Bavardage : un fléau... qui devient une habitude. Vos élèves aussi ?

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Re: Bavardage : un fléau... qui devient une habitude. Vos élèves aussi ?

Message par Lilypims le Mer 29 Mai 2013 - 21:12

@Lefteris a écrit:
@Lilypims a écrit:Dans l'un de mes établissements, dire ça, c'est être un monstre réactionnaire et narcissique qui ne vit que pour être écouté et brimer les autres. Rolling Eyes
C'est sans doute l'avis d'une clique, dont on entend la seule voix, de certains chefaillons, mais sans doute pas de la majorité silencieuse. Je crois que les tenants de ces théories stupides inversent les rôles. Le professeur ne parle pas de lui , ni pour lui , il transmet, et en principe en fonction de la volonté collective. C'est l'ado egocentré , petit monstre à pulsions tyranniques , qui raconte en permanente sa vie passionnante gravitant autour de son nombril, qui exprime à haute voix tout ce qui lui passe par la tête, dont les seuls critères sont "j'aime pas" "j'ai pas envie", et qui se permet même de raconter sa vie gastrique ("j'ai faim" "j'ai soif"...).

Le bavardage est très très grave : c'est cette obligation de faire sans arrêt de la discipline, d'avoir un cours décousu , qui crée l'inintérêt d'entrer dans une classe, l'absence de motivation face à ce genre d'élèves. Les conflits démarrent presque toujours des bavardages : une remarque pour faire cesser, l'escalade, les punitions, l'ambiance tendue en permanence, et c..
Ca crée aussi la chute des vocations : dans un temps relativement restreint, j'ai entendu trois stagiaires ou contractuels M2 préparant les concours dire qu'ils pensaient se réorienter parce qu'ils ne pourraient supporter ça des années, d'autant que les élèves s'insurgent impoliment à la moindre réflexion où se lancent dans un bavardage interminable pour expliquer qu'ils ne bavardaient pas...
Lers grands penseurs adeptes des mesures technicistes (rythmes, matériel info, raccourcissement des vacances feraient mieux de lancer un plan anti-bavardage, avec punition, pouvoir d'exclusion, campagne par affiches , que sais-je ...)

Je suis d'accord avec toi, Lefteris. Je ne fais que répéter ce que j'entends dans cet établissement.

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Re: Bavardage : un fléau... qui devient une habitude. Vos élèves aussi ?

Message par Lefteris le Mer 29 Mai 2013 - 21:28

@Lilypims a écrit:
@Lefteris a écrit:
@Lilypims a écrit:Dans l'un de mes établissements, dire ça, c'est être un monstre réactionnaire et narcissique qui ne vit que pour être écouté et brimer les autres. Rolling Eyes
C'est sans doute l'avis d'une clique, dont on entend la seule voix, de certains chefaillons, mais sans doute pas de la majorité silencieuse. Je crois que les tenants de ces théories stupides inversent les rôles. Le professeur ne parle pas de lui , ni pour lui , il transmet, et en principe en fonction de la volonté collective. C'est l'ado egocentré , petit monstre à pulsions tyranniques , qui raconte en permanente sa vie passionnante gravitant autour de son nombril, qui exprime à haute voix tout ce qui lui passe par la tête, dont les seuls critères sont "j'aime pas" "j'ai pas envie", et qui se permet même de raconter sa vie gastrique ("j'ai faim" "j'ai soif"...).

Le bavardage est très très grave : c'est cette obligation de faire sans arrêt de la discipline, d'avoir un cours décousu , qui crée l'inintérêt d'entrer dans une classe, l'absence de motivation face à ce genre d'élèves. Les conflits démarrent presque toujours des bavardages : une remarque pour faire cesser, l'escalade, les punitions, l'ambiance tendue en permanence, et c..
Ca crée aussi la chute des vocations : dans un temps relativement restreint, j'ai entendu trois stagiaires ou contractuels M2 préparant les concours dire qu'ils pensaient se réorienter parce qu'ils ne pourraient supporter ça des années, d'autant que les élèves s'insurgent impoliment à la moindre réflexion où se lancent dans un bavardage interminable pour expliquer qu'ils ne bavardaient pas...
Lers grands penseurs adeptes des mesures technicistes (rythmes, matériel info, raccourcissement des vacances feraient mieux de lancer un plan anti-bavardage, avec punition, pouvoir d'exclusion, campagne par affiches , que sais-je ...)

Je suis d'accord avec toi, Lefteris. Je ne fais que répéter ce que j'entends dans cet établissement.
Oui, mais ce que je dis, c'est que cette théorie n'est sûrement pas partagée par la plupart des collègues, ça doit être quelques grandes bouches que l'on entend pérorer, ou "la voix de son Maître" (si le CDE pense comme ça... ), et les autres se taisent. Parce que ce que j'entends autour de moi , ce que je lis ici, les échos de collègues qui trouvent que leur lycée devient de plus en plus une poubelle, et à cause de ça principalement me laissent plutôt penser que le bavardage n'est globalement pas supporté. A chaque conseil de classe auquel j'assiste, c'est un des problèmes qui est le plus souvent mis sur le tapis, et ce dès le tour de table.


Dernière édition par Lefteris le Mer 29 Mai 2013 - 21:31, édité 1 fois

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Re: Bavardage : un fléau... qui devient une habitude. Vos élèves aussi ?

Message par Ergo le Mer 29 Mai 2013 - 21:30

Lefteris: veneration


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Re: Bavardage : un fléau... qui devient une habitude. Vos élèves aussi ?

Message par Caspar Goodwood le Mer 29 Mai 2013 - 21:31

Classe sympathique mais bavarde, ou bavarde mais sympathique. Ils sont sympas les 4eZ, mais ils sont bavards...Unetelle est très gentille, mais quelle bavarde...

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Re: Bavardage : un fléau... qui devient une habitude. Vos élèves aussi ?

Message par Lefteris le Mer 29 Mai 2013 - 21:36

@Caspar Goodwood a écrit: Classe sympathique mais bavarde, ou bavarde mais sympathique. Ils sont sympas les 4eZ, mais ils sont bavards...Unetelle est très gentille, mais quelle bavarde...
Ca oui, on l'entend, comme si , par mauvaise conscience , il fallait compenser un jugement sur le travail (car le bavardage est lié au travail) par un jugement moral et affectif. Il n'empêche que c'est dit à chaque fois , parce que c'est LE problème, même si l'on tente de minimiser. Moi, je ne minimise pas : outre le fait qu'un bavard ne m'est pas sympathique, je rappelle que la bavardage bloque le courts, donc le programme, donc ceux qui veulent travailler. C'est le summum de l'égoïsme. Je préfère un élève qui ne fait rien, en silence, qui coule seul, qu'un qui fait couler les autres.

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Re: Bavardage : un fléau... qui devient une habitude. Vos élèves aussi ?

Message par Lilypims le Mer 29 Mai 2013 - 21:40

@Lefteris a écrit:
@Caspar Goodwood a écrit: Classe sympathique mais bavarde, ou bavarde mais sympathique. Ils sont sympas les 4eZ, mais ils sont bavards...Unetelle est très gentille, mais quelle bavarde...
Ca oui, on l'entend, comme si , par mauvaise conscience , il fallait compenser un jugement sur le travail (car le bavardage est lié au travail) par un jugement moral et affectif. Il n'empêche que c'est dit à chaque fois , parce que c'est LE problème, même si l'on tente de minimiser. Moi, je ne minimise pas : outre le fait qu'un bavard ne m'est pas sympathique, je rappelle que la bavardage bloque le courts, donc le programme, donc ceux qui veulent travailler. C'est le summum de l'égoïsme. Je préfère un élève qui ne fait rien, en silence, qui coule seul, qu'un qui fait couler les autres.

Quand j'ai dit, au conseil, que je trouvais ma classe de collège bavarde, mes collègues ont répondu d'une seule voix : "oui, mais ils sont gentils et puis quand on leur demande se taire, ils arrêtent" (pour recommencer dans la minute). Nous sommes nombreux à nous en plaindre en salle des professeurs mais encore plus nombreux sont ceux qui minimisent en conseil.

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Re: Bavardage : un fléau... qui devient une habitude. Vos élèves aussi ?

Message par Lefteris le Mer 29 Mai 2013 - 21:54

@Lilypims a écrit:
@Lefteris a écrit:
@Caspar Goodwood a écrit: Classe sympathique mais bavarde, ou bavarde mais sympathique. Ils sont sympas les 4eZ, mais ils sont bavards...Unetelle est très gentille, mais quelle bavarde...
Ca oui, on l'entend, comme si , par mauvaise conscience , il fallait compenser un jugement sur le travail (car le bavardage est lié au travail) par un jugement moral et affectif. Il n'empêche que c'est dit à chaque fois , parce que c'est LE problème, même si l'on tente de minimiser. Moi, je ne minimise pas : outre le fait qu'un bavard ne m'est pas sympathique, je rappelle que la bavardage bloque le courts, donc le programme, donc ceux qui veulent travailler. C'est le summum de l'égoïsme. Je préfère un élève qui ne fait rien, en silence, qui coule seul, qu'un qui fait couler les autres.

Quand j'ai dit, au conseil, que je trouvais ma classe de collège bavarde, mes collègues ont répondu d'une seule voix : "oui, mais ils sont gentils et puis quand on leur demande se taire, ils arrêtent" (pour recommencer dans la minute). Nous sommes nombreux à nous en plaindre en salle des professeurs mais encore plus nombreux sont ceux qui minimisent en conseil.
Il sont bien tes collègues ... courageux. Pour ma part, je l'inscris dans le bulletin en le liant de près aux résultats, car dans la plupart des cas ça va de pair. Il m'arrive de mettre un véto à des "récompenses", et de m'opposer avec véhémence. Une fois, avec un ancien adjoint plus "coulant", j'ai dû lever le ton pour une collègue alors que je n'avais pas l'élève ( je n'avais que les latinistes de cette classe) . Laquelle avait décidé de pourrir le cours de langue vivantes , mais se tenait à peu près bien ailleurs, ce qui lui avait fait proposer des encouragements ou un truc du même genre. Il y avait aussi des collègues qui regardaient leurs chaussures...

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Re: Bavardage : un fléau... qui devient une habitude. Vos élèves aussi ?

Message par Ergo le Mer 29 Mai 2013 - 21:56

En 6e, nous nous opposons aux récompenses pour les élèves bavards, quels que soient leurs résultats. Ils n'ont rien et ils savent que s'ils arrêtent, ils pourront avoir quelque chose.

Parfois, ça grogne un peu en conseil mais globalement, nous sommes d'accord.

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Re: Bavardage : un fléau... qui devient une habitude. Vos élèves aussi ?

Message par Sphinx le Mer 29 Mai 2013 - 21:57

Lefteris, j'applaudis à tout ce que tu dis.

J'ai dit de mes troisièmes pénibles, au premier trimestre, qu'ils étaient bavards mais sympathiques, au deuxième, qu'ils étaient bavards quoique sympathiques. Ils sont prévenus depuis plusieurs jours déjà que le "sympathiques" va disparaître au troisième trimestre. Autant j'avais l'impression en début d'année d'avoir devant moi des gamins incapables de rester cinq minutes sans l'ouvrir mais quand même capables de s'intéresser et de s'investir dans le cours (ils posaient des questions, ils participaient), autant là, plus l'année avance, plus ils bavardent, et moins ils en fichent une ramée. J'ai l'impression d'être la seule à ramer dans cette galère qui vogue tout doucement vers le brevet et la seconde...

Je leur ai demandé de me définir le mot égocentrique l'autre jour. Ils ont convenu qu'ils l'étaient. Ca les a scotchés environs quinze secondes, puis chacun s'est retourné vers son voisin pour recommencer à parler XBox, pizza et ragots de collégiens.

Il y en a une bonne poignée dans cette classe qui n'ont pas intérêt à s'inscrire aux révisions facultatives prévues par le collège avant le brevet parce qu'ils seront bien reçus furieux ça m'étonnerait de toutes façons... ils ont l'air de s'imaginer que tout va leur arriver dans le cerveau par perfusion magique...

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Re: Bavardage : un fléau... qui devient une habitude. Vos élèves aussi ?

Message par Lefteris le Mer 29 Mai 2013 - 22:02

@Ergo a écrit:En 6e, nous nous opposons aux récompenses pour les élèves bavards, quels que soient leurs résultats. Ils n'ont rien et ils savent que s'ils arrêtent, ils pourront avoir quelque chose.

Parfois, ça grogne un peu en conseil mais globalement, nous sommes d'accord.
Oui, nous aussi , avec la direction actuelle. Et il suffit souvent qu'un collègue soit un peu ferme pour que les autres emboîtent le pas (ce qui vérifie le proverbe, c'est le premier qui coûte...).

J'aime bien les petits proverbes, que j'affiche en classe (ça attire l'oeil) et que je cite évidemment en français au conseil, c'est lapidaire , et d'ailleurs ça pourrait être mis dans les bulletins,ça rentre dans les cases...

Λαλεῖν ἄριστος, ἀδυνατώτατος λέγειν
"Excellent pour jacasser, mais absolument incapable de parler"

Οὐ λέγειν δεινὸς, ἀλλὰ σιγᾷν ἀδύνατος
"Malhabile pour parler, mais incapable de se taire "

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Re: Bavardage : un fléau... qui devient une habitude. Vos élèves aussi ?

Message par LadyC le Mer 29 Mai 2013 - 22:05

Lefteris, j'adore tes proverbes ! Adoptés ! yesyes

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Life is what happens to you while you're making other plans. John Lennon
Life is not governed by will or intention. Life is a question of nerves, and fibres, and slowly built-up cells in which thought hides itself and passion has its dreams. Oscar Wilde


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Re: Bavardage : un fléau... qui devient une habitude. Vos élèves aussi ?

Message par Lilypims le Mer 29 Mai 2013 - 22:14

@Lefteris a écrit:
@Ergo a écrit:En 6e, nous nous opposons aux récompenses pour les élèves bavards, quels que soient leurs résultats. Ils n'ont rien et ils savent que s'ils arrêtent, ils pourront avoir quelque chose.

Parfois, ça grogne un peu en conseil mais globalement, nous sommes d'accord.
Oui, nous aussi , avec la direction actuelle. Et il suffit souvent qu'un collègue soit un peu ferme pour que les autres emboîtent le pas (ce qui vérifie le proverbe, c'est le premier qui coûte...).

J'aime bien les petits proverbes, que j'affiche en classe (ça attire l'oeil) et que je cite évidemment en français au conseil, c'est lapidaire , et d'ailleurs ça pourrait être mis dans les bulletins,ça rentre dans les cases...

Λαλεῖν ἄριστος, ἀδυνατώτατος λέγειν
"Excellent pour jacasser, mais absolument incapable de parler"

Οὐ λέγειν δεινὸς, ἀλλὰ σιγᾷν ἀδύνατος
"Malhabile pour parler, mais incapable de se taire "
Ça marchait comme ça pour moi, l'année dernière, au lycée mais, là, je t'assure que j'ai été laminée.
Je ne le dis pas pour me plaindre mais pour signaler que ce problème est incroyablement minimisé.

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Re: Bavardage : un fléau... qui devient une habitude. Vos élèves aussi ?

Message par Aemilia le Mer 29 Mai 2013 - 22:28

@Lefteris a écrit:
@Ergo a écrit:En 6e, nous nous opposons aux récompenses pour les élèves bavards, quels que soient leurs résultats. Ils n'ont rien et ils savent que s'ils arrêtent, ils pourront avoir quelque chose.

Parfois, ça grogne un peu en conseil mais globalement, nous sommes d'accord.
Oui, nous aussi , avec la direction actuelle. Et il suffit souvent qu'un collègue soit un peu ferme pour que les autres emboîtent le pas (ce qui vérifie le proverbe, c'est le premier qui coûte...).

J'aime bien les petits proverbes, que j'affiche en classe (ça attire l'oeil) et que je cite évidemment en français au conseil, c'est lapidaire , et d'ailleurs ça pourrait être mis dans les bulletins,ça rentre dans les cases...

Λαλεῖν ἄριστος, ἀδυνατώτατος λέγειν
"Excellent pour jacasser, mais absolument incapable de parler"

Οὐ λέγειν δεινὸς, ἀλλὰ σιγᾷν ἀδύνατος
"Malhabile pour parler, mais incapable de se taire "

Excellent les proverbes ! j'en use et abuse aussi. Tous mes élèves connaissent "Qui scribit, bis legit" (les 6e adorent). Depuis que je l'ai expliqué, ils ont cessé de demander sans cesse "pourquoi on écriiiit ?"

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Professeur de lettres classiques déclassée

Mon blog "culture et humeurs, humour et coups de coeur" : https://fortyfiveweeks.wordpress.com/

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Re: Bavardage : un fléau... qui devient une habitude. Vos élèves aussi ?

Message par Lefteris le Mer 29 Mai 2013 - 22:56

@LadyC a écrit:Lefteris, j'adore tes proverbes ! Adoptés ! yesyes
les deux premières se trouvent chez Aulu-Gelle, citant des pièces perdues d'Eupolis.
Cadeau alors, si tu aimes . Epigramme de Palladas :

Πᾶς τις ἀπαίδευτος φρονιμώτατός ἐστι σιωπῶν,
τὸν λόγον ἐγκρύπτων, ὡς πάθος αἰσχρότατον.

"Tout inculte est très sensé quand il se tait
dissimulant son verbiage comme une maladie des plus honteuses." (c'st moi qui traduit ainsi logon, hein , vu le contexte... Twisted Evil )


Ça marchait comme ça pour moi, l'année dernière, au lycée mais, là, je t'assure que j'ai été laminée.
Je ne le dis pas pour me plaindre mais pour signaler que ce problème est incroyablement minimisé.

J'ai bien l'impression que tes collègues sont des morts de froid No Même sans être dans ton établissement, je serais fort étonnés qu'ils ne subissent rien...

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Re: Bavardage : un fléau... qui devient une habitude. Vos élèves aussi ?

Message par LadyC le Mer 29 Mai 2013 - 23:17

Merci, je prends ! Wink

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Re: Bavardage : un fléau... qui devient une habitude. Vos élèves aussi ?

Message par ladyantilles le Mer 29 Mai 2013 - 23:43

Et ce qui est desolant, c'est que quelques eleves serieux s'inquietent si le programme sera boucle ou pas. Je leur dis franchement qu'a cause d'eleves perturbateurs , il est tres difficile de faire cours sereinement et de finir le programme dans de bonnes conditions.Il y a des jours ou je m'arrete de faire cours quand il y a enormement de bavardages et une fois par semaine, je les envoie en salle informatique faire des activites ludiques de leur choix . Quand ils sont en salle info, ca me permet de me reposer. Au debut de l 'annee, je culpabilisais mais depuis le debut du troisieme trimestre , je me dis que je ne vais pas bousiller ma sante mentale et si le programme n'est pas completement termine , tant pis (Malheureusement les bons payent pour les mauvais) . C'est a la direction de faire son boulot correctement!

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Re: Bavardage : un fléau... qui devient une habitude. Vos élèves aussi ?

Message par Malaga le Jeu 30 Mai 2013 - 5:48

@Temoin de son temps. a écrit:
@Caspar Goodwood a écrit:Les bavardages concernent toutes les tranches d'âge et les adultes ne sont pas épargnés: il suffit d'assister à une réunion de prérentrée dans un collège ou tout simplement d'aller au cinéma. Evil or Very Mad


Exact! Ou à l'Assemblée Nationale, quand un orateur est à la tribune, et que des députés regardent leur i-pad, lisent le journal, discutent entre eux: très honnêtement ils me font penser à nos élèves!

Tout à fait. J'ai assisté à une séance à l'Assemblée Nationale il y a quelques années et j'ai été effarée du bruit qu'il y avait. On n'entendait rien tant les députés parlaient les uns aux autres, s'invectivaient...
J'ai déjà raconté cela à mes élèves; une élève m'a répondu "ah mais ils se comportent comme des élèves alors". Les élèves sont tout à fait conscients qu'ils bavardent et que cela gênent mais cela ne les empêche pas de continuer.

Malaga
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Re: Bavardage : un fléau... qui devient une habitude. Vos élèves aussi ?

Message par Malaga le Jeu 30 Mai 2013 - 5:53

@Ergo a écrit:En 6e, nous nous opposons aux récompenses pour les élèves bavards, quels que soient leurs résultats. Ils n'ont rien et ils savent que s'ils arrêtent, ils pourront avoir quelque chose.

Parfois, ça grogne un peu en conseil mais globalement, nous sommes d'accord.

C'est la même chose dans mon collège. Je pense notamment à un élève qui flirte avec les 15 de moyenne (en 3e). Il n'a pas encore eu de récompenses aux conseils de classe car il parle tout le temps en classe. Heureusement, la direction nous suit pour cela.

Malaga
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Re: Bavardage : un fléau... qui devient une habitude. Vos élèves aussi ?

Message par Lefteris le Sam 1 Juin 2013 - 22:52

C'est chez Aulu-Gelle , bonne pêche Very Happy
http://remacle.org/bloodwolf/erudits/aulugelle/livre1a.htm

Combien c'est une chose importune et odieuse qu'un bavardage frivole et vain. Nombreux passages où les premiers écrivains latins et grecs ont justement flétri ce défaut.
Ces parleurs frivoles et importuns dont on ne peut attendre rien de sérieux ni de solide, et dont les discours ne sont qu'un vain flot de mots insipides, ont été bien jugés, quand on a dit d'eux que leurs paroles ne venaient pas de leur âme, qu'elles naissaient sur leurs lèvres. La langue, disent les sages, ne doit point s'agiter au hasard et sans règle, mais s'assujettir par un lien intime à la pensée, et ne se mouvoir que pour lui obéir. Mais on voit des gens qui répandent un déluge de mots, sans rien dire qui ait le sens commun, avec une sécurité si naïve et si profonde, qu'en vérité ils semblent, en parlant, ne pas savoir ce qu'ils font. Homère, en nous dépeignant Ulysse, ce héros aussi sage qu'éloquent, dit que ses paroles sortaient de sa poitrine, et non qu'elles sortaient de sa bouche : sans doute il a voulu nous faire entendre par là, non quel était le son de voix et l'accent d'Ulysse, mais combien ses paroles étaient réfléchies, et tirées du fond de son cœur. D'après une autre expression non moins heureuse du même poète, les dents sont une barrière que la nature oppose a l'impétuosité de la langue ; et ainsi, non-seulement l'attention et la vigilance de l'âme peuvent arrêter les paroles irréfléchies, mais la bouche même est fortifiée d'une sorte de rempart pour les emprisonner. Voici quels sont ces vers d'Homère :
« Mais lorsque sa voix retentissante sortait de sa poitrine. »
Et ailleurs:
« Ma fille, quelle parole as-tu laissé sortir du rempart des dents? »
Citons aussi un passage de Cicéron, où cet écrivain flétrit avec la plus juste sévérité cette frivole et stérile abondance de paroles. « Mais qu'il soit, dit-il, bien entendu qu'il n'y a aucun éloge à donner à ceux qui, étrangers à l'art de la parole, ne peuvent exposer ce qu'ils savent, ni à ceux qui, dépourvus d'instruction, parlent avec facilité et abondance de ce qu'ils ignorent. S'il fallait choisir entre ces deux défauts, j'aimerais mieux le savoir sans éloquence, que le bavardage joint à la sottise. » Dans le premier livre de son traité Sur l'orateur, Cicéron dit encore : « Quoi de plus insensé et de plus vain qu'un bruit de paroles harmonieuses et magnifiques, sous lesquelles on ne trouve aucune pensée, aucune connaissance « solide? » M. Caton a censuré ce même défaut avec une impitoyable rigueur. Dans le discours qui a pour titre, Si Cœlius s'est appelé tribun du peuple, il dit : « Celui que possède la maladie de parler ne peut jamais se taire ; il ne peut pas plus résister à son envie que l'hydropique à celle de boire et de dormir; cet homme est tellement pressé de discourir, que, si vous ne vous assemblez pas autour de lui quand il vous appelle, il ira louer des gens pour l'écouter. Ses discours frappent vos oreilles sans persuader votre esprit; c'est comme un charlatan dont on entend les paroles, mais auquel personne n'ira confier le soin de sa guérison. » Dans le même discours, Caton, reprochant à ce même M. Cœlius, tribun du peuple, la vénalité de sa parole et de son silence, s'écrie : « Avec un morceau de pain, on 446 peut lui ouvrir ou lui fermer la bouche. » Rien de mieux choisi que les noms qu'Homère donne à Thersite, quand il l'appelle « parleur éternel, discoureur impudent. » II compare aussi fort heureusement le bruit de ses discours diffus et déplaisants aux cris sans fin des geais babillards ; car on ne saurait donner un autre sens aux mots ἀμετροεπὴς ἐκολῴα. Eupolis a caractérisé la même espèce d'hommes dans un vers plein de finesse et de sens:
« Très-habile à parler, incapable de rien dire. »
Mot que Salluste a voulu imiter, quand il a dit: « Plus parleur qu'éloquent. » Hésiode, le plus sage des poètes, dit que la langue ne veut pas être prostituée, qu'il faut la renfermer et la garder avec soin comme un trésor, et, quand on la laisse libre, la régler par la modération et la prudence, d'où elle tire son plus puissant attrait :
« II n'y a pas parmi les hommes de plus précieux trésor qu'une langue maîtresse d'elle-même : rien ne plaît davantage qu'une langue dont le cours est réglé. »
Épicharme a fort bien dit aussi :
« Il n'est pas habile à parler, il est incapable de se taire. »
Vers que l'on a imité sans doute dans cet autre:
« II ne pouvait parler, et il n'a pas pu se taire. »
J'ai entendu Favorinus dire de ces vers d'Euripide :
« Une bouche sans frein, une déraison sans bornes ont d'ordinaire une fin malheureuse, » Qu'il ne fallait pas seulement les appliquer aux discours impies ou criminels, mais encore et surtout aux interminables sottises des bavards, à ces langues intempérantes et sans frein qui s'agitent sans cesse, et répandent un effroyable torrent de paroles. Les Grecs ont trouvé, pour marquer cette espèce d'hommes, un mot expressif, κατάγλωσσοι. L'illustre grammairien Valérius Probus, ainsi que je l'ai appris d'un de ses amis, homme instruit, lut d'une manière nouvelle, sur la fin de sa vie, cette phrase de Salluste : Satis eloquentiæ, sapientiœ parum ; « assez d'éloquence, peu de raison, » et assura que Salluste avait écrit : Satis loquentiœ, sapientiœ parum : « assez de faconde, peu de raison : » car, disait-il, le mot loquentia devait être fort du goût de Salluste, novateur en fait de style; et d'ailleurs eloquentia ne se rapporte pas bien au sens de la phrase. Enfin, cette déplorable manie de discourir, ce dévergondage de paroles ont été dépeints en traits piquants dans ces vers de l'enjoué et spirituel Aristophane :
«Homme insolent, parleur effronté, dont la langue est sans bride et la bouche sans portes, braillard infatigable, fagoteur d'expressions ampoulées. »
Nos ancêtres n'ont pas moins énergiquement nommé les hommes livrés à ce défaut, en les appelant locutuleii, blaterones, lingulacœ.

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Re: Bavardage : un fléau... qui devient une habitude. Vos élèves aussi ?

Message par philann le Dim 2 Juin 2013 - 10:43

oh!!! que ça va faire une belle PPP ça!!! malmaisbien

Merci

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2014-2015: poste fixe dans les Hauts de Seine Very Happy Very Happy Very Happy
2013-2014: certifiée stagiaire dans les Hauts de Seine cheers 
2011-2013: prof. contractuelle dans l'Essonne

philann
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