Doute : j'hésite à devenir prof

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Re: Doute : j'hésite à devenir prof

Message par meldc le Ven 19 Avr 2013 - 9:35

quand j'étais ado, les profs nous déconseillaient déjà de faire ce métier, et pourtant la situation dans les écoles et dans les classes n'était pas aussi terrible qu'elle l'est maintenant...
Et pourtant, presque 20 ans après, je pense à y revenir finalement.

De toute manière, il faut bien qu'il y ait des profs, non ?

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Re: Doute : j'hésite à devenir prof

Message par Leclochard le Ven 19 Avr 2013 - 10:27

@meldc a écrit:quand j'étais ado, les profs nous déconseillaient déjà de faire ce métier, et pourtant la situation dans les écoles et dans les classes n'était pas aussi terrible qu'elle l'est maintenant...
Et pourtant, presque 20 ans après, je pense à y revenir finalement.

De toute manière, il faut bien qu'il y ait des profs, non ?

Et des gardiens de prison, des éboueurs, du personnel dans les pompes funèbres, des contrôleurs dans les trains..

Conseillerais-tu ce métier à tes enfants ?

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Re: Doute : j'hésite à devenir prof

Message par meldc le Ven 19 Avr 2013 - 10:38

s'ils ont envie de le faire, je ne les découragerais pas en tout cas. Quand j'étais petite, on me disait "il n'y a pas de sot métier"...
Le métier idéal, il ne faut pas se leurrer, il n'existe pas. Il faut juste voir quel avantage on peut trouver à celui qu'on fait. Et se laisser la possibilité de changer le cas échéant. Personne n'est obligé de rester à vie à faire le même métier. Même si ce n'est pas toujours facile de changer, on est d'accord.

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Re: Doute : j'hésite à devenir prof

Message par barsanges le Ven 19 Avr 2013 - 10:45

Bonjour,

En fait la réponse ne peut être que relative, qu'y a-t-il en face et qu'en sera-t-il plus tard ? Je pense qu'à la différence des vieux comme moi qui n'avaient pas été prévenus dans les années 70_80 que le XXIème siècle serait un nouveau siècle des lumières pour l'école, ceux qui veulent y entrer sont au courant de ce qu’il s'y passe. Les jeunes ont le droit d'y recroire, mais surtout à ce qu'il me semble en voir, leurs soucis ne sont pas les mêmes, si l'on parle de Freinet, de didactique avec les outils informatiques, on se sent un peu... trop jeune Shocked "on" me dit que je suis trop exigeant.

Dans ma région par exemple, le conseil régional impose des "ent" mais dans un usage d'abord administratif et non didactique. Oh oui, c'est la faute aux profs, on leur "donne" des outils et ils ne font rien. C'est un peu comme pour une voiture en panne, tu lèves le capot, tu jettes des boulons, des ampoules de phare, de l'acide de batterie, un cric, des bougies et tu dis saleté de voiture française, j'y ai mis un de ces pognons et elle veut rien savoir, c'est décidé j’achète une allemande. La micro informatique est arrivée à la fin des années 70, trente-cinq ans après, on nous propose un outil pour gérer les cahiers de textes et les absences... Que s'est-il passé. entre temps ? je sais qu'ailleurs, Montpellier par exemple, le conseil régional a mis eu moins en place des lms Moodle avec de la formation associée.

Tout ça pour dire, qu'il me semble qu'il est plus difficile de se faire des illusions dorénavant, il y a une perte considérable de sens dans notre boulot, mais maintenant tout le monde est prévenu on ne pourra plus trop dire j' savais pas, donc pourquoi pas si l'on y croit sans sa tête.


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Re: Doute : j'hésite à devenir prof

Message par tango le Ven 19 Avr 2013 - 10:49

@ladyantilles a écrit:
tango33 a écrit:

perso j'ai quitté le privé pour enseigner... et je ne regrette pas! même s'il y a de nombreuses incohérences (et le mot est faible), je détestais tellement mon ancien métier qu'être prof est une progression! imaginez...
Es tu tombe sur de mauvais etablissements? Vu que je suis tombee sur deux mauvais etablissements deux annees de suite, y'a de quoi etre amere Evil or Very Mad

cette année le lycée est correct mais l'an prochain je serai TZR donc tout peut arriver et comme je n'ai pas beaucoup de points...
en même temps je fais les STG donc dans tous les cas les élèves ne sont pas top. Cela dit on s'y fait, le relationnel avec eux me plait beaucoup. malgré de nombreux incidents dans et hors des cours... et l'inculture générale...

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Re: Doute : j'hésite à devenir prof

Message par barsanges le Ven 19 Avr 2013 - 10:58

Bonjour Tango,

[quote="tango33"][quote="ladyantilles"]
tango33 a écrit:
et l'inculture générale...

Au moins maintenant lorsque l'on entend le mot culture, plus besoin de sortir notre révolver, c'est déjà exécuté Laughing

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Re: Doute : j'hésite à devenir prof

Message par Leclochard le Ven 19 Avr 2013 - 11:21

@meldc a écrit:s'ils ont envie de le faire, je ne les découragerais pas en tout cas. Quand j'étais petite, on me disait "il n'y a pas de sot métier"...
Le métier idéal, il ne faut pas se leurrer, il n'existe pas. Il faut juste voir quel avantage on peut trouver à celui qu'on fait. Et se laisser la possibilité de changer le cas échéant. Personne n'est obligé de rester à vie à faire le même métier. Même si ce n'est pas toujours facile de changer, on est d'accord.

Justement, s'il y a un métier que je connais et que je peux deconseiller c'est celui-là. Après si tu es agrégé dans un petit collège pépère de province, que tu n'as pas de grandes ambitions, et que tu n'as pas peur de te répéter durant 40 ans, pourquoi pas ?

Le métier idéal dépend de la personnalité de chacun. Il n'est pas universel. Cependant, il y a objectivement une dégradation des conditions d'enseignement. Un métier peu valorisé, assez mal payé et qu'on ne peut tout simplement pas exercer normalement dans beaucoup d'endroits est difficilement idéalisable à moins d'être dans une illusion.

Si l'on pouvait se reconvertir facilement après 10 ans, je serais curieux de savoir combien d'entre nous partiraient.

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Re: Doute : j'hésite à devenir prof

Message par tango le Ven 19 Avr 2013 - 11:48

[quote="barsanges"]Bonjour Tango,

[quote="tango33"]
@ladyantilles a écrit:
tango33 a écrit:
et l'inculture générale...

Au moins maintenant lorsque l'on entend le mot culture, plus besoin de sortir notre révolver, c'est déjà exécuté Laughing
pas mieux! wanted

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Re: Doute : j'hésite à devenir prof

Message par barsanges le Ven 19 Avr 2013 - 12:08

[quote="Leclochard"]
@meldc a écrit:Si l'on pouvait se reconvertir facilement après 10 ans, je serais curieux de savoir combien d'entre nous partiraient.

Nous avons un élément de réponse, je ne sais plus quel est l'organisme qui a publié récemment une "étude" un peu étendue, qui indique d'un tiers des enseignants ont pensé à se faire la malle et très peu directeurs.

Je ne sais plus si c'est l'autonome de solidarité ou qui, quelqu'un doit pouvoir préciser si nécessaire. J'avais du lire cela dans la liste de diffusion du CEREN ou de l'AFUL. On y lisait que 30 % (incertain) des enseignants disaient avoir de mauvaises relations avec leur direction et mettons 5 % des directeurs disaient avoir de mauvaises relation avec les enseignants. Un collègue avait alors ajouté : C'est à se demander si l'on travaille dans les mêmes établissements. Laughing

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Re: Doute : j'hésite à devenir prof

Message par Malaca le Ven 19 Avr 2013 - 12:16

@ladyantilles a écrit:
@Leclochard a écrit:
@ladyantilles a écrit:
@Leclochard a écrit:

Ce sont des inconscients ou... des pigeons. Ils vont découvrir toutes les joies du débutant (petit traitement, mut aléatoire..) à un âge où il est plus difficile de les supporter. Bon courage à eux !
Ils doivent vivre dans une grotte alors qu'on entend partout que les conditions de travail sont penibles

Oui. C'est la seule explication.
"tiens, je vais changer de métier. Pourquoi pas gardienne de prison ? Ou caissière. Non, finalement, ce sera prof en banlieue. Super! Je vais me faire 1600 euros par mois et j'aurai plein de vacances qui me permettront de me reposer. J'ai trois enfants. Je sais m'y prendre avec eux. Et puis 18 heures de boulot seulement, c'est cool."
LOl. Hate de savoir combien d'entre eux ont deja demissionne

Non, ce n'est pas la seule explication !
J'en connais de ces soit disant "hommes des cavernes" ...

Je suis d'ailleurs moi-même arrivée dans l'enseignement en deuxième carrière, mais c'était en filigrane dès le début, je voulais juste faire autre chose avant ... et le fait de changer de métier plusieurs fois dans sa carrière n'est pas si caricatural, et ne me semble pas si incongru ... pas plus que de faire le même métier pendant plus de 40 ans et finir aigri !

Il faut quand même aussi avoir à l'esprit que tout n'est pas rose dans le privé, que les salaires ne sont pas mirobolants partout, que les horaires/déplacements/responsabilités/objectifs de résultats / pression / hiérarchie omniprésente et omnipotente (...) rendent aussi les conditions de travail pénibles, et qu'avec la crise on est à la merci d'un licenciement. Avec l'âge il est encore plus difficile de retrouver un emploi, sûrement plus que de supporter "les joies de débutant" de prof fonctionnaire

De plus l'apanage de l'âge c'est justement de pouvoir relativiser pas mal de choses, de prendre de la distance, de savoir faire la part des choses, grace à l'expérience - même acquise dans un autre métier - d'avoir une personnalité assurée, une autorité mieux assise.
Je peux vous dire que les personnes que je connais se posent bien moins de questions, et bien loin de déchanter profitent de la sécurité de l'emploi et d'un certain confort dans l'exercice après quelques années Very Happy

Cela peut donc tout à fait être un choix éclairé Wink
Ceci pour relativiser les jugements à l'emporte pièce !

Ce qui importe c'est d'avoir bien conscience des conditions quand on décide de faire ce métier ...

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Re: Doute : j'hésite à devenir prof

Message par Mike92 le Ven 19 Avr 2013 - 12:35

Je me demande quand même comment font les collègues disposant du seul traitement de prof, même agrégé, pour se loger en Ile de France ? Quand je suis arrivé dans le chic 92, je gagnais (agrégé depuis 6 ans) 9000FF ; les loyers pour un appartement de 65 m2 étaient autour de 4500FF. je me suis donc logé dans une sorte d'HLM à Rueil-Malmaison.

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site : http://allemand-postbac.npage.de
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Re: Doute : j'hésite à devenir prof

Message par orelyde le Ven 19 Avr 2013 - 12:43

@Mike92 a écrit:Je me demande quand même comment font les collègues disposant du seul traitement de prof, même agrégé, pour se loger en Ile de France ? Quand je suis arrivé dans le chic 92, je gagnais (agrégé depuis 6 ans) 9000FF ; les loyers pour un appartement de 65 m2 étaient autour de 4500FF. je me suis donc logé dans une sorte d'HLM à Rueil-Malmaison.

+ 1000 !!!
C'est aussi le cas en province.... Maître aux. sans l'aide de mes parents j'aurais été contrainte de prendre un poste peut-être moins intéressant pour moi, mais en CDI,afin de me loger... C'est un sacré dilemme, je fais un métier que j'adore mais que la précarité rend de plus en plus compliqué à gérer...

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Re: Doute : j'hésite à devenir prof

Message par meldc le Ven 19 Avr 2013 - 13:12

malaca, merci pour ton témoignage.

En fait, ce qui me gêne dans de nombreux discours, c'est de dire "non, ne faites pas ce métier".
Quand j'étais ado, on m'a dit "ne fais pas prof, ce n'est pas un métier agréable", "ne fais pas assistante sociale, tu es trop sensible", "ne fais pas psycho, il n'y a pas de débouché"... C'est tellement facile de dire ce qu'il ne faut pas faire. Ce discours négativiste me gêne un peu.
Je pense qu'il faut plutôt informer du revers de la médaille d'un métier, quel qu'il soit, plutôt que de le déconseiller à tout prix.

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Re: Doute : j'hésite à devenir prof

Message par Mike92 le Ven 19 Avr 2013 - 13:31

Je pense qu'il faut plutôt informer du revers de la médaille d'un métier, quel qu'il soit, plutôt que de le déconseiller à tout prix.
bien sûr, mais il peut être gênant de devoir expliquer en détail à des proches ou enfants d'amis à quel point on peut en baver... après avoir fait de longues études... on préfère souvent ne pas s'attarder à la description de situations peu flatteuses pour nous.

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Re: Doute : j'hésite à devenir prof

Message par orelyde le Ven 19 Avr 2013 - 13:34

Merci Mike je n'aurais pas dit mieux....

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Re: Doute : j'hésite à devenir prof

Message par Leclochard le Ven 19 Avr 2013 - 14:47

@Malaca a écrit:
Non, ce n'est pas la seule explication !
J'en connais de ces soit disant "hommes des cavernes" ...

Je suis d'ailleurs moi-même arrivée dans l'enseignement en deuxième carrière, mais c'était en filigrane dès le début, je voulais juste faire autre chose avant ... et le fait de changer de métier plusieurs fois dans sa carrière n'est pas si caricatural, et ne me semble pas si incongru ... pas plus que de faire le même métier pendant plus de 40 ans et finir aigri !

Il faut quand même aussi avoir à l'esprit que tout n'est pas rose dans le privé, que les salaires ne sont pas mirobolants partout, que les horaires/déplacements/responsabilités/objectifs de résultats / pression / hiérarchie omniprésente et omnipotente (...) rendent aussi les conditions de travail pénibles, et qu'avec la crise on est à la merci d'un licenciement. Avec l'âge il est encore plus difficile de retrouver un emploi, sûrement plus que de supporter "les joies de débutant" de prof fonctionnaire

De plus l'apanage de l'âge c'est justement de pouvoir relativiser pas mal de choses, de prendre de la distance, de savoir faire la part des choses, grace à l'expérience - même acquise dans un autre métier - d'avoir une personnalité assurée, une autorité mieux assise.
Je peux vous dire que les personnes que je connais se posent bien moins de questions, et bien loin de déchanter profitent de la sécurité de l'emploi et d'un certain confort dans l'exercice après quelques années Very Happy

Cela peut donc tout à fait être un choix éclairé Wink
Ceci pour relativiser les jugements à l'emporte pièce !

Ce qui importe c'est d'avoir bien conscience des conditions quand on décide de faire ce métier ...

Je suis tout à fait d'accord avec toi pour dire que c'est bon de changer de métier. Mais cela ne veut pas dire tomber de Charybde en Scylla.
Lorsqu'on parle du privé, il n'y a pas que l'emploi salarié et la reconversion n'implique pas automatiquement de passer un concours. Si je devais partir, ce serait plutôt pour devenir indépendant.
Je suis d'accord avec toi : beaucoup se posent moins de questions après quelques années et se portent très bien. C'est le portrait caricatural de l'agrégé de province que j'évoquais plus haut. Toutefois, je ne sais si c'est possible ou souhaitable de lui ressembler.
Les nouveaux convertis, de toute façon, ont plus de chance de se retrouver à galérer dans un collège pourri de banlieue que dans un bon établissement de Nantes. Pas évident; surtout quand on a déjà une vie de famille.

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Re: Doute : j'hésite à devenir prof

Message par Leclochard le Ven 19 Avr 2013 - 14:52

@meldc a écrit:malaca, merci pour ton témoignage.

En fait, ce qui me gêne dans de nombreux discours, c'est de dire "non, ne faites pas ce métier".
Quand j'étais ado, on m'a dit "ne fais pas prof, ce n'est pas un métier agréable", "ne fais pas assistante sociale, tu es trop sensible", "ne fais pas psycho, il n'y a pas de débouché"... C'est tellement facile de dire ce qu'il ne faut pas faire. Ce discours négativiste me gêne un peu.
Je pense qu'il faut plutôt informer du revers de la médaille d'un métier, quel qu'il soit, plutôt que de le déconseiller à tout prix.

En même temps, en proposant de tels métiers à tes parents, tu ne pouvais que les effrayer. abd

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Re: Doute : j'hésite à devenir prof

Message par Mike92 le Ven 19 Avr 2013 - 15:14

beaucoup se posent moins de questions après quelques années et se portent très bien. C'est le portrait caricatural de l'agrégé de province que j'évoquais plus haut. Toutefois, je ne sais si c'est possible ou souhaitable de lui ressembler.
Je me demande s'ils sont si nombreux à se contenter de si peu ? parce que, tout de même, on ne se lance pas dans une agreg sans intérêts plus ou moins intellectuels ?? ou sans désir de s'adresser à un public plus intéressant, plus accroché ? la routine, ça manque d'imprévu !
Les nouveaux convertis, de toute façon, ont plus de chance de se retrouver à galérer dans un collège pourri de banlieue que dans un bon établissement de Nantes. Pas évident; surtout quand on a déjà une vie de famille.
Et encore moins évident quand on n'a pas de vie de famille !!!

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Re: Doute : j'hésite à devenir prof

Message par Lefteris le Ven 19 Avr 2013 - 15:29

@Malaca a écrit:
De plus l'apanage de l'âge c'est justement de pouvoir relativiser pas mal de choses, de prendre de la distance, de savoir faire la part des choses, grace à l'expérience - même acquise dans un autre métier - d'avoir une personnalité assurée, une autorité mieux assise.
Je peux vous dire que les personnes que je connais se posent bien moins de questions, et bien loin de déchanter profitent de la sécurité de l'emploi et d'un certain confort dans l'exercice après quelques années Very Happy
Ma manière de voir va exactement dans ce sens, il faut voir des choses très concrètes. Je ne viens pas du privé, mais du public, et je me suis assuré d'être nommé sur place, d'être reclassé financièrement comme il faut , avant d'accepter. (D'ailleurs j'ai eu deux fois le Capes, j'ai démissionné une première fois le jour de la prise de poste, en raison d'un reclassement défavorable).
Ma vie est agréable, parce qu'à défaut d'un métier intéressant, malgré un salaire moindre que ce que j'avais , je suis à quelques minutes à pied, j'arrive à m'organiser dans la vie , j'ai une certaine sensation de liberté par ce que j'ai l'âge et le caractère à me détacher des relations hiérarchiques , je ne vis pas au boulot. M ais je me rends parfaitement compte que si je comptais sur mon métier pur m'épanouir, je serais malheureux. Si en plus comme certains collègues j'avais des problèmes d'argent, de logement, de transport, et par dessus le marché des relations conflictuelles, ce serait infernal.
Or, des collègues dans des situations difficiles, j'en vois de plus en plus.

@Leclochard a écrit:
Je suis tout à fait d'accord avec toi pour dire que c'est bon de changer de métier. Mais cela ne veut pas dire tomber de Charybde en Scylla.
Lorsqu'on parle du privé, il n'y a pas que l'emploi salarié et la reconversion n'implique pas automatiquement de passer un concours. Si je devais partir, ce serait plutôt pour devenir indépendant.
Je suis d'accord avec toi : beaucoup se posent moins de questions après quelques années et se portent très bien. C'est le portrait caricatural de l'agrégé de province que j'évoquais plus haut. Toutefois, je ne sais si c'est possible ou souhaitable de lui ressembler.
Les nouveaux convertis, de toute façon, ont plus de chance de se retrouver à galérer dans un collège pourri de banlieue que dans un bon établissement de Nantes. Pas évident; surtout quand on a déjà une vie de famille.
Changer de métier est quand même très pénible, car outre la perte de salaire parfois , il faut vraiment recommencer beaucoup de choses à zéro , et hormis le privé, si , il faut passer des concours.J'ai passé deux fois le capes (bon, démission la première fois) et 3 fois l'agreg humhum , à un âge où certains sont en roue libre, tout ça pour gagner moins bien ma vie. Et je ne parle pas de bâtons dans les roues qui sont mis (pur les reclassements, entre autres, j'ai passé 6 ou 7 ans en litige).
Maintenant , je crois que la "caricature" vaut pour tout le monde pas seulement l'agrégé de province. Pour tout professeur qui a suffisamment d'ancienneté pour trouver un poste à sa convenance, qui prend son métier pour un métier et non un sacerdoce dont dépend son être le plus intime, et qui a une vie à côté, permettant de prendre du recul.
Mais effectivement, repartir à zéro pour aller se faire insulter dans un collège pourri d'une région sinistrée avec un salaire de catégorie C , ça demande réflexion.


Je me demande s'ils sont si nombreux à se contenter de si peu ? parce que, tout de même, on ne se lance pas dans une agreg sans intérêts plus ou moins intellectuels ?? ou sans désir de s'adresser à un public plus intéressant, plus accroché ? la routine, ça manque d'imprévu
Tu n'as pas tort : quelqu'un de moins de 20 ans peut légitimement hésiter devant minimum 6 ans d'étude (master + concours obtenu au premier coup) pour se retrouver devant certains publics et avec un traitement inférieur à n'importe quel corps équivalent de la fonction publique. Et tout ça sans aucune certitude d'avoir ni un bon établissement, ni un bon public. D'ailleurs beaucoup de normaliens démissionnent devant la réalité.
L'agreg, c'est bien quand on est déjà dans la souricière, autant avancer...


Dernière édition par Lefteris le Ven 19 Avr 2013 - 15:44, édité 2 fois

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Re: Doute : j'hésite à devenir prof

Message par meldc le Ven 19 Avr 2013 - 15:36

@Leclochard a écrit:
@meldc a écrit:malaca, merci pour ton témoignage.

En fait, ce qui me gêne dans de nombreux discours, c'est de dire "non, ne faites pas ce métier".
Quand j'étais ado, on m'a dit "ne fais pas prof, ce n'est pas un métier agréable", "ne fais pas assistante sociale, tu es trop sensible", "ne fais pas psycho, il n'y a pas de débouché"... C'est tellement facile de dire ce qu'il ne faut pas faire. Ce discours négativiste me gêne un peu.
Je pense qu'il faut plutôt informer du revers de la médaille d'un métier, quel qu'il soit, plutôt que de le déconseiller à tout prix.

En même temps, en proposant de tels métiers à tes parents, tu ne pouvais que les effrayer. abd
euh scratch ces discours étaient tenus par les profs.
mais mon message avait principalement pour but de pointer du doigt un discours qui dit "ne fais surtout pas ça" au lieu de "fais ton choix en connaissance de cause".

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Re: Doute : j'hésite à devenir prof

Message par Hérodoute le Ven 19 Avr 2013 - 15:56

Prof : Un superbe métier, une passion et un grand nombre de collègues qui se donnent à fond pour les gamins... mais aussi...qu'est-ce qu'il y a comme imbéciles imbus d'eux-mêmes quand même !!!...






pas vrai




... Quoique parfois... abg

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Re: Doute : j'hésite à devenir prof

Message par ladyantilles le Ven 19 Avr 2013 - 16:02

Je suis decue d'avoir fait tant d'etudes pour faire plus de garderie que de cours. J'attends l'annee prochaine pour etre dans un etablissement digne de ce nom. Je savais que ce n'etait pas facile d'etre enseignant mais tant qu'on est pas dans le bain, on ne sait pas a quel point c'est penible: apologie de la paresse, la politique du moindre effort des eleves, infantilisation , reproches constants des CDE, ingratitude des parents d'eleves, moyens materiels presqu'inexistants etc.

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Re: Doute : j'hésite à devenir prof

Message par Lefteris le Ven 19 Avr 2013 - 17:09

@ladyantilles a écrit:Je suis decue d'avoir fait tant d'etudes pour faire plus de garderie que de cours. J'attends l'annee prochaine pour etre dans un etablissement digne de ce nom. Je savais que ce n'etait pas facile d'etre enseignant mais tant qu'on est pas dans le bain, on ne sait pas a quel point c'est penible: apologie de la paresse, la politique du moindre effort des eleves, infantilisation , reproches constants des CDE, ingratitude des parents d'eleves, moyens materiels presqu'inexistants etc.
Tu touches du doigt le problème : c'est la loterie. Tout dépend où l'on tombe, les classes que l'on a, la direction, les collègues parfois. Ca peut être infernal. Parfois, contre toute attente, certains s'en sortent, j'ai même vu des premières affectations en région parisienne correctes , coup de pot pour de jeunes collègues.

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Re: Doute : j'hésite à devenir prof

Message par Lorine le Ven 19 Avr 2013 - 18:22

@Lefteris a écrit:
@ladyantilles a écrit:
@lorine a écrit:
@Dinaaa a écrit:@Reine Margot :
Pour préciser ma pensée, je dirais que "prof de Français" est un rôle que j'endosse quand j'arrive au collège.
C'est juste un rôle à jouer, faut pas trop dramatiser les provocations des élèves, les remarques des parents, les débilités du chef, etc.
Quand je rentre chez moi, tout ça reste très loin, dans un autre monde. Wink

et comment y arrives tu? moi j'essaie depuis des années, en vain...
Je me pose aussi la question. Comment peut-on evacuer dans son esprit certaines journees horribles de cours?
Tout simplement en passant rapidement à autre chose de plus important: notre vie.

Oui mais ce n'est pas évident de passer à autre chose quand on doit bosser en rentrant à la maison. IL faut alors décider de moins bosser chez soi, de le faire au bahutt, ou ne pas bosser Razz . Mais moi , les week end, je bosse toujours un minimum.

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Re: Doute : j'hésite à devenir prof

Message par Reine Margot le Ven 19 Avr 2013 - 18:26

honnêtement j'ai toujours trouvé que prof était un métier où justement la frontière avec la vie privée était très floue, car c'est avec notre personnalité qu'on fait cours, je crois peu au "rôle" permanent, même si parfois quelques "trucs" peuvent aider et qu'on "joue" un peu au prof, car notre vrai moi surgit toujours. et c'est ce qui est si envahissant une fois rentré chez soi.

maintenant avec mon boulot actuel là je sens la césure nette.

_________________
1 enseignant molesté, c’est un fait divers, pas un phénomène de société.
2 enseignants molestés, c’est un fait divers, pas un phénomène de société.
150 enseignants molestés, ce sont des faits divers, pas des phénomènes de société.
151 enseignants molestés, ce sont des faits divers, pas des phénomènes de société.
………………………………
[la progression arithmétique se poursuit en série]
…………………………………..
156 879 enseignants molestés, ce sont des faits divers, pas des phénomènes de société.
156 880 enseignants molestés, ce sont des faits divers, pas des phénomènes de société. »

Reine Margot
Demi-dieu


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Re: Doute : j'hésite à devenir prof

Message par bikkhou le Ven 19 Avr 2013 - 18:34

Je me retrouve bien dans tes mots, Reine Margot.
Je me demande d'ailleurs si pour moi, ce flou n'est pas ce qui m'exténue totalement. Même les soit disant astuces me fatiguent...
Je reste attachée au métier et contrairement à toi qui a décidé de t'en passer, j'essaie quant à moi de décrocher le capes à 40 ans. Mais tes mots me laissent rêveuse. Est-ce que je fais le bon choix ? Je crois que je serai capable de démissionner si j'étais déjà prof... ça doit paraître complètement contradictoire mais j'en suis encore à me prouver que je suis capable de réussir.
C'est un peu comme une histoire d'amour trop compliquée.


Dernière édition par bikkhou le Ven 19 Avr 2013 - 18:34, édité 1 fois

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Le rhinocéros courait / Le lion s'accrochait / mordait / le sang giclait      le cou se tordait / Le rhinocéros regardait le ciel / Ciel bleu, calme et tranquille : / on y voyait la lune /
Tableau / Incident dans la jungle lointaine / Le paysage se taisait / Les deux bêtes se figeaient / Et dans le silence / Le lion tuait à chaque instant / Le rhinocéros mourait éternellement

                                                                                                  KAORU MARUYAMA

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