recherche beaux textes de dictée...

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recherche beaux textes de dictée...

Message par Fine le Lun 9 Fév 2009 - 19:19

En AI en seconde, je fais du soutien en orthographe et les élèves m'ont réclamé (si,si!!)des dictées.L'ennui est que je ne trouve pas des textes intéressants (au niveau du sens car j'aimerai soit qu'ils les fassent réfléchir soit qu'ils soient amusants)et pas trop faciles non plus (niveau seconde).J'ai pensé aussi à trouver de belles paroles de chansons qu'ils connaitraient...Bref, des dictées pour une heure qui doit être agréable et remotivante!
Avez-vous des idées ou des textes à m'envoyer ou suggérer??
Merci beaucoup!

Fine
Niveau 6


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Re: recherche beaux textes de dictée...

Message par retraitée le Ven 13 Fév 2009 - 18:10

@Fine a écrit:En AI en seconde, je fais du soutien en orthographe et les élèves m'ont réclamé (si,si!!)des dictées.L'ennui est que je ne trouve pas des textes intéressants (au niveau du sens car j'aimerai soit qu'ils les fassent réfléchir soit qu'ils soient amusants)et pas trop faciles non plus (niveau seconde).J'ai pensé aussi à trouver de belles paroles de chansons qu'ils connaitraient...Bref, des dictées pour une heure qui doit être agréable et remotivante!
Avez-vous des idées ou des textes à m'envoyer ou suggérer??
Merci beaucoup!
Va piocher chez les grands auteurs, Hugo, Zola, Flaubert, Maupassant. Je te copie ce passage d'Une Vie, pour ses participes passés.
Jeanne, ruinée, va quitter le château des Peuples pour une petite maison.

"Puis, en rôdant par tous les coins de cette demeure qu'elle allait abandonner, elle monta, un jour, dans le grenier.
Elle demeura saisie d'étonnement ; c'était un fouillis d'objets de toute nature, les uns brisés, les autres salis seulement, les autres montés là on ne sait pourquoi, parce qu'ils ne plaisaient plus, parce qu'ils avaient été remplacés. Elle apercevait mille bibelots connus jadis, et disparus tout à coup sans qu'elle y eût songé, des riens qu'elle avait maniés, ces vieux petits objets insignifiants qui avaient traîné quinze ans à côté d'elle, qu'elle avait vus chaque jour sans les remarquer, et qui, tout à coup, retrouvés là, dans ce grenier, à côté d'autres plus anciens dont elle se rappelait parfaitement les places aux premiers temps de son arrivée, prenaient une importance soudaine de témoins oubliés, d'amis retrouvés. Ils lui faisaient l'effet de ces gens qu'on a fréquentés longtemps sans qu'ils se soient jamais révélés et qui soudain, un soir, à propos de rien, se mettent à bavarder sans fin, à raconter toute leur âme qu'on ne soupçonnait pas.

Elle allait de l'un à l'autre avec des secousses au coeur, se disant : " Tiens, c'est moi qui ai fêlé cette tasse de Chine, un soir, quelques jours avant mon mariage. -- Ah ! voici la petite lanterne de mère et la canne que petit père a cassée en voulant ouvrir la barrière dont le bois était gonflé par la pluie. "

Il y avait aussi là-dedans beaucoup de choses qu'elle ne connaissait pas, qui ne lui rappelaient rien, venues de ses grands-parents, ou de ses arrière-grands-parents, de ces choses poudreuses qui ont l'air exilées dans un temps qui n'est plus le leur, et qui semblent tristes de leur abandon, dont personne ne sait l'histoire, les aventures, personne n'ayant vu ceux qui les ont choisies, achetées, possédées, aimées, personne n'ayant connu les mains qui les maniaient familièrement et les yeux qui les regardaient avec plaisir. "

Un extrait de Flaubert "la Légende de saint Julien"

La nuit allait venir ; et derrière le bois, dans les intervalles des
branches, le ciel était rouge comme une nappe de sang.
Julien s'adossa contre un arbre. Il contemplait d'un oeil béant l'énormité
du massacre, ne comprenant pas comment il avait pu le faire.
De l'autre côté du vallon, sur le bord de la forêt, il aperçut un cerf, une
biche et son faon.
Le cerf, qui était noir et monstrueux de taille, portait seize andouillers
avec une barbe blanche. La biche, blonde comme les feuilles mortes,
broutait le gazon; et le faon tacheté, sans l'interrompre dans sa marche,
lui tétait la mamelle.
L'arbalète encore une fois ronfla. Le faon, tout de suite, fut tué. Alors sa
mère, en regardant le ciel, brama d'une voix profonde, déchirante,
humaine.
Julien exaspéré, d'un coup en plein poitrail, l'étendit par terre. , Le grand
cerf l'avait vu, fit un bond. Julien lui envoya sa dernière flèche. Elle
l'atteignit au front, et y resta plantée. Le grand cerf n'eut pas l'air de la
sentir ; en enjambant par-dessus les morts, il avançait toujours, allait
fondre sur lui, l'éventrer ; et Julien reculait dans une épouvante
indicible. Le prodigieux animal s'arrêta ; et les yeux flamboyants,
solennel comme un patriarche et comme un justicier, pendant qu'une
cloche au loin tintait, il répéta trois fois :
« Maudit ! maudit ! maudit ! Un jour, coeur féroce, tu assassineras ton
père et ta mère ! » Il plia les genoux, ferma doucement ses paupières, et
mourut.





Et le portrait de Quasimodo .

"Il fallut que Gringoire se contentât de cet éloge, car un tonnerre d'applaudissements, mêlé à une prodigieuse acclamation, vint couper court à leur conversation. Le pape des fous était élu.

-- Noël ! Noël ! Noël ! criait le peuple de toutes parts.

C'était une merveilleuse grimace, en effet, que celle qui rayonnait en ce moment au trou de la rosace. Après toutes les figures pentagones, hexagones et hétéroclites qui s'étaient succédé à cette lucarne sans réaliser cet idéal du grotesque qui s'était construit dans les imaginations exaltées par l'orgie, il ne fallait rien moins, pour enlever les suffrages, que la grimace sublime qui venait d'éblouir l'assemblée. Maître Coppenole lui-même applaudit ; et Clopin Trouillefou, qui avait concouru, et Dieu sait quelle intensité de laideur son visage pouvait atteindre, s'avoua vaincu. Nous ferons de même. Nous n'essaierons pas de donner au lecteur une idée de ce nez tétraèdre, de cette bouche en fer à cheval, de ce petit oeil gauche obstrué d'un sourcil roux en broussailles tandis que l'oeil droit disparaissait entièrement sous une énorme verrue, de ces dents désordonnées, ébréchées çà et là, comme les créneaux d'une forteresse, de cette lèvre calleuse sur laquelle une de ces dents empiétait comme la défense d'un éléphant, de ce menton fourchu, et surtout de la physionomie répandue sur tout cela, de ce mélange de malice, d'étonnement et de tristesse. Qu'on rêve, si l'on peut, cet ensemble.

L'acclamation fut unanime. On se précipita vers la chapelle. On en fit sortir en triomphe le bienheureux pape des fous. Mais c'est alors que la surprise et l'admiration furent à leur comble. La grimace était son visage.

Ou plutôt toute sa personne était une grimace. Une grosse tête hérissée de cheveux roux ; entre les deux épaules une bosse énorme dont le contre-coup se faisait sentir par devant ; un système de cuisses et de jambes si étrangement fourvoyées qu'elles ne pouvaient se toucher que par les genoux, et, vues de face, ressemblaient à deux croissants de faucilles qui se rejoignent par la poignée ; de larges pieds, des mains monstrueuses ; et, avec toute cette difformité, je ne sais quelle allure redoutable de vigueur, d'agilité et de courage ; étrange exception à la règle éternelle qui veut que la force, comme la beauté, résulte de l'harmonie. Tel était le pape que les fous venaient de se donner.

On eût dit un géant brisé et mal ressoudé.

Quand cette espèce de cyclope parut sur le seuil de la chapelle, immobile, trapu, et presque aussi large que haut, carré par la base, comme dit un grand homme, à son surtout mi-parti rouge et violet, semé de campanilles d'argent, et surtout à la perfection de sa laideur, la populace le reconnut sur-le-champ, et s'écria d'une voix :

-- C'est Quasimodo, le sonneur de cloches ! c'est Quasimodo, le bossu de Notre-Dame ! Quasimodo le borgne ! Quasimodo le bancal ! Noël ! Noël ! "
Hugo. Notre-Dame de Paris


Et une chanson de Brel

Jacques BREL (1929-1978)

Il nous faut regarder

Derrière la saleté
S’étalant devant nous
Derrière les yeux plissés
Et les visages mous
Au-delà de ces mains
Ouvertes ou fermées
Qui se tendent en vain
Ou qui sont poing levé
Plus loin que les frontières
Qui sont de barbelés
Plus loin que la misère
Il nous faut regarder

Il nous faut regarder
Ce qu’il y a de beau
Le ciel gris ou bleuté
Les filles au bord de l’eau
L’ami qu’on sait fidèle
Le soleil de demain
Le vol d’une hirondelle
Le bateau qui revient
L’ami qu’on sait fidèle
Le soleil de demain
Le vol d’une hirondelle
Le bateau qui revient

Par-delà le concert
Des sanglots et des pleurs
Et des cris de colère
Des hommes qui ont peur
Par-delà le vacarme
Des rues et des chantiers
Des sirènes d’alarme
Des jurons de charretier
Plus fort que les enfants
Qui racontent les guerres
Et plus fort que les grands
Qui nous les ont fait faire

Il nous faut écouter
L’oiseau au fond des bois
Le murmure de l’été
Le sang qui monte en soi
Les berceuses des mères
Les prières des enfants
Et le bruit de la terre
Qui s’endort doucement
Les berceuses des mères
Les prières des enfants
Et le bruit de la terre
Qui s’endort doucement

Poésies et chansons

retraitée
Vénérable


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Re: recherche beaux textes de dictée...

Message par Thalie le Lun 16 Fév 2009 - 18:44

La rencontre de Mme Arnoux et de Frédéric dans L'Education sentimentale.

Thalie
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Re: recherche beaux textes de dictée...

Message par Invité le Lun 16 Fév 2009 - 18:55

Le portrait de Carmen ou celui d'Esmeralda dans Notre-Dame de Paris.

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