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Robin
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La Vérité Empty La Vérité

par Robin le Jeu 9 Aoû 2012 - 17:44
1) Vérité, réalité, jugement :

Selon saint Thomas d'Aquin (philosophe et théologien catholique du XIIIème siècle), la vérité est l'adéquation de la chose et de l'esprit ("adequatio rei et intellectus"). Soit la proposition "il pleut". La pluie (le réel) n'est ni vraie, ni fausse, mais ce que je peux en dire (le jugement). Si je dis "il pleut", alors qu'il ne pleut pas, je ne modifie pas la réalité. La pluie continue de tomber. La vérité n'est pas dans les choses, mais dans le jugement que je porte sur les choses ; La vérité est une valeur, elle appartient au langage, à la façon dont l'esprit rend compte de son rapport aux choses.

Note : La phrase de saint Thomas d'Aquin ne signifie pas que la vérité est la conformité entre ce que conçoit l'entendement avec la réalité (l'idée selon laquelle l'entendement devrait procéder à une comparaison entre ses conceptions et les choses est une idée naïve), mais que la vérité est primordialement en Dieu et dans les choses en tant que celles-ci sont conformes aux raisons qui préexistent dans l'intelligence divine "cause des choses" et secondairement dans l'intelligence humaine, en tant que celle-ci est le reflet fidèle de l'intelligence créatrice.

2) Vérité formelle et vérité matérielle :


a) Selon la logique classique (Aristote), un jugement est vrai s'il respecte des principes, le principe d'identité, de non contradiction et de tiers exclu. Je n'ai pas le droit de formuler, à propos du même objet une affirmation et une négation. Je ne peux pas dire : "Il pleut et il ne pleut pas."

b) Ces règles sont celles de la logique. La vérité est alors qualifiée de "formelle", parce qu'elle ne s'intéresse qu'à la forme du discours, à sa cohérence interne.

Pour Descartes (philosophe français du XVIIème siècle), ce n'est pas la conformité entre la pensée et le réel, mais l'évidence qui est le critère du vrai (la vérité formelle, mathématique)

Objections :

- L'évidence risque d'être subjective.

- Elle ne caractérise pas les axiomes.

- Elle n'est pas présente dans une démonstration un peu longue.

c) Lorsque le langage évoque les choses du monde, il faut garantir que les termes ou symboles utilisés sont adaptés à ce que je saisis du monde.

3) Les vérités scientifiques :

a) Selon Kant, notre connaissance est déterminée par la structure de notre esprit. Notre entendement n'a pas accès aux "choses en soi" (aux noumènes), mais seulement aux phénomènes.

Il y a donc des vérités inaccessibles à l'entendement humain ; par exemple, l'existence de Dieu.

b) C'est la raison pour laquelle certains considèrent que le discours scientifique est le seul qui puisse nous fournir des vérités ; c'est ce que l'on appelle le scientisme. Mais ne peut-on admettre qu'une place soit réservée pour d'autres vérités que les vérités scientifiques, par exemple, les vérités morales, métaphysiques ou religieuses ?

c) Ces vérités sont respectables si elles visent une certaine cohérence ou sont en accord avec des conduites. C'est pourquoi Emmanuel Kant postule l'existence de Dieu de l'âme et de la liberté ("J'ai borné la raison pour faire une place à la foi.")

4) La vérité comme "valeur" :


La recherche de la vérité concerne la dignité de la pensée et peut constituer un devoir. Certains penseurs considèrent que la vérité n'est pas la "valeur" suprême : Nietzsche, par exemple, choisit l'art ou la vie contre la vérité.
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