Partagez
Voir le sujet précédentAller en basVoir le sujet suivant
Invité
Invité

Re: La tentation de l'école à la maison

par Invité le Sam 14 Mar 2015 - 18:48
Je crois que c'est celui-ci mais je n'y suis plus ou pas (j'ai un peu de mal à m'y repérer dans mes groupes et je les suis assez peu, sauf 2-3, en fait...) :

https://www.facebook.com/groups/170841001301/
avatar
Clarianz
Esprit sacré

Re: La tentation de l'école à la maison

par Clarianz le Sam 14 Mar 2015 - 18:49
Je ne vais pas te remonter le moral...
Je me pose régulièrement la question! Je ne vois pas l'intérêt de l'école cette année, et mon fils est au CP!
Il a passé trois années de maternelles formidables, et là... Rien. En sachant lire, et additionner en entrant au CP, il n'apprend qu'à écrire.
Il est au Conservatoire en parallèle, donc les pauvres cours danse/sport/chant n'apportent pas grand chose! Souvent, je me dis qu'on avancerai ensemble plus vite, on travaille 1h/1h30 le soir, sinon il s'ennuierait.

_________________
Mama's Rock
avatar
Chocolat
Guide spirituel

Re: La tentation de l'école à la maison

par Chocolat le Sam 14 Mar 2015 - 19:07
@Clarianz a écrit:Je ne vais pas te remonter le moral...
Je me pose régulièrement la question! Je ne vois pas l'intérêt de l'école cette année, et mon fils est au CP!
Il a passé trois années de maternelles formidables, et là... Rien. En sachant lire, et additionner en entrant au CP, il n'apprend qu'à écrire.
Il est au Conservatoire en parallèle, donc les pauvres cours danse/sport/chant n'apportent pas grand chose! Souvent, je me dis qu'on avancerai ensemble plus vite, on travaille 1h/1h30 le soir, sinon il s'ennuierait.  

Je vois...

L'année de CP de mon fiston a été géniale, car il a eu la chance de tomber sur une perle de PE qui les faisait bosser de manière très stimulante. En CE1, top, aussi ; à partir de la classe de CE2 j'ai dû commencer à le faire bosser en français, en maths et en histoire.

_________________

La réforme du collège décryptée sur un site indépendant et apolitique :
http://www.reformeducollege.fr/
avatar
Handsome Devil
Niveau 9

Re: La tentation de l'école à la maison

par Handsome Devil le Sam 14 Mar 2015 - 19:11
@A Tuin a écrit:C'est ce que j'allais dire. Ça me fait rire cette expression à la mode de "socialisation" à l'école. Si c'est pour apprendre les bêtises, à avoir un langage ordurier et des attitudes provocatrices envers les adultes comme la moitié de la faune d'enfants mal élevés qui végètent à tout niveau à l'école, au collège puis au lycée actuellement, ce n'est pas une référence et franchement ça ne fait pas envie. Le problème est que l'école est gangrénée par ce genre d'enfants, qu'il faut les supporter toute la scolarité, et qu'ils dérangent autrui et en particulier les enfants qui ont envie de travailler et d'écouter en classe. Qui eux ne passent pas leur temps à se montrer pour déranger.
C'est un peu facile de montrer du doigt une "faune d'enfants mal élevés" qui "gangrènent l'école". La responsabilité des débordements incombe quand même aux adultes (parents, institution scolaire).
avatar
Kak
Habitué du forum

Re: La tentation de l'école à la maison

par Kak le Sam 14 Mar 2015 - 19:21
@Korémuse a écrit:Faut-il encore que ce mode d'organisation convienne à l'enfant. 
Ma dernière va rentrer en 2016 en 6eme, juste pour essuyer les plâtres de la réforme catastrophique du collège.
Mais elle est tellement récalcitrante et rebelle avec moi, que je me verrais mal faire l'école à la maison. Je crois que ce serait crise de nerf sur crise de nerf.

