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GD
Niveau 10

Re: dyslexie : témoignage d'un orthophoniste

par GD le Jeu 18 Oct 2012 - 18:58
Beaucoup d'incompréhension sur le sujet entre parents, enfants, orthophonistes, enseignants et médecins scolaires .

Quelques exemples :
-Quand on nous demande de faire des efforts pour adapter et aménager le travail en classe pendant quatre ans au collège alors qu'au brevet parmi les élèves bénéficiant d'un PAI, seule une minorité utilise ce tiers temps .
Même chose en classe, maintenant je demande aux élèves ( tous, "dys" ou pas) d'écrire sur la copie l'heure à laquelle ils disent avoir fini leur contrôle.

- Quand on nous demande de supprimer un exercice . Si je supprime un exercice facile, l'élève sera un peu pénalisé. Si je supprime un exercice plus difficile, il ne s'exercera pas à cette épreuve et sera pénalisé plus tard dans sa scolarité. Dans les deux cas, je suis gêné. Je préfère lui laisser faire le même contrôle que les autres et être très compréhensif dans la notation (de toute façon, "dys" ou pas "dys" je ne n'enlève qu'un point ou deux maximum pour l'orthographe).

Après une question pour la présentation des consignes.
Est- ce utile de faire ressortir les mots importants et de quelle manière ( en gras, en plus gros, souligné, surligné , avec une autre police ...) ?
CamilleV
Niveau 3

Re: dyslexie : témoignage d'un orthophoniste

par CamilleV le Jeu 18 Oct 2012 - 19:18
Il me semble que l'écriture en gras et en italique est compliquée à lire pour les dyslexiques.
En cours on nous dit d'utiliser des polices telles que : Verdana, Arial... et les autres déjà citées. Vous pourriez essayer d'augmenter la taille des mots importants de l'énoncer.
Mais je pense que le mieux c'est d'aller s'installer deux minutes avec l'élève en question, et de s'assurer qu'il a bien compris la consigne.
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GD
Niveau 10

Re: dyslexie : témoignage d'un orthophoniste

par GD le Jeu 18 Oct 2012 - 19:26
@CamilleV a écrit:Il me semble que l'écriture en gras et en italique est compliquée à lire pour les dyslexiques.
En cours on nous dit d'utiliser des polices telles que : Verdana, Arial... et les autres déjà citées. Vous pourriez essayer d'augmenter la taille des mots importants de l'énoncer.
Mais je pense que le mieux c'est d'aller s'installer deux minutes avec l'élève en question, et de s'assurer qu'il a bien compris la consigne.

J'utilise déjà comic sans ms mais je me posais la question pour le gras ou l'italique. Je prends note pour l'augmentation de la taille.
Je ne peux m'installer deux minutes à côté de tout mes "dys" ( sans compter ceux qui ont de grosses difficultés sans être reconnu "dys"). Je lis les consignes pour tout le monde et leur demande s'ils ont des questions ( en fixant un peu du regard les élèves ayant des difficultés) .
CamilleV
Niveau 3

Re: dyslexie : témoignage d'un orthophoniste

par CamilleV le Jeu 18 Oct 2012 - 19:40
Si vous lisez les consignes à l'oral, alors c'est déjà très bien ! Very Happy
Très souvent le soucis vient dans le décodage ET des mots, ET du sens.
Essayez quand même, si vous voyez que l'enfant dys est trop discret (s'il a honte de son handicap par exemple) pour poser une question, de prendre un moment n'importe quand pour le rassurer sur votre qualité à répondre à ses interrogations.

Ah et dernière chose : des mots simples pour les enfants dys surtout. Sachant que certains sont obligés d'apprendre par coeur les mots lors de leur rééducation, le mieux est de s'assurer qu'ils connaissent tous les mots de la consigne (si ce sont des mots compliqués mais vus en cours, là c'est autre chose bien sûr !)

(j'ai un peu l'impression de vous dictez votre façon de faire cours, mais ce n'est pas du tout mon intention Wink Comme tout conseil, chacun en fait ce qu'il veut !)
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adelaideaugusta
Fidèle du forum

Re: dyslexie : témoignage d'un orthophoniste

par adelaideaugusta le Jeu 18 Oct 2012 - 21:37
@loukoumintergalactique a écrit:D'ailleurs, loin de moi l'idée de critiquer une consoeur, mais je n'avais jamais entendu parler de Colette Ozilou avant de lire ce forum... pourtant, mon "panthéon" des orthophonistes connus commence à être bien fourni !

Pour la bonne raison que le célèbre livre de Colette Ouzilou, ("La dyslexie, une vraie-fausse épidémie", réédité en 2010, et remarquablement analysé par Celeborn sur son blog ) élève de la très célèbre madame Borel-Maisonny, est strictement interdit dans les IUFM, car très dérangeant pour le formatage euh, je veux dire la formation des futurs instituteurs.
En effet, il est en total désaccord avec l'idéologie dominante dans les ex-IUFM : à savoir, la mixte avant toutes choses. (Et même, de plus en plus, tendance Charmeux-Foucambert.) Avec la sempiternelle opposition déchiffrage-sens.

Je vous recommande vivement la lecture de ce livre, ainsi que celui de Liliane Lurçat : "La destruction de l'enseignement élémentaire et ses penseurs."
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adelaideaugusta
Fidèle du forum

Re: dyslexie : témoignage d'un orthophoniste

par adelaideaugusta le Jeu 18 Oct 2012 - 21:57
@Celeborn a écrit:
Je maintiens à ce sujet que si l'on considère (ce que je dis également depuis le début) que la dyslexie est un problème d'ordre cérébral, le professionnel qui peut poser un diagnostic n'est certes pas le médecin du coin, mais pas non plus l'orthophoniste : c'est le neuropédiatre.

Je m'interroge sur la valeur du diagnostic de certains neuropédiatres.

J'ai lu ceci : (c'est long)
http://www.tout-prevoir.gpm.fr/detail-article-formation.php?CSPPARTC_action=article&CSPPARTC_articleUID=10973&Aname=Les_troubles_des_apprentissages_scolaires

Les chiffres indiqués par les évaluations nationales, pour commencer, sont archi-faux (datant d'au moins quinze ans !) Cela donne déjà une certaine suspicion quant à ce qui suit !


Dernière édition par LadyC le Jeu 18 Oct 2012 - 22:08, édité 1 fois (Raison : balises de citation)
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adelaideaugusta
Fidèle du forum

Re: dyslexie : témoignage d'un orthophoniste

par adelaideaugusta le Ven 19 Oct 2012 - 12:56
@CamilleV a écrit:Je suis ce forum depuis un moment. Après avoir fait quelques vacations, j'ai décidé de me réorienter et je suis aujourd'hui étudiante en orthophonie. Je n'osais pas trop poster car même si j'ai fait partie de l'EN, je ne suis pas sûre d'y retourner un jour. Ce post me pousse à fournir quelques précisions pour ceux qui se sentent concernés.
J'ai également été choquée, plusieurs fois, par ce que je lis.

Il me semble regrettable que les personnes qui parlent de dyslexie ne sachent pas toujours qu'il s'agit d'un trouble au niveau cérébral. En effet, dans notre cerveau, nous avons des zones qui ont différentes fonctions : zone du langage écrit, de la reconnaissance des chiffres, zone où l'on stock les mots irréguliers appris par coeur, etc.
Donc, parler d'un dyslexique en demandant combien de temps dure sa rééducation, c'est malheureusement un abus de langage (mais c'était une question, je l'ai bien compris). Un enfant atteint d'un trouble dys deviendra un adulte avec un trouble dys.

Je ne nie pas que certain-es orthophonistes, dans des régions saturées (surtout), fassent du soutient scolaire plutôt que de la rééducation. Mais ne mélangeons pas tout.

