Une interview d'un neo sur le blog En Aparté

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Message par Collier de Barbe le Lun 10 Déc 2012 - 22:20

Igniatius a écrit:Oui.
Ou alors on veut te dénoncer à la hiérarchie car on se sent capable d'estimer que tu représentes un danger pour les élèves.
Et parfois, ce sont des formateurs qui professent cela.

Je suis ahuri par la violence sur ce réseau : c'est une sorte de police politique.
J'espère juste qu'elle n'a pas autant de pouvoirs qu'elle aime à croire.
C'est peut-être juste du pignolage.

Ah toi tu n'aimes pas faire dans l'emphase...

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Message par Bientôtlesud le Lun 10 Déc 2012 - 22:25

Il reste quand même que l'on y trouve inadmissible de publier des copies de brevet sans s'émouvoir par ailleurs d'insulter publiquement un collègue. Sans faire de hiérarchie des normes, c'est autrement plus grave selon moi.
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Message par doctor who le Lun 10 Déc 2012 - 22:26

Tu viens de parler d'apartheid sur un autre fil...

Le comportement sur Twitter de ceux dont on parle est assez violent, je trouve aussi.

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Re: Une interview d'un neo sur le blog En Aparté

Message par Collier de Barbe le Lun 10 Déc 2012 - 22:29

Et quand ta copine l'araignée présente cette brave Duru Ballat comme une "voltairo-pétainiste" ? ou quand le grand gourou JPB insulte copieusement Watrelot ou un autre du camp d'en face?

Luigi tient des propos polémiques et il reçoit des réactions tout aussi virulentes, c'est assez cohérent tout ça. ça ne l'empêche pas d'être largement entendu et de profiter d'une audience croissante.

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Message par doctor who le Lun 10 Déc 2012 - 22:33

Collier de Barbe a écrit:Et quand ta copine l'araignée présente cette brave Duru Ballat comme une "voltairo-pétainiste" ? ou quand le grand gourou JPB insulte copieusement Watrelot ou un autre du camp d'en face?

Luigi tient des propos polémiques et il reçoit des réactions tout aussi virulentes, c'est assez cohérent tout ça. ça ne l'empêche pas d'être largement entendu et de profiter d'une audience croissante.

Je les trouve moins vulgaires. JPB peut parfois l'être, j'en conviens, malgré le rôle qu'il a joué dans mon "éveil" pédagogique.
Je comparerais plutôt ce qu'ils disent à ce qui peut parfois tourner dans les commentaires du blog de JPB. On se fait plaisir en tapant sur l'adversaire.

Mais sur Twitter, c'est limite du lynchage ! Et souvent très peu argumenté. Il y a une sorte de connivence narquoise et sûre de son fait.

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Re: Une interview d'un neo sur le blog En Aparté

Message par Aurore le Lun 10 Déc 2012 - 22:35

Collier de Barbe a écrit:Et quand ta copine l'araignée présente cette brave Duru Ballat comme une "voltairo-pétainiste" ? ou quand le grand gourou JPB insulte copieusement Watrelot ou un autre du camp d'en face?

Luigi tient des propos polémiques et il reçoit des réactions tout aussi virulentes, c'est assez cohérent tout ça. ça ne l'empêche pas d'être largement entendu et de profiter d'une audience croissante.
La copine l'araignée, celle que vous avez surnommée tour à tour stal, néo-cons et semi-démente vous souhaite une bonne fin de soirée.
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Re: Une interview d'un neo sur le blog En Aparté

Message par Igniatius le Lun 10 Déc 2012 - 22:38

Collier de Barbe a écrit:
Igniatius a écrit:Oui.
Ou alors on veut te dénoncer à la hiérarchie car on se sent capable d'estimer que tu représentes un danger pour les élèves.
Et parfois, ce sont des formateurs qui professent cela.

Je suis ahuri par la violence sur ce réseau : c'est une sorte de police politique.
J'espère juste qu'elle n'a pas autant de pouvoirs qu'elle aime à croire.
C'est peut-être juste du pignolage.

Ah toi tu n'aimes pas faire dans l'emphase...

Réfléchis bien : si l'on donnait à quelques personnes que nous connaissons en commun sur twitter, le pouvoir de faire cesser de s'exprimer ceux qui, comme Luigi, professent et démontrent des positionnements radicalement différents des leurs, ne crois-tu pas qu'elles l'utiliseraient ?
Je n'ai jamais lu autant de violence dirigée contre les personnes que dans ces tweets, et les papiers de Brighelli.
Ces personnes appellent déjà officiellement au lynchage de Luigi, le traitent de gros con en public, devant ses propres élèves.
La classe.

Personnellement, même si je trouve ces gens nuisibles au système, je n'ai pas peur de la polémique ni du débat, et je ne fais pas taire mes contradicteurs en souhaitant les réduire à néant, si ce n'est par les idées.


Je ne crois pas que mon expression ait été exagérée : tu veux que je te fasse des copies d'écran des tweets en MP ?

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Message par Presse-purée le Lun 10 Déc 2012 - 22:46

Ce qui est fun, c'est que Luigi n'est pas le seul à scanner ses copies, mais il est le seul à ramasser sur Twitter à ce sujet. Cohérence, quand tu nous tiens...

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Re: Une interview d'un neo sur le blog En Aparté

Message par Igniatius le Lun 10 Déc 2012 - 22:46

Bientôtlesud a écrit:Il reste quand même que l'on y trouve inadmissible de publier des copies de brevet sans s'émouvoir par ailleurs d'insulter publiquement un collègue. Sans faire de hiérarchie des normes, c'est autrement plus grave selon moi.


D'ailleurs, ils sont plusieurs à régulièrement mépriser ouvertement leurs collègues coexistant dans leurs propres salles des profs : leur positionnement est incompréhensible.

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Re: Une interview d'un neo sur le blog En Aparté

Message par Igniatius le Lun 10 Déc 2012 - 22:48

Presse-purée a écrit:Ce qui est fun, c'est que Luigi n'est pas le seul à scanner ses copies, mais il est le seul à ramasser sur Twitter à ce sujet. Cohérence, quand tu nous tiens...


Tout était bon pour tenter de prouver le contraire.

Je pense qu'ils auraient été prêts à demander à une classe de TS de rendre un devoir dont la seule question aurait été "Ecrivez votre nom" afin d'avoir une moyenne de 20/20.
Prouvant ainsi que le niveau ne baisse pas...

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Re: Une interview d'un neo sur le blog En Aparté

Message par Collier de Barbe le Lun 10 Déc 2012 - 22:48

@Ignatius, le débat est outrancier de part et d'autre. Plus d'une fois sur ce site, j'ai lu nombre de termes très durs pour les "pédagos" à qui on souhaitait effectivement de disparaître très vite.

Je pense que nombre de collègues en collège ont beaucoup de mal avec l'argumentaire très noir et pessimiste qui est le tien & celui de Luigi sur le niveau des élèves.
ça touche à des choses très profondes en rapport avec le métier et ce qu'on fait au quotidien. Et tu ne peux pas attendre de ces gens autre chose que de la violence en retour...

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Message par Bientôtlesud le Lun 10 Déc 2012 - 22:51

Collier de Barbe a écrit:Et quand ta copine l'araignée présente cette brave Duru Ballat comme une "voltairo-pétainiste" ? ou quand le grand gourou JPB insulte copieusement Watrelot ou un autre du camp d'en face?

Luigi tient des propos polémiques et il reçoit des réactions tout aussi virulentes, c'est assez cohérent tout ça. ça ne l'empêche pas d'être largement entendu et de profiter d'une audience croissante.

Pour ma part, je ne parle ni de JPB, ni d'Aurore. (Et ce ne sont pas mes amis, mais ta phrase ne m'était pas adressée je pense).
LuigiB n'a jamais été dans l'insulte à ma connaissance, il expose ses idées publiquement.
L'insulter publiquement en retour sur un réseau social tombe sous le coup de la loi et est autrement plus condamnable selon moi que le fait de publier de copies de brevet pour étayer son propos. Surtout quand on est enseignant, des procédures administratives disciplinaires peuvent s'ajouter ou se substituer à la plainte au civil.
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Re: Une interview d'un neo sur le blog En Aparté

Message par Luigi_B le Lun 10 Déc 2012 - 22:51

Collier de Barbe a écrit:Et quand ta copine l'araignée présente cette brave Duru Ballat comme une "voltairo-pétainiste" ? ou quand le grand gourou JPB insulte copieusement Watrelot ou un autre du camp d'en face?

Luigi tient des propos polémiques et il reçoit des réactions tout aussi virulentes, c'est assez cohérent tout ça. ça ne l'empêche pas d'être largement entendu et de profiter d'une audience croissante.
CdB, pourquoi faire dériver la discussion sur d'autres que moi ? C'est quand même un curieux procédé, non ?

Il ne s'agit que de moi, ici, et je n'ai insulté personne, que je sache.

Mais puisqu'on parle de ce si correct M. Watrelot, il ne s'en est pas privé pour sa part, en me qualifiant aimablement, moi et les membres de ce forum, de "néo-cons (et le temps ne fait rien à l'affaire)" alors même qu'il ne me connaissait pas.

Voilà le genre de personnes respectables "du camp d'en face" ? scratch

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Message par Igniatius le Lun 10 Déc 2012 - 22:53

Collier de Barbe a écrit:@Ignatius, le débat est outrancier de part et d'autre. Plus d'une fois sur ce site, j'ai lu nombre de termes très durs pour les "pédagos" à qui on souhaitait effectivement de disparaître très vite.

Je pense que nombre de collègues en collège ont beaucoup de mal avec l'argumentaire très noir et pessimiste qui est le tien & celui de Luigi sur le niveau des élèves.
ça touche à des choses très profondes en rapport avec le métier et ce qu'on fait au quotidien. Et tu ne peux pas attendre de ces gens autre chose que de la violence en retour...

L'immense différence, c'est que mes mots durs, ou ceux de Luigi, sont globalement dirigés contre un courant d'idées, ou des personnalités publiques représentant leurs syndicats. On peut le déplorer mais c'est la règle du jeu public.
Luigi n'est pas public, et on cherche à le défoncer au sens propre sur twitter, à ruiner sa carrière : si l'on pouvait...

Je suis aussi profondément par la façon dont leurs propos agressent ma façon de concevoir mon métier, et impactent négativement ma pratique et la qualité de mon enseignement.
Et puis je ne reproche rien aux profs de collège, ni à aucun collègue : c'est la faute du système complètement bousillé, et de ces idées néfastes.

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Re: Une interview d'un neo sur le blog En Aparté

Message par Bientôtlesud le Lun 10 Déc 2012 - 23:04

Collier de Barbe a écrit:
ça touche à des choses très profondes en rapport avec le métier et ce qu'on fait au quotidien. Et tu ne peux pas attendre de ces gens autre chose que de la violence en retour...

Je ne suis pas d'accord avec toi. Tu justifies et légitimes ainsi tout débordement violent dans un débat contradictoire. Or tous les participants à ce débat ne franchissent pas cette limite, et ceux qui ne la franchissent pas n'ont pas à subir ces débordements.
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Re: Une interview d'un neo sur le blog En Aparté

Message par doctor who le Lun 10 Déc 2012 - 23:07

Perso, j'ai toujours des choses à apprendre, même de gens comme cela. Eux n'ont rien à apprendre, tout à imposer.

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Re: Une interview d'un neo sur le blog En Aparté

Message par Igniatius le Lun 10 Déc 2012 - 23:10

doctor who a écrit:Perso, j'ai toujours des choses à apprendre, même de gens comme cela. Eux n'ont rien à apprendre, tout à imposer.


Ah bah tiens, je trouve que ta phrase toute simple est parfaite.

C'est exactement ce que je ressens quand je les lis.


D'ailleurs, il faut avoir la foi chevillée au corps pour survivre dans des salle des profs que l'on trouve peuplées de réacs en désaccord profond avec nous.
Une foi aveugle.

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Re: Une interview d'un neo sur le blog En Aparté

Message par Condorcet le Lun 10 Déc 2012 - 23:30

Anecdote : lorsque j'ai commencé à travailler sur les émissions littéraires télévisées, ma première surprise fut de constater la violence rhétorique qui y régnait à tel point qu'elle se révèle un angle d'analyse tout à fait envisageable.
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Re: Une interview d'un neo sur le blog En Aparté

Message par Igniatius le Lun 10 Déc 2012 - 23:32

Ah oui Condorcet mais il y a une différence souvent majeure : les interlocuteurs se font physiquement face, et je trouve que cela change tout.

Là, par les réseaux sociaux, on peut zapper les contradicteurs, manipuler leur parole, les censurer, etc.

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Re: Une interview d'un neo sur le blog En Aparté

Message par Condorcet le Mar 11 Déc 2012 - 0:04

Je crois que l'on a oublié les bassesses que l'on pouvait proférer à la télévision des années 1970 (et l'animosité était aussi physique). A l'époque, l'animateur-meneur de jeu (ancêtre de l'administrateur et des modérateurs actuels) pouvait aussi "recadrer" le débat, couper la parole (ne serait-ce qu'en coupant le micro, comme à l'Assemblée nationale) et censurer (ou dans son acception la plus positive, enrichir le débat et donner à chacun la possibilité d'exprimer puis d'approfondir ses positions).
Cela me fait penser qu'il y a longtemps que je n'ai pas regardé les séances de question au gouvernement (voir le RUMP doit être du plus haut comique).

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Loys Bonod,prof de français :« Un élève de troisième a un niveau CM2 »

Message par Docteur OX le Mar 11 Déc 2012 - 11:51

Loys Bonod, (Luigi pour les intimes) prof de français : « Un élève de troisième a un niveau CM2 »

http://www.rue89.com/2012/12/08/loys-bonod-prof-de-francais-un-eleve-de-troisieme-un-niveau-cm2-237554

Si vous lisez régulièrement mon blog En aparté, vous devez savoir que je suis inquiète (et c’est un euphémisme) de l’évolution de l’Education nationale.

Très sensible à l’enseignement, notamment du français (je suis « littéraire » de formation et de cœur), j’ai découvert avec grand intérêt le blog La vie moderne, suite à la « petite expérience » numérique déjà très largement médiatisée et commentée. J’ai eu envie de donner la parole à son créateur, Loys Bonod, 37 ans, professeur de français.

Pouvez-vous vous présenter ?

Je suis professeur certifié de lettres classiques. J’enseigne depuis quatorze ans, les huit premières années dans plusieurs collèges de ZEP, des Mureaux à Sarcelles, et depuis trois ans au lycée Chaptal à Paris. Je suis également blogueur et passablement technophile.

Sur votre blog, vous écrivez que l’enseignement du français a subi de graves atteintes dans le primaire et dans le collège, notamment depuis les réformes des années 90...

Ces réformes ont été pensées pour adapter l’école à une autre réforme des années 70, le collège unique, et à la massification qui s’en est suivie. [...] Concernant plus particulièrement le français, on peut parler de casse, voire de catastrophe, même pour l’orthographe la plus élémentaire en fin de scolarité obligatoire.

Notre propre langue devient étrangère à nos élèves. [...] L’idée générale est qu’il fallait :

renouveler l’enseignement du français,
procurer du plaisir,
rechercher la spontanéité,
promouvoir l’expression orale,
décloisonner les disciplines,
enseigner en séquences – ne plus enseigner un jour l’orthographe, un autre jour la grammaire et un dernier l’étude d’un texte mais faire tout cela ensemble à partir d’un texte –,
mettre en place l’interdisciplinarité – par exemple, l’enseignement du français doit aller de pair avec les arts plastiques ou l’histoire-géographie…

Avec le recul, je juge très sévèrement toutes ces réformes. [...] Ces réformes ne peuvent fonctionner qu’avec de très bons élèves, ceux qui sont privilégiés et ont déjà une solide culture personnelle, mais absolument pas pour les élèves en difficulté ou même « normaux ».

Ces derniers ont besoin de cadres clairs et rassurants. Avec le travail en séquences par exemple, où tout se retrouve « horizontalisé », les élèves sont perdus.

L’orthographe et la grammaire sont aujourd’hui réduites à la portion congrue. Et pourtant, ce qui se conçoit bien s’énonce clairement… A ce sujet, les élèves ne font que trop peu d’exercices répétitifs, pourtant nécessaires car structurants.

Lorsque j’étais en primaire, j’ai le souvenir précis que je faisais chaque soir mes trois ou quatre exercices de Bled. Aujourd’hui bien souvent, les élèves étudient vaguement un texte, apprennent un peu de poésie, savent compter en anglais. Certains réformistes militent pour la suppression totale des devoirs à la maison. [...]

Evidemment, face à la baisse inexorable du niveau, il a fallu diminuer considérablement les exigences (sujets simplifiés, consignes de notation complaisantes...).

Résultats : on est obligé aujourd’hui de fournir des formations de français à des étudiants ou des salariés qui savent à peine lire ou écrire, et on exige de candidats à un poste une certification Voltaire en orthographe.

Autre constat : la diminution dramatique des horaires en français. [...] Sur l’ensemble d’une scolarité, on a ainsi perdu trois ou quatre années de français. Un élève de troisième a maintenant le niveau d’un élève de CM2 des années 70 ou 80 ! Les dictées du brevet correspondent à un niveau de primaire.

En rejetant tout ce qui pouvait présenter trop de difficultés, on a privilégié la notion de plaisir dans les nouveaux programmes. Cela a pu sembler une bonne idée sur le papier. Mais l’enfer est pavé de bonnes intentions. Au collège, on invite à étudier des œuvres de jeunesse, assez pauvres au niveau littéraire. Résultat : les élèves ne sont plus familiarisés avec les textes classiques, leur syntaxe élaborée et leur vocabulaire riche et nuancé.

Paradoxalement, les programmes de français au collège et au lycée sont devenus quasiment universitaires. Par exemple, on étudie la « focalisation », alors que c’est une notion que je n’avais moi-même abordée qu’en licence de lettres… [...] J’en veux au système, pas aux élèves. A force de vouloir innover on a oublié d’être efficace. [...]

Je constate aussi – non sans amertume – que l’on dissimule cet échec avec des mesures telles que le livret de compétences, la disparition des notes chiffrées ou encore la suppression du redoublement. Mais ce n’est pas en interdisant les notes et le redoublement que l’échec scolaire disparaîtra !

A propos des nouvelles technologies, vous vous méfiez de ceux qui estiment que cela va régler tous les problèmes de l’école et être une avancée formidable...

Le numérique est considéré par certains comme un « deus ex machina » qui va sauver l’école de tous ses maux. Il apparaît aux yeux des nouveaux pédagogues comme le prolongement naturel de toutes les réformes catastrophiques mises en œuvre depuis les années 90, à savoir l’individualisation, le constructivisme, le refus de l’effort, etc.

A ce titre, non seulement je ne crois pas que le numérique puisse sauver l’école, mais je crains qu’il ne fasse qu’aggraver la crise actuelle.

Bien sûr, le numérique fait partie de nos vies, et je suis le premier à l’utiliser, mais je pense qu’il y a un âge pour tout. Un âge pour apprendre à élaborer une pensée construite, pour développer son esprit critique, pour acquérir une culture et de l’autonomie avant de se lancer à corps perdu dans le numérique.

Or ces apprentissages sont longs et demandent de la concentration, des efforts. Les nouvelles technologies, sans apprentissage, sont davantage synonymes d’instantanéité, de facilité et de distraction permanente.

Comme le souligne Xavier de La Porte (cf. cet article), la nouvelle fracture numérique n’est plus située entre ceux qui ont accès à Internet et ceux qui ne l’ont pas, mais entre ceux qui savent définir un cadre raisonnable pour son utilisation à leurs enfants et ceux qui n’y parviennent pas.

Elle est désormais entre ceux qui utilisent massivement le numérique à des fins de consommation passive et de divertissement et ceux qui en ont un usage créatif et éducatif. La fracture numérique prend une autre forme, celui du « temps gaspillé », estime-t-il à juste titre. Les écrans sont en effet chronophages et addictifs. Il est important que les enfants ne soient pas connectés trop jeunes.

Cela ne signifie pas que mes propres enfants (en maternelle et en primaire) ne les utilisent jamais mais toujours accompagnés. Et ce même si les produits technologiques semblent donner une apparente autonomie aux enfants.

Il y a des usages qui sont merveilleux :

écouter avec un lecteur multimédia des dizaines d’histoires empruntées à la bibliothèque (pour familiariser les tout-petits avec une syntaxe complexe, un vocabulaire riche et varié, pour leur procurer une culture et leur donner envie de lire),
regarder ensemble des grands films que l’on choisit,
s’amuser à fabriquer des animations ou des films en « stop motion » par exemple.

Mais à l’inverse, je m’inquiète de la généralisation des ordinateurs dans la chambre des enfants. Idem pour les réseaux sociaux ou les téléphones portables prématurément confiés à des enfants. Toutes choses qui échappent par nature à la supervision parentale.

D’ailleurs à ce sujet, personne n’a vraiment réfléchi à l’usage des portables à l’école et à ses implications. On a subi le phénomène.

Or, à quoi peut bien servir un portable à l’école ? A rien ! Un portable porte même atteinte à la scolarité de l’élève. Je songe à ce parent inquiet face aux résultats de son fils en chute libre : son fils en quatrième venait de recevoir un smartphone et passait son temps à envoyer des SMS pendant les cours, voire à téléphoner. [...]

Que peut-on faire ? Quelles réformes urgentes feriez-vous si vous étiez nommé conseiller technique au ministère de l’Education ?

Je pense qu’il est temps de revenir aux fondamentaux, à la maîtrise de la langue française, d’éviter de se disperser. Par exemple, je m’élève contre le numérique ou l’anglais au primaire : une perte de temps et d’énergie.

Je suis également contre les « enseignements exploratoires » ou les faux « accompagnements personnalisés » au lycée qui concurrencent les options et les disciplines, mais obéissent à une logique de zapping.

Je défends vivement la liberté pédagogique des professeurs, et me méfie du travail en équipes qu’on veut nous imposer sous de multiples formes. Un bon professeur est avant tout celui qui fait de bons cours : il est urgent de restaurer la confiance en l’enseignant.

Je pense qu’il faut revenir à des choses de bon sens, se recentrer sur l’essentiel dès le plus jeune âge.

Nous sommes allés beaucoup trop loin avec l’enfant « au centre du système » : bien sûr que l’enfant est au centre de l’école ! Mais, poussé à l’extrême, c’est un modèle qui réduit à néant l’autorité professorale.

J’ai à ce sujet des dizaines et des dizaines d’anecdotes ahurissantes qui démontrent l’actuelle impuissance des enseignants.

Tout est fait dans un établissement scolaire pour éviter qu’un élève ne soit sanctionné. La fraude elle-même est tolérée… J’ai le net sentiment que les chefs d’établissement ont désormais pour vocation d’éviter de faire des vagues. [...]

Enfin, de façon plus générale, le système éducatif est profondément inégalitaire. La reproduction sociale n’a jamais été aussi importante alors que l’intention initiale était justement démocratique.

Je suis favorable à une égalité des chances au départ mais je ne pense pas que ce soit une bonne chose de vouloir engager toute une génération à avoir le bac (et demain une licence ?).

C’est au fond très méprisant envers les métiers ne nécessitant pas une qualification élevée. Il faut rétablir le baccalauréat dans sa dignité et repenser ce que la société attend de l’école. Mais il faut également faire de vrais efforts dans les quartiers défavorisés pour permettre une égalité des chances ayant vraiment un sens, en stabilisant les équipes éducatives par des mesures incitatives et pérennes.
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Re: Une interview d'un neo sur le blog En Aparté

Message par Luigi_B le Jeu 13 Déc 2012 - 20:20

Notez que le titre ("Un élève de troisième a un niveau CM2") n'est pas choisi par moi (d'où l'erreur au début de la publication...).

Les journalistes ont quand même un sixième sens pour repérer dans une interview la phrase qui fera polémique : je me souviens à peine d'avoir prononcé cette phrase, même si je souscris totalement à mon propos. Laughing

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Re: Une interview d'un neo sur le blog En Aparté

Message par Luigi_B le Jeu 13 Déc 2012 - 20:31

Autre chose déplaisante et là je sens que CdB ou d'autres vont encore venir me faire la morale (sur le mode tu es d'extrême droite sans le savoir) : l'interview a aussi circulé sur les réseaux sociaux et les blogs du type "Français de souche" à cause de cette phrase et d'un faux-sens, volontaire je pense : "Notre propre langue devient étrangère à nos élèves."

Alors autant faire une mise au point pour tous ces gens : je vomis l'extrême-droite et je me désole qu'elle récolte les fruits de la démission de la gauche et du renoncement de l'école à sa mission républicaine. Very Happy

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Re: Une interview d'un neo sur le blog En Aparté

Message par Collier de Barbe le Jeu 13 Déc 2012 - 20:39

Oh la la et c'est encore de ma faute quand je n'ai rien dit...

Non ce passage ne me choque pas, je pourrais le partager.

Le problème pour moi, ce sont tes affirmations trop générales a l'emporte pièce sur le niveau. Par rapport a quelle époque? Quel groupe ? Quelle région?

Il y a un post d'un collègue sociologue ou économiste sur ce thème qu'il faut je je retrouve...

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Re: Une interview d'un neo sur le blog En Aparté

Message par Collier de Barbe le Jeu 13 Déc 2012 - 20:45

Ça y est j'ai retrouvé, pas inintéressant
http://econoclaste.org.free.fr/dotclear/index.php/?2012/06/22/1993-le-niveau-baisse-mais-du-coup-il-monte

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Re: Une interview d'un neo sur le blog En Aparté

Message par Reine Margot le Jeu 13 Déc 2012 - 20:45

Bientôtlesud a écrit:
Reine Margot a écrit:
Bientôtlesud a écrit:Petite(s) question(s) indiscrète(s) :
Pourquoi n'es-tu affilié à aucun syndicat?
Tu as été déçu?
Refus d'être "encarté" au nom d'une illusoire indépendance?
Chaque syndicat a au moins une posture rédhibitoire pour toi?
Tu penses que cela éloignerait une partie de ton auditoire?

par expérience, quand on dit tout cela à la majorité des syndicats, ça crée un tollé. à part réclamer des moyens... Rolling Eyes

Tu veux dire quand on dit ce que dit Loys dans son article?
Si c'est cela, je ne suis pas d'accord, celeborn dira peut être l'inverse, mais si il reçoit ce texte au SNALC, je ne pense pas qu'il fasse un tollé, si?

jutement j'exceptais le SNALC...

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