Besoin d'aide inspection : votre avis sur ma séance Les Misérables ?

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Besoin d'aide inspection : votre avis sur ma séance Les Misérables ?

Message par Myrtille le Mar 19 Fév 2013 - 17:07

Bonjour à tous,

Je serai inspectée à la rentrée, je dois finir ma séquence sur Le Horla et je dois commencer l'étude des Misérables. Je n'ai jamais travaillé sur cette oeuvre avant. L'inspection va tomber lors de ma première séance sur cette oeuvre. Que me conseillez-vous ?Merci d'avance pour vos réponses.


Dernière édition par Myrtille le Sam 2 Mar 2013 - 15:44, édité 3 fois

Myrtille
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Re: Besoin d'aide inspection : votre avis sur ma séance Les Misérables ?

Message par linotte le Mar 19 Fév 2013 - 17:19

Pour une 1ère séance , je pencherais pour un travail sur la bio , et sur les différents sens de 'misérable' Wink
Rien d'original, mais de l'ultra efficace et surtout indispensable.


Dernière édition par linotte le Sam 2 Mar 2013 - 17:22, édité 1 fois

linotte
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Re: Besoin d'aide inspection : votre avis sur ma séance Les Misérables ?

Message par albertine02 le Mar 19 Fév 2013 - 17:55

alors, ce que je peux te dire, c'est qu'il y a quelques jours, un fil de discussion a té ouvert sur le même thème, quelque chose comme: entrer dans l'étude des Misérables.
Et l'on est plusieurs à expliquer la manière dont on s'y prend : sans doute trouveras-tu des éléments de réponse....

Sinon, je travaillerais aussi sur le sens du titre et peut-être le préambule également.

albertine02
Grand sage


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Re: Besoin d'aide inspection : votre avis sur ma séance Les Misérables ?

Message par Amaliah le Mar 19 Fév 2013 - 18:36

Je ferais en sorte de faire une petite intro avant et je me lancerais sur le premier texte pour le jour de l'inspection. Je prendrais le premier texte du TDL.

Amaliah
Guide spirituel


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Re: Besoin d'aide inspection : votre avis sur ma séance Les Misérables ?

Message par Lonie le Mar 19 Fév 2013 - 20:47

@Amaliah a écrit:Je ferais en sorte de faire une petite intro avant et je me lancerais sur le premier texte pour le jour de l'inspection. Je prendrais le premier texte du TDL.

Je viens de commencer l'étude. J'aifinalement fait une séance très rapide sur la présentation du roman, où les élèves ont feuilleté l'oeuvre.

En gros, j'ai commencé par leur demander à quel genre appartient le livre ? = un roman, mais monumentale (les parties, les chapitres, etc...)
A partir de l'idée de "monumental", on est aller voir en quoi ce roman est important encore aujourd'hui (et hop, oeuvre majeure dans notre culture littéraire, en observant les noms des personnages données dans les "parties" qui sont aujourd'hui des "symboles"). Puis, lecture de l'avant-propos écrit par Hugo, où il explique de quoi et pourquoi les Misérables. Et, zou, on avance sur l'idée d'un roman qui illustre et dénonce la misère de son temps.
Puis, pour finir, d'ailleurs le terme "misérables", cela signifie quoi ? et les deux sens sont évoqués...

J'ai dû mettre une 1/2 heure pour faire cela. On a ensuite lu le début avec la présentation de l'évêque = homme charitable, un véritable saint.
Je pensais ensuite leur donner le questionnaire sur la biographie de V. Hugo (proposé par Amaliah dans le topic que j'ai ouvert récemment) : ils auraient une phase d'écriture à réaaliser... Mais je n'ai pas eu le temps de le préparer à ma sauce... Cela peut être pas mal pour une inspection (phase d'écriture à faire en fin de séance ou pour la prochaine fois).

Pour ma séance 2, je vais faire l'étude analytique de l'arrivée de JV chez l'évêque... (Merci TDl !)

_________________
"Si j'avais su, j'aurais pas venu"

Lonie
Neoprof expérimenté


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Re: Besoin d'aide inspection : votre avis sur ma séance Les Misérables ?

Message par Myrtille le Mer 20 Fév 2013 - 14:30

Merci pour vos réponses. Merci Lonie pour ta réponse précise. Je vais regarder ça et je viendrai sans doute vous poser d'autres questions. Je pense m'appuyer sur le TDL pour la séquence donc je commencerai sans doute par le premier texte du TDL.

Myrtille
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Re: Besoin d'aide inspection : votre avis sur ma séance Les Misérables ?

Message par Myrtille le Ven 1 Mar 2013 - 12:30

Je pense commencer par une petite introduction et la lecture de l'avant-propos, comme tu le suggérais, Lonie. Si je passe ensuite à la lecture du premier texte du TDL, je n'aurai sans doute pas le temps de finir. Pensez-vous que ça me sera reproché ?

Myrtille
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Re: Besoin d'aide inspection : votre avis sur ma séance Les Misérables ?

Message par retraitée le Ven 1 Mar 2013 - 14:44

Tu peux aussi partir du Discours sur la Misère
http://mamytartine.blog.lemonde.fr/2005/11/15/2005_11_victor_hugo_las/


Dernière édition par retraitée le Ven 1 Mar 2013 - 14:55, édité 1 fois

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Re: Besoin d'aide inspection : votre avis sur ma séance Les Misérables ?

Message par retraitée le Ven 1 Mar 2013 - 14:47

Texte du Docteur VILLERMÉ

TABLEAU DE L’ÉTAT PHYSIQUE ET MORAL DES OUVRIERS EMPLOYÉS DANS LES MANUFACTURES DE COTON, DE LAINE ET DE SOIE. 1840. LILLE

Je viens de mentionner la rue des Étaques et ses cours : voici comment les ouvriers y sont logés.
Les plus pauvres habitent les caves et les greniers. Ces caves n’ont aucune communication avec l’intérieur des maisons ; elles s’ouvrent sur des rues ou sur des cours, et l’on y descend par un escalier, qui en est très souvent à la fois la porte et la fenêtre. Elles sont en pierre ou en brique voûtées, pavées ou carrelées et toutes ont une cheminée, ce qui prouve qu’elles ont été construites pour servir d’habitation. Communément leur hauteur est de 6 pieds à 6 pieds et demi, prise au milieu de la voûte, et elles ont de 10 à 14 pieds de côté.
C’est dans ces sombres et tristes demeures que mangent, couchent et même travaillent un grand nombre d’ouvriers. le jour arrive pour eux une heure plus tard que pour les autres, et la nuit une heure plus tôt.
Leur mobilier ordinaire se compose, avec les objets de leur profession, d’une sorte d’armoire ou d’une planche pour déposer les aliments, d’une poêle, d’un réchaud en terre cuite, de quelques poteries, d’une petite table, de deux ou trois mauvaises divans, et d’un sale grabat dont les seules pièces sont une paillasse et des lambeaux de couverture. Je voudrais ne pas ajouter à ce détail des choses hideuses qui révèlent, au premier coup d’œil, la profonde misère des malheureux habitants ; mais je dois dire que, dans plusieurs des lits dont je viens de parler, j’ai vu reposer ensemble des individus des deux sexes et d’âges très différents, la plupart sans chemise et d’une saleté repoussante. Père, mère, vieillards, enfants, adultes, s’y pressent, s’y entassent. Je m’arrête… le lecteur achèvera le tableau, mais je préviens que s’il tient à l’avoir fidèle, son imagination ne doit reculer devant aucun des mystères dégoûtants qui s’accomplissent sur ces couches impures, au sein de l’obscurité et de l’ivresse.
Eh bien ! les caves ne sont pas les plus mauvais logements : elles ne sont pas, à beaucoup près, aussi humides qu’on le prétend. Chaque fois qu’on y allume le réchaud, qui se place alors dans la cheminée, on détermine un courant d’air qui les sèche et les assainit. Les pires logements sont les greniers, où rien ne garantit des extrêmes de température, car les locataires, tout aussi misérables que ceux des caves, manquent des moyens d’y entretenir du feu pour se chauffer l’hiver



Textes de Victor HUGO.


Repères chronologiques sommaires :

1848 : 24 février. Le Gouvernement provisoire proclame la République.- 4 juin : Élection de Hugo à l’Assemblée Constituante. Élu de droite, Hugo votera souvent avec la gauche. - 10 décembre : élection de Louis Napoléon Bonaparte comme Président de la République.
1849 : Hugo est élu, à droite, à l’Assemblée législative.
1850 : Hugo rompt avec la droite, et combat des lois sur l’enseignement et sur la presse.
1851 : 20 février : Hugo visite les caves de Lille. - 17 juillet : il s’oppose au projet de révision de la Constitution et dénonce les manœuvres de L.N. Bonaparte. - 2 décembre : Coup d’État. - 11 décembre : Hugo part pour Bruxelles.
1852 : 9 janvier : Décret expulsant 66 députés, dont Hugo. Son exil ne prendra fin qu’à la chute du régime.
22 octobre : Hugo commence Les Châtiments. L’œuvre sera publiée le 21 novembre 1853 à Bruxelles.
2 décembre : Proclamation du Second Empire.


Texte 1 : Après être allé visiter les caves de Lille, Victor Hugo écrit le discours qui suit. En raison du Coup d’État, ce discours ne sera pas prononcé.

VICTOR HUGO : DISCOURS A L’ASSEMBLÉE
[…]
Figurez-vous ces caves dont rien de ce que je vous ai dit ne peut vous donner l’idée ; figurez-vous ces cours qu’ils appellent des courettes, resserrées entre de hautes masures, sombres, humides, glaciales, méphitiques, pleines de miasmes stagnants, encombrées d’immondices, les fosses d’aisance à côté des puits !
Hé mon Dieu ! ce n’est pas le moment de chercher des délicatesses de langage !
Figurez-vous ces maisons, ces masures habitées du haut en bas, jusque sous terre, les eaux croupissantes filtrant à travers les pavés dans ces tanières où il y a des créatures humaines. Quelquefois jusqu’à dix familles dans une masure, jusqu’à dix personnes dans une chambre, jusqu’à cinq ou six dans un lit, les âges et les sexes mêlés, les greniers aussi hideux que les caves, des galetas où il entre assez de froid pour grelotter et pas assez d’air pour respirer !
[…]
Figurez-vous la population maladive et étiolée, des spectres au seuil des portes, la virilité retardée, la décrépitude précoce, des adolescents qu’on prend pour des enfants, de jeunes mères qu’on prend pour de vieilles femmes, les scrofules, le rachis, l’ophtalmie, l’idiotisme, une indigence inouïe, des haillons partout ; on m’a montré comme une curiosité une femme qui avait des boucles d’oreilles d’argent !
Et au milieu de tout cela le travail sans relâche, le travail acharné, pas assez d’heures de sommeil, le travail de l’homme, le travail de la femme, le travail de l’âge mûr, le travail de la vieillesse, le travail de l’enfance, le travail de l’infirme, et souvent pas de pain, et souvent pas de feu, et cette femme aveugle, entre ses deux enfants, dont l’un est mort et l’autre va mourir, et ce filetier phtisique agonisant, et cette mère épileptique qui a trois enfants et qui gagne trois sous par jour ! Figurez-vous tout cela, et si vous vous récriez, et si vous doutez, et si vous niez…
Ah ! vous niez ! Eh bien, dérangez-vous quelques heures, venez avec nous, incrédules, et nous vous ferons voir de vos yeux, toucher de vos mains les plaies, les plaies saignantes de ce Christ qu’on appelle le peuple !
Ah ! messieurs ! je ne fais injure au cœur de personne, si ceux qui s’irritent à mes paroles en ce moment avaient vu ce que j’ai vu, s’ils avaient vu comme moi de malheureux enfants vêtus de guenilles mouillées qui ne sèchent pas de tout l’hiver, d’autres qui ont toujours envie de dormir parce que, pour gagner leurs trois ou quatre misérables sous par jour, on les arrache de trop bonne heure à leur sommeil, d’autres qui ont toujours faim et qui, s’ils trouvent dans la rue, dans la boue, des feuilles vertes, les essuient et les mangent, s’ils avaient vu les pères et les mères de ces pauvres petits êtres, qui souffrent bien plus encore, car ils souffrent dans eux-mêmes et dans leurs enfants, s’ils avaient vu cela comme moi, ils auraient le cœur serré comme je l’ai en ce moment, et, j’en suis sûr, et je leur fais cet honneur d’en être sûr, loin de m’interrompre, ils me soutiendraient, et ils me crieraient : courage ! parlez pour les pauvres !
Car, eh mon Dieu ! pourquoi vous méprenez-vous ? Parler pour les pauvres, ce n’est pas parler contre les riches ! A quelque opinion qu’on appartienne, est-ce que ce n’est pas votre avis à tous ? On n’a plus de passions politiques en présence de ceux qui souffrent ! et on ne se sent plus au fond de soi qu’un cœur qui souffre avec eux et une âme qui prie pour eux !

Notes
méphitique : qui a une odeur répugnante ou toxique.
miasmes : émanations provenant de substances animales ou végétales en décomposition.
galetas : réduit misérable, souvent situé dans les combles.
étiolé : chétif, malingre, affaibli.
scrofule : syn. d’écrouelles. Abcès d’origine tuberculeuse, atteignant souvent les ganglions lymphatiques du cou.
rachis : ici, synonyme de rachitisme. Maladie de la croissance et de l’ossification, liée à un déficit en calcium et en phosphore, ainsi qu’en vitamine D.
ophtalmie : inflammation de l’œil.
indigence : grande pauvreté, misère.
phtisique : atteint de tuberculose pulmonaire.


Texte 2 : Les Châtiments, Livre III , IX ( II )


JOYEUSE VIE

Millions ! millions ! châteaux ! liste civile!
Un jour je descendis dans les caves de Lille ;
Je vis ce morne enfer.
Des fantômes sont là sous terre dans des chambres,
Blêmes, courbés, ployés ; le rachis tord leurs membres
Dans son poignet de fer.

Sous ces voûtes on souffre, et l’air semble un toxique ;
L’aveugle en tâtonnant donne à boire au phtisique ;
L’eau coule à longs ruisseaux ;
Presque enfant à vingt ans, déjà vieillard à trente,
Le vivant chaque jour sent la mort pénétrante
S’infiltrer dans ses os.

Jamais de feu ; la pluie inonde la lucarne ;
L’œil en ces souterrains où le malheur s’acharne
Sur vous, ô travailleurs,
Près du rouet qui tourne et du fil qu’on dévide,
Voit des larves errer dans la lueur livide
Du soupirail en pleurs.

Misère ! l’homme songe en regardant la femme.
Le père, autour de lui sentant l’angoisse infâme
Étreindre la vertu,
Voit sa fille rentrer sinistre sous la porte,
Et n’ose, l’œil fixé sur le pain qu’elle apporte,
Lui dire : D’où viens-tu ?

Là dort le désespoir sur son haillon sordide ;
Là, l’avril de la vie, ailleurs tiède et splendide,
Ressemble au sombre hiver ;
La vierge, rose au jour, dans l’ombre est violette ;
Là, rampent dans l’horreur la maigreur du squelette,
La nudité du ver ;

Là frissonnent plus bas que les égouts des rues,
Familles de la vie et du jour disparues,
Des groupes grelottants ;
Là, quand j’entrai, farouche, aux méduses pareille,
Une petite fille à figure de vieille
Me dit : J’ai dix-huit ans !

Là, n’ayant pas de lit, la mère malheureuse
Met ses petits enfants dans un trou qu’elle creuse,
Tremblants comme l’oiseau ;
Hélas ! ces innocents aux regards de colombe
Trouvent en arrivant sur la terre une tombe
En place d’un berceau !

Caves de Lille ! on meurt sous vos plafonds de pierre !
J’ai vu, vu de ces yeux pleurant sous ma paupière,
Râler l’aïeul flétri,
La fille aux yeux hagards de ses cheveux vêtue,
Et l’enfant spectre au sein de sa mère statue !
Ô Dante Alighieri !

C’est de ces douleurs-là que sortent vos richesses,
Princes ! ces dénûments nourrissent vos largesses,
Ô vainqueurs ! conquérants !
Votre budget ruisselle et suinte à larges gouttes
Des murs de ces caveaux, des pierres de ces voûtes,
Du cœur de ces mourants. […]



Texte 3 : Extrait du roman L’Homme qui rit. 1868


A Londres, au début du XVIIIe siècle, la Chambre des Lords est appelée à voter l'augmentation du budget accordé au prince Georges de Danemark, mari de la Reine. L'un des Lords s’y oppose et explique ses raisons.

Silence, pairs d'Angleterre ! juges, écoutez la plaidoirie. Oh ! je vous en conjure, ayez pitié ! Pitié pour qui ? Pitié pour vous. Qui est en danger ? C'est vous. Est-ce que vous ne voyez pas que vous êtes dans une balance et qu'il y a dans un plateau votre puissance et dans l'autre votre responsabilité ? Dieu vous pèse. Oh ! ne riez pas. Méditez. Cette oscillation de la balance de Dieu, c'est le tremblement de la conscience. Vous n'êtes pas méchants. Vous êtes des hommes comme les autres, ni meilleurs, ni pires. Vous vous croyez des dieux, soyez malades demain, et regardez frissonner dans la fièvre votre divinité. Nous nous valons tous. Je m'adresse aux esprits honnêtes, il y en a ici ; je m'adresse aux intelligences élevées, il y en a ; je m'adresse aux âmes généreuses, il y en a. Vous êtes pères, fils et frères, donc vous êtes souvent attendris. Celui de vous qui a regardé ce matin le réveil de son petit enfant est bon. Les cœurs sont les mêmes. L'humanité n'est pas autre chose qu'un cœur. Entre ceux qui oppriment et ceux qui sont opprimés, il n'y a de différence que l'endroit où ils sont situés. Vos pieds marchent sur des têtes, ce n'est pas votre faute. C'est la faute de la Babel (1) sociale. Construction manquée, toute en surplombs. Un étage accable l'autre. Écoutez-moi, je vais vous dire. Oh ! puisque vous êtes puissants, soyez fraternels, puisque vous êtes grands, soyez doux.
Si vous saviez ce que j'ai vu ! Hélas ! en bas, quel tourment ! Le genre humain est au cachot. Que de damnés, qui sont des innocents ! Le jour manque, I'air. manque, la vertu manque ; on n'espère pas; et, ce qui est redoutable, on attend. Rendez-vous compte de ces détresses. Il y a des êtres qui vivent dans la mort. Il y a des petites filles qui commencent à huit ans par la prostitution et qui finissent à vingt ans par la vieillesse. Quant aux sévérités pénales, elles sont épouvantables. Je parle un peu au hasard, et je ne choisis pas. Je dis ce qui me vient à l'esprit. Pas plus tard qu'hier, moi qui suis ici, j'ai vu un homme enchaîné et nu, avec des pierres sur le ventre, expirer dans la torture. Savez-vous cela ? non. Si vous saviez ce qui se passe, aucun de vous n'oserait être heureux. Qui est-ce qui est allé à Newcastle-onTyne ? Il y a dans les mines des hommes qui mâchent du charbon pour s'emplir l'estomac et tromper la faim. Tenez, dans le comté de Lancastre, Ribblechester, à force d'indigence, de ville est devenue village. Je ne trouve pas que le prince Georges de Danemark ait besoin de cent mille guinées de plus. J'aimerais mieux recevoir à l'hôpital l'indigent malade sans lui faire payer d'avance son enterrement. En Caërnarvon, à Traith-maur comme à Traith-bichan, I'épuisement des pauvres est horrible. A Strafford, on ne peut dessécher le marais, faute d'argent. Les fabriques de draperie sont fermées dans tout le Lancashire. Chômage partout. Savez-vous que les pêcheurs de hareng de Harlech mangent de l'herbe quand la pêche manque ? Savez-vous qu'à Burton-Lazers il y a encore des lépreux traqués, et auxquels on tire des coups de fusil s'ils sortent de leurs tanières ? A Ailesbury, ville dont un de vous est lord, la disette est en permanence. A Penckridge en Coventry, dont vous venez de doter la cathédrale et d'enrichir l'évêque, on n'a pas de lits dans les cabanes, et l'on creuse des trous dans la terre pour y coucher les petits enfants, de sorte qu'au lieu de commencer par le berceau, ils commencent par la tombe. J'ai vu ces choses-là. Milords, les impôts que vous votez, savez-vous qui les paie ? Ceux qui expirent. Hélas ! vous vous trompez. Vous faites fausse route. Vous augmentez la pauvreté du pauvre pour augmenter la richesse du riche. C'est le contraire qu'il faudrait faire. Quoi, prendre au travailleur pour donner au repu, prendre à l'indigent pour donner au prince ! Oh ! oui, j'ai du vieux sang républicain dans les veines. J’ai horreur de cela.


Victor HUGO, L 'Homme qui rit (1868)

Hugo : Les Contemplations.
Ce recueil, publié en 1856, contient des poèmes écrits durant les vingt années qui précèdent. Hugo a daté le poème qui suit de 1838, mais certains passages ont dû être écrits des années plus tard.

Mélancholia


Où vont tous ces enfants dont pas un seul ne rit ?
Ces doux êtres pensifs que la fièvre maigrit ?
Ces filles de huit ans qu’on voit cheminer seules ?
Ils s’en vont travailler quinze heures sous des meules ;
Ils vont, de l’aube au soir, faire éternellement
Dans la même prison le même mouvement.
Accroupis sous les dents d’une machine sombre,
Monstre hideux qui mâche on ne sait quoi dans l’ombre,
Innocents dans un bagne, anges dans un enfer,
Ils travaillent. Tout est d’airain, tout est de fer.
Jamais on ne s’arrête et jamais on ne joue.
Aussi quelle pâleur ! la cendre est sur leur joue.
Il fait à peine jour, ils sont déjà bien las.
Ils ne comprennent rien à leur destin, hélas !
Ils semblent dire à Dieu : « Petits comme nous sommes,
» Notre père, voyez ce que nous font les hommes ! »
O servitude infâme imposée à l’enfant !
Rachitisme ! travail dont le souffle étouffant
Défait ce qu’a fait Dieu ; qui tue, œuvre insensée,
La beauté sur les fronts, dans les cœurs la pensée,
Et qui ferait – c’est là son fruit le plus certain ! –
D’Apollon un bossu, de Voltaire un crétin !
Travail mauvais qui prend l’âge tendre en sa serre,
Qui produit la richesse en créant la misère,
Qui se sert d’un enfant ainsi que d’un outil !
Progrès dont on demande : « Où va-t-il ? que veut-il ? »
Qui brise la jeunesse en fleur ! qui donne, en somme,
Une âme à la machine et la retire à l’homme !
Que ce travail, haï des mères, soit maudit !
Maudit comme le vice où l’on s’abâtardit,
Maudit comme l’opprobre et comme le blasphème !
O Dieu ! qu’il soit maudit au nom du travail même,
Au nom du vrai travail, sain, fécond, généreux,
Qui fait le peuple libre et qui rend l’homme heureux !

AUTREFOIS, livre III, Les luttes et les rêves.




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Re: Besoin d'aide inspection : votre avis sur ma séance Les Misérables ?

Message par Myrtille le Sam 2 Mar 2013 - 14:56

J'ai réfléchi à cette première séance. Je suis complètement paniquée et j'ai beaucoup de mal à me mettre au boulot...
Est-ce que certains accepteraient de regarder ma séance et d'en faire la critique ?
Merci d'avance pour votre aide.
Fichiers joints
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Myrtille
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Re: Besoin d'aide inspection : votre avis sur ma séance Les Misérables ?

Message par MarieL le Sam 2 Mar 2013 - 16:31

Je n'ai pas de 4° et n'ai pas travaillé sur Les Misérables, donc ça n'est qu'un regard extérieur mais la séance me paraît riche (et très guidée il me semble).

S'inquiéter est normal mais ne panique pas, il n'y pas de raison. Une fois en classe tu auras nécessairement des réactions d'élèves sur lesquelles t'appuyer - et comme tu as déjà prévu pas mal de choses tu devrais paraître suffisamment à l'aise. (Un conseil qui m'a toujours paru judicieux est de ne pas trop s'attacher à faire exactement ce que l'on a prévu, de ne pas se laisser enfermer dans un cadre trop rigide).


_________________
Je suis ce que je suis et je suis l'être même, je suis ma volonté en moi-même exaucée - A. Kalda

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Re: Besoin d'aide inspection : votre avis sur ma séance Les Misérables ?

Message par alprechac2 le Sam 2 Mar 2013 - 17:26

Je n'ai jamais étudié les Misérables, je vais commencer à la rentrée. J'aurais peur, personnellement, que pour mes élèves, même après avoir regardé les noms des personnages dans le sommaire, ceux-ci ne leur disent rien du tout ... Je ne sais pas, de ce fait, si je traiterais ta partie "en quoi ce roman reste-t-il dans les mémoires auj" en intro (trop peur devant l'inspecteur d'un gros blanc ...) ; mais c'est très lié aux élèves que j'ai. Peut-être les tiens sont-ils cultivés un minimum ...

Sinon, comme Axel, ta séance étant très guidée, attends-toi peut-être à ce que ça n'aille pas tout à fait dans le sens prévu, mais vu ce que tu as préparé, tu devrais pouvoir rebondir sans mal.

alprechac2
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Re: Besoin d'aide inspection : votre avis sur ma séance Les Misérables ?

Message par Myrtille le Dim 3 Mar 2013 - 15:38

Merci beaucoup pour vos réponses et votre aide !

Myrtille
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Re: Besoin d'aide inspection : votre avis sur ma séance Les Misérables ?

Message par Mme BECISSA le Mar 5 Mar 2013 - 16:19

J'entamerai ce chapitre incessamment (juste après les compos), j'ai l'intention de commencer par l'éveil de l'intérêt en projetant du film "LES MISERABLES" (Tu as l'embarras du choix), ou du moins quelques extraits. Dans la séance suivante, une séance de lecture sur la vie et l'oeuvre de V.HUGO, présentée de façon non exhaustive, en insistant sur ses qualités humaines et intellectuelles, son engagement politique et social par exemple. Ne pas hésiter à prendre comme références certaines personnalités contemporaines (des célébrités de préférence) qui ont mené ou qui mènent le même type de combat. Il faut inciter l'élève à lire cet auteur universellement connu mais de moins en moins lu, la lecture étant devenue pour les raisons qu'on connaît, plus une contrainte qu'un loisir, hélas ! La séance suivante sera consacrée à une explication de texte de votre choix ou proposé par le manuel. BON COURAGE !

Mme BECISSA
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