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Trinity
Sage

Re: La tentation de l'école à la maison

par Trinity le Dim 15 Mar 2015 - 15:41
@Rosanette a écrit:J'ajouterai également que si un enfant s'ennuie perpétuellement à l'école, c'est souvent parce que ses parents ont de fait anticipé sur tous les programmes (pour vouloir pousser leur gosse, par peur des faiblesses de l'institution etc.). Ce qui revient à prendre le problème à l'envers.

Ou, beaucoup plus simplement et naturellement, pour répondre à la curiosité dévorante de leur Nain.
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Re: La tentation de l'école à la maison

par Invité le Dim 15 Mar 2015 - 15:45
Merci pour ton message, Véronique Marchais.
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Malaca
Sage

Re: La tentation de l'école à la maison

par Malaca le Dim 15 Mar 2015 - 15:48
@maikreeeesse a écrit:Il y a encore quelques années, lorsque je débutais  si j'entendais un discours prônant une éducation à la maison, je me retournais,
regardais d'un oeil mauvais (et méprisant) l'individu suspecté d'être lié à une secte et plaignais ses pauvres enfants coupés du monde réel. Idem pour l'école privée. J'ai mûri, appris à regarder autour de moi et un bon nombre de mes préjugés ont disparu. (...)

Je me retrouve dans tes remarques !


J'ai la chance que mes enfants soient maintenant sortis du système, mais je ne peux m'empêcher de les mettre en garde pour leurs propres enfants (encore à venir Laughing ) ...

Je crois que ce fil dénote surtout une inquiétude grandissante, parce que justement, vécue de l'intérieur, et c'est pas bon signe  No  

Ceci dit de là à franchir le pas ... pas simple !
Je connais une maman qui a fait l'école (puis le collège avec le renfort du CNED parce que moins facile dans les différentes matières de faire seule) à ses trois enfants, outre les "sacrifices" perso, pro, et financiers, elle a dû faire face aux "pressions" du système : contrôle des assistantes sociales pour "non socialisation", convocation EN pour vérification des "méthodes" et test de niveau pour les enfants ... No

L'idée de "précepteur" d'Elaïna est tentante Wink


Dernière édition par Malaca le Dim 15 Mar 2015 - 15:50, édité 1 fois

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Ajouter de la vie aux années plutôt que des années à la vie ...

"Fais de ta vie un rêve, et d'un rêve, une réalité." A. de Saint-Exupéry

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V.Marchais
Bon génie

Re: La tentation de l'école à la maison

par V.Marchais le Dim 15 Mar 2015 - 15:48
@Rosanette a écrit:J'ajouterai également que si un enfant s'ennuie perpétuellement à l'école, c'est souvent parce que ses parents ont de fait anticipé sur tous les programmes (pour vouloir pousser leur gosse, par peur des faiblesses de l'institution etc.). Ce qui revient à prendre le problème à l'envers.


EDIT je ne vais pas répondre à tout ton message, V.Marchais, mais tu évoques le cas de l'instit de CP de ton fils, ce qui est bien différent de ce qu'une année de CP peut offrir en soi à un enfant, même un enfant sachant déjà lire.


Je n'anticipe sur rien du tout. Mais je lis des histoires à mes enfants. Et ils jouent avec leurs lettres magnétiques. Et ils trouvent tout seuls comment ça marche. C'est loin d'être rare. Tu prônes quoi ? On arrête de leur lire des livres ? On confisque ces lettres qu'ils adorent manipuler pour éviter de créer des problèmes ?
J'arrête de répondre aux questions de ma petite de 3 ans quand elle me demande si 3 et 3 ça fait bien six et ce qu'il y a après 12 ? Je me mets à limiter les mots que j'emploie quand je lui parle pour qu'elle arrête de s'imprégner de vocabulaire ?

Le fils dont j'ai évoqué le CP est maintenant en CM2. Il a eu 4 instits différents, la plupart tout à fait corrects, d'ailleurs. Je n'ai pas de reproches à leur faire à eux. C'est le système qui est devenu défaillant, d'abord en raison des contenus qu'il propose. Mais le fait qu'il n'est pas nourri par l'école se retrouve année après année. L'aîné s'adapte, s'en fout un peu, mais pour le cadet, c'est une souffrance perpétuelle.
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Re: La tentation de l'école à la maison

par Invité le Dim 15 Mar 2015 - 15:53
@Trinity a écrit:
@Rosanette a écrit:J'ajouterai également que si un enfant s'ennuie perpétuellement à l'école, c'est souvent parce que ses parents ont de fait anticipé sur tous les programmes (pour vouloir pousser leur gosse, par peur des faiblesses de l'institution etc.). Ce qui revient à prendre le problème à l'envers.


Ou, beaucoup plus simplement et naturellement, pour répondre à la curiosité dévorante de leur Nain.

Parce qu'il faut l'occuper.
Parce qu'on fait quoi ? On le laisse dans un coin et on ne s'en occupe pas, on ne répond pas à ses questions ? On ne lui offre aucun jeu ? On ne lui lit aucune histoire ? Parce que des jeux sur les nombres, les chiffres, les couleurs et les formes, il y en a dans tous les magasins de jouets. Des livres, idem. Il y a des ludothèques et des mediatheques dans la plupart des villes. Et avec un enfant de moins de trois ans, ce n'est vraiment pas difficile, même sans le vouloir, d'anticiper sur le programme de PS. Ma soeur est dans le même cas qu'Elaina : son fils va entrer en PS en septembre sauf que compter jusqu'à 20, reconnaître les couleurs, les formes, il sait déjà le faire. Reconnaître les lettres aussi : à la ludothèque, il va naturellement vers les lettres en bois.
De toute façon, le reportage sur l'école maternelle de Gennevilliers est très clair : laisser des enfants dans un environnement avec beaucoup de jeux, d'éléments à leur disposition et chacun avance à son rythme, soit très rapidement. L'ensignante a cette phrase, très belle : elle ne les pousse pas mais elle ne les freine pas.
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roxanne
Devin

Re: La tentation de l'école à la maison

par roxanne le Dim 15 Mar 2015 - 15:55
@Elaïna a écrit:Perso j'aurais adoré passer mon collège à la maison, échapper à cet océan de malveillance rampante, aux camarades puants et détestables dans leur majorité. Mais en même temps j'aurais détesté passer ce temps à la maison avec mes parents dont l'empathie et l'expression du sentiment n'est vraiment pas le fort. Dans l'idéal il m'aurait fallu un précepteur ou une préceptrice Smile
merci pour les liens sur l'école à la maison. J'avoue que je me fais beaucoup de souci pour mes enfants dont l'aîné va entrer à l'école l'an prochain. Pour les effectifs (ici, c'est bien 30 petits bouts par classe, nous n'avons pas la chance d'habiter dans une campagne à 15 élèves par classe), pour les contenus (ici, Loulou sait déjà reconnaître les lettres et son prénom, et compter/dénombrer jusqu'à 20, à sa demande, alors quand la maîtresse me dit que c'est LE gros enjeu de la PS, ben...).
Et je ne trouve pas non plus normal de me dire que mes enfants en apprendront vraisemblablement plus avec nous qu'avec leurs PE et plus tard leurs professeurs.
Ben désolée Elaïna, ton fils qui a le même âge que le mien est très en avance, ou alors le mien est particulièrement en retard, mais peu d'enfants de trois ans savent reconnaître leurs lettres , il me semble. Et si après un an de maternelle, il y arrive, ce sera super. Mais, ce n'est même pas un enjeu essentiel pour l'instant, pour moi. Je suis quand même étonnée de voir autant d'enseignants envisager sereinement l'école à la maison pour leurs propres enfants.
Maintenant, si c'est une question de niveau, ne vous inquiétez pas, il restera toujours des écoles privées ou même publiques qui assureront un enseignement exigeant. Vous croyez qu'à Henri IV, ils vont se préoccuper des activités? La nièce de mon homme est stagiaire agrégée dans un collège public d'une chic banlieue parisienne, les parents écrivent pour demander plus devoirs! Et lors de la réunion sur les compétences n début d'année, l'ensemble des collègues a refusé de participer. Et ont continué à faire leurs cours comme toujours.
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Elaïna
Empereur

Re: La tentation de l'école à la maison

par Elaïna le Dim 15 Mar 2015 - 15:55
@Trinity a écrit:
@Rosanette a écrit:J'ajouterai également que si un enfant s'ennuie perpétuellement à l'école, c'est souvent parce que ses parents ont de fait anticipé sur tous les programmes (pour vouloir pousser leur gosse, par peur des faiblesses de l'institution etc.). Ce qui revient à prendre le problème à l'envers.

Ou, beaucoup plus simplement et naturellement, pour répondre à la curiosité dévorante de leur Nain.

Exactement ! je ne pousse absolument pas mes enfants, c'est lui qui nous demandait en permanence "il y a écrit quoi ici", etc.
Par ailleurs il a la chance d'être dans une super crèche avec des puéricultrices vraiment top qui font énormément d'activités (c'est notamment avec elles qu'il a appris à repérer son nom, écrit sur son lit, son casier, sa caisse d'affaires, etc).

Maîkreeessse en soi je pense que oui, mon grand sera bien dans sa maternelle, qui est l'une des plus demandées de notre ville. Cette rentrée en plus il y aura vraisemblablement deux petites classes (naissances en baisse, donc la directrice n'a pour le moment que 19 inscriptions, si on ajoute les dérogations avec un peu de bol il y aura deux petites classes et non une seule grosse). Dans l'absolu je fais toute confiance aux PE.

Ce qui m'inquiète c'est plus la suite, l'indigence totale des contenus comme disent Clarianz et V Marchais. Je suis entrée en CP en ayant appris à lire seule (quasiment sans l'aide de mes parents) en maternelle. J'y ai beaucoup pleuré car interdite moi aussi de sortir mon livre (on n'avait le droit qu'à ces foutues fiches avec une histoire mal écrite et des questions débiles dessus), punie pour avoir lu à mes camarades la phrase (je ne comprenais pas pourquoi on devait relire 100 fois un truc). La seule solution a été trouvée par une vieille instit qui a pris sur elle de me prendre de temps à autres dans sa classe de CE1 pour me faire lire sur ses genoux pendant que ses élèves faisaient des exercices. Ce sont les seuls bons moments dont j'ai souvenir au CP.
J'étais totalement immature pour le reste et il était impossible de me faire sauter une classe, seule solution proposée par l'instit de l'époque à mes parents. Le problème est donc bien l'institution, inadaptée. Evidemment, je n'ai pas eu de bol avec mon instit de l'époque mais était-elle capable de gérer ?

Maintenant je vois aussi mon neveu, actuellement en 5e, qui est a commencé l'allemand en LV2 dans une classe bilingue depuis la 6e. En quatre mois il a rattrapé le niveau des autres, ma soeur le faisant bosser en parallèle avec le CNED. L'allemand lui prend la moitié de son temps de travail, pour le reste, il a 18 sans se fouler. Parce que le contenu est plus que vide et qu'un gosse un peu fûté a 18 sans rien faire au collège...

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J'ai un nouveau clavier, mes messages ont donc des points maintenant !!!
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Elaïna
Empereur

Re: La tentation de l'école à la maison

par Elaïna le Dim 15 Mar 2015 - 16:00
Roxanne je pense que le mien est en avance oui. Mais qu'il reste un petit garçon, exactement comme le tien. Il a bien sa place en petite section car ce n'est absolument pas un génie ou un précoce ou quoi que ce soit. Il est juste très curieux.
C'est juste que du point de vue des contenus je pense qu'il va s'ennuyer, parce que dans une classe à 25-30, ben, forcément, la maîtresse ne pourra pas répondre à ses demandes - comment le pourrait-elle ? Dans notre ville, un certain pourcentage d'enfants n'est pas francophone en arrivant en PS, elle aura bien d'autres chats à fouetter.

Cela étant au moins la directrice chez nous est très attentive au bien-être des enfants, elle m'a dit qu'elle veillerait à ce qu'il soit avec sa grande copine de crèche et je trouve ça gentil de sa part.
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Re: La tentation de l'école à la maison

par Invité le Dim 15 Mar 2015 - 16:03
Je suis née dans le bassin minier en train de péricliter. Mes parents étaient ouvriers, ou au chômage, selon les périodes. Alors Henri IV ou les autres établissements exigeants, quand j'ai passé mon bac à seize ans, on n'en avait jamais entendu parler et puis Paris ? Au niveau du coût ?
Pourquoi un enfant ne pourrait-il s'en sortir, quel que soit son niveau scolaire, que si ses parents sont riches ou/et au courant des études à suivre, et où les suivre ?
Oui, il y a des établissements où les parents demandent plus de devoirs. Il y en a aussi où les parents montent au créneau pour l'achat d'un livre à cinq euros ou téléphonent au CDE si leur enfant a trop de devoirs. Ça s'appelle l'égalité des chances...
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maikreeeesse
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Re: La tentation de l'école à la maison

par maikreeeesse le Dim 15 Mar 2015 - 16:03
@V.Marchais a écrit:
@Rosanette a écrit:Enfin ça, ça vaut pour la maternelle, où je pense qu'il est facile que des enfants prennent de l'avance pour peu qu'ils aient des parents profs ou qui cherchent à beaucoup les éveiller (mais où l'enjeu de socialisation est énorme, quoiqu'on en dise) -  ça l'est beaucoup moins ensuite.

Après c'est aussi un atout d'arriver à l'école avec cette avance, de consolider ses acquis et de pouvoir profiter de tous les à-côtés ludiques (chansons, activités manuelles, autant d'aspects de l'éveil que les parents n'ont pas tout le temps le courage de mener).

Je ne suis pas tout à fait d'accord, Rosannette.

Franchement, quand je vois le programme de Primaire et de collège dans la plupart des matières, je me dis qu'un gosse intelligent et qui bosse bien peu plier en 6 mois ce qui est fait en deux ans. Ça, c'est juste un constat établi à partir du parcours de mes deux fils.

Maintenant, je pense que ce n'est pas une fin en soi. C'est pas une course, l'instruction, y a pas de récompense pour celui qui arrive en premier au brevet / au bac / à tout ce qu'on voudra. Et ce n'est guère un gage d'épanouissement. Au contraire, je pense que tout est plus facile quand on est dans la norme, dans la moyenne. Mediocritas aureas. Mon fils aîné se retrouve en 4e à 12 ans, après des sauts de classe proposés avec insistance par l'école (nous avons refusé la première fois) et je trouve que ça pose au moins autant de problèmes que ça n'en résout. Il travaille toujours plus vite que les autres, donc ça ne règle rien de ce côté. Par contre, il manque de maturité pour lire certaines oeuvres (il n'a que 12 ans tout juste) et le décalage avec ses congénères est certain. Bref, je ne suis pas convaincue que ce soit un atout d'arriver à l'école avec de l'avance.

Et puis franchement, si cela permet à tous les enfants d'apprendre un contenu solide, moi, je dis très bien si on fait ça en deux ans plutôt qu'en six mois.

Le problème, c'est qu'actuellement, on est loin du compte. Les programmes sont d'une pauvreté tellement affligeante que les bons élèves s'emmerdent comme des rats morts, et nous peinons à leur donner à manger, obsédés que nous sommes par les élèves en difficultés, et terrifiés à l'idée de céder au péché l'élitisme. Mon cadet pleurait en CP parce que le maître refusait qu'il lise son propre livre pendant les leçons de lecture. Il savait déjà lire couramment et on l'obligeait à relire cent fois la même phrase indigente ("J'ai rêvé que j'étais le roi de monde", ou un truc comme ça). Il s'emmerde à refaire tous les ans le présent de l'indicatif et l'imparfait, à faire du deux à l'heure en maths. C'est comme ça que, pour répondre à SES demandes, à Noël, il a eu le fichier SLECC CM de Maths et de grammaire, qu'il a plié en quelques mois. Il veut toujours plus, et avec les nouveaux programmes de collège, il va avoir toujours moins. Plus de Thalès, plus de Pythagore, encore moins de grammaire, des textes débiles autant que patrimoniaux... Je sais qu'il va en souffrir. C'est ça, qui ne va pas.

À force de démagogie, on a fabriqué une école qui dispense de la merde en barre. Pas étonnant si certains cherchent à donner une autre nourriture à leurs enfants. C'est ça ou on va les rendre fous, fous d'inanition. Et en tant que fervent défenseur de l'école publique, sois bien assurée que je suis consternée de devoir dire ça.
V.Marchaix, je suis entièrement d'accord avec toi pour ton constat que tu exprimes très clairement.
Maintenant, je suis démunie sur ce que l'on peut faire, étant juge et parti. Je crois que l'on peut s'en sortir (enfin nos enfants) en primaire, peut-être parce que j'y travaille, mais le collège reste pour moi un cauchemar, source d'angoisse. Mon fils en 5e devrait s'en sortir car peu influençable, scientifique et il a appris les efforts et la rigueur grâce à la musique. Ma deuxième, influençable, ne pense qu'à assortir ses boucle d'oreille à son manteau ! Elle réussit pour l'instant grâce aux apports culturels de mon mari et moi mais que lui dire ? Que lui dire lorsqu'elle va rencontrer des élèves de collèges privés ou de centre ville qui ont plus d'une classe d'avance en contenu, capables d'écrire de réels textes ? Je lui mens encore ? Je lui dévoile la vérité en prenant le risque de l'angoisser ? Comme je leur dis souvent, notre seule richesse et leur seul héritage (pas de biens, pas de patrimoine) c'est ce qu'ils apprennent aujourd'hui et ce que nous leur offrons (musique, lectures, discussions...) Avant, c'était suffisant, mais maintenant ?
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Clarianz
Esprit sacré

Re: La tentation de l'école à la maison

par Clarianz le Dim 15 Mar 2015 - 16:10
C'est surtout l'uniformisation qui m'effraie, à la récré, avec ses copains, mon grand garçon ne parle pas de ses centres d'intérêts, parce qu'ils ne sont pas partagés. Heureusement qu'il aime le foot, sinon les choses seraient difficiles pour lui... Et je commence à entendre des lire c'est nul, depuis 1 mois... alors que jusqu'à présent il lisait tout seul ses livres... Suspect

A la maison on fait de la géométrie, des multiplications (il apprend les tables en ce moment), un peu de géographie, et on a commencé grammaire et conjugaison, parce qu'il pose des questions; en classe aussi (mais là on lui répond que c'est trop tôt pour se demander ce qu'est un verbe, ce que sont les marques du pluriel...) et je me vois mal le laisser sans réponse!
De même son questionnement en anatomie (je suis enceinte), je ne peux pas l'éluder, pareil à propos du système solaire (il y a une éclipse à la fin de la semaine prochaine), et il est très demandeur de musique, comme tous les enfants je suppose; il a adoré un concert de musique baroque dans une église par exemple. Il n'a rien de l'enfant à haut potentiel, il est ouvert, il est curieux, c'est tout. Et l'école ne le nourrit pas.


Dernière édition par Clarianz le Dim 15 Mar 2015 - 16:20, édité 1 fois

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V.Marchais
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Re: La tentation de l'école à la maison

par V.Marchais le Dim 15 Mar 2015 - 16:17
@roxanne a écrit:Ben désolée Elaïna, ton fils qui a le même âge que le mien est très en avance, ou alors le mien est particulièrement en retard, mais peu d'enfants de trois ans savent reconnaître leurs lettres , il me semble. Et si après un an de maternelle, il y arrive, ce sera super. Mais, ce n'est même pas un enjeu essentiel pour l'instant, pour moi.

Ce n'est pas un enjeu pour moi non plus. Le seul enjeu, c'est que le môme soit bien et pousse bien.
Mais je répète ma question. Quand il apprend tout seul, on fait quoi ? On l'empêche à tout prix ?
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Invité

Re: La tentation de l'école à la maison

par Invité le Dim 15 Mar 2015 - 16:25
@Clarianz a écrit:C'est surtout l'uniformisation qui m'effraie, à la récré, avec ses copains, mon grand garçon ne parle pas de ses centres d'intérêts, parce qu'ils ne sont pas partagés. Heureusement qu'il aime le foot, sinon les choses seraient difficiles pour lui... Et je commence à entendre des lire c'est nul, depuis 1 mois... alors que jusqu'à présent il lisait tout seul ces contes... Suspect


Voulant se faire des copines, ma fille, qui déteste les Barbie, a remarqué que les filles de sa classe chantaient "la reine des neiges" a chaque recré. Alors elle a voulu qu'on lui repasse le DVD, dont elle s'était moquée comme de l'an 40 la première fois qu'on lui avait passé. Elle a fini par mémoriser par coeur les paroles. Elle a chanté à chaque récréation, mais ça a fini par saouler les autres qui ne connaissaient que le refrain, et puis ça l'a saoulée aussi, parce que les princesses, ça va bien deux minutes mais à chaque récréation, elle préfère changer de jeu, et donc de copains.Sur un autre topic, j'ai dû supporter de lire que ma fille n'a aucun goût musical et des capacités intellectuelles déficientes parce que j'ai cité "la reine des neiges". Mais "la reine des neiges", c'est comme le foot ou les Barbie : si tu veux des amis, tu ne vas pas leur parler des livres que tu lis ou de Vivaldi. Je suis contente qu'elle ait déjà appris ça d'elle même à la maternelle. Mes collégiennes connaissent bien Miley Cyrus ou Rihanna, elles sont incollables sur les One direction, mais ce qu'on fait en cours, ça craint ! J'ai eu un élève de 2de, une année, brillant, 18 de moyenne générale, qui a fait une tentative de suicide à force de se faire traiter de "facho" par des élèves de sa classe qui croyaient que ça voulait dire "fayot".
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Clarianz
Esprit sacré

Re: La tentation de l'école à la maison

par Clarianz le Dim 15 Mar 2015 - 16:28
affraid dans mon cas, je l'avoue, l'école à la maison serait aussi une forme de protection... mais, ça, c'est le mal!

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Magic Marmotte
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Re: La tentation de l'école à la maison

par Magic Marmotte le Dim 15 Mar 2015 - 16:36
@Elaïna a écrit:Perso j'aurais adoré passer mon collège à la maison, échapper à cet océan de malveillance rampante, aux camarades puants et détestables dans leur majorité. Mais en même temps j'aurais détesté passer ce temps à la maison avec mes parents dont l'empathie et l'expression du sentiment n'est vraiment pas le fort. Dans l'idéal il m'aurait fallu un précepteur ou une préceptrice Smile
merci pour les liens sur l'école à la maison. J'avoue que je me fais beaucoup de souci pour mes enfants dont l'aîné va entrer à l'école l'an prochain. Pour les effectifs (ici, c'est bien 30 petits bouts par classe, nous n'avons pas la chance d'habiter dans une campagne à 15 élèves par classe), pour les contenus (ici, Loulou sait déjà reconnaître les lettres et son prénom, et compter/dénombrer jusqu'à 20, à sa demande, alors quand la maîtresse me dit que c'est LE gros enjeu de la PS, ben...).
Et je ne trouve pas non plus normal de me dire que mes enfants en apprendront vraisemblablement plus avec nous qu'avec leurs PE et plus tard leurs professeurs.

Je réponds uniquement à ce qui est en gras. Cette vison de l'école à la campagne a la saveur de "être et avoir" mais ne correspond pas tout à fait à la réalité. Je suis à la campagne et la réalité c'est: en maternelle, une classe unique, TPS, PS, MS, GS a 33 avec une maîtresse qui jongle sans cesse et un bruit de fond incessant parce que l'unique salle de classe est mal insonorisée & mal équipée et que, vu le budget de la mairie, ce n'est pas prêt de changer. On oublie ce qui fait le sel de la maternelle: l'apprentissage par manipulation.
Pour mon aîné, en CE1, c'est un double niveau cette année à 23 & l'année prochaine, triple niveau.
Alors l'école à la campagne ..... Ça a des bons côtés mais pas que....
Rosanette
Expert

Re: La tentation de l'école à la maison

par Rosanette le Dim 15 Mar 2015 - 16:54
@Trinity a écrit:
@Rosanette a écrit:J'ajouterai également que si un enfant s'ennuie perpétuellement à l'école, c'est souvent parce que ses parents ont de fait anticipé sur tous les programmes (pour vouloir pousser leur gosse, par peur des faiblesses de l'institution etc.). Ce qui revient à prendre le problème à l'envers.

Ou, beaucoup plus simplement et naturellement, pour répondre à la curiosité dévorante de leur Nain.

Je n'ai jamais dit qu'il ne fallait pas répondre à la curiosité des enfants et les éveiller !

Mais quand je lis des parents affirmer, y compris ici, qu'ils aimeraient que leur enfant sache lire avant le CP (un enfant ne sait pas lire à 4/5 simplement parce qu'on lui a lu des histoires !), je me dis que oui, ils cherchent à aller plus vite que la musique.

D'où le serpent qui se mord la queue par rapport au système et aux attentes d'une école qui sera fatalement décevante.

Dire que son enfant n'apprend rien de plus à l'école qu'à la maison est un problème, tout le monde s'accorde sur le diagnostic, mais je ne suis pas sûre que ce soit toujours l'école la fautive.
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maikreeeesse
Neoprof expérimenté

Re: La tentation de l'école à la maison

par maikreeeesse le Dim 15 Mar 2015 - 16:57
Pour tenter de rassurer quelques unes: il me semble que ce n'est pas un problème si un enfant chante la reine des neiges ou Tal , veut des chaussettes Spiderman ou Hello kitty SI son univers ne résume pas à cela. Nous-même aimons certaines choses peu avouables en terme de bon goût. (Non pas d'exemple en ce qui me concerne  Very Happy ) . Notre rôle de parents est bien de leur montrer la divesité des cultures et la richesse du monde, et enseignants, nous sommes encore  pas trop mauvais pour cela. Si très tôt, ils sont en confrontation avec la musique classique, jazz ou tout autres, il en reste toujours quelque chose plus tard.
Mes enfants en entrant à l'école ont appris grossieretés et autres joyeusetés. Je n'ai même pas cherché à lutter. En revanche, ils ont su adapter les registres de langues aux diverses situations et personnes. (et interdiction à la maison d'utiliser un langage de charretier).
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Elaïna
Empereur

Re: La tentation de l'école à la maison

par Elaïna le Dim 15 Mar 2015 - 17:24
@Magic Marmotte a écrit:
@Elaïna a écrit:Perso j'aurais adoré passer mon collège à la maison, échapper à cet océan de malveillance rampante, aux camarades puants et détestables dans leur majorité. Mais en même temps j'aurais détesté passer ce temps à la maison avec mes parents dont l'empathie et l'expression du sentiment n'est vraiment pas le fort. Dans l'idéal il m'aurait fallu un précepteur ou une préceptrice Smile
merci pour les liens sur l'école à la maison. J'avoue que je me fais beaucoup de souci pour mes enfants dont l'aîné va entrer à l'école l'an prochain. Pour les effectifs (ici, c'est bien 30 petits bouts par classe, nous n'avons pas la chance d'habiter dans une campagne à 15 élèves par classe),.

Je réponds uniquement à ce qui est en gras. Cette vison de l'école à la campagne a la saveur de "être et avoir" mais ne correspond pas tout à fait à la réalité. Je suis à la campagne et la réalité c'est: en maternelle, une classe unique, TPS, PS, MS, GS a 33 avec une maîtresse qui jongle sans cesse et un bruit de fond incessant parce que l'unique salle de classe est mal insonorisée & mal équipée et que, vu le budget de la mairie, ce n'est pas prêt de changer. On oublie ce qui fait le sel de la maternelle: l'apprentissage par manipulation.
Pour mon aîné, en CE1, c'est un double niveau cette année à 23 & l'année prochaine, triple niveau.
Alors l'école à la campagne ..... Ça a des bons côtés mais pas que....

Je suis d'accord avec toi, c'était juste une reprise de ce qui a été dit plus haut (à base de "toutes les écoles n'ont pas 30 élèves par classe, etc").
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Clarianz
Esprit sacré

Re: La tentation de l'école à la maison

par Clarianz le Dim 15 Mar 2015 - 17:30
Rosanette, je ne vois pas comment on peut laisser son enfant entrer au CP aujourd'hui sans l'avoir préparé à la lecture, au vue des nouvelles pratiques, c'est purement et simplement suicidaire.

Quand en plus, un enfant est demandeur, (oui, on suit la lecture avec le doigt, il questionne, il demande, il essaie d'écrire, il connait l'alphabet par imitation...) il est impossible de ne pas répondre à sa demande. Forcément en classe, quand on demande de deviner le mot en observant sa silhouette, alors que l'on sait déchiffrer, puis lire, eh bien il y a un malaise.
La curiosité pour la lecture apparaît vers 4-5 ans chez les enfants que je vois autour de moi, ça ne m'a pas semblé bizarre pour mon fils.

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Clarianz
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Re: La tentation de l'école à la maison

par Clarianz le Dim 15 Mar 2015 - 17:35
@maikreeeesse a écrit:Pour tenter de rassurer quelques unes: il me semble que ce n'est pas un problème si un enfant chante la reine des neiges ou Tal , veut des chaussettes Spiderman ou Hello kitty SI son univers ne résume pas à cela. Nous-même aimons certaines choses peu avouables en terme de bon goût. (Non pas d'exemple en ce qui me concerne  Very Happy ) . Notre rôle de parents est bien de leur montrer la divesité des cultures et la richesse du monde, et enseignants, nous sommes encore  pas trop mauvais pour cela. Si très tôt, ils sont en confrontation avec la musique classique, jazz ou tout autres, il en reste toujours quelque chose plus tard.
Mes enfants en entrant à l'école ont appris grossieretés et autres joyeusetés. Je n'ai même pas cherché à lutter. En revanche, ils ont su adapter les registres de langues aux diverses situations et personnes. (et interdiction à la maison d'utiliser un langage de charretier).




j'insiste sur le si!

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Re: La tentation de l'école à la maison

par Invité le Dim 15 Mar 2015 - 17:37
@Rosanette a écrit:

Je n'ai jamais dit qu'il ne fallait pas répondre à la curiosité des enfants et les éveiller !

Mais quand je lis des parents affirmer, y compris ici, qu'ils aimeraient que leur enfant sache lire avant le CP (un enfant ne sait pas lire à 4/5 simplement parce qu'on lui a lu des histoires !), je me dis que oui, ils cherchent à aller plus vite que la musique.

D'où le serpent qui se mord la queue par rapport au système et aux attentes d'une école qui sera fatalement décevante.

Oui et non. Ma fille a quand même voulu apprendre à lire parce que je lui lis beaucoup d'histoires, parce qu'elle a une armoire pleine de livres, parce qu'on va à la bibliothèque emprunter dix livres une fois par mois.Elle connaissait son alphabet, avait compris toute seule les associations b et a, ba, ou p et o, po. Début août 2014, je lui ai appris le reste (les nasales, les o et i font oi...). Fin août 2014, elle savait lire et je n'y ai pas passé mes journées. Au contraire, quand on nous a convoqués en octobre, la directrice nous a rappelé qu'il faut éviter les écrans, pas de télé avant 3 ans, et elle passe beaucoup de temps devant les dessins animés...Mais elle fait un peu de tout.
Mon neveu baigne dans la musique classique, ses deux parents sont musiciens. A deux ans, il reconnaît à la vue ou à l'oreille tous les instruments. Ses parents auraient voulu l'inscrire dans une école de musique à 3 ans mais c'est impossible. Serpent qui se mord la queue ? Peut-être mais un enfant à qui on lit beaucoup d'histoires va vouloir lire, pas pour aller plus vite que la musique, mais parce que les livres font partie de son environnement. Pour d'autres enfants, les livres ne sont vus et ouverts qu'à l'école mais est-ce que du coup, il ne faut rien faire à la maison ? Ou alors des activités qui n'ont rien à voir avec l'école ? Mais ça suppose de beaucoup sortir ou d'avoir un jardin.
Rosanette
Expert

Re: La tentation de l'école à la maison

par Rosanette le Dim 15 Mar 2015 - 17:41
@Clarianz a écrit:Rosanette, je ne vois pas comment on peut laisser son enfant entrer au CP aujourd'hui sans l'avoir préparé à la lecture, au vue des nouvelles pratiques, c'est purement et simplement suicidaire.


Donc il y a bien anticipation (ou crier avant d'avoir mal, sachant que tout le monde n'utilise pas les mêmes méthodes de lecture).

Pour autant, si, il y a des parents qui laissent entrer leur enfant au CP sans savoir lire (et ça peut même très bien se passer !).

Et même lorsqu'on sait bien lire, le CP peut être utile - si l'inscrit' fait lire de longs textes aux enfants les plus à l'aise, pour qu'ils développent une lecture orale parfaitement fluide - + apprentissage de vocabulaire et nouvelles découvertes de lecture.

Invité
Invité

Re: La tentation de l'école à la maison

par Invité le Dim 15 Mar 2015 - 17:48
Tout de même...
Dans la vidéo dont j'ai posté le lien, avec la maternelle de Gennevilliers, on voit un petit garçon de 3 ans apprendre à lire, de façon ludique. Il est tout souriant. A côté de lui, il y a des enfants qui font des additions compliquées, comptent jusqu'à 1000 ou font déjà preuve de capacités en gymnastique. Chaque enfant à son rythme.

Or il faudrait freiner chaque enfant, et on freine sans doute chaque enfant, parce qu'on a décrété que telle compétence doit être acquise à 6 ans ? Mais il y a des enfants qui sauront monter et descendre à la corde ou aux arbres très jeunes et d'autres qui n'y arriveront jamais, même adultes !
Rosanette
Expert

Re: La tentation de l'école à la maison

par Rosanette le Dim 15 Mar 2015 - 17:53
C'est normal que l'école publique fixe un certain cadre, le tout est de décider du degré de souplesse. Mais on ne peut pas faire une école publique à la carte.

Et on ne peut pas se plaindre du CP au prétexte qu'on a voulu apprendre à son enfant la lecture avant 6 ans ! Et encore une fois, même en sachant lire il reste des choses à apprendre ou à approfondir.

Ce n'est pas un scoop que les enfants de profs sont souvent très bien armés pour aborder les premières années du primaire ! Mais je ne comprends pourquoi certains parents transforment cette chance en motif de plainte contre l'école, qui ne donne pas assez à leur enfant.
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V.Marchais
Bon génie

Re: La tentation de l'école à la maison

par V.Marchais le Dim 15 Mar 2015 - 17:58
@Rosanette a écrit:un enfant ne sait pas lire à 4/5 simplement parce qu'on lui a lu des histoires !
Parfois si.
Ça a été mon cas, si j'en crois mes parents.
Ça a été le cas de mes deux aînés - même si, pour le premier, ça a été un brin plus compliqué que ça, mais j'abrège.
Ma petite est en PS, elle connaît seulement quelques lettres, mais elle a compris comment les associer. Elle déchiffre PA, PO, PI, SO, SA, SI, TO, TA, TI. Je crois que c'est tout, mais comme une fois qu'on a compris ça, le reste est très logique, je pense qu'elle saura lire l'an prochain. Et je n'ai rien fait pour. Elle a reconnu le O de son prénom, puis reconnu la même lettre dans ses POPI et ses POMME d'API, d'autant que le O est mis en valeur par un graphisme différent. Elle a repéré d'elle-même le P répété dans PO-Pi et PO-mme d'aPI. Elle est arrivée aux syllabes en P comme ça (je crois). Elle a déduit le reste à force de jouer avec les lettres. Je n'ai rien fait d'autre dans tout ça que lui lire ses magazines.
Et ces enfants ne sont pas exceptionnels. J'en connais plein d'autres comme ça.
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Re: La tentation de l'école à la maison

par Invité le Dim 15 Mar 2015 - 17:59
Pourtant les enfants qui ont eu la chance, bien qu'en ZEP et dans le public, d'aller dans la classe de mateenelle expérimentale de Gennevilliers ont bénéficié pendant un an d'un enseignement à la carte. Je ne sais pas si l'enseignante y a passé énormément d'heures, plus qu'un enseignant suivant le programme, mais l'expérience aurait mérité d'être élargie.

L'école semble conçue pour ceux qui n'apprennent rien chez eux. Si les parents s'en occupent, même un peu, ça fait double dose ou anticipation.
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Re: La tentation de l'école à la maison

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