Contractuel en lettres (CDD jusqu'en juin 2013) : je doute vraiment de ma volonté d'enseigner - mais que faire ?

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Contractuel en lettres (CDD jusqu'en juin 2013) : je doute vraiment de ma volonté d'enseigner - mais que faire ?

Message par Ziegelzeig le Mer 26 Sep 2012 - 14:30

Je ne savais pas où poster un tel sujet, alors j'ai choisi la section qui me semblait la plus appropriée.

Je ne pense pas que vous vous souveniez de moi, mais je m'étais inscrit sur ce forum il y a deux ans environ, à une époque où j'avais faillis me retrouver contractuel dans un petit collège de fond de vallée... cependant, les circonstances ayant évolué, je n'ai finalement pas pu accepter ce poste, et je me suis retrouvé sur autre chose, à poursuivre mes études tout en voyant se profiler, petit à petit, le CAPES.

Après d'autres expériences professionnelles toutes liées à l'éducation (maître d'internat, assistant d'éducation, professeur particulier, etc.), je me suis retrouvé, depuis Septembre, à occuper à temps plein un poste de professeur contractuel de Lettres Modernes dans un petit collège... qui reste néanmoins une ZEP (apparemment une ZEP pas bien méchante, mais portant tout de même l’appellation).

J'ai validé mon Master 2 l'année dernière et je me préparais à passer le CAPES en Novembre... mais tout est en train de s'effondrer autour de moi dans des circonstances réellement catastrophiques, car je me rends de plus en plus compte, et je ne peux le nier, que je n'aime visiblement pas ce métier.
Au début, je prenais ça pour un effet négatif dû au stress, et je pensais que ça allait passer... mais la vérité c'est que je ne ressens pas réellement de stress : devant les élèves, je suis calme et détendu, serein, je trouve bien mes mots, je suis même bon pédagogue (du moins en ai-je l'impression).
Cependant, ça ne me fait rien... ni chaud, ni froid... et en réalité je m'ennuie, cela me désespère. Je n'aime pas leur apprendre des choses et, pire encore, je ne ressens pas l'envie de les aider.

Bon, en réalité, cela ne se passe pas aussi bien que ça tout le temps. J'ai quatre classes. Deux d'entre elles sont calmes, attentives et intéressées, et bien que, comme dit précédemment, je ne ressente aucune satisfaction particulière à leur faire cours (ni d'envie, en fait), ces heures ont au moins le mérite d'être détendue et à peu près agréable (même si, je vous le rappelle encore et toujours : ça ne me plaît aucunement).
Mes deux autres classes sont nettement moins faciles à gérer. Je tiens à peu près l'une des deux, grâce à une certaine rigueur et de l'autorité : punitions, mots dans le carnet, engueulades si nécessaire... et petit à petit, je commence à les dompter.
Seulement, je suis totalement dépassé par la seconde, complètement incapable de la gérer. Elle me semble peuplée à 95% de petits fouteurs de merde effrontés qui, s'ils ne sont pas méchants (pas agressifs envers moi, j'entends), n'écoutent rien en cours, ne font que parler à voix haute, se jettent leurs affaires, se battent, se roulent par terre, hurlent, ne font pas leurs devoirs, ne recopient pas la leçon, m'interrompent sans cesse pour me poser des questions inutiles, etc., etc.
Je suppose que vous devez bien rire en entendant ces "plaintes", puisque je suppose que bon nombre de classes difficiles se comportent de la sorte, voir même de façon bien pire... mais cette impression d'être totalement démuni face à eux, de ne pas parvenir à les contenir, malgré tous les procédés mis en place, est en train de me rendre totalement dingue : punitions, mots dans le carnet, heures de colle, renvoi de cours, restructuration complète des positions en classe, contrôle surprise pour mauvaise conduite : j'ai TOUT essayé, et malgré ça, c'est de pire en pire à chaque nouvelle heure de cours.

J'ai craqué comme jamais... Ne pas ressentir la moindre envie d'aller au travail, ne pas avoir d'affection particulière pour ce métier (pour lequel j'ai sacrifié plus de six années d'études inutiles), ne pas ressentir la fibre ni l'envie d'avancer ou d'aider les élèves, c'est déjà quelque chose d'extrêmement difficile à supporter pour moi (d'ailleurs je ne l'accepte pas, et je me hais et me désespère d'être si faible, de ne pas arriver à me motiver), mais en me rajoutant par dessus cette bande de gamins insupportables, ingérables, surexcités et irrespectueux ne fait qu'accroître mon dégoût pour cette profession qui ne m'inspire, aujourd'hui, plus qu'un vague sentiment de rejet et me pousse sans cesse à la fuite... Dimanche dernier, je me suis mis à pleurer comme une madeleine devant ma situation. Je n'ai pas versé une larme depuis plus de quinze ans, c'est vous dire à quel point je me sens mal. Ma fiancée ne sait plus quoi faire pour me soutenir, et je me rends bien compte que je lui fais du mal.

Notre situation est compliquée. Elle gagne bien sa vie, mais pas suffisamment pour nous deux. Nous vivons ensemble et sommes très heureux, mais nous avons d'énormes difficultés avec sa famille (surtout ses parents en fait), et renoncer à un travail, à un salaire, nous obligerait à retourner vivre chez nos parents respectifs, ce qui est totalement impossible pour elle : jamais je n'accepterai qu'elle retourne chez ces gens qui l'ont maltraité durant toute sa vie !!

Cependant, je me sens au bord du gouffre. Je n'arrive pas à m'accrocher, et j'ai peur de faire une bêtise... soit de finir par coller une tarte à l'un de ces petits diables, dans une phase de colère insurmontable (et je me suis senti bouillir plus d'une fois à ce stade de violence proche de l'explosion : j'en ai honte, je vous rassure), soit de me foutre en l'air, purement et simplement. L'idée m'est sincèrement venu, tant je me sens piégé.

Car comprenons-nous bien : quelle perspective me reste-t-il? Je n'ai aucune expérience valable dans n'importe quel corps de métier qui puisse me permettre de changer de voie... je ne peux plus me permettre de me "former", car il me faut un salaire, sans quoi je mettrai mon foyer dans une situation précaire... et j'ai beau regarder, chercher, réfléchir, je ne vois aucune issue.

Je suis en CDD jusqu'à la fin de l'année scolaire 2012-2013... mais je ne me vois clairement pas tenir jusque là.
Le pire c'est que je ne trouve de soutien chez personne. Tout le monde me dit que je suis fou, que je devrais penser aux incroyables avantages que m'apportent ma profession, et tout ce tralala... mais ils ne semblent pas comprendre à quel point je suis malheureux et désespéré...
Mes collègues ne sont pas super cools, non plus. Je n'arrive pas à trouver de soutien auprès d'eux. J'ai essayé d'amorcer plusieurs fois la question, mais je me sens mis à part. Ils sont entre eux, parlent de leurs trucs, moi je suis le petit nouveau qu'on regarde d'un œil curieux, voir vaguement méprisant (je ne suis qu'un contractuel voyez-vous), alors que dois-je faire? Forcer le mur de leur congrégation? M'imposer dans leurs discussions auxquelles je suis totalement étranger, afin de leur dire qu'une de mes classes est en train de me rendre à moitié fou, et que de toute manière ce boulot ne m'inspire absolument rien? Que je suis venu remplacer leur collègue en congé-maternité pour finalement les planter au bout d'un mois, tout ça parce que je n'ai pas été foutu de me rendre compte plus tôt que ce métier n'était clairement pas pour moi?
J'ai essayé de leur parler de mes difficultés avec ma classe de petits démons, mais à peine ai-je commencé à dire que j'avais du mal avec eux qu'on m'a regardé avec des yeux ronds et scrutateurs, du style "comment est-ce possible d'avoir des difficultés avec cette classe?" ou "ce type ne sait visiblement pas ce qu'est une classe vraiment difficile!".

Bref, j'en ai marre...
Je n'espère pas trouver de solution auprès de vous, mais j'avais besoin de mettre par écrit toute cette pression qui m'écrase de plus en plus, d'en parler à des personnes neutres, extérieures à ma vie.
Peut être une solution miraculeuse émergera-t-elle des personnes qui peuplent ce forum, peut être saurez vous mieux que moi ce qu'il faut que je fasse... à 25 ans, je me sens plus misérable et inutile que jamais.


Dernière édition par John le Mer 26 Sep 2012 - 19:00, édité 2 fois (Raison : Titre imprécis)

Ziegelzeig
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Re: Contractuel en lettres (CDD jusqu'en juin 2013) : je doute vraiment de ma volonté d'enseigner - mais que faire ?

Message par caperucita le Mer 26 Sep 2012 - 14:35

Excuse moi mais te serait-il possible de changer le titre de ton sujet, pour qu'on comprenne bien de quoi il s'agit ? (Cliquer sur éditer en haut, à droite du message). Merci.

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Par contre,si j'avais un marteau, je cognerais le jour, je cognerais la nuit, j'y mettrais tout mon coeur ! Razz Razz

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Re: Contractuel en lettres (CDD jusqu'en juin 2013) : je doute vraiment de ma volonté d'enseigner - mais que faire ?

Message par Invité21 le Mer 26 Sep 2012 - 14:43

Plusieurs réactions:

- Nulle obligation d'aimer ce métier. Un métier s'exerce, pour gagner un salaire. Aimer son métier est un luxe que peu de personnes s'autorisent, elles ont bien de la chance. Je ne l'aime pas non plus, et travaille à en changer.
Mais attention: pour cela, il faut que mes cours se passent bien, pour que je sois tranquille quand je rentre. Je m'y emploie. Je n'aime pas, mais j'essaie d'être motivée. C'est une nuance.
- A 25 ans, on est jamais coincé. Tu as fait des études, tu sauras en faire d'autres. Prof, c'est aussi apprendre à apprendre, on peut s'appliquer la maxime!
- Il me semble que ton mal-être n'est pas lié seulement à ton métier, mais aussi beaucoup aux conditions dans lesquelles tu l'exerces: ces classes qui ont l'air affreuses, tes collègues froids, le lieu, le fait de te sentir coincé par la situation familiale de ton amie...
Tu n'es pas tranquille, mais est-ce seulement le métier?


_________________
L'Engénu s'est déniaisé. Mais ne change pas!

Invité21
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Re: Contractuel en lettres (CDD jusqu'en juin 2013) : je doute vraiment de ma volonté d'enseigner - mais que faire ?

Message par Charlot le Mer 26 Sep 2012 - 14:45

@Ziegelzeig a écrit:
Mes collègues ne sont pas super cools, non plus. Je n'arrive pas à trouver de soutien auprès d'eux. J'ai essayé d'amorcer plusieurs fois la question, mais je me sens mis à part. Ils sont entre eux, parlent de leurs trucs, moi je suis le petit nouveau qu'on regarde d'un œil curieux, voir vaguement méprisant (je ne suis qu'un contractuel voyez-vous), alors que dois-je faire? Forcer le mur de leur congrégation? M'imposer dans leurs discussions auxquelles je suis totalement étranger, afin de leur dire qu'une de mes classes est en train de me rendre à moitié fou, et que de toute manière ce boulot ne m'inspire absolument rien? Que je suis venu remplacer leur collègue en congé-maternité pour finalement les planter au bout d'un mois, tout ça parce que je n'ai pas été foutu de me rendre compte plus tôt que ce métier n'était clairement pas pour moi?
J'ai essayé de leur parler de mes difficultés avec ma classe de petits démons, mais à peine ai-je commencé à dire que j'avais du mal avec eux qu'on m'a regardé avec des yeux ronds et scrutateurs, du style "comment est-ce possible d'avoir des difficultés avec cette classe?" ou "ce type ne sait visiblement pas ce qu'est une classe vraiment difficile!".

Aïe ! Passage à vide sur lequel tu vas rebondir à n'en pas douter.
Il est impossible que cette classe se comporte de la sorte uniquement avec toi d'autant plus que tes autres classes tournent bien, cette classe est forcément difficile pour tout le monde. Il suffit d'évoquer le sujet avec quelques collègues (parle avec les jeunes collègues si tu te sens pas avec le reste de l'équipe) pour que tu aies quelques confidences sur ladite classe à mon humble avis car si j'ai bien compris, tu interprètes leurs réactions.

Ne lâche rien, tu fais certainement du bon boulot, tu es humain et tu fais ce que tu peux, tes collègues doivent le savoir ou le sentir. N'aie pas trop de scrupule par rapport à ton statut, ce n'est pas marqué sur notre front et la plupart de tes collègues l'ignorent ou s'en cognent totalement.

Courage Smile

Charlot
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Re: Contractuel en lettres (CDD jusqu'en juin 2013) : je doute vraiment de ma volonté d'enseigner - mais que faire ?

Message par WonderWoman le Mer 26 Sep 2012 - 14:52

plusieurs choses... car tout est embrouillé et avant tout il faut démêler les diverses situations (soucis d'argent, familiaux, et travail)

-avant tout, l'année vient juste de commencer, et lors de mon année de stage, à ce stade là, je n'étais pas sûre de vouloir faire ça. J'étais crevée, dépassée, stressée ... et finalement je me suis surprise à aimer faire ce métier au fur et à mesure. Peut être que ça viendra. Est ce que déjà, tu aimes une partie du boulot (par ex la préparation des cours ?)
- sinon, à 25 ans on est jeune, on peut faire autre chose et on peut cumuler job + études (je l'ai fait). Il vaut mieux arrêter les frais tout de suite si tu n'es pas heureux et que tu es sûr que ça ne te convient pas. Mais pas de décision inconsidérées quand on est mal en point. Peut être avant tout il vaudrait mieux voir un médecin et discuter de ton état d'esprit (se foutre en l'air ?).
-pour la classe qui rend fou, en parler, au PP, malgré son air méprisant. Sinon, CPE, CDE, n'importe qui. Quant à dire que ce boulot ne t'inspire rien, quel intérêt de le dire à des gens qui te méprisent, si ce n'est pour les amener à te mépriser plus ? on ne sait jamais comment ils peuvent réagir ...
-Pour le logement : peut être que si vous gagnez moins vous pourriez envisager d'habiter dans un plus petit logement moins onéreux.


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Re: Contractuel en lettres (CDD jusqu'en juin 2013) : je doute vraiment de ma volonté d'enseigner - mais que faire ?

Message par chacha le Mer 26 Sep 2012 - 14:55

Ne te met pas autant de pression, comme tu le dis, tu es jeune, tu n'as que 25 ans ! A te lire, on constate que tu es effectivement dans une période difficile mais tu mélanges beaucoup de problèmes différents d'où cette impression de se sentir submergé : chaque chose en son temps.
Pour ta classe difficile : on n'est qu'au mois de septembre, apparemment tu gères tes autres classes donc reste ferme avec eux, continue à punir, ne cède pas, ne lâche rien, c'est un travail de longue haleine, mais ils finiront par se fatiguer !
En ce qui concerne tes collègues, laisse faire les choses, tu viens tout juste d'arriver, ils finiront par t'accepter mais ça prend du temps aussi. Tu peux éventuellement te rapprocher des collègues jeunes, des nouveaux ou de ceux qui ont l'air sympathiques (il y en a toujours) sans forcément trop t'épancher sur ce que tu ressens au début.
En attendant, si ce n'est pas déjà fait, il faut absolument que tu te trouves d'autres occupations pour décompresser en dehors du travail.
Bon courage et n'hésite pas à venir t'épancher ici en cas de besoin, on passe tous par des moments compliqués, ceux qui te diront que tous roule, qu'ils sont super heureux d'aller bosser tous les matins sont de vils menteurs.
fleurs2

chacha
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Re: Contractuel en lettres (CDD jusqu'en juin 2013) : je doute vraiment de ma volonté d'enseigner - mais que faire ?

Message par varia le Mer 26 Sep 2012 - 14:58

Ton message ne peut que susciter des réponses (par contre, caperucita a raison, il faudrait que tu en changes le titre ! - et peut-être le placer plutôt dans la partie : "l'enseignement au quotidien"). Alors je vais essayer d'en mettre qqunes par écrit :
- d'abord le fait de ne pas être séduit plus que ça par ce métier est certes une grande déconvenue, surtout vu tout ce que tu y as investi, mais finalement le lot de bcp de gens. On ne peut que regretter que tu n'aies pas eu réellement d'expériences de l'enseignement dans des conditions "normales" auparavant, par un petit CDD ou autre. Maintenant qu'on en est là, il faut d'abord relativiser la gravité de la situation...
- par ailleurs, tu as apparemment des gamins peu intéressants et peu aptes à progresser, ce qui n'est pas forcément le lot de toute une vie, même si ça peut durer un certain temps. QUant à bouillir intérieurement jusqu'à imaginer en coller une à l'un d'entre eux, je pense que nous sommes nombreux à avoir connu / connaître encore ça, il n'y a rien d'infamant là-dedans !
- par ailleurs encore, ton mal-être vient sans doute en grande partie du manque de communication avec tes collègues : quand on est dans une situation difficile comme ça, on a besoin d'en parler pour relativiser, pouvoir en rire le cas échéant, etc.. Là tu es tombé sur des cons (ou peut-être que tu te mets toi-même dans une position de retrait, par gêne ou impression erronée d'infériorité ?). En tout cas peut-être seras-tu par la suite dans un cadre + accueillant. Si vraiment tu as besoin d'en parler à une oreille neutre que tu ne trouves pas dans ton entourage, tu peux aller voir un psy (les psychiatres sont remboursés), tu ne seras pas le premier non plus.
- Pour finir, si vraiment tu veux changer après un an ou deux d'expérience (tu es quand même encore jeune et en attendant ce boulot peut te permettre tout simplement de gagner ta croûte), tu peux passer un concours de la Fonction publique comme d'autres ici l'ont déjà fait (cf. la partie "reconversion" de ce forum) : il faut bcp bossser, ms ça évite de se relancer dans une formation coûteuse)
En attendant courage, respire, prend tout cela avec u peu plus de détachement, cela n'est qu'un job après tout ! malheureusement pour toi tu l'avais sans doute idéalisé et y avais placé bcp d'espoir, mais la vie ne s'arrête pas là ! Essaye aussi de multiplier les activités extérieures pour avoir justement autre chose sur quoi te concentrer. Bon courage ! (et pardon pour les multiples fautes de frappe qu'il y a sans doute dans ce message, pas le temps de me relire...)

varia
Habitué du forum


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Re: Contractuel en lettres (CDD jusqu'en juin 2013) : je doute vraiment de ma volonté d'enseigner - mais que faire ?

Message par Ziegelzeig le Mer 26 Sep 2012 - 16:57

Vous êtes tous très gentils, et je me sens vraiment nul de venir vous ennuyer avec mes problèmes.

Vous avez raison, il y a beaucoup de choses qui clochent dans ma vie actuellement, et ce n'est pas uniquement le travail qui me pose problème. Reste qu'il n'arrange rien, en effet. Bien au contraire...

Je sais pertinemment qu'un boulot n'est qu'un gagne-pain et qu'on ne le fait pas toujours avec plaisir (même quasiment jamais). J'en suis bien conscient, et je n'ai jamais pensé un jour que prof serait pour moi la panacée, le rêve d'une vie... mais tout au moins espérais-je avoir un minimum de passion, d'envie, la fibre comme on dit. Mais rien. Je me sens vide et sec de toute impression par rapport au boulot que je fais, même si je continue (pour l'instant) à le faire correctement. Enfin du moins j'essaie.

La classe difficile n'est en fait qu'une épine dans le pied supplémentaire, le petit truc en plus, la goutte d'eau qui fait déborder le vase.
Je veux bien croire que cette classe soit difficile pour tous les autres profs, mais visiblement pas... enfin du moins, sans doute arrivent-ils à la gérer. Une des gamines faisant partie des 5% de la classe à être attentif m'a dit un truc du genre "dans les autres cours, ça se passe pas comme ça". Donc c'est qu'il y a bien quelque chose avec moi, en particulier.
Peut être cela tient-il du fait que je n'ai pas effectué la rentrée avec eux... je n'ai commencé qu'une semaine plus tard, lorsque le rectorat m'a placé sur cette mission.

Enfin bon, je gravite avec plein de questions en tête qui m'empêchent totalement de me sortir du travail, et je pense que c'est ça le principal soucis : un éternel rabâchage. Je ne fais que penser à ça, et c'est sans doute ce qui me torture.
J'ai des passions à côté, mais je ne m'accorde plus de temps pour les faire. Ou plutôt, l'envie ne m'en vient plus... un peu comme si tout me semblait sans attrait, vide d'intérêt. Je me raccroche totalement à ma femme, la seule personne qui arrive à me maintenir la tête hors de l'eau. Mais je ne la vois que le soir, quand elle rentre du boulot, et les week end. En dehors de ça, je suis constamment seul à broyer du noir, et même lorsque je suis avec elle, nous ne parlons que de ça car elle se fait beaucoup de soucis pour moi et pour mon avenir professionnel.

Vous devez vous rendre compte, rien qu'à ma manière chaotique de répondre, à l'absence de structure de ma pensée, que je n'ai pas les idées claires et que j'ai mille et une pensées négatives qui me traversent en même temps, constamment, et m'empêchent de raisonner. J'arrive pas à trouver de solution... je suis juste fatigué, très fatigué...

Ziegelzeig
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Re: Contractuel en lettres (CDD jusqu'en juin 2013) : je doute vraiment de ma volonté d'enseigner - mais que faire ?

Message par ysabel le Mer 26 Sep 2012 - 17:15

@Ziegelzeig a écrit:...

Une des gamines faisant partie des 5% de la classe à être attentif m'a dit un truc du genre "dans les autres cours, ça se passe pas comme ça". Donc c'est qu'il y a bien quelque chose avec moi, en particulier.

arfff ! vanne habituelle des gamins... à ne pas prendre au sérieux.

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« Il vaut mieux n’avoir rien promis que promettre sans accomplir » (L’Ecclésiaste)

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Re: Contractuel en lettres (CDD jusqu'en juin 2013) : je doute vraiment de ma volonté d'enseigner - mais que faire ?

Message par Osmie le Mer 26 Sep 2012 - 17:18

D'accord avec Ysabel, ne tiens pas compte de ces propos, sinon tu n'as pas fini, surtout si la demoiselle voit que sa remarque a fait mouche.

Osmie
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Re: Contractuel en lettres (CDD jusqu'en juin 2013) : je doute vraiment de ma volonté d'enseigner - mais que faire ?

Message par Circé le Mer 26 Sep 2012 - 17:19

+1 qu'Ysabel
leitmotiv dont il faut très vite être imperméable

Circé
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Re: Contractuel en lettres (CDD jusqu'en juin 2013) : je doute vraiment de ma volonté d'enseigner - mais que faire ?

Message par zeb le Mer 26 Sep 2012 - 17:30

@Ziegelzeig a écrit:Vous êtes tous très gentils, et je me sens vraiment nul de venir vous ennuyer avec mes problèmes.

Vous avez raison, il y a beaucoup de choses qui clochent dans ma vie actuellement, et ce n'est pas uniquement le travail qui me pose problème. Reste qu'il n'arrange rien, en effet. Bien au contraire...

Je sais pertinemment qu'un boulot n'est qu'un gagne-pain et qu'on ne le fait pas toujours avec plaisir (même quasiment jamais). J'en suis bien conscient, et je n'ai jamais pensé un jour que prof serait pour moi la panacée, le rêve d'une vie... mais tout au moins espérais-je avoir un minimum de passion, d'envie, la fibre comme on dit. Mais rien. Je me sens vide et sec de toute impression par rapport au boulot que je fais, même si je continue (pour l'instant) à le faire correctement. Enfin du moins j'essaie.

La classe difficile n'est en fait qu'une épine dans le pied supplémentaire, le petit truc en plus, la goutte d'eau qui fait déborder le vase.
Je veux bien croire que cette classe soit difficile pour tous les autres profs, mais visiblement pas... enfin du moins, sans doute arrivent-ils à la gérer. Une des gamines faisant partie des 5% de la classe à être attentif m'a dit un truc du genre "dans les autres cours, ça se passe pas comme ça". Donc c'est qu'il y a bien quelque chose avec moi, en particulier.
Peut être cela tient-il du fait que je n'ai pas effectué la rentrée avec eux... je n'ai commencé qu'une semaine plus tard, lorsque le rectorat m'a placé sur cette mission.

Enfin bon, je gravite avec plein de questions en tête qui m'empêchent totalement de me sortir du travail, et je pense que c'est ça le principal soucis : un éternel rabâchage. Je ne fais que penser à ça, et c'est sans doute ce qui me torture.
J'ai des passions à côté, mais je ne m'accorde plus de temps pour les faire. Ou plutôt, l'envie ne m'en vient plus... un peu comme si tout me semblait sans attrait, vide d'intérêt. Je me raccroche totalement à ma femme, la seule personne qui arrive à me maintenir la tête hors de l'eau. Mais je ne la vois que le soir, quand elle rentre du boulot, et les week end. En dehors de ça, je suis constamment seul à broyer du noir, et même lorsque je suis avec elle, nous ne parlons que de ça car elle se fait beaucoup de soucis pour moi et pour mon avenir professionnel.

Vous devez vous rendre compte, rien qu'à ma manière chaotique de répondre, à l'absence de structure de ma pensée, que je n'ai pas les idées claires et que j'ai mille et une pensées négatives qui me traversent en même temps, constamment, et m'empêchent de raisonner. J'arrive pas à trouver de solution... je suis juste fatigué, très fatigué...

Va voir un médecin et fais toi arrêter avant de prendre une décision définitive, j'ai connu ça en début de carrière.
J'étais très fatigué, le médecin m'a arrêter 3 jours, et puis c'est reparti. Dans ton état, on ne peut pas prendre une décision sereine.
Je précise que je n'ai jamais eu l'amour du métier, même si je concède ne pas avoir de déplaisir à être dans une classe agréable.

zeb
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Re: Contractuel en lettres (CDD jusqu'en juin 2013) : je doute vraiment de ma volonté d'enseigner - mais que faire ?

Message par MelanieSLB le Mer 26 Sep 2012 - 17:40

Ziegelzeig, je peux me tromper, mais j'ai quand même l'impression que tu es en dépression. Va voir au minimum un médecin, et parle-lui (voir montre-lui tes 2 messages). Vous pourrez parler de la manière dont tu vas pouvoir surmonter ça ensemble.
Tant que tu es dans cet état d'esprit, pas la peine de prendre la moindre décision concernant la poursuite ou l'abandon dans l'éducation nationale.
Pour ta classe difficile, n'hésite pas à exclure ceux qui se battent (travail systématque: recopier telle partie du règlement soit en mettant voyelle et consonne dans des couleurs différentes, soit en soulignant et en analysant les temps de tous les verbes). Pour les autres, punitions, mots dans les carnets, heures de colle (vérifie qu'elles ont été faites), et surtout, surtout, appel aux parents, voire convocation des parents. Ca devrait déjà en calmer un nombre conséquent. Parle au prof principal de cette classe, trouve qui sont les collègues de cette classe, parle à ceux qui ont l'air sympa. Deux règles à bien garder à l'esprit: certains profs préfèrent se voiler la face et dire qu'ils n'ont pas de problèmes alors qu'ils ont les mêmes que toi (ça peut être les 3/4 des enseignants d'une classe) et les nouveaux sont toujours beaucoup plus testés que les anciens.

Courage, fleurs

_________________
La réforme du collège en clair : www.reformeducollege.fr .
La Réforme du Collège en Clair a aussi sa page Facebook !

Et pour ceux qui voudraient en comprendre quelques fondements idéologiques:
De l’école, Jean-Claude Milner, visionnaire en 1984 (ça ne s'invente pas!) de ce qui nous arrive: "On ne dira pas que les enseignants sont l'appendice inutile d'une institution dangereuse et presque criminelle; on dira seulement qu'ils doivent devenir Autres: animateurs, éducateurs, grands frères, nourrices, etc. La liste est variable. Que, par là, les enseignants cessent d’être ce qu'ils doivent être, c'est encore une fois sortir de la question. On ne dira pas que les enseignants n'ont pas à exister, mais qu'ils ont à exister Autrement. Que cette Autre existence consiste à renoncer à soi-même pour disparaître dans la nuit éducative et s'y frotter, tous corps et tous esprits confondus, avec les partenaires de l'acte éducatif - manutentionnaires, parents, élèves, etc. -, seul un méchant pourrait en prendre ombrage." (page 24)

MelanieSLB
Grand sage


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Re: Contractuel en lettres (CDD jusqu'en juin 2013) : je doute vraiment de ma volonté d'enseigner - mais que faire ?

Message par Osmie le Mer 26 Sep 2012 - 17:45

@MelanieSLB a écrit:Ziegelzeig, je peux me tromper, mais j'ai quand même l'impression que tu es en dépression. Va voir au minimum un médecin, et parle-lui (voir montre-lui tes 2 messages). Vous pourrez parler de la manière dont tu vas pouvoir surmonter ça ensemble.
Tant que tu es dans cet état d'esprit, pas la peine de prendre la moindre décision concernant la poursuite ou l'abandon dans l'éducation nationale.
Pour ta classe difficile, n'hésite pas à exclure ceux qui se battent (travail systématque: recopier telle partie du règlement soit en mettant voyelle et consonne dans des couleurs différentes, soit en soulignant et en analysant les temps de tous les verbes). Pour les autres, punitions, mots dans les carnets, heures de colle (vérifie qu'elles ont été faites), et surtout, surtout, appel aux parents, voire convocation des parents. Ca devrait déjà en calmer un nombre conséquent. Parle au prof principal de cette classe, trouve qui sont les collègues de cette classe, parle à ceux qui ont l'air sympa. Deux règles à bien garder à l'esprit: certains profs préfèrent se voiler la face et dire qu'ils n'ont pas de problèmes alors qu'ils ont les mêmes que toi (ça peut être les 3/4 des enseignants d'une classe) et les nouveaux sont toujours beaucoup plus testés que les anciens.

Courage, fleurs

D'accord avec Mélanie : certains préféreraient se faire battre plutôt que de dire tranquillement qu'une classe pose des problèmes. Ne te remets pas trop en question, surtout si tu as le cafard.

Osmie
Sage


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Re: Contractuel en lettres (CDD jusqu'en juin 2013) : je doute vraiment de ma volonté d'enseigner - mais que faire ?

Message par Circé le Mer 26 Sep 2012 - 17:51

Je ne sais pas si je vais être d'une grande aide mais j'ai fait ce métier par envie et passion..j'avoue en être un peu revenue depuis, je l'aime toujours mais je sais déjà que je le quitterai un jour.
L'an dernier sont venus se greffer sur un changement d'établissement des tas de problèmes persos et je suis passée d'une prof qui gérait ses classes d'une main de fer (mais dans un gant de velours hein !!, pas taper !!) à une loque sans nom, incapable de supporter les gamins, limite en pleurs à chaque fin de cours et au bord de la démission.
Je détestais mon nouvel établissement, les élèves et mes collègues. Je me suis sentie totalement abandonnée...il a fallu que je comprenne que mes problèmes pros venaient de mes problèmes persos.
Tu vis quelque chose de difficile que j'ai connu...tu en es au tout début de ta carrière et j'ai connu d'autres jeunes profs dans ta situation qui étaient limite à jeter l'éponge.
Je ne te conseillerais que trop de ne pas prendre de décision hâtive, quitte effectivement à te faire arrêter avant de nous faire une dépression (des symptômes suintent à la lecture de tes posts).
Si tu as besoin de parler à une personne "neutre", tu peux me contacter par MP pour mon tél...je suis pas psy mais je sors de là et actuellement je revis...même enterrée sous mes copies...et j'ai le même établissement, les mêmes élèves, les mêmes collègues et je ne vois plus du tout cet environnement de travail de la même façon.
il faut que tu identifies réellement la source...est-ce le travail le facteur déclenchant ou le fond du problème?? Tu dois d'abord répondre à cette interrogation.
Et sois rassuré, j'ai changé 3 fois de métier dans ma vie, à 180° à chaque fois...on rebondit à tout âge...suffit de le vouloir.
Courage! Tu as tout mon soutien !

Circé
Expert spécialisé


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Re: Contractuel en lettres (CDD jusqu'en juin 2013) : je doute vraiment de ma volonté d'enseigner - mais que faire ?

Message par seahala le Mer 26 Sep 2012 - 18:54

Je crois aussi que tu es probablement en dépression, et une aide psychologique te serait surement salutaire. Parler de ses difficultés et du manque d'appétence pour ton métier - qui cache surement d'autres choses ! - ne peut te faire que du bien. Prendre aussi un léger anti dépresseur qui te permettra de relativiser, de filtrer tes émotions trop négatives peut s'avérer aussi fort utile.... Il n'y a aucune honte à cela !
C'est vrai que dans cette profession, la gratification est fort aléatoire : d'abord parce qu'on n'a jamais vraiment de "retour" sur ce que l'on fait, sur ce que l'on sème, et ensuite parce que c'est tellement dépendant des circonstances dans lesquelles tu enseignes : classes, bahut,trajet, humeur (la tienne et celle des élèves), heure de la journée etc...
Après, si c'est vraiment un clavaire, tu es jeune, comme l'ont dit d'autres et tu peux faire le point sur ce qui te plairait vraiment, peut être prendre un temps partiel et commencer à examiner les pistes d'une reconversion...
L'important et la priorité est d'y voir un peu plus clair en toi et de poser des mots sur ce mal être...

seahala
Niveau 8


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Re: Contractuel en lettres (CDD jusqu'en juin 2013) : je doute vraiment de ma volonté d'enseigner - mais que faire ?

Message par Cath le Mer 26 Sep 2012 - 19:40

Mais, ce n'est pas grave si tu n'aimes pas ce métier! Tu n'es pas obligé d'aimer ça: il y a des tas de boulots que je n'aimerais pas faire, et alors?
Tu as 25 ans, et toute la vie devant toi.
Si vraiment tu détestes ça, n'importe quel boulot même alimentaire sera préférable en attendant de trouver mieux.
Inutile de t'user la santé et le moral pour ça.

Cath
Esprit sacré


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Re: Contractuel en lettres (CDD jusqu'en juin 2013) : je doute vraiment de ma volonté d'enseigner - mais que faire ?

Message par Ziegelzeig le Sam 29 Sep 2012 - 8:39

Bonjour à vous tous, les néoprofs.
Je viens vous apporter quelques nouvelles, ce qui est la moindre des choses étant donné toute l'aide que vous m'avez offerte.

Bon, pour en rassurer quelques uns, je vais un peu mieux. Je pense que de passer du temps sur ce forum, de lire toutes ces anecdotes, mais aussi tous ces messages de soutien, m'a mis beaucoup de baume au cœur, et m'a permis de relativiser sur ma position, et sur la manière dont je jugeais mon rapport à ce travail.

J'ai en effet vu qu'ici, un grand nombre d'enseignants ne prennent pas nécessairement ce métier comme une passion ou le symbole de leur réussite professionnelle, et arrivent à accepter le fait que ce métier est avant tout un gagne-pain, qui peut en sus apporter certaines satisfactions. Et ça m'a fait du bien, je me juge moins "monstrueux" devant mon incapacité encore inchangée à ressentir du plaisir en préparant et en exposant mes cours. Je ne dis pas que tout le monde ici est dans mon cas et que du coup je me sens moins seul, pas du tout. Mais c'est rassurant de voir qu'enseigner ne nécessite pas particulièrement d'avoir la fibre, la passion, la fièvre de l'éducation. De ce fait, ma situation me semble moins "absolue" et "isolée", et j'arrive mieux à l'accepter, je pense.

En cours, ma classe difficile n'a pas changé de comportement, mais j'arrive à présent à la considérer comme un mal nécessaire, que j'arriverai peut être à faire plier à force d'insistance. De surcroît, j'ai réussis à acquérir certains des élèves perturbateurs (de loin pas les pires malheureusement) à ma cause, en les intéressant au cours et en les invitant à y prendre part, et j'ai déjà noté, par ce biais, quelques résultats positifs... cela dit, je me sens toujours aussi dépassé par cette classe, et j'ai toujours la boule au ventre quand je sais que je les ai l'heure suivante (et ne parlons pas des mardi, où je les ai deux heures...).

L'autre classe un peu difficile est devenue beaucoup plus calme. J'ai appris que mes collègues enseignants s'étaient apparemment rendus compte de mes difficultés, et surtout qu'ils s'inquiétaient pour mon état... je pense que mon mal-être devait se voir sur mon visage, car je n'en ai parlé à personne. Je n'ai qu'évoqué, une ou deux fois, mes difficultés avec deux classes, et je m'étais retrouvé face à un mur, comme je vous l'avais expliqué. Et bien le professeur principal de l'un de ces deux classes a apparemment tapé du poing sur la table devant les élèves, et leur a dit qu'ils auraient à faire à lui s'ils ne se comportaient pas mieux vis à vis de certains collègues en particulier (dont moi). J'espère que les élèves n'y verront pas un signe de faiblesse de ma part, mais toujours est-il qu'à l'heure actuelle, cette intervention a porté ses fruits, car ils sont devenus beaucoup plus calmes, voir même sages comme des images par moments (même s'il faut encore souvent les rappeler à l'ordre).

En sus de ceci, nous avons pris la décision de déménager, avec ma fiancée... nous allons rester dans la même ville, mais changer d'appartement. On a fini par comprendre que c'était également mon environnement quotidien qui posait problème, une impression d'enfermement dans la routine à chaque fois que je me retrouvais seul à la maison. Je sais bien que ce n'est pas très malin de déménager alors même qu'on commence un nouveau travail, car ça ne fait qu'ajouter à la fatigue, mais rien qu'à la perspective de m'activer, de rechercher, d'emballer, de déménager, de me bouger, en somme, mon moral est remonté à la hausse. Je ne comprends pas trop pourquoi, cela dit... mais c'est une bonne chose, non?

J'arrive donc à présent à aller au travail sans traîner les pieds. Je n'y trouve toujours aucun plaisir particulier, mais je parviens à contrebalancer cela par le fait que j'ai le sentiment de le faire correctement, et qu'il me permet clairement de mener une vie un peu plus stable et aisée. Cette idée parvient à me motiver et à me faire avancer.

Quelques uns de mes collègues sont un peu plus proches avec moi, quand j'arrive à les voir isolés de leurs groupes de discussion (quand ils sont tous ensembles, la discussion est quasiment impossible, je suis vraiment extérieur aux différents clans, et je ne parviens pas à trouver d’amorce XD). Disons qu'au moins ils me manifestent un certain soutien, voir même de la sympathie... enfin j'imagine. Je pense que de ce côté là, ça ne pourra aller que mieux, même si je suis le "bébé" de l'histoire, ce qui doit me décrédibiliser un peu (j'ai pas encore 25 ans, et le plus jeune enseignant présent en dehors de moi en a bientôt 30).

Bref, je voulais surtout vous dire que c'est majoritairement grâce à vos messages de soutien, vos conseils, votre présence, vos expériences, que j'arrive peu à peu à sortir la tête hors de l'eau et à envisager un avenir un peu plus long dans l'éducation nationale. Je ne pense pas y passer ma vie, bien entendu... mais pour le moment, je vais réussir, je pense, à m'y adapter, pendant un temps plus ou moins long.

J'espère aussi que ce n'est pas qu'une phase ascendante devant se conclure par une nouvelle rechute :-/ Croisons les doigts.

Merci à vous tous.

Ziegelzeig
Niveau 1


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Re: Contractuel en lettres (CDD jusqu'en juin 2013) : je doute vraiment de ma volonté d'enseigner - mais que faire ?

Message par Ziegelzeig le Lun 15 Oct 2012 - 19:54

Bonjour à tous les Neoprofs, me revoilà.
Loin de la dépression de mes débuts, je me retrouve à présent confronté à de nouveaux problèmes me semblant ô combien plus terre à terre que ceux qui m'avaient fait ouvrir ce topic en premier lieu, mais commencent néanmoins à sérieusement me casser les bonbons (pour rester poli).

Voilà, une de mes classes est particulièrement chiante. PARTICULIÈREMENT.
Bavardage incessant, même sous la menace, et malgré des sanctions parfois lourdes et des engueulades quasiment quotidiennes (et je peux vous dire que j'ai un débit, un volume et une richesse de vocabulaire infernaux XD). Il m'est devenu, à force de choses, quasiment impossible de faire cours avec cette classe.
Étrangeté : j'ai deux autres classes du même niveau (ce sont des 5ème), qui ne sont pas réputées plus "tendres" mais avec lesquelles ça se passe quasi tip-top (quelques recadrages parfois un brin "démonstratifs" suffisent en général à calmer les ardeurs des quelques guérilleros ayant oublié qui était le patron des lieux).

J'ai mis en place les systèmes habituels de restructuration de la classe (mais le plan de classe, qui m'a pourtant demandé plus de deux heures de conception, n'a rien arrangé, voir même a empiré la situation), mise en place d'un système de sanction gradué, auquel je me tiens (avec vérification des punitions et signatures dans le carnet)... mais j'arrive quasiment toutes les heures au sommet de ma pyramide de sanction, ce qui fait que si je m'y tenais réellement, je devrais coller environ 5 élèves de la classe à chaque fois que j'ai cours avec eux... Et je pense pas que la VS apprécierait des masses, à force ^^"
J'en ai parlé au PP, qui a été surpris des "difficultés", non pas que je sois le premier à venir me plaindre auprès de lui de cette classe, mais sans doute le seul auprès duquel le comportement ne se soit pas amélioré à force d'insistance, pourtant poussive. Intervention dudit PP en début d'heure, qui a remis les pendules à l'heure (et m'a fait profité, pendant ce court laps de temps, du seul quart d'heure où j'aurais eu le plaisir de voir ces 25 gamins fermer leurs gueules -désolé, je m'égare-). Il est ensuite parti, me laissant profiter d'une heure de cours relativement calme, où les recadrages ont cette fois-ci fonctionné.
J'aspirais enfin à la paix, mais voilà qu'aujourd'hui (premier cours depuis l'intervention du PP), on en est rendu au même point qu'à l'habituelle, voir même pire. J'ai encore la migraine de l'heure qu'ils m'ont fait passé cet aprem... je crois que je n'ai jamais autant gueulé de ma vie, ni donné autant de punitions... j'en reste coi.

Le PP va me demander demain comment ça a été... je crains de le décevoir profondément en lui disant que c'est encore pire qu'avant. Youpi.

Donc voilà... que faire pour améliorer cette situation réellement venimeuse? Parce que là, après un mois où ça ne fait qu'empirer, j'ai vraiment l'impression d'avoir grillé toutes mes cartouches... Neutral

Ziegelzeig
Niveau 1


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Re: Contractuel en lettres (CDD jusqu'en juin 2013) : je doute vraiment de ma volonté d'enseigner - mais que faire ?

Message par John le Lun 15 Oct 2012 - 23:53

une de mes classes est particulièrement chiante. PARTICULIÈREMENT.
j'ai deux autres classes du même niveau (ce sont des 5ème), qui ne sont pas réputées plus "tendres" mais avec lesquelles ça se passe quasi tip-top
Déjà, cela signifie que ça vient vraiment de la classe en question. Tu les as à quels horaires ? Est-ce que tu pourrais aménager tes activités avec eux de façon à te ménager ? (moins d'oral par exemple, un peu plus d'exercices écrits à corriger ensemble...)

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Re: Contractuel en lettres (CDD jusqu'en juin 2013) : je doute vraiment de ma volonté d'enseigner - mais que faire ?

Message par MelanieSLB le Mar 16 Oct 2012 - 7:10

@Ziegelzeig a écrit:
J'ai mis en place les systèmes habituels de restructuration de la classe (mais le plan de classe, qui m'a pourtant demandé plus de deux heures de conception, n'a rien arrangé, voir même a empiré la situation), mise en place d'un système de sanction gradué, auquel je me tiens (avec vérification des punitions et signatures dans le carnet)... mais j'arrive quasiment toutes les heures au sommet de ma pyramide de sanction, ce qui fait que si je m'y tenais réellement, je devrais coller environ 5 élèves de la classe à chaque fois que j'ai cours avec eux... Et je pense pas que la VS apprécierait des masses, à force ^^"

Fais-le quand même. Ca va gêner la vie sco pendant 15 jours, 3 semaines, mais à partir du moment où les gamins se rendront compte que tu fais ce que tu dis, ils iront moins chercher leur heure de retenue.

Pour le moment, ne fais pas cours. Projette-leur (rétropro, vidéopro, tbi, peu importe) le cours à recopier en silence. Le premier qui parle, tu l'exploses. Pour obtenir ce calme, tu les fais rentrer en leur demandant à chacun leur carnet et tu le gardes. Ca devrait suffir à en calmer les 3/4. Tu pourras exploser plus facilement le quart restant. Bon courage, fleurs

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La Réforme du Collège en Clair a aussi sa page Facebook !

Et pour ceux qui voudraient en comprendre quelques fondements idéologiques:
De l’école, Jean-Claude Milner, visionnaire en 1984 (ça ne s'invente pas!) de ce qui nous arrive: "On ne dira pas que les enseignants sont l'appendice inutile d'une institution dangereuse et presque criminelle; on dira seulement qu'ils doivent devenir Autres: animateurs, éducateurs, grands frères, nourrices, etc. La liste est variable. Que, par là, les enseignants cessent d’être ce qu'ils doivent être, c'est encore une fois sortir de la question. On ne dira pas que les enseignants n'ont pas à exister, mais qu'ils ont à exister Autrement. Que cette Autre existence consiste à renoncer à soi-même pour disparaître dans la nuit éducative et s'y frotter, tous corps et tous esprits confondus, avec les partenaires de l'acte éducatif - manutentionnaires, parents, élèves, etc. -, seul un méchant pourrait en prendre ombrage." (page 24)

MelanieSLB
Grand sage


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Re: Contractuel en lettres (CDD jusqu'en juin 2013) : je doute vraiment de ma volonté d'enseigner - mais que faire ?

Message par Malaga le Mar 16 Oct 2012 - 7:30

As-tu essayé d'appeler les parents? Pour certains élèves de 5e, ça fonctionne encore bien.
Peux-tu coller des élèves dans ton cours et non à la vie scolaire? Ainsi, tu n'auras pas le sentiment "de gêner" avec tes punitions et peut-être te sentiras tu plus à l'aise pour sanctionner.
Sinon, comme dit John, fais un maximum d'écrit, en leur expliquant que leur comportement empêche de faire d'autres activités plus agréables.

Courage. fleurs

Malaga
Modérateur


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