TZR en LP APV : Vivre les menaces au quotidien

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Re: TZR en LP APV : Vivre les menaces au quotidien

Message par Catalunya le Ven 28 Déc 2012 - 18:38

Pourquoi ne pas contacter des médias? Qui pourraient retranscrire ton post, tout en respectant ton anonymat? Les Français ne se rendent pas compte de la réalité de certains établissements

Catalunya
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Re: TZR en LP APV : Vivre les menaces au quotidien

Message par Vinteuil le Ven 28 Déc 2012 - 19:10

Témoignage tout à fait sidérant. Je me doutais bien que cela ne se passait pas très bien, ici ou là... mais à ce point-là !!!

Comme cela a été dit plus haut, je pense qu'il ne te faut pas rester seul dans cette situation. Et, comme d'autres, je pense que ce témoignage devrait aboutir sur le bureau d'un journaliste un tant soit peu concerné par le sujet et connaître la publicité qu'il mérite car on est dans le scandale absolu.

Sur un plan plus personnel, je ne sais que dire sinon manifester ici - et je comprends bien que c'est dérisoire - mon amical soutien.

_________________
"La République se retire de l'école qui porte son nom." (Alain Finkielkraut)

Vinteuil
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Re: TZR en LP APV : Vivre les menaces au quotidien

Message par Pili le Ven 28 Déc 2012 - 19:29

Ouaaaaah, la boule au ventre en lisant ton témoignage , vraiment !

Mais je remarque un prof fort , courageux et ouvert et j'avoue que j'admire ta patience , meme si le ras le bol est palpable ...

Je souhaite que tu soisaidé , que les collègues bougent, et réussissent à mettre des choses en place au sein du bahut

Bon courage


Pili
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Re: TZR en LP APV : Vivre les menaces au quotidien

Message par archeboc le Ven 28 Déc 2012 - 20:10

Exige tout ce que le CDE te doit (réponses écrites). Si tu vises au-dessus du CDE, fais-le sous couvert de la voie hiérarchique, et pas trop souvent. Vérifie auprès du secrétariat l'enregistrement de tes courriers. Ensuite, si tu écris au CDE "sous couvert de la voie hiérarchique", je crois qu'il est tenu de te répondre, réponse qui constitue un acte administratif (de même je pense que ton courrier), et que cette réponse doit donc recevoir ampliation (être archivée, avec un numéro). A vérifier auprès d'un syndicat.







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Re: TZR en LP APV : Vivre les menaces au quotidien

Message par Lilihal le Ven 28 Déc 2012 - 22:37

Les conseils prodigués ici sont judicieux, je ne peux que te témoigner mon soutien et t'encourager à ne pas baisser les bras.

Lilihal
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Re: TZR en LP APV : Vivre les menaces au quotidien

Message par Ergo le Sam 29 Déc 2012 - 20:10

Il est inadmissible que le policier n'ait pas voulu prendre ta plainte et que l'établissement ne fasse rien.

Pour te donner quelques exemples non exhaustifs:
- l'an dernier, un élève m'a dit "vous avez de la chance, ç'aurait été les autres, ils vous auraient frappée", il a eu deux jours d'exclusion;
- cette année, un élève m'a dit "ta gueule" (je vais le "croire" quand il soutient que le "je vais te frapper" ne m'était pas destiné), il a pris huit jours;
- un élève d'un établissement voisin a traité une de mes collègues de "sale p***" à quelques mètres de notre collège et nous a dit: "des profs comme ça, j'en bouffe six par jour". Nous sommes allées au commissariat pour déposer une main courante, le policier, lui, a traité ça directement en plainte et non en main courante.

Des détails: plainte pour outrage et menaces avec droit de se constituer partie civile et d'obtenir réparation auprès d'une association d'aide aux victimes.
Le gamin incriminé a été entendu par la brigade des mineurs et risquait l'internement en établissement fermé (si on avait souhaité poursuivre davantage et compte tenu de ses antécédents).

Le policier qui nous a reçues, au contraire des tiens très compréhensif, nous a même dit que la proximité d'un établissement scolaire lors des menaces était une circonstance aggravante - d'autant plus qu'il s'en prenait clairement à notre fonction.

Y a-t-il eu des heures de vie syndicale dans ton établissement ? Le manque de sanctions est sidérant. Bon courage et profite quand même de ces vacances pour te changer les idées.

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Re: TZR en LP APV : Vivre les menaces au quotidien

Message par anthracite le Sam 29 Déc 2012 - 23:17

Quel horreur cet établissement ! affraid

Je pense que dans cette situation, si le chef d'établissement n'agit pas suite à ton courrier, tu es tout a fait fondé à faire une "demande de protection au recteur d'académie". Je ne sais pas où on en a déjà parlé sur le forum.
Cette demande est un acte administratif, il faut se faire aider par un syndicat.
L'an passé, dans le collège ultra difficile où je faisais un complément de service (humpf....), un collègue a été amené a faire une telle demande. Le recteur a répondu, lui "accordant" sa protection. Il a contacté l'administration.
Sans dire que tout est devenu rose par la suite, cela a notablement amélioré la situation de tous. D'abord le collègue a pu être reçu a plusieurs reprises (accompagné par un représentant du personnel) pour discuter de façon pacifié avec les chefs de ce qui l'avait amené là. Les chefs ont semblé prendre conscience de la gravité de certaines situations, et ont pu se mettre d'accord avec les syndicats sur quelques règles de fonctionnement (ex : pas de demande systématique d'exclusion avec sursis lors d'un conseil de discipline, ce qui faisait que les gamins n'étaient jamais exclus et qu'on passait pour des charlots. Il y a moins de conseils de disc, mais ce n'est pas pour rien Twisted Evil
autre exemple : les chefs ne raccompagnent plus les élèves exclus de cours pour exiger qu'ils soient repris de suite car "on ne peut priver un enfant d'éducation". Ils acceptent donc les exclusions de cours etc.....)
Je pense qu'un coup de pression de la hiérarchie n'est pas pour rien dans la prise de conscience de ces chefs d'établissement...

anthracite
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Re: TZR en LP APV : Vivre les menaces au quotidien

Message par Reine Margot le Dim 30 Déc 2012 - 17:16

hélas, la demande de protection juridique du recteur doit s'accompagner d'un avis du CDE justifiant (ou contrariant) cette demande. Si le CDE à côté dit que ça va, tu 'nauras rien (vécu)

_________________
1 enseignant molesté, c’est un fait divers, pas un phénomène de société.
2 enseignants molestés, c’est un fait divers, pas un phénomène de société.
150 enseignants molestés, ce sont des faits divers, pas des phénomènes de société.
151 enseignants molestés, ce sont des faits divers, pas des phénomènes de société.
………………………………
[la progression arithmétique se poursuit en série]
…………………………………..
156 879 enseignants molestés, ce sont des faits divers, pas des phénomènes de société.
156 880 enseignants molestés, ce sont des faits divers, pas des phénomènes de société. »

Reine Margot
Demi-dieu


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Re: TZR en LP APV : Vivre les menaces au quotidien

Message par giulietta le Mer 2 Jan 2013 - 11:51

Bonjour
Pour moi, tu ne devrais pas reprendre dans ces conditions : c'est inhumain et indigne de l'institution. De plus, tu reçois de graves blessures d'amour propre et de sentiment de sécurité qui risquent à terme d'affecter ta santé physique et psychologique. Ce n'est pas parce que tu as besoin de travailler et que tu es jeune que quiconque peut t'obliger à travailler dans de telles conditions.
Tu pourrais avoir 2 options :
Ne pas reprendre ce travail en le quittant d'une manière ou d'une autre (demande immédiate de mise en disponibilité, par ex, même si on te la refuse dans un premier temps : tu ne reprends pas le travail et on peut te la donner finalement !)
Ou bien engager une vraie bataille pour te sauver d'une situation impossible : mettre au courant par courrier ou visite tous les acteurs possibles : inspection générale, inspection de ta discipline, recteur, association de parents d'élèves, syndicat, maire, conseillers général et régional, caisse d'assurance maladie (où tu dis les riques de santé pour toi), un avocat à qui tu racontes tout cela en demandant conseil, tes collègues et le CDE à qui tu dis tes constats de disfonctionnement et les besoins de travail en équipe et de consensus face aux élèves....Puis tu refuses en prévénant le CDE par courrier et double au rectorat et à l'inspection (en disant bien les graves motifs) de prendre les classes impossibles tant qu'une réunion d'équipe n'a pas été faite pour régler le plus urgent et en exigeant que le règlement intérieur soit appliqué, ce qui est ton droit le plus strict. Que risques-tu : un retrait momentané de salaire pour les heures pas faites et une descente du rectorat pour voir de quoi il s'agit, ce qui serait une bonne chose.
Ce que je constate avec amertume, c'est l'impéritie du système : responsables qui refusent de l'être, collègues qui ne travaillent pas en équipe alors que le bon sens le réclame dans une telle situation, isolement des enseignants...et très gros risque de dépression ou pire pour eux face à une situation où ils sont traités en dessous de tout respect humain. Il faudrait en finir avec de telles situations, il manque un organisme de Défense et Illustration du métier d'enseignant où les enseignants lâchés dans des situation simpossibles trouveraient écoute et surtout idées légales pour s'en sortir au vu d'expériences vécues par d'autres.
N'accepte pas, résiste, réfléchis bien avant de reprendre les cours dans un tel établissemnt : tu as le droit d'être respecté dans ton travail et non pas traité sans respect, tu peux faire autre chose, tu peux te battre aussi mais avec d'autres alliés et non seul...Ne reste pas ainsi , c'est inhumain et indigne de toi aussi d'accepter cela !
Bon courage
guilietta

giulietta
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Re: TZR en LP APV : Vivre les menaces au quotidien

Message par giulietta le Mer 2 Jan 2013 - 18:23

On est passé de 1982 à 2083 lecteurs pour mon message et pas un commentaire : ça n'intéresse pas beaucoup de monde ce cas épineux ! Ou bien ça déroute ou ça décourage vu l'ampleur du travail à faire pour arranger les choses !
giulietta

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Re: TZR en LP APV : Vivre les menaces au quotidien

Message par Oudemia le Mer 2 Jan 2013 - 18:29

@giulietta a écrit:On est passé de 1982à 2067 lesceturs de ce message et pas un commentaire : ça n'intéresse pas beaucoup de monde ce cas épineux !
giulietta
Tu veux dire "pas un commentaire depuis mon message"? Qu'on n'éprouve pas la nécessité de le commenter, pourquoi pas? tu n'apportes rien de plus à ce qui a déjà été dit, beaucoup de sympathie a été témoignée à ce collègue, avec des conseils judicieux, tu es un peu nouvelle pour ce genre de jugement définitif...

Oudemia
Guide spirituel


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Re: TZR en LP APV : Vivre les menaces au quotidien

Message par giulietta le Mer 2 Jan 2013 - 18:31

Ah non j'apporte du nouveau justement, c'est ça qui fait que j'aurais aimé avoir quelqu'avis !
giulietta

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Re: TZR en LP APV : Vivre les menaces au quotidien

Message par giulietta le Mer 2 Jan 2013 - 18:45

Bon, j'arrête là : Castigan verra de lui-même...
Bon courage à lui et à tous ceux qui sont dans son cas, la sympathie étant vraiment insuffisante malheureusement !
Adios
giulietta (je passais seulement, alarmée par le drame de Castigan qui risque tout simplement sa vie au travail ...et c'est rien de le dire !)

giulietta
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Re: TZR en LP APV : Vivre les menaces au quotidien

Message par Invité39 le Mer 2 Jan 2013 - 20:55

De retour après quelques jours loin de chez moi, j’apporte à nouveau des précisions à ce qui a été dit, en particulier aux messages de Giulietta :

En aucun cas je n’ai le sentiment de vivre un « drame ». Certes la situation est difficile, certes il y a des fois où je me demande ce que je fais dans cet établissement, mais je ne pense pas être le seul. Je suis certain que d’autres collègues sont dans la même situation, même s’il est vrai que les témoignages ne sont peut-être pas assez nombreux.

De même, comme je l’ai souligné plusieurs fois, je ne pense pas que les élèves passeront à l’acte. Leur stratégie est plutôt de me déstabiliser par tous les moyens, ils attendent que je commette moi-même le dérapage, me mettant ainsi de mon propre fait en danger. Cette façon de faire est très courante des provocateurs qu’on peut croiser sur la voie publique. C’est justement parce que je crains de tomber dans le piège que j’ai choisi d’en parler. Un soir, en fin de journée, face à une classe d’excités, la fatigue n’arrangeant rien, on interprète mal un geste ou une parole et boum !, tout part en vrille…

Par contre je reconnais avoir été assez déboussolé par l’avertissement (car il s’agissait bien de ça) : « Faites attention aux élèves ». Mais il ne faut pas oublier que la majorité des incidents que j’ai rapportés (dont celui-ci) sont survenus juste avant les vacances ! Difficile dans ces conditions de mettre en place quelque chose avec les collègues… Toutefois, pour rebondir sur ce que disait Ergo, oui il y a des heures de vie syndicale et une est justement prévue en janvier sur nos difficultés. Celle-ci aurait dû se dérouler plus tôt mais d’autres thèmes avaient eu la préséance… J’ai déjà deux axes de travail en tête :

1) Rassembler un maximum de témoignages (je vous ai livré ce que je vis mais j’ai vu ou entendu d’autres choses, ce sera l’occasion de faire le point et, éventuellement, de cibler les classes et/ou les élèves à problèmes) ;

2) Faire remonter, comme cela a été proposé à plusieurs reprises, la situation (pourquoi pas les médias en effet, un journal pourrait être intéressé). Mais je reste persuadé qu’une action collective aura plus de poids qu’une initiative individuelle.

Quant à lundi prochain, j’ai bien l’intention de me présenter devant mes classes. Mais à la moindre appréhension, ça c’est clair, je cesse aussitôt de faire cours et je déguerpis…

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Re: TZR en LP APV : Vivre les menaces au quotidien

Message par giulietta le Jeu 3 Jan 2013 - 12:10

Bonjour
Je reprends la plume une dernière fois pour toi Castigan car j'ai oublié de te dire que tu peux refuser dès la rentrée de prendre certaines classes en arguant de ton "droit de retrait"par un courrier officiel (il y a un texte officiel sur ce droit de retrait) mais bien sûr il sera suivi d'une enquête de l'institution. Oui, et alors ? ce serait bien. Et tu peux déclencher une action collective en contactant le plus de gens possibles...
Ne minimise pas : c'est un drame de travailler ainsi et sur ce forum, on nous a parlé d'une prof qui s'est pendue dans sa classe. Mon médecin, bien que j'en étais convaincue avant, me dit que même des gens super bien équilibrés ne résisteraient pas à de telles conditions. N'aie jamais honte de dire cette souffrance au travail et de la refuser, c'est hyper normal ! Parce que tu trouveras toujours beaucoup de gens pour chercher à te culpabiliser ou à chercher à nier la réalité !
Il ne faut pas faire un métier dans de telles conditons mortifères ! Tu as raison : si besoin, déguerpis ! Et vis autre chose !!!! Vis !!!
Bien à toi
Bon courage
Giulietta

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Re: TZR en LP APV : Vivre les menaces au quotidien

Message par giulietta le Jeu 3 Jan 2013 - 12:51

Castigan, entoure toi et agis légalement mais agis : dans le mur, tu y es déjà !!! Ne crains pas la hiérarchie locale : elle a peur, comme toi, c'est normal et elle a aussi une hiérarchie nationale ! Aussi, il faut chercher les divers dialogues possibles et prendre la main sur ce qui t'arrive en prenant les dispositions légales que tu peux prendre ! Sois acteur de ce que tu vis, prends la main ! Tu es déjà dans le mur, acculé ! Et je te parle d'expérience....qui a réussi !!!
Giulietta

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Re: TZR en LP APV : Vivre les menaces au quotidien

Message par moon le Jeu 3 Jan 2013 - 13:02

Tout d'abord Castigan, tout mon soutien pour ce que tu vis...tu as reçu de multiples conseils, tous judicieux. Si je peux me permettre d'apporter ma pierre à l'édifice : il faut tout d'abord effectivement que tu évites de rester isolé face à cette situation. Quand un établissement est dur, ou une situation inadmissible, l'action doit être collective. Je suis en zep depuis 10 ans, dans un collège pas aussi difficile que ton LP, mais il y a eu des moments chauds. Quand on estimait que les limites étaient franchies pour l'un ou l'aure des collègues et que la direction refusait d'agir à la mesure de la gravité des faits, on débrayait. Un après-midi, après qu'un costaud a manqué de me casser la figure, mes collègues ont refusé de prendre leurs classe tant que le principal ne prenait pas une décision ayant du poids.
Cela arrive que les policiers rechignent à prendre des plaintes, et te conseillent plutôt la main-courante pour des histoires de statistiques. Dans ce cas-là, insister, ne pas lâcher le morceau, essayer de trouver le bon interlocuteur ( et quand tu en tiens un, ne pas le lâcher!) C'est le seul moyen d'agir efficacement. C'est vrai que tes élèves sont plus grands et déjà sans doute malheureusement blasés par tout cela, mais parfois c'est la sonnette d'alarme qui résonne à temps.
Pour la protection juridique : en cas de pépin, demande officielle à ton CDE. Si il te la refuse, demande directe au recteur qui peut passer outre les décisions du CDE si il l'estime nécessaire. Déjà testé, ça a fonctionné. On a eu le conseil de disc + la plainte que notre CDE refusait. Là-dessus, l'autonome de solidarité, qui dépend désormais de la MAIF, peut te guider.
Enfin, et surtout, il faut te protéger au maximum de cette violence qui mine de l'intérieur. Quand on est plongé dedans au quotidien, sachant que souvent elle s'accompagne aussi de toute la misère du monde, et surtout si celle-ci ne s'arrête pas aux portes de l'établissement mais continue au seuil de notre vie privée ( je crois que c'est ton cas puisque tu vis dans une cité) cela peut avoir des effets vraiment négatifs. Si tu ne te sens plus bien chez toi, franchement, si tu peux, déménage. Et mets-toi sur liste rouge. Il faut se ménager des sas.
En ce qui concerne les cours : ne lâche rien sur le respect que les élèves te doivent. En ce qui concerne le travail - tant pis, je vais peut-être me faire jeter la pierre -parfois, on va au clash sans cesse, surtout quand on démarre, parce qu'on demande à des élèves ce qu'ils ne peuvent plus donner. C'est ce qui l'est arrivée les premières années. J'allais au clash, sans cesse, parce que j'étais intransigeante. Je voulais les même règles, par principe, pour tout le monde. Par principe. Parce que j'avais - et j'ai toujours - une idée assez élevée de ce que l'école doit offrir. Avec le temps j'ai appris à faire autrement, ménager des sas, pour les devoirs non-faits, les manteaux qu'on refuse d’enlever, les insolences. Mais le respect, c'est primordial. Quand je sens que je suis au bord du dérapage, envie de claquer le gamin, de l'insulter, ( cette année j'ai des élèves qui savent y faire), je m'interromps et je cesse le cours. Ils grattent la leçon, font les exercices, et le lendemain contrôle. En général ça ne dure qu'une heure parce que quand j'en suis là c'est que le gamin qui m'a provoquée était borderline et il finit souvent de péter les plombs dans la journée ailleurs, d'où exclusion de quelques jours. Voilà. Ce ne sont que des mots, mais courage à toi. Je vous souhaite de parvenir à faire enfin bouger votre direction.

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Re: TZR en LP APV : Vivre les menaces au quotidien

Message par Celeborn le Jeu 3 Jan 2013 - 13:07

Ne fais rien seul, que ce soient les médias ou le droit de retrait — que je déconseille absolument sans action collective : tu risques d'aller dans le mur si tu le fais valoir avec ce que tu nous as raconté.

Bref : entoure-toi.

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Re: TZR en LP APV : Vivre les menaces au quotidien

Message par archeboc le Jeu 3 Jan 2013 - 15:20

@Celeborn a écrit:Ne fais rien seul, que ce soient les médias ou le droit de retrait — que je déconseille absolument sans action collective : tu risques d'aller dans le mur si tu le fais valoir avec ce que tu nous as raconté.

Bref : entoure-toi.

Je suis en train de lire "Josep Anton, une autobiographie", et c'est exactement cela. Il fait une fois une connerie, et c'est quand il décide seul, sans prendre conseil de ses proches. Bon, évidemment, les deux situations n'ont rien à voir.


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Re: TZR en LP APV : Vivre les menaces au quotidien

Message par giulietta le Dim 6 Jan 2013 - 12:40

Bonjour
Bon courage et bonne rentrée pour toi Castigan.
Les collègues ont raison de te dire entoure toi et agis collectivement. mais attention : n'attends pas que cela vienne tout seul, ne rêve pas ! C'est en mettant le plus de gens possibles au courant par courriers, rencontres...que tu arriveras à mobiliser du monde et à t'entourer. Ton initiative est primordiale, on doit toujours en passer par là si on veut agir, il faut du courage...de la prudence, de la légalité.... et encore du courage!
Les collègues ont aussi raison de te dire comme moi combien est dangereux le fait de vivre une telle situation de violence et de manque de respect de la part de l'institution ! La pire imprudence, ce ne serait pas d'agir un peu maladroitement, mais de ne pas agir du tout, d'accepter, de nier même cette violence, là tu irais dans le grand Mur et définitivement ! Alors que toute action te fera respirer un bon coup d'air neuf et te fera vivre ! Le contraire te donnerait ces idées noires qui mènent au pire et qui ont fait que certains de nos collègues nous ont quittés brutalement, ce qui me mets très en colère ! Si on n'a cessé de leur dire : ne fais rien, ne fais rien, tant que tu n'as pas tout l'établissement avec toi...ils n'ont rien fait, rien vu, rien eu que leur désespoir, leur solitude, leur attente d'une main tendue et le trou noir dans lequel ils sont tombés ! Réfléchis bien face aux divers conseils, en toute intelligence ! Pèse le pour et le contre et ce qui est ta priorité !
C'est vraiment un grand malheur que l'enseignement public soit parfois à ce point difficile, alors qu'il s'agit d'un métier attachant, motivant et qui parie sur l'avenir des hommes. Tes élèves et toi méritez d'être entourés, soutenus, choyés, mis dans les meilleures conditions ! Et c'est le contraire : pauvres élèves dans ce cas, si peu respectés eux aussi !
C'est aussi un grand malheur que les enseignants n'aient pas encore trouvé de solution collective face à ces situations gravement mortifères ! Il y a pourtant urgence : et ça durer encore longtemps ?????
Meilleurs voeux cependant pour que tout cela s'améliore !
coeurs
Giulietta

giulietta
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