Quelles lectures pour braver des tornades de crachats ?

Page 4 sur 4 Précédent  1, 2, 3, 4

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Re: Quelles lectures pour braver des tornades de crachats ?

Message par philopoussin le Mar 3 Fév 2015 - 16:52

Tagore, Le Jardinier d’amour

philopoussin
Niveau 8


Revenir en haut Aller en bas

Re: Quelles lectures pour braver des tornades de crachats ?

Message par philopoussin le Jeu 5 Fév 2015 - 16:15

Il me plaît ce fil.

La beauté, la liberté, la pensée, le langage humain écrit, la musique, la solitude, le second royaume, les plaisirs sursis, les contes, la petite oie dans l'amour, la contemplation, la lucidité, ce ne sont que des angles, ce ne sont que des noms divers pour nommer une seule chose, une seule implication entre le sujet, le réel, le langage. Peu importe ces noms. Leur souvenir s'est effacé au point que leur nostalgie ne fait même plus souffrir ceux qui sont nés après qu'ils avaient disparu.

Pascal Quignard, Les ombres errantes

_________________

philopoussin
Niveau 8


Revenir en haut Aller en bas

Re: Quelles lectures pour braver des tornades de crachats ?

Message par Ergo le Jeu 5 Fév 2015 - 18:41

Merci d'avoir fait remonter ce fil. J'ai fait ce texte avec les 3e mardi et il résonne aussi en ce moment:
Martin Luther King a écrit:Deep in my heart, I do believe, we shall overcome.

You know, I’ve joined hands so often with students and others behind jail bars singing it, We shall overcome.

Sometimes we’ve had tears in our eyes when we joined together to sing it, but we still decided to sing it, We shall overcome. Oh, before this victory’s won, some will have to get
thrown in jail some more, but we shall overcome.

Don’t worry about us. Before the victory’s won, some of us will lose jobs, but we shall overcome.

Before the victory’s won, even some will have to face physical death. But if physical death is the price that some must pay to free their children from a permanent psychological death, then nothing shall be more redemptive.

Before the victory’s won, some will be misunderstood and called bad names, dismissed as rabble rousers and agitators, but we shall overcome.

We shall overcome because the arc of the moral universe is long but it bends toward justice.

We shall overcome because Carlyle is right, “No lie can live forever.”

We shall overcome because William Cullen Bryant is right: “Truth crushed to earth will rise again.”

We shall overcome because James Russell Lowell is right: Truth forever on the scaffold, wrong forever on the throne, yet that scaffold sways the future and behind the dim unknown standeth God within the shadows keeping watch above his own.

We shall overcome because the Bible is right, “You shall reap what you sow”

We shall overcome.

Deep in my heart I do believe we shall overcome.

And with this faith we will go out and adjourn the counsels of despair and bring new light into the dark chambers of pessimism and we will be able to rise from the fatigue of despair to the buoyancy of hope. And this will be a great America! We will be the participants in making it so.

And so as I leave you this evening I say, Walk together children! Don’t you get weary!

_________________
After all we've been through---it can't be for nothing. ---Ellie

No matter. Try again. Fail again. Fail better.---Beckett
Les stulos-plyme des neos. Illustration de la devise de Ronin: "Cède, cède, cède, je le veux !"

Ergo
Enchanteur


Revenir en haut Aller en bas

Re: Quelles lectures pour braver des tornades de crachats ?

Message par Ergo le Sam 14 Nov 2015 - 19:47

Up.

_________________
After all we've been through---it can't be for nothing. ---Ellie

No matter. Try again. Fail again. Fail better.---Beckett
Les stulos-plyme des neos. Illustration de la devise de Ronin: "Cède, cède, cède, je le veux !"

Ergo
Enchanteur


Revenir en haut Aller en bas

Re: Quelles lectures pour braver des tornades de crachats ?

Message par RogerMartin le Sam 14 Nov 2015 - 20:04

Quand ça ne va pas, les Lettres à Lucilius de Sénèque, en pensant fort aux explications de mon prof de latin de terminale, ou les Sonnets de Shakespeare. Quand il faut avoir envie de lutter Jean Barois, ou des bouts des Thibault de Martin du Gard.

_________________
Pardon, je n'ai plus moyen d'accéder à l'accent circonflexe sur mon clavier  Embarassed

Yo, salut ma bande ! disait toujours le Samouraï.
I I love you User5899.

Rome n'est plus dans Rome, elle est toute où je suis.
Strange how paranoia can link up with reality now and then.

RogerMartin
Grand Maître


Revenir en haut Aller en bas

Re: Quelles lectures pour braver des tornades de crachats ?

Message par Yokeyo le Sam 14 Nov 2015 - 23:31

Guerre et Paix de Tolstoï. Je le relis à chaque fois que je dérive...et toujours, il me raccorde à moi-même. Je n'ai pas encore trouvé la clé de ce mystère.

Yokeyo
Niveau 5


Revenir en haut Aller en bas

Re: Quelles lectures pour braver des tornades de crachats ?

Message par pamplemousses4 le Dim 15 Nov 2015 - 0:00

Des ouvrages qui pour moi ont été importants, dans lesquels on peut picorer en ces temps difficiles:

De la brièveté de la vie, Sénèque.
Pensées pour moi-même, Marc-Aurèle.
L'amitié spirituelle, Aelred de Rievaulx.
Le livre de l'intranquillité, Pessoa.
Carnets 1978, A. Cohen.
La joie spacieuse, essai sur la dilatation, J. L. Chrétien.

pamplemousses4
Expert


Revenir en haut Aller en bas

Re: Quelles lectures pour braver des tornades de crachats ?

Message par Paul Dedalus le Dim 15 Nov 2015 - 0:29

@pamplemousses4 a écrit:
La joie spacieuse, essai sur la dilatation, J. L. Chrétien.

Comme ça fait plaisir de le voir citer! I love you

_________________
« La puissance des mouches, elles gagnent des batailles, empêchent notre âme d’agir, mangent notre corps. »

Blaise Pascal,Pensées.

Paul Dedalus
Habitué du forum


Revenir en haut Aller en bas

Re: Quelles lectures pour braver des tornades de crachats ?

Message par JPhMM le Sam 9 Jan 2016 - 12:54

Propos LXXXIV

L'union fait la force. Oui, mais la force de qui ? Le Léviathan populaire emportera tout si une seule et même idée habite toutes les têtes. Et ensuite ? J'aperçois les fruits éternels de l'union ; un pouvoir fort ; des dogmes ; les dissidents poursuivis, excommuniés, exilés, tués. L'union est un être puissant, qui se veut lui-même, qui ne veut rien d'autre. Le raisonnement militaire montre ici toute sa force : « Je ne puis rien faire de subordonnés qui toujours critiquent ; je veux qu'on m'approuve ; je veux qu'on m'aime. » Et c'est quelque chose de faire à dix mille un seul être ; cela écrase tout. L'imagination s'enivre de cet accord, sensible même dans le bruit des pas. Chacun attend de merveilleux effets. Or, les soldats de Bonaparte virent le sacre et tout l'ancien ordre revenu ; ils ne virent rien d'autre. L'union s'affirme et se célèbre elle-même ; elle s'étend ; elle conquiert. On attend vainement quelque autre pensée.

Il n'y a de pensée que dans un homme libre ; dans un homme qui n'a rien promis, qui se retire, qui se fait solitaire, qui ne s'occupe point de plaire ni de déplaire. L'exécutant n'est point libre ; le chef n'est point libre. Cette folle entreprise de l'union les occupe tous deux. Laisser ce qui divise, choisir ce qui rassemble, ce n'est point penser. Ou plutôt c'est penser à s'unir et à rester unis ; c'est ne rien penser d'autre. La loi de la puissance est une loi de fer. Toute délibération de puissance est sur la puissance, non sur ce qu'on en fera. Ce qu'on en fera ? Cela est ajourné, parce que cela diviserait. La puissance, sur le seul pressentiment d'une pensée, frémit toute et se sent défaite. Les pensées des autres, quelles qu'elles soient, voilà les ennemis du chef ; mais ses propres pensées ne lui sont pas moins ennemies. Dès qu'il pense, il se divise ; il se fait juge de lui-même. Penser, même tout seul, c'est donner audience, et c'est même donner force, aux pensées de n'importe qui. Lèse-majesté. Toute vie politique va à devenir une vie militaire, si on la laisse aller.

Petit parti ou grand parti, petit journal ou grand journal, ligue ou nation, église ou association, tous ces êtres collectifs perdent l'esprit pour chercher l'union. Un corps fait d'une multitude d'hommes n'a jamais qu'une toute petite tête, assez occupée d'être la tête. Un orateur quelquefois s'offre aux contradicteurs ; mais c'est qu'alors il croit qu'il triomphera. L'idée qu'il pourrait être battu, et, encore mieux, content d'être battu, ne lui viendra jamais.

Socrate allait et venait, écoutait, interrogeait, cherchant toujours la pensée de l'autre ; ne visant point à l'affaiblir, mais au contraire à lui donner toute la force possible. Dont l'autre souvent s'irritait ; car notre pensée, mise au clair, n'est pas toujours ce que nous voudrions ; il s'en faut bien. Seul avec soi et libre de tout ; seul avec l'autre, et tous deux libres de tout. Il n'y a point de lueur pour l'esprit hors de ce chemin-là ; il n'y a point d'éducation réelle hors de ce chemin-là. L'homme parle ici à son semblable, qu'il veut son égal. La moindre preuve de géomètre rétablit ce royaume invisible des esprits. La moindre expérience aussi ; car si l'on ne discute librement, il n'y a plus aucun genre de preuve. Et il ne s'agit pas de savoir beaucoup.

C'est pourtant ainsi qu'on s'instruit ; il n'y a point d'autre moyen. Ceux qui auront la curiosité de lire Platon, ce qui est suivre Socrate en ses tours et détours, seront étonnés d'abord de ces grands chemins qui ne mènent à rien. Mais aussi il n'est pas dit qu'un esprit libre sera assuré de beaucoup de choses ; encore moins qu'il s'accordera aisément avec beaucoup d'hommes. Un joueur de ballon en un sens ne gagne rien non plus ; mais quand il perdrait la partie, il a gagné de bonnes jambes et de bons bras. Ainsi Socrate gagnait de se sentir fort contre les discours de belle apparence. En ce petit pays de Grèce, en ce temps heureux, on vit paraître un commencement de liberté. Nous vivons encore sur cette monnaie précieuse. En notre pâte d'hommes, épaisse, dogmatique, il reste heureusement un peu de ce levain. Ainsi la formation impériale, qui toujours renaît en toute nation comme en tout parti, et fût-ce entre deux hommes, ne réussit jamais tout à fait. Il reste une petite lueur d'incrédulité. 0 vigiles de la flamme, n'allez pas vous endormir !

Alain, Propos sur l’éducation (1932).

_________________
Labyrinthe où l'admiration des ignorants et des idiots qui prennent pour savoir profond tout ce qu'ils n'entendent pas, les a retenus, bon gré malgré qu'ils en eussent. D'ailleurs, il n'y a point de meilleur moyen pour mettre en vogue ou pour défendre des doctrines étranges et absurdes, que de les munir d'une légion de mots obscurs, douteux , et indéterminés. Ce qui pourtant rend ces retraites bien plus semblables à des cavernes de brigands ou à des tanières de renards qu'à des forteresses de généreux guerriers. Que s'il est malaisé d'en chasser ceux qui s'y réfugient, ce n'est pas à cause de la force de ces lieux-là, mais à cause des ronces, des épines et de l'obscurité des buissons dont ils sont environnés. Car la fausseté étant par elle-même incompatible avec l'esprit de l'homme, il n'y a que l'obscurité qui puisse servir de défense à ce qui est absurde. — John Locke

JPhMM
Demi-dieu


Revenir en haut Aller en bas

Re: Quelles lectures pour braver des tornades de crachats ?

Message par Ashtrak le Sam 9 Jan 2016 - 13:30

Ainsi l’élargissement de l’impératif catégorique est possible et nécessaire: je ne suis autorisé qu’à aspirer à la dignité, mais je ne suis pas par là pas autorisé (à le faire) pour le prochain dont je dois me soucier du bonheur. Respect de la liberté et responsabilité pour le prochain. L’entrée dans le lien politique est devoir, mais aussi le travail en vue du progrès des institutions et en direction de la liberté raisonnable.  
Cela suppose la possibilité d’une entente d’une part, et d’autre part une nature commune des hommes autant que d’une nature extérieure organisée, téléologiquement compréhensible. La nature elle-même a porté l’homme au développement de la disposition naturelle à la raison: les pulsions (le mal) mènent au bien, c’est à dire à l’universalité en opposition à l’intérêt égoïste. La nature reçoit son sens de l’existence de l’être moral. Mais cette finalité de la nature, la plus profonde, est naturellement ressentie et pensée seulement de manière seconde: la nature produit le beau, qui intéresse sans intérêt et unit les hommes dans le sentiment du sens esthétique: sans cette connexion aucune toute entente (Verständigung) serait inconcevable (unbegreiflich).
A partir d’ici, retour à la morale: le beau est le symbole du bien et la culture du sentiment est un devoir; mais cela signifie que, si la morale est fondée, le sens du beau et des belles relations humaines est non seulement justifié, mais doit encore être cultivé.

Eric Weil me fait toujours du bien.

_________________
Un âne dit toujours ce qu'il pense : hi-han !

Ashtrak
Fidèle du forum


Revenir en haut Aller en bas

Re: Quelles lectures pour braver des tornades de crachats ?

Message par Invité El le Sam 9 Jan 2016 - 15:14

Marc-Aurèle manque peut-être aux excellentes références déjà données; et Plutarque.

J'ai, ces dernières années, tiré beaucoup de profit des essais ci-dessous:
-  H. Broch, Logique d'un monde en ruine
- B. Cassin, La Nostalgie. Quand donc est-on chez soi?
- P. Cormier, Généalogie de personne

Cependant, quand vraiment ça ne va pas, je lis de la poésie car seule la musique console, au fond:
- Catulle
- Rimbaud, Les Illuminations
- Les Psaumes
- Yves Bonnefoy, L'Heure présente
- Yeats, Responsabilities
- Verlaine, Sagesse
-Du Bellay, Les Antiquités de Rome
- Baudelaire

Et quand l'énergie revient, chevalier , alors:
- Eschyle
- T.S. Eliot
- Isaïe
- Homère
- Reverdy

etc


Dernière édition par elpenor le Sam 9 Jan 2016 - 17:35, édité 1 fois

Invité El
Esprit éclairé


Revenir en haut Aller en bas

Re: Quelles lectures pour braver des tornades de crachats ?

Message par Invité El le Sam 9 Jan 2016 - 15:15

@Ashtrak a écrit:
Ainsi l’élargissement de l’impératif catégorique est possible et nécessaire: je ne suis autorisé qu’à aspirer à la dignité, mais je ne suis pas par là pas autorisé (à le faire) pour le prochain dont je dois me soucier du bonheur. Respect de la liberté et responsabilité pour le prochain. L’entrée dans le lien politique est devoir, mais aussi le travail en vue du progrès des institutions et en direction de la liberté raisonnable.  
Cela suppose la possibilité d’une entente d’une part, et d’autre part une nature commune des hommes autant que d’une nature extérieure organisée, téléologiquement compréhensible. La nature elle-même a porté l’homme au développement de la disposition naturelle à la raison: les pulsions (le mal) mènent au bien, c’est à dire à l’universalité en opposition à l’intérêt égoïste. La nature reçoit son sens de l’existence de l’être moral. Mais cette finalité de la nature, la plus profonde, est naturellement ressentie et pensée seulement de manière seconde: la nature produit le beau, qui intéresse sans intérêt et unit les hommes dans le sentiment du sens esthétique: sans cette connexion aucune toute entente (Verständigung) serait inconcevable (unbegreiflich).
A partir d’ici, retour à la morale: le beau est le symbole du bien et la culture du sentiment est un devoir; mais cela signifie que, si la morale est fondée, le sens du beau et des belles relations humaines est non seulement justifié, mais doit encore être cultivé.
Eric Weil me fait toujours du bien.

C'est un très beau texte, merci Ashtrak!

Invité El
Esprit éclairé


Revenir en haut Aller en bas

Re: Quelles lectures pour braver des tornades de crachats ?

Message par Caspar Goodwood le Sam 9 Jan 2016 - 17:33

@Yokeyo a écrit:Guerre et Paix de Tolstoï. Je le relis à chaque fois que je dérive...et toujours, il me raccorde à moi-même. Je n'ai pas encore trouvé la clé de ce mystère.

Quelle belle incitation à la lecture. Qui ai-je entendu récemment à la radio (un écrivain ?) qui disait qu'il ne lisait plus guère, à l'exception de Résurrection du même Tolstoï parce que ce livre "contenait toutes les questions et toutes les réponses" (je cite très imparfaitement, ma mémoire me fait défaut) ?

Caspar Goodwood
Empereur


Revenir en haut Aller en bas

Re: Quelles lectures pour braver des tornades de crachats ?

Message par Ignatius Reilly le Mer 20 Jan 2016 - 16:39

Desproges... je sais ça peut paraître "faible", mais pour moi c'était un écrivain.

Sinon, des pages de Vernant parlant d'Hésiode et d'Homère.

Ignatius Reilly
Fidèle du forum


Revenir en haut Aller en bas

Re: Quelles lectures pour braver des tornades de crachats ?

Message par Violetsrblue le Mer 16 Mar 2016 - 10:58

@Ignatius Reilly a écrit:Desproges... je sais ça peut paraître "faible", mais pour moi c'était un écrivain.

Sinon, des pages de Vernant parlant d'Hésiode et d'Homère.

+1 pour Desproges que je parcours avec plaisir quand rien ne va...

Et je me permets d'ajouter Si c'est un homme de Primo Levi, réel livre de chevet.

"Mais Lorenzo était un homme; son humanité était pure et intacte, il n'appartenait pas à ce monde de négation. C'est à Lorenzo que je dois de n'avoir pas oublié que moi aussi j'étais un homme..."

EDIT : merci pour ce sujet...

_________________
"What's done cannot be undone." Bill S.
"I give in to sin because you have to make this life liveable..." M.L.G.

Violetsrblue
Niveau 6


Revenir en haut Aller en bas

Re: Quelles lectures pour braver des tornades de crachats ?

Message par Beniamino Massimo le Jeu 24 Mar 2016 - 20:37

Lire, relire : « Dès qu'un objet me répugnait, j'en faisais un sujet d'étude ; je me forçais adroitement à en tirer un motif de joie. En face d'une occurrence imprévue ou quasi désespérée, d'une embuscade ou d'une tempête en mer, toutes les mesures concernant les autres étant prises, je m'appliquais à faire fête au hasard, à jouir de ce qu'il m'apportait d'inattendu. Même au sein de mon pire désastre, j'ai vu le moment où l'épuisement enlevait à celui-ci une part de son horreur, où je le faisais mien en acceptant de l'accepter. Si j'ai jamais à subir la torture, et la maladie va sans doute se charger de m'y soumettre, je ne suis pas sûr d'obtenir longtemps de moi l'impassibilité d'un Thraséas, mais j'aurai du moins la ressource de me résigner à mes cris. Et c'est de la sorte, avec un mélange de réserve et d'audace, de soumission et de révolte soigneusement concertées, d'exigence extrême et de concessions prudentes, que je me suis finalement accepté moi-même ». Et tout le livre...

Et des dizaines d'autres. Le livre II des Tristes, pourquoi pas. Parfois, quelques vers d'Il neige dans la nuit, de Nâzım Hikmet, quand des mots banals suffisent :

Je suis à la fenêtre de l’infirmerie.
Je ne sens pas l’odeur des médicaments.
Les œillets ont dû fleurir quelque part.
Et voilà mon amour, et voilà, être captif, là n’est pas la question,
la question est de ne pas se rendre
.

_________________
Et de ce peu de jours si longtemps attendus,
Ah ! malheureux ! Combien j'en ai déjà perdus !

Beniamino Massimo
Niveau 9


Revenir en haut Aller en bas

Re: Quelles lectures pour braver des tornades de crachats ?

Message par Beniamino Massimo le Jeu 24 Mar 2016 - 20:55

La littérature d'exil, d'une manière générale, est assez salutaire.

_________________
Et de ce peu de jours si longtemps attendus,
Ah ! malheureux ! Combien j'en ai déjà perdus !

Beniamino Massimo
Niveau 9


Revenir en haut Aller en bas

Re: Quelles lectures pour braver des tornades de crachats ?

Message par Beniamino Massimo le Ven 15 Avr 2016 - 10:43



Dans l'héroïque traduction d'André Pézard. Tout Dante mis en français par un seul homme.

_________________
Et de ce peu de jours si longtemps attendus,
Ah ! malheureux ! Combien j'en ai déjà perdus !

Beniamino Massimo
Niveau 9


Revenir en haut Aller en bas

Re: Quelles lectures pour braver des tornades de crachats ?

Message par Ergo le Mar 26 Juil 2016 - 21:00

Une idée ? Une de plus ?

Notez que je suis en train de lire les 9 tomes de Sjöwall et Walhöö que je n'avais pas lus et que j'ai pas mal de lectures sur les années 50 aux US mais je ne serais pas contre un peu d'humanisme.

_________________
After all we've been through---it can't be for nothing. ---Ellie

No matter. Try again. Fail again. Fail better.---Beckett
Les stulos-plyme des neos. Illustration de la devise de Ronin: "Cède, cède, cède, je le veux !"

Ergo
Enchanteur


Revenir en haut Aller en bas

Page 4 sur 4 Précédent  1, 2, 3, 4

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum