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Singing in The Rain
Fidèle du forum

Lettre d’un instit parisien écœuré à lui-même (puisque personne ne veut l’entendre)

par Singing in The Rain le Mer 23 Jan 2013 - 13:50
Une lettre d'un instit en colère sur L'Instit Humeurs

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EXTRAIT DE LA LETTRE

J’ai fait grève car je pense sincèrement...

...que cette réforme mal fichue et inessentielle, préparée à la va-vite et difficile à mettre en œuvre – on s’en apercevra dans huit mois –, ne va pas apporter grand-chose aux élèves, contrairement à ce qui est claironné partout, ministre en tête.

Raccourcir la journée des enfants ? Ils feront seulement 45 minutes de classe en moins, au mieux, et leurs journées finiront toujours à 16 h 30.

Alléger les journées ? Impossible, les heures de classes seront toujours aussi denses, les programmes ne vont pas changer, ce sera encore la course contre la montre, comme aujourd’hui, au détriment des plus faibles.

Alléger la semaine ? Pas franchement, les enfants se lèveront une journée de plus, qu’ils passeront dans la très usante collectivité.

Offrir une ouverture culturelle lors de l’accueil périscolaire ? Outre que plein de villes peineront à s’organiser, quelle activité ambitieuse est-il possible de mettre en place en 45 minutes (auxquelles il faut ôter le pipi, les déplacements, la récré, reste une peau de chagrin). Financées comment, ces activités ? Encadrées par qui ? Le risque de voir ce créneau transformé en récré géante est important. A Paris, comme dans d’autres villes certainement, la solution trouvée serait d’allonger la pause méridienne, de 11 h 30 à 14 h 15. Presque trois heures de pause, quand des enfants viennent déjà me voir au bout de d’1 h 30 pour me demander quand ça finit, et se remettre au travail après, vraiment ?...

On invoque les chrono-biologistes, mais qui les a vraiment lus ? Il faut se pencher sur les travaux de Claire Leconte, par exemple, pour voir que le compte est loin d’y être, en l’état actuel ! Il faut se souvenir que l’Académie de Médecine préconisait certes le retour de la semaine de 4 jours ½, mais avec adjonction du samedi matin, non du mercredi matin !

Voilà, brièvement et incomplètement résumées, quelques-unes des raisons pour lesquelles j’ai accepté de perdre 80 € pour cette journée chômée.

J’aurais aimé une autre réforme, ambitieuse.

Des journées de classe vraiment raccourcies, 4 h 30 ou 5 h maximum, des mâtinées plus denses, 3 h 30 de classe sont faisables sans souci, mercredi compris, il aurait fallu aller au bout de la logique et raccourcir les vacances d’été, mettre en place l’alternance 7 semaines travaillées / 2 semaines de vacances, il aurait fallu mettre en place un vrai temps périscolaire sans concession, permettant véritablement aux enfants de découvrir arts, sciences, pratiques sportives, etc…

Surtout, il aurait fallu alléger les programmes, ce sont leur lourdeur et leur inadaptation qui font de nos journées (car instits et élèves sont dans la même galère, personne ne semble le comprendre) des sommes considérables.

Il aurait fallu… Mais cette réforme ne va pas assez loin, et se donne pourtant des airs de révolution.
Mareuil
Neoprof expérimenté

Re: Lettre d’un instit parisien écœuré à lui-même (puisque personne ne veut l’entendre)

par Mareuil le Mer 23 Jan 2013 - 15:18
Happy Flower a écrit:Une lettre d'un instit en colère sur L'Instit Humeurs

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EXTRAIT DE LA LETTRE

J’ai fait grève car je pense sincèrement...

...que cette réforme mal fichue et inessentielle, préparée à la va-vite et difficile à mettre en œuvre – on s’en apercevra dans huit mois –, ne va pas apporter grand-chose aux élèves, contrairement à ce qui est claironné partout, ministre en tête.

Raccourcir la journée des enfants ? Ils feront seulement 45 minutes de classe en moins, au mieux, et leurs journées finiront toujours à 16 h 30.

Alléger les journées ? Impossible, les heures de classes seront toujours aussi denses, les programmes ne vont pas changer, ce sera encore la course contre la montre, comme aujourd’hui, au détriment des plus faibles.

Alléger la semaine ? Pas franchement, les enfants se lèveront une journée de plus, qu’ils passeront dans la très usante collectivité.

Offrir une ouverture culturelle lors de l’accueil périscolaire ? Outre que plein de villes peineront à s’organiser, quelle activité ambitieuse est-il possible de mettre en place en 45 minutes (auxquelles il faut ôter le pipi, les déplacements, la récré, reste une peau de chagrin). Financées comment, ces activités ? Encadrées par qui ? Le risque de voir ce créneau transformé en récré géante est important. A Paris, comme dans d’autres villes certainement, la solution trouvée serait d’allonger la pause méridienne, de 11 h 30 à 14 h 15. Presque trois heures de pause, quand des enfants viennent déjà me voir au bout de d’1 h 30 pour me demander quand ça finit, et se remettre au travail après, vraiment ?...

On invoque les chrono-biologistes, mais qui les a vraiment lus ? Il faut se pencher sur les travaux de Claire Leconte, par exemple, pour voir que le compte est loin d’y être, en l’état actuel ! Il faut se souvenir que l’Académie de Médecine préconisait certes le retour de la semaine de 4 jours ½, mais avec adjonction du samedi matin, non du mercredi matin !

Voilà, brièvement et incomplètement résumées, quelques-unes des raisons pour lesquelles j’ai accepté de perdre 80 € pour cette journée chômée.

J’aurais aimé une autre réforme, ambitieuse.

Des journées de classe vraiment raccourcies, 4 h 30 ou 5 h maximum, des mâtinées plus denses, 3 h 30 de classe sont faisables sans souci, mercredi compris, il aurait fallu aller au bout de la logique et raccourcir les vacances d’été, mettre en place l’alternance 7 semaines travaillées / 2 semaines de vacances, il aurait fallu mettre en place un vrai temps périscolaire sans concession, permettant véritablement aux enfants de découvrir arts, sciences, pratiques sportives, etc…

Surtout, il aurait fallu alléger les programmes, ce sont leur lourdeur et leur inadaptation qui font de nos journées (car instits et élèves sont dans la même galère, personne ne semble le comprendre) des sommes considérables.

Il aurait fallu… Mais cette réforme ne va pas assez loin, et se donne pourtant des airs de révolution.

Qu'entendez-vous par "alléger les programmes" ? Parce qu'au-delà de l'enflure verbale, ils me semblent déjà plus qu'allégés, et en plus incohérents.
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Ronin
Guide spirituel

Re: Lettre d’un instit parisien écœuré à lui-même (puisque personne ne veut l’entendre)

par Ronin le Mer 23 Jan 2013 - 15:21
Incohérents oui donc très lourds car surchargés de tas de choses inutiles. Si l'on ne faisait que ce qui est utile, on bouclerait chaque année début juin...

_________________
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Mareuil
Neoprof expérimenté

Re: Lettre d’un instit parisien écœuré à lui-même (puisque personne ne veut l’entendre)

par Mareuil le Mer 23 Jan 2013 - 15:28
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] a écrit:Incohérents oui donc très lourds car surchargés de tas de choses inutiles. Si l'on ne faisait que ce qui est utile, on bouclerait chaque année début juin...
Nous sommes d'accord. Mais attention justement à la formulation "alléger les programmes" parce que le minage du primaire, à la fin des années soixante, a commencé par là ; et il se pourrait bien que le slogan creux "retour aux fondamentaux" achève le sabotage. Les fondamentaux, oui, mais simultanéité de l'écriture-lecture et du calcul, des premiers éléments des sciences, de la géographie etc. Bref, un enseignement de culture. Pas les compétences.
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Singing in The Rain
Fidèle du forum

Re: Lettre d’un instit parisien écœuré à lui-même (puisque personne ne veut l’entendre)

par Singing in The Rain le Mer 23 Jan 2013 - 15:44
[quote="Mareuil"]
Happy Flower a écrit:
Qu'entendez-vous par "alléger les programmes" ? Parce qu'au-delà de l'enflure verbale, ils me semblent déjà plus qu'allégés, et en plus incohérents.

Je ne fais que citer la lettre... mais sans doute que l'instit veut qu'on se recentre sur l'essentiel (lire, écrire, compter?).
Mareuil
Neoprof expérimenté

Re: Lettre d’un instit parisien écœuré à lui-même (puisque personne ne veut l’entendre)

par Mareuil le Mer 23 Jan 2013 - 15:51
[quote="Happy Flower"]
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] a écrit:
Happy Flower a écrit:
Qu'entendez-vous par "alléger les programmes" ? Parce qu'au-delà de l'enflure verbale, ils me semblent déjà plus qu'allégés, et en plus incohérents.

Je ne fais que citer la lettre... mais sans doute que l'instit veut qu'on se recentre sur l'essentiel (lire, écrire, compter?).
J'ai vu que c'était une citation, mais telle qu'elle est cette lettre doit permettre d'ouvrir le débat de fond nécessaire sur les programmes. À défaut, dans la perspective de l'installation annoncée d'un aréopage sur les-dits programmes, elle jouera dans le sens d'une destruction aggravée - on peut toujours faire pire !
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Ronin
Guide spirituel

Re: Lettre d’un instit parisien écœuré à lui-même (puisque personne ne veut l’entendre)

par Ronin le Mer 23 Jan 2013 - 20:24
C'est sûr, "allégement des programmes" est toujours entendu dans le sens de moins d'exigences, moins de travail. De fait, c'est un travail de tamis qu'il faudrait faire...

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Re: Lettre d’un instit parisien écœuré à lui-même (puisque personne ne veut l’entendre)

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