Idées Brevet Blanc

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Idées Brevet Blanc

Message par celicalo59 le Dim 31 Mar 2013 - 20:22

Bonsoir à tous,
Avec ma collègue, nous planchons en ce moment sur le nouveau Brevet Blanc. Nous avons trouvé un texte intéressant, retravaillé les questions pour coller à la nouvelle version de l'épreuve, d'après les annales zéro.
Mais nous sommes encore à la recherche des sujets de rédaction... Personnellement, pour le sujet de réflexion, j'aimerais trouver quelque chose autour de la tolérance, de l'intégration etc..., mais sans tomber non plus dans la philosophie !
Du coup, je viens vers vos lanternes, si vous avez des pistes à nous soumettre... Merci d'avance !

Voici le texte :

Jorge Semprun, écrivain d'origine espagnole, raconte comment, adolescent, à la suite de la guerre d'Espagne, il a été obligé de s'expatrier à Paris. Interne au lycée Henri IV, éloigné de sa famille, le jeune garçon apprécie particulièrement la poésie française.

En réalité, j'aurais pu demeurer le reste de l'après-midi figé sur place, à murmurer des vers des Fleurs du mal (1) comme un demeuré, donc. Des pigeons piégés par mon immobilité de statue seraient venus se poser sur mon épaule, y déposer leurs fientes. Vers le soir, une passante, apitoyée par ma solitude, par mes vêtements détrempés et souillés, inquiète et à la fois charmée de me voir proférer interminablement des alexandrins, d'une voix de plus en plus éteinte, brisée, m'aurait recueilli chez elle, dans un appartement plein de fleurs, d'odeurs légères et de divans profonds.
Quelques minutes plus tôt, ce jeudi après-midi (2), j'étais entré dans une boulangerie qui se trouvait alors au point d'oblique convergence des rues Racine et de l'Ecole-de-Médecine. J'y avais demandé un croissant, ou un petit pain, je ne sais plus quelle minime nourriture terrestre. Mais la timidité, d'un côté (qui m'a été naturelle, parfois paralysante, que seules la volonté, l'expérience et l'apparat de la reconnaissance sociale (3) m'ont permis de dissimuler, sinon de vaincre totalement, et qui m'a laissé des traces phobiques : l'horreur du téléphone, par exemple, la difficulté d'entrer tout seul dans un lieu public), et, d'un autre côté, mon accent, qui était alors exécrable j'ai déjà dit que le français était pour moi presque exclusivement une langue écrite ont fait que la boulangère n'a pas compris ma demande. Que j'ai réitérée (4), de façon encore plus balbutiante, probablement, en sorte qu'elle fut encore moins compréhensible.
Alors, toisant (5) le maigre adolescent que j'étais, avec l'arrogance des boutiquiers et la xénophobie douce comme on dit d'une folie inoffensive qui est l'apanage (6) de tant de bons Français, la boulangère invectiva à travers moi les étrangers, les Espagnols en particulier, rouges (7) de surcroît, qui envahissaient pour lors la France et ne savaient même pas s'exprimer.
Jorge Semprun, Adieu, vive clarté

celicalo59
Niveau 9


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