Doute : j'hésite à devenir prof

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Re: Doute : j'hésite à devenir prof

Message par bikkhou le Ven 19 Avr 2013 - 18:34

Je me retrouve bien dans tes mots, Reine Margot.
Je me demande d'ailleurs si pour moi, ce flou n'est pas ce qui m'exténue totalement. Même les soit disant astuces me fatiguent...
Je reste attachée au métier et contrairement à toi qui a décidé de t'en passer, j'essaie quant à moi de décrocher le capes à 40 ans. Mais tes mots me laissent rêveuse. Est-ce que je fais le bon choix ? Je crois que je serai capable de démissionner si j'étais déjà prof... ça doit paraître complètement contradictoire mais j'en suis encore à me prouver que je suis capable de réussir.
C'est un peu comme une histoire d'amour trop compliquée.


Dernière édition par bikkhou le Ven 19 Avr 2013 - 18:34, édité 1 fois

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Re: Doute : j'hésite à devenir prof

Message par Lorine le Ven 19 Avr 2013 - 18:34

@Reine Margot a écrit:honnêtement j'ai toujours trouvé que prof était un métier où justement la frontière avec la vie privée était très floue, car c'est avec notre personnalité qu'on fait cours, je crois peu au "rôle" permanent, même si parfois quelques "trucs" peuvent aider et qu'on "joue" un peu au prof, car notre vrai moi surgit toujours. et c'est ce qui est si envahissant une fois rentré chez soi.

maintenant avec mon boulot actuel là je sens la césure nette.
C'est sur qu'on a un des rares métiers où on ne coupe jamais avec le boulot sauf pendant les mois de juillet et août.Certains, arrivent vraiment à se détacher du boulot. Cela doit être une question de personnalité, ou de lacher prise ( cela se travaille mais je n'y arrive pas) . De plus, lorsqu'on a une vie de famille avec des enfants, je pense qu'on pense moins à ses soucis de boulot.
Il y a aussi ceux qui disent "jouer un rôle " dans leur métier, d'autres sont naturels. Moi je suis naturelle et du coup trop cool. Il va donc falloir que j'apprenne à jouer un rôle de que j'aurai sans doute du mal à tenir sur la durée.

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Re: Doute : j'hésite à devenir prof

Message par Lefteris le Ven 19 Avr 2013 - 18:42

@lorine a écrit:
@Lefteris a écrit:
@ladyantilles a écrit:
@lorine a écrit:
@Dinaaa a écrit:@Reine Margot :
Pour préciser ma pensée, je dirais que "prof de Français" est un rôle que j'endosse quand j'arrive au collège.
C'est juste un rôle à jouer, faut pas trop dramatiser les provocations des élèves, les remarques des parents, les débilités du chef, etc.
Quand je rentre chez moi, tout ça reste très loin, dans un autre monde. Wink

et comment y arrives tu? moi j'essaie depuis des années, en vain...
Je me pose aussi la question. Comment peut-on evacuer dans son esprit certaines journees horribles de cours?
Tout simplement en passant rapidement à autre chose de plus important: notre vie.

Oui mais ce n'est pas évident de passer à autre chose quand on doit bosser en rentrant à la maison. IL faut alors décider de moins bosser chez soi, de le faire au bahutt, ou ne pas bosser Razz . Mais moi , les week end, je bosse toujours un minimum.
Oui, c'est vrai, je bosse aussi le WE un peu ou beaucoup, mais alors je me ménage du temps ailleurs . Il faut apprendre à se limiter, onpeut toujours en faire un peu moins, pour un résultat finalement équivalent, voire meilleur , car un cours sur-préparé à la sauce mauvaise conscience inculquée dans les IUFM n'est pas forcément meilleur. On peut rogner sur des tas de choses (espacer un peu les devoirs, corriger plus rapidement, photocopier des bons exercices au lieu de tout taper, etc.) , et crois moi il en reste encore largement assez à faire. J'enseigne de puis quelques années après une reconversion, et au bout de quelques temps, passé le premier feu de l'action, je me suis aperçu que j'étais dans l'absurde : ayant démarré certifié, je gagnais moins, je travaillais plus, je ne profitais jamais des vacances, les élèves étaient quand même infects, et j'étais tendu. J'ai pris la décision de changer mon fusil d'épaule : l'agreg en priorité (ou encore un autre métier si je le pouvais), ce qui m'a d’ailleurs fortement aidé à cibler l'indispensable et à aller vite. Eh bien je n'ai vu aucune différence dans quoi que ce soit de mon métier, les élèves n'ont été ni pires ni meilleurs, les séquences ni plus ni moins importantes, les résultats égaux à eux-mêmes. Au passage, j'ai jeté par la fenêtre tous projets, la charge (intolérable à cette époque chez nous) de PP, et j'ai bien compris que ça ne changeait pas grand-chose. Une moins grande tension aussi, car lorsqu'on bosse beaucoup et qu'on voit le résultat , on ne peut qu'être déçu.
J'ai aussi compris que le travail est un vase sans fond, parce qu'il y a toujours un truc nouveau à faire, à lire , à créer qu'on est sans cesse sollicité en lettres en tout cas, donc comme tu dis, "ça se travaille". J'ai commis cette erreur une fois dans ma vie, dans mon précédent métier, pur lequel j'avais consenti d’énormes sacrifices et à part des ennuis, je n'en ai rien retiré. Pas deux fois...


Dernière édition par Lefteris le Ven 19 Avr 2013 - 19:01, édité 1 fois

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Re: Doute : j'hésite à devenir prof

Message par Lorine le Ven 19 Avr 2013 - 18:51

Je bosse aussi moins qu'avant .Pendant longtemps, je bossais tout le samedi et tout le dimanche affraid .
L'an dernier, j'ai levé le pied et en effet, il n'y a pas de différence au niveau du cours ou du comportement des élèves. Mais comme les élèves sont moins motivés, intéressés,je me dis que peut etre je devrais bosser plus pour essayer de rendre mes cours plus "attractifs" ?
Comme je l'ai dit dans mon autre post, je doute, réfléchis, repense à ma façon de faire pour déjà avoir moins ce souci de bavardages qui s'accentue inévitablement en cette fin d'année ( moins de 5 semaines de cours!)...

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Re: Doute : j'hésite à devenir prof

Message par Lefteris le Ven 19 Avr 2013 - 18:59

@lorine a écrit:Je bosse aussi moins qu'avant .Pendant longtemps, je bossais tout le samedi et tout le dimanche affraid .
L'an dernier, j'ai levé le pied et en effet, il n'y a pas de différence au niveau du cours ou du comportement des élèves. Mais comme les élèves sont moins motivés, intéressés,je me dis que peut etre je derais bosser plus pour essayer de rendre mes cours plus attractifs ?
Je n'en suis pas si sûr : je travaille beaucoup en latin , parce que finalement je mets en forme ce que je fais à côté par violon d'Ingres , je lis beaucoup de textes, je fais des liens avec le programme, beaucoup hors manuel, je le fixe parfois même sur des diaporamas, et les élèves sont aussi méprisants du travail que lorsqu'on leur donne le classique questionnaire sur un texte, le cours de langue. Leur comportement est même parfois pire, parce qu'ils savent qu'ils peuvent saboter, ils voient bien que ça porte plus, parce que l'objet est plus beau et qu'il est donc plus intéressant de le casser. La seule chose qui les intéresse, c'est de ne rien faire, de ne pas avoir de travail . Une option est un bon "labo" , car ils se lâchent, sachant risquer encore moins que dans une matière "obligatoire", où ils se comporteraient pareil s'ils le pouvaient.

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Re: Doute : j'hésite à devenir prof

Message par Mike92 le Ven 19 Avr 2013 - 19:10

je ne profitais jamais des vacances, les élèves étaient quand même infects, et j'étais tendu. J'ai pris la décision de changer mon fusil d'épaule : l'agreg en priorité (ou encore un autre métier si je le pouvais), ce qui m'a d’ailleurs fortement aidé à cibler l'indispensable et à aller vite. Eh bien je n'ai vu aucune différence dans quoi que ce soit de mon métier, les élèves n'ont été ni pires ni meilleurs, les séquences ni plus ni moins importantes, les résultats égaux à eux-mêmes
+1 !!

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Re: Doute : j'hésite à devenir prof

Message par Reine Margot le Ven 19 Avr 2013 - 19:13

@Lefteris a écrit:
@lorine a écrit:Je bosse aussi moins qu'avant .Pendant longtemps, je bossais tout le samedi et tout le dimanche affraid .
L'an dernier, j'ai levé le pied et en effet, il n'y a pas de différence au niveau du cours ou du comportement des élèves. Mais comme les élèves sont moins motivés, intéressés,je me dis que peut etre je derais bosser plus pour essayer de rendre mes cours plus attractifs ?
Je n'en suis pas si sûr : je travaille beaucoup en latin , parce que finalement je mets en forme ce que je fais à côté par violon d'Ingres , je lis beaucoup de textes, je fais des liens avec le programme, beaucoup hors manuel, je le fixe parfois même sur des diaporamas, et les élèves sont aussi méprisants du travail que lorsqu'on leur donne le classique questionnaire sur un texte, le cours de langue. Leur comportement est même parfois pire, parce qu'ils savent qu'ils peuvent saboter, ils voient bien que ça porte plus, parce que l'objet est plus beau et qu'il est donc plus intéressant de le casser. La seule chose qui les intéresse, c'est de ne rien faire, de ne pas avoir de travail . Une option est un bon "labo" , car ils se lâchent, sachant risquer encore moins que dans une matière "obligatoire", où ils se comporteraient pareil s'ils le pouvaient.

+1000

moi je souffrais beaucoup de l'absence totale de sens de mon travail, à partir du moment où les élèves n'en avaient rien à faire du cours, que tu y aies beaucoup bossé ou pas. Aujourd'hui je suis dans un poste B où je m'ennuie un peu, mais au moins personne ne vient casser mon travail ou m'empêcher de le faire. et ça ça vaut de l'or.

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1 enseignant molesté, c’est un fait divers, pas un phénomène de société.
2 enseignants molestés, c’est un fait divers, pas un phénomène de société.
150 enseignants molestés, ce sont des faits divers, pas des phénomènes de société.
151 enseignants molestés, ce sont des faits divers, pas des phénomènes de société.
………………………………
[la progression arithmétique se poursuit en série]
…………………………………..
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Re: Doute : j'hésite à devenir prof

Message par yogi le Ven 19 Avr 2013 - 19:14

J'aime la justesse de tes mots Lefteris.

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Re: Doute : j'hésite à devenir prof

Message par barsanges le Ven 19 Avr 2013 - 19:29

Bonsoir Lorine,

Oui, c'est un boulot dans lequel il est difficile de trouver le terme et je crois bien qu'il faut le poser à l'avance, on bosse tant d'heures, point final. Tu n'as jamais fini dans le sens où même si tu as trouvé ou construit des exos, tu peux toujours penser qu'en travaillant plus tu aurais fait nécessairement mieux, mais là comme ailleurs, le mieux est l'ennemi du bien.

Tu sais bien déjà que c'est même parfois difficile de gérer un gros investissement parce que une fois dans la classe, la réaction n'est pas toujours au niveau de ton attente. Lorsque je propose aux bts entrants de la remise à niveau gratuite pendant les vacances, il faut en retour que j'assume d'avoir dès la rentrée devant moi des gens qui n'en ont rien eu à faire, voire que je dérange? SI je vais à la pêche, j'arrive en meilleure forme.

Intéresser... c'est l'un des discours de l'inspection, s'ils s'ennuient c'est ton fait et tu dois intéresser quel que soit je jour et l'heure, le sujet, car chacun sait bien que tout le contenu des programmes est... intéressant. J'ai fait des maths, comme toi mais je suis loin d'avoir trouvé tout intéressant par contre j'en connaissais un peu le sens et cela ne me posait pas de problème que l'on n'ait pas fait le programme exprès pour moi. Mon intérêt était soit les maths en elles-mêmes, soit la perspective de gagner ma vie avec. Pour nos élèves... Déjà la dévastation du marché du travail nous rend immanquablement moins intéressants. Tu n'as pas à tout assumer.

Pour ma part je suis beaucoup plus intéressant en enseignant stats probas et analyse statistique qu'avec l’analyse, parce que je parviens à faire coller ces sujets au monde qui nous entoure. Quand on voit dans les manuels des exos de probas qui prennent les exemples avec un lancer de dés, un tirage de cartes, la façon de se placer dans une classe... tu n'as pas franchement à avoir de complexes. Maintenant ce ne peut être à nous de définir le programme national, mais ce n'est pas parce que c'est dans un programme que c'est intéressant ou facile à rendre "intéressant", c'est d'ailleurs ce que me disait le fils de mon voisin.

On peut monter la pression à l'infini, une collègue a écrit ici un peu sur cela après que Lise Bonnafous se soit immolée par le feu dans la cour de récréation de son établissement. John, l'admin a écrit plusieurs messages à ce sujet et il cite un message rédigé par une collègue, Marie-claude Faivre, professeur de lettres :

http://www.neoprofs.org/t39220-j-ecris-pour-les-profs-qui-petent-les-plombs-tu-enseigneras-dans-la-douleur-a-lise-je-le-fais-pour-vous-in-memoriam-et-hommage-par-le-cse

Elle dit beaucoup de choses intéressantes, parmi elles, une qui concerne les cahiers de textes en ligne, c'est en ce sens que je parle de monter la pression sans limite.

Bonne soirée.

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Re: Doute : j'hésite à devenir prof

Message par amour le Ven 19 Avr 2013 - 20:05

Je trouve le sujet et la discussion très intéressants.
Quelqu'un l'a dit avant, faire des vacations doit sans doute donner une idée du métier. Reste que pour ma part, si j'avais fait des vacations, je n'aurais sans doute pas passé le concours, et je le regretterai aujourd'hui, parce que même si ce n'est pas facile tous les jours, j'aime mon métier.
Lorsque j'ai commencé à enseigner en France, je n'avais comme expérience de classe que deux années passées à enseigner dans un institut spécialisé dans les langues avec des élèves très disciplinés en Angleterre, j'avais décroché le concours en candidat libre, sans aucune préparation IUFM et je me suis retrouvée stagiaire avec une troisième difficile dans laquelle quasiment aucun élève ne savait écrire en français qu'en phonétique. Ca n'a pas été facile (d'autant qu'à l'époque les objectifs étaient irréalistes, le cadre commun a quand même amélioré les choses) mais je ne regrette absolument pas d'avoir continué. Avec les années, il y a des éléments de mon métier qui m'intéressent bien plus qu'au début, c'est aussi un aspect à ne pas négliger quand on se demande si on est fait pour ce métier.

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Re: Doute : j'hésite à devenir prof

Message par Kosakuyosida le Ven 19 Avr 2013 - 20:18

@yogi a écrit:J'aime la justesse de tes mots Lefteris.
+1. Et pas que dans ce fil.

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Bien informés, les hommes sont des citoyens ; mal informés, ils deviennent des sujets.
Alfred Sauvy.

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Re: Doute : j'hésite à devenir prof

Message par Lorine le Ven 19 Avr 2013 - 20:25

@Kosakuyosida a écrit:
@yogi a écrit:J'aime la justesse de tes mots Lefteris.
+1. Et pas que dans ce fil.

Oui il trouve toujours les mots justes ...et réconfortants fleurs

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Re: Doute : j'hésite à devenir prof

Message par lalilala le Ven 19 Avr 2013 - 20:31

@amour a écrit:Je trouve le sujet et la discussion très intéressants.
Quelqu'un l'a dit avant, faire des vacations doit sans doute donner une idée du métier. Reste que pour ma part, si j'avais fait des vacations, je n'aurais sans doute pas passé le concours, et je le regretterai aujourd'hui, parce que même si ce n'est pas facile tous les jours, j'aime mon métier.
Lorsque j'ai commencé à enseigner en France, je n'avais comme expérience de classe que deux années passées à enseigner dans un institut spécialisé dans les langues avec des élèves très disciplinés en Angleterre, j'avais décroché le concours en candidat libre, sans aucune préparation IUFM et je me suis retrouvée stagiaire avec une troisième difficile dans laquelle quasiment aucun élève ne savait écrire en français qu'en phonétique. Ca n'a pas été facile (d'autant qu'à l'époque les objectifs étaient irréalistes, le cadre commun a quand même amélioré les choses) mais je ne regrette absolument pas d'avoir continué. Avec les années, il y a des éléments de mon métier qui m'intéressent bien plus qu'au début, c'est aussi un aspect à ne pas négliger quand on se demande si on est fait pour ce métier.

lesquels?

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Re: Doute : j'hésite à devenir prof

Message par Leclochard le Ven 19 Avr 2013 - 20:56

@Mike92 a écrit:
beaucoup se posent moins de questions après quelques années et se portent très bien. C'est le portrait caricatural de l'agrégé de province que j'évoquais plus haut. Toutefois, je ne sais si c'est possible ou souhaitable de lui ressembler.
Je me demande s'ils sont si nombreux à se contenter de si peu ? parce que, tout de même, on ne se lance pas dans une agreg sans intérêts plus ou moins intellectuels ?? ou sans désir de s'adresser à un public plus intéressant, plus accroché ? la routine, ça manque d'imprévu !
Les nouveaux convertis, de toute façon, ont plus de chance de se retrouver à galérer dans un collège pourri de banlieue que dans un bon établissement de Nantes. Pas évident; surtout quand on a déjà une vie de famille.
Et encore moins évident quand on n'a pas de vie de famille !!!

Le problème lorsque tu as une famille, c'est que ton mari ou ta femme n'a pas forcément la possibilité de te suivre. Une séparation, c'est douloureux.

Tu sais, j'ai caricaturé car je pense qu'il peut être intéressant d'être agrégé, mais pas certifié. Si tu rapportes le temps de travail (collège et maison) à la paye, est-ce qu'on peut trouver mieux dans la fonction publique ?

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Re: Doute : j'hésite à devenir prof

Message par ladyantilles le Ven 19 Avr 2013 - 21:13

@lalilala a écrit:
@amour a écrit:Je trouve le sujet et la discussion très intéressants.
Quelqu'un l'a dit avant, faire des vacations doit sans doute donner une idée du métier. Reste que pour ma part, si j'avais fait des vacations, je n'aurais sans doute pas passé le concours, et je le regretterai aujourd'hui, parce que même si ce n'est pas facile tous les jours, j'aime mon métier.
Lorsque j'ai commencé à enseigner en France, je n'avais comme expérience de classe que deux années passées à enseigner dans un institut spécialisé dans les langues avec des élèves très disciplinés en Angleterre, j'avais décroché le concours en candidat libre, sans aucune préparation IUFM et je me suis retrouvée stagiaire avec une troisième difficile dans laquelle quasiment aucun élève ne savait écrire en français qu'en phonétique. Ca n'a pas été facile (d'autant qu'à l'époque les objectifs étaient irréalistes, le cadre commun a quand même amélioré les choses) mais je ne regrette absolument pas d'avoir continué. Avec les années, il y a des éléments de mon métier qui m'intéressent bien plus qu'au début, c'est aussi un aspect à ne pas négliger quand on se demande si on est fait pour ce métier.

lesquels?
Moi aussi, je me demande lesquels Neutral car faire cours a des eleves qui n'en ont rien a cirer pour la plupart malgre ta bonne volonte, ce n'est pas gratifiant.

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Re: Doute : j'hésite à devenir prof

Message par amour le Ven 19 Avr 2013 - 21:17

@lalilala a écrit:
@amour a écrit:Je trouve le sujet et la discussion très intéressants.
Quelqu'un l'a dit avant, faire des vacations doit sans doute donner une idée du métier. Reste que pour ma part, si j'avais fait des vacations, je n'aurais sans doute pas passé le concours, et je le regretterai aujourd'hui, parce que même si ce n'est pas facile tous les jours, j'aime mon métier.
Lorsque j'ai commencé à enseigner en France, je n'avais comme expérience de classe que deux années passées à enseigner dans un institut spécialisé dans les langues avec des élèves très disciplinés en Angleterre, j'avais décroché le concours en candidat libre, sans aucune préparation IUFM et je me suis retrouvée stagiaire avec une troisième difficile dans laquelle quasiment aucun élève ne savait écrire en français qu'en phonétique. Ca n'a pas été facile (d'autant qu'à l'époque les objectifs étaient irréalistes, le cadre commun a quand même amélioré les choses) mais je ne regrette absolument pas d'avoir continué. Avec les années, il y a des éléments de mon métier qui m'intéressent bien plus qu'au début, c'est aussi un aspect à ne pas négliger quand on se demande si on est fait pour ce métier.

lesquels?
Ils sont nombreux!
Certains points sont liés à l'évolution de l'enseignement de l'anglais, d'autres à une évolution individuelle.

Sur le travail en classe, les TICE permettent parfois de raccrocher certains élèves, et puis la tâche finale aussi peut vraiment motiver ou remotiver certains, les grilles de notation me semblent être une bonne chose aussi, les élèves sont plus conscients de ce que l'on attend d'eux, plus impliqués, et je trouve que cela rend certains d'entre eux plus autonomes. Donc sur le plan de la gestion de classe, des moyens mis en œuvre, et de l'évaluation, je trouve que les choses ont bien progressé. Non tout n'était pas mieux avant, et sur ces points, la situation est meilleure selon moi.

Au plan individuel, l'orientation des élèves est aussi un aspect très intéressant et sur lequel je peux aujourd'hui me sentir utile, surtout quand je parviens à travailler là-dessus avec les parents, quand ils sont disponibles. Quand j'ai commencé à enseigner je m'intéressais surtout au cours, à la progression dans ma matière, maintenant je m'investis davantage dans le projet global de chacun. Et ça marche, c'est compliqué, mais j'ai récemment revu un élève qui voulait arrêter l'école, on a pas mal bataillé avec la CPE et aujourd'hui , il est heureux, dans une formation qui lui plait, épanoui, transformé et ça c'est un bonheur pour moi. Ca veut dire aussi qu'aujourd'hui je conçois mon travail en coordination réelle avec l'équipe dont je fais partie.
Pareil pour la "discipline", quand j'ai commencé à travailler, je considérais que chaque instant où je devais m'interrompre pour faire cesser les bavardages, éventuellement intervenir en français pour enrayer un incident entre deux élèves était du temps de cours d'anglais perdu, maintenant je trouve que c'est simplement nécessaire parce que mes élèves ont besoin de repères, individuellement , et pour apprendre ce que travailler en groupe veut dire. Bien sûr il y a des moments où cela me fatigue, mais je sais que ça a du sens.
Et c'est vraiment ça qui a évolué dans ma pratique, l'idée du sens qu'a notre métier.
Et même si c'est forcément en deça des objectifs que nous nous fixons (et c'est encore heureux que nous soyons ambitieux pour nos élèves) , toute réussite reste à mon avis gratifiante

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Re: Doute : j'hésite à devenir prof

Message par Lefteris le Ven 19 Avr 2013 - 22:26

@yogi a écrit:J'aime la justesse de tes mots Lefteris.
@Kosakuyosida a écrit:
@yogi a écrit:J'aime la justesse de tes mots Lefteris.
+1. Et pas que dans ce fil.
@lorine a écrit:
@Kosakuyosida a écrit:
@yogi a écrit:J'aime la justesse de tes mots Lefteris.
+1. Et pas que dans ce fil.

Oui il trouve toujours les mots justes ...et réconfortants fleurs
Je ne savais pas que j'étais à ce point génial succes Arrêtez ! mes pauvres chevilles!... . Je ne vais pas pouvoir pédaler demain Very Happy

@Leclochard a écrit:

Le problème lorsque tu as une famille, c'est que ton mari ou ta femme n'a pas forcément la possibilité de te suivre. Une séparation, c'est douloureux.

Tu sais, j'ai caricaturé car je pense qu'il peut être intéressant d'être agrégé, mais pas certifié. Si tu rapportes le temps de travail (collège et maison) à la paye, est-ce qu'on peut trouver mieux dans la fonction publique ?
Oui si la famille n'est pas sur place, ça peut être bien pire, une galère s'ajoute à une autre, il n'y a qu'à lire comment le vivent certains sur ce même forum.
Quant à être agrégé, c'est sûr que c'est mieux, ça fait une demi-journée libre en plus, pas négligeable du tout . Les élèves sont aussi fatigants avec les agrégés,mais moins longtemps Smile , et financièrement c'est plus intéressant rapporté à l'heure. Il y a mieux dans la fonction publique à niveau A+ au rapport salaire/ boulot/temps, mais plus rare (bon, comme cadre A, je gagnais plus qu'un agrégé, j'avais au moins 10 semaines de congés, mais des événements divers et en partie indépendants de ma volonté m'ont amené à faire autre chose) .
A part ça, comme je le dis plus haut , il ne faut pas trop fantasmer sur les possibilités de mutation, qui plus est dans les bons bahuts. On n’est pas attendu avec la fanfare, ça bouge très peu , surtout dans certaines matières ( arts , LC, certaines LV ...) et il y en a pas mal qui sont déjà bien contents à Paris d'avoir un poste fixe. Mais si l'on sait débrancher, que l'on n'a pas d'attentes démesurées , on fait avec, on se dit :"si je parviens à muter dans un truc mieux, c'est du bonus, sinon , je fais avec ce que j'ai sous la main". Et là , pour moi, ce qui est sous la main, c'est un week-end, c'est dans une semaine les vacances (avec au moins trois paquets de copies, mais bon) , et déjà la perspective de l'Italie en juillet.
"A trop vouloir, on s'empêche d'être heureux" écrivait je crois Bossuet.
Mais je comprends que quelqu'un qui tire le diable par la queue tous les mois, qui crève de fatigue dans les transports, a des soucis familiaux, de santé ou autre, reporte d'autant plus sur son travail et soit déçu à proportion.


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Re: Doute : j'hésite à devenir prof

Message par Numéro 6 le Ven 19 Avr 2013 - 22:39

J'ai tendance à penser que ce boulot, faut le faire parce qu'on en a envie ou alors, tout à fait par hasard, par accident.... les deux peuvent fonctionner très bien....

si on hésite.... vaut peut être mieux le faire si on y est ....obligé.....

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Re: Doute : j'hésite à devenir prof

Message par Leclochard le Ven 19 Avr 2013 - 22:54

Je suis d'accord avec ta philosophie, Lefteris. ce qui me peine le plus, c'est le prévisible de notre métier et l'impression de ne rien construire de durable. Dans le fond, bien que je ne déteste pas notre profession, la perspective de me répéter et de voir ma carrière se dérouler comme une autoroute m'effraie. Et ce sentiment de ne rien apporter d'utile à la majorité. Pourtant, je suis dans un bahut très correct après plusieurs années en zep.
À quels métiers de la fonction publique penses-tu lorsque tu parles de niveau À+? Ce sont des places fort rares, non ?

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Re: Doute : j'hésite à devenir prof

Message par Lefteris le Ven 19 Avr 2013 - 23:04

@Leclochard a écrit:Je suis d'accord avec ta philosophie, Lefteris. ce qui me peine le plus, c'est le prévisible de notre métier et l'impression de ne rien construire de durable. Dans le fond, bien que je ne déteste pas notre profession, la perspective de me répéter et de voir ma carrière se dérouler comme une autoroute m'effraie. Et ce sentiment de ne rien apporter d'utile à la majorité. Pourtant, je suis dans un bahut très correct après plusieurs années en zep.
À quels métiers de la fonction publique penses-tu lorsque tu parles de niveau À+? Ce sont des places fort rares, non ?
Oui, c'est désagréable, je le dis d'ailleurs souvent, on préfèrerait qu'il en soit autrement et on y travaille, mais un clou chasse l'autre quand on n' a pas que ça dans la vie. D'où le danger de trop attendre, et exclusivement, de son métier.
Pour la catégorie A+, c'est une catégorie de la fonction publique au dessus de la catégorie A qui correspond dans le classement hiérarchique des corps à des métiers "types" (administrateur, agrégé, conservateur, ingénieur des mines etc..) dont l'indice de la classe normale s'élève à 1015 brut (821 majoré) .

ici pour les agrégés
http://www.emploitheque.org/grille-indiciaire-etat-Professeurs-agreges-13

ici pour les certifiés et assimilés
http://www.emploitheque.org/grille-indiciaire-etat-Professeurs-certifies-11

et pour le reste
http://www.emploitheque.org/grille-indiciaire-etat.php

Site à jour, très important en cas de reconversion , car au sein de la FP, ça se fait à équivalence (détachement par exemple...)



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Re: Doute : j'hésite à devenir prof

Message par Leclochard le Sam 20 Avr 2013 - 0:22

Merci beaucoup. Ça m'a amusé de découvrir ce que gagne un inspecteur du permis ou le directeur d'une prison. Il manque les primes cependant. Smile

À propos des salaires des profs, j'ai trouvé cet article. Il confirme qu'il y a des écarts énormes. Je me demande comment on peut gagner 5000 ou 9000 euros. Shocked ceux-là doivent regretter la fin de la défiscalisation des heures supp.

http://blogs.lesechos.fr/dominique-seux/salaire-des-profs-un-proviseur-a11131.html

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Re: Doute : j'hésite à devenir prof

Message par Lefteris le Sam 20 Avr 2013 - 11:37

@Leclochard a écrit:Merci beaucoup. Ça m'a amusé de découvrir ce que gagne un inspecteur du permis ou le directeur d'une prison. Il manque les primes cependant. Smile

À propos des salaires des profs, j'ai trouvé cet article. Il confirme qu'il y a des écarts énormes. Je me demande comment on peut gagner 5000 ou 9000 euros. Shocked ceux-là doivent regretter la fin de la défiscalisation des heures supp.

http://blogs.lesechos.fr/dominique-seux/salaire-des-profs-un-proviseur-a11131.html

Ces catégories correspondent à un classement hiérarchique , des équivalences en fonction du niveau du concours d'entrée, mais attention, ça ne prend pas en compte les déroulements de carrière plus ou moins rapide, les pourcentages de promotion dans les grades plus ou moins favorables (la HC des enseignants, par exemple à 15 % du corps est très défavorable par rapport à des métiers ou le corps est scindé en 50/50 ) , l'accès à des corps hors indice "de débouchés" , et bien entendu les primes.
A titre d'exemple, dans mon ancien corps , équivalent à certifié (cat A) on parvenait en 15 ans à un échelon correspondant à la fin de classe normale d'un certifié (ce qui m'a fait reclasser directement en haut de la grille), alors que la moyenne est de 26 ans pour un certifié (20 ans minimum au grand choix, 30 ans à l'ancienneté) . Il y a aussi les primes statutaires, c'est-à-dire liées au grade et fixe, qui n'apparaissent ps sur ce tableau. Dans mon corps , je touchais avec un indice de certifié 9ème-10 ème échelon tout compris il y a 9 ou 10 ans 3500 € mensuels (3700 € actuels), j'ai dégringolé autour de 2400 en changeant de boulot, au même échelon. Ca donne une idée . Un attaché d'administration centrale perçoit une moyenne de 700 à 800 € mensuels, ça peut doubler le traitement au ministère des finances ( j'ai des copains, plutôt en fin de carrière, qui gagnent ente 5000 et 6000 € pour un traitement de certifié hors-classe, soit env. 3000€ net).

Quant à Dominique Seux, il déteste la fonction publique et les enseignants en particulier , et cherche à démontrer que les enseignants sont très riches , qu'ils gueulent pour rienpour étouffer toute revendication , . Je sais qu'il est possible à un agrégé déjà bien avancé en carrière, en classe prépa de multiplier les HS de kholles et de monter à 5000 € , mais ils sont rarissimes . En lycée-collège , la plupart en sont loin, quand aux certifiés plus que quinquagénaires qui n'ont pas encore dépassé le 10ème échelon et sont donc au-dessous de 2500 roros sans HS, ils sont majoritaires .

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Re: Doute : j'hésite à devenir prof

Message par Leclochard le Sam 20 Avr 2013 - 13:57

Merci pour tes explications. C'est clair qu'une belle part des revenus n'apparaît pas dans ces tableaux. Tes primes font rêver. Wink
J'ai remarqué que dans plusieurs professions, on n'avait pas de carrières différenciées (ancienneté, choix, grand choix). Ainsi un IPR est certain d'avoir une progression régulière sans effort. J'y vois une vile façon de faire des économies en distinguant arbitrairement les gens.

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Re: Doute : j'hésite à devenir prof

Message par Lefteris le Sam 20 Avr 2013 - 15:54

@Leclochard a écrit:Merci pour tes explications. C'est clair qu'une belle part des revenus n'apparaît pas dans ces tableaux. Tes primes font rêver. Wink
J'ai remarqué que dans plusieurs professions, on n'avait pas de carrières différenciées (ancienneté, choix, grand choix). Ainsi un IPR est certain d'avoir une progression régulière sans effort. J'y vois une vile façon de faire des économies en distinguant arbitrairement les gens.
Effectivement, les rythmes d'avancement différenciés sont rares ou réduits ailleurs, et lorsque ça existe, c'est une manière de faire des économies, évidemment, puisque cela crée une "carrière moyenne" plus lente. Comme les enseignants sont nombreux, c'est une manière indirecte de baisser la masse salariale et d'empêcher un grand nombre d'arriver à l'indice terminal, sans toucher aux bornes indiciaires.

Dans d'autres corps, la technique pour réduire le GVT consiste à créer un grade qui va plus haut (meilleure perspective théorique) , mais à accès très resserré (donc moins de monde). Par exemple, je prenais un échelon tous les deux ans quoi qu'il arrive, mais il y avait des grades, qui entraînaient parfois une stagnation, mais aussi parfois un bond pour ceux qui les atteignaient sans avoir franchi toute la grille précédente. J'ai eu le temps de travailler sur tout ça, quand j'avais une fonction syndicale. Rolling Eyes Je faisais partie de ceux qui stagnaient, néanmoins j'étais plus avancé en carrière administrative que n'importe quel certifié au même âge.

Cependant pour IPR, CDE etc. la comparaison n'est pas judicieuse, car ce ne sont pas des corps de la FP sur accès direct, c'est ce qu'on appelle "des corps de débouché", comme il y a des emplois de directeur issus des attachés ou des inspecteurs (catégorie A) dans certains ministères. Dans la hiérarchie des grades et emplois, ils sont dans la même grille indiciaire que leur corps d'origine (il y a même deux classes pour les CDE, les agrégés et les autres) , avec une possibilité de fin de carrière un peu supérieure, un IPR est un agrégé qui a bifurqué, pas quelqu'un qui a démarré ainsi après ses études et qui continue sa carrière ainsi en catégorie A+, avec accès à l'échelle B .


Bref, un étudiant qui se pose des questions sur son avenir ne peut pas comparer dans ses choix par exemple agrégé et IPR, mais agrégé VS ingénieur/conservateur/administrateur , ou certifié VS attaché/inspecteur etc.

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Re: Doute : j'hésite à devenir prof

Message par pailleauquebec le Lun 22 Avr 2013 - 17:25

Merci à tous pour la qualité de vos intervention, je me suis régalé à les lire.

J'ajoute un ou deux points en passant :

- Je pense qu'il est important de se construire d'abord et d'enseigner ensuite. Pour cela il n'y a pas d'âge certes, mais quand je me souviens comme j'étais orgueilleux, immature, et instable à 23 ans je ne suis pas loin de croire qu'à ces âges il est un peu tôt dans la vie de beaucoup d'entre nous pour enseigner.

- J'ai commencé à enseigner à plus de 30 ans et, je ne sais si c'est du à la maturité ou au vécu que j'ai retiré de mes expériences professionnelles préalables, toujours est-il que j'ai la chance de conserver une distance critique par rapport à mon vécu d'enseignant. Cela m'aide beaucoup à relativiser. J'ai pu aussi éviter les pires établissements (je suis en "zep de gentils").

- J'insiste sur la condition mentale. Il est important, face à des groupes d'adolescents, face à un système Education Nationale, face aux parents, d'avoir une bonne santé mentale. Les raisons d'être atteint sont assez nombreuses, c'est un métier exposé, que je qualifierais "à risque". Beaucoup de choses peuvent aider, chacun trouvera ses recettes, pour moi : une bonne hygiène de vie (sport pour évacuer), un bon ancrage familial, une ou des passions, la pratique de la méditation (non religieuse).

- Pour moi, la pratique de la méditation est importante pour ne pas s'enfermer dans des idées obsessionnelles et sortir des ruminations courantes dans le milieu enseignant. C'est une vraie difficulté du métier qui se résume à cette question : comment en dépit de conditions extérieures parfois très dures conserver un équilibre et le maximum de sérénité ? J'observe dans le milieu beaucoup d'enseignants qui sont prisonniers de schémas de pensées nocifs et qui sont en souffrance (cela m'arrive aussi par moment, mais j'y travaille).

Pour cela, je conseille deux ouvrages fondamentaux qui m'ont aidés :
- Plaidoyer pour le bonheur, de Matthieu Ricard
- Les mots sont des fenêtres (ou des murs) : Introduction à la Communication NonViolente de Marshall Rosenberg

Pour conclure, le métier d'enseignant reste pour moi le métier le plus intéressant que j'ai fait et aussi celui avec le plus de temps libre ce qui me permet de m'occuper de mes enfants et cela n'a pas de prix.

pailleauquebec
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