Peut-on enseigner en considérant ce métier comme "alimentaire" ?

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Re: Peut-on enseigner en considérant ce métier comme "alimentaire" ?

Message par John le Mer 26 Sep 2012 - 22:20

Je ne parle pas de vocation, je dis simplement que quand tu n'aimes pas ce que tu fais et que tu es prof, tu as 35 élèves devant toi susceptibles de comprendre qu'ils sont 35 et toi tout seul, et tu vis un enfer pendant 55 mn (je ne dis pas que l'amour du métier ne suffit pas à établir une autorité, je ne suis pas quelqu'un d'autoritaire, mais j'aime ce que je fais et ça me permet d'avoir une approche de mes cours qui fait que ce n'est pas le bordel. Si je n'aimais pas ça, je n'ose imaginer ce qui se passerait.
Mais entre "aimer" et "ne pas aimer", il y a une marge Very Happy
Je pense qu'il y a des gens qui vont en classe comme un journaliste de la presse locale va faire des reportages sur le championnat de pétanque du quartier : est-ce qu'on demande au journaliste d'aimer la pétanque ?
Il va faire son reportage, il rend compte de ce qu'il a vu, et voilà.
Il faut qu'il s'intéresse aux gens, bien sûr, comme le prof doit s'intéresser aux élèves, mais il ne fait pas ça par amour pour la pétanque ou pour les clubs sportifs du quartier.

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Re: Peut-on enseigner en considérant ce métier comme "alimentaire" ?

Message par Carabas le Mer 26 Sep 2012 - 22:23

chanig a écrit:
@Fesseur Pro a écrit:
@Patissot a écrit:Vous ne pouvez pas balayer d'un revers de main les "difficultés" auxquelles un enseignant peut être confronté, cela revient à considérer la profession sous un aspect idéal tout en évinçant l'aspect structurel des "difficultés".
Je ne les balaie pas d'un revers de main mais on sait à quoi on s'attend quand on fait ce métier, les difficultés y sont inhérentes.
Et no soucy, je suis très loin de vivre chez les Bisounours.



Entre le savoir et le vivre, il y a un gouffre énorme.

On a beau dire que c'est comme ça, tant qu'on ne l'a pas vécu , on ne sait pas.


Ce métier est extrémement éprouvant moralement. Si j'avais su , jamais je n'aurai été prof.
J'aurais pu l'écrire, ça. Je m'apprêtais même à l'écrire pour répondre à Fesseur Pro quand j'ai lu ton message, Chanig.

En fait, là où on se plante, c'est quand on idéalise un métier. Déjà, on croit toujours qu'on n'idéalise pas. Ensuite, on croit qu'on va s'épanouir dans le métier qu'on a choisi. En tout c'est mon erreur (enfin, une de mes erreurs), alors qu'effectivement, on bosse pour gagner des sous, on fait son travail bien de préférence, et puis on vit. Or, on risque de tomber de haut quand on croit que notre bonheur, notre épanouissement dépend de notre métier.

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Re: Peut-on enseigner en considérant ce métier comme "alimentaire" ?

Message par maisouetdoncornicar le Mer 26 Sep 2012 - 22:28

Les élèves ressentent les enseignants qui ne sont pas motivés, qui n'aiment pas forcement ce qu'ils font. Ceux qui viennent pour faire plaisir au banquier.
Quand j'étais élève, des professeurs venaient faire le cours, point barre, pas d'envie ni d'investissements et ce n'est pas eux qui m'ont donné l'envie d'apprendre, d'évoluer. Quand j'ai un coup de mou, je repense à ses professeurs que j'ai connu...
Et par respect pour la profession et pour mes élèves, je ne peux me permettre d'envisager mon métier comme "alimentaire".
Ce n'est pas facile et sans un minimum d'amour pour notre métier, on vire vite dans le coté obscur...

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Re: Peut-on enseigner en considérant ce métier comme "alimentaire" ?

Message par Malaga le Mer 26 Sep 2012 - 22:36

Je suis arrivée dans l'enseignement un peu par hasard et donc pas par vocation. L'année de stage, j'ai voulu dix fois, cent fois donner ma démission et partir. Ce qui m'a retenu: le loyer à payer tout simplement.

Aujourd'hui, j'apprécie davantage ce boulot car je pense m'améliorer avec les années, car je suis depuis 4 ans dans le même collège, car j'ai des chouettes collègues et des élèves plutôt sympas. J'aime préparer mes cours, j'aime toujours autant les matières que j'enseigne et j'aime beaucoup le contact humain.
Mais je ne me considère pas comme "passionnée" et je relativise ce métier encore plus depuis que j'ai un petit garçon.
L'enseignement est un métier que j'aime beaucoup mais cela reste un métier.

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Re: Peut-on enseigner en considérant ce métier comme "alimentaire" ?

Message par Ronin le Mer 26 Sep 2012 - 22:40

J'aime beaucoup ce que je fais et comme je suis perfectionniste je m'investis beaucoup. Je ne le regrette pas. En revanche je suis clairement épuisé à lutter contre la connerie de notre hiérarchie.

N'ayant aucun enseignant et presque aucun fonctionnaire dans ma famille, je n'avais pas forcément une idée géniale du métier, pas de déception du métier. Je trouve ne revanche nos salaires carrément minables et je suis toujours étonné de voir beaucoup de collègues que cela ne semble pas gêner plus que cela. Parler d'argent semble être la pire chose que l'on puisse faire quand on est enseignant. J'en viens à me demander si je ne vais pas adapter mon investissement au traitement reçu, c'est moche, mais j'en ai marre et les remarques de notre ministre à ce sujet me laisse pantois. Néanmoins, je ne vois pas un autre métier où s'éclater autant intellectuellement, à part psychiatre.

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Re: Peut-on enseigner en considérant ce métier comme "alimentaire" ?

Message par Fleur16 le Mer 26 Sep 2012 - 22:40

@maisouetdoncornicar a écrit:Les élèves ressentent les enseignants qui ne sont pas motivés, qui n'aiment pas forcement ce qu'ils font. Ceux qui viennent pour faire plaisir au banquier.
Quand j'étais élève, des professeurs venaient faire le cours, point barre, pas d'envie ni d'investissements et ce n'est pas eux qui m'ont donné l'envie d'apprendre, d'évoluer. Quand j'ai un coup de mou, je repense à ses professeurs que j'ai connu...
Et par respect pour la profession et pour mes élèves, je ne peux me permettre d'envisager mon métier comme "alimentaire".
Ce n'est pas facile et sans un minimum d'amour pour notre métier, on vire vite dans le coté obscur...

Sauf qu'on ne le choisit pas.

J'ai "toujours" voulu enseigner, je me suis renseignée, tout. Sauf que je ne supporte pas assez la nervosité, que je n'ai pas d'autorité, que du coup les élèves ne me respectent pas... et du coup, je ne suis pas motivée.

Je suis en permanence fatiguée, je n'ai jamais su bosser, je rêve d'être le prof idéal, en attendant je ne le suis pas et quand je suis chez moi j'ai plus envie de dormir ou de traîner que de travailler.

Et non je ne suis pas la prof passionnée idéale, mais je n'ai jamais été passionnée par rien de toute façon.

Et donc, quoi : je me reconvertis de suite ? Et en quoi ? J'aime enseigner, je n'aime juste pas la pression de ce métier, je n'aime pas la fatigue, le stress, la peur des incidents... Et du coup je ne suis pas heureuse d'aller bosser.

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Re: Peut-on enseigner en considérant ce métier comme "alimentaire" ?

Message par Instructeurpublic le Mer 26 Sep 2012 - 22:41

Il m'est arrivé de me dire que je faisais un métier comme un autre et même de le penser sincèrement. Par humilité probablement, pour me rassurer parfois, pour ne pas avoir l'air de me la jouer en société car c'est vrai que y a pas non plus de quoi fanfaronner. Mais pourquoi se mentir à soi-même ? Nous faisons un métier qui est loin d'être anodin. Un métier où il faut rendre naturel ce qui ne l'est pas, un métier proche de la comédie mais où l'on joue son propre rôle, un métier où il faut être au taquet chaque jour de la semaine à la même heure, se mettre en action tel un automate quand la cloche retenti. Un artiste en tournée toute l'année à raison de 18 représentations/semaine, mais avec une mission, celle d'instruire. Ce métier est vraiment spécial et je pense qu'il faut l'aimer un minimum pour trouver la force de bien le faire.

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Re: Peut-on enseigner en considérant ce métier comme "alimentaire" ?

Message par Carabas le Mer 26 Sep 2012 - 22:41

Je pense aussi qu'on peut considérer ce métier comme alimentaire si on ne souffre pas. En situation de souffrance, ce n'est même pas la peine. Mais ce n'est pas propre au métier de prof.

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Re: Peut-on enseigner en considérant ce métier comme "alimentaire" ?

Message par Malviduplo le Mer 26 Sep 2012 - 22:43

@Carabas a écrit:Je pense aussi qu'on peut considérer ce métier comme alimentaire si on ne souffre pas. En situation de souffrance, ce n'est même pas la peine. Mais ce n'est pas propre au métier de prof.
On peut aussi le considérer comme alimentaire et l'aimer malgré tout ? Pendant les vacances je déconnecte complètement, ça ne manque pas d'enseigner, et j'y retourne quand même non sans plaisir à chaque rentrée.

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Re: Peut-on enseigner en considérant ce métier comme "alimentaire" ?

Message par Lefteris le Mer 26 Sep 2012 - 23:09

@Johnny Guitar a écrit:Je prends un plaisir énorme à faire cours devant certaines classes, je ressens un dégoût énorme à faire cours devant d'autres classes, qui me donnent carrément envie de changer de métier (précision: j'ai toujours enseigné en ZEP, lycée et collège). Prof c'est un peu la roulette russe parfois. Certains élèves vous renverront une image très valorisante de votre action, d'autres l'inverse. Et en 40 ans de carrière (au moins), il est normal d'avoir des hauts et des bas. Quant à l'ambiance de l'établissement, au départ je ne m'en préoccupais que très peu, du moment que j'avais un groupe de joyeux causeurs (les meilleurs profs que j'ai côtoyés parlaient très peu pédago mais littérature, ciné, théâtre, soirées arrosées...) à disposition, mais aujourd'hui je trouve qu'elle est devenue très pesante avec toutes les histoires de LPC, compétences, le diktat du travail en équipe, les proviseurs qui se prennent pour des petits dirigeants d'entreprises, certains profs pour des ingénieurs en pédagogie, en course pour les projets les plus spectaculaires, qui feront bien la communication du bahut. Et derrière tout cela, l'étrange impression qu'une certaine logique de la "performance" tout droit sortie du privé (allez Jean-Claude, mo-ti-vé aujourd'hui!) est en train de s'introduire dans l'éducnat, sous couvert "d'offrir le meilleur à nos élèves" (qui serait contre?). Est-ce qu'on se préoccupait autant de la motivation des profs, de leur implication, de leur capacité d'innovation, il y a trente ans, quarante ans? Est-ce qu'ils étaient pour cela plus mauvais? Perso, quand je me rappelle les profs que j'ai préférés, il y a une trentaine d'année (!) et qui m'ont le plus appris, je m'aperçois que c'était souvent des ronchons, (et même quelques dépressifs), qui faisaient des cours plutôt classiques sur la forme, mais bouleversants sur le fond (en littérature, histoire, philo surtout, mais aussi en sciences). Des profs à qui on reprocherait sans doute aujourd'hui de ne pas suffisamment "innover", mais qui nous faisaient découvrir des horizons inconnus (je viens d'un milieu peu cultivé). Quant aux "profs-animateurs" enjoués qui semblent pulluler en ce moment, je les détestais déjà.
Un message complet auquel j'adhère dans sa quasi -totalité, et je valide entre autres certaines analyses sur la dérive entrepreneuriale/managériale, pour avoir bossé ailleurs et avoir chois l'E.N. . Idem pour les enseignants : je m'en suis rendu compte après, mais en analysant, c'était des spécialistes très forts et c'est ça qui m'impressionnait. Mes professeur(e)s de latin avaient des tenues presque ridicules, petit chapeau sur la tête ne bougeaient pas de leur chaise et de leur estrade , ne faisaient pas de projets, mais avaient l'air de se promener dans l'Antiquité ...

@Reine Margot a écrit:

on peut passer l'agreg par intérêt pour la matière, ou par volonté d'un meilleur salaire. et se rendre compte après qu'on n'est pas fait pour ça, parce qu'en fait on s'aperçoit qu'on a passé l'agreg pour passer son temps à dire à Kévin de se taire et faire des cours TRES loin du contenu des prépas agrég...
Il est toujours intéressant d'avoir 3 heures de moins à dire à Kévin de se taire Laughing Et quand on passe l'agrég, malgré le bourrage de crâne type gavage des oies, au moins on est dans son domaine disciplinaire.

pticuicui a écrit:Beaucoup se plaignent du salaire, qui n'est pas mirobolant certes, pour vous quel serait un salaire acceptable voir un bon salaire pour ce qu'on fait, merci de préciser l'ancienneté.
Concrètement, sans parler subjectivement par rapport à ses besoins perso, qu'on aligne les enseignants sur les catégories types de la fonction publique catégorie A . Même rythme d'échelons, même pourcentage d'accès au dernier échelon du corps, et primes forfaitaires liées au grade. Je ne parle pas dans le vide, j'étais fonctionnaire catégorie A , et je ne suis rentré que parce que je me trouvais à un échelon sommital , par reclassement (après une première démission, j'ai repassé le concours) et encore en perdant beaucoup en primes . Je ne suis parti que pour qu'on me foute la paix, travailler seul quand j'en ai envie (pas en équipe furieux ) , et parce que c'était ma formation et mon loisir , mais la dégringolade financière ne fait pas plaisir.

Donc : fin de carrière d'un certifié, primes comprises, 4000 -4500 € nets ( cat A , Cat A attaché d'administration en ministère, indice majoré 821 désormais ) , fin de carrière d'un agrégé , 5000 -5500 € nets (cat A+, administrateur civil , ingénieur des labos classe normale avec primes statutaires HE B voire C ) .


@nlm76 a écrit:J'adore ce métier... Mais j'ai beaucoup de chance ; j'ai commencé par être un professeur calamiteux (par ma faute, en grande partie), je n'ai cessé de progresser depuis le début. Beaucoup souffert au début, puis de moins en moins, grâce à diverses rencontres, grâce au passage de Lettres modernes à lettres classiques, puis de certifié à agrégé, du collège au lycée, de plus en plus près de chez moi.
J'adore torturer les élèves, martyriser mes collègues, terrifier mes chefs... parler de langue et de littérature à longueur de journée, croiser des gens intelligents, bons, sensibles, drôles, pas d'accord avec moi — qu'ils soient élèves ou collègues.
Et quand ça ne va pas, J'ADORE me plaindre et hurler sur les crétins , qui, évidemment, sont LES AUTRES, et surtout... me payer leur tête.
Il n'empêche que si ce métier n'était pas alimentaire (et je pense qu'il ne l'est pas suffisamment, relativement à la société française), je ne le ferais pas : je déteste qu'on me prenne pour un branquignol. Et le salaire que je reçois est indispensable pour éviter ce sentiment.
C'est le syndrome de l'enfant battu devenu parent frappeur Razz


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Re: Peut-on enseigner en considérant ce métier comme "alimentaire" ?

Message par zina le Mer 26 Sep 2012 - 23:16

@Circé a écrit:
Cripure a écrit:J'aime mon métier et je le pratique avec enthousiasme.
Quand je le pratique.
Mais
-les programmes de mes classes sont de la poudre aux yeux
-mes horaires sont calculés pour que je ne puisse rien faire d'approfondir
-l'examen auquel je prépare est stupidement conçu et corrigé de façon scandaleuse
-les élèves auxquels je m'adresse n'ont rien assimilé, n'assimilent rien ni n'assimileront rien, parce qu'ils ont compris qu'on leur passera tout.
Donc, je serre les dents, je prends ma paie, intéressante, au fond, et basta. En ce moment, donc, boulot purement alimentaire.

Moi aimer lire Cripure... yesyes
Moi aussi.

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Re: Peut-on enseigner en considérant ce métier comme "alimentaire" ?

Message par grandesvacances le Mer 26 Sep 2012 - 23:45

@Fesseur Pro a écrit:Je réagis devant la multiplication des fils qui traîtent du métier d'enseignant comme un calvaire, une punition, une souffrance sans cesse renouvelée.
Je ne porte aucun jugement bien entendu mais je m'interroge.

Comment peut on enseigner en considérant ce métier comme "alimentaire" ?
Je fais abstraction de toutes les difficultés auxquelles nous sommes tous confrontés ( et qui ne cessent d'augmenter ) et j'ai bien sûr des jours où je me ferais volontiers porter pâle.

Je suis content d'aller enseigner tous les jours, de me confronter à des cas difficiles mais pas que, et j'en retire beaucoup de satisfactions.

Je ne comprends tout simplement pas comment on peut exercer notre métier sans un minimum d'envie et de plaisir.
Je suis un prof heureux.
Suis je le seul ou bien ?

Ben à mon avis l'un n'empêche pas l'autre : on peut être un prof heureux tout en ayant l'impression d'exercer un métier alimentaire. Y a pas de honte à bosser pour gagner sa croûte, et si en plus on aime ce qu'on fait ( enfin par moments, faut pas rêver) c'est la cerise sur le cake.

