Les conseils de discipline dans le collimateur de l'Éducation nationale

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Message par V.Marchais le Sam 1 Juin 2013 - 22:17

Enfin, tant qu'il ne commet pas de délits graves, c'est pas la peine de l'enfermer non plus. L'école tout seul à la maison, c'est déjà sévère, comme punition.

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Re: Les conseils de discipline dans le collimateur de l'Éducation nationale

Message par V.Marchais le Sam 1 Juin 2013 - 22:20

@dandelion a écrit:
V. Marchais, il y a des endroits où il n'y a pas de privé, tout le monde n'habite pas dans une grande ville. Dans ce cas là, tu fais quoi? Tu laisses ton gamin se faire tabasser? Je suis prof, mais je suis aussi contribuable, et je n'hésite jamais à le rappeler (et ça marche).

C'est pas de ça qu'on parle, dandelion. J'évoque le cas général, où le privé existe et vide bel et bien les établissement sensibles des meilleurs élèves. Mon seul propos est de rappeler que c'est aussi une conséquence néfaste de la politique actuelle, qui nous tire vers le bas.

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Re: Les conseils de discipline dans le collimateur de l'Éducation nationale

Message par Lefteris le Sam 1 Juin 2013 - 22:26

@V.Marchais a écrit:Les profs ne font pas de malheur auprès de l'administration. Comme toutes les personnes un peu instruites du monde de l'éduc comme il va, pour peu qu'elles dépendent d'un collège un peu remuant, elles collent leurs mômes dans le privé. C'est aussi ça, la conséquence de nos choix actuels : la fuite des cerveaux - et pendant ce temps-là, on s'enfonce toujours davantage.
Absolument exact. Exerçant dans un des quartiers périphériques de Paris (pas besoin de développer hein Smile ) , je peux dire que la totalité des collègues soit obtient une dérogation pour un "bon quartier" , soit inscrit dans le privé, qui trie férocement vu la demande. Personne ne veut mettre son gosse dans une classe où les professeurs sont priés de laisser bavarder et bloquer le cours sans sanctions lourdes, garder des élèves qui les insultent ou malmènent d'autres élèves.

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Re: Les conseils de discipline dans le collimateur de l'Éducation nationale

Message par dandelion le Sam 1 Juin 2013 - 22:35

@V.Marchais a écrit:
@dandelion a écrit:
V. Marchais, il y a des endroits où il n'y a pas de privé, tout le monde n'habite pas dans une grande ville. Dans ce cas là, tu fais quoi? Tu laisses ton gamin se faire tabasser? Je suis prof, mais je suis aussi contribuable, et je n'hésite jamais à le rappeler (et ça marche).

C'est pas de ça qu'on parle, dandelion. J'évoque le cas général, où le privé existe et vide bel et bien les établissement sensibles des meilleurs élèves. Mon seul propos est de rappeler que c'est aussi une conséquence néfaste de la politique actuelle, qui nous tire vers le bas.
C'était juste pour dire que je suis parent avant d'être prof (peut-être un peu plus facile car mon compagnon n'est pas prof), et que je trouve que l'on doit aussi se positionner en tant que parents. Après, que de plus en plus de parents mettent leurs enfants dans le privé à cause tout simplement de questions de sécurité élémentaire, c'est certain et c'est triste. Mais je pense que c'est intentionnel, l'éducation et la santé sont encore des secteurs où l'on peut 'obliger' les gens à payer: pas le choix. Il y a eu un énorme développement du secteur des cours particuliers également ces dernières années, avec le soutien de l'état, et cela peut ne pas sembler une coïncidence. Le problème c'est qu'il y a quelques années les enseignants du public rechignaient à mettre leurs enfants dans le privé, aujourd'hui ils le font à contre-coeur mais ils le font quand même pour protéger leurs enfants. Du coup, les parents de ceux qui restent ne sont pas forcément les mieux armés pour se défendre.

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Re: Les conseils de discipline dans le collimateur de l'Éducation nationale

Message par Caspar Goodwood le Sam 1 Juin 2013 - 22:42

Mon oncle et ma tante, qui sont très, très à gauche, ont déménagé juste avant que leur fils n'arrive en 6e, pour lui éviter d'aller dans le collège public pourri de leur ancien quartier. Mais ils conservent quand même leurs grandes idées généreuses, c'est bien. Evil or Very Mad

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Re: Les conseils de discipline dans le collimateur de l'Éducation nationale

Message par albertine02 le Sam 1 Juin 2013 - 22:57

mes enfants sont dans le privé.....à contre coeur, mais quand même.
Elles ont fait un an, là où j'habite, dans le public. En fin de compte, elles ont basculé dans le privé...avec la bénédiction - secrète mais affirmée - des maîtresses.

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Re: Les conseils de discipline dans le collimateur de l'Éducation nationale

Message par Instructeurpublic le Sam 1 Juin 2013 - 23:53

Ma filleule passe en sixième... direction le privé, sur les conseils avisés de votre serviteur l'instructeurpublic. Quand j'y pense c'est grave... quand va-t-on se réveiller !

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Re: Les conseils de discipline dans le collimateur de l'Éducation nationale

Message par User5899 le Dim 2 Juin 2013 - 2:11

@kiwi a écrit:Les conseils de discipline ne sont pas des solutions. Les garder en classe ce n'est pas une solution, ni pour eux, ni pour les autres élèves qui les subissent, ni pour nous qui nous les coltinons. On fait quoi donc? Les ateliers relais? Je ne suis même pas sûre que ça fonctionne bien. L'armée? L'école de la dernière chance? Pour des collégiens? ça ne cadre pas.
Pour les malades mentaux en HP, mais les autres? Ceux sans limite, sans éducation, sans vrais parents, ceux qui trafiquent, ceux qui volent sans avoir de problème psychiatrique, qu'en fait-on?
Vous croyez vraiment que c'est notre affaire ? Je ne le pense pas. Nous ne sommes pas là pour que la société tourne bien.

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Re: Les conseils de discipline dans le collimateur de l'Éducation nationale

Message par Frisouille le Dim 2 Juin 2013 - 2:24

Cripure a écrit:
@kiwi a écrit:Les conseils de discipline ne sont pas des solutions. Les garder en classe ce n'est pas une solution, ni pour eux, ni pour les autres élèves qui les subissent, ni pour nous qui nous les coltinons. On fait quoi donc? Les ateliers relais? Je ne suis même pas sûre que ça fonctionne bien. L'armée? L'école de la dernière chance? Pour des collégiens? ça ne cadre pas.
Pour les malades mentaux en HP, mais les autres? Ceux sans limite, sans éducation, sans vrais parents, ceux qui trafiquent, ceux qui volent sans avoir de problème psychiatrique, qu'en fait-on?
Vous croyez vraiment que c'est notre affaire ? Je ne le pense pas. Nous ne sommes pas là pour que la société tourne bien.

Nous faisons office de tampon, je crois que nous sommes tous d'accord sur ce point.
Quelle ressource avons-nous ? Le vote, bon, voilà Rolling Eyes, les manifs et autres grèves, idem, l'exemple de Florange nous place devant l'impuissance totale de la société dans son ensemble, ouvriers, intellectuels, politiques, quelle action pouvons-nous engager face à une telle déliquescence, face à un tel naufrage de l'Europe ?
Désenchantée je suis, après à peine 5 ans dans la boîte...
On reste et l'on se lève et l'on se bat pour quelques visages, pour en éduquer quelques uns, mais là où le bât blesse, ce n'est pas chez nous et nous n'avons aucune prise.

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Re: Les conseils de discipline dans le collimateur de l'Éducation nationale

Message par V.Marchais le Dim 2 Juin 2013 - 7:55

Qu'il existe un politique de marchandisation de l'école, ce n'est plus un mystère depuis 2000, quand Pascal Lamy, représentant la France à l'OCDE, a signé le GACS (General Agreement about C? and Services), et notamment une promesse d'ouverture du (ouvrez les guillemets, c'est une citation exacte et signifiante) "marché de l'éducation".

On le sait.

Il n'empêche que ce n'est pas une raison suffisante pour sacrifier ses enfants à l'autel de l'école. Tout ça, ce sont des choix politiques, et laisser de pauvres mômes se faire tabasser par des petits caïds parce qu'ils sont "des intellos" ne changera rien à ces choix. Cela rendra ces enfants malheureux, voire mal-appris, mais cela n'infléchira en rien les politiques éducatives - au pire, cela pourrait les corroborer en masquant quelque peu leurs effets.

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Re: Les conseils de discipline dans le collimateur de l'Éducation nationale

Message par Iphigénie le Dim 2 Juin 2013 - 8:19

@V.Marchais a écrit:
Il n'empêche que ce n'est pas une raison suffisante pour sacrifier ses enfants à l'autel de l'école. Tout ça, ce sont des choix politiques, et laisser de pauvres mômes se faire tabasser par des petits caïds parce qu'ils sont "des intellos" ne changera rien à ces choix. Cela rendra ces enfants malheureux, voire mal-appris, mais cela n'infléchira en rien les politiques éducatives - au pire, cela pourrait les corroborer en masquant quelque peu leurs effets.

seule note "positive": on ne masque plus grand chose en fait.

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Re: Les conseils de discipline dans le collimateur de l'Éducation nationale

Message par Celadon le Dim 2 Juin 2013 - 8:35

Laisser le public aux "sauvageons" par le sauve-qui-peut généralisé est une solution à courte vue, on le sait bien. Et comme dit supra, puisque nous n'avons aucun moyen à notre disposition pour infléchir le phénomène, il nous faut tenter (car ce n'est pas forcément gagné, le privé...) de sauver nos propres meubles, à savoir nos enfants. Mais cet îlot ne résistera pas bien longtemps. Pendant ce temps, nos édiles de droite comme de gauche partent faire des courbettes au Qatar. Aucun rapport. Non aucun. Il faut juste savoir où sont les priorités. Avec de tels rapports de la C des C et de la médiatrice, les priorités, on les voit bien. Allez donc lire l'article du Figaro et SURTOUT les commentaires qui éructent sur l'inutilité des profs et bénissent le grand marché de l'éducation sur le net...

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Re: Les conseils de discipline dans le collimateur de l'Éducation nationale

Message par linkus le Dim 2 Juin 2013 - 9:33

@Celadon a écrit:Laisser le public aux "sauvageons" par le sauve-qui-peut généralisé est une solution à courte vue, on le sait bien. Et comme dit supra, puisque nous n'avons aucun moyen à notre disposition pour infléchir le phénomène, il nous faut tenter (car ce n'est pas forcément gagné, le privé...) de sauver nos propres meubles, à savoir nos enfants. Mais cet îlot ne résistera pas bien longtemps. Pendant ce temps, nos édiles de droite comme de gauche partent faire des courbettes au Qatar. Aucun rapport. Non aucun. Il faut juste savoir où sont les priorités. Avec de tels rapports de la C des C et de la médiatrice, les priorités, on les voit bien. Allez donc lire l'article du Figaro et SURTOUT les commentaires qui éructent sur l'inutilité des profs et bénissent le grand marché de l'éducation sur le net...
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Re: Les conseils de discipline dans le collimateur de l'Éducation nationale

Message par Cath le Dim 2 Juin 2013 - 10:03

@kiwi a écrit:
Le conseil de discipline avec exclusion définitive est une bêtise absolue s'il n'y a pas de structure spécialisée pour reprendre en main ces élèves. Mais structure spécialisée, ça coûte trop cher. C'est plus facile de dire aux établissements de ne plus faire de conseils de discipline.

C'est sûr.
D'autant que pour les LP, qui doivent virer bon nombre d'élèves, il est impossible de prévoir une structure spécialisée.

Cath
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Re: Les conseils de discipline dans le collimateur de l'Éducation nationale

Message par carolette le Dim 2 Juin 2013 - 10:05

@V.Marchais a écrit:
@dandelion a écrit:
V. Marchais, il y a des endroits où il n'y a pas de privé, tout le monde n'habite pas dans une grande ville. Dans ce cas là, tu fais quoi? Tu laisses ton gamin se faire tabasser? Je suis prof, mais je suis aussi contribuable, et je n'hésite jamais à le rappeler (et ça marche).

C'est pas de ça qu'on parle, dandelion. J'évoque le cas général, où le privé existe et vide bel et bien les établissement sensibles des meilleurs élèves. Mon seul propos est de rappeler que c'est aussi une conséquence néfaste de la politique actuelle, qui nous tire vers le bas.

Notre école élémentaire dépend d'un collège de près de 1 000 élèves (ça me paraît énorme !), dans lequel nos élèves sont en général en tête de classe. Les parents se demandent comment un suivi correct et un minimum individualisé peut-être réalisé. Le CDI ne peut accueillir qu'une vingtaine d'élèves triés pendant la pause méridienne, le foyer à peine plus, et les autres attendent dehors la reprise des cours... Les plus chanceux seront pris dans les sections "sport" ou bi-langues anglais-allemand (et bénéficieront d'un emploi du temps très encadré), les autres iront dans les classes lambda. Bref, passer d'une grosse école de village (12 classes en élémentaire) où l'on connait tout le monde ou presque, profs compris, à l'"usine" décrite par les élèves inquiète.

Les demandes d'inscription vers le privé augmentent chaque année (et les raisons confessionnelles sont une minorité... même pour des familles catholiques pratiquantes !). Comme toutes les demandes d'entrée en 6ème dans les deux établissements privés de la ville ne peuvent être satisfaites, certains de nos élèves partent dès le CM2, entraînant avec eux les petits frères et petites soeurs dès le CP ! Ce sont 10 à 12 élèves que nous perdrons ainsi à la rentrée prochaine...

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Re: Les conseils de discipline dans le collimateur de l'Éducation nationale

Message par kiwi le Dim 2 Juin 2013 - 10:13

@Schéhérazade a écrit:

Un emmerdeur ira pourrir un autre établissement tant qu'en effet les autorités décident que "ce type d'élève ne sera jamais scolarisé par le CNED" et que donc un autre établissement doit le supporter. Non, ce n'est pas juste. Et si on ne veut pas le scolariser par le CNED pour éviter qu'il ne nuise ailleurs qu'à l'école, il faut l'enfermer dans un centre éducatif fermé où il ne puisse pas nuire à des enfants plus fragiles que lui.

affraid Tu sais que les centres éducatifs fermés sont des structures qui relèvent de la Justice et non pas de l'EN? Qu'il faut être un délinquant multirécidiviste pour y être placé, avoir au moins 13ans, avoir déjà fait l'objet de mesures éducatives qui ont échoué et avoir commis des délits graves punissables de plus de 5ans de prison? Qu'en fait, fermé ne veut pas dire "enfermer", les mineurs placés pouvant obtenir des autorisations de sortie et pouvant être intégrés à des dispositifs extérieurs au centre?

Je pense donc que tous les enfants que l'on a en classe, qui ne respectent pas les règles, ne cadrent pas forcément avec ce tableau pour être "enfermés". Encore faut-il être un délinquant. C'est parfois le cas, parfois non. Que fait-on donc pour les enfants non délinquants? Le CNED? Mais vous croyez sincèrement qu'un enfant multi-exclu suivra gentiment sa scolarité à domicile auprès de papa et maman? Souvent, ce sont des familles qui n'ont plus la moindre autorité sur l'enfant. Il ira zoner, ira faire le c*on devant les établissements qu'il a fréquentés pour retrouver ses potes. Un tel enfant n'en a strictement rien à cirer de sa scolarité.




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Re: Les conseils de discipline dans le collimateur de l'Éducation nationale

Message par Cath le Dim 2 Juin 2013 - 10:16

C'est ce qu'on dit: son suivi sort du champ de nos compétences.

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Re: Les conseils de discipline dans le collimateur de l'Éducation nationale

Message par philann le Dim 2 Juin 2013 - 10:17

Je déteste l'existence même des écoles privées confessionnelles payées en partie par l'état. Je déteste l'idée d'écoles à mille vitesse avec la sélection sociale qu'elle implique...

MAIS j'enseigne dans deux bahuts pourries de villes abandonnées (il n'y a pas d'autres mots! Dans lesquelles on a abandonné tous les nouveaux arrivants ne parlant pas un mot de français et qui ne l'apprendront jamais étant entre eux et n'ayant pas de boulot ([ mine de rien Billancourt, ça permettrait que les gens vivent ensemble et finissent par se ressembler un peu])

Je fais ce que je peux pour mes élèves, j'essaie de ne pas renoncer à exiger un savoir minimum, y compris un comportement adéquat. Mais si j'avais des enfants, je ne les mettrais pour rien au monde dans ces deux bahuts. D'aileurs, il n'y a AUCUN ENFANT de profs et pour cause.

Violence régulière, comportements à la limite du psychiatrique pour certains, idée du travail absolument inconnue. Je suis très admirative des élèves qui dans une telle ambiance réussissent à travailler et à faire des efforts et à assumer l'image "d'intello". Mais soyons honnêtes, ces élèves là sont comme laissés en jachère, ils ne font pas et n'apprennent pas le dixième de ce qu'ils pourraient apprendre...et ils le paieront un jour...hélas.

C'est la mort dans l'âme et avec grande mauvaise conscience et certitude de faire politiquement une connerie. Mais je protègerais mes enfants d'abord si j'en avais!!!

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Re: Les conseils de discipline dans le collimateur de l'Éducation nationale

Message par kiwi le Dim 2 Juin 2013 - 10:19

Cripure a écrit:
@kiwi a écrit:Les conseils de discipline ne sont pas des solutions. Les garder en classe ce n'est pas une solution, ni pour eux, ni pour les autres élèves qui les subissent, ni pour nous qui nous les coltinons. On fait quoi donc? Les ateliers relais? Je ne suis même pas sûre que ça fonctionne bien. L'armée? L'école de la dernière chance? Pour des collégiens? ça ne cadre pas.
Pour les malades mentaux en HP, mais les autres? Ceux sans limite, sans éducation, sans vrais parents, ceux qui trafiquent, ceux qui volent sans avoir de problème psychiatrique, qu'en fait-on?
Vous croyez vraiment que c'est notre affaire ? Je ne le pense pas. Nous ne sommes pas là pour que la société tourne bien.

Notre affaire c'est d'enseigner aux enfants scolarisés dans nos établissements. Tant qu'on nous refourguera les élèves "problématiques", ne respectant aucune règle de vivre ensemble, oui, c'est notre affaire, car on les subit. Comme les autres élèves. Et l'on a rien d'efficace aujourd'hui au sein de l'EN pour les recadrer et les empêcher de nuire aux autres et à eux-mêmes (qu'on ne me fasse pas croire que ces enfants sont mentalement équilibrés). Tout ce qu'on fait, c'est amplifier le problème et le refiler aux autres.


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Re: Les conseils de discipline dans le collimateur de l'Éducation nationale

Message par kiwi le Dim 2 Juin 2013 - 10:23

cath5660 a écrit:C'est ce qu'on dit: son suivi sort du champ de nos compétences.

Pour les enfants délinquants oui. Mais pour ceux qui n’enfreignent pas le code pénal, pourquoi? Tant qu'ils sont insupportables, ils ne relèvent pas de structures classiques où l'on enseigne quasiment tous, mais ne peuvent-ils pas relever de structures propres à l'EN autres que les classe-relais qui ne fonctionnent pas (les élèves qu'on y envoie reviennent encore pire qu'avant d'y aller Rolling Eyes ), les écoles de la dernière chance (plus adaptées pour les grands ados que pour les petits collégiens de 12ans et pas assez nombreuses de toutes façons) ou les centres éducatifs fermés qui ne dépendent pas de l'EN?


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Re: Les conseils de discipline dans le collimateur de l'Éducation nationale

Message par Cath le Dim 2 Juin 2013 - 10:23

Non, ça nous dépasse, et au passage, nous n'avons pas la main sur la totalité de la vie de ces élèves, seulement sur les quelques heures qu'ils passent à l'école: c'est trop peu pour avoir une réelle influence.
Ils ne sont pas à leur place dans une classe lambda, et nous ne sommes pas légitimes devant eux.

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Re: Les conseils de discipline dans le collimateur de l'Éducation nationale

Message par philann le Dim 2 Juin 2013 - 10:30

@kiwi a écrit:
Je pense donc que tous les enfants que l'on a en classe, qui ne respectent pas les règles, ne cadrent pas forcément avec ce tableau pour être "enfermés". Encore faut-il être un délinquant. C'est parfois le cas, parfois non. Que fait-on donc pour les enfants non délinquants? Le CNED? Mais vous croyez sincèrement qu'un enfant multi-exclu suivra gentiment sa scolarité à domicile auprès de papa et maman? Souvent, ce sont des familles qui n'ont plus la moindre autorité sur l'enfant. Il ira zoner, ira faire le c*on devant les établissements qu'il a fréquentés pour retrouver ses potes. Un tel enfant n'en a strictement rien à cirer de sa scolarité.

C'est une partie du problème!! Nous sommes revenus à une école pré-Jules Ferry!
Le nombre d'enfants scolarisés n'a pas contrairement à une légende tenace explosé avec les lois de Jules Ferry. Beaucoup l'étaient déjà avant. Ce qui a changé radicalement ap. Jules Ferry (et surtout la raclée en 1870) c'est le but dévolu à l'école. Et ce but, c'est d'instruire, permettant au futurs soldats de savoir lire une carte et à tout un chacun de progresser socialement. Il ne s'agit plus alors de sortir les enfants des villes des rues où ils étaient source de violence!!

Aujourd'hui, en arrière toute, on garde tout le monde au collège, parce qu'on se dit qu'un gamin sera toujours mieux enfermé entre les 4 murs d'un collège qu'à zoner et F.... le bazar en dehors! Crying or Very sad Et on s'étonne que la transmission de savoir ne soit plus une priorité? Le collège actuel a ceci de commun avec la prison, qu'il récupère tous ceux que la société ne veut pas voir dans ses rues.

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Re: Les conseils de discipline dans le collimateur de l'Éducation nationale

Message par kiwi le Dim 2 Juin 2013 - 10:35

@philann a écrit:[
Aujourd'hui, en arrière toute, on garde tout le monde au collège, parce qu'on se dit qu'un gamin sera toujours mieux enfermé entre les 4 murs d'un collège qu'à zoner et F.... le bazar en dehors! Crying or Very sad Et on s'étonne que la transmission de savoir ne soit plus une priorité? Le collège actuel a ceci de commun avec la prison, qu'il récupère tous ceux que la société ne veut pas voir dans ses rues.

D'où la nécessité d'avoir de réelles structures pour prendre en main ces élèves, les réinscrire dans une bonne dynamique, car ils n'ont plus leur place dans les collèges classiques, dans nos classes. On est là pour enseigner, pas être gardiens de zoo, on est tous d'accord là-dessus.




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Re: Les conseils de discipline dans le collimateur de l'Éducation nationale

Message par Dinosaura le Dim 2 Juin 2013 - 10:48

@philann a écrit:Je déteste l'existence même des écoles privées confessionnelles payées en partie par l'état. Je déteste l'idée d'écoles à mille vitesse avec la sélection sociale qu'elle implique...

MAIS j'enseigne dans deux bahuts pourries de villes abandonnées (il n'y a pas d'autres mots! Dans lesquelles on a abandonné tous les nouveaux arrivants ne parlant pas un mot de français et qui ne l'apprendront jamais étant entre eux et n'ayant pas de boulot ([ mine de rien Billancourt, ça permettrait que les gens vivent ensemble et finissent par se ressembler un peu])

Je fais ce que je peux pour mes élèves, j'essaie de ne pas renoncer à exiger un savoir minimum, y compris un comportement adéquat. Mais si j'avais des enfants, je ne les mettrais pour rien au monde dans ces deux bahuts. D'aileurs, il n'y a AUCUN ENFANT de profs et pour cause.

Violence régulière, comportements à la limite du psychiatrique pour certains, idée du travail absolument inconnue. Je suis très admirative des élèves qui dans une telle ambiance réussissent à travailler et à faire des efforts et à assumer l'image "d'intello". Mais soyons honnêtes, ces élèves là sont comme laissés en jachère, ils ne font pas et n'apprennent pas le dixième de ce qu'ils pourraient apprendre...et ils le paieront un jour...hélas.

C'est la mort dans l'âme et avec grande mauvaise conscience et certitude de faire politiquement une connerie. Mais je protègerais mes enfants d'abord si j'en avais!!!

Je suis d'accord du premier mot au dernier, j'aurais pu écrire exactement la même chose : de mon bahut pourri, où je fais "office de", mêmes conditions sociales de ghetto (linguistique, ethnique...), où l'idée même d'efforts et de travail n'existe pas et où la démagogie (au niveau de l'Institution) est généralisée, toujours dans l'idée qu'il ne faut pas traumatiser ces chers petits, peu importe qu'au même moment, les "vrais" élèves ne profitent pas d'une "vraie" culture, celle, universelle, qui élève, et celle du travail nécessaire à fournir pour la posséder...
Parce que oui, nos "bons" élèves végètent, le peu d'effort fourni par rapport au niveau moyen suffisant à obtenir des résultats de corrects à bons... Mais plus dure sera la chute... Ils n'ont pas conscience de ce qu'est un vrai bon niveau dans un bon établissement...

Et j'aurais pu aussi écrire la fin, d'autant plus que j'ai deux filles en bas âge, et qu'habitant un département sinistré de RP (vive le salaire des profs et le prix des logements en RP...), je refuse de sacrifier ma progéniture à l'aune de belles idées soi-disant progressistes diffusées d'en haut, par des gens qui vont protéger la leur en la mettant à l'Ecole Alsacienne, etc... Mais, comme le dit Philann, c'est la mort dans l'âme et avec la certitude de me tirer une balle dans le pied politique sur le long terme... Au moins suis-je raccord avec mes prises de position dans mon collège, que sont la défense des exigences, des savoirs, de la culture (la vraie, et j'assume mes jugements axiologiques), le travail et l'effort, le refus de l'occupationnel qui fait bien voir des cde etc...

Enfin, j'ajouterai, et là encore j'assume même si mes propos peuvent choquer, que je me fous du devenir des gamins complètement désocialisés et qui pourrissent sciemment les classes et les conditions d'étude de ceux qui veulent s'en sortir. L'école de la République n'est pas Mère Thérésa, et c'est avec de soi-disant beaux discours que l'on est en train de la saboter et de saborder des générations entières qui avaient quelque chose à retirer de l'école (et qui n'ont d'ailleurs souvent que l'école, en tout cas dans le genre de bahut pourri dans lequel je suis). Mais ces pauvres gamins (dans tous les sens du mot "pauvres") n'ont pas malheureusement pas le droit d'être instruits pour nos chères têtes pensantes, car pas suffisamment perturbateurs pour que l'on s'y intéresse... Eh oui, quel gâchis de temps, d'énergie et de sous pour la minorité pourrissante ! Les autres ? Eh bien, désolé pour vous, on peut rien faire.

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Re: Les conseils de discipline dans le collimateur de l'Éducation nationale

Message par kiwi le Dim 2 Juin 2013 - 11:39

@Dinosaura a écrit:

Enfin, j'ajouterai, et là encore j'assume même si mes propos peuvent choquer, que je me fous du devenir des gamins complètement désocialisés et qui pourrissent sciemment les classes et les conditions d'étude de ceux qui veulent s'en sortir. Eh oui, quel gâchis de temps, d'énergie et de sous pour la minorité pourrissante ! Les autres ? Eh bien, désolé pour vous, on peut rien faire.

C'est justement là que tu fais erreur. Le devenir de ces enfants nous importe, enseignants comme citoyens :

1 : parce que ces enfants virés sur conseils de discipline, tu en débarrasses la classe, mais tu en récupères. Cela ne solutionne en rien les mauvaises conditions d'apprentissage des autres élèves.

2 : parce que ces enfants exclus mettent souvent plusieurs semaines à retrouver un nouvel établissement et pendant ce temps là, ils versent un peu plus dans le refus de l'école, des apprentissages et la délinquance. Ce qui induit ce qui suit :

3 : parce que ces enfants si rien n'est tenté pour stopper cette spirale, ressortiront du système scolaire sans la moindre qualification et qu'on paiera leur RSA avec nos cotisations et nos impôts. Que ces élèves devenus adultes ne contribueront jamais en revanche à payer nos retraites...

4 : parce que ces enfants qui versent dans la délinquance deviendront des adultes délinquants, augmentant l'insécurité. Je ne parle même pas de certains courants religieux qui récupèrent et instrumentalisent ces gamins... On a assez d'exemples récents...

Personne (autres élèves, enseignants, société) n'a intérêt à laisser les enfants perturbateurs s'embourber dans cette dynamique.
Moi aussi j'ai été très en colère contre un certain nombre d'élèves complètement ingérables. Moi aussi j'applaudissais lorsqu'ils étaient virés (quand ils l'étaient). Mais quand j'ai vu un peu mieux comment ça fonctionnait, franchement, je ne peux pas me satisfaire de ça. Parce que je suis perdante à tous les niveaux.

Il est donc grand temps que l'EN gère ces cas d'élèves perturbateurs et multi-exclus, le plus tôt possible dans la vie de ces enfants. Mais pas en supprimant les conseils de discipline...



kiwi
Grand sage


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Re: Les conseils de discipline dans le collimateur de l'Éducation nationale

Message par Caspar Goodwood le Dim 2 Juin 2013 - 11:47

Je l'ai dit sur autre fil, les conseils de discipline ne sont pas une solution miracle, mais ils ont un rôle symbolique essentiel, et ils permettent parfois à une élève de repartir à zéro ailleurs. (J'ai un élève exclu de l'établissement voisin dans une de mes classes: il est loin d'être parfait mais il est content d'être là et il ne pose pas trop de problèmes pour l'instant.)

Quand je donne une punition à un élève, ça ne changera peut-être pas son comportement plus tard mais ça envoie un signal aux autres: on ne peut pas faire n'importe quoi en cours. Idem pour le conseil de discipline.

Caspar Goodwood
Empereur


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