me sidère...

Lire page 17 :

http://www.snuipp.fr/IMG/pdf/FSC_362_TBD.pdf

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Pardon pour vous, pardon pour eux, pour le silence
Et les mots inconsidérés,
Pour les phrases venant de lèvres inconnues
Qui vous touchent de loin comme balles perdues,
Et pardon pour les fronts qui semblent oublieux.



Papote aussi par là : http://salledesmaitres.forumactif.org/
et là : http://www.slecc.fr/forum_0910/index.php

Et puis par là : http://doublecasquette3.eklablog.com/

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Re: écriture-lecture : ressortir le cadavre du placard

Message par Mareuil le Sam 7 Jan 2012 - 21:08

Ce qui me sidère, moi, c'est que cette dame a été payée et qu'on peut se demander pour faire quoi.

Mareuil
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Re: écriture-lecture : ressortir le cadavre du placard

Message par Spinoza1670 le Sam 7 Jan 2012 - 21:48

@Mareuil a écrit: Et un autre exemple.
Maître de conférence au service d'histoire de l'éducation de l'INRP, madame Anne-Marie Chartier, écrit, dans un entretien accordé en décembre 2003 au Monde de l'éducation (Dossier « Priorité à la lecture ») ce tissu d'absurdités et de contrevérités :
« En conduisant un enfant sur deux au certificat d'études, l'école de Jules Ferry considérait qu'elle remplissait très bien sa mission. Mais qui était l'autre moitié qui ne pouvait être présentée au certificat ? Des élèves qu'on qualifierait aujourd'hui d'illettrés, certainement. Beaucoup apprenaient le français en apprenant à lire. Il a donc fallu inventer des façons de travailler qui intègrent les élèves lisant et écrivant mal, mais capables de réciter une leçon, de suivre la lecture du maître, de faire du calcul mental, de s'intéresser aux cartes de géographie et aux leçons de sciences. Ces élèves étaient maintenus dans le processus de scolarisation, sans être pour autant autonomes en lecture. »

N'eût été les textes de Delord sur les évaluations, ce texte ne m'aurait aucunement paru rempli d'absurdités et de contrevérités.
En fait, formellement, sans aucune connaissance de la réalité de l'époque, on sent qu'il y a un souci. Est-ce parce que des élèves ne sont pas présentés au certificat qu'ils sont illettrés ? Pas forcément.
Après, réellement, qu'en est-il ?

Voici qq extraits des textes de Delord tendant à démontrer que Anne-Marie Chartier raconte ici des salades :
Evaluations : le niveau monte ? Trucages, mensonges et silences au plus haut niveau de l’Education nationale ?

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Re: écriture-lecture : ressortir le cadavre du placard

Message par frankenstein le Sam 7 Jan 2012 - 22:03

@Spinoza1670 a écrit:
@Mareuil a écrit: Et un autre exemple.
Maître de conférence au service d'histoire de l'éducation de l'INRP, madame Anne-Marie Chartier, écrit, dans un entretien accordé en décembre 2003 au Monde de l'éducation (Dossier « Priorité à la lecture ») ce tissu d'absurdités et de contrevérités :
« En conduisant un enfant sur deux au certificat d'études, l'école de Jules Ferry considérait qu'elle remplissait très bien sa mission. Mais qui était l'autre moitié qui ne pouvait être présentée au certificat ? Des élèves qu'on qualifierait aujourd'hui d'illettrés, certainement. Beaucoup apprenaient le français en apprenant à lire. Il a donc fallu inventer des façons de travailler qui intègrent les élèves lisant et écrivant mal, mais capables de réciter une leçon, de suivre la lecture du maître, de faire du calcul mental, de s'intéresser aux cartes de géographie et aux leçons de sciences. Ces élèves étaient maintenus dans le processus de scolarisation, sans être pour autant autonomes en lecture. »

N'eût été les textes de Delord sur les évaluations, ce texte ne m'aurait aucunement paru rempli d'absurdités et de contrevérités.
En fait, formellement, sans aucune connaissance de la réalité de l'époque, on sent qu'il y a un souci. Est-ce parce que des élèves ne sont pas présentés au certificat qu'ils sont illettrés ? Pas forcément.
Après, réellement, qu'en est-il ?

Voici qq extraits des textes de Delord tendant à démontrer que Anne-Marie Chartier raconte ici des salades :
Evaluations : le niveau monte ? Trucages, mensonges et silences au plus haut niveau de l’Education nationale ?

Ils ne le savent plus eux-mêmes...Puis, on leur fait dire ce qu'on a envie d'entendre aux évaluations...

http://www.franceinfo.fr/education-jeunesse-evaluation/question-d-education/pourquoi-l%E2%80%99evaluation-scolaire-est-elle-en-crise-472133-2011-12-14

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Mettez des pouces verts sur : http://www.youtube.com/user/Choristenimes/videos

Si les élections pouvaient changer la société, elles seraient interdites.

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Re: écriture-lecture : ressortir le cadavre du placard

Message par Mareuil le Sam 7 Jan 2012 - 22:59

@Spinoza1670 a écrit:
@Mareuil a écrit: Et un autre exemple.
Maître de conférence au service d'histoire de l'éducation de l'INRP, madame Anne-Marie Chartier, écrit, dans un entretien accordé en décembre 2003 au Monde de l'éducation (Dossier « Priorité à la lecture ») ce tissu d'absurdités et de contrevérités :
« En conduisant un enfant sur deux au certificat d'études, l'école de Jules Ferry considérait qu'elle remplissait très bien sa mission. Mais qui était l'autre moitié qui ne pouvait être présentée au certificat ? Des élèves qu'on qualifierait aujourd'hui d'illettrés, certainement. Beaucoup apprenaient le français en apprenant à lire. Il a donc fallu inventer des façons de travailler qui intègrent les élèves lisant et écrivant mal, mais capables de réciter une leçon, de suivre la lecture du maître, de faire du calcul mental, de s'intéresser aux cartes de géographie et aux leçons de sciences. Ces élèves étaient maintenus dans le processus de scolarisation, sans être pour autant autonomes en lecture. »

N'eût été les textes de Delord sur les évaluations, ce texte ne m'aurait aucunement paru rempli d'absurdités et de contrevérités.
En fait, formellement, sans aucune connaissance de la réalité de l'époque, on sent qu'il y a un souci. Est-ce parce que des élèves ne sont pas présentés au certificat qu'ils sont illettrés ? Pas forcément.
Après, réellement, qu'en est-il ?

Voici qq extraits des textes de Delord tendant à démontrer que Anne-Marie Chartier raconte ici des salades :
Evaluations : le niveau monte ? Trucages, mensonges et silences au plus haut niveau de l’Education nationale ?
Le texte de MD est précieux, mais le bon sens ici suffit. Ou devrait suffire.
La moitié des élèves de première et de terminale - et dans certaines classes la totalité - ne sont pas aujourd'hui "autonomes en lecture" et d'ailleurs dans rien du tout.
Or madame Chartier tient pour acquis qu'ils sont autonomes, et le tenant pour acquis, elle invente une version totalement folle de l'histoire scolaire. L'école de Jules Ferry - on aimerait au moins une chronologie- aurait formé selon elle 50 % d'illettrés. Ignore-t-elle qu'avant 1882, 50% de la population était déjà alphabétisés ? L'oeuvre de Ferry-Buisson aurait donc consisté, selon cette historienne, à laisser les 50 % restants dans l'ignorance la plus crasse. La seule chose à conclure de ces divagations, c'est que madame Chartier, vu son âge, a fait partie du petit nombre d'élèves qui, malgré l'excellence de l'école publique des années cinquante, sont demeurés des cancres et ont pour cela échoué à l'INRP.

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Re: écriture-lecture : ressortir le cadavre du placard

Message par Spinoza1670 le Dim 8 Jan 2012 - 0:05

Elle vous répondra qu'"alphabétisé" et "illettré", ce n'est pas la même chose.
Y a-t-il d'autres références scientifiques, historiques, de bon sens, en tout cas que vous trouvez corrects sur cette période ?
Il y a bien les cahiers d'élèves déjà.
Qu'est-ce qui permet de démontrer que ce que dit AMC "Beaucoup apprenaient le français en apprenant à lire. Il a donc fallu inventer des façons de travailler qui intègrent les élèves lisant et écrivant mal, mais capables de réciter une leçon, de suivre la lecture du maître, de faire du calcul mental, de s'intéresser aux cartes de géographie et aux leçons de sciences. Ces élèves étaient maintenus dans le processus de scolarisation, sans être pour autant autonomes en lecture. » est faux. Pas le bon sens. ce qu'elle dit est tout à fait possible. Il n'y a rien d'illogique ou d'absurde là-dedans.


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Re: écriture-lecture : ressortir le cadavre du placard

Message par Spinoza1670 le Dim 8 Jan 2012 - 0:39

Un livre d'Anne-Marie Chartier est présenté dans un article des Cahiers pédagogiques. Il s'agit de L’école et la lecture obligatoire. Histoire et paradoxe des pratiques d’enseignement de la lecture Anne-Marie Chartier, Retz, 2007.

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Re: écriture-lecture : ressortir le cadavre du placard

Message par Spinoza1670 le Dim 8 Jan 2012 - 3:05

Dans Liliane Lurçat, La destruction de l'enseignement élémentaire et ses penseurs, on lit :

----Dans son article sur la lecture dans le DP, Ferdinand Buisson décrit les différentes étapes qui mèneront à l'enseignement simultané de l'écriture et de la lecture, systématisé sous la Révolution. Dupont de Nemours, cité par Buisson, écrit: "la lecture n'est rien, l'écriture est tout. Historiquement et logiquement, l'écriture précède la lecture. Celui qui sait écrire, sait lire. (...) On ne doit s'embarrasser aucunement de la lecture dont on n'aura plus besoin de faire l'étude, si l'écriture est bien enseignée."

----E. Cuissart, directeur d'école, a élaboré une méthode très populaire, à la suite du rapport de Ferdinand Buisson à Vienne. L'écriture vient au secours de la mémoire, écrit-il, l'enfant retiendra mieux la forme d'une lettre quand il l'aura écrite.
Spoiler:
[cf. pour trouver les pages web citées dans le texte, cf. bibliographie mise à jour dans le premier post]

Moi qui pensais que c'était une méthode syllabique. scratch

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Re: écriture-lecture : ressortir le cadavre du placard

Message par doublecasquette le Dim 8 Jan 2012 - 10:03

@Spinoza1670 a écrit:Elle vous répondra qu'"alphabétisé" et "illettré", ce n'est pas la même chose.
Y a-t-il d'autres références scientifiques, historiques, de bon sens, en tout cas que vous trouvez corrects sur cette période ?
Il y a bien les cahiers d'élèves déjà.
Qu'est-ce qui permet de démontrer que ce que dit AMC "Beaucoup apprenaient le français en apprenant à lire. Il a donc fallu inventer des façons de travailler qui intègrent les élèves lisant et écrivant mal, mais capables de réciter une leçon, de suivre la lecture du maître, de faire du calcul mental, de s'intéresser aux cartes de géographie et aux leçons de sciences. Ces élèves étaient maintenus dans le processus de scolarisation, sans être pour autant autonomes en lecture. » est faux. Pas le bon sens. ce qu'elle dit est tout à fait possible. Il n'y a rien d'illogique ou d'absurde là-dedans.


À ce sujet, dès que j'irai mieux, je vous scannerai la préface et l'avant-propos du manuel "Lire au Burkina, 1° année" où le Ministre de l'Éducation Nationale (eh oui, là-bas, c'est le ministre qui préface les manuels de lecture) et les auteurs expliquent justement leur façon de voir et de traiter le problème de la non-francophonie...
À l'inverse exact de ce que pense Mme Chartier, vous pensez bien ! Razz

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Et les mots inconsidérés,
Pour les phrases venant de lèvres inconnues
Qui vous touchent de loin comme balles perdues,
Et pardon pour les fronts qui semblent oublieux.



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et là : http://www.slecc.fr/forum_0910/index.php

Et puis par là : http://doublecasquette3.eklablog.com/

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Re: écriture-lecture : ressortir le cadavre du placard

Message par Mareuil le Dim 8 Jan 2012 - 10:19

@Spinoza1670 a écrit:Elle vous répondra qu'"alphabétisé" et "illettré", ce n'est pas la même chose.
Y a-t-il d'autres références scientifiques, historiques, de bon sens, en tout cas que vous trouvez corrects sur cette période ?
Il y a bien les cahiers d'élèves déjà.
Qu'est-ce qui permet de démontrer que ce que dit AMC "Beaucoup apprenaient le français en apprenant à lire. Il a donc fallu inventer des façons de travailler qui intègrent les élèves lisant et écrivant mal, mais capables de réciter une leçon, de suivre la lecture du maître, de faire du calcul mental, de s'intéresser aux cartes de géographie et aux leçons de sciences. Ces élèves étaient maintenus dans le processus de scolarisation, sans être pour autant autonomes en lecture. » est faux. Pas le bon sens. ce qu'elle dit est tout à fait possible. Il n'y a rien d'illogique ou d'absurde là-dedans.



Le bon sens, justement. Si les élèves étaient capables de réciter une leçon, c'est qu'ils l'avaient apprise donc lue. La suite est hallucinante : pourquoi ne parler que du calcul mental sinon pour ne pas parler du calcul écrit et de la rédaction obligatoire des solutions aux problèmes d'arithmétique ? Pourquoi réduire l'enseignement de la géographie à une vague intérêt alors que l'exécution des cartes à main levée était la base de l'enseignement géographique ? Cette dame ment sciemment ou bien elle est d'une ignorance scandaleuse car sur tout cela, les documents abondent : cahiers d'élèves, annales du certif et du brevet supérieur, programmes, abondante littérature pédagogique.

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Re: écriture-lecture : ressortir le cadavre du placard

Message par Spinoza1670 le Dim 8 Jan 2012 - 18:41

J'ajoute une pièce au dossier :
CONFÉRENCE SUR L’ENSEIGNEMENT INTUITIF
PAR M. BUISSON, Inspecteur général de l’instruction publique.
(31 AOÛT 1878)
in Les Conférences pédagogiques faites aux instituteurs délégués à l'Exposition universelle de 1878. Troisième édition. 1880.

On y lit le passage suivant qui tend à faire de la méthode d'écriture-lecture (si le nom n'est pas prononcé, l'idée est là) un cas particulier de la méthode intuitive :
Ferdinand Buisson a écrit:----Pourquoi donc est-il si difficile de développer cette sûreté de coup d’œil intellectuel chez l’enfant ? Pourquoi les maîtres qui s’imposent tant d’efforts pour faciliter l’étude à leurs élèves obtiennent-ils si rarement ce résultat de voir l’intelligence des enfants éveillée, alerte, en plein exercice, en plein mouvement ? C’est peut-être qu’ils se préoccupent trop, disons-le à leur honneur, de procéder dans leur enseignement avec le plus de logique possible. Car enfin, bien que cela semble un paradoxe, il y a deux logiques, il y a la logique naturelle qui est la logique de l’enfant, et puis la logique réfléchie et savante qui est celle de l’adulte. Nous sommes si familiarisés avec cette dernière, que nous nous figurons toujours qu’elle est pour l’enfant ce qu’elle est pour nous-mêmes. En voulez-vous un exemple ou deux.

----Un maître novice veut apprendre à lire à un enfant, il se rappelle aussitôt la fameuse maxime : il faut aller du simple au composé : — le simple, se dit-il, c’est un A, un B, un C; je vais donc apprendre à l’enfant d’abord l’A, le B, le C, toutes les lettres, puis leurs combinaisons deux à deux, trois à trois ; les lettres d’abord, puis les syllabes, puis les mots, puis les phrases. Cette marche est très-logique, elle est progressive, elle va du simple au composé. — Oui pour nous, mais non pour l’enfant, parce que l’enfant ne se meut pas comme nous dans l’abstrait, il ne se reconnaît bien que dans les réalités concrètes, sensibles, dont il a quelque expérience» Les sons pé, a et les signes P, A, lui sont bien moins accessibles que le mot papa. C’est que ce mot éveille une idée, représente quelqu’un à son esprit ; une syllabe coupée dans ce mot, une lettre isolée ne lui dit rien. Ce n’est pas simple pour lui, c’est vide de sens.

----Pour arriver à décomposer le mot en un certain nombre de sons figurés par des signes, il a fallu un travail d’analyse que l’enfant n’a jamais fait et ne peut comprendre. Le point de départ pour lui, l’élément simple, indécomposable, ce dont il a l’intuition parfaitement nette, c’est à la fois l’idée et le mot papa. Eh bien ! la méthode de lecture sera d’autant plus intuitive qu’elle le mettra plus vite en présence de mots réels, très-faciles, très-simples, - mais ayant un sens pour lui, de telle sorte que la lecture, au lieu d’être une suite technique d’exercices vocaux, s’éloigne le moins longtemps possible du langage parlé.

----De même en géographie. C’est dans l’intention de suivre une marche logique que les maîtres et les livres d’autrefois commençaient invariablement par donner à l’enfant la définition de la terre ; puis on lui disait : « Le globe terrestre est divisé en eaux et en terres ; les eaux comprennent telles et telles parties, les terres telles autres, » et ainsi de suite. Ordre très-rationnel pour l’adulte mais l’enfant qui n’a jamais vu ni le globe terrestre, ni l’Océan, ni un détroit, ni un isthme, ni un golfe, ni le reste, ne trouve pas cela si simple que vous le croyez. Ce n’est pas le tout d’aller du simple au composé, il faudrait surtout, et cela importe bien plus, aller du connu à l’inconnu. Or, le connu pour lui, c’est son village ou sa rue, c’est la maison d’école, c’est le ruisseau qui coule près de la porte» la montée de la route où il Va jouer. Partez de là, et guidé par l’intuition, éclairé par l’analogie, il vous suivra sans effort aussi loin que vous voudrez.

----Ainsi, Messieurs, en géographie, en lecture, en calcul, partout la méthode intuitive prend, en quelque sorte, le contre-pied de la méthode didactique faite pour les adultes : elle semble aller au rebours de la logique, parce qu’elle ne traite pas l’enfant comme un homme et le fait marcher de son pas, et non du nôtre.

----Or, qu’y a-t-il de plus nécessaire, de plus légitime que cette condescendance du maître, cette appropriation de l’enseignement à l’état mental de l’élève ? Nous-mêmes, les idées abstraites et générales ne nous sont devenues familières que par une longue habitude, un long effort de concentration intellectuelle. En ce moment, vous me faites l’honneur de m’écouter. Pourquoi ? Parce que je vous parle de choses que vous comprenez et qui vous intéressent. Si l’on vous parlait hébreu ou chinois, vous n’écouteriez pas longtemps avec autant d’attention, Votre esprit ne saurait où se prendre, tandis qu’en ce moment il est très-occupé, il travaille autant que le mien; vous prenez une part active à cette conférence : intérieurement, vous acceptez ou vous rejetez, vous approuvez ou vous blâmez les idées que je soumets. L’enfant aussi sera attentif, et il vous écoutera, sinon très-longtemps, — il ne le peut pas, — du moins très-volontiers toutes les fois qu’il comprendra, toutes les fois que vous lui parlerez de sujets dont il saisit le sens, la liaison, la portée.

----Tel élève, au milieu d’une longue récitation de bé, a, ba, bé, é, bé, ne suit qu’à moitié, tandis qu’il ne perd pas un mot de ce que lui dit tout bas son voisin, lui proposant d’échanger une toupie contre des billes, Mais c’est que cet échange est une affaire sérieuse qui a bien de quoi l’occuper : il comprend ce dont il s’agit là ; pour accepter, ou pour refuser, il fait acte de jugement, de comparaison, de raisonnement et de volonté, au lieu que les syllabes que vous lui faites épeler sont pour lui moins encore que ne serait pour vous un beau discours en chinois. Elles ne disent absolument rien à son imagination, à son cœur, à aucune de ses facultés ; elles n’intéressent absolument que son oreille; il prête donc l’oreille puisqu’il le faut, mais c’est tout ce que vous aurez de lui. Or, il faut que vous en obteniez autre chose : il faut qu’il vous écoute de toute son intelligence.

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« Let not any one pacify his conscience by the delusion that he can do no harm if he takes no part, and forms no opinion. Bad men need nothing more to compass their ends, than that good men should look on and do nothing. » (John Stuart Mill)
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Re: écriture-lecture : ressortir le cadavre du placard

Message par Spinoza1670 le Lun 9 Jan 2012 - 11:48

La même semaine, un autre conférencier, B. Berger, avait parlé de l'enseignement de la langue maternelle : L'enseignement de la Langue Maternelle, par B. Berger (Paris, 1878) CONFÉRENCE PÉDAGOGIQUE SUR L’ENSEIGNEMENT DE LA LANGUE MATERNELLE.

Aujourd'hui je m'occupe d'une conférence de Bréal de 1876 intitulé "L'ENSEIGNEMENT DE LA LANGUE FRANCAISE"

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Re: écriture-lecture : ressortir le cadavre du placard

Message par Mareuil le Lun 9 Jan 2012 - 11:55

Spinoza, vous êtes un documentaliste génial !
Merci pour tous ces textes.

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Re: écriture-lecture : ressortir le cadavre du placard

Message par Spinoza1670 le Lun 9 Jan 2012 - 14:11

Embarassed
Ce qui est sûr c'est que le texte de Buisson, lui, est vraiment génial.
Il m'aurait demandé de sauter dans la Seine après son discours que j'y serais peut-être allé. Razz



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Re: écriture-lecture : ressortir le cadavre du placard

Message par doublecasquette le Lun 9 Jan 2012 - 14:26

@Spinoza1670 a écrit: Embarassed
Ce qui est sûr c'est que le texte de Buisson, lui, est vraiment génial.
Il m'aurait demandé de sauter dans la Seine après son discours que j'y serais peut-être allé. Razz



@Spinoza1670 a écrit:La même semaine, un autre conférencier, B. Berger, avait parlé de l'enseignement de la langue maternelle : L'enseignement de la Langue Maternelle, par B. Berger (Paris, 1878) CONFÉRENCE PÉDAGOGIQUE SUR L’ENSEIGNEMENT DE LA LANGUE MATERNELLE.

Aujourd'hui je m'occupe d'une conférence de Bréal de 1876 intitulé "L'ENSEIGNEMENT DE LA LANGUE FRANCAISE"

Celui-là aussi est génial ! Je ne l'ai pas lu en entier parce que, je ne sais pas pourquoi, chez moi, le déroulement des pages est insupportablement long et compliqué, mais ce que j'en ai lu me confirme dans l'idée que, quoi qu'on dise, "Lassé, Issa s'assit" et autre "Parti à la mare Paco court sur le pourtour et rit tout le tour", ça amuse peut-être les adultes qui sont heureux de jouer avec la langue mais ce n'est pas forcément l'idéal pour former des élèves qui auront constamment présent à l'esprit qu'on formule clairement ce que l'on écrit afin que celui qui nous lit ait envie de nous comprendre...


_________________
Pardon pour vous, pardon pour eux, pour le silence
Et les mots inconsidérés,
Pour les phrases venant de lèvres inconnues
Qui vous touchent de loin comme balles perdues,
Et pardon pour les fronts qui semblent oublieux.



Papote aussi par là : http://salledesmaitres.forumactif.org/
et là : http://www.slecc.fr/forum_0910/index.php

Et puis par là : http://doublecasquette3.eklablog.com/

doublecasquette
Prophète


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Re: écriture-lecture : ressortir le cadavre du placard

Message par Mareuil le Lun 9 Jan 2012 - 15:19

Et voilà donc des textes que madame Chartier n'a pas lus, qui prétend que l'école de Jules Ferry formait 50% d'lllettrés. Des textes d'hier que madame Chartier aurait dû pourtant porter à la connaissance du public d'aujourd'hui. Mais qu'a donc fait madame Chartier de la rémunération que lui donnait l'État pour des "recherches" pédagogiques sinon de faire en sorte que ces textes ne soient pas connus et mieux que leur existence même ne soit pas soupçonnée.

Mareuil
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Re: écriture-lecture : ressortir le cadavre du placard

Message par Spinoza1670 le Lun 9 Jan 2012 - 17:06

Je les mets dans le premier message où il y a la bibliographie. Envoyez-moi les références que je les y mette aussi, que ce soit les "bonnes" ou les "mauvaises".
Attendez de voir le Bréal : c'est de la dynamite métasuperhyperexplosive ! lecteur
Je vais juste au bistrot du coin chercher le Monde d'aujourd'hui pour y zieuter le papelard de Baumard sur les avancées scientifiques et les expériences innovantes. (http://www.neoprofs.org/t42216-une-methode-de-lecture-revolutionnaire-en-maternelle#1202126)

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Re: écriture-lecture : ressortir le cadavre du placard

Message par Spinoza1670 le Lun 9 Jan 2012 - 23:00

La conférence de Bréal est du niveau des deux autres, voire supérieure, c'est vous dire.
Je la mets dans la bibliographie au format word, plus facile à réutiliser (reciter à toutes les sauces) que du pdf.
Extrait : le tout dernier paragraphe :
Une fois que l’élève aura pris l’habitude de chercher ce qui est derrière les mots, ce sera pour son esprit un besoin et une règle. Il voudra vérifier ce qu’on lui propose. Vous formerez ainsi les hommes et les femmes d’un pays qui se gouverne lui-même. Il n’est pas surprenant que l’enseignement de la langue, pris dans toute son étendue et dans son vrai sens, se confonde avec l’éducation générale, puisque le langage est le principal instrument de communication entre les hommes, et puisque au moyen de la parole les générations sont solidaires les unes des autres. Voyez quelle chose admirable : à un an, l’enfant bégaye quelques sons et essaye ses premiers pas en trébuchant. Vingt ans après, il pourra prévoir le cours des astres, résoudre en leurs éléments les substances de la nature, et, s’il a appris l’histoire, il a été témoin du passé de l’humanité. Telle est la puissance de l’éducation ! Jusqu’à présent ce fut seulement le lot d’un petit nombre; mais la société fait des efforts pour que le cercle des privilégiés s’élargisse tous les jours, et nous qui, chacun à notre manière, travaillons à cette grande tâche de l’éducation, nous continuerons à chercher les moyens de la rendre plus complète et plus efficace.
Lire tout ici :
Michel Bréal, L'Enseignement de la Langue Française (conférence 1876)

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Re: écriture-lecture : ressortir le cadavre du placard

Message par Spinoza1670 le Mar 10 Jan 2012 - 4:40

Méthode syllabique et méthode globale : quelques clarifications historiques
Chronique « histoire de l’enseignement » par Anne-Marie CHARTIER et Jean HÉBRARD

intro : Les récents débats, plus ou moins polémiques et relayés par les plus hautes instances ministérielles, sur les méthodes de lecture, nous conduisent à réinterroger leur impact réel sur la maitrise du langage écrit. Parce que les propos les moins autorisés circulent et brouillent la connaissance de cet apprentissage, parce que les antagonismes idéologiques prennent le pas sur la description des pratiques, parce que les discours les plus réactionnaires ou nostalgiques perturbent le dialogue entre les partenaires de l’école, nous avons voulu situer les points de vue développés aujourd’hui en reproduisant l’étude publiée dans un précédent numéro de notre revue, (cf. Le français aujourd’hui, n˚ 90, juin 1990). Cette étude n’a pas pris une ride ; elle décrit de façon claire et argumentée l’évolution des méthodes d’apprentissage de la lecture. Espérons qu’elle pourra remplir cette fonction épistémologique salutaire, indispensable à la clarification des débats en cours.
La rédaction

lire l'article à : http://www.cairn.info/revue-le-francais-aujourd-hui-2006-2-page-113.htm

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Re: écriture-lecture : ressortir le cadavre du placard

Message par Spinoza1670 le Mar 10 Jan 2012 - 5:51

Pour ceux qui ne connaîtraient pas cette page, je mets le lien :
http://education.devenir.free.fr/Lecture.htm

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Re: écriture-lecture : ressortir le cadavre du placard

Message par Sowandi le Mar 10 Jan 2012 - 10:24

Merci Spinoza.

A chaque fois que je lis des textes sur l’éducation où l'aspect mécanique et répétitif de l'apprentissage est critiqué (analyse grammaticale, conjugaison, tables...), ça me rappelle cette fameuse phrase d'Einstein que sortent fréquemment mes collégiens : "L'imagination est plus importante que le savoir".
Ouais, c'est ça ! Une bonne excuse pour ne rien faire !

Et qu'aurait fait Einstein de sa vie s'il n'avait pas été foutu de rester assis sur une chaise plus de 5 minutes pour bosser (et en silence) ?
C’était peut-être dur, mais c’était indispensable.

Alors voila, va rattraper le coup maintenant !

Bravo Einstein.

Sowandi
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