Le sexisme (inconscient) des profs et l'effet Pygmalion
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Re: Le sexisme (inconscient) des profs et l'effet Pygmalion
Chère Pryneia,
Pour ma part, je me méfie toujours des explications uniques, et je ne crois évidemment pas qu'il y ait un gène de la littérature plus présent chez les femmes que chez les hommes ;-) Je le crois d'autant moins que je constate, comme toi, que pour des raisons sociales évidentes, dans l'histoire, jusqu'au 20eme siècle grosso modo, le monde des littérateurs est un monde à 99% masculin.
Je partage aussi le constat qu'une profession qui se féminise est une profession qui se dévalorise (enseignement, et, de plus en plus, médecine, magistrature...), causes sociales là aussi, avec d'une part les garçons plus aisément orientés vers les filières porteuses, d'autre part la très vieille idée que le salaire féminin est un salaire d'appoint dans les revenus d'un ménage.
Mais n'y-a-t-il pas, aussi, autre chose? QUi ne relève ni du conditionnement social, ni des préjugés plus ou moins conscients qu'on véhicule tous? Mais plutôt du fait que les filles sont, plus tôt que les garçons, dans la relation d'amour première qui les unit à leurs parents (ou aux adultes en tenant lieu) amenées à chercher dans l'autre ce qui leur manque? Et donc, à entrer plus tôt dans le langage, la séduction, l'effort pour comprendre ce qu'attend l'autre?
Il y a aussi quelque chose qui a à voir avec la littérature, au sens du maniement des mots et de l'épanouissement dans le registre de l'intime, c'est les "meilleures amies". Là où nos petits gars vont par bandes, nos fillettes et adolescentes vont par deux. Les collégiens se la jouent effet de groupe, les collégiennes grandes amitiés, grandes confidences, grandes trahisons et grandes réconciliations...
Amicalement,
EE
Pour ma part, je me méfie toujours des explications uniques, et je ne crois évidemment pas qu'il y ait un gène de la littérature plus présent chez les femmes que chez les hommes ;-) Je le crois d'autant moins que je constate, comme toi, que pour des raisons sociales évidentes, dans l'histoire, jusqu'au 20eme siècle grosso modo, le monde des littérateurs est un monde à 99% masculin.
Je partage aussi le constat qu'une profession qui se féminise est une profession qui se dévalorise (enseignement, et, de plus en plus, médecine, magistrature...), causes sociales là aussi, avec d'une part les garçons plus aisément orientés vers les filières porteuses, d'autre part la très vieille idée que le salaire féminin est un salaire d'appoint dans les revenus d'un ménage.
Mais n'y-a-t-il pas, aussi, autre chose? QUi ne relève ni du conditionnement social, ni des préjugés plus ou moins conscients qu'on véhicule tous? Mais plutôt du fait que les filles sont, plus tôt que les garçons, dans la relation d'amour première qui les unit à leurs parents (ou aux adultes en tenant lieu) amenées à chercher dans l'autre ce qui leur manque? Et donc, à entrer plus tôt dans le langage, la séduction, l'effort pour comprendre ce qu'attend l'autre?
Il y a aussi quelque chose qui a à voir avec la littérature, au sens du maniement des mots et de l'épanouissement dans le registre de l'intime, c'est les "meilleures amies". Là où nos petits gars vont par bandes, nos fillettes et adolescentes vont par deux. Les collégiens se la jouent effet de groupe, les collégiennes grandes amitiés, grandes confidences, grandes trahisons et grandes réconciliations...
Amicalement,
EE
ee- Niveau 5
Re: Le sexisme (inconscient) des profs et l'effet Pygmalion
ee a écrit:Chère Pryneia,
Pour ma part, je me méfie toujours des explications uniques, et je ne crois évidemment pas qu'il y ait un gène de la littérature plus présent chez les femmes que chez les hommes ;-) Je le crois d'autant moins que je constate, comme toi, que pour des raisons sociales évidentes, dans l'histoire, jusqu'au 20eme siècle grosso modo, le monde des littérateurs est un monde à 99% masculin.
Je partage aussi le constat qu'une profession qui se féminise est une profession qui se dévalorise (enseignement, et, de plus en plus, médecine, magistrature...), causes sociales là aussi, avec d'une part les garçons plus aisément orientés vers les filières porteuses, d'autre part la très vieille idée que le salaire féminin est un salaire d'appoint dans les revenus d'un ménage.
Mais n'y-a-t-il pas, aussi, autre chose? QUi ne relève ni du conditionnement social, ni des préjugés plus ou moins conscients qu'on véhicule tous? Mais plutôt du fait que les filles sont, plus tôt que les garçons, dans la relation d'amour première qui les unit à leurs parents (ou aux adultes en tenant lieu) amenées à chercher dans l'autre ce qui leur manque? Et donc, à entrer plus tôt dans le langage, la séduction, l'effort pour comprendre ce qu'attend l'autre?
Il y a aussi quelque chose qui a à voir avec la littérature, au sens du maniement des mots et de l'épanouissement dans le registre de l'intime, c'est les "meilleures amies". Là où nos petits gars vont par bandes, nos fillettes et adolescentes vont par deux. Les collégiens se la jouent effet de groupe, les collégiennes grandes amitiés, grandes confidences, grandes trahisons et grandes réconciliations...
Amicalement,
EE
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liliepingouin- Neoprof expérimenté
Re: Le sexisme (inconscient) des profs et l'effet Pygmalion
Euh... sans doute qu'il m'arrive de jargonner sans même m'en rendre compte, désolée, Liliepingouin!
Pour essayer de le dire en d'autres mots, le tout petit enfant cherche très tôt ce qui peut manquer à ses parents (ou adultes proches, qui l'aiment et s'occupent de lui), parce qu'il a à répondre à une sorte de question : quel manque je comble en eux? Pourquoi ils m'aiment, alors qu'ils n'ont pas besoin de moi, qu'ils sont si grands, si forts, si complets?
Cette question est une question d'amour, bien-sûr, à laquelle se mêle la jalousie (pour les relations des parents entre eux, pour les relations avec le frère/soeur etc) et - pratiquement toutes les mamans en ont l'expérience - une forme d'érotisme : toilette, sein, calins etc
D'où, à un moment, plus ou moins tôt, plus ou moins marqué, l'investissement par l'enfant de son propre sexe. Et le zizi du petit garçon, c'est ce qu'il pense souvent être sa "monnaie d'échange" pour l'amour parental. Alors que les petites filles doivent, à ce sujet, être un peu plus inventives... par exemple, par les mots.
Hypothèses, seulement. Mais est-ce plus clair?
EE
Pour essayer de le dire en d'autres mots, le tout petit enfant cherche très tôt ce qui peut manquer à ses parents (ou adultes proches, qui l'aiment et s'occupent de lui), parce qu'il a à répondre à une sorte de question : quel manque je comble en eux? Pourquoi ils m'aiment, alors qu'ils n'ont pas besoin de moi, qu'ils sont si grands, si forts, si complets?
Cette question est une question d'amour, bien-sûr, à laquelle se mêle la jalousie (pour les relations des parents entre eux, pour les relations avec le frère/soeur etc) et - pratiquement toutes les mamans en ont l'expérience - une forme d'érotisme : toilette, sein, calins etc
D'où, à un moment, plus ou moins tôt, plus ou moins marqué, l'investissement par l'enfant de son propre sexe. Et le zizi du petit garçon, c'est ce qu'il pense souvent être sa "monnaie d'échange" pour l'amour parental. Alors que les petites filles doivent, à ce sujet, être un peu plus inventives... par exemple, par les mots.
Hypothèses, seulement. Mais est-ce plus clair?
EE
ee- Niveau 5
Re: Le sexisme (inconscient) des profs et l'effet Pygmalion
Carabas a écrit:Ce n'est pas le fait d'étudier la littérature qui est un signe de manque d'ambition, Leclochard, mais le fait d'avoir choisi cette voie aprce que c'était la plus facile pour Pryneia.
Il paraît que les écoles d'informatique, équivalentes de nos IUTs, sont remplies d'étudiantes en Inde... on incite les filles à faire des études et surtout des études scientifiques.
Merci, Carabas.
Leclochard a écrit:
1- Beaucoup d'hommes suivent aussi leurs femmes et acceptent pas mal de choses...
2- Si étudier la Littérature, c'est ne pas avoir d'ambition, je me demande comment tu peux encore l'enseigner.![]()
Mais n'importe quoi. Merci de ne pas déformer mes propos. Les attaques ad hominem, c'est un peu facile. Jamais je n'ai écrit qu'étudier la littérature relevait du manque d'ambition... Mais pour ma part, en ce qui me concerne, j'ai choisi mes études, à savoir les lettres, "par facilité", et j'interroge la pertinence de ce critère. J'aurais aimé avoir plus d'exigence vis-à-vis de moi-même.
ee a écrit:
D'où, à un moment, plus ou moins tôt, plus ou moins marqué, l'investissement par l'enfant de son propre sexe. Et le zizi du petit garçon, c'est ce qu'il pense souvent être sa "monnaie d'échange" pour l'amour parental. Alors que les petites filles doivent, à ce sujet, être un peu plus inventives... par exemple, par les mots.
Hypothèses, seulement. Mais est-ce plus clair?
EE
Et pourquoi le zizi du garçon serait une "monnaie d'échange" ? Je t'avoue très franchement que je ne comprends rien. Si les parents portent un regard différent sur leurs enfants en fonction de leur sexe, c'est bien parce qu'eux-mêmes ont été conditionnés, non ?

Pryneia- Niveau 9
Re: Le sexisme (inconscient) des profs et l'effet Pygmalion
Ben, pour plein de raisons, parmi lesquelles, bien sûr, les préjugés des parents.
Mais aussi, parce que c'est une partie du corps "détachable" dans l'imaginaire (comme le pouce, que l'on s'amuse à faire disparaitre, le nez...), et, en même temps, où se condense un certain plaisir (le clito des petites filles aussi, qui adorent se frotter contre quelqu'un ou quelque chose, sauf que les petites filles, leur clito, elles ne le voient pas).
Mais aussi, parce que c'est une partie du corps "détachable" dans l'imaginaire (comme le pouce, que l'on s'amuse à faire disparaitre, le nez...), et, en même temps, où se condense un certain plaisir (le clito des petites filles aussi, qui adorent se frotter contre quelqu'un ou quelque chose, sauf que les petites filles, leur clito, elles ne le voient pas).
ee- Niveau 5
Re: Le sexisme (inconscient) des profs et l'effet Pygmalion
surtout qu'au 19e siècle, les profs de littérature, de latin au lycée, bref, des humanités, étaient tous des hommes, et la voie littéraire était la voie royale. le professorat, pour les femmes de la 1ere moitié du 20e siècle (voir l'exemple de Simone de Beauvoir), c'était l'émancipation. Aujourd'hui le métier s'est bien dévalorisé, donc féminisé (on m'a dit un jour "ah tu veux être prof? c'est bien, ça permet d'avoir plus de temps pour ses enfants"
:mitrailler: )
alors, les lettres, manquer d'ambition, faut remettre les choses dans leur contexte...
:mitrailler: )alors, les lettres, manquer d'ambition, faut remettre les choses dans leur contexte...

Reine Margot- Oracle
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