Que va-t-il se passer si vous vous dites que "de toute façon, sur les 5 soi-disant dys, un seul, voire aucun, ne l'est réellement" ? Quelles sont vos compétences pour aller vérifier si oui ou non le handicap est bien réel ?
L'enfant peut en jouer, c'est é-vi-dent. Mais quel enfant, quel humain, n'essaye pas de tirer parti de certaines situations ? L'enfant dyslexique est, la plupart du temps, en grande souffrance : handicap mal compris par les enseignants, qui discriminent par des notes qui ne sont pas adaptées (ce n'est pas une critique, mais un constat), souvent mal compris par ses parents qui, comme vous le dites, collent une étiquette, demandent des aménagements, mais finalement ne savent pas grand chose du trouble. Dans la majorité des cas, le jeune enfant diagnostiqué comprend qu'il est différent, qu'il "voit" différemment, mais, même après explication, ne comprend pas. C'est en effet très complexe pour lui.

Refuser de considérer son handicap (ou possible handicap, mais un enfant qui n'y arrive pas, peu importe la raison, est en souffrance), c'est finalement prendre le risque de l'isoler.

J'ai également lu, je ne sais plus dans quel topic, que les troubles dys n'empêchaient pas de se comporter correctement. Certes. Mais quelle échappatoire pour l'enfant qui se sent incompris pour quelque chose qu'il ne comprend lui-même pas ?

Egalement, dans un autre topic, j'ai lu qu'un de vous ne pénalisait pas ses élèves dys en histoire géo. C'est tout à fait honorable. Aller dire à cet enseignant (ce qui a été fait) que le français est une discipline transversale et que, par conséquent, l'évaluation de cette compétence doit être systématique, c'est l'inciter à frustrer ses élèves.
Comment vous sentiriez-vous si, après avoir parfaitement appris votre leçon d'histoire, vous étiez pénalisé de quelques points car votre copie, à cause d'un problème qui vient d'un dysfonctionnement de votre cerveau, comporte des fautes.

Et enfin, je ne sais plus si l'orthophoniste diplômé a déjà donné cette précision mais SI, l'orthographe a un rapport avec la dyslexie. Ce qu'il voulait dire, je pense, c'est qu'on ne peut évaluer la dyslexie avec cet unique critère car c'est un autre trouble : la dysorthographie.
Mais, tous les dyscalculiques sont dysorthographiques.

Pour conclure, CERTES la méthode globale est à proscrire (là où j'étudie, elle ne l'est toujours pas...) mais elle n'est pas responsable de la dyslexie.

Pour ceux qui veulent approfondir le sujet sans se lancer dans des choses trop techniques je vous conseille le C'est pas sorcier sur le thème :

https://www.dailymotion.com/video/xrqams_les-troubles-dys-c-est-pas-sorcier-24-06-2012_tech


PS pour les modos : Si mon bref passage à l'EN ne me donne pas le droit de rester sur ce forum, j'aimerais que me soit laissée la possibilité de répondre aux diverses argumentations qui vont suivre Very Happy

CamilleV, il ne faut pas se leurrer : après vos longues études d'orthophonie, votre métier consistera, pour 99 % de vos patients, à leur réapprendre à lire. Surtout que, d'ici à la fin de vos études, le phénomène de dyslexie (plutôt fausse que vrai) ne fera que croître et embellir, si j'en crois les messages effarants que l'on peut lire sur différents fils de ce forum.



Pour information : http://www.sauv.net/teler0111.php
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bluebizine
Niveau 1

Re: dyslexie : témoignage d'un orthophoniste

par bluebizine le Dim 21 Oct 2012 - 14:43
@Celeborn a écrit:
@loukoumintergalactique a écrit:Certes, le diagnostique de dyslexie se fait suite à un bilan de language mais c'est à l'orthophoniste de diagnostiquer si l'enfant est dyslexique ou non.

La dyslexie est une maladie.

L'orthophoniste n'est pas un médecin.

Je ne vois donc pas comment l'orthophoniste pourrait diagnostiquer une maladie. Que ta femme soit orthophoniste n'y change rien : tout le monde peut se tromper.

Rendons à chacun sa place et son boulot, comme tu dis.
la dyslexie n'est pas une maladie, on naît dyslexique, on vit dyslexique et on meurt dyslexique. Bref, c'est neurologique, pas une maladie. Et oui, ce sont bien les orthophonistes qui peuvent poser la dyslexie, car ils sont formés pour, comme pour une dysphasique c'est un neurologue
User5899
Dieu de l'Olympe

Re: dyslexie : témoignage d'un orthophoniste

par User5899 le Dim 21 Oct 2012 - 16:34
@bluebizine a écrit:la dyslexie n'est pas une maladie, on naît dyslexique, on vit dyslexique et on meurt dyslexique. Bref, c'est neurologique, pas une maladie.
Vous avez une façon de raisonner qui, je dois le reconnaître, est mille fois plus surréaliste que celle des élèves de STMG les plus fantaisistes :shock: :shock:
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adelaideaugusta
Fidèle du forum

Re: dyslexie : témoignage d'un orthophoniste

par adelaideaugusta le Dim 21 Oct 2012 - 18:49
Cripure a écrit:
@bluebizine a écrit:la dyslexie n'est pas une maladie, on naît dyslexique, on vit dyslexique et on meurt dyslexique. Bref, c'est neurologique, pas une maladie.
Vous avez une façon de raisonner qui, je dois le reconnaître, est mille fois plus surréaliste que celle des élèves de STMG les plus fantaisistes :shock: :shock:

Vive la dyslexie. !!

(Tiré d'un livre d'un psychologue, spécialiste du diagnostic de dyslexie, Yves Wendels, "Les mots en désordre").



"Dyslexiques et célèbres.

Aspects positifs de la dyslexie. (Liste constituée grâce aux noms relevés dans les livres et les articles traitant de la dyslexie, notamment aux publications des Associations de Parents d’Enfants Dyslexiques ainsi qu’au palmarès très riche publié sur le site Internet du « Centre canadien de la dyslexie. »)
(Dans cette liste, Einstein, Agatha Christie, Georges Washington, Léonard de Vinci, Churchill, Darwin, Turner, Dustin Hoffmann, John et Robert Kennedy, Galilée, Louis Pasteur, Beethoven, Gustave Flaubert, Edgar Poe, Jules Verne, etc.)
Quelques remarques : il y a sans doute sur cette liste des personnes qui n’ont jamais été dyslexiques, d’autres qui l’ont été sans le savoir.

Il y a une question qu’on ne pose pratiquement jamais tant elle paraît incongrue et qu’on pourrait formuler ainsi :
« Avez-vous le sentiment que si vous avez réussi, c’est aussi (un peu, beaucoup…) grâce à la dyslexie ? »

[…] Léonard de Vinci, régulièrement en tête de tous les palmarès, me paraissait être une valeur sûre.Il est pourtant bien difficile de dire si la dyslexie a eu une part, même petite, dans son immense talent.
[…] Auguste Rodin, sculpteur de génie, est peut-être annexé, lui aussi, un peu vite au club des dyslexiques célèbres.
Mais comme disent les spécialistes, il a révélé des dons tellement exceptionnels dans le domaine visuospatial, que cela pourrait bien s’accommoder d’un soupçon de dyslexie ! "

Ce texte me fait toujours rire (un peu jaune, quand même), tant je le trouve hum, un peu outré.
Moi qui croyais que le diagnostic est difficile à établir !

ps : je me souviens d'u neuro-pédiatre , Jean Métellus, qui était interrogé par un journaliste.
Jean Métellus parlait des neurones en surnombre trouvés dans les IRMf chez les enfants dyslexiques, qui forment à la surface du cerveau de petites excroissances appelées "ectopies".
Le journaliste lui disait : " en somme, il suffirait qu'un neurochirurgien fasse l'ablation de ces ectopies pour guérir un dyslexique de sa maladie.
- Oh, non, et si c'était un petit Léonard de Vinci ?"

Je me suis toujours demandé si ces ectopies n'étaient pas la cause, mais la conséquence de ces dyslexies, dont on n'arrive pas vraiment à savoir si elles sont vraies ou fausses.
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Nasopi
Bon génie

Re: dyslexie : témoignage d'un orthophoniste

par Nasopi le Dim 21 Oct 2012 - 19:37
Ce qui est rigolo, c'est que dans d'autres bouquins on retrouve exactement la même liste de gens, non plus sous l'étiquette "dyslexiques" mais sous celle "d'autistes" : les pauvres, ils en cumulaient, des handicaps. Laughing

_________________
"Donne-moi la sérénité nécessaire pour accepter telles qu’elles sont les choses qu’on ne peut pas changer, donne-moi le courage de changer celles qui doivent l’être ; donne-moi la sagesse qui permet de discerner les unes et les autres." (Marc-Aurèle)
Infirmière des Cancres
Niveau 1

différence entre une exigence et un aménagement

par Infirmière des Cancres le Dim 21 Oct 2012 - 21:08
@jilucorg a écrit:
@Loreleii a écrit:Je voudrais vraiment savoir si l'on doit se plier aux exigences de ces bilans ou seulement à celles venant d'un PAI ???
Seuls les aménagements décidés par le médecin scolaire, dans le cadre des dispositions réglementaires, peuvent être imposés aux enseignants.

"plier" "exigences" "imposés"...

Permettre à un étudiant dyslexique d'utiliser son ordinateur en classe pour prendre note n'est pas une exigence, c'est un aménagement, parce que la dyslexie est un handicap. Exiger qu'un élève dyslexique prenne note avec une feuille et un stylo, " parce qu'il doit faire comme les autres" témoigne d'un comportement discriminatoire et hors la loi.

Vous comprenez la différence? Peu importe que l'aménagement soit demandé, noté, exigé, imposé, ou proposé, et peu importe la qualité du demandeur, la loi est la loi : refuser un aménagement à une personne porteuse d'un handicap est discriminatoire, et la discrimination, dans nos sociétés occidentales au 21ème siècle est punie par la loi.
Infirmière des Cancres
Niveau 1

"On" est un pronom menteur.

par Infirmière des Cancres le Dim 21 Oct 2012 - 21:14
@Nasopi a écrit:Je me suis toujours demandé si ces ectopies n'étaient pas la cause, mais la conséquence de ces dyslexies, dont on n'arrive pas vraiment à savoir si elles sont vraies ou fausses.

La dyslexie est un handicap invisible. La dyslexie se voit à l'IRM, contrairement à l'ignorance.

http://www.cbai.be/revuearticle/1054/#.UFOeYSjIWnM.facebook
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doublecasquette
Prophète

Re: dyslexie : témoignage d'un orthophoniste

par doublecasquette le Dim 21 Oct 2012 - 21:17
@Infirmière des Cancres a écrit:
@jilucorg a écrit:
@Loreleii a écrit:Je voudrais vraiment savoir si l'on doit se plier aux exigences de ces bilans ou seulement à celles venant d'un PAI ???
Seuls les aménagements décidés par le médecin scolaire, dans le cadre des dispositions réglementaires, peuvent être imposés aux enseignants.

"plier" "exigences" "imposés"...

Permettre à un étudiant dyslexique d'utiliser son ordinateur en classe pour prendre note n'est pas une exigence, c'est un aménagement, parce que la dyslexie est un handicap. Exiger qu'un élève dyslexique prenne note avec une feuille et un stylo, " parce qu'il doit faire comme les autres" témoigne d'un comportement discriminatoire et hors la loi.

Vous comprenez la différence? Peu importe que l'aménagement soit demandé, noté, exigé, imposé, ou proposé, et peu importe la qualité du demandeur, la loi est la loi : refuser un aménagement à une personne porteuse d'un handicap est discriminatoire, et la discrimination, dans nos sociétés occidentales au 21ème siècle est punie par la loi.

Bah dites donc, vous savez parler aux gens, vous ! Bienvenue, ça fait plaisir d'accueillir de nouvelles personnes prêtes à dialoguer dans le calme et la bonne humeur avec les mal comprenants que nous sommes ! veneration veneration veneration

_________________
Pardon pour vous, pardon pour eux, pour le silence
Et les mots inconsidérés,
Pour les phrases venant de lèvres inconnues
Qui vous touchent de loin comme balles perdues,
Et pardon pour les fronts qui semblent oublieux.



Papote aussi par là : http://salledesmaitres.forumactif.org/
et là : http://www.slecc.fr/forum_0910/index.php

Et puis par là : http://doublecasquette3.eklablog.com/
InviteeF
Grand Maître

Re: dyslexie : témoignage d'un orthophoniste

par InviteeF le Dim 21 Oct 2012 - 21:19
Bonsoir Donneuse de LeçonsInfirmière des Cancres,

as-tu pensé à te présenter comme le veut le forum avant d'attaquer, accuser, prendre à parti, etc ?

Je comprends aisément que certains messages ici puissent te révolter. Néanmoins, pour connaître un peu les Neoprofs qui s'expriment ici, la quasi-totalité sont des profs aimant leur métier, investis, se préoccupant sincèrement de la réussite et du bien-être de leurs élèves, mais parfois dépassés par les contradictions aberrantes entre les exigences de certains et la réalité des moyens accordés... C'est à prendre en compte, tu ne crois pas ?

Sinon, bienvenue malgré tout !
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John
Médiateur

Re: dyslexie : témoignage d'un orthophoniste

par John le Dim 21 Oct 2012 - 21:19
refuser un aménagement à une personne porteuse d'un handicap est discriminatoire, et la discrimination, dans nos sociétés occidentales au 21ème siècle est punie par la loi.
La discrimination est un délit. Accuser qq'un de discrimination sans preuve est donc une diffamation : ne vous égarez pas.

La dyslexie est un handicap invisible. La dyslexie se voit à l'IRM, contrairement à l'ignorance.
L'ignorance a cela de commun avec l'impolitesse.

Bref, Infirmière des Cancres, merci d'exposer vos arguments de manière plus posée, sinon on ne s'en sortira pas.

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"Celui qui ne participe pas à la lutte participe à la défaite" (Brecht)
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John
Médiateur

Re: dyslexie : témoignage d'un orthophoniste

par John le Dim 21 Oct 2012 - 21:21
Je comprends aisément que certains messages ici puissent te révolter.
Je le comprends aussi.
Mais on peut s'exprimer calmement quand même.

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MelanieSLB
Doyen

Re: dyslexie : témoignage d'un orthophoniste

par MelanieSLB le Dim 21 Oct 2012 - 21:21
@Infirmière des Cancres a écrit:
@jilucorg a écrit:
@Loreleii a écrit:Je voudrais vraiment savoir si l'on doit se plier aux exigences de ces bilans ou seulement à celles venant d'un PAI ???
Seuls les aménagements décidés par le médecin scolaire, dans le cadre des dispositions réglementaires, peuvent être imposés aux enseignants.

"plier" "exigences" "imposés"...

Permettre à un étudiant dyslexique d'utiliser son ordinateur en classe pour prendre note n'est pas une exigence, c'est un aménagement, parce que la dyslexie est un handicap. Exiger qu'un élève dyslexique prenne note avec une feuille et un stylo, " parce qu'il doit faire comme les autres" témoigne d'un comportement discriminatoire et hors la loi.

Vous comprenez la différence? Peu importe que l'aménagement soit demandé, noté, exigé, imposé, ou proposé, et peu importe la qualité du demandeur, la loi est la loi : refuser un aménagement à une personne porteuse d'un handicap est discriminatoire, et la discrimination, dans nos sociétés occidentales au 21ème siècle est punie par la loi.

Et la question est bien celle-là: quel papier prouve qu'il y a handicap? Un vague CM du médecin généraliste, un bilan d'orthophoniste, les demandes et dires des parents, un PAI/PPS? Pour moi, c'est seulement ce dernier papier, et je n'ai jamais encore vu un prof refuser les aménagements dessus, sauf demande manifestement déraisonnable (ex: que l'enseignant note tous les cours à la place de l'élève, alors qu'on lui offre tuteur+accès ilimité à la photocopieuse).

_________________
La réforme du collège en clair : www.reformeducollege.fr .

Et pour ceux qui voudraient en comprendre quelques fondements idéologiques:
De l’école, Jean-Claude Milner, visionnaire en 1984 (ça ne s'invente pas!) de ce qui nous arrive: "On ne dira pas que les enseignants sont l'appendice inutile d'une institution dangereuse et presque criminelle; on dira seulement qu'ils doivent devenir Autres: animateurs, éducateurs, grands frères, nourrices, etc. La liste est variable. Que, par là, les enseignants cessent d’être ce qu'ils doivent être, c'est encore une fois sortir de la question. On ne dira pas que les enseignants n'ont pas à exister, mais qu'ils ont à exister Autrement. Que cette Autre existence consiste à renoncer à soi-même pour disparaître dans la nuit éducative et s'y frotter, tous corps et tous esprits confondus, avec les partenaires de l'acte éducatif - manutentionnaires, parents, élèves, etc. -, seul un méchant pourrait en prendre ombrage." (page 24)
Infirmière des Cancres
Niveau 1

C'est grâce à la biodiversité au sein d'une même espèce que cette espèce peut s'adapter aux changements et ne pas s'éteindre.

par Infirmière des Cancres le Dim 21 Oct 2012 - 21:23
Cripure a écrit:
@bluebizine a écrit:la dyslexie n'est pas une maladie, on naît dyslexique, on vit dyslexique et on meurt dyslexique. Bref, c'est neurologique, pas une maladie.
Vous avez une façon de raisonner qui, je dois le reconnaître, est mille fois plus surréaliste que celle des élèves de STMG les plus fantaisistes :shock: :shock:


Etre gaucher n'est pas une maladie. On naît gaucher, on vit gaucher et on meurt gaucher. Au Moyen âge, on les brûlait. Il y a un demi siècle, on les "diagnostiquait" et on les "rééduquait".

Pourvu qu'il ne faille pas attendre un demi siècle encore pour pouvoir naître dyslexique, vivre dyslexique et mourir dyslexique, sans "diagnostic", sans "rééducation", être dys, tout simplement, comme on peut naître gaucher aujourd'hui et ne jamais être emmerdé par cette différence.

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MelanieSLB
Doyen

Re: dyslexie : témoignage d'un orthophoniste

par MelanieSLB le Dim 21 Oct 2012 - 21:25
Et on peut aussi naître, vivre et mourir séropositif. Bizarrement, je me suis laissé dire que c'était bien une maladie.
Conclusion: argument fallacieux

_________________
La réforme du collège en clair : www.reformeducollege.fr .

Et pour ceux qui voudraient en comprendre quelques fondements idéologiques:
De l’école, Jean-Claude Milner, visionnaire en 1984 (ça ne s'invente pas!) de ce qui nous arrive: "On ne dira pas que les enseignants sont l'appendice inutile d'une institution dangereuse et presque criminelle; on dira seulement qu'ils doivent devenir Autres: animateurs, éducateurs, grands frères, nourrices, etc. La liste est variable. Que, par là, les enseignants cessent d’être ce qu'ils doivent être, c'est encore une fois sortir de la question. On ne dira pas que les enseignants n'ont pas à exister, mais qu'ils ont à exister Autrement. Que cette Autre existence consiste à renoncer à soi-même pour disparaître dans la nuit éducative et s'y frotter, tous corps et tous esprits confondus, avec les partenaires de l'acte éducatif - manutentionnaires, parents, élèves, etc. -, seul un méchant pourrait en prendre ombrage." (page 24)
InviteeF
Grand Maître

Re: dyslexie : témoignage d'un orthophoniste

par InviteeF le Dim 21 Oct 2012 - 21:28
Donneuse de Leçons a écrit:
Etre gaucher n'est pas une maladie. On naît gaucher, on vit gaucher et on meurt gaucher. Au Moyen âge, on les brûlait. Il y a un demi siècle, on les "diagnostiquait" et on les "rééduquait".

Pourvu qu'il ne faille pas attendre un demi siècle encore pour pouvoir naître dyslexique, vivre dyslexique et mourir dyslexique, sans "diagnostic", sans "rééducation", être dys, tout simplement, comme on peut naître gaucher aujourd'hui et ne jamais être emmerdé par cette différence.

Je suis gauchère et extrêmement choquée par le parallèle.
Raisonnement poussé à l'absurde, non ?

Le fait qu'un élève écrive de la main gauche n'impose EN RIEN au professeur de changer sa façon de faire cours, ou d'évaluer différemment. Ce qui n'est pas le cas avec les élèves dyslexiques/ dyspraxiques que nous devons prendre en charge autrement sans en avoir forcément les moyens... C'est un VRAI problème. Ce n'est pas être réfractaire que de dire qu'il y a un souci là-dessus.
Et c'est être rationnel que de refuser de tomber dans l'excès : prendre soi-même en note pour l'élève, etc...
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Duplay
Expert spécialisé

Re: dyslexie : témoignage d'un orthophoniste

par Duplay le Dim 21 Oct 2012 - 21:28
@Infirmière des Cancres a écrit:
Etre gaucher n'est pas une maladie. On naît gaucher, on vit gaucher et on meurt gaucher. Au Moyen âge, on les brûlait. Il y a un demi siècle, on les "diagnostiquait" et on les "rééduquait".

Pourvu qu'il ne faille pas attendre un demi siècle encore pour pouvoir naître dyslexique, vivre dyslexique et mourir dyslexique, sans "diagnostic", sans "rééducation", être dys, tout simplement, comme on peut naître gaucher aujourd'hui et ne jamais être emmerdé par cette différence.

Suspect
Ah bon, parce que la loi préconise des aménagements pour les élèves gauchers ?
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Provence
Enchanteur

Re: dyslexie : témoignage d'un orthophoniste

par Provence le Dim 21 Oct 2012 - 21:30
Qui es-tu, infirmière? heu
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Duplay
Expert spécialisé

Re: dyslexie : témoignage d'un orthophoniste

par Duplay le Dim 21 Oct 2012 - 21:32
Spoiler:
Une créature des fjords ? heu
Infirmière des Cancres
Niveau 1

Re: dyslexie : témoignage d'un orthophoniste

par Infirmière des Cancres le Dim 21 Oct 2012 - 21:32
Ce n'est pas la personne qui porte un handicap qui doit prouver le handicap. C'est la personne ou l'institution qui doit prouver qu'elle a bien aménagé l'environnement de la personne handicapée. ça c'est la loi.

En pratique, un étudiant qui porte des lunettes n'a pas besoin de fournir un document médical expliquant la raison pour laquelle il porte des lunettes. Il y est automatiquement autorisé, par tout le monde. Et s'il les casse, il est évident que le professeur veillera naturellement à le mettre plus près, ou à demander à un copain de photocopier ses notes etc pour ne pas que le fait d'avoir été sans ses lunettes un moment ne le mette en difficulté.

Parce qu'on est naturellement bienveillant avec une personne qui porte un handicap.

Parce qu'aucun prof ne laisserait un étudiant dans son fauteuil roulant devant les marches de l'escalier, sous prétexte qu'il n'a pas un diagnostic précis qui explique pourquoi il ne peut pas monter les marches aussi bien et vite que les autres étudiants.

La dyslexie est un handicap invisible. Ce n'est pas le handicap qui fait souffrir les élèves et les étudiants. C'est le déni de ce handicap.
Infirmière des Cancres
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Re: dyslexie : témoignage d'un orthophoniste

par Infirmière des Cancres le Dim 21 Oct 2012 - 21:34
Un infirmière prend soin des gens.
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Re: dyslexie : témoignage d'un orthophoniste

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