Au Bonheur des Dames rebute-t-il les garçons ?

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Re: Au Bonheur des Dames rebute-t-il les garçons ?

Message par sandoval le Mer 3 Oct 2012 - 22:57

Je l'ai fait l'année dernière avec mes 4ème, ça a bien marché.

Les garçons ont bien aimé l'histoire des magasins, de la concurrence.


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Re: Au Bonheur des Dames rebute-t-il les garçons ?

Message par User5899 le Jeu 4 Oct 2012 - 0:07

@Abraxas a écrit:Je fais Au bonheur des dames dans une prpédeutique post-bac.
Et j'explique (aux uns et aux autres) que c'est l'un des plus fantastiques livres sur les méthodes de séduction (commerciale entre autres) jamais écrits. Et ça passe bien, dans cette optique — qui débouche finalement sur l'analyse du style de Zola, grand spécialiste de la séduction des lecteurs — et des lectrices.
Les scènes de vente les jours de promos particulières relèvent du cinéma fantastique, je trouve. On parle souvent du Voreux de Germinal pour illustrer cet aspect du naturalisme, mais alors ces fins de journées dans la foule avec le compte de la recette (enfin, je mentionne de mémoire), quelles pages !

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Re: Au Bonheur des Dames rebute-t-il les garçons ?

Message par retraitée le Jeu 4 Oct 2012 - 10:40

@Lefteris a écrit:Bon, je trouve des gens qui vont dans mon sens, je me sens moins Shadock pompeur isolé. Avec les moins endormis plus éveillés, je fais aussi des extraits sur la guerre que mène la société de consommation, pour leur montrer la permanence de certaines questions ; par exemple "Marcovaldo au supermarché" de Calvino , et un passage sur les acheteuses compulsives du grand magasin. Quant à la séduction, Zola a réussi a placer une histoire de bergère et de prince charmant dans une critique sociale/ roman "naturaliste", ratissant un large lectorat. Bien joué , c'est vrai ...

Il y a aussi un beau passage dans "La Guerre" de Le Clézio, donné il y a des lustres en commentaire au bac.

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Re: Au Bonheur des Dames rebute-t-il les garçons ?

Message par retraitée le Jeu 4 Oct 2012 - 10:41

Cripure a écrit:
@Abraxas a écrit:Je fais Au bonheur des dames dans une prpédeutique post-bac.
Et j'explique (aux uns et aux autres) que c'est l'un des plus fantastiques livres sur les méthodes de séduction (commerciale entre autres) jamais écrits. Et ça passe bien, dans cette optique — qui débouche finalement sur l'analyse du style de Zola, grand spécialiste de la séduction des lecteurs — et des lectrices.
Les scènes de vente les jours de promos particulières relèvent du cinéma fantastique, je trouve. On parle souvent du Voreux de Germinal pour illustrer cet aspect du naturalisme, mais alors ces fins de journées dans la foule avec le compte de la recette (enfin, je mentionne de mémoire), quelles pages !

Je l'ai donné en commentaire, ce passage. Si je retrouve mon corrigé, je partagerai.

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Re: Au Bonheur des Dames rebute-t-il les garçons ?

Message par Abraxas le Jeu 4 Oct 2012 - 11:23

@retraitée a écrit:
Cripure a écrit:
@Abraxas a écrit:Je fais Au bonheur des dames dans une prpédeutique post-bac.
Et j'explique (aux uns et aux autres) que c'est l'un des plus fantastiques livres sur les méthodes de séduction (commerciale entre autres) jamais écrits. Et ça passe bien, dans cette optique — qui débouche finalement sur l'analyse du style de Zola, grand spécialiste de la séduction des lecteurs — et des lectrices.
Les scènes de vente les jours de promos particulières relèvent du cinéma fantastique, je trouve. On parle souvent du Voreux de Germinal pour illustrer cet aspect du naturalisme, mais alors ces fins de journées dans la foule avec le compte de la recette (enfin, je mentionne de mémoire), quelles pages !

Je l'ai donné en commentaire, ce passage. Si je retrouve mon corrigé, je partagerai.

Oui, très volontiers…

Abraxas
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Re: Au Bonheur des Dames rebute-t-il les garçons ?

Message par Lefteris le Jeu 4 Oct 2012 - 13:06

@retraitée a écrit:
@Lefteris a écrit:Bon, je trouve des gens qui vont dans mon sens, je me sens moins Shadock pompeur isolé. Avec les moins endormis plus éveillés, je fais aussi des extraits sur la guerre que mène la société de consommation, pour leur montrer la permanence de certaines questions ; par exemple "Marcovaldo au supermarché" de Calvino , et un passage sur les acheteuses compulsives du grand magasin. Quant à la séduction, Zola a réussi a placer une histoire de bergère et de prince charmant dans une critique sociale/ roman "naturaliste", ratissant un large lectorat. Bien joué , c'est vrai ...

Il y a aussi un beau passage dans "La Guerre" de Le Clézio, donné il y a des lustres en commentaire au bac.
Je ne connais pas , intéressant à savoir , dans le cadre d'un groupement, ou de textes complémentaires . Pour Marcovaldo, même s'il s'agit bien entendu d'une traduction, il est intéressant de retrouver le lexique de la guerre, qui constitue la métaphore filée du texte.

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Re: Au Bonheur des Dames rebute-t-il les garçons ?

Message par gelsomina31 le Jeu 4 Oct 2012 - 13:10

@Provence a écrit:
heather a écrit:Je dois me décider très vite pour le roman du 19ème, mais j'hésite, anticipant (peut-être à tort) l'ennui des garçons à la lecture du bouquin. Comment s'est passée la lecture en classe à ceux qui ont tenté ce roman ? Merci.

Est-ce qu'on se demande si les récits de chevalerie en 5e plaisent aux filles? Wink

Farpaitement! topela

@condorcet a écrit:J'avais adoré ce livre comme tout Zola d'ailleurs.
Itou! bisous ZOLA FOREVER! bisous

@retraitée a écrit: Elle me semble bien sexiste, cette question. On peut demander aussisi un roman trop long ne risque pas de rebuter les feignants .

+ 1000

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Re: Au Bonheur des Dames rebute-t-il les garçons ?

Message par Iliana le Jeu 4 Oct 2012 - 13:17

@Lefteris a écrit:
@Iliana a écrit:L'Assommoir en 4ème?
Vous le feriez lire en entier, ou il existe des versions abrégées?
Ça me semble trèès long pour mes élèves, et surtout, les histoires d'alcoolisme et de femmes/enfants battus résonneront tristement dans l'esprit de plusieurs d'entre eux...
Peut-on néanmoins occulter tout ce qui est dur, saignant, mais qui fait partie des oeuvres , au nom du bisounoursesquement correct ? J'ai fait étudier des romans de guerre en 3ème en extraits ou oeuvres ( Remarque, Dorgelès, Barbusse) , j'ai eu des geignards, mais je n'ai pas cédé.

Du bisounoursesquement correct ?
Euh...on ne doit pas bien se comprendre, là !
Éviter à des gamins bien connus de l'assistant social (là à plein temps dans mon collège pour s'occuper des "geignards", pour donner une idée du climat social dans la cité) de lire ce qu'ils voient à la maison (père alcoolique qui frappe la mère, gamins battus par leurs parents, enfermés quand ils ont eu une sale journée...), c'est du bisounoursesquement correct?


Je ne vois pas le rapport avec le fait de faire lire des histoires de tranchées à des gamins pour une guerre qui s'est passée il y a bientôt un siècle. Aussi durs que soient les récits de cette guerre, je doute que ça fasse écho de la même façon dans l'esprit des élèves !

Bref, j'adore Zola, je trouve que L'Assommoir est un beau texte, mais je ne le donnerais pas dans n'importe quelle classe.

Iliana
Monarque


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Re: Au Bonheur des Dames rebute-t-il les garçons ?

Message par Lefteris le Jeu 4 Oct 2012 - 13:40

@Iliana a écrit:
@Lefteris a écrit:
@Iliana a écrit:L'Assommoir en 4ème?
Vous le feriez lire en entier, ou il existe des versions abrégées?
Ça me semble trèès long pour mes élèves, et surtout, les histoires d'alcoolisme et de femmes/enfants battus résonneront tristement dans l'esprit de plusieurs d'entre eux...
Peut-on néanmoins occulter tout ce qui est dur, saignant, mais qui fait partie des oeuvres , au nom du bisounoursesquement correct ? J'ai fait étudier des romans de guerre en 3ème en extraits ou oeuvres ( Remarque, Dorgelès, Barbusse) , j'ai eu des geignards, mais je n'ai pas cédé.

Du bisounoursesquement correct ?
Euh...on ne doit pas bien se comprendre, là !
Éviter à des gamins bien connus de l'assistant social (là à plein temps dans mon collège pour s'occuper des "geignards", pour donner une idée du climat social dans la cité) de lire ce qu'ils voient à la maison (père alcoolique qui frappe la mère, gamins battus par leurs parents, enfermés quand ils ont eu une sale journée...), c'est du bisounoursesquement correct?


Je ne vois pas le rapport avec le fait de faire lire des histoires de tranchées à des gamins pour une guerre qui s'est passée il y a bientôt un siècle. Aussi durs que soient les récits de cette guerre, je doute que ça fasse écho de la même façon dans l'esprit des élèves !

Bref, j'adore Zola, je trouve que L'Assommoir est un beau texte, mais je ne le donnerais pas dans n'importe quelle classe.

Je ne dis pas ça pour toi, je dis ça pour l'esprit du temps , qui a peur des mots, des choses dures, et qui nous amène à ce genre d'interrogations.
Les romans de guerre, on lisait ou étudiait dans des classes où il y avait des gens très proches de la guerre, touchés par les deuils, voir pour la seconde guerre mondiale par les tensions très durables entre soupçonnés de collaboration, résistants, etc. La littérature, c'est aussi parler de la vie, en la mettant justement à distance derrière la fiction.
Il y a aussi plein de romans qui mettent en scène des adultères, des divorces, qui comme les violences familiales sont le lot commun aujourd'hui. Ou encore le chômage et la pauvreté, ou l’illettrisme. S'il faut zigzaguer entre tous ces textes , on n'a pas fini .
Voilà ce que j'en dis, c'est tout, un simple avis . Maintenant, la liberté pédagogique existe, fort heureusement , et c'est à chacun de voir comment il sent la chose.

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Re: Au Bonheur des Dames rebute-t-il les garçons ?

Message par MrBrightside le Jeu 4 Oct 2012 - 13:44

Pas lu, mais j'aurais aimé que ma prof de litté brit de deuxième année se pose la même question avant de nous refiler Pride and Prejudice Very Happy

Spoiler:
Ceci est un message du comité monopersonnel contre la promotion injustifiée de Jane Austen sur ce forum.

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Re: Au Bonheur des Dames rebute-t-il les garçons ?

Message par retraitée le Jeu 4 Oct 2012 - 14:02

Voilà, ça remonte à bien des années .C'était en fin de seconde, ou en début de première. La première partie n'est qu'esquissée, et n'est pas mise en forme. Et la mise en forme a sauté (citations en italique, passages en gras. Je ne sais pas comment il faut faire pour éviter cela !

C'est améliorable, mais j'ai la flemme .

EN 1868, après avoir publié son premier roman, Thérèse Raquin, Zola conçoit le projet d’une vaste
fresque romanesque, qui contera “L’Histoire naturelle et sociale d’une famille sous le Second
Empire”. Cette fresque, intitulée Les Rougon-Macquart, compte vingt volumes, dont chacun se
nourrit d’une documentation minutieuse. Ainsi, pour écrire Au Bonheur des Dames, publié en 1883,
Zola enquête dans le milieu des grands magasins, alors en pleine expansion, comme, par exemple,
Le Bon Marché et Le Louvre. Dans ce roman, Zola nous conte la brillante réussite d’Octave
Mouret, un membre de cette famille Rougon-Macquart, patron d’un grand magasin, le Bonheur des
Dames,.
Le chapitre IV de ce roman est tout entier consacré au récit d’une grande journée de vente
organisée par Mouret, vente qui attire en masse les clientes, appâtées par l’offre d’une soie à bon
marché, le Paris- Bonheur. Le passage que nous allons commenter se situe à la fin de ce chapitre
IV. Constitué d’un seul long paragraphe descriptif, il évoque les derniers moments de cette journée
exceptionnelle, et le désordre qui règne dans le magasin.
Après avoir étudié les caractéristiques de cette description, nous verrons en quoi cette page nous
fournit nombre de détails réalistes sur l’organisation et le fonctionnement d’un grand magasin,
enfin nous montrerons comment Zola, dépassant ce réalisme, donne à cette description un caractère
épique et poétique, qui en révèle la véritable signification.

Caractéristiques de cette description

Passage tout entier à l’imparfait, à l’exception de six verbes au PQP, correspondant à des
actions antérieures au moment de la description, et à l’aspect accompli.

La focalisation : narrateur omniscient, qui décrit ce qui se passe simultanément à deux
étages différents du magasin. Tandis qu’à l’entresol, on constate des ravages, au fond de la maison,
le service du départ est toujours en pleine activité. Ce narrateur omniscient connaît également les
pensées intimes des personnages : ainsi, Hutin est enragé de sa mauvaise chance.
Cependant, ce narrateur épouse aussi un point de vue plus limité, celui que pourrait avoir un témoin fictif, auquel
le lecteur peut facilement s’identifier. La description est faite de l’intérieur du magasin, et si le
monde extérieur est évoqué, c’est par les perceptions auditives qu’on en a de l’intérieur, roulement
des derniers fiacres venant du dehors, au milieu de la voix empâtée de Paris.
De même, le lecteur découvre les lieux en épousant le déplacement de ce témoin, désigné par le pronom indéfini on, qui
semble parcourir les différents rayons. Nous pouvons ainsi relever des verbes appartenant au
champ lexical du déplacement, on longeait, il fallait enjamber , on ne passait plus du tout, on butait,
on marchait. En outre, ce déplacement est mimé par une longue phrase composée, dans laquelle
seuls les points virgules marquent le passage d’un rayon à un autre.

Organisation de la description. Les premières lignes du texte sont consacrées à une vue
d’ensemble des lieux: raréfaction de la foule, dernières clientes attardées, évocation des bruits
venus de la rue, magasin en désordre, vendeurs épuisés. Ensuite, la description s’intéresse
successivement aux différents étages du magasin, dont les rayons sont passés en revue : d’abord, les
galeries du rez-de-chaussée, ainsi que deux des vendeurs ; puis on monte en haut, à l’entresol, avant
d’évoquer ce qui se passe en bas, au fond de la maison. On revient ensuite dans le hall, où il ne
reste rien de la soie mise en vente. Après un gros plan sur les deux vendeurs de ce rayon, au milieu
de ce vide, on termine par tout le magasin, cette fois métonymie du personnel, dont l’activité est
similaire à celle des vendeurs, “alignant également des chiffres, flambant d’une même fièvre.


Ce magasin est décrit à la fin d’une importante journée de vente, commencée depuis le matin, et qui
s’achève à la tombée de la nuit. De nombreux détails renvoient à cette fin de journée. Ainsi, les becs de gaz brûlant
dans le crépuscule en ont éclairé les secousses suprêmes. À l’intérieur, la foule diminue, de façon progressive , comme
le montrent l’emploi des adverbe et locution lentement, peu à peu, de même que l’emploi de l’imparfait duratif. Le
magasin se vide de ses clientes, les rayons sont presque déserts; et le petit nombre d’acheteuses est souligné par
l’emploi de la négation restrictive ne que , s’appliquant au verbe rester. Seules des clientes oublieuses de l’heure
s’attardent dans le magasin. Certains employés ont déjà pris leur repas du soir, puisque les deux premières tables ont
été servies à une heure d’intervalle, et que le troisième service est imminent, comme l’indique l’emploi du futur dans
le passé allait être servie. De plus, les vendeurs font à présent leurs comptes, tout le magasin aligne des chiffres. De
même, à l’extérieur, circulent les derniers fiacres, dont seul le roulement est perçu de l’intérieur . L’instauration
progressive du calme est marquée par la négation ne plus que, qui marque la différence avec ce qui a précédé. De la
ville provient une rumeur sourde, métaphorique ment assimilée à la voix empâtée de Paris.
Cette journée a été rude, puisque les vendeurs sont harassés de fatigue. et que Liénard sommeille sur les
métrages de tissu dépliées, au dessus d’une mer de pièces. Les vendeurs campant parmi la débâcle de leurs casiers
semblent s’octroyer un peu de répit avant de tout ranger. Si la journée a ainsi épuisé le personnel, c’est que la vente a
été extrêmement fructueuse : les clientes sont venues en foule, en masse, et, à la soie surtout, tout a été vendu, bien que
la quantité de tissu soit énorme, comme l’indique l’hyperbole le colossal approvisionnement.. Les expressions le hall
restait nu, là elles avaient fait place nette, on passait librement, ce vide. révèlent l’importance des achats effectués par
les femmes D’ailleurs, le travail continue au service du départ ,toujours en pleine activité, d’où les voitures emportent
les paquets. L’abondance de ces derniers se lit dans l’emploi du verbe éclatait, de même qu’elle était marquée au début
du texte par le verbe gaver.
Mais le caractère exceptionnel de cette vente se devine surtout au désordre qui règne dans tout le magasin.
Ainsi, casiers et comptoirs semblent avoir essuyé un ouragan. Les chaises obstruent les galeries du rez-de-chaussée
chaussée de chaussée. A la ganterie, les cartons s’entassent autour de Mignot, il est impossible de circuler aux
lainages, où les piles restées debout sont à moitié détruites. Le linge de maison, le blanc est tombé au sol, et on
marche sur les mouchoirs. Il en va de même à l’entresol, puisque les parquets sont jonchés de fourrures, que les
vêtements de confection forment un amoncellement, et que les lingeries et la dentelle ont été dépliées froissées, jetées
au hasard. Ces trois participes passés passifs, qui se suivent et sont soulignés par le retour des mêmes sonorités en é
reproduisent les gestes des clientes dans leur rapide succession. Le désordre se lit aussi dans les nombreux termes
commençant par le préfixe dé : (débâcle, débordé, débandade, détruites dépliés, déshabillé, désordre, dégorgeait,
déchiqueté, dévorantes), et il est souligné par l’emploi de constructions parallèles, qui créent un effet d’accumulation :
les fourrures jonchaient les parquets, les confections s’amoncelaient[…] les dentelles et la lingerie faisaient songer à un
peuple de femmes […]

XXX

Cependant, l’activité intense dont ce magasin a été le théâtre, cette foule de clientes qu’ont dû affronter les
vendeurs, ce désordre qu’elles ont laissé derrière elles sont présentés de façon métaphorique. Ainsi, la journée de
vente prend un caractère épique, puisque les clientes sont comparées à des catastrophes naturelles dévastatrices, et
que le magasin semble avoir été le théâtre d’un violent combat, révélateur des passions qui animent acheteuses et
vendeurs.
XXX
Cette description est, en effet, écrite dans une tonalité épique.
Les clientes désignées par des pluriels, elles, femmes, sauterelles, sont aussi présentées comme un être
collectif, foule, ouragan, masse, peuple .Leur violence est celle des éléments déchaînés, comme l’indique la métaphore
le souffle furieux d’un ouragan, se doublant d’allitérations en f et en r, qui en miment le bruit ; une inondation semble,
de même, s’être produite aux lainages, qui, dépliés, deviennent une mer de pièces, ou dont les piles à moitié détruites,
sont assimilées à des maisons dont un fleuve débordé charrie les ruines. Ce terme débordé renvoie d’ailleurs, non
seulement à la foule des clientes, mais également aux vendeurs dépassés par la situation. Quant aux derniers instants de
la vente , ce sont des secousses suprêmes, expression qui suggère un tremblement de terre.
Mais, plus que tout, cette journée au Bonheur des Dames est assimilée à l’affrontement de deux armées, et
tout le texte est parcouru par une métaphore filée de la guerre. Ainsi, le magasin tout entier est comme un champ de
bataille, saccagé, dévasté, que les becs de gaz brûlant dans le crépuscule semblent éclairer comme autant de lueurs
d’incendie. Sur ce champ de bataille, la progression est rendue difficile, et s’apparente à un parcours du combattant. Les
chaises , personnifiées se muent en fuyards, puisque le narrateur évoque leur débandade, et les vêtements, sans doute
vestes et manteaux, entassés à l’entresol semblent des capotes de soldats mis hors de combat, abandonnées sur le
terrain.. Les cartons entassés autour de Minot qu’ils semblent protéger sont hyperboliquement désignés par le mot
barricade. A la soie, en revanche, nul obstacle, on passe librement. Les principales victimes semblent être les tissus,
dont le texte évoque le massacre, et surtout la soie a été déchiquetée, balayée.
Cependant, les vendeurs restent maîtres des lieux, où certains semblent bivouaquer, comme le suggère
l’expression camper parmi la débâcle. S’ils ont subi l’assaut des clientes, ils ont aussi rivalisé entre eux, et Hutin, qui a
moins vendu que Favier, est battu ce jour-là.. Épuisés par la lutte, ils sont néanmoins animés par un sentiment de
triomphe, par la gaieté brutale des soirs de carnage. Ainsi les volées de cloches annonçant le repas peuvent aussi
suggérer le carillon joyeux signalant le cessez-le feu et la victoire.
Ces images hyperboliques, l’utilisation de termes collectifs, le vocabulaire guerrier appliqué à la vente
de coupons de tissus, de linge de maison ou de vêtements contribuent donc à un véritable grossissement épique,
qui concerne aussi le rayon du blanc, où les épaisses piles de serviettes se métamorphosent en banquises, et où les
mouchoirs, petits, fins, deviennent poétiquement des flocons légers. Ainsi, le magasin semble prendre la dimension de
toute une planète, avec ses fleuves, ses ouragans, ses pôles glacés, et ses régions tropicales dévastées , à l’instar de
l’Égypte, par cette malédiction biblique, un vol de sauterelles.
En comparant les clientes à cette plaie, des sauterelles dévorantes, Zola met l’accent sur leurs appétits
furieux, assimilés à une rage, à une folie, à l’oubli de la raison, puisque leur rage de dépense leur fait oublier l’heure.
Ces furies sont aussi présentées comme des Bacchantes, et le désordre de l’entresol évoque aussi un coup de désir, un
désordre sensuel, souligné par des allitérations en d/ déshabillées dans le désordre d’un coup de désir, et les mêmes
sonorités : désordre, désir. On songe à un déshabillage collectif, ces femmes ayant d’abord jeté leurs fourrures sur les
parquets, puis les autres vêtements, avant de retirer dentelles et lingerie, jetées en hâte, au hasard.
Tout, dans le magasin stimule ces appétits, et la marchandise vendue au Bonheur des Dames se mue donc en
une véritable nourriture : les clientes ont dévoré le colossal approvisionnement du Paris-Bonheur, faisant place nette
comme les sauterelles ; le service du départ , gorgé de paquets, les dégorge, et ils s’en vont gaver Paris, personnifié,
devenu un ogre, ce personnage de contes, qui se caractérise par son gigantisme et son appétit. Ce verbe gaver marque
bien la surabondance des achats effectués par les clientes, évoqués à la ligne 5 par une énumération de groupes
nominaux au pluriel, les toiles et les draps, les draps et les dentelles. On peut remarquer que , comme dans un repas,
Paris absorbe d’abord des nourritures consistantes, toiles, draps, avant d’en venir à des soies et des dentelles, plus
légères, comparables à du dessert. Comme l’ogre du Petit-Poucet, Paris, repu, dort, et le roulement des fiacres , bruit
sourd et régulier, devient son ronflement ; ces termes contiennent des sonorités similaires, et on peut, de plus, noter les
nombreuses allitérations en r dans les lignes 4 et 5, dehors, roulement derniers fiacres, Paris, ronflement, ogre repu,
digérant, draps. De même, la voix empâtée de Paris est une expression difficile à articuler, en raison de la succession
de sonorités occlusives et de la répétition du son a, ce qui mime presque cette voix pâteuse d’ogre gavé.
En exacerbant ainsi les appétits et les désirs, le magasin se mue en un lieu de tentation, ce que révèlent
symboliquement des détails qui l’apparentent à l’Enfer.
Ainsi, il y fait chaud, d’une chaleur de massacre. Le texte est encadré par des termes revoyant à l’idée de feu,
de lumière et de chaleur. Ainsi, à l’intérieur, la vente s’est terminée sous le flamboiement des becs de gaz, qui brûlent,
et cette flamme se retrouve dans les yeux des vendeurs, qui s’allument de la passion du gain. C’est enfin tout le
magasin machine surchauffée, qui flambe d’une même fièvre.
En outre, nombre de péchés capitaux se sont commis ou se commettent au Bonheur des Dames, Gourmandise
et luxure , voilà pour les clientes, l’envie ronge Hutin, en proie à la colère également, enragé de sa mauvaise chance.
Quant à l’amour de l’argent, la passion , la fièvre du gain c’est sur lui que se clôt le texte.
Flammes réelles ou figurées, chaleur, rage, lutte, satisfaction des appétits, tout concourt à faire du magasin un
lieu de tentation, une mécanique bien réglée, une machine, où les clientes, consumées par la rage de dépenser,
incapables de résister à leurs pulsions d’achat, consomment en abondance, répondant ainsi au désir du personnel, à sa
passion du gain, qui suscite elle-même rivalités et fureur. Le Bonheur des Dames, le Paris-Bonheur…Le bonheur
semble ainsi résider dans la consommation, dans les possessions matérielles, dans le souci de parer le corps. La
débauche des marchandises, approvisionnement colossal, suscite la déroute et la débâcle de la raison, dans une
véritable débauche d’achats.

XXX

Ce texte , qui contient une foule de détails précis sur l’organisation d’un grand magasin à la fin du XIX ème
siècle, présente une indéniable valeur documentaire. L’intérêt de ce passage, qui s’inscrit dans un roman, est aussi
narratif : en effet, cette journée exceptionnelle marque une étape importante dans l’ascension d’Octave Mouret,
montré dans les paragraphes qui suivent cet extrait comme un général victorieux, ayant écrasé le petit commerce, et
songeant à agrandir le magasin, devenu une véritable pieuvre poussant partout ses tentacules. Mais cette description
vaut surtout par la richesse des images et des symboles qu’elle contient, puisque le magasin, lieu paradisiaque, est
aussi lieu de tentation, où se déploient toutes les ressources de la séduction. Zola se montre ici visionnaire, puisqu’il
annonce tout ce qui caractérise notre actuelle société de consommation et ce texte illustre fort bien la conception de
Zola, en nous présentant “un coin de la création vu à travers un tempérament”.

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Re: Au Bonheur des Dames rebute-t-il les garçons ?

Message par gelsomina31 le Jeu 4 Oct 2012 - 15:02

@Iliana a écrit:
@Lefteris a écrit:
@Iliana a écrit:L'Assommoir en 4ème?
Vous le feriez lire en entier, ou il existe des versions abrégées?
Ça me semble trèès long pour mes élèves, et surtout, les histoires d'alcoolisme et de femmes/enfants battus résonneront tristement dans l'esprit de plusieurs d'entre eux...
Peut-on néanmoins occulter tout ce qui est dur, saignant, mais qui fait partie des oeuvres , au nom du bisounoursesquement correct ? J'ai fait étudier des romans de guerre en 3ème en extraits ou oeuvres ( Remarque, Dorgelès, Barbusse) , j'ai eu des geignards, mais je n'ai pas cédé.

Du bisounoursesquement correct ?
Euh...on ne doit pas bien se comprendre, là !
Éviter à des gamins bien connus de l'assistant social (là à plein temps dans mon collège pour s'occuper des "geignards", pour donner une idée du climat social dans la cité) de lire ce qu'ils voient à la maison (père alcoolique qui frappe la mère, gamins battus par leurs parents, enfermés quand ils ont eu une sale journée...), c'est du bisounoursesquement correct?


Je ne vois pas le rapport avec le fait de faire lire des histoires de tranchées à des gamins pour une guerre qui s'est passée il y a bientôt un siècle. Aussi durs que soient les récits de cette guerre, je doute que ça fasse écho de la même façon dans l'esprit des élèves !

Bref, j'adore Zola, je trouve que L'Assommoir est un beau texte, mais je ne le donnerais pas dans n'importe quelle classe.

Sans vouloir forcer les élèves "victime" de l'alcoolisme familiale, de violences, etc.... on peut aussi penser que leur faire lire des livres parlant de ses problèmes, entre autres choses, peut les aider à mettre des mots (ceux de l'écrivain) sur leurs problèmes, à prendre de la distance avec leurs difficultés et sublimer leur situation.

Un exemple perso (qui a ses limites) : adolescente, j'ai eu des périodes de très grosses déprimes avant de faire ma dépression vers 18 ans. Vers 15 ans, j'ai emprunté à la bibliothèque la bibliographie d'Hellen KELLER, (Aveugle, sourde et muette) et je l'ai dévorée. Ma mère était choquée en voyant que, n'étant pas bien dans ma peau,je m'intéresse à la vie difficile d'une enfant très handicapée. Elle m'a quand même laissée lire ce livre sans me faire part de son inquiétude. Et bien sincèrement, la lecture de ce livre, pas forcément recommandée quand on va mal, m'a aidé à repousser la dépression et m'a redonné espoir car il m'a permis de comprendre que, même lourdement handicapée, on pouvait s'en sortir, que même si le monde et la vie paraissent insupportables, on peut survivre et prendre du plaisir à vivre.
OK, j'ai quand même fait une dépression ensuite et 20 ans après, j'entrevois à peine et de très loin le bout du tunnel MAIS je pense que ma dépression aurait été encore plus grave sans la lecture de ce livre et de bien d'autres.
Je crois très fort (pour l'avoir vécu) à la capacité de sublimation offerte par l'art qu'il soit littéraire,plastique, musicale, cinématographique...

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Re: Au Bonheur des Dames rebute-t-il les garçons ?

Message par yphrog le Jeu 4 Oct 2012 - 15:21

@MrBrightside a écrit:Pas lu, mais j'aurais aimé que ma prof de litté brit de deuxième année se pose la même question avant de nous refiler Pride and Prejudice Very Happy

Spoiler:
Ceci est un message du comité monopersonnel contre la promotion injustifiée de Jane Austen sur ce forum.

Et pourtant: http://www.neoprofs.org/t52251-litterature-us-uk-pour-l1-lettres-modernes-need-your-input#1641199 heu

Par rapport à la question posée je ne saurais pas répondre, j'avais 30 ans quand j'ai lu Au Bonheur des Dames. Je l'ai bien aimé.

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Re: Au Bonheur des Dames rebute-t-il les garçons ?

Message par Samadhi le Jeu 4 Oct 2012 - 15:40

@gelsomina31 a écrit:
@Iliana a écrit:
@Lefteris a écrit:
@Iliana a écrit:L'Assommoir en 4ème?
Vous le feriez lire en entier, ou il existe des versions abrégées?
Ça me semble trèès long pour mes élèves, et surtout, les histoires d'alcoolisme et de femmes/enfants battus résonneront tristement dans l'esprit de plusieurs d'entre eux...
Peut-on néanmoins occulter tout ce qui est dur, saignant, mais qui fait partie des oeuvres , au nom du bisounoursesquement correct ? J'ai fait étudier des romans de guerre en 3ème en extraits ou oeuvres ( Remarque, Dorgelès, Barbusse) , j'ai eu des geignards, mais je n'ai pas cédé.

Du bisounoursesquement correct ?
Euh...on ne doit pas bien se comprendre, là !
Éviter à des gamins bien connus de l'assistant social (là à plein temps dans mon collège pour s'occuper des "geignards", pour donner une idée du climat social dans la cité) de lire ce qu'ils voient à la maison (père alcoolique qui frappe la mère, gamins battus par leurs parents, enfermés quand ils ont eu une sale journée...), c'est du bisounoursesquement correct?


Je ne vois pas le rapport avec le fait de faire lire des histoires de tranchées à des gamins pour une guerre qui s'est passée il y a bientôt un siècle. Aussi durs que soient les récits de cette guerre, je doute que ça fasse écho de la même façon dans l'esprit des élèves !

Bref, j'adore Zola, je trouve que L'Assommoir est un beau texte, mais je ne le donnerais pas dans n'importe quelle classe.

Sans vouloir forcer les élèves "victime" de l'alcoolisme familiale, de violences, etc.... on peut aussi penser que leur faire lire des livres parlant de ses problèmes, entre autres choses, peut les aider à mettre des mots (ceux de l'écrivain) sur leurs problèmes, à prendre de la distance avec leurs difficultés et sublimer leur situation.

Un exemple perso (qui a ses limites) : adolescente, j'ai eu des périodes de très grosses déprimes avant de faire ma dépression vers 18 ans. Vers 15 ans, j'ai emprunté à la bibliothèque la bibliographie d'Hellen KELLER, (Aveugle, sourde et muette) et je l'ai dévorée. Ma mère était choquée en voyant que, n'étant pas bien dans ma peau,je m'intéresse à la vie difficile d'une enfant très handicapée. Elle m'a quand même laissée lire ce livre sans me faire part de son inquiétude. Et bien sincèrement, la lecture de ce livre, pas forcément recommandée quand on va mal, m'a aidé à repousser la dépression et m'a redonné espoir car il m'a permis de comprendre que, même lourdement handicapée, on pouvait s'en sortir, que même si le monde et la vie paraissent insupportables, on peut survivre et prendre du plaisir à vivre.
OK, j'ai quand même fait une dépression ensuite et 20 ans après, j'entrevois à peine et de très loin le bout du tunnel MAIS je pense que ma dépression aurait été encore plus grave sans la lecture de ce livre et de bien d'autres.
Je crois très fort (pour l'avoir vécu) à la capacité de sublimation offerte par l'art qu'il soit littéraire,plastique, musicale, cinématographique...

veneration

Exactement.
Moi qui ai eu plusieurs "complexes" - pour le dire gentiment - par rapport à ma vie familiale, j'étais contente de pouvoir lire des histoires similaires. C'était comme un secret entre l'auteur et moi, c'est d'ailleurs un sentiment assez incroyable.

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Re: Au Bonheur des Dames rebute-t-il les garçons ?

Message par retraitée le Jeu 4 Oct 2012 - 15:47

@Lefteris a écrit:
@retraitée a écrit:
@Lefteris a écrit:Bon, je trouve des gens qui vont dans mon sens, je me sens moins Shadock pompeur isolé. Avec les moins endormis plus éveillés, je fais aussi des extraits sur la guerre que mène la société de consommation, pour leur montrer la permanence de certaines questions ; par exemple "Marcovaldo au supermarché" de Calvino , et un passage sur les acheteuses compulsives du grand magasin. Quant à la séduction, Zola a réussi a placer une histoire de bergère et de prince charmant dans une critique sociale/ roman "naturaliste", ratissant un large lectorat. Bien joué , c'est vrai ...

Il y a aussi un beau passage dans "La Guerre" de Le Clézio, donné il y a des lustres en commentaire au bac.
Je ne connais pas , intéressant à savoir , dans le cadre d'un groupement, ou de textes complémentaires . Pour Marcovaldo, même s'il s'agit bien entendu d'une traduction, il est intéressant de retrouver le lexique de la guerre, qui constitue la métaphore filée du texte.

Je n'ai pas La Guerre en "magasin", mais je suis sûre que quelqu'un va retrouver ce passage, qui, de mémoire, commence ainsi en gros "La jeune fille qui s'appelait Béa B. regardait l'espèce de temple .." Il s'agit en fait d'un grand magasin, ce qui n'a pas été facile à faire comprendre aux élèves à première lecture!

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Re: Au Bonheur des Dames rebute-t-il les garçons ?

Message par Lefteris le Jeu 4 Oct 2012 - 16:41

@retraitée a écrit:
@Lefteris a écrit:
@retraitée a écrit:
@Lefteris a écrit:Bon, je trouve des gens qui vont dans mon sens, je me sens moins Shadock pompeur isolé. Avec les moins endormis plus éveillés, je fais aussi des extraits sur la guerre que mène la société de consommation, pour leur montrer la permanence de certaines questions ; par exemple "Marcovaldo au supermarché" de Calvino , et un passage sur les acheteuses compulsives du grand magasin. Quant à la séduction, Zola a réussi a placer une histoire de bergère et de prince charmant dans une critique sociale/ roman "naturaliste", ratissant un large lectorat. Bien joué , c'est vrai ...

Il y a aussi un beau passage dans "La Guerre" de Le Clézio, donné il y a des lustres en commentaire au bac.
Je ne connais pas , intéressant à savoir , dans le cadre d'un groupement, ou de textes complémentaires . Pour Marcovaldo, même s'il s'agit bien entendu d'une traduction, il est intéressant de retrouver le lexique de la guerre, qui constitue la métaphore filée du texte.

Je n'ai pas La Guerre en "magasin", mais je suis sûre que quelqu'un va retrouver ce passage, qui, de mémoire, commence ainsi en gros "La jeune fille qui s'appelait Béa B. regardait l'espèce de temple .." Il s'agit en fait d'un grand magasin, ce qui n'a pas été facile à faire comprendre aux élèves à première lecture!

L'explication de Zola , c'est pour des cours d'agreg Shocked ? Je n'en ferai pas tant avec les miens...
Pour Marcovaldo , on ne rigole pas hein : une fois , je le fais à des troisièmes . J'insiste sur le champ lexical de la guerre conjugué au bruit qui abrutit (les machines qui crépitent comme de s mitrailleuses , la musique qui fait perdre la tête aux clients, qui fuient, la stratégie consistant à les "capturer", etc.) . Ca va à peu près, et à la fin un élève me dit "mais moi, quand je vais au supermarché , ça ne ressemble pas à la guerre", et approuvé par d'autres Sad

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Re: Au Bonheur des Dames rebute-t-il les garçons ?

Message par retraitée le Jeu 4 Oct 2012 - 16:57

@Lefteris a écrit:
@retraitée a écrit:
@Lefteris a écrit:
@retraitée a écrit:
@Lefteris a écrit:Bon, je trouve des gens qui vont dans mon sens, je me sens moins Shadock pompeur isolé. Avec les moins endormis plus éveillés, je fais aussi des extraits sur la guerre que mène la société de consommation, pour leur montrer la permanence de certaines questions ; par exemple "Marcovaldo au supermarché" de Calvino , et un passage sur les acheteuses compulsives du grand magasin. Quant à la séduction, Zola a réussi a placer une histoire de bergère et de prince charmant dans une critique sociale/ roman "naturaliste", ratissant un large lectorat. Bien joué , c'est vrai ...

Il y a aussi un beau passage dans "La Guerre" de Le Clézio, donné il y a des lustres en commentaire au bac.
Je ne connais pas , intéressant à savoir , dans le cadre d'un groupement, ou de textes complémentaires . Pour Marcovaldo, même s'il s'agit bien entendu d'une traduction, il est intéressant de retrouver le lexique de la guerre, qui constitue la métaphore filée du texte.

Je n'ai pas La Guerre en "magasin", mais je suis sûre que quelqu'un va retrouver ce passage, qui, de mémoire, commence ainsi en gros "La jeune fille qui s'appelait Béa B. regardait l'espèce de temple .." Il s'agit en fait d'un grand magasin, ce qui n'a pas été facile à faire comprendre aux élèves à première lecture!

L'explication de Zola , c'est pour des cours d'agreg Shocked ? Je n'en ferai pas tant avec les miens...
Pour Marcovaldo , on ne rigole pas hein : une fois , je le fais à des troisièmes . J'insiste sur le champ lexical de la guerre conjugué au bruit qui abrutit (les machines qui crépitent comme de s mitrailleuses , la musique qui fait perdre la tête aux clients, qui fuient, la stratégie consistant à les "capturer", etc.) . Ca va à peu près, et à la fin un élève me dit "mais moi, quand je vais au supermarché , ça ne ressemble pas à la guerre", et approuvé par d'autres Sad

Non, c'est pour toi (merci du compliment, il me semble excessif).
A toi de voir ce que tu peux faire saisir à tes élèves. Quand c'est "difficile", cela passe souvent très bien.
Tu simplifies, tu élagues. On est parfois agréablement surpris.

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Re: Au Bonheur des Dames rebute-t-il les garçons ?

Message par Iliana le Jeu 4 Oct 2012 - 17:11

@gelsomina31 a écrit:
@Iliana a écrit:
@Lefteris a écrit:
@Iliana a écrit:L'Assommoir en 4ème?
Vous le feriez lire en entier, ou il existe des versions abrégées?
Ça me semble trèès long pour mes élèves, et surtout, les histoires d'alcoolisme et de femmes/enfants battus résonneront tristement dans l'esprit de plusieurs d'entre eux...
Peut-on néanmoins occulter tout ce qui est dur, saignant, mais qui fait partie des oeuvres , au nom du bisounoursesquement correct ? J'ai fait étudier des romans de guerre en 3ème en extraits ou oeuvres ( Remarque, Dorgelès, Barbusse) , j'ai eu des geignards, mais je n'ai pas cédé.

Du bisounoursesquement correct ?
Euh...on ne doit pas bien se comprendre, là !
Éviter à des gamins bien connus de l'assistant social (là à plein temps dans mon collège pour s'occuper des "geignards", pour donner une idée du climat social dans la cité) de lire ce qu'ils voient à la maison (père alcoolique qui frappe la mère, gamins battus par leurs parents, enfermés quand ils ont eu une sale journée...), c'est du bisounoursesquement correct?


Je ne vois pas le rapport avec le fait de faire lire des histoires de tranchées à des gamins pour une guerre qui s'est passée il y a bientôt un siècle. Aussi durs que soient les récits de cette guerre, je doute que ça fasse écho de la même façon dans l'esprit des élèves !

Bref, j'adore Zola, je trouve que L'Assommoir est un beau texte, mais je ne le donnerais pas dans n'importe quelle classe.

Sans vouloir forcer les élèves "victime" de l'alcoolisme familiale, de violences, etc.... on peut aussi penser que leur faire lire des livres parlant de ses problèmes, entre autres choses, peut les aider à mettre des mots (ceux de l'écrivain) sur leurs problèmes, à prendre de la distance avec leurs difficultés et sublimer leur situation.

Un exemple perso (qui a ses limites) : adolescente, j'ai eu des périodes de très grosses déprimes avant de faire ma dépression vers 18 ans. Vers 15 ans, j'ai emprunté à la bibliothèque la bibliographie d'Hellen KELLER, (Aveugle, sourde et muette) et je l'ai dévorée. Ma mère était choquée en voyant que, n'étant pas bien dans ma peau,je m'intéresse à la vie difficile d'une enfant très handicapée. Elle m'a quand même laissée lire ce livre sans me faire part de son inquiétude. Et bien sincèrement, la lecture de ce livre, pas forcément recommandée quand on va mal, m'a aidé à repousser la dépression et m'a redonné espoir car il m'a permis de comprendre que, même lourdement handicapée, on pouvait s'en sortir, que même si le monde et la vie paraissent insupportables, on peut survivre et prendre du plaisir à vivre.
OK, j'ai quand même fait une dépression ensuite et 20 ans après, j'entrevois à peine et de très loin le bout du tunnel MAIS je pense que ma dépression aurait été encore plus grave sans la lecture de ce livre et de bien d'autres.
Je crois très fort (pour l'avoir vécu) à la capacité de sublimation offerte par l'art qu'il soit littéraire,plastique, musicale, cinématographique...

Gelso, Samadhi, j'avais bien pensé à cet aspect-là des choses, avant d'écrire ce que j'ai posté.
Je pense qu'on a tous, un jour, lu des choses dans des moments difficiles de notre vie, et pensé que ce qu'on lisait nous faisait du bien, parce que d'autres l'avaient vécu, écrit (et bien écrit), que ça faisait écho en nous, et que ça créait une complicité particulière, en effet, comme tu l'écris Samadhi.
C'est sûr que nos élèves sont en plus en général à des moments de leur vie où plein de choses se passent dans leur tête, où ils ont l'impression que personne ne les comprend, que le monde est hostile, et à plus forte raison quand ces élèves vivent des choses difficiles (divorce, deuil, violences physiques...), et oui, on peut tous citer des élèves chez qui la lecture de tel ou tel texte/livre dur, violent, rude, a fait écho à quelque chose de dur à supporter, et les a aidés, ne serait-ce qu'en mettant des mots sur une souffrance (chez moi une élève dont on venait de diagnostiquer chez son père la maladie d'Alzeihmer, et à qui j'avais fait lire un livre sur le sujet sans le savoir.).

Et tant mieux, c'est le rôle de la littérature que de parler de la vie.

Mais en l'occurrence, le livre dont tu parles, Gelso, est un très beau livre sur l'enfermement en soi, sur l'absence de communication, je comprends qu'il parle à beaucoup, je l'ai adoré aussi, mais de fait, il se termine "bien", cette jeune fille parvient à s'ouvrir, à communiquer, à se réconcilier avec le monde, même si ça prend du temps et que c'est douloureux.

L'Assommoir, ça se termine sur la mort de cette petite fille attachée et frappée par son père, et sur la découverte du cadavre pourri de Gervaise oubliée de tous sous son escalier.
C'est clair que si on fait lire ça à des gamins battus ou qui voient chez eux l'alcoolisme de leurs parents, ça va leur donner un sacré coup de fouet! humhum

Pour ma part (et c'est sûrement de là que ça vient), j'ai lu L'Assommoir pour l'agreg en comparée il y a quelques années, et j'en garde toujours le même souvenir de dégoût, de rage et de tristesse qui me prennent au ventre et à la gorge quand j'y repense. C'est simple, ça me donne envie de vomir.

Bref, comme le dit très bien Lefteris, tout ça relève de notre liberté pédagogique, tout dépend de notre vécu, de nos goûts, des élèves qu'on a (je n'aurais pas hésité à le faire dans le collège où j'étais il y a deux ou trois ans, par exemple, je ne me serais même pas posé la question).
Je ne suis pourtant pas du genre à éviter tel ou tel sujet de peur de choquer nos pauvres petites têtes blondes, qui par ailleurs parlent en rigolant des pires horreurs, je trouve que ce serait la pire des hypocrisies.

Bien sûr qu'on ne peut pas louvoyer pour éviter les textes qui parlent d'adultère, de deuils, de la guerre etc, mais je vois dans mon collège des gamins tellement démolis par leur entourage familial que selon les contextes j'hésiterais (et je dis bien selon les contextes, je n'ai en soi aucune objection sur le fait de travailler tel ou tel texte, j'ai fait aussi du Remarque ou autre en 3ème, des descriptions glaçantes de Perec dans W, bref, je n'ai a priori aucune prévention contre le fait de parler de toutes ces choses, mais là, cette année, avec mes élèves, non. Si personne n'a jamais eu aucun écho douloureux de la part d'un élève à ce sujet, tant mieux, et ça prouve que j'ai tort.).

Je rajoute juste pour finir que j'ai remarqué aussi à plusieurs reprises une tendance assez sadique de la part des élèves à s'intéresser un peu trop à tout ce qui est bien glauque et cruel, chez Maupassant par exemple, et que je ne veux pas alimenter ça.

Ca m'intéressera donc d'avoir le retour de ceux qui se lanceront.

(et encore une fois, ce n'est pas contre le livre ou Zola, que j'aime beaucoup, ni par esprit bisounours, ce qui m'énerve aussi)

_________________
http://www.librairiedialogues.fr/livre/2029239-un-seul-jour-un-seul-mot-le-roman-familial-d--annette-hippen-gondelle-l-harmattan

I know I'm not supposed to look at you the way I look at you
I wear my shades all day long and I sing it in a folk song tune
I know I'm not supposed to wait for you the way I wait for you
So I pretend I'm on the go and only meant to say hello to you
I know I'm not supposed to look at you the way I look at you
So I stricly watch my feet when I'm walking down the street with you
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Re: Au Bonheur des Dames rebute-t-il les garçons ?

Message par gelsomina31 le Jeu 4 Oct 2012 - 18:50

@Iliana a écrit:

Gelso, Samadhi, j'avais bien pensé à cet aspect-là des choses, avant d'écrire ce que j'ai posté.
Je pense qu'on a tous, un jour, lu des choses dans des moments difficiles de notre vie, et pensé que ce qu'on lisait nous faisait du bien, parce que d'autres l'avaient vécu, écrit (et bien écrit), que ça faisait écho en nous, et que ça créait une complicité particulière, en effet, comme tu l'écris Samadhi.
C'est sûr que nos élèves sont en plus en général à des moments de leur vie où plein de choses se passent dans leur tête, où ils ont l'impression que personne ne les comprend, que le monde est hostile, et à plus forte raison quand ces élèves vivent des choses difficiles (divorce, deuil, violences physiques...), et oui, on peut tous citer des élèves chez qui la lecture de tel ou tel texte/livre dur, violent, rude, a fait écho à quelque chose de dur à supporter, et les a aidés, ne serait-ce qu'en mettant des mots sur une souffrance (chez moi une élève dont on venait de diagnostiquer chez son père la maladie d'Alzeihmer, et à qui j'avais fait lire un livre sur le sujet sans le savoir.).

Et tant mieux, c'est le rôle de la littérature que de parler de la vie.
topela je ne m'étais pas rendue compte que tu avais pensé à cet aspect des choses dans ton message précédent. Je ne cherchais pas à te contredire, juste à enrichir le débat.

@Iliana a écrit:Mais en l'occurrence, le livre dont tu parles, Gelso, est un très beau livre sur l'enfermement en soi, sur l'absence de communication, je comprends qu'il parle à beaucoup, je l'ai adoré aussi, mais de fait, il se termine "bien", cette jeune fille parvient à s'ouvrir, à communiquer, à se réconcilier avec le monde, même si ça prend du temps et que c'est douloureux.

L'Assommoir, ça se termine sur la mort de cette petite fille attachée et frappée par son père, et sur la découverte du cadavre pourri de Gervaise oubliée de tous sous son escalier.
C'est clair que si on fait lire ça à des gamins battus ou qui voient chez eux l'alcoolisme de leurs parents, ça va leur donner un sacré coup de fouet! humhum
Bien vu. Moi, j'avais vécu cette fin dramatique plutôt comme un avertissement pour les générations de lecteurs sur les méfaits de l'alcool et de la résignation sociale, comme un témoignage d'une expérience très malheureuse. Je m'étais laissé emporté dans le mouvement "naturaliste". C'est vrai, je le réalise maintenant, que j'ai eu des parents qui sont ce qu'ils sont mais qui n'étaient ni alcooliques, ni violents.


@Iliana a écrit:Pour ma part (et c'est sûrement de là que ça vient), j'ai lu L'Assommoir pour l'agreg en comparée il y a quelques années, et j'en garde toujours le même souvenir de dégoût, de rage et de tristesse qui me prennent au ventre et à la gorge quand j'y repense. C'est simple, ça me donne envie de vomir.

Ca peut très bien se comprendre. Wink

@Iliana a écrit:Bref, comme le dit très bien Lefteris, tout ça relève de notre liberté pédagogique, tout dépend de notre vécu, de nos goûts, des élèves qu'on a (je n'aurais pas hésité à le faire dans le collège où j'étais il y a deux ou trois ans, par exemple, je ne me serais même pas posé la question).
Je ne suis pourtant pas du genre à éviter tel ou tel sujet de peur de choquer nos pauvres petites têtes blondes, qui par ailleurs parlent en rigolant des pires horreurs, je trouve que ce serait la pire des hypocrisies.


Bien sûr qu'on ne peut pas louvoyer pour éviter les textes qui parlent d'adultère, de deuils, de la guerre etc, mais je vois dans mon collège des gamins tellement démolis par leur entourage familial que selon les contextes j'hésiterais (et je dis bien selon les contextes, je n'ai en soi aucune objection sur le fait de travailler tel ou tel texte, j'ai fait aussi du Remarque ou autre en 3ème, des descriptions glaçantes de Perec dans W, bref, je n'ai a priori aucune prévention contre le fait de parler de toutes ces choses, mais là, cette année, avec mes élèves, non. Si personne n'a jamais eu aucun écho douloureux de la part d'un élève à ce sujet, tant mieux, et ça prouve que j'ai tort.).

Je rajoute juste pour finir que j'ai remarqué aussi à plusieurs reprises une tendance assez sadique de la part des élèves à s'intéresser un peu trop à tout ce qui est bien glauque et cruel, chez Maupassant par exemple, et que je ne veux pas alimenter ça.

Ca m'intéressera donc d'avoir le retour de ceux qui se lanceront.

(et encore une fois, ce n'est pas contre le livre ou Zola, que j'aime beaucoup, ni par esprit bisounours, ce qui m'énerve aussi)

Nous sommes donc sur la même longueur d'ondes! topela et yesyes


En fait, je suis tellement admirative des œuvres de Zola, de son projet "naturaliste", limite grand reporter, de leur richesse littéraire et "sociale", que je suis très étonnée que le travail sur une de ses œuvres pose question avec des lycéens. J'estime (mais ce n'est que mon avis perso) qu'au-delà du style de l'auteur, son œuvre est tellement riche que ce devrait être une obligation de la proposer au moins une fois aux lycéens.
Personnellement, sans Zola, je n'aurais pas apprécié les grands classiques (Hugo, Corneille, Molière, Montaigne,...) que j'avais pourtant déjà étudié au collège et que j'ai re-découvert au lycée. Sans Zola, je crois que j'en serais rester à la littérature jeunesse, qui a ses limites... mais ce n'est bien sûr qu'un témoignage personnel qui n'a pas de valeur universelle... C'est pour ça que j'ai été très surprise de la question posée en début de fil! Wink

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Re: Au Bonheur des Dames rebute-t-il les garçons ?

Message par Iliana le Jeu 4 Oct 2012 - 19:42

Gelso topela

Ah pareil pour moi! On m'a fait lire Le Bonheur des dames en 3ème et j'avais adoré, j'étais allée en lire d'autres de moi-même, de fait, ma prof avait vraiment réussi son coup!
Quand tu penses à tout ce qu'il a pu explorer comme milieux sociaux, de Germinal à Nana, c'est juste génial! Pas un ne m'a déçue ou laissée indifférente.

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So I pretend I'm on the go and only meant to say hello to you
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Re: Au Bonheur des Dames rebute-t-il les garçons ?

Message par leyade le Ven 5 Oct 2012 - 8:57

je ne comprends rien à l'anglais mais...

http://www.socialistworker.co.uk/art.php?id=29680

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