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John
Médiateur

Allemand : l'enseignante Sabine Aussenac publie une lettre ouverte à Vincent Peillon

par John le Jeu 16 Aoû 2012 - 15:05
http://www.huffingtonpost.fr/sabine-aussenac/manque-eleves-germanophones_b_1775203.html?ncid=edlinkusaolp00000003



Lettre ouverte à Monsieur le Ministre de l'Éducation Nationale

Professeur certifiée bi admissible d'allemand depuis 1984, TZR sans poste fixe pour la dix-huitième année, je souhaiterais attirer votre attention sur ma situation, mais surtout sur celle de centaines de collègues d'allemand, et sur les perspectives de l'enseignement de l'allemand.

Certes, il semblerait que la situation, dans certaines académies, commence à s'améliorer; cependant, et ce malgré les innombrables efforts conjugués des enseignants, des inspections et des autorités rectorales et ministérielles, l'enseignement de l'allemand rencontre d'innombrables difficultés, totalement incompréhensibles lorsque l'on sait les partenariats économiques, politiques et culturels engagés avec nos voisins d'outre-Rhin. 22%, oui, seulement 22% d'élèves font de l'allemand dans le secondaire...

En effet, comment expliquer cette fonte des effectifs, ce désintérêt progressif des parents d'élèves pour l'enseignement de notre discipline, cette lente, mais inexorable disparition de l'enseignement de l'allemand, dans toutes les académies -sauf peut-être dans l'est de la France-, quand on sait que la France et l'Allemagne mettent tout en œuvre, même au niveau des programmes d'échanges culturels et scolaires et/ou universitaires, pour pallier à cette désaffection?

Il conviendrait en urgence de poursuivre les efforts engagés et de mettre en place de nouvelles perspectives, car cette situation devient insupportable et inquiétante, et commence à causer de véritables problèmes au niveau économique, puisque de plus en plus d'entreprises peinent à trouver des candidats germanistes, mais aussi au niveau relationnel et culturel, puisque la plupart des jumelages en viennent à disparaître, faute de motivation (ainsi, au sein de l'Éducation Nationale, il est fort difficile à un TZR changeant chaque année d'établissement de poursuivre ou de mettre en place des appariements, faute de continuité éducative. Quant aux jumelages de ville à ville, comment imaginer que des départements comme le mien, où aucune, je dis bien aucune école primaire ne propose d'enseignement de l'allemand, et où, de facto, presque aucun collège n'en offre, puissent ensuite spontanément initier des partenariats avec l'outre-Rhin?).

Justement, la première des choses à mettre en place serait une étude statistique qui prouverait que dans certaines régions, il est devenu tout simplement impossible de choisir l'apprentissage de l'allemand au collège, puisque la majorité des enfants, à l'école primaire, auront appris une autre langue. À la relecture des textes officiels, il apparaît pourtant clairement que rien n'oblige des parents à faire apprendre l'anglais à leurs enfants scolarisés en primaire; dans l'absolu, les parents, dans tout l'hexagone, devraient avoir le choix. Or, il n'en est rien; dans le Gers, donc, pas une seule offre d'allemand dans les écoles... Pourquoi ne pas imaginer, en attendant que suffisamment de professeurs des écoles soient formés dans l'ensemble des académies, de pallier à ces manques, dès la rentrée 2012, en proposant que des TZR sans poste fixe soient affectés dans ces fonctions? Car il y a urgence: c'est pyramidal, nous perdons nos élèves, nos collègues du Supérieur leurs étudiants et leurs postes, et les entreprises des marchés, faute de recrutés maîtrisant la langue de Goethe.

Et le souci, c'est que nos jeunes diplômés, dans leur immense majorité, ne maîtrisent pas non plus la langue de Confucius... Car si les langues "à la mode", comme le chinois, le japonais ou l'arabe, qui ont souvent tendance à remplacer l'allemand ou l'italien en LV2 ou LV3, représentent effectivement le nouvel eldorado linguistique imaginé par les parents d'élèves, il est évident qu'elles ne peuvent se maîtriser entièrement en quelques années de collège et de lycée. Et, sans verser dans le prosélytisme pro germanique à outrance, c'est pourtant bien à ce niveau-là qu'il conviendrait de remotiver les familles et les directeurs d'écoles ou d'EPLE... Il suffirait de parler aux familles, par le biais d'une campagne d'information, et de demander aux établissements de jouer le jeu.

C'est en ce sens que j'avais déjà présenté un projet au cabinet de Monsieur Jean-Louis Nembrini en 2007, après plusieurs tables rondes organisées à Toulouse, en présence d'élus locaux et de représentants des entreprises et des collectivités; je me permets aujourd'hui de relancer cette perspective qui pourrait éventuellement aider à "renverser la vapeur": l'idée phare du projet de communication était de rassembler les savoir-faire de l'Éducation Nationale, les outils logistiques des collectivités et les fonds d'investissement privés des entreprises, afin de mettre en place une véritable "campagne de communication" autour de l'enseignement de l'allemand.

J'avais à l'époque persuadé M. Jean-Marc Nozeran, qui était à ce moment-là PDG de Siemens VDO, de soutenir cette idée, et c'est dans les locaux de Siemens que s'étaient réunis les représentants du rectorat, de l'inspection, ainsi que le président du club franco-allemand des affaires et des représentants de diverses entreprises, comme Airbus. Par la suite, j'avais rencontré aussi des représentants de la municipalité de Toulouse et des collectivités territoriales. Nous avions mis en place une première piste de réflexion autour de perspectives simples, mais qui auraient pu faire preuve de leur efficacité; les entreprises et le club franco-allemand des affaires auraient ainsi participé en partie au financement, tandis que la municipalité et les Conseils Général et Régional auraient proposé leurs supports logistiques, sous la forme par exemple d'affichage dans des abribus ou sur des panneaux, ou dans des revues papier -aujourd'hui, il conviendrait aussi de se mobiliser sur internet.

En effet, il conviendrait, afin de renouer avec des habitudes perdues, de remotiver les familles et les enfants ou adolescents afin que l'apprentissage de la langue allemande "redevienne à la mode" et, sans faire partie des fondamentaux, soit au moins proposé comme choix réel et dynamique, au lieu de ressembler de plus en plus à une utopie. Une campagne nationale de "publicité", avec des slogans porteurs, teintés d'humour, avec des images fortes, une campagne qui serait bien entendu relayée au niveau des académies, des établissements scolaires, sous forme d'affichages, de liens sur les ENT, etc, porterait, j'en suis certaine, ses fruits. Car tout ce que nous mettons en œuvre régulièrement, par exemple au moment de la "semaine franco-allemande", qui mobilise énormément d'énergie, reste actuellement lettre morte, puisque ne se déplacent à ce moment-là que les familles dont les enfants sont déjà germanistes (l'an passé, étant venue exprès de Auch à Toulouse avec mon fils pour voir les activités proposées à cette occasion, je me suis entretenue avec le responsable de la communication de la mairie: il n'avait vu, malgré la musique, les stands culturels et les activités proposées, aucune classe de primaire ou de collège... Bilan de cette journée là pour d'éventuels futurs germanistes toulousains: zéro).

Enfin, je souhaiterais attirer votre attention sur la situation délicate de l'enseignement de l'allemand dans les "Quartiers"; ce n'était pas la première fois que j'ai enseigné en ZEP, et j'avais déjà constaté ce phénomène. Cependant, cette année, dans le collège classé ÉCLAIR de banlieue toulousaine où je donnais trois heures de cours par semaine alors que j'habite et suis rattachée, sans permis de conduire et à 51 ans, à 80 kilomètres, j'ai été obligée de faire marquer dans le carnet de correspondance des élèves: "Je ne prononcerai plus le nom du Führer en cours sans y avoir été invité". En effet, dès la rentrée, mes élèves, pourtant déjà mâtures, en classe de troisième, éprouvaient un malin plaisir à vouloir sans arrêt parler d'Hitler et du nazisme, qu'ils trouvaient "fantastiques". Je n'ai pas besoin de vous expliquer pourquoi. Hitler a tué "plein de juifs", et "nous on trouve ça super", etc. Outre le fait que, en tant qu'enseignante à Toulouse, je n'ai pas compris qu'un débriefing général n'ait pas été organisé dans les établissements sensibles après l'affaire Merah, je suis intimement persuadée qu'il est urgent de retravailler ces sujets-là, à tous les niveaux...

Car nous nous trouvons devant ce double paradoxe: dans certains milieux, on assiste à la résurgence de certains vieux démons, que je viens d'évoquer, tandis que dans la plupart des esprits, et c'est tout à fait flagrant à la lecture des "forums d'expression" sur le net, l'Allemagne, de par la crise, est à nouveau assimilée à une puissance voulant dominer les autres pays de façon hégémonique, alors que justement, les Allemands, eux, ont enfin réussi à travailler leur passé, et que les nouvelles générations, celles qui sont l'avenir de l'Europe, n'ont vraiment plus à porter le poids de ce passé...

Monsieur le Ministre, il suffit de regarder internet pour voir la kyrielle de partenariats existants entre nos deux pays; c'est merveilleux, c'est extraordinaire, entre l'OFAJ, les divers programmes ERASMUS, les initiatives culturelles... Mais, encore une fois, pour le moment, et depuis des années, tout cela reste lettre morte dans le concret de nos conditions de travail.

NOUS N'AVONS PLUS D'ÉLÈVES!
Je me tiens aussi à votre disposition pour réactiver mon "projet de communication", si toutefois vous le jugiez intéressant, et/ou pour être intégrée dans une commission de réflexion. Je vous mets en lien mes différentes tribunes parues, depuis des années, dans les médias.



Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l'expression de mon plus profond respect.

http://www.huffingtonpost.fr/sabine-aussenac/manque-eleves-germanophones_b_1775203.html?ncid=edlinkusaolp00000003

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philann
Doyen

Re: Allemand : l'enseignante Sabine Aussenac publie une lettre ouverte à Vincent Peillon

par philann le Jeu 16 Aoû 2012 - 15:42
merci pour cette info!!

C'est vrai que la situation de l'enseignement de l'allemand est sinon désespérée...très préoccupante...

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Circé
Expert spécialisé

Re: Allemand : l'enseignante Sabine Aussenac publie une lettre ouverte à Vincent Peillon

par Circé le Jeu 16 Aoû 2012 - 16:07
ui, je n'aurais jamais eu la carrière professionnelle que j'ai eue (avant d'être prof de LM) si je n'avais pas parfaitement maîtrisé l'allemand...grâce à l'école, aux échanges scolaires (je suis toujours en contact avec ma correspondante que j'ai connue en 3°) et des immersions régulières.

Je n'ai enseigné dans des établissements où l'allemand s'enseigne. Pour beaucoup, elle est considérée comme "élitiste", même des collègues (qui ne la parlent pas et qui ne l'enseignent pas) la déconseillent "aux mauvais élèves". Peut-être un épiphénomène mais j'ai souvenir que les classes anglais/allemand ou inversement avec un pincée de grec et de latin étaient les "meilleures" classes.

Je pense aussi que le boulot est phénoménal pour réhabiliter cette langue que j'adore.
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carolette
Neoprof expérimenté

Re: Allemand : l'enseignante Sabine Aussenac publie une lettre ouverte à Vincent Peillon

par carolette le Jeu 16 Aoû 2012 - 16:34
Notre inspectrice de circonscription nous a imposé l'allemand, avec une intervenante, en plus de l'anglais, à partir du CE1, et jusqu'au CM2, depuis la rentrée scolaire dernière. Notre collège de secteur propose des classes bi-langues, ceci explique cela.
Au départ, il était prévu que les enfants (ou plutôt leurs parents) aient le choix entre ces deux langues, et lorsque nous avons fait passer des questionnaires pour connaître la langue choisie pour l'année suivante, nous n'avons eu qu'une petite vingtaine de réponses positives, sur 300 élèves.
Pour la plupart des parents, l'allemand ne sert à rien, l'anglais prédomine, et ce même pour les très bons élèves qui autrefois étaient dirigés vers des sections germanistes, réputées, à tort ou à raison (j'aurais tendance à dire à raison si je considère mon parcours scolaire et le profil des élèves de mes classes successives).

Quand je vois le yaourt parlé, tant en anglais qu'en allemand, par ma fille qui entre en CM1, et qui en plus confond les deux langues ("ich like chocolate"), je ne suis pas certaine de l'intérêt du dispositif, d'autant qu'en CM2, les élèves doivent passer le niveau A1 (en anglais pour l'instant, mais j'imagine que ce sera dans les deux langues d'ici 4 ans, quand les CE1 de l'an dernier entreront en CM2).

Nous avons vanté les mérites des accords, partenariats entre la France et l'Allemagne, les possibilités d'emplois pour l'avenir, mais rien n'y fait.
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kensington
Esprit éclairé

Re: Allemand : l'enseignante Sabine Aussenac publie une lettre ouverte à Vincent Peillon

par kensington le Jeu 16 Aoû 2012 - 17:44
L'intérêt des Français pour l'apprentissage des langues étant déjà peu développé...

Les liens entre la France et l'Allemagne, ça se joue d'abord au niveau politique et économique, non? C'est un peu comme la question européenne, il y a des conséquences sur la vie quotidienne des gens mais ça les touche indirectement. La réalité allemande quotidienne, culturelle touche peu de monde au quotidien en France, j'ai l'impression (les personnes directement impliquées, c'est tout). Assez étonnant finalement après tant d'années de ce qu'on appelle l'amitié franco-allemande.

Dans le domaine économique, je pense que les Allemands parlent anglais (comme tout le monde finalement!) et ils se débrouillent très bien dans cette langue. Une entreprise française qui travaille avec l'Allemagne et qui ne trouve pas à recruter de bons germanophones, sera très satisfaite de trouver des anglicistes compétents (ce qu n'est pas facile non plus!).Pour les parents, la langue à apprendre c'est l'anglais et pour être dans une bonne classe, on vise la section européenne.

L'espagnol a sûrement une visibilité internationale plus importante que l'allemand. Et puis pour tout le monde, la langue internationale c'est d'abord l'anglais (ça correspond quand même à une certaine réalité) et l'important c'est de pouvoir faire du business ou du tourisme avec. humhum La culture mondiale, c'est les medias et le showbiz américains et leurs dérivés. Tout ça n'est pas bon non plus pour la discipline anglais mais c'est vrai que ça ne pose pas de problèmes de recrutement d'élèves.

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philann
Doyen

Re: Allemand : l'enseignante Sabine Aussenac publie une lettre ouverte à Vincent Peillon

par philann le Jeu 16 Aoû 2012 - 18:43
Une entreprise française qui travaille avec l'Allemagne et qui ne trouve pas à recruter de bons germanophones, sera très satisfaite de trouver des anglicistes compétents (ce qu n'est pas facile non plus!).

C'est ce que se disent beaucoup de gens mais dans la réalité non. Parce que dans les échanges professionnelles il faut aussi comprendre les différences culturelles et même quand tout le monde parle bien on perd qd même à n'utiliser que l'anglais pour se comprendre. C'est pour ça que des entreprises cherchent des germanistes et non pas seulement des anglicistes pour travailler en ou avec l'Allemagne.

Un type du Goethe Institut de Paris me disait qu'ils recevaient pléthore de candidats ingénieurs ou ouvriers très qualifiés pour passer le niveau A1 (c'est à dire quand même pas grand chose Rolling Eyes ) car ils en avaient besoin professionnellement.

Bref, les gens payent chers, après coup...ce qu'on leur propose gratuitement à l'école.

Par ailleurs, le fait d'avoir supprimer (ou tendre vers la suppression) des classes élitistes (allemand, latin, grec etc...) a vraisemblablement beaucoup nuit à l'allemand, parce que c'était aussi un facteur de choix des parents (pour autant je ne dis pas qu'il faut y revenir, hein, je constate!).

La meilleure preuve à la fac, en philo 4-5 étudiants en L1 ou L2 à faire allemand, à partir de la L3 c'est-à-dire quand les étudiants de prépa rejoignent les rangs de la fac, tout d'un coup les effectifs augmentent...

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kensington
Esprit éclairé

Re: Allemand : l'enseignante Sabine Aussenac publie une lettre ouverte à Vincent Peillon

par kensington le Jeu 16 Aoû 2012 - 18:51
@philann a écrit:
Une entreprise française qui travaille avec l'Allemagne et qui ne trouve pas à recruter de bons germanophones, sera très satisfaite de trouver des anglicistes compétents (ce qu n'est pas facile non plus!).

C'est ce que se disent beaucoup de gens mais dans la réalité non. Parce que dans les échanges professionnelles il faut aussi comprendre les différences culturelles et même quand tout le monde parle bien on perd qd même à n'utiliser que l'anglais pour se comprendre. C'est pour ça que des entreprises cherchent des germanistes et non pas seulement des anglicistes pour travailler en ou avec l'Allemagne.

Un type du Goethe Institut de Paris me disait qu'ils recevaient pléthore de candidats ingénieurs ou ouvriers très qualifiés pour passer le niveau A1 (c'est à dire quand même pas grand chose Rolling Eyes ) car ils en avaient besoin professionnellement.

Bref, les gens payent chers, après coup...ce qu'on leur propose gratuitement à l'école.

Par ailleurs, le fait d'avoir supprimer (ou tendre vers la suppression) des classes élitistes (allemand, latin, grec etc...) a vraisemblablement beaucoup nuit à l'allemand, parce que c'était aussi un facteur de choix des parents (pour autant je ne dis pas qu'il faut y revenir, hein, je constate!).

La meilleure preuve à la fac, en philo 4-5 étudiants en L1 ou L2 à faire allemand, à partir de la L3 c'est-à-dire quand les étudiants de prépa rejoignent les rangs de la fac, tout d'un coup les effectifs augmentent...

Je crois que c'est très personnel d'apprendre une langue, très intime. Et à moins d'un coup de coeur provoqué par un livre, une ville, une rencontre etc. et qui peut être entretenu par l'école s'il a lieu au moment de la scolarité, c'est en effet dans des situations de réelle nécessité que les gens sont motivés pour le faire. C'est pour ça qu'il ne faut pas que notre enseignement scolaire ne vise que le communicationnel, le pratique, l'actionnel mais au contraire le culturel et à travers lui l'exposition à la langue.
Certainement pas en l'imposant au primaire comme dans l'exemple donné.

professeur

Bon, ce n'est qu'un avis.
Invité
Invité

Re: Allemand : l'enseignante Sabine Aussenac publie une lettre ouverte à Vincent Peillon

par Invité le Jeu 16 Aoû 2012 - 19:01
+1000.
C'est ce coup de foudre qui fait que je parle allemand aujourd'hui (et pas anglais! Smile )
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kensington
Esprit éclairé

Re: Allemand : l'enseignante Sabine Aussenac publie une lettre ouverte à Vincent Peillon

par kensington le Jeu 16 Aoû 2012 - 19:04
Invité
Invité

Re: Allemand : l'enseignante Sabine Aussenac publie une lettre ouverte à Vincent Peillon

par Invité le Jeu 16 Aoû 2012 - 19:06
Cette particularité, par contre, rend notre boulot de prof de LV assez ingrat, je trouve... Même si nous avons nos petites joies de tous les jours. Very Happy
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kensington
Esprit éclairé

Re: Allemand : l'enseignante Sabine Aussenac publie une lettre ouverte à Vincent Peillon

par kensington le Jeu 16 Aoû 2012 - 19:12

C'est vrai.

Et encore, s'il y a des petites joies tous les jours, on ne peut plus trop se plaindre!
Wink
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philann
Doyen

Re: Allemand : l'enseignante Sabine Aussenac publie une lettre ouverte à Vincent Peillon

par philann le Jeu 16 Aoû 2012 - 19:22
C'est pour ça qu'il ne faut pas que notre enseignement scolaire ne vise que le communicationnel, le pratique, l'actionnel mais au contraire le culturel et à travers lui l'exposition à la langue.

+ 1000 0000

J'ai appris l'allemand pour des raisons familiales et GROSSE insistance familiale...et j'ai détesté ça (mais plus encore l'anglais)...jusqu'au jour où l'allemand m'a servi à étudier Erlkönig, les textes de Zweig ou Schnitzler, ou de voir des films de l'expressionisme allemand. Bref, le jour où j'ai eu une prof assez géniale veneration pour que la langue ne soit plus le but, mais le moyen... d'accéder à cette culture. yesyes

Le jour où j'ai dû vraiment parler allemand pour mes études, en quelques semaines c'était plié, parce que toutes les bases étaient acquises (même si surtout parce qu'on ne jouait pas à faire semblant d'être dans l'immersion à 2h30 par semaine!! furieux )

Je n'ai hélas jamais eu ça en anglais pale
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mav80
Niveau 5

Re: Allemand : l'enseignante Sabine Aussenac publie une lettre ouverte à Vincent Peillon

par mav80 le Jeu 16 Aoû 2012 - 19:27
Cette collègue a de (très) gros efforts à faire en matière de communication ! Une vidéo, c'est quand même autre chose ... la forme empêche d'apprécier son message à sa juste valeur
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Pili
Grand sage

Re: Allemand : l'enseignante Sabine Aussenac publie une lettre ouverte à Vincent Peillon

par Pili le Jeu 16 Aoû 2012 - 20:17
@mav80 a écrit:Cette collègue a de (très) gros efforts à faire en matière de communication ! Une vidéo, c'est quand même autre chose ... la forme empêche d'apprécier son message à sa juste valeur

oooooooooooh de suite, ça pourrait être pire, faut pas exagérer, mieux vaut s'attarder sur le fond, comment serions-nous après 18 années SDF de l'Education Nationale?
Vous en connaissez beaucoup des collègues passés 50 ans qui , sans l'avoir choisi, se retrouvent affectés en établissement ECLAIR ?!
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Jul
Habitué du forum

Re: Allemand : l'enseignante Sabine Aussenac publie une lettre ouverte à Vincent Peillon

par Jul le Jeu 16 Aoû 2012 - 20:46
J'ai été PP d'une classe de 5e il y a quelques années. Nous avons discuté - de manière neutre- de leurs choix de LV2. A ma grande surprise, certains m'ont dit ne pas choisir l'allemand ayant peur de la difficulté (supposée) de la langue, et lorsque je leur ai demandé quel était finalement leur choix, ils m'ont répondu ... le chinois...
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Pili
Grand sage

Re: Allemand : l'enseignante Sabine Aussenac publie une lettre ouverte à Vincent Peillon

par Pili le Jeu 16 Aoû 2012 - 20:52
lol!
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Aevin
Habitué du forum

Re: Allemand : l'enseignante Sabine Aussenac publie une lettre ouverte à Vincent Peillon

par Aevin le Jeu 16 Aoû 2012 - 21:12
@Jul a écrit:J'ai été PP d'une classe de 5e il y a quelques années. Nous avons discuté - de manière neutre- de leurs choix de LV2. A ma grande surprise, certains m'ont dit ne pas choisir l'allemand ayant peur de la difficulté (supposée) de la langue, et lorsque je leur ai demandé quel était finalement leur choix, ils m'ont répondu ... le chinois...
Je pense que cette réputation de "langue pour les meilleurs" a fait beaucoup de mal à l'allemand et nous sommes en train de le payer ...

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Invité
Invité

Re: Allemand : l'enseignante Sabine Aussenac publie une lettre ouverte à Vincent Peillon

par Invité le Jeu 16 Aoû 2012 - 21:17
Pas faux. Pour le reste, il y a l'argument-massue "c'est moche", et ça, ça a toujours nui à l'allemand! Evil or Very Mad
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Babayaga
Grand sage

Re: Allemand : l'enseignante Sabine Aussenac publie une lettre ouverte à Vincent Peillon

par Babayaga le Jeu 16 Aoû 2012 - 21:34
@kensington a écrit:
Je crois que c'est très personnel d'apprendre une langue, très intime. Et à moins d'un coup de coeur provoqué par un livre, une ville, une rencontre etc. et qui peut être entretenu par l'école s'il a lieu au moment de la scolarité, c'est en effet dans des situations de réelle nécessité que les gens sont motivés pour le faire. C'est pour ça qu'il ne faut pas que notre enseignement scolaire ne vise que le communicationnel, le pratique, l'actionnel mais au contraire le culturel et à travers lui l'exposition à la langue.
Certainement pas en l'imposant au primaire comme dans l'exemple donné.

professeur

Bon, ce n'est qu'un avis.

Je pense que le fait de choisir la langue donne à l'élève l'impression que justement, il s'agit là de quelque chose de personnel. Et à mon avis c'est un problème en soi. Je pense que l'enseignement des langues devrait avoir un caractère davantage imposé. Tout l'aspect ludique que l'on tente de donner à l'enseignement de l'allemand pour attirer des élèves a quelque chose de malsain en soi. En ce qui me concerne j'ai parfois eu l'impression de me prostituer, j'ai arrêté cette propagande de recrutement des élèves en primaire par exemple, à force je trouve que c'est humiliant.
Je ne sais pas quelle est la solution. Je sais juste que ça m'insupporte qu'un élève de 5° à qui je mets une sale note me sorte qu'il va prendre espagnol en 4° et arrêter l'allemand. Genre je suis mauvais en math alors je vais arrêter. Y a que dans notre matière que ça peut arriver ce genre de chose, et c'est pénible.

Bon, je sors un peu du sujet, dans l'ensemble je trouve qu'il y a beaucoup de choses vraies dans le texte de cette enseignante.

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Je ne gère plus la rubrique en accès restreint, adressez-vous à Hermione, merci Smile
marimuri
Niveau 7

Re: Allemand : l'enseignante Sabine Aussenac publie une lettre ouverte à Vincent Peillon

par marimuri le Jeu 16 Aoû 2012 - 21:42
Dans certains coins de l'est nous n'avons pas le choix : tous les enfants doivent s'inscrire en 6e bilangue allemand-anglais et font de l'allemand dès l'école primaire.
Personnellement, je déplore qu'on n'ait pas la possibilité de CHOISIR.

...et moi je risque de me retrouver TZR pendant 20 ans Evil or Very Mad

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kensington
Esprit éclairé

Re: Allemand : l'enseignante Sabine Aussenac publie une lettre ouverte à Vincent Peillon

par kensington le Jeu 16 Aoû 2012 - 23:42
@Babayaga a écrit:
Je pense que le fait de choisir la langue donne à l'élève l'impression que justement, il s'agit là de quelque chose de personnel. Et à mon avis c'est un problème en soi. Je pense que l'enseignement des langues devrait avoir un caractère davantage imposé. Tout l'aspect ludique que l'on tente de donner à l'enseignement de l'allemand pour attirer des élèves a quelque chose de malsain en soi. En ce qui me concerne j'ai parfois eu l'impression de me prostituer, j'ai arrêté cette propagande de recrutement des élèves en primaire par exemple, à force je trouve que c'est humiliant.
Je ne sais pas quelle est la solution. Je sais juste que ça m'insupporte qu'un élève de 5° à qui je mets une sale note me sorte qu'il va prendre espagnol en 4° et arrêter l'allemand. Genre je suis mauvais en math alors je vais arrêter. Y a que dans notre matière que ça peut arriver ce genre de chose, et c'est pénible.

Bon, je sors un peu du sujet, dans l'ensemble je trouve qu'il y a beaucoup de choses vraies dans le texte de cette enseignante.

Je voulais dire "personnel" dans le sens où, plus que pour d'autres matières je pense, on met de soi, de l'affect dans l'apprentissage d'une langue puisque qu'on s'exprime avec donc on s'expose, on rentre en relation avec l'autre et on devient un peu autre, en plus en utilisant un autre code.
Quant à donner un caratère plus imposé à l'enseignement des langues, c'est délicat. Sur quelles bases? Quelles langues imposer (après l'incontournable anglais) et quelles langues laisser facultatives?
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Amaliah
Empereur

Re: Allemand : l'enseignante Sabine Aussenac publie une lettre ouverte à Vincent Peillon

par Amaliah le Ven 17 Aoû 2012 - 0:33
J'espère ne blesser personne avec mon message, ce n'est pas le but.
Dans mon collège, les meilleurs en général font bilangue anglais-espagnol et pas anglais-allemand...
Toujours dans mon collège, les profs d'allemand se succèdent et se ressemblent, des voyages presque tous les ans, des animations, la journée allemande en janvier, mais pas de déclinaisons, des élèves qui arrivent en 4° et ne savent pas prononcer le ch de "machen" et parlent anglais avec leurs correspondants allemands, au grand dam des parents qui demandent des tableaux de déclinaisons et de la rigueur... A force de vouloir faire de l'allemand une langue pas si élitiste que ça... Cela dit on remplit toujours la classe grâce au principe des classes de niveau. Après la proximité géographique joue en faveur de l'espagnol même si l'allemand est la langue d'au moins 40% des écoles du secteur! Il en a toujours été ainsi, mon collège ne doit pas être très révélateur...
Invité
Invité

Re: Allemand : l'enseignante Sabine Aussenac publie une lettre ouverte à Vincent Peillon

par Invité le Ven 17 Aoû 2012 - 0:39
C'est une partie du problème, en effet. D'un côté, on exagère les difficultés de l'allemand (j'ai des spécimens dans ma famille, ils n'ont jamais fait d'allemand de leur vie, et pourtant, ils ne peuvent s'empêcher de me bassiner avec les sempiternels "c'est dur et c'est moche"), et de l'autre, pour compenser, on ment aux élèves pour attirer le chaland, on se prostitue presque pour avoir des effectifs et on freine des quatre fers sur l'enseignement de la grammaire pour ne démotiver personne. Résultat, effectivement, j'ai constaté cette année que les élèves ne savent pas aligner deux mots. Pas de niveau. Rien.
Bien sûr, il y a des exceptions. Mais dans l'ensemble, je suis tombée des nues.
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Nadejda
Monarque

Re: Allemand : l'enseignante Sabine Aussenac publie une lettre ouverte à Vincent Peillon

par Nadejda le Ven 17 Aoû 2012 - 0:48
holderfar a écrit:C'est une partie du problème, en effet. D'un côté, on exagère les difficultés de l'allemand (j'ai des spécimens dans ma famille, ils n'ont jamais fait d'allemand de leur vie, et pourtant, ils ne peuvent s'empêcher de me bassiner avec les sempiternels "c'est dur et c'est moche"), et de l'autre, pour compenser, on ment aux élèves pour attirer le chaland, on se prostitue presque pour avoir des effectifs et on freine des quatre fers sur l'enseignement de la grammaire pour ne démotiver personne. Résultat, effectivement, j'ai constaté cette année que les élèves ne savent pas aligner deux mots. Pas de niveau. Rien.
Bien sûr, il y a des exceptions. Mais dans l'ensemble, je suis tombée des nues.

Quelle tristesse...
Dans un temps pas si éloigné que ça, je me souviens de mes cours d'allemand (LV1) au collège : leçons de grammaire systématiquement notées dans un grand cahier, vérifiées par la prof (très très à cheval sur la présentation et la bonne tenue du cahier), sues sur le bout des doigts, interro de vocabulaire à presque chaque cours (et chaque mot non su devait être recopié 20 fois), on devait être capable au début de chaque cours de résumer à l'oral, à chaud, le dialogue ou le texte étudié à la leçon précédente. La prof était super exigeante mais quelle aisance ensuite... Du coup, je me suis bien ennuyée au lycée, comme les autres élèves ne partaient vraiment pas sur les mêmes bases.
C'est une si belle langue No
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Re: Allemand : l'enseignante Sabine Aussenac publie une lettre ouverte à Vincent Peillon

par Invité le Ven 17 Aoû 2012 - 0:52
Je suis en train de réfléchir à une progression grammaticale annuelle bien carrée, pour le collège comme pour le lycée. Les élèves sont demandeurs en plus, mais la doxa venue d'en haut nous dit que c'est maaaaaaaaaaal.
J'ai déjà contourné les consignes officielles autant que je le pouvais l'année dernière, l'année de stage quoi, cette année, je vais tâcher de cadrer encore plus là-dessus et sur le vocabulaire.
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Re: Allemand : l'enseignante Sabine Aussenac publie une lettre ouverte à Vincent Peillon

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