Pour moi, clairement, ce fut d'abord un métier alimentaire : à quatorze ans, j'étais tellement pauvre que j'ai passé le concours de l'école normale d'institutrices de mon département, en voie d'extinction à l'époque. Une fois reçue, j'ai déchanté parce que je croyais être tout de suite salariée. Que nenni, j'ai continué à tirer le diable par la queue au cours de mes années lycée, sous l'oeil condescendant des bonnes âmes humanistes de l'EN... En terminale, coup de tonnerre : je reçois le règlement de l'école normale que j'étais censée intégrer à la rentrée suivante, et cela ressemblait, pour moi du moins, à un bagne. Mais une note en bas de page m'informait de la possibilité de postuler en prépa. Ce que je fis, hors délais. Deux ans plus tard, je me raccrochai aux branches une fois de plus en passant le concours des IPES, lui aussi à son ultime session. Parce que ce qui m'intéressait, c'était étudier les lettres et non travailler en usine. D'ailleurs les usines fermaient.
Bref, quelques années plus tard j'étais certifiée de LM : youpi, j'étais sûre de ne pas mourir de faim. C'était ma motivation essentielle à l'époque.
J'ai eu un peu de mal à m'accoutumer à ce métier, je ne possédais aucun des codes sociaux en vigueur dans le petit monde de l'EN, je n'avais aucune expérience des enfants, et auprès de mes copains j'avais honte d'être prof parce que c'était ringard. Voyez le tableau.

Mais bon, grosso modo j'ai appris à aimer ce métier, surtout le temps passé en classe et le travail de préparation.
Le reste, bof...

J'ajouterai qu'il y a un an et demi j'ai pris une retraite "alimentaire" : j'ai bénéficié in extremis des anciennes dispositions pour parents de familles nombreuses. Si je ne l'avais pas fait, j'aurais pu bosser six ou huit ans de plus pour un retraite moindre, y avait pas photo. Et ça tombait bien parce que mes deux dernières années de boulot, je les ai trouvées de plus en plus pénibles : malgré de bons moments en classe et avec certains collègues, je commençais à m'ennuyer, et je trouvais les contraintes administratives et "environnementales" de plus en plus pesantes et stupides ( réunions, procédures à la kon, paperasses, nouveaux chefs de plus en plus rigides, imbus et incultes, collègues azimutés par le "toujours plus" et l'innovation frénétique, j'en passe et des meilleures...).

Voilà, pour moi ce fut un boulot dans l'ensemble plaisant. Mais je n'irai pas jusqu'à dire que c'est un boulot exceptionnel, nous ne sommes pas les seuls à entretenir des liens privilégiés avec nos "clients" ni à exercer un métier à dimension culturelle, faut pas non plus se hausser du col. En outre, j'ai apprécié les horaires, globalement pratiques pour la mère de famille que j'étais ( mes copines commerçantes, déléguées commerciales ou médecins me l'ont assez dit...) et la non-pénibilité physique ( mes copines ouvrières d'usine ou cuisinières me l'ont dit aussi).

Pour finir : marre de cette légende dorée de la "vocation" : on n'est pas des bonnes soeurs, même laïques.


Dernière édition par grandesvacances le Mer 26 Sep 2012 - 23:48, édité 1 fois (Raison : faute de frappe)

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Re: Peut-on enseigner en considérant ce métier comme "alimentaire" ?

Message par zina le Mer 26 Sep 2012 - 23:50

Juste après mon doctorat j'ai obtenu un poste d'ingénieur RD dans une grande compagnie. Quand j'ai vu les conditions de présence (moi qui avait deux enfants) et puis c'était plus de l' informatique que des mathématiques, j'ai décidé d'arrêter. Il faut dire aussi que mon mari qui était déjà prof de Math n'arrêtait pas de me parler de tous les avantages que j'aurai en étant prof.
Durant mes années de vacations j'ai eu les pires bahuts de mon académie. Je ne faisais que 6 mois, les autres 6 mois je faisais la morte et le rectorat l'avait bien compris.
Ce métier me fatigue car je n'arrive pas à couper quand je rentre chez moi.
Je fais des bons supports par vanité, j'aime être avec des ados et parler en publique, j'aime aussi parler des maths et de leur histoire.
Je fais abstraction des copies, du manque de motivation et de travail des élèves, de la gestion de classe, des embêtements de la direction...
Mais je ne me vois pas faire autre chose. Mais seigneur comment faire pour tenir jusqu'à 65 ans. cheers


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Re: Peut-on enseigner en considérant ce métier comme "alimentaire" ?

Message par alberto79 le Jeu 27 Sep 2012 - 0:00

Je sais que je suis un privilégié et que mes conditions de travail sont enviables mais je ne vis pas pour travailler, je travaille pour vivre.

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Re: Peut-on enseigner en considérant ce métier comme "alimentaire" ?

Message par User5899 le Jeu 27 Sep 2012 - 0:12

@nlm76 a écrit:
@John a écrit:
J'ai pris l'exemple du boucher : j'aurais pu prendre l'exemple de l'infirmière, du pompier, du pilote, du chauffeur de bus, du coiffeur, du serveur, du patron de PME, du fleuriste, du DRH... Eux aussi travaillent au contact permanent de gens qui vivent et qui bougent.
Dubet a raison lorsqu'il dit que l'école et l'hôpital se rapprochent encore beaucoup de l'Eglise : on attend des profs qu'ils aient la passion et la vocation comme les prêtres et les soeurs. C'est très bien, mais je ne comprends pas qu'on en fasse l'alpha et l'oméga du métier.
Un métier, à la base, c'est fait pour gagner sa vie, et je comprends les gens qui disent : "je suis enseignant pour gagner ma vie". Qu'on ait la passion en plus, c'est formidable, mais il n'y a rien d'étonnant ni de honteux à dire : "je travaille pour gagner ma vie, je veux des conditions décentes pour bosser, et je n'ai pas l'impression de suivre une quelconque flamme sacrée lorsque j'entre dans une classe".
+1
Ce qui serait honteux, ce serait de le faire sans conscience professionnelle. "Je n'aime pas trop ce métier, mais j'aime le travail bien fait, et donc je m'efforce de le faire le mieux possible" : c'est tout ce qu'il y a de plus respectable... et normal.
Ce ne serait pas plus honteux que pour n'importe quel autre métier. Il faut arrêter de sacraliser l'enseignement. Le système tourne mal, tous els rouages administratifs nationaux n'existent que pour se gripper en permanence, je n'ai pas du tout l'intention d'être la seule burette d'huile et de me flageller en permanence au nom de ma conscience professionnelle. D'ailleurs, chaque fois que je l'évoque ou l'invoque, on me le reproche, parce que ça va contre les IO, les barèmes, la FCPE, la dernière lubie du ministre, etc. Alors je vais en classe, je ne suis pas absent, je ne suis pas en retard, je m'habille correctement, je fais un cours qui me plait à moi et qui suit le programme, et s'ils ne suivent pas, eh bien c'est dommage, mais je dors quand même le soir.
Pour répondre à une question précédente, j'ai 24 ans de service révolus, je touche environ 3 200€/mois avec 1 HSA et une indemnité de PP de 2e. Ca me semble convenable.

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Re: Peut-on enseigner en considérant ce métier comme "alimentaire" ?

Message par JEMS le Jeu 27 Sep 2012 - 6:00

Trois ans d'alimentaire, oui, car je n'enseigne plus dans ma discipline. J'ai un public, je dois donner des cours, avec le peu de matière grise qu'il me reste. J'ai eu successivement transports, logistique, BTS AM, CGO, STG CFE, CGRH, MERCA, SES dans la dominante ! Je ne prends pas de plaisir, plus de plaisir en classe ! Si, mon seul plaisir et que cela me permet de ne pas me scléroser, je suis curieux de tout, quelques fois, je me dis que j'aurais mieux fait de me lancer dans la recherche.

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Re: Peut-on enseigner en considérant ce métier comme "alimentaire" ?

Message par Fesseur Pro le Jeu 27 Sep 2012 - 11:56

Etonnant tout de même de constater que beaucoup de collègues ne savent faire "que" prof et ne voient aucune reconversion possible hors EN.

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Re: Peut-on enseigner en considérant ce métier comme "alimentaire" ?

Message par John le Jeu 27 Sep 2012 - 12:01

@Fesseur Pro a écrit:Etonnant tout de même de constater que beaucoup de collègues ne savent faire "que" prof et ne voient aucune reconversion possible hors EN.
Quand on finit par s'étonner d'absolument tout, c'est qu'on ne fait attention à rien.
Moi, je m'étonne que tu t'étonnes de choses faciles à comprendre, et que tu ne répondes quasiment à rien de ce qui t'est dit.

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Re: Peut-on enseigner en considérant ce métier comme "alimentaire" ?

Message par Marcassin le Jeu 27 Sep 2012 - 12:10

J'ai enseigné dans l'EN sans être rémunéré pendant un an. Eh bien il faut aller chercher loin pour tenir le coup.

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Re: Peut-on enseigner en considérant ce métier comme "alimentaire" ?

Message par doublecasquette le Jeu 27 Sep 2012 - 12:26

Vous savez, même quand on est vétérinaire et qu'on exerce cette profession que nombreux portent aux nues et ne conçoivent que comme une vocation absolue, il y a pas mal de jours où c'est purement alimentaire, surtout en fin de carrière.

Et ça n'empêche nullement d'être consciencieux et honnête.



Aussi conçois-je fort bien qu'on puisse enseigner pour manger à sa faim.

DC véto

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Et les mots inconsidérés,
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Re: Peut-on enseigner en considérant ce métier comme "alimentaire" ?

Message par Fesseur Pro le Jeu 27 Sep 2012 - 12:29

@John a écrit:
@Fesseur Pro a écrit:Etonnant tout de même de constater que beaucoup de collègues ne savent faire "que" prof et ne voient aucune reconversion possible hors EN.
Quand on finit par s'étonner d'absolument tout, c'est qu'on ne fait attention à rien.
Moi, je m'étonne que tu t'étonnes de choses faciles à comprendre, et que tu ne répondes quasiment à rien de ce qui t'est dit.
Désolé de ne pas être au niveau...
Merci pour la leçon.


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Re: Peut-on enseigner en considérant ce métier comme "alimentaire" ?

Message par Lefteris le Jeu 27 Sep 2012 - 13:10

Y a pas de honte à bosser pour gagner sa croûte, et si en plus on aime ce qu'on fait ( enfin par moments, faut pas rêver) c'est la cerise sur le cake.

Eh non, ceux qui disent le contraire font du cinéma : sinon, personne ne s'intéresserait à ses échelons, personne ne passerait les concours de titulaires, il n'y aurait pas d'agreg interne etc. (un bonpetit boulot de vacataire mal payé, ça suffit amplement hein...)
Posons la question dans l'autre sens : qui viendrait travailler s'il avait uen petite fortune personnelle. La question est rhétorique, bien entendu ...

Pour moi, clairement, ce fut d'abord un métier alimentaire : à quatorze ans, j'étais tellement pauvre que j'ai passé le concours de l'école normale d'institutrices de mon département, en voie d'extinction à l'époque.
Exactement le parcours de ma grand-mère, mais bien avant toi (elle vient de mourir très âgée). Et de beaucoup d'autres : les bons élèves pauvres étaient orientés vers cette voie.




je trouvais les contraintes administratives et "environnementales" de plus en plus pesantes et stupides ( réunions, procédures à la kon, paperasses, nouveaux chefs de plus en plus rigides, imbus et incultes, collègues azimutés par le "toujours plus" et l'innovation frénétique, j'en passe et des meilleures...).Pour finir : marre de cette légende dorée de la "vocation" : on n'est pas des bonnes soeurs, même laïques.
Très bien dit : le malheur est que la légende dorée est devenue un argument administratif et même politique.


Dernière édition par Lefteris le Jeu 27 Sep 2012 - 14:02, édité 1 fois

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Re: Peut-on enseigner en considérant ce métier comme "alimentaire" ?

Message par Daphné le Jeu 27 Sep 2012 - 13:41

@Lefteris a écrit:

pticuicui a écrit:Beaucoup se plaignent du salaire, qui n'est pas mirobolant certes, pour vous quel serait un salaire acceptable voir un bon salaire pour ce qu'on fait, merci de préciser l'ancienneté.
Concrètement, sans parler subjectivement par rapport à ses besoins perso, qu'on aligne les enseignants sur les catégories types de la fonction publique catégorie A . Même rythme d'échelons, même pourcentage d'accès au dernier échelon du corps, et primes forfaitaires liées au grade. Je ne parle pas dans le vide, j'étais fonctionnaire catégorie A , et je ne suis rentré que parce que je me trouvais à un échelon sommital , par reclassement (après une première démission, j'ai repassé le concours) et encore en perdant beaucoup en primes . Je ne suis parti que pour qu'on me foute la paix, travailler seul quand j'en ai envie (pas en équipe furieux ) , et parce que c'était ma formation et mon loisir , mais la dégringolade financière ne fait pas plaisir.

Donc : fin de carrière d'un certifié, primes comprises, 4000 -4500 € nets ( cat A , Cat A attaché d'administration en ministère, indice majoré 821 désormais ) , fin de carrière d'un agrégé , 5000 -5500 € nets (cat A+, administrateur civil , ingénieur des labos classe normale avec primes statutaires HE B voire C ) .




+1
C'est exactement ce que nous devrions avoir pour maintenir notre niveau de vie si on n'avait pas perdu plus de 20% de pouvoir d'achat depuis que nos salaires sont très très peu ré-évalués par rapport à l'inflation voire bloqués.

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Re: Peut-on enseigner en considérant ce métier comme "alimentaire" ?

Message par Lefteris le Jeu 27 Sep 2012 - 13:57

@Daphné a écrit:
@Lefteris a écrit:

pticuicui a écrit:Beaucoup se plaignent du salaire, qui n'est pas mirobolant certes, pour vous quel serait un salaire acceptable voir un bon salaire pour ce qu'on fait, merci de préciser l'ancienneté.
Concrètement, sans parler subjectivement par rapport à ses besoins perso, qu'on aligne les enseignants sur les catégories types de la fonction publique catégorie A . Même rythme d'échelons, même pourcentage d'accès au dernier échelon du corps, et primes forfaitaires liées au grade. Je ne parle pas dans le vide, j'étais fonctionnaire catégorie A , et je ne suis rentré que parce que je me trouvais à un échelon sommital , par reclassement (après une première démission, j'ai repassé le concours) et encore en perdant beaucoup en primes . Je ne suis parti que pour qu'on me foute la paix, travailler seul quand j'en ai envie (pas en équipe furieux ) , et parce que c'était ma formation et mon loisir , mais la dégringolade financière ne fait pas plaisir.

Donc : fin de carrière d'un certifié, primes comprises, 4000 -4500 € nets ( cat A , Cat A attaché d'administration en ministère, indice majoré 821 désormais ) , fin de carrière d'un agrégé , 5000 -5500 € nets (cat A+, administrateur civil , ingénieur des labos classe normale avec primes statutaires HE B voire C ) .




+1
C'est exactement ce que nous devrions avoir pour maintenir notre niveau de vie si on n'avait pas perdu plus de 20% de pouvoir d'achat depuis que nos salaires sont très très peu ré-évalués par rapport à l'inflation voire bloqués.

Et ajoute aussi que de nombreux corps ont été revalorisés soit indiciairement , soit par raccourcissement des carrières ou re-pyramidage permettant de manière effective de terminer à l'échelon sommital , voire même désormais hors-grille échelle A (en échange il est vrai souvent d'uneréduction d'effectifs ) . Au niveau agrégé, tous les corps équivalent ont obtenu l’échelle B , au moins...

J'étais moi-même dans un corps de catégorie A, à progression beaucoup plus rapide, ce qui m'a permis de ne pas trop y paumer en étant reclassé directement presque en haut de la grille, mais le traitement est un vrai repoussoir autrement. J'ai eu le capes deux fois, j'ai démissionné la première fois parce que je ne pouvais pas me payer la "vocation" Laughing, tellement le trou était grand . Même bien reclassé par la suite, puis agrégé , j'arrive à peine au niveau de traitement -avec primes- que j'avais il y a entre dix et quinze ans, à un grade administratif moins élevé.


Je ne parle donc pas pour moi, qui suis tiré d'affaire quand même , en route vers le dernier échelon, mais je comprends les réticences des plus jeunes à s'engager dans 6, 7, 8 ans d'études pour ça selon la baraka au concours, sans compter que des menaces planent sur les horaires, les congés, la stabilité des postes.

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Re: Peut-on enseigner en considérant ce métier comme "alimentaire" ?

Message par Collier de Barbe le Jeu 27 Sep 2012 - 15:37

Ah nous devrions tous retrouver l'enthousiasme (la naïveté?) de notre collègue américaine, élue "prof de l'année 2012" :
http://www.pbs.org/newshour/bb/education/july-dec12/2012teacher_09-26.html

Très américain, mais amusant...

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Re: Peut-on enseigner en considérant ce métier comme "alimentaire" ?

Message par Carabas le Jeu 27 Sep 2012 - 17:33

@Fesseur Pro a écrit:Etonnant tout de même de constater que beaucoup de collègues ne savent faire "que" prof et ne voient aucune reconversion possible hors EN.
En même temps, j'ai essayé de me reconvertir : j'ai fait un DUT métiers du livre, j'ai postulé sur des postes d'agent de bibliothèque et je n'ai jamais été prise nulle part. Le problème,c 'est peut-être aussi que prof est tellement mal vu qu'on ne veut pas d'anciens profs dans d'autres métiers? Je l'ai déjà raconté : à un entretien, une bibliothécaire, sur un ton agressif, m'a sorti: "vous savez, ici, on travaille!" Ben ouais pourquoi? Quand on est prof, on fout rien?

Si la reconversion était si facile, je pense qu'il y aurait plus de démissions...


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