Peillon dans le livre de Laurent Binet "Rien ne se passe comme prévu".

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Peillon dans le livre de Laurent Binet "Rien ne se passe comme prévu".

Message par Bientôtlesud le Lun 7 Jan 2013 - 18:30

J'ai eu ce livre, qui a fait un flop paraît-il, à Noël.
L'écrivain (l'auteur d'HHhH) retrace la campagne de Hollande sous la forme d'un journal. Il a eu accès aux coulisses pour pouvoir écrire son livre.
Je l'ai lu d'une traite et ne peux résister à vous livrer des passages sur Peillon.

page 105
"12 Janvier.
Je sillonne le jardin du Luxembourg dans tous les sens aux côtés de Vincent Peillon qui me retrace au débotté un historique du PS en regard duquel les Atrides sont une bande de joyeux rigolos. Lui est un intellectuel, agrégé de philo qui a enseigné aussi bien à Neuilly qu'à Nanterre, il a commencé au PS en tant qu'expert, il faisait des fiches, rendait des rapports, donnait des idées, pour Hollande notamment lorsque celui-ci était porte-parole du PS. Peillon se souvient que cette répartition des rôles leur convenait à tous les deux : Hollande n'aimait pas bosser les dossiers, Peillon adorait çà. Ceci dit, Peillon ne dit pas que Hollande ne connaissait les dossiers : il lisait ses fiches et comme il est intelligent, il assimilait très vite.
Je sais de source bien informée que Peillon a très mal pris l’annonce par Hollande de la création des 60 000 postes de profs, parce qu’il n’en avait pas été averti. Il lui aurait dit qu’au prochain coup comme çà, il le plaquait. Mais quand je lui demande si c’était vrai, il me dit : « En fait, Hollande a eu raison. Quand il reprenait mes propositions, c’était trop technique, trop long à expliquer, il me disait : ‘Les gens n’y comprennent rien.’ Alors il a cette intuition : les 60 000 postes. C’est simple, c’est clair, et même si c’est critiqué, tout le monde ne parle que de çà. C’était donc une très bonne idée. Et puis, si à l’arrivée on n’en fait que 45 000, c’est pas grave, ce qui compte, c’est de respecter l’esprit."

La mise en gras est bien évidemment de moi...

page 112
"13 Janvier.
[...] Puis je discute avec lui des problèmes de l’école. J’avoue que je me sens un peu missionné par mes collègues : j’essaie de le sensibiliser aux différents problèmes dont souffrent les enseignants surtout de ZEP) parce que je le vois déjà ministre de l’Éducation. À ma grande satisfaction, il répète à Hollande ce que je lui avais dit la veille, au Luxembourg, sur les mutations : avec son système de gestion déconcentrée, Allègre nous a vraiment pourri la vie, tout changement d’académie est devenu pour les profs une loterie terrifiante et il faudrait revenir là-dessus. Nous abordons aussi la question de l’évaluation : d’accord pour se faire inspecter par des inspecteurs, mais pas une fois tous les dix ans et à condition que ceux-ci gardent un pied dans l’enseignement pour rester crédibles. Imaginer son inspecteur en train de faire cours en ZEP est un fantasme partagé à ma connaissance par tous les profs. Peillon compris."

Bientôtlesud
Érudit


Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum