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Robin
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Bac Philo 2013, Terminales L : "La langage n'est-il qu'un outil?" Empty Bac Philo 2013, Terminales L : "La langage n'est-il qu'un outil?"

par Robin le Mar 18 Juin 2013 - 22:55
"Aux uns la prison et la mort. Aux autres la transhumance du Verbe" (René Char)

Introduction :

Le langage est la faculté de mettre en œuvre un système de signes linguistiques permettant la communication et l'expression de la pensée et des sentiments. On parle de "langage animal", mais le langage, au sens strict, est une institution universelle et spécifique de l'humanité. On distingue le langage : faculté ou aptitude à constituer un système de signes, la langue : instrument de communication propre à une communauté humaine et la parole : acte individuel par lequel s'exerce la fonction linguistique (la parole est la dimension individuelle de la langue)

On considère souvent le langage comme le moyen d'exprimer une idée ; il serait donc un instrument de la pensée. Il y a pourtant des cas où le langage semble nous dépasser : dans le cas du lapsus, nous disons autre chose que ce que nous voulons dire et dans le cas où l'on parle pour ne rien dire.

Un outil est un prolongement de la main. Un marteau, un tournevis, un pince crocodile sont des outils. Le mot outil appartient au même champ sémantique que les mots "utile", "utiliser". Un outil sert à mener à bien une tâche, il est au service d'une intention, il n'existe qu'en fonction d'autre chose, il n'est pas à lui-même sa propre fin : un marteau sert à enfoncer un clou pour accrocher un tableau par exemple.  

Dans la conception courante, le langage est un outil au service de la pensée. Les mots servent à exprimer la pensée. Nous penserions d'abord et nous parlerions ensuite. cette conception implique qu'il y aurait une pensée sans langage. Que faut-il penser de cette conception du langage ?

Le langage n'est-il qu'un outil ? Poser une telle question sous-entend que le langage peut être effectivement conçu comme un outil, mais la restriction "n'est-il qu'un outil" signifie que le langage pourrait bien ne pas être qu'un outil ou même ne pas être du tout un outil.

Nous verrons en quoi le langage peut être considéré comme un outil, puis d'où vient cette conception "instrumentale" du langage et enfin que le langage, "dans son essence" n'est pas un outil.

I/ L'instrumentalisation du langage

a) un outil au service de la pensée
b) un outil de communication
c) un outil au service de la volonté de puissance

- sur autrui : la rhétorique, la publicité, la propagande, le mensonge :

Les différents niveaux de maîtrise de la langue renvoient ainsi à des différences sociales (Pensez à la pièce de Marivaux, Le jeu de l'amour et du hasard). Mieux parler que l'interlocuteur, c'est manifester une supériorité - et celle-ci peut provenir de l'usage d'un langage aussi bien "secret" (le sorcier ou l'initié) que spécialisé (le scientifique). 
 
"Le langage est la meilleure et la pire des choses." (Plaute). Platon critique la rhétorique qui cherche à persuader, plutôt que de rechercher la vérité. Talleyrand disait non sans cynisme que le langage était un moyen de dissimuler sa pensée. La propagande politique peut faire du langage un moyen  de domination. Tous les systèmes totalitaires s'en sont pris au langage (cf. Georges Orwell, 1984, Victor Klemperer, Lingua Tertii Imperii). En altérant le langage (la grammaire, le vocabulaire, la syntaxe, l'orthographe...), on appauvrit et on altère la pensée.
 
 
Note : Lingua Tertii Imperii, la langue du Troisième Reich :
 
L'allemand permet de créer des mots composés et les nazis ne se sont pas privés de cette possibilité pour inventer des mots au service de leur propagande. Il y a donc eu une langue nazie.
 
Ce sont les particularités de cette « novlangue » que Victor Klemperer a consciencieusement notées pendant les années du nazisme, ce qui lui servait aussi à garder son esprit critique et à résister individuellement à l'emprise du régime hitlérien.
 
Klemperer souligne dans ses carnets toutes les possibilités d'asservir la langue, et donc la pensée au profit de la manipulation des masses. 
 
Victor Klemperer a tenu un journal tout au long de sa vie. La partie qui couvre la période nazie a été publiée en Allemagne en 1995 avant d'être traduite en 2000 en français. Dans son Journal, il mêle les détails de la vie quotidienne, les observations politiques et sociales, les réflexions sur la nature humaine et sur la nature de la langue, toutes deux perverties par le IIIe Reich. Klemperer décrit les privations, les humiliations, l'asphyxie progressive de celui qui mène une existence de paria, les disparitions successives des amis. Il fait preuve d'une remarquable lucidité sur son sort, sur le sort de millions de Juifs dans les camps et affirme sa volonté de témoigner pour l'histoire.

- sur la nature : la science et la technique: le projet cartésien de se rendre "comme maîtres et possesseurs de la  nature" suppose une transformation du langage. "La science est une langue bien faite". Leibniz forme le projet d'une "mathésis universalis", d'un langage qui permette de résoudre tous les problèmes qui se posent à l'esprit humain. Avec Spinoza et surtout Descartes, le raisonnement mathématique devient le critère de la vérité. le langage mathématique, au service de la "pensée calculante" (Heidegger) devient un "outil" qui permet d'agir sur le monde, de le transformer.

II/ Le langage, dans son essence, n'est pas un instrument

a) la conception courante du langage comme expression de la pensée est problématique  : Pour Hegel, il n’y a pas de pensée sans langage. En effet on ne peut parler de pensées que lorsque ces pensées ont une forme objective, c’est-à-dire lorsqu’une certaine extériorité manifeste ce qui est purement intérieur.
 
Cette extériorité, c’est le mot. Quand nous cherchons nos mots, nous les cherchons avec d'autres mots. C'est dans les mots que nous pensons, la vraie pensée est le mot même.

b) Roman Jakobson dénombre cinq fonctions du langage : la fonction expressive (expression des sentiments du locuteur), la fonction conative (fonction relative au récepteur), la fonction phatique (mise en place et maintien de la communication), la fonction référentielle (le message renvoie au monde extérieur), la fonction métalinguistique (le code lui-même devient objet du message)

Pour Jakobson, « la visée (Einstellung) du message en tant que tel, l'accent mis sur le message pour son propre compte, est ce qui caractérise la fonction poétique du langage. La fonction poétique n'a pas d'autre finalité qu'elle-même, elle n'instrumentalise pas le langage.

c) Heidegger oppose la "pensée calculante" : la science, la technique à la "pensée méditante" : la philosophie, l'art, la poésie pour laquelle le langage n'est pas un instrument. Ce n'est pas le langage qui est au service de l'homme, mais bien plutôt l'homme qui est au service du langage.

d) "Agis de telle sorte que tu traites l'humanité aussi bien dans ta personne que dans la personne de tout autre toujours en même temps comme une fin et jamais simplement comme un moyen." (Emmanuel Kant)

Reprendre la distinction entre langage/langue et parole et montrer que la parole est le lieu d'une liberté possible : d'asservir ou de ne pas asservir, d'être asservi ou de ne pas être asservi - (cf. Mallarmé : "donner un sens plus pur aux mots de la tribu")

A quelles conditions le langage peut-il cesser d'être un instrument de domination sur autrui ?

Conclusion :

Les techniques modernes de communication cherchent à agir sur autrui, la science parle en langage mathématique, condition d'une action sur les choses. La science et la technique utilisent le langage, en font un instrument toujours plus conforme aux fins que détermine leur essence (cf. Descartes, "Discours de la Méthode", "se rendre comme maîtres et possesseurs de la nature.")

Le langage n'est pas un simple moyen de communication, d'action sur le monde et sur autrui, il n'est pas un instrument au service de la pensée, c'est bien plutôt la pensée qui se tient au service du langage, qui veille sur le langage en répondant à l'appel de l'Etre dont la langage est l'abri. "Plein de mérites, mais en poète, l'homme habite sur cette terre." (Friedrich Hölderlin)


Dernière édition par Robin le Sam 22 Juin 2013 - 9:24, édité 18 fois
Libé-Ration
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par Libé-Ration le Mar 18 Juin 2013 - 23:09
J'ai traité mot pour mot ce sujet avec mes Tales ES - S.

Je suis affligée par les sujets de philo de cette année.
Robin
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Bac Philo 2013, Terminales L : "La langage n'est-il qu'un outil?" Empty Re: Bac Philo 2013, Terminales L : "La langage n'est-il qu'un outil?"

par Robin le Mar 18 Juin 2013 - 23:14
Je n'arrive pas à vous citer Libellule, faute de maîtriser les nouvelles fonctionnalités de néo... Pitié pour les vieux !

Les sujets de cette année étaient en effet assez bateaux dans l'ensemble.


Dernière édition par Robin le Mar 18 Juin 2013 - 23:26, édité 1 fois
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Empereur

Bac Philo 2013, Terminales L : "La langage n'est-il qu'un outil?" Empty Re: Bac Philo 2013, Terminales L : "La langage n'est-il qu'un outil?"

par Oudemia le Mar 18 Juin 2013 - 23:18
@Robin a écrit:Je n'arrive pas à vous citer Libellule, faute de maîtriser les nouvelles fonctionalités de néo... Pitié pour les vieux !

Les sujets de cette année étaient en effet assez bateaux dans l'ensemble.
Robin, il suffit de cliquer sur la dernière icône de la barre d'outils, à droite, celle qui ressemble à une page et propose "basculer le mode d'édition"
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Bac Philo 2013, Terminales L : "La langage n'est-il qu'un outil?" Empty Re: Bac Philo 2013, Terminales L : "La langage n'est-il qu'un outil?"

par Robin le Mar 18 Juin 2013 - 23:19
@Oudemia a écrit:
@Robin a écrit:Je n'arrive pas à vous citer Libellule, faute de maîtriser les nouvelles fonctionalités de néo... Pitié pour les vieux !

Les sujets de cette année étaient en effet assez bateaux dans l'ensemble.
Robin, il suffit de cliquer sur la dernière icône de la barre d'outils, à droite, celle qui ressemble à une page et propose "basculer le mode d'édition"

Merci !
JPhMM
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Demi-dieu

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par JPhMM le Mar 18 Juin 2013 - 23:20
Pour afficher les balises, cliquer là :

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Labyrinthe où l'admiration des ignorants et des idiots qui prennent pour savoir profond tout ce qu'ils n'entendent pas, les a retenus, bon gré malgré qu'ils en eussent. D'ailleurs, il n'y a point de meilleur moyen pour mettre en vogue ou pour défendre des doctrines étranges et absurdes, que de les munir d'une légion de mots obscurs, douteux , et indéterminés. Ce qui pourtant rend ces retraites bien plus semblables à des cavernes de brigands ou à des tanières de renards qu'à des forteresses de généreux guerriers. Que s'il est malaisé d'en chasser ceux qui s'y réfugient, ce n'est pas à cause de la force de ces lieux-là, mais à cause des ronces, des épines et de l'obscurité des buissons dont ils sont environnés. Car la fausseté étant par elle-même incompatible avec l'esprit de l'homme, il n'y a que l'obscurité qui puisse servir de défense à ce qui est absurde. — John Locke

Je crois que je ne crois en rien. Mais j'ai des doutes. — Jacques Goimard
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par Robin le Mar 18 Juin 2013 - 23:25
Merci aussi à JPhMM... Vous êtes vachement balises tous les deux ! Very Happy
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Bac Philo 2013, Terminales L : "La langage n'est-il qu'un outil?" Empty Re: Bac Philo 2013, Terminales L : "La langage n'est-il qu'un outil?"

par Robin le Mar 18 Juin 2013 - 23:27
Fonctionnalités avec deux NN !
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par Nom d'utilisateur le Mer 19 Juin 2013 - 14:19
C'est rudement gentil, je trouve, de risquer des corrigés ici, bravo et merci à vous ! Puissent les collègues le faire plus souvent dans leurs matières respectives.
Evidemment, vous devez être pillé par les malins qui vendent ces choses-là, mais justement : peut-être ces suggestions de plans sont-elles l'occasion de faire un peu de promo pour des idées qu'on aimerait voir sinon partagées, au moins plus largement débattues ? Ce sujet du jour, tellement "bateau",  s'y prête bien.

Quelque remarques en vrac - et bleu. Pas sur ce qui n'est pas dit, juste sur ce qui est dit. Vous ne m'en voudrez pas d'être direct, pure rhétorique du gars un peu pressé :



Typo dans le sujet du fil de discussion "La (sic) langage n'est-il qu'un outil". Quel est exactement le sujet? "La langue" ou "le langage"?

Introduction :
 
"Le langage a été donné à l'homme pour dissimuler sa pensée." Cette maxime (cynique) de Talleyrand suppose que le langage est un outil, un instrument au service de la pensée. 

Entrée en matière jolie et habile, en forme d'écho paradoxal à la question posée, mais abrupte ; et en plus : pourquoi ne pas le réutiliser pour parler du mensonge dans le corps du texte?
 
Un outil est un prolongement de la main. Un marteau, un tournevis, un pince crocodile sont des outils. Le mot outil appartient au même champ sémantique que les mots "utile", "utiliser". Un outil sert à mener à bien une tâche, il est au service d'une intention, il n'existe qu'en fonction d'autre chose, il n'est pas à lui-même sa propre fin : un marteau sert à enfoncer un clou pour accrocher un tableau par exemple.

OK pour l'intro, mais possible d'y revenir dans le développement en exploitant Leroi-Gourhan : externalisation etc.

Dans la conception courante, le langage est un outil au service de la pensée. Les mots servent à exprimer la pensée. Nous penserions d'abord et nous parlerions ensuite. cette conception implique qu'il y aurait une pensée sans langage.
c'est une extrapolation par rapport à la question posée !

Que faut-il penser de cette conception du langage ?
 
Le langage n'est-il qu'un outil ? Poser une telle question sous-entend que le langage peut être effectivement conçu comme un outil, mais la restriction "n'est-il qu'un outil" implique (=> "signifie" /ce n'est même pas une présupposition au sens de Ducrot, cf. les tests qu'il propose/) que le langage pourrait bien ne pas être qu'un outil ou même ne pas être du tout un outil.
 
Nous verrons en quoi le langage peut être considéré comme un outil, puis d'où vient cette conception "instrumentale" du langage et enfin que le langage, "dans son essence" (guillemets à justifier : il relève, selon moi, de notre métier d'enseignant de faire le tri sélectif(c) des guillemets* ^__^) n'est pas un outil.
 
*Heidegger (cité plus bas) a de puissants développements sur certains mots. A-t-il aussi rencontré la ponctuation ?

I/ L'instrumentalisation du langage
 
a) un outil au service de la pensée
 
b) un outil de communication
 
c) un outil au service de la volonté de puissance
 
- sur autrui : la rhétorique (c'est une ("1") ligne possible d'interprétation de la rhétorique, 1 sur les 3 que développe Meyer - par exemple - à la suite de Bühler, voire sur les >3 que chacun peut imaginer), la publicité, la propagande
 
- sur la nature : la science et la technique: le projet cartésien de se rendre "comme maîtres et possesseurs de la  nature" suppose une transformation du langage. "La science est une langue bien faite". Leibniz forme le projet d'une "mathésis universalis", d'un langage qui permette de résoudre tous les problèmes qui se posent à l'esprit humain. Avec Spinoza et surtout Descartes, le raisonnement mathématique devient le critère de la vérité. le langage mathématique Même pas sûr que l'algèbre soit un système sémiotique : de quoi un nombre est-il le signifiant ? Quine avait quelques idées sur la question, je crois. Alors la prise en compte de "langage mathématique" (ou "langage de programmation", "langage formel" etc.) pour traiter ce sujet nécessite un décorticage circonstancié du vocable "langage" dès l'introduction ! , au service de la "pensée calculante" (Heidegger) devient un "outil" qui permet d'agir sur le monde, de le transformer.
 
 
II/ Le langage, dans son essence, n'est pas un instrument
 
a) la conception courante du langage comme expression de la pensée est erronnée (coquille : un seul N) : il n'y a pas de "pensée pure", sans langage. "C'est dans les mots que? nous pensons (Hegel) [au passage, intrigué : où dit-il cela? comment le fait-il en allemand?] . Quand nous cherchons nos mots, nous les cherchons avec d'autres mots. On rétorquera : ça peut se comprendre, on reste dans les mots. Mais quid de la recherche d'une idée ