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User5899
Dieu de l'Olympe

Re: Y a-t-il une anacoluthe dans "Mon rêve familier"?

par User5899 le Dim 7 Avr 2013 - 12:01
@iphigénie a écrit:"Je fais le rêve d'une femme inconnue, qui prend le bus tous les matins en ciré jaune."
(bon ok, faudrait être un peu perturbé dans mon exemple...)
Votre exemple est précisément celui pour lequel on utilise basiquement le subjonctif présent, puisque justement, l'existence de cette femme n'est pas assurée dans l'esprit du locuteur.
User5899
Dieu de l'Olympe

Re: Y a-t-il une anacoluthe dans "Mon rêve familier"?

par User5899 le Dim 7 Avr 2013 - 12:04
@iphigénie a écrit:"Je fais le rêve d'une femme inconnue, qui prend le bus tous les matins en ciré jaune."
(bon ok, faudrait être un peu perturbé dans mon exemple...)
Je ne pense pas que l'écart grammatical soit si évident que cela.
Ce serait différent si Verlaine faisait état d'une aspiration à ...Il ne dit pas "je rêve de rencontrer une femme qui puisse me comprendre "
mais " je rêve toutes les nuits que je suis avec une femme qui me comprend".

Sinon pour relancer le débat, ce n'est pas plutôt l'anadiplose, la figure majeure dans ce sonnet? ( Laughing )

ps: j'ai interrogé en bac blanc les élèves d'un collègue totalement fan de stylistique qui m'a fait un développement de 2 minutes sur "mon nom"(dans quel est mon nom" chez Michaux) comme étant un palindrome montrant l'interrogation du personnage sur son identité enfermée dans le cercle de la tautologie 😕
première réaction: c'est fin! / deuxième réaction: c'est capillotracté non?
Ben au moins ne peut-on reprocher à ce collègue et à ce candidat d'avoir inventé le palindrome Smile Après, l'interprétation... Ca ne me semble pas idiot du tout, en soi. L'interprétation étant le va et vient entre un texte et un lecteur, on est quand même amené à écouter des choses parfois déroutantes.Mais peut-on, dans ce cas, honnêtement refuser ce discours ?
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Iphigénie
Enchanteur

Re: Y a-t-il une anacoluthe dans "Mon rêve familier"?

par Iphigénie le Dim 7 Avr 2013 - 12:14
Cripure a écrit:
@iphigénie a écrit:"Je fais le rêve d'une femme inconnue, qui prend le bus tous les matins en ciré jaune."
(bon ok, faudrait être un peu perturbé dans mon exemple...)
Votre exemple est précisément celui pour lequel on utilise basiquement le subjonctif présent, puisque justement, l'existence de cette femme n'est pas assurée dans l'esprit du locuteur.
Vous diriez ici "qui prenne le bus"?
Pour ma part je lis ici la relative non pas comme l'expression du rêve mais comme la description du personnage rêvé: dans le rêve, elle est.

Pour le palindrome, j'ai accepté, je vous rassure,d'autant que cela ne se limitait pas à l'identification mais qu'il y avait une interprétation; mais je suis un peu dubitative , j'ai l'impression d'une sur-interprétation, mais bon....

Pour revenir à Verlaine, tout le sonnet est au présent de l'indicatif, sauf le dernier vers et son retour du temps, justement, passé et irréversible alors que le rêve est dans une sorte de suspension du temps: tout devient possible, mieux, tout est- Le présent de l'indicatif me paraît justement "nécessaire" dans la structure du sonnet ici.
(c'est peut-être d'ailleurs le sens de l'obscure question posée au bac par la collègue?)
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Saloum
Habitué du forum

Re: Y a-t-il une anacoluthe dans "Mon rêve familier"?

par Saloum le Dim 7 Avr 2013 - 12:47
Je suis d'accord. Il y a une déréalisation progressive de la femme dans ce poème. Dans les quatrains, elle existe, dans le rêve certes, mais ce rêve prend corps pour le poète (elle s'incarne par l'amour qu'elle lui porte), puis elle lui échappe (dans les tercets, elle se désincarne). Même si évidemment, cette irréalité affleure dès le début, mine de rien. La lecture des tercets invite à une relecture des quatrains où l'on achoppe sur "étrange", "inconnue" et "ni tout à fait...". La structure du sonnet est parlante ici. L'emploi de l'indicatif ne me choque pas outre mesure, mais il montre bien que le poète est dans une sorte d'hallucination.
User5899
Dieu de l'Olympe

Re: Y a-t-il une anacoluthe dans "Mon rêve familier"?

par User5899 le Dim 7 Avr 2013 - 14:01
@iphigénie a écrit:
Cripure a écrit:
@iphigénie a écrit:"Je fais le rêve d'une femme inconnue, qui prend le bus tous les matins en ciré jaune."
(bon ok, faudrait être un peu perturbé dans mon exemple...)
Votre exemple est précisément celui pour lequel on utilise basiquement le subjonctif présent, puisque justement, l'existence de cette femme n'est pas assurée dans l'esprit du locuteur.
Vous diriez ici "qui prenne le bus"?
Pour ma part je lis ici la relative non pas comme l'expression du rêve mais comme la description du personnage rêvé: dans le rêve, elle est.
Voilà, rêvée. C'est l'occasion ou jamais d'utiliser le subjonctif, l'indicatif étant destiné aux actions 1) réelles 2) présentées comme réelles.
Après, on peut toujours aller contre l'emploi régulier, heureusement ! Et l'indicatif "prend" est alors employé comme "comprend" chez Verlaine.Parce qu'il y a un écart.
User5899
Dieu de l'Olympe

Re: Y a-t-il une anacoluthe dans "Mon rêve familier"?

par User5899 le Dim 7 Avr 2013 - 14:02
@iphigénie a écrit:
Cripure a écrit:
@iphigénie a écrit:"Je fais le rêve d'une femme inconnue, qui prend le bus tous les matins en ciré jaune."
(bon ok, faudrait être un peu perturbé dans mon exemple...)
Votre exemple est précisément celui pour lequel on utilise basiquement le subjonctif présent, puisque justement, l'existence de cette femme n'est pas assurée dans l'esprit du locuteur.
Vous diriez ici "qui prenne le bus"?
Pour ma part je lis ici la relative non pas comme l'expression du rêve mais comme la description du personnage rêvé: dans le rêve, elle est.

Pour le palindrome, j'ai accepté, je vous rassure,d'autant que cela ne se limitait pas à l'identification mais qu'il y avait une interprétation; mais je suis un peu dubitative , j'ai l'impression d'une sur-interprétation, mais bon....

Pour revenir à Verlaine, tout le sonnet est au présent de l'indicatif, sauf le dernier vers et son retour du temps, justement, passé et irréversible alors que le rêve est dans une sorte de suspension du temps: tout devient possible, mieux, tout est- Le présent de l'indicatif me paraît justement "nécessaire" dans la structure du sonnet ici.
(c'est peut-être d'ailleurs le sens de l'obscure question posée au bac par la collègue?)
Mais je ne veux pas corriger Verlaine Very Happy Je baserais juste mon commentaire sur le fait que l'indicatif ne va pas de soi.
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Robin
Neoprof expérimenté

Re: Y a-t-il une anacoluthe dans "Mon rêve familier"?

par Robin le Lun 8 Avr 2013 - 5:13
Cripure a écrit:
@iphigénie a écrit:
Cripure a écrit:
@iphigénie a écrit:"Je fais le rêve d'une femme inconnue, qui prend le bus tous les matins en ciré jaune."
(bon ok, faudrait être un peu perturbé dans mon exemple...)
Votre exemple est précisément celui pour lequel on utilise basiquement le subjonctif présent, puisque justement, l'existence de cette femme n'est pas assurée dans l'esprit du locuteur.
Vous diriez ici "qui prenne le bus"?
Pour ma part je lis ici la relative non pas comme l'expression du rêve mais comme la description du personnage rêvé: dans le rêve, elle est.
Voilà, rêvée. C'est l'occasion ou jamais d'utiliser le subjonctif, l'indicatif étant destiné aux actions 1) réelles 2) présentées comme réelles.
Après, on peut toujours aller contre l'emploi régulier, heureusement ! Et l'indicatif "prend" est alors employé comme "comprend" chez Verlaine.Parce qu'il y a un écart.

C'est le moment de sortir Freud : "le rêve est LA REALISATION d'un désir."
User5899
Dieu de l'Olympe

Re: Y a-t-il une anacoluthe dans "Mon rêve familier"?

par User5899 le Lun 8 Avr 2013 - 10:42
@Robin a écrit:
Cripure a écrit:
@iphigénie a écrit:
Cripure a écrit:
@iphigénie a écrit:"Je fais le rêve d'une femme inconnue, qui prend le bus tous les matins en ciré jaune."
(bon ok, faudrait être un peu perturbé dans mon exemple...)
Votre exemple est précisément celui pour lequel on utilise basiquement le subjonctif présent, puisque justement, l'existence de cette femme n'est pas assurée dans l'esprit du locuteur.
Vous diriez ici "qui prenne le bus"?
Pour ma part je lis ici la relative non pas comme l'expression du rêve mais comme la description du personnage rêvé: dans le rêve, elle est.
Voilà, rêvée. C'est l'occasion ou jamais d'utiliser le subjonctif, l'indicatif étant destiné aux actions 1) réelles 2) présentées comme réelles.
Après, on peut toujours aller contre l'emploi régulier, heureusement ! Et l'indicatif "prend" est alors employé comme "comprend" chez Verlaine.Parce qu'il y a un écart.

C'est le moment de sortir Freud : "le rêve est LA REALISATION d'un désir."
Et souvent, hélas, désir seul de réalisation.
Vous avez six heures professeur
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Robin
Neoprof expérimenté

Re: Y a-t-il une anacoluthe dans "Mon rêve familier"?

par Robin le Lun 8 Avr 2013 - 21:40
"Le rêve est la réalisation"... Freud ajoute assez prosaïquement... la réalisation du désir ... de dormir ! Very Happy
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Re: Y a-t-il une anacoluthe dans "Mon rêve familier"?

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