Ma situation ressemble à la tienne.
isajan
Niveau 5

Re: La tentation de l'école à la maison

par isajan le Sam 14 Mar 2015 - 19:25
Je trouve que c'est horrible de passer son enfance en tête à tête avec ses parents... mais bon, chacun voit midi à sa porte...

avatar
Chocolat
Guide spirituel

Re: La tentation de l'école à la maison

par Chocolat le Sam 14 Mar 2015 - 19:29
Je suis d'accord avec toi, isajan, mais j'aimerais trouver une solution satisfaisante pour les années de collège de mon fiston.

_________________

La réforme du collège décryptée sur un site indépendant et apolitique :
http://www.reformeducollege.fr/
avatar
Ajupouet
Habitué du forum

Re: La tentation de l'école à la maison

par Ajupouet le Sam 14 Mar 2015 - 20:51
@isajan a écrit:Je trouve que c'est horrible de passer son enfance en tête à tête avec ses parents... mais bon, chacun voit midi à sa porte...


Euh... Il faudrait peut-être demander aux intéressés, non?
J'ai deux enfants. L'aînée à été deux ans en maternelle (saut de classe) . Ensuite, IEF. Elle a été rescolarisée un trimestre de 6eme, est passée direct en quatrième, et puis a décidé que non, l'IEF c'est quand même vachement mieux. Elle commence en ce moment sa 1ère S toujours en IEF.
La seconde est entrée pour la première fois à l'école en CM1, quand sa sœur rentrait en 6eme et que nous travaillions tous les deux. Elle est aujourd'hui en cinquième et est toujours scolarisée et ne souhaite pas être en IEF.

Il me semble que vu le nombre de gamins qui détestent réellement l'école au point parfois d'en devenir phobique, il y a au moins un paquet d'élèves pour qui étudier à la maison serait un rêve.
Quand nous faisions l'IEF de nos deux filles dans les petites classes, la plus grosse punition que nous ayons trouvée quand leur comportement était inacceptable était " tu seras privée d'ecole aujourd'hui". L'heure ou deux en tête à tête avec papa maman à apprendre des trucs passionnants était un vrai bonheur pour tout le monde.

_________________
Enfants, adolescents, adultes : il n'est jamais trop tard pour restaurer son geste d'écriture.
www.sos-ecriture.com   - Facebook
avatar
dandelion
Grand sage

Re: La tentation de l'école à la maison

par dandelion le Sam 14 Mar 2015 - 21:13
Cependant, Ajupouet, il est très difficile pour les enfants d'en juger, puisqu'ils n'ont pas de point de comparaison. Qui te dit qu'ils ne regretteront pas de n'avoir pas été scolarisés dans quelques années?
Cela dit, j'avoue qu'il m'arrive très souvent de me dire que je n'ai pas envie que mes enfants soient scolarisées dans certaines de mes classes et je comprends qu'on choisisse cette solution si c'est la seule possibilité. J'ai trouvé la violence au collège souvent terrifiante. D'un autre côté, mes cousins qui ont été scolarisés dans des établissements privés très protégés ont aussi une vision très tronquée de la société par rapport à nous qui avons rencontré toutes sortes de gens à l'école publique.
De plus, pour ma part, je préfère enseigner aux enfants des autres. Mon aînée planche sur le bescherelle quand elle a fini ses exercices de français, et la plus jeune perfectionne ses talents de dessinatrice ou rédige des histoires. A l'école elles apprennent aussi des choses que je n'aurais pas forcément enseignées (mais c'est différent ici, il y a beaucoup plus d'activités manuelles et les horaires scolaires laissent plus de place pour pratiquer des activités extérieures).
avatar
fraisedesbois
Niveau 9

Re: La tentation de l'école à la maison

par fraisedesbois le Dim 15 Mar 2015 - 12:14
dans le cas des filles d'Ajupouet il me semble qu'elles ont précisément des points de comparaison Wink
peut être que plus tard, l'une regrettera de n'avoir pas été scolarisée, tout comme peut être, l'autre regrettera de l'avoir été.

ma limite serait que mes enfants, scolarisés, se retrouvent à faire aussi un travail presqu'équivalent à la maison (parce que les programmes seraient vides).
ma grande devrait être sortie du collège avant la catastrophe, et je croise tout pour qu'elle puisse s'inscrire en Grec au lycée.
pour les suivants, je ne sais pas ce qu'on fera, ça dépendra de l'ampleur de la catastrophe, des possibilités de résistance des professeurs, et du bénéfice que serait alors (ou non) l'IEF pour chaque enfant.

en tous cas, je garde précieusement les cahiers de l'aînée, et j'engrange tous les liens.
je n'ai pas d'inquiétude à l'idée d'instruire mes propres enfants, même si certains niveaux-certaines disciplines me font plus stresser que d'autres.

_________________
lecteur  Il faut beaucoup d'indisciplinés pour faire un peuple libre -
Georges Bernanos, Les enfants humiliés, 1949
avatar
Sapotille
Empereur

Re: La tentation de l'école à la maison

par Sapotille le Dim 15 Mar 2015 - 12:59
Fraisedesbois, puisque l'école à la maison n'est pas d'actualité dans l'immédiat, abonne-toi à ce blog et lit ...
https://unebellefacon.wordpress.com/
avatar
fraisedesbois
Niveau 9

Re: La tentation de l'école à la maison

par fraisedesbois le Dim 15 Mar 2015 - 13:10
oui Sapotille, tu as raison pour l'abonnement, je n'ai pas eu le réflexe ! Smile
j'ai vite enregistré ce lien après l'avoir découvert hier (en lisant ce fil).
je suis bien contente d'avoir une perspective de jolies découvertes comme ça.

_________________
lecteur  Il faut beaucoup d'indisciplinés pour faire un peuple libre -
Georges Bernanos, Les enfants humiliés, 1949
avatar
Sapotille
Empereur

Re: La tentation de l'école à la maison

par Sapotille le Dim 15 Mar 2015 - 13:25
Voilà, Sylvie nous offre à l'instant le programme peinture et musique de la semaine ...

https://unebellefacon.wordpress.com/2015/03/15/notre-oeuvre-de-la-semaine-19/
avatar
maikreeeesse
Neoprof expérimenté

Re: La tentation de l'école à la maison

par maikreeeesse le Dim 15 Mar 2015 - 14:18
Il y a encore quelques années, lorsque je débutais  si j'entendais un discours prônant une éducation à la maison, je me retournais,
regardais d'un oeil mauvais (et méprisant) l'individu suspecté d'être lié à une secte et plaignais ses pauvres enfants coupés du monde réel. Idem pour l'école privée. J'ai mûri, appris à regarder autour de moi et un bon nombre de mes préjugés ont disparu.
Je crois maintenant qu'il est tout à fait possible de faire classe à la maison (d'ailleurs, on l'envisage bien lorsque l'on devient expatrié...), que cela dépend des enfants et qu'il n'existe pas de règles immuables. Pour ma part, je suis beaucoup trop dans le conflit avec mes enfants pour l'envisager sereinement mais je l'ai fait pour le plus grand lorsque nous sommes paris aux USA.
Ce que je regrette le plus pour les enfants ce n'est pas trop le niveau. En tant qu'enseignant, il nous est toujous possible de compenser,(c'est déjà ce que faisait ma belle-mère, professeur de français latin grec dans les années 80 avec ses enfants). Non, ce que je regrette c'est le souvenir que j'ai de ma propre histoire avec l'école. J'ai eu la chance d'aimer l'école dès les petites classes, d'être dans une Ecole à l'ancienne, dans un département reculé à la campagne, (peut-être en retard de 20 ans sur le reste de la France ?) Tout n'était pas rose mais c'était ma vie, un jardin secret qui n'était pas celui de mes parents et où j'ai compris que chaque chose apprise l'était pour moi et non pour mes parents. Je me rappelle également des récréations, de l'odeur de la cour, de la confrontation avec les autres en bien et en mal. J'aurais aimé que chaque enfant puisse connaître ce bonheur. Bon, cela fait très mièvre écrit comme cela.
avatar
gnafron2004
Sage

Re: La tentation de l'école à la maison

par gnafron2004 le Dim 15 Mar 2015 - 14:24
Il y a autant "d'écoles à la maison" différentes que "d'écoles" tout court, non?
J'ai eu deux frères qui ont intégré le collège en 4è après avoir été en école à la maison avec leur maman. Ils étaient très matures et fort sympathiques , mais le niveau scolaire était réellement très en-dessous du niveau normal. Aucun des deux n'a eu le brevet, d'ailleurs, pour donner une idée… en anglais, ils avaient un niveau A1, pas plus. Après, cela ne les empêchera pas d'être heureux, mais… l'un voulait suivre les pas de ses parents, pas besoin d'études, mais l'autre… il aurait pu, et voulu faire des études…
Et, au passage, nous étions leur second collège, l'intégration ne s'était pas faite dans le premier (deux gars aux cheveux longs, ça ne passe pas partout!)
Invité
Invité

Re: La tentation de l'école à la maison

par Invité le Dim 15 Mar 2015 - 14:25
Non, ce n'est pas mièvre. L'école ou le collège peuvent être un enfer, et c'est regrettable quand c'est le cas. Mais l'inverse est également vrai.

avatar
Elaïna
Empereur

Re: La tentation de l'école à la maison

par Elaïna le Dim 15 Mar 2015 - 14:56
Perso j'aurais adoré passer mon collège à la maison, échapper à cet océan de malveillance rampante, aux camarades puants et détestables dans leur majorité. Mais en même temps j'aurais détesté passer ce temps à la maison avec mes parents dont l'empathie et l'expression du sentiment n'est vraiment pas le fort. Dans l'idéal il m'aurait fallu un précepteur ou une préceptrice Smile
merci pour les liens sur l'école à la maison. J'avoue que je me fais beaucoup de souci pour mes enfants dont l'aîné va entrer à l'école l'an prochain. Pour les effectifs (ici, c'est bien 30 petits bouts par classe, nous n'avons pas la chance d'habiter dans une campagne à 15 élèves par classe), pour les contenus (ici, Loulou sait déjà reconnaître les lettres et son prénom, et compter/dénombrer jusqu'à 20, à sa demande, alors quand la maîtresse me dit que c'est LE gros enjeu de la PS, ben...).
Et je ne trouve pas non plus normal de me dire que mes enfants en apprendront vraisemblablement plus avec nous qu'avec leurs PE et plus tard leurs professeurs.

_________________
J'ai un nouveau clavier, mes messages ont donc des points maintenant !!!
Rosanette
Expert

Re: La tentation de l'école à la maison

par Rosanette le Dim 15 Mar 2015 - 15:23
Enfin ça, ça vaut pour la maternelle, où je pense qu'il est facile que des enfants prennent de l'avance pour peu qu'ils aient des parents profs ou qui cherchent à beaucoup les éveiller (mais où l'enjeu de socialisation est énorme, quoiqu'on en dise) - ça l'est beaucoup moins ensuite.

Après c'est aussi un atout d'arriver à l'école avec cette avance, de consolider ses acquis et de pouvoir profiter de tous les à-côtés ludiques (chansons, activités manuelles, autant d'aspects de l'éveil que les parents n'ont pas tout le temps le courage de mener).



Finalement, je trouve le titre de ce fil révélateur. C'est une question qui traverse les esprits, mais peu la concrétisent au vu des difficultés et des sacrifices que cela demande.
avatar
maikreeeesse
Neoprof expérimenté

Re: La tentation de l'école à la maison

par maikreeeesse le Dim 15 Mar 2015 - 15:26
Il est vrai que mes souvenirs au collège sont un peu plus nuancés  Very Happy .
Elaïna, effectivement ton fils maîtrise sûrement les compétences demandés en PS mais en même temps, s'il a la chance d'être dans un bonne classe, je veux dire une classe dans laquelle les enfants éprouvent de l'empathie les uns une envers les autres, dans laquelle il ya une forte cohésion et une bonne ambiance , il sera très bien. Il en existe encore de ces classes et c'est vraiment un plaisir de faire rire une classe à partir d' une histoire ou de d'avoir des projets communs. Bémol, il en existe encore mais de moins en moins et je trouve plus rarement en élémentaire (alors en collège !). Dans une petite école comme la mienne, si la classe est "pourrie", les enfants se la traînent jusqu'en CM2. Alos là, sans hésitation, j'aurais descolarisé mes enfants ou changé d'école.
avatar
Clarianz
Esprit sacré

Re: La tentation de l'école à la maison

par Clarianz le Dim 15 Mar 2015 - 15:31
@Rosanette a écrit:Enfin ça, ça vaut pour la maternelle, où je pense qu'il est facile que des enfants prennent de l'avance pour peu qu'ils aient des parents profs ou qui cherchent à beaucoup les éveiller (mais où l'enjeu de socialisation est énorme, quoiqu'on en dise) -  ça l'est beaucoup moins ensuite.

Après c'est aussi un atout d'arriver à l'école avec cette avance, de consolider ses acquis et de pouvoir profiter de tous les à-côtés ludiques (chansons, activités manuelles, autant d'aspects de l'éveil que les parents n'ont pas tout le temps le courage de mener).



Finalement, je trouve le titre de ce fil révélateur. C'est une question qui traverse les esprits, mais peu la concrétisent au vu des difficultés et des sacrifices que cela demande.


Je ne suis pas d'accord avec toi, depuis qu'il est au CP, clairement (mis à part le temps passé avec ses copains), mon fils ne découvre pas grand chose... En même temps tu parles de temps ludiques, je ne l'envoie pas à l'école pour ça!
Et si je ne peux pas réellement faire l'école à la maison, je le regretterai, et je trouve que le titre du fil est révélateur du maelström qu'est devenu l'école, non pas des rêves des gens.
Entrer à l'école en sachant déjà lire a été un handicap, non pas pour lui, mais pour son instit' qui ne peut pas le blairer et a sorti des horreurs, le fait pleurer aussi, à l'occasion en lui disant devant tout le monde qu'elle a bien compris que nous voulons le retirer de l'école le mercredi. Ce qui est faux, je n'ai jamais parlé de ce projet avec lui encore, mais son instit' prend un malin plaisir à le déstabiliser pour le mettre "en zone d'inconfort", et elle le revendique.
Le léger conflit, les méthodes surprenantes et le vides des apprentissages, ma foi, tout cela forme un mélange détonnant.

_________________
Mama's Rock
Invité
Invité

Re: La tentation de l'école à la maison

par Invité le Dim 15 Mar 2015 - 15:36
@Rosanette a écrit:


Finalement, je trouve le titre de ce fil révélateur. C'est une question qui traverse les esprits, mais peu la concrétisent au vu des difficultés et des sacrifices que cela demande.

En fait, dans beaucoup de couples, les deux parents travaillent, ou alors les parents divorcent, ou sont séparés, et ne peuvent pas non plus faire l'école à la maison...mais sinon l'école serait sûrement plus désertée et l'école à la maison plus répandue.
avatar
V.Marchais
Bon génie

Re: La tentation de l'école à la maison

par V.Marchais le Dim 15 Mar 2015 - 15:38
@Rosanette a écrit:Enfin ça, ça vaut pour la maternelle, où je pense qu'il est facile que des enfants prennent de l'avance pour peu qu'ils aient des parents profs ou qui cherchent à beaucoup les éveiller (mais où l'enjeu de socialisation est énorme, quoiqu'on en dise) -  ça l'est beaucoup moins ensuite.

Après c'est aussi un atout d'arriver à l'école avec cette avance, de consolider ses acquis et de pouvoir profiter de tous les à-côtés ludiques (chansons, activités manuelles, autant d'aspects de l'éveil que les parents n'ont pas tout le temps le courage de mener).

Je ne suis pas tout à fait d'accord, Rosannette.

Franchement, quand je vois le programme de Primaire et de collège dans la plupart des matières, je me dis qu'un gosse intelligent et qui bosse bien peu plier en 6 mois ce qui est fait en deux ans. Ça, c'est juste un constat établi à partir du parcours de mes deux fils.

Maintenant, je pense que ce n'est pas une fin en soi. C'est pas une course, l'instruction, y a pas de récompense pour celui qui arrive en premier au brevet / au bac / à tout ce qu'on voudra. Et ce n'est guère un gage d'épanouissement. Au contraire, je pense que tout est plus facile quand on est dans la norme, dans la moyenne. Mediocritas aureas. Mon fils aîné se retrouve en 4e à 12 ans, après des sauts de classe proposés avec insistance par l'école (nous avons refusé la première fois) et je trouve que ça pose au moins autant de problèmes que ça n'en résout. Il travaille toujours plus vite que les autres, donc ça ne règle rien de ce côté. Par contre, il manque de maturité pour lire certaines oeuvres (il n'a que 12 ans tout juste) et le décalage avec ses congénères est certain. Bref, je ne suis pas convaincue que ce soit un atout d'arriver à l'école avec de l'avance.

Et puis franchement, si cela permet à tous les enfants d'apprendre un contenu solide, moi, je dis très bien si on fait ça en deux ans plutôt qu'en six mois.

Le problème, c'est qu'actuellement, on est loin du compte. Les programmes sont d'une pauvreté tellement affligeante que les bons élèves s'emmerdent comme des rats morts, et nous peinons à leur donner à manger, obsédés que nous sommes par les élèves en difficultés, et terrifiés à l'idée de céder au péché l'élitisme. Mon cadet pleurait en CP parce que le maître refusait qu'il lise son propre livre pendant les leçons de lecture. Il savait déjà lire couramment et on l'obligeait à relire cent fois la même phrase indigente ("J'ai rêvé que j'étais le roi de monde", ou un truc comme ça). Il s'emmerde à refaire tous les ans le présent de l'indicatif et l'imparfait, à faire du deux à l'heure en maths. C'est comme ça que, pour répondre à SES demandes, à Noël, il a eu le fichier SLECC CM de Maths et de grammaire, qu'il a plié en quelques mois. Il veut toujours plus, et avec les nouveaux programmes de collège, il va avoir toujours moins. Plus de Thalès, plus de Pythagore, encore moins de grammaire, des textes débiles autant que patrimoniaux... Je sais qu'il va en souffrir. C'est ça, qui ne va pas.

À force de démagogie, on a fabriqué une école qui dispense de la merde en barre. Pas étonnant si certains cherchent à donner une autre nourriture à leurs enfants. C'est ça ou on va les rendre fous, fous d'inanition. Et en tant que fervent défenseur de l'école publique, sois bien assurée que je suis consternée de devoir dire ça.
Rosanette
Expert

Re: La tentation de l'école à la maison

par Rosanette le Dim 15 Mar 2015 - 15:39
Je n'ai pas dit que les plages de temps ludiques étaient ce pour quoi l'école était faite (encore qu'en maternelle, on peut difficilement voir d'un mauvais œil ce type d'activité, la maternelle est quand même un moment de transition et, autant que faire se peut, d'uniformisation des profils très divers des bambins).

Pour autant, j'ai du mal à croire qu'un élève de CP n'apprenne rien vu les programmes. Il y a toujours des choses à apprendre, en termes de nouvelles lectures, de vocabulaire, de découverte du monde...

Sans oublier que voir des choses qu'on connaît déjà est également une bonne chose, les connaissances se fixant aussi par la répétition (même si l'école ne doit pas se résumer à faire revoir à un gamin ce qu'il voit à la maison).

J'ajouterai également que si un enfant s'ennuie perpétuellement à l'école, c'est souvent parce que ses parents ont de fait anticipé sur tous les programmes (pour vouloir pousser leur gosse, par peur des faiblesses de l'institution etc.). Ce qui revient à prendre le problème à l'envers.


EDIT je ne vais pas répondre à tout ton message, V.Marchais, mais tu évoques le cas de l'instit de CP de ton fils, ce qui est bien différent de ce qu'une année de CP peut offrir en soi à un enfant, même un enfant sachant déjà lire.


Dernière édition par Rosanette le Dim 15 Mar 2015 - 15:41, édité 1 fois
Invité
Invité

Re: La tentation de l'école à la maison

par Invité le Dim 15 Mar 2015 - 15:40
@Clarianz a écrit:
@Rosanette a écrit:Enfin ça, ça vaut pour la maternelle, où je pense qu'il est facile que des enfants prennent de l'avance pour peu qu'ils aient des parents profs ou qui cherchent à beaucoup les éveiller (mais où l'enjeu de socialisation est énorme, quoiqu'on en dise) -  ça l'est beaucoup moins ensuite.

Après c'est aussi un atout d'arriver à l'école avec cette avance, de consolider ses acquis et de pouvoir profiter de tous les à-côtés ludiques (chansons, activités manuelles, autant d'aspects de l'éveil que les parents n'ont pas tout le temps le courage de mener).



Finalement, je trouve le titre de ce fil révélateur. C'est une question qui traverse les esprits, mais peu la concrétisent au vu des difficultés et des sacrifices que cela demande.


Je ne suis pas d'accord avec toi, depuis qu'il est au CP, clairement (mis à part le temps passé avec ses copains), mon fils ne découvre pas grand chose... En même temps tu parles de temps ludiques, je ne l'envoie pas à l'école pour ça!
Et si je ne peux pas réellement faire l'école à la maison, je le regretterai, et je trouve que le titre du fil est révélateur du maelström qu'est devenu l'école, non pas des rêves des gens.
Entrer à l'école en sachant déjà lire a été un handicap, non pas pour lui, mais pour son instit' qui ne peut pas le blairer et a sorti des horreurs, le fait pleurer aussi, à l'occasion en lui disant devant tout le monde qu'elle a bien compris que nous voulons le retirer de l'école le mercredi. Ce qui est faux, je n'ai jamais parlé de ce projet avec lui encore, mais son instit' prend un malin plaisir à le déstabiliser pour le mettre "en zone d'inconfort", et elle le revendique.
Le léger conflit, les méthodes surprenantes et le vides des apprentissages, ma foi, tout cela forme un mélange détonnant.

À côté de ça, quand j'ai vu la vidéo sur l'école de Gennevilliers, je me suis demandé : "Pourquoi l'EN ne généralise pas cette expérience ?" Mais les écoles Montessori restent très chères et dans le privé hors contrat.


Dernière édition par Lornet le Dim 15 Mar 2015 - 15:41, édité 1 fois
avatar
V.Marchais
Bon génie

Re: La tentation de l'école à la maison

par V.Marchais le Dim 15 Mar 2015 - 15:41
Clarianz
avatar
Trinity
Sage

Re: La tentation de l'école à la maison

par Trinity le Dim 15 Mar 2015 - 15:41
@Rosanette a écrit:J'ajouterai également que si un enfant s'ennuie perpétuellement à l'école, c'est souvent parce que ses parents ont de fait anticipé sur tous les programmes (pour vouloir pousser leur gosse, par peur des faiblesses de l'institution etc.). Ce qui revient à prendre le problème à l'envers.

Ou, beaucoup plus simplement et naturellement, pour répondre à la curiosité dévorante de leur Nain.

_________________
"Deux choses sont infinies : l'Univers et la bêtise humaine. Mais en ce qui concerne l'Univers, je n'en ai pas encore acquis la certitude absolue." Albert Einstein

Contenu sponsorisé

Re: La tentation de l'école à la maison

par Contenu sponsorisé
Voir le sujet précédentRevenir en hautVoir le sujet suivant
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum