"Consacrer ces 3 jours et ces 3 nuits entières" (Racine) : faut-il enfin rétablir la règle de proximité pour les accords masculins / féminins ?

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"Consacrer ces 3 jours et ces 3 nuits entières" (Racine) : faut-il enfin rétablir la règle de proximité pour les accords masculins / féminins ?

Message par John le Dim 15 Jan 2012 - 1:33

Excellent article d'Anne Chemin dans le Monde du 14 janvier.
http://www.lemonde.fr/societe/article/2012/01/14/genre-le-desaccord_1629145_3224.html

Genre, le désaccord

LE MONDE CULTURE ET IDEES | 14.01.12 | 20h11

La France est sans doute l'un des seuls pays au monde où les esprits s'échauffent sitôt que l'on évoque une réforme, même prudente, de la grammaire ou de l'orthographe. En 1990, la disparition de certains accents circonflexes - voute ou paraitre - et la soudure de quelques mots composés - portemonnaie ou pingpong - avaient fait frémir les puristes : l'aval de la prestigieuse Académie et du Conseil supérieur de la langue française n'avait pas suffi à apaiser la sainte colère des défenseurs de l'orthodoxie.

Une petite décennie plus tard, la féminisation des noms de titres et de métiers avait plongé la France dans une bataille linguistique sans merci : lorsqu'Elisabeth Guigou ou Martine Aubry s'étaient fait appeler "Madame la ministre", les Académiciens avaient solennellement demandé l'aide du président de la République "en une affaire qui, dans les hauteurs de l'Etat, porte atteinte à la langue française".

En France, on ne plaisante pas avec la langue. Elle a son histoire, bien sûr, mais aussi son gardien : quai Conti, quarante académiciens dotés d'un bicorne, d'une cape, d'un habit vert et d'une épée veillent sur le bon usage du français avec une attention jalouse. Cette compagnie de lettrés tient son mandat du cardinal de Richelieu : les lettres patentes de Louis XIII consacrant son existence ont été enregistrées par le Parlement en 1637. Dans ce texte, Louis, roi de France et de Navarre, appelé par Dieu à la conduite de l'Etat français, proclame sa volonté d'enrichir la langue "de tous les ornements convenables à la plus illustre et à la plus ancienne de toutes les monarchies qui soient dans le monde". L'Académie, conclut-il, aura pour mission de "rendre le langage français non seulement élégant mais capable de traiter tous les arts et toutes les sciences".

Aujourd'hui, certaines féministes rêvent pourtant de bousculer ce bel ordonnancement linguistique régi par une institution vieille de bientôt quatre siècles. Le monde a changé, proclament-elles, il serait bon que la langue française en prenne acte. L'objet de leur courroux est une règle de grammaire dont l'énoncé leur semble provenir d'un autre monde : "Le masculin l'emporte sur le féminin."

Au nom de ce principe, l'adjectif qui qualifie plusieurs noms de genres différents s'accorde automatiquement au masculin : les garçons et les filles sont ainsi prêts pour l'école, de la même manière que les hommes et les femmes sont beaux. L'adjectif se met en effet au "genre indifférencié, c'est-à-dire au masculin", résume Le Bon Usage de Maurice Grevisse. "Dans les représentations, cette règle fait des femmes et du féminin les invisibles de la langue", s'insurge Clara Domingues, docteure ès lettres et secrétaire générale de l'association L'égalité, c'est pas sorcier.

Pour tenter de "révolutionner les écrits, les correcteurs d'orthographe et nos habitudes", L'égalité, c'est pas sorcier, la Ligue de l'enseignement, Le monde selon les femmes et Femmes solidaires ont lancé une pétition - "Que les hommes et les femmes soient belles !" -, qui demande à l'Académie française de réformer l'accord de l'adjectif (Petitions24.net). "Cette règle de grammaire apprise dès l'enfance sur les bancs de l'école façonne un monde de représentations dans lequel le masculin est considéré comme supérieur au féminin", affirme ce texte, qui a déjà recueilli plus de 3 300 signatures.

Les pétitionnaires demandent l'application d'un nouveau principe, la règle de proximité : lorsque les noms sont de genres différents, l'adjectif s'accorderait avec le mot le plus proche. Par la grâce de ce dispositif égalitaire, les manteaux et les vestes seraient blanches et non plus blancs, tandis que les garçons et les filles nous sembleraient gentilles, et non plus gentils. "Cette règle serait souple, note Clara Domingues. Il suffirait de l'enseigner à l'école et de laisser ensuite vivre la langue."

Les signataires savent bien que leur requête sera le plus souvent accueillie par des soupirs de lassitude et des haussements d'épaules exaspérés. Que de simagrées, diront certains. Est-ce une priorité en ces temps de crise mondiale, se demanderont d'autres. L'égalité hommes-femmes se joue ailleurs que dans les règles de l'accord de l'adjectif, concluront les moins malveillants.

Mais les associations tiennent bon. "Dès l'enfance, cette règle inscrit dans le symbolique l'idée que l'un des sexes est supérieur à l'autre, souligne Henriette Zoughebi, vice-présidente (PCF) chargée des lycées au conseil régional d'Ile-de-France. Je le dis en songeant à ma carrière professionnelle de bibliothécaire et à mon amitié pour les livres : c'est la langue qui permet de dire le réel, c'est elle qui transforme, ou non, les choses. Si l'on veut donner de la visibilité aux femmes dans l'espace social, il faut adopter la règle de proximité, qui est à la fois simple et souple : elle redonne de la liberté et du jeu à la langue."

Contrairement à ce que certains pourraient penser, la règle de proximité n'a rien d'une élucubration féministe du XXIe siècle. En grec ancien, l'adjectif épithète qualifiant des noms de genres différents ne se mettait pas systématiquement au masculin, comme il le fait aujourd'hui en français : il s'accordait avec le nom le plus proche, en vertu de la fameuse règle de proximité. Le Grand Dictionnaire des lettres (Larousse) souligne qu'en latin il en était de même : "Au latin remonte l'accord de l'épithète, s'il y a plus d'un nom support, avec le plus rapproché, précise l'ouvrage. Cet usage domine (irrégulièrement) en ancien français."

Et de citer la Chanson de Roland, qui applique, lorsqu'elle raconte la mort du chevalier à Roncevaux, la règle de proximité défendue par les féministes de 2012. "La langue du Moyen Age pratiquait ordinairement l'accord avec le donneur le plus proche, confirme l'ouvrage de Grevisse. Les auteurs du XVIIe et même ceux du XVIIIe suivaient encore assez souvent l'ancien usage."

A cette époque où l'Académie française voit le jour, la règle de proximité est encore très présente mais elle fait l'objet de débats : elle chagrine le poète François de Malherbe (1555-1628) mais elle ne déplaît pas au grammairien Claude Favre de Vaugelas (1585-1650) - l'un des premiers membres de l'Académie ! -, qui recommande d'écrire "le coeur et la bouche ouverte" ou "des travaux et des chaleurs excessives".

Dans ses Remarques nouvelles sur la langue française (1675), l'abbé Bouhours estime cependant que ces phrases ont, "ce me semble, quelque chose qui fait de la peine" : il avoue n'avoir "jamais pu se résoudre" à appliquer une règle qui "laisse ainsi un substantif en l'air" - le malheureux nom masculin, auquel l'adjectif ne fait plus écho. Racine, lui, utilise tour à tour les deux constructions, écrivant, par exemple, dans Athalie (1691) : "Surtout j'ai cru devoir aux larmes, aux prières, consacrer ces trois jours et ces trois nuits entières."

La règle précisant que le masculin l'emporte sur le féminin finit par s'imposer au XVIIIe pour des raisons qui ne doivent pas grand-chose à la linguistique : à cette époque, la supériorité masculine va tout simplement de soi. "Lorsque les deux genres se rencontrent, il faut que le plus noble l'emporte", affirme l'abbé Bouhours en 1675. "Le genre masculin est réputé plus noble que le féminin à cause de la supériorité du mâle sur la femelle", complète élégamment, en 1767, le grammairien Nicolas Beauzée.

"Cette règle grammaticale qui instaure la domination du masculin sur le féminin est historiquement très datée : elle nous renvoie à la monarchie absolue, au Roi-Soleil et au catholicisme triomphant, regrette Jacqueline Costa-Lascoux, directrice de recherches au CNRS. La langue, c'est l'architecture de la pensée. Nous sommes au XXIe siècle : adoptons donc la règle de proximité, qui est plus simple et plus esthétique. Elle sonne mieux à l'oreille, elle offre plus de liberté dans l'écriture, et surtout, elle est plus égalitaire."

Il existe un endroit où cette règle, que beaucoup d'enfants utilisent spontanément pour des raisons d'euphonie, est appliquée : les éditions Cogito ergo sum, une toute petite maison qui a publié quatre ouvrages depuis sa fondation, en avril 2011.

Au début de chaque livre, une note de l'éditeur indique que, pour l'accord de l'adjectif, il applique la règle de proximité. "On ne peut pas parler d'égalité hommes-femmes sans poser la question de la langue, car la grammaire porte l'empreinte de la domination masculine, affirme le fondateur de Cogito ergo sum, Frédéric Seaux. C'est un détail, mais un détail symbolique d'une importance incroyable ! Je sais, bien sûr, que la langue est un héritage, mais il ne faut pas hésiter à la bousculer, il faut qu'elle soit vivante. Nous essayons d'apporter notre petite pierre à l'édifice de l'égalité, mais c'est une goutte d'eau dans la mer : il faudra sans doute plusieurs générations pour que la règle de proximité finisse par être réintroduite."

Car l'Académie veille. Et l'Académie n'aime guère les révolutions. En présentant les ajustements orthographiques de 1990, le secrétaire perpétuel de cette vénérable assemblée, Maurice Druon, avait fermement écarté l'idée d'une "réforme bouleversante qui eût altéré le visage familier du français" : il préconisait au contraire de "sages" aménagements correspondant à "l'évolution de l'usage". Autant dire que la règle de proximité ne correspond pas à ces critères.

"La règle de l'accord de l'adjectif est d'un usage constant depuis trois siècles, et je n'ai pas l'impression qu'elle fasse l'objet de débats chez les grammairiens, ni que l'usage, chez les Français, soit hésitant, note Patrick Vannier, chargé de mission au service du dictionnaire de l'Académie. L'Académie ne cède pas aux modes, elle s'inscrit dans la durée. Et c'est normal : nous sommes tous attachés à la langue que nous avons apprise. Les réformes de l'orthographe demandent toujours du temps pour s'installer dans l'usage."

L'Académie française, qui a attendu 1980 pour accueillir sa première Immortelle - Marguerite Yourcenar -, sait ce que patience veut dire : bien que les femmes aient massivement investi le monde du travail, la dernière édition de son dictionnaire considère encore qu'une présidente n'est pas une femme qui exerce les fonctions de président mais l'épouse d'un président, comme la présidente de Tourvel dans Les Liaisons dangereuses.

Cette touche surannée qui ramène les femmes plus de deux siècles en arrière est un peu la marque de fabrique de l'Académie : lors du débat sur la féminisation des noms, à la fin des années 1990, elle avait élaboré une distinction acrobatique entre la fonction - qui fait abstraction du sexe et qui ne peut être féminisée - et l'activité - qui peut l'être car elle relève d'une identité personnelle. Elle recommandait donc très sérieusement d'écrire : "Le médecin des hôpitaux, Mme Isabelle Martin, est nommé directeur de l'hôpital d'Alençon. Dans sa nouvelle activité de directrice, elle n'exercera plus son métier de chirurgienne." L'Académie a pour mission de rendre la langue "pure", précisait le statut de 1635...

Dans un vieux pays comme la France, la langue peine à s'adapter à l'immense révolution qu'a représentée, depuis les années 1960, l'égalité hommes-femmes. D'autres contrées se sont laissé plus facilement bousculer par l'évolution des moeurs : c'est le cas du Québec, où l'on emploie couramment les termes "auteure" ou "écrivaine". "Comme quoi le phénomène social que constitue l'accession des femmes au marché du travail peut réellement affecter la structure de la langue", conclut Geneviève Prevost, universitaire à Paris-V, dans La Féminisation des noms de métiers (L'Harmattan, 1998). Le très sérieux Office québécois de la langue française évoque d'ailleurs, pour l'accord de l'adjectif, deux constructions : la règle "habituelle", qui veut que le masculin l'emporte sur le féminin, et la règle de proximité, qui n'est pas "incorrecte grammaticalement". "A quand la France ?", demandent malicieusement les pétitionnaires d'Internet.

Anne Chemin

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Re: "Consacrer ces 3 jours et ces 3 nuits entières" (Racine) : faut-il enfin rétablir la règle de proximité pour les accords masculins / féminins ?

Message par User5899 le Dim 15 Jan 2012 - 2:48

Anne Chemin, dans Le Monde a écrit:Les pétitionnaires demandent l'application d'un nouveau principe, la règle de proximité : lorsque les noms sont de genres différents, l'adjectif s'accorderait avec le mot le plus proche. Par la grâce de ce dispositif égalitaire, les manteaux et les vestes seraient blanches et non plus blancs, tandis que les garçons et les filles nous sembleraient gentilles, et non plus gentils. "Cette règle serait souple, note Clara Domingues. Il suffirait de l'enseigner à l'école et de laisser ensuite vivre la langue."

Les signataires savent bien que leur requête sera le plus souvent accueillie par des soupirs de lassitude et des haussements d'épaules exaspérés. Que de simagrées, diront certains. Est-ce une priorité en ces temps de crise mondiale, se demanderont d'autres. L'égalité hommes-femmes se joue ailleurs que dans les règles de l'accord de l'adjectif, concluront les moins malveillants.
Si je comprends bien, les manteaux et les vestes deviendront blanches, quand les vestes et les manteaux demeureront blancs ? Drôle d'égalité... A moins de systématiquement songer que pour être également traité, le féminin doit toujours passer en second ? diable

Il existe un endroit où cette règle, que beaucoup d'enfants utilisent spontanément pour des raisons d'euphonie, est appliquée : les éditions Cogito ergo sum, une toute petite maison qui a publié quatre ouvrages depuis sa fondation, en avril 2011.

Au début de chaque livre, une note de l'éditeur indique que, pour l'accord de l'adjectif, il applique la règle de proximité. "On ne peut pas parler d'égalité hommes-femmes sans poser la question de la langue, car la grammaire porte l'empreinte de la domination masculine, affirme le fondateur de Cogito ergo sum, Frédéric Seaux.
Curieuse affirmation. Il suffit de regarder les deux couples fini/finie et prêt/prête pour s'apercevoir que le féminin est la forme complète et basique, quand la forme masculine est abrégée, ou pour mieux dire, "non marquée" (c'est pour cela, d'ailleurs, qu'elle est utilisée en cas de sujets multiples des deux genres). La domination masculine en grammaire, bof. Je crois surtout que le problème réel de l'égalité homme-femme, qu'on voit désespérément insoluble dans le monde du travail et dans les mentalités quotidiennes, pour ne pas parler des statuts religieux, ce problème réel, donc, est abordé par ces pétitionnaires dans le seul cadre où on peut se bercer facilement d'illusions, d'autant que le nombre de locuteurs qui accordent, sans la moindre idéologie, n'importe comment est exponentiellement croissant.
Je sais, bien sûr, que la langue est un héritage, mais il ne faut pas hésiter à la bousculer, il faut qu'elle soit vivante.
La langue, parce qu'elle est vivante, évolue d'elle-même, sans être vraiment pilotée par quelque autorité que ce soit. Son caractère vivant ne se décrète pas. Redéfinir, pour des raisons suspectes, une règle apprise par tous depuis l'école pour tous n'est guère adroit, me semble-t-il. Mais bon, peut-on, au XXIe siècle, passer une semaine sans avoir envie de changer un meuble de place, quand bien même ça ne sert à rien ?

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Re: "Consacrer ces 3 jours et ces 3 nuits entières" (Racine) : faut-il enfin rétablir la règle de proximité pour les accords masculins / féminins ?

Message par Thalia de G le Dim 15 Jan 2012 - 5:55

J'ai failli répondre : c'est quoi encore cette

"La règle de l'accord de l'adjectif est d'un usage constant depuis trois siècles, et je n'ai pas l'impression qu'elle fasse l'objet de débats chez les grammairiens, ni que l'usage, chez les Français, soit hésitant, note Patrick Vannier, chargé de mission au service du dictionnaire de l'Académie.
Pourquoi donc changer ce qui fonctionne ? Et que même comprennent nos élèves les plus faibles ? scratch

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Re: "Consacrer ces 3 jours et ces 3 nuits entières" (Racine) : faut-il enfin rétablir la règle de proximité pour les accords masculins / féminins ?

Message par Celadon le Dim 15 Jan 2012 - 8:13

Parce qu'il faut justifier son salaire. Peut-être. Sad

Celadon
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Re: "Consacrer ces 3 jours et ces 3 nuits entières" (Racine) : faut-il enfin rétablir la règle de proximité pour les accords masculins / féminins ?

Message par FD le Dim 15 Jan 2012 - 16:23

Il y a des langues où la notion de genre grammatical n’existe pas, par exemple en chinois le pronom personnel de la 3e personne du singulier s’écrit 他 au masculin et 她 au féminin, mais à l’oral il n’y a aucune différence, et les noms n’ont pas de genre.
Dans d’autres langues il n’y a pas du tout de notion de genre même pour les pronoms personnels, que ce soit à l’écrit ou à l’oral, par exemple les langues turques (turc, azéri, ouzbek, tatar…), les langues finno-ougriennes (hongrois, finnois, estonien, langues sames…), le mongol, le coréen, le japonais…
À ma connaissance il n’y a pas de corrélation entre l’utilisation d’une langue avec ou sans genre et le degré de sexisme dans la société.
Et que penser du norvégien, où il existe trois genres (masculin, féminin et neutre) dans la langue orale mais où dans la langue écrite le féminin disparaît au profit du masculin (sauf dans les pronoms) ? En suédois et danois la distinction entre féminin et masculin a déjà complètement disparu (sauf pour les pronoms là aussi), il n’y a plus que le genre commun et le neutre.
En résumé, vouloir combattre le sexisme par la grammaire me semble complètement à côté de la plaque.

FD
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Re: "Consacrer ces 3 jours et ces 3 nuits entières" (Racine) : faut-il enfin rétablir la règle de proximité pour les accords masculins / féminins ?

Message par FD le Dim 15 Jan 2012 - 16:52

@John a écrit:

La France est sans doute l'un des seuls pays au monde où les esprits s'échauffent sitôt que l'on évoque une réforme, même prudente, de la grammaire ou de l'orthographe.
Je n’ai pas envie de passer des heures à chercher plein d’exemples, mais je pense que cette phrase est totalement fausse. Sans chercher, j’ai déjà en tête :
– la réforme de l’orthographe en Allemagne dans les années 90 (qui a été annulée il me semble) ;
– les différentes écritures concurrentes en Norvège (http://fr.wikipedia.org/wiki/Norv%C3%A9gien) ;
– les langues Kven et Meänkieli (deux dialectes du finnois parlés en Norvège et Suède respectivement), qui utilisent une orthographe distincte de celle du finnois standard de Finlande, ce qui donne lieu à débat ;
– chez les anglophones je suis sûre qu’il y a des tas de débats concernant la réforme de l’orthographe.
J’ai plutôt l’impression que la langue est un sujet très sensible partout dans le monde, c’est assez normal étant donné que cela fait partie de ce qui définit notre identité.

FD
Niveau 8


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Re: "Consacrer ces 3 jours et ces 3 nuits entières" (Racine) : faut-il enfin rétablir la règle de proximité pour les accords masculins / féminins ?

Message par User5899 le Dim 15 Jan 2012 - 19:11

Plein accord avec les deux posts de FD. Si l'ennemi du sexisme est la grammaire, il a de beaux jours devant lui.

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Re: "Consacrer ces 3 jours et ces 3 nuits entières" (Racine) : faut-il enfin rétablir la règle de proximité pour les accords masculins / féminins ?

Message par LadyC le Dim 15 Jan 2012 - 19:42

Histoire de porter jusqu'au bout cette superbe logique, je propose une réforme supplémentaire (ou plutôt complémentaire) : l'accord au singulier si le nom le plus proche est au singulier... en effet, pourquoi accorder la prééminence au pluriel ? Sus à la loi du plus fort (parce que plus nombreux) ! aac
Les manteaux et la veste seront (sera ?) donc... blanche. diable

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Re: "Consacrer ces 3 jours et ces 3 nuits entières" (Racine) : faut-il enfin rétablir la règle de proximité pour les accords masculins / féminins ?

Message par Thalia de G le Dim 15 Jan 2012 - 19:46

@LadyC a écrit:Histoire de porter jusqu'au bout cette superbe logique, je propose une réforme supplémentaire (ou plutôt complémentaire) : l'accord au singulier si le nom le plus proche est au singulier... en effet, pourquoi accorder la prééminence au pluriel ? Sus à la loi du plus fort (parce que plus nombreux) !
Les manteaux et la veste seront (sera ?) donc... blanche.

Donc, il faut que tous les écoliers de France apprennent le latin et même le grec, pour mieux appliquer la règle que tu préconises.
Coquine, va. Very Happy

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Re: "Consacrer ces 3 jours et ces 3 nuits entières" (Racine) : faut-il enfin rétablir la règle de proximité pour les accords masculins / féminins ?

Message par LadyC le Dim 15 Jan 2012 - 19:49

Bon, plus sérieusement :
- l'accord avec le substantif le plus proche n'a rien de "logique" ; c'est une paresse de la langue ; une paresse qui a sa grâce, certes (grâce que justement l'on ferait disparaître, en la systématisant, ce qui me chagrinerait fort), mais une paresse ; c'est la mutualisation d'un genre qui est logique, puisque l'on considère un ensemble ; elle est donc un progrès, non une régression
- si c'est le masculin qui "triomphe", c'est, me semble-t-il, parce que le masculin est, morphologiquement, le plus proche du neutre : cf. le latin et le grec, où la plupart des formes sont communes ; va-t-on psychologiser et dire que la cause en est la misogynie des Anciens... cela me paraît bien vain, et signe de paranoïa

Je n'ajouterai rien aux remarques de bon sens, ici et dans de multiples autres sujets, dans la veine "la langue est vivante, justement : laissez-la vivre"...

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Re: "Consacrer ces 3 jours et ces 3 nuits entières" (Racine) : faut-il enfin rétablir la règle de proximité pour les accords masculins / féminins ?

Message par LadyC le Dim 15 Jan 2012 - 19:51

@Thalia de G a écrit:
@LadyC a écrit:Histoire de porter jusqu'au bout cette superbe logique, je propose une réforme supplémentaire (ou plutôt complémentaire) : l'accord au singulier si le nom le plus proche est au singulier... en effet, pourquoi accorder la prééminence au pluriel ? Sus à la loi du plus fort (parce que plus nombreux) !
Les manteaux et la veste seront (sera ?) donc... blanche.

Donc, il faut que tous les écoliers de France apprennent le latin et même le grec, pour mieux appliquer la règle que tu préconises.
Coquine, va. Very Happy

Ben, ça me paraît une évidence... d'autant plus vu la 2e remarque de mon 2e post... hé hé

Et quand ils auront tous appris les origines de notre belle langue, combien on parie que ce sont eux qui iront taper sur l'épaule des réformateurs de l'ortograf en leur demandant s'ils ne se sont pas un peu payé leur tête ?

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Re: "Consacrer ces 3 jours et ces 3 nuits entières" (Racine) : faut-il enfin rétablir la règle de proximité pour les accords masculins / féminins ?

Message par Thalia de G le Dim 15 Jan 2012 - 19:53

Petite remarque annexe concernant le genre, et tant pis si je me fais crier dessus, je considère qu'en français le neutre existe : tout, ça, ce, etc

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Re: "Consacrer ces 3 jours et ces 3 nuits entières" (Racine) : faut-il enfin rétablir la règle de proximité pour les accords masculins / féminins ?

Message par LadyC le Dim 15 Jan 2012 - 21:08

@Thalia de G a écrit:Petite remarque annexe concernant le genre, et tant pis si je me fais crier dessus, je considère qu'en français le neutre existe : tout, ça, ce, etc

Mais je suis tout à fait d'accord ! Je le dis d'ailleurs à mes élèves de Français... (qui me font des têtes entre Shocked et heu ; mais le parallèle avec l'anglais "it" leur parle) C'est parce qu'il n'est resté que dans quelques formes, le plus souvent pronominales, et souvent sans opposition à un animé, qu'il n'est plus perçu ; de même pour les cas : "te" pour "tu" en fonction de COD ou COI... (ça je le dis à mes élèves de Latin, qui me répondent d'un regard moins vide que ceux de Français en général)

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Re: "Consacrer ces 3 jours et ces 3 nuits entières" (Racine) : faut-il enfin rétablir la règle de proximité pour les accords masculins / féminins ?

Message par Jacq le Dim 15 Jan 2012 - 22:44

Il faudrait aussi respecter la parité.
Ainsi dire une fois dans un même texte :
"Les manteaux et les vestes sont blanches"
et la fois d'après :
"Les vestes et les manteaux sont blancs" !

Sinon, où va le monde ? Je vous le demande !

(au demeurant, article d'origine intéressant)

Jacq.

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Re: "Consacrer ces 3 jours et ces 3 nuits entières" (Racine) : faut-il enfin rétablir la règle de proximité pour les accords masculins / féminins ?

Message par Clarinette le Dim 15 Jan 2012 - 22:55

Quant à moi, je trouve assez nausébonde l'unique attribution à ces vestes et manteaux de la couleur blanche. Oui, je n'ai pas de mots assez forts pour condamner cet intolérable apartheid vestimentaire !
Donc, dans un souci de parité, alternons, certes, le genre de l'adjectif qualificatif, mais également, et surtout, la couleur desdits manteaux et vestes ou plutôt desdites vestes et manteaux !

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Re: "Consacrer ces 3 jours et ces 3 nuits entières" (Racine) : faut-il enfin rétablir la règle de proximité pour les accords masculins / féminins ?

Message par *Fifi* le Dim 15 Jan 2012 - 23:05

@Clarinette a écrit:Quant à moi, je trouve assez nausébonde l'unique attribution à ces vestes et manteaux de la couleur blanche. Oui, je n'ai pas de mots assez forts pour condamner cet intolérable apartheid vestimentaire !
Donc, dans un souci de parité, alternons, certes, le genre de l'adjectif qualificatif, mais également, et surtout, la couleur desdits manteaux et vestes ou plutôt desdites vestes et manteaux !
mdr Excellent !

Sinon pour le reste je suis d'accord avec ce qui a été dit. Combattre le sexisme est une chose, féminiser les noms de métier en est une autre (dire "Madame le proviseur", moi j'ai du mal), et parler de la grammaire encore une autre !!

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Re: "Consacrer ces 3 jours et ces 3 nuits entières" (Racine) : faut-il enfin rétablir la règle de proximité pour les accords masculins / féminins ?

Message par illizia le Dim 15 Jan 2012 - 23:07

Bah vous vous moquez (et je suis d'accord que créer une nouvelle règle ne va pas régler les problèmes de sexisme mais en créer de nouveaux d'orthographe, hein! Wink ) mais je trouve personnellement cet article très intéressant.
Ne pas y voir une trouvaille géniale du point de vue du féminisme, OK, mais cette synthèse et ces rappels sur ces possibilités et hésitations grammaticales, (entre accord..."traditionnel" et accord de proximité), les différentes options prises par les pays francophones, ben ça m'a captivée Smile

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Re: "Consacrer ces 3 jours et ces 3 nuits entières" (Racine) : faut-il enfin rétablir la règle de proximité pour les accords masculins / féminins ?

Message par John le Dim 15 Jan 2012 - 23:08

Surtout que l'accord que l'on dit "traditionnel" n'est pas si traditionnel que ça : c'est justement ce que montre Anne Chemin.

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Re: "Consacrer ces 3 jours et ces 3 nuits entières" (Racine) : faut-il enfin rétablir la règle de proximité pour les accords masculins / féminins ?

Message par illizia le Dim 15 Jan 2012 - 23:09

Oui, je cherchais comment le désigner...officiellement établi? académique?

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Re: "Consacrer ces 3 jours et ces 3 nuits entières" (Racine) : faut-il enfin rétablir la règle de proximité pour les accords masculins / féminins ?

Message par John le Dim 15 Jan 2012 - 23:11

Je dirais "en vigueur", mais ta formulation était juste de toute façon, puisqu'on le considère comme "traditionnel", sans voir qu'il ne l'est finalement pas tant que ça Wink

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Re: "Consacrer ces 3 jours et ces 3 nuits entières" (Racine) : faut-il enfin rétablir la règle de proximité pour les accords masculins / féminins ?

Message par LadyC le Dim 15 Jan 2012 - 23:20

@illizia a écrit:Bah vous vous moquez (et je suis d'accord que créer une nouvelle règle ne va pas régler les problèmes de sexisme mais en créer de nouveaux d'orthographe, hein! Wink ) mais je trouve personnellement cet article très intéressant.
Ne pas y voir une trouvaille géniale du point de vue du féminisme, OK, mais cette synthèse et ces rappels sur ces possibilités et hésitations grammaticales, (entre accord..."traditionnel" et accord de proximité), les différentes options prises par les pays francophones, ben ça m'a captivée Smile

Mais, Illizia, tout à fait d'accord sur l'intérêt de l'article ! Ce qui m'a gâché le plaisir (et qui donne lieu aux moqueries), c'est l' "idéologie" l'orientant : l'investigation de la langue et de son histoire ne devrait avoir pour source que la soif de connaissances (aka curiosité), la recherche de la beauté... non le plaquage d'idées partisanes. A vouloir courber la langue à ses idées, fussent-elles honorables, on frise la tyrannie... (et le hors-sujet, d'ailleurs)

Spoiler:
Bon, je sens qu'avec mon "courber la langue", je vais me faire allumer, mais franchement, j'ai la flemme de chercher une autre formulation (et mes copies m'attendent, et je me lève aux aurores avant le crépuscule du matin demain lecteur cafe )

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Re: "Consacrer ces 3 jours et ces 3 nuits entières" (Racine) : faut-il enfin rétablir la règle de proximité pour les accords masculins / féminins ?

Message par Clarinette le Dim 15 Jan 2012 - 23:24

Merci, LadyC, c'est exactement ça !
Mais oui, ma petite Illi, moi aussi, je l'ai trouvé intéressant, à la base, cet article, comme tout ce qui touche à notre belle langue, mais ses conclusions sont, effectivement, pour le moins partisanes.

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Re: "Consacrer ces 3 jours et ces 3 nuits entières" (Racine) : faut-il enfin rétablir la règle de proximité pour les accords masculins / féminins ?

Message par Mufab le Dim 15 Jan 2012 - 23:29

Cripure a écrit:
Anne Chemin, dans Le Monde a écrit:Je sais, bien sûr, que la langue est un héritage, mais il ne faut pas hésiter à la bousculer, il faut qu'elle soit vivante.

La langue, parce qu'elle est vivante, évolue d'elle-même, sans être vraiment pilotée par quelque autorité que ce soit. Son caractère vivant ne se décrète pas. Redéfinir, pour des raisons suspectes, une règle apprise par tous depuis l'école pour tous n'est guère adroit, me semble-t-il. Mais bon, peut-on, au XXIe siècle, passer une semaine sans avoir envie de changer un meuble de place, quand bien même ça ne sert à rien ?

+1

D'ailleurs je me demande si les 2 expressions (concurrentes , si l'on veut... J'opterais plutôt pour un usage stylistique, à l'heure actuelle, de la première)...
"Surtout j'ai cru devoir aux larmes, aux prières, consacrer ces trois jours et ces trois nuits entières."
"Surtout j'ai cru devoir aux larmes, aux prières, consacrer ces trois jours et ces trois nuits entiers."

...ont vraiment le même sens, et que c'est juste une question d'accord de proximité. Parce que l'adjectif, dans la première, il mettrait bien en évidence les nuits, non, comme totalement consacrées à la prière etc. vs au sommeil, qui serait plus naturel ?
Un peu comme s'il y avait une virgule après "jours" ?




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(Yvan Pommaux, auteur "Jeunesse")

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Re: "Consacrer ces 3 jours et ces 3 nuits entières" (Racine) : faut-il enfin rétablir la règle de proximité pour les accords masculins / féminins ?

Message par Clarinette le Dim 15 Jan 2012 - 23:32

Très bonne remarque.

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Re: "Consacrer ces 3 jours et ces 3 nuits entières" (Racine) : faut-il enfin rétablir la règle de proximité pour les accords masculins / féminins ?

Message par illizia le Dim 15 Jan 2012 - 23:40

Je suis d'accord (en partie) avec vous mes collègues(EDIT réponse très lente, donc déjà dépassée @Clarinette et LadyC): je disais cela sans vouloir polémiquer (et d'ailleurs tes arguments LadyC, comme ceux de FD, m'ont tout autant intéressée Smile ), mais parce que pour une fois, j'ai commencé par lire consciencieusement l'article avant de parcourir les commentaires et ai donc voulu réagir sur ce que j'en avais pensé d'emblée.
Et, sincèrement, ça m'a vraiment appris des choses, et, même si son caractère partisan est effectivement assez "offensif", j'ai trouvé certains arguments plutôt pertinents (la question du langage construisant autant que reflétant un certain état des réalités sociologiques, notamment).

Je ne dis pas être d'accord (à vrai dire, je reste en général partisan de ne pas toujours tout compliquer et de ne pas légiférer à outrance, surtout quand rien ne dit que cela ait une quelconque efficacité sur la problématique visée, et dans ce cas, bah, je suis "sans opinion" comme on dit) pour faire cette modification, juste que la journaliste et certains des intervenants cités, ont éveillé mon intérêt et que leur réflexion m'a semblé présentée de façon pertinente sinon convaincante.

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