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MarieL
Érudit

Re: Y a-t-il une anacoluthe dans "Mon rêve familier"?

par MarieL le Ven 5 Avr 2013 - 21:15
@ysabel a écrit:Pour revenir aux élèves, anacoluthe est-il vraiment un terme à leur faire connaître ? (je n'ai appris ce terme qu'à la fac et tardivement en outre)
je préfère qu'ils me disent qu'il y a une dislocation de la syntaxe et commentent plutôt qu'ils me balancent des noms de tropes sans savoir quoi en faire...

Ouf ! Je sentais poindre comme un sentiment d'imposture, moi... pale
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Hannibal
Habitué du forum

Re: Y a-t-il une anacoluthe dans "Mon rêve familier"?

par Hannibal le Ven 5 Avr 2013 - 22:46
@Nom d'utilisateur a écrit:

et que j'aime, et qui m'aime
Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend.

donne la carcasse syntaxique (polysyndète) :
et qu* - et qu* - et qu* - et

l'absence de "que" encourage à comprendre "et m'aime et me comprend" en dehors de cette carcasse (d'où l'idée d'hyperbate, qui est bath ^__^) , en fait quasiment une extraposition hors de la proposition "et qui m'aime" du vers précédent:

et qui m'aime -- et m'aime et me comprend (cf., une fois de plus, "... et même me comprend")

L'absence de subordonnant - qui est par ailleurs un procédé célèbre de construction de discours indirect libre etc. - permet de soutirer la séquence en question à la carcasse polysyndétique.

On se croyait dans la syntaxe de la phrase, on est dans une autre syntaxe, celle des relations (syntagmatiques quand même) qui se nouent d'un vers à l'autre.

Anacoluthe, parce que l'on substitue une syntaxe à une autre.

Enfin, quelque chose comme ça.


Mais en même temps, c'est bien la présence antérieure du relatif sujet qui le rend facultatif ensuite, non ? (Le livre que je lis et relis)





_________________
"Quand la pierre tombe sur l'oeuf, malheur à l'oeuf.
Quand l'oeuf tombe sur la pierre, malheur à l'oeuf." (proverbe)
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Abraxas
Doyen

Re: Y a-t-il une anacoluthe dans "Mon rêve familier"?

par Abraxas le Sam 6 Avr 2013 - 5:16
Cripure a écrit:
@Abraxas a écrit:Tout à fait d'accord avec Palombella
Pfff... Et oim, je sens le pâté ? Very Happy
J'ai pourtant cherché à vous appâter par de fort littéraires moyens...
Cette solidarité des profs de prépas m'écoeure Wink

Mon cher, il y a entre Palombella et moi une solidarité qui va bien au-delà des questions de statut… I love you
Mais nul doute que si nous nous rencontrions, quelque chose d'aussi puissant (littérairement parlant…) se tisserait entre nous…
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Abraxas
Doyen

Re: Y a-t-il une anacoluthe dans "Mon rêve familier"?

par Abraxas le Sam 6 Avr 2013 - 5:25
Et je crois que je préfèrerais qu'un élève m'explique ce que signifie le sonnet, et en quoi c'est de la poésie verlainienne, plutôt que de se risquer à signaler une anacoluthe qu'il brandirait comme un scalp sans aller plus avant.
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Iphigénie
Enchanteur

Re: Y a-t-il une anacoluthe dans "Mon rêve familier"?

par Iphigénie le Sam 6 Avr 2013 - 8:40
MAis oui, Ysabel!
sinon pour la dissertztion savante sur :
*
Sur les derniers éléments en hyperbate, tout le monde est d'accord pour signaler l'ellipse du relatif après la coordination.
Certes, la remarque de Dupriez, après Fontanier, tend à faire de l'ellipse une anacoluthe. L'exemple cité me paraît étrange ("Heureux qui comme Ulysse"), dans la mesure où pour Du Bellay il n'y a aucunement agrammaticalité : c'est une construction ordinaire au XVIe siècle. C'est selon la norme de Fontanier, au XVIIIe, qu'il y a transgression de la loi syntaxique. Si toutes les usages abandonnés deviennent des anacoluthes, on ne peut plus rien commenter.
ce n'est pas plus simple de dire que
"Heureux qui"
est la traduction exacte du latinisme: "felix qui"?

et du coup on est bien dans la Renaissance et l'innutrition au lieu d'être dans la grammaire?...
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Nom d'utilisateur
Niveau 10

Re: Y a-t-il une anacoluthe dans "Mon rêve familier"?

par Nom d'utilisateur le Sam 6 Avr 2013 - 9:25
@iphigénie a écrit:
sinon pour la dissertation savante sur :
*
(...)
Certes, la remarque de Dupriez, après Fontanier, tend à faire de l'ellipse une anacoluthe. L'exemple cité me paraît étrange ("Heureux qui comme Ulysse"), dans la mesure où pour Du Bellay il n'y a aucunement agrammaticalité : c'est une construction ordinaire au XVIe siècle. C'est selon la norme de Fontanier, au XVIIIe, qu'il y a transgression de la loi syntaxique. Si toutes les usages abandonnés deviennent des anacoluthes, on ne peut plus rien commenter.
ce n'est pas plus simple de dire que
"Heureux qui"
est la traduction exacte du latinisme: "felix qui"?

et du coup on est bien dans la Renaissance et l'innutrition au lieu d'être dans la grammaire?...

Cela revient à dire que le calque syntaxique est une des conditions dans lesquelles une relative, en français, peut s'affranchir d'antécédent (à l'instar d'une épithète employée sans nom : la relative sans antécédent est l'analogue dans l'ordre de la subordination d'un adjectif substantivé). L'intermédiaire de la syntaxe latine, pour qui l'entend, tend à confirmer qu'il n'est pas nécessaire de postuler une ellipse structurale, qu'il n'y a donc pas de solution de continuité, et a fortiori pas d'anacoluthe comme "figure grammaticale" (interprétation par Dupriez de la position de Fontanier).
Alors que dans l'exemple de Verlaine, il y a bien solution de continuité ; manque et ajout post factum sont deux façons non exclusives mutuellement de le décrire.
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Iphigénie
Enchanteur

Re: Y a-t-il une anacoluthe dans "Mon rêve familier"?

par Iphigénie le Sam 6 Avr 2013 - 9:45
Oui mais c'est une manière très compliquée de dire une chose très simple: Du Bellay a dans la tête le fameux vers des Géorgiques lorsqu'il écrit ce sonnet..


Pour en revenir au poème de Verlaine, le débat sur l'anacoluthe, figure de rupture, finit par faire oublier que dans la musique du poème ce n'est pas tant la discontinuité qui est majeure, je trouve, que la fluidité et la continuité: le plus frappant ce n'est pas l'anacoluthe mais la répétition constante du "et" et les reprises incessantes des mêmes termes.
Pardon de revenir à une explication rudimentaire... Laughing
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Philomèle
Niveau 9

Re: Y a-t-il une anacoluthe dans "Mon rêve familier"?

par Philomèle le Sam 6 Avr 2013 - 11:25
@iphigénie a écrit:MAis oui, Ysabel!
sinon pour la dissertztion savante sur :
*
Sur les derniers éléments en hyperbate, tout le monde est d'accord pour signaler l'ellipse du relatif après la coordination.
Certes, la remarque de Dupriez, après Fontanier, tend à faire de l'ellipse une anacoluthe. L'exemple cité me paraît étrange ("Heureux qui comme Ulysse"), dans la mesure où pour Du Bellay il n'y a aucunement agrammaticalité : c'est une construction ordinaire au XVIe siècle. C'est selon la norme de Fontanier, au XVIIIe, qu'il y a transgression de la loi syntaxique. Si toutes les usages abandonnés deviennent des anacoluthes, on ne peut plus rien commenter.
ce n'est pas plus simple de dire que
"Heureux qui"
est la traduction exacte du latinisme: "felix qui"?

et du coup on est bien dans la Renaissance et l'innutrition au lieu d'être dans la grammaire?...

@iphigénie a écrit:Oui mais c'est une manière très compliquée de dire une chose très simple: Du Bellay a dans la tête le fameux vers des Géorgiques lorsqu'il écrit ce sonnet..


Bonjour Iphigénie,

Je dirais oui et non.

Oui, car dans ce vers, Du Bellay rejoint un tour latin et imite certainement Virgile.

Cela dit, dans l'état de langue du XVIe siècle, l'usage des "relatifs intégrés" (là où nous introduirions un relatif complexe "celui qui", "ce que") est beaucoup plus étendu qu'au XVIIIe siècle, au moment où écrit Fontanier. Même sans imitation directe d'un modèle latin et donc sans calque stylistique, on trouve fréquemment ce type de relative substantive sans démonstratif. D'où mon "non" sur les conclusions.

D'où l'analyse contestable de Fontanier : selon la grammaire du XVIIIe, il perçoit le manque de quelque chose, là où chez Du Bellay, l'état de la langue n'impose pas la présence de l'antécédent.
Du Bellay retrouve un tour latin parce que la langue du XVIe reste encore une langue de transition entre ancien français et français moderne, donc proche du latin sur certains cas de non expres​sion(du type, articles et déterminants en général).
Qu'il imite avec précision un vers latin ne permet pas d'analyser l'absence de "celui (qui)" comme une ellipse d'un élément attendu : citation ou pas citation, choix de style ou fait d'histoire de la grammaire, on n'aurait vraisemblablement pas eu "Heureux celui qui...".

De toute façon, je crois qu'ici tout le monde est d'accord pour dire que l'analyse de Fontanier ne tient pas.
Pour Verlaine, la non expression est différente, puisqu'il ne s'agit pas de l'antécédent mais du relatif lui-même : la transposition de l'analyse de Fontanier au cas Verlaine demande donc réflexion.

@iphigénie a écrit:
Pour en revenir au poème de Verlaine, le débat sur l'anacoluthe, figure de rupture, finit par faire oublier que dans la musique du poème ce n'est pas tant la discontinuité qui est majeure, je trouve, que la fluidité et la continuité: le plus frappant ce n'est pas l'anacoluthe mais la répétition constante du "et" et les reprises incessantes des mêmes termes.
Pardon de revenir à une explication rudimentaire... Laughing

Je rappelle que le point de départ, c'est un collègue à qui un autre collègue a demandé de faire cours sur Verlaine en signalant qu'il fallait enseigner l'anacoluthe.
On pouvait soit lui dire de laisser tomber (résolution du problème par le bas !), soit essayer de se creuser les méninges pour voir en quoi le mot anacoluthe convient bien et a du rendement (résolution du problème par le haut, peut-être...).
L'idée n'est pas de dire : allez-ici, faites un cours de rhétorique à vos lycéens, mais de donner à l'enseignant une longueur d'avance sur ses cours...
Enfin, il me semble...

Quant à l'opposition entre discontinuité et fluidité, peut-être qu'elle rejoint les deux niveaux d'analyses possibles :
- la notion d'anacoluthe nous a fait collectivement chercher des ruptures syntaxiques (sur lesquelles il n'y a pas d'accord entre les intervenants !), en syntaxe de l'énoncé (c'est-à-dire, pour le dire vite, en grammaire scolaire, parfois renforcée par l'analyse rhétorique)
- mais aussi "Nom d'utilisateur" était sur la piste d'une analyse en syntaxe de l'énonciation, ce qui renvoie à l'usage plus souple de la langue orale (avec les effets d'extraction et thématisation par exemple, les ajouts souples ou hyperbates, etc.)

À ce second niveau, on peut tout à fait, je pense, suivre l'intuition d'une "fluidité" lyrique : le mime d'une voix de l'âme, qui serait d'emblée musique, chant. Cela aurait à voir avec ce qu'on a pu nommer beaucoup plus tard le "monologue intérieur", mais relève de la recherche d'écriture de la voix la plus personnelle qui soit, qui ne s'affirme que dans la langue mais se l'approprie par les marques d'émotion et le flottement de la rêverie. Il est possible à ce moment que les "anacoluthes" en faveur desquelles "Nom d'utilisateur" argumente à ce niveau d'analyse (si j'ai bien suivi...) produisent moins des effets choquants de dislocation que de effets musicaux de décousu. Une espèce de fondu impressionniste à partir de la tache de pinceau, ou parallèle à la musicalité selon un autre système de tonalités chez Debussy, par exemple.

Il est certain que la lecture de détail sera toujours commandée par une lecture d'ensemble, et c'est plutôt sain et intelligent !
D'où la diversité des lectures possibles de ces ellipses (ou pas ellipses, d'ailleurs), agrammaticalité ou suspicion d'agrammaticalité, etc. selon l'interprétation d'ensemble.

(Bon, de mon côté, je cesse de polluer ce fil. J'ai passé les six derniers mois sur les poèmes et la langue de Délie pour les cours d'agreg, et la question de l'anacoluthe m'a pas mal travaillée, d'où mon intérêt sur Verlaine... mais il est temps de passer à autre chose... bonne journée et bon travail à tous !)
User5899
Dieu de l'Olympe

Re: Y a-t-il une anacoluthe dans "Mon rêve familier"?

par User5899 le Sam 6 Avr 2013 - 11:41
@Saloum a écrit:Vous pourriez demander la permission avant de me corriger une faute d'orthographe ! Nanméoh ! furieux
Je suis désolé de ne pouvoir réserver une suite favorable à votre requête Very Happy
User5899
Dieu de l'Olympe

Re: Y a-t-il une anacoluthe dans "Mon rêve familier"?

par User5899 le Sam 6 Avr 2013 - 11:46
@Nom d'utilisateur a écrit:BREF :
et que j'aime, et qui m'aime
Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend.
Si ce n'est pas une rupture syntaxique, ça ?!
Ben non. Je ne vois pas de rupture dans ce que vous graissez.
@Nom d'utilisateur a écrit:3) Admettons même (m'aime) que l'expression de Verlaine ne présente aucune anacoluthe et/ou ne repose pas sur la transgression d'une attente syntaxique, soutiendra-t-on qu'il n'y a aucun effet (après tout, on n'est pas forcé de suivre les formalistes affirmant qu'il n'y a d'effet que dans la surprise)? Ce serait tout à fait contre-intuitif. Alors, comment le qualifiera-t-on ? En fait : comment le décrira-t-on ? Après, comme le suggérait Genette, chacun pourra inventer un mot au consonances grecques qui ira bien.
En conclusion : jusqu'à preuve du contraire, c'est bien une anacoluthe.
S'il y a effet, il provient bien plutôt de la relation - syntaxiquement affirmée par l'absence d'anacoluthe - entre "inconnue" et "me comprend" Razz Razz
Je suis très sérieux, ceci dit, votre notion d'attente syntaxique est plaisante, mais enfin, vous pourrez l'appliquer à n'importe quelle période, pour le coup construite de la façon la plus rigoureuse qui soit. Je ne vois donc aucun intérêt à enseigner une notion passe-partout.
Quant à votre anacoluthe ici, que voulez-vous que je vous dise ? Comme elle n'est pas établie, je me verrais obligé de la refuser à l'oral et, à l'écrit, de la rayer.
User5899
Dieu de l'Olympe

Re: Y a-t-il une anacoluthe dans "Mon rêve familier"?

par User5899 le Sam 6 Avr 2013 - 11:56
@Philomèle a écrit:* Sur les derniers éléments en hyperbate
Et mon avatar,il est pas hyperbate ? Razz
User5899
Dieu de l'Olympe

Re: Y a-t-il une anacoluthe dans "Mon rêve familier"?

par User5899 le Sam 6 Avr 2013 - 11:57
@Philomèle a écrit:En somme, je parlerais de syntaxe lâche, assouplie pour épouser les mouvements de la rêverie et des émotions, grâce à une combinaison de choix (procédés) divers qui se confortent. Je ne parlerais pas d'anacoluthe.
Nous serons ainsi parfaitement d'accord.
User5899
Dieu de l'Olympe

Re: Y a-t-il une anacoluthe dans "Mon rêve familier"?

par User5899 le Sam 6 Avr 2013 - 12:00
@Armide a écrit:l'effet de concetto?
L'expression est jolie.

Bien évidemment la brave dame ne m'a jamais donné la réponse à cette question qui depuis m'agite et me tourmente... Je suis prête à entendre toutes vos suggestions. Qu'attendait-elle comme réponse ?
Peut-être seulement que le sonnet est une des formes privilégiées du lyrisme et qu'il permet ce jeu sur la syntaxe qui donne l'impression d'un effort de mémoire pour retrouver la précision de la vision. Je reste assez dubitative.
Et après, d'aucuns me reprochent de demander aux candidats "Quel est selon vous l'intérêt de ce texte ?" Razz Manifestement, en bon petit soldat, cette dame a essayé de trouver des questions intelligentes, et comme l'intelligence ne se décrète pas, elle vous a posé une question idiote, en tout cas déstabilisante inutilement pour un oral de 1re.
User5899
Dieu de l'Olympe

Re: Y a-t-il une anacoluthe dans "Mon rêve familier"?

par User5899 le Sam 6 Avr 2013 - 12:02
@iphigénie a écrit:
@Armide a écrit:l'effet de concetto? L'expression est jolie.
Bien évidemment la brave dame ne m'a jamais donné la réponse à cette question qui depuis m'agite et me tourmente... Je suis prête à entendre toutes vos suggestions. Qu'attendait-elle comme réponse ?
Peut-être seulement que le sonnet est une des formes privilégiées du lyrisme et qu'il permet ce jeu sur la syntaxe qui donne l'impression d'un effort de mémoire pour retrouver la précision de la vision. Je reste assez dubitative.
suis peut-être mauvais esprit, mais en fait de concetto, j'ai plutôt l'impression que c'est plutôt la question-type désormais que l'on pose au bac: la question vide de sens ...(une anacoluthe quelque part dans le raisonnement, en quelque sorte Laughing) Rolling Eyes
Une sorte de concetto en sot majeur, kwa Razz
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Nom d'utilisateur
Niveau 10

Re: Y a-t-il une anacoluthe dans "Mon rêve familier"?

par Nom d'utilisateur le Sam 6 Avr 2013 - 12:32
@Cripure

Heureux homme, qui pouvez envisager une rupture sans la continuité qu'elle suppose, une figure rhétorique sans écart... une forme sans fond ? Certaines pratiques du bouddhisme zen y prétendent, remarquez aal

Pour le reste, je crois que la question méritait qu'on s'y arrêtât un petit peu ; continuera pour soi-même qui veut : heureusement, les enseignants n'ont pas à craindre les ratures des correcteurs.
Merci à Philomène d'avoir joué le jeu !
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Robin
Neoprof expérimenté

Re: Y a-t-il une anacoluthe dans "Mon rêve familier"?

par Robin le Sam 6 Avr 2013 - 12:32
Cripure a écrit:
@Philomèle a écrit:* Sur les derniers éléments en hyperbate
Et mon avatar,il est pas hyperbate ? Razz

Hyperbate par structure symétrique (redondance hyperbolique) et écart du propos par rapport au thème professeur
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Saloum
Habitué du forum

Re: Y a-t-il une anacoluthe dans "Mon rêve familier"?

par Saloum le Sam 6 Avr 2013 - 12:53
Bon, suite à ce débat admirable ( veneration ) dont je n'ai pu que difficilement saisir la portée (pauvre de moi !), j'ai fait mon cours sur Verlaine en expliquant que la syntaxe du poème allait dans le sens de l'onirisme (comme l'a dit Philomèle). Et j'ai laissé tomber l'anacoluthe. J'ai juste parlé de "rupture syntaxique".

Mon remplacement étant terminé, je laisse le soin à mon collègue de revenir sur l'anacoluthe s'il estime devoir l'enseigner à ses élèves.



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Robin
Neoprof expérimenté

Re: Y a-t-il une anacoluthe dans "Mon rêve familier"?

par Robin le Sam 6 Avr 2013 - 12:55
@Saloum a écrit:Bon, suite à ce débat admirable ( veneration ) dont je n'ai pu que difficilement saisir la portée (pauvre de moi !), j'ai fait mon cours sur Verlaine en expliquant que la syntaxe du poème allait dans le sens de l'onirisme (comme l'a dit Philomèle). Et j'ai laissé tomber l'anacoluthe. J'ai juste parlé de "rupture syntaxique".

Mon remplacement étant terminé, je laisse le soin à mon collègue de revenir sur l'anacoluthe s'il estime devoir l'enseigner à ses élèves.




Saloum, vous êtes un sage !
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Philomèle
Niveau 9

Re: Y a-t-il une anacoluthe dans "Mon rêve familier"?

par Philomèle le Sam 6 Avr 2013 - 14:02
@Saloum a écrit:Bon, suite à ce débat admirable ( veneration ) dont je n'ai pu que difficilement saisir la portée (pauvre de moi !), j'ai fait mon cours sur Verlaine en expliquant que la syntaxe du poème allait dans le sens de l'onirisme (comme l'a dit Philomèle). Et j'ai laissé tomber l'anacoluthe. J'ai juste parlé de "rupture syntaxique".

Mon remplacement étant terminé, je laisse le soin à mon collègue de revenir sur l'anacoluthe s'il estime devoir l'enseigner à ses élèves.

Tout est bien qui finit bien ! Je suis sûre que les élèves n'y ont rien perdu... cheers
Et si en plus ils ont goûté un petit peu le poème... Very Happy

Bon courage pour le reste et la suite.
User5899
Dieu de l'Olympe

Re: Y a-t-il une anacoluthe dans "Mon rêve familier"?

par User5899 le Sam 6 Avr 2013 - 16:12
@Saloum a écrit:Bon, suite à ce débat admirable ( veneration ) dont je n'ai pu que difficilement saisir la portée (pauvre de moi !), j'ai fait mon cours sur Verlaine en expliquant que la syntaxe du poème allait dans le sens de l'onirisme (comme l'a dit Philomèle). Et j'ai laissé tomber l'anacoluthe. J'ai juste parlé de "rupture syntaxique".
Et bien sûr, vous avez commenté longuement l'indicatif de "comprend" quand tout, dans cette phrase sans la moindre rupture, appelle le subjonctif "comprenne" Very Happy
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ysabel
Devin

Re: Y a-t-il une anacoluthe dans "Mon rêve familier"?

par ysabel le Sam 6 Avr 2013 - 18:30
Cripure a écrit:
@Philomèle a écrit:* Sur les derniers éléments en hyperbate
Et mon avatar,il est pas hyperbate ? Razz

yesyes

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« vous qui entrez, laissez toute espérance ». Dante

« Il vaut mieux n’avoir rien promis que promettre sans accomplir » (L’Ecclésiaste)
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NLM76
Esprit éclairé

Re: Y a-t-il une anacoluthe dans "Mon rêve familier"?

par NLM76 le Sam 6 Avr 2013 - 21:10
Où elle est passée, la nana qu'aux ruts de Cripure ?
Ok je sors.

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Sites du grip et des gripiens :
http://instruire.fr
http://slecc.fr/GRIP.htm
http://doublecasquette3.eklablog.com/
http://pedagoj.eklablog.com/
www.lettresclassiques.fr
User5899
Dieu de l'Olympe

Re: Y a-t-il une anacoluthe dans "Mon rêve familier"?

par User5899 le Dim 7 Avr 2013 - 0:25
@nlm76 a écrit:Où elle est passée, la nana qu'aux ruts de Cripure ?
Ok je sors.
Mouarf Razz


Mais sérieusement, ça n'interpelle personne "une femme inconnue qui me comprend" ? Ce n'est pas un nécart à la norme ?
avatar
henriette
Médiateur

Re: Y a-t-il une anacoluthe dans "Mon rêve familier"?

par henriette le Dim 7 Avr 2013 - 10:45
Si, c'est en effet un écart, car l'antécédent qualifié d'"inconnu", dans un "rêve étrange", devrait entraîner le subjonctif dans la relative : un telle femme n'existe pas forcément (voire pas du tout).
Mais en même temps, par l'indicatif, présent à partir de "qui n'est chaque fois..." (rétrospectivement, on peut aussi du reste hésiter sur l'analyse d' "aime", et le moment du glissement vers l'indicatif est flou), le poème donne une réalité à cette femme, qui existe dès lors : "car elle me comprend".
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Iphigénie
Enchanteur

Re: Y a-t-il une anacoluthe dans "Mon rêve familier"?

par Iphigénie le Dim 7 Avr 2013 - 10:51
"Je fais le rêve d'une femme inconnue, qui prend le bus tous les matins en ciré jaune."
(bon ok, faudrait être un peu perturbé dans mon exemple...)
Je ne pense pas que l'écart grammatical soit si évident que cela.
Ce serait différent si Verlaine faisait état d'une aspiration à ...Il ne dit pas "je rêve de rencontrer une femme qui puisse me comprendre "
mais " je rêve toutes les nuits que je suis avec une femme qui me comprend".

Sinon pour relancer le débat, ce n'est pas plutôt l'anadiplose, la figure majeure dans ce sonnet? ( Laughing )

ps: j'ai interrogé en bac blanc les élèves d'un collègue totalement fan de stylistique qui m'a fait un développement de 2 minutes sur "mon nom"(dans quel est mon nom" chez Michaux) comme étant un palindrome montrant l'interrogation du personnage sur son identité enfermée dans le cercle de la tautologie 😕
première réaction: c'est fin! / deuxième réaction: c'est capillotracté non?
User5899
Dieu de l'Olympe

Re: Y a-t-il une anacoluthe dans "Mon rêve familier"?

par User5899 le Dim 7 Avr 2013 - 12:01
@iphigénie a écrit:"Je fais le rêve d'une femme inconnue, qui prend le bus tous les matins en ciré jaune."
(bon ok, faudrait être un peu perturbé dans mon exemple...)
Votre exemple est précisément celui pour lequel on utilise basiquement le subjonctif présent, puisque justement, l'existence de cette femme n'est pas assurée dans l'esprit du locuteur.
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Re: Y a-t-il une anacoluthe dans "Mon rêve familier"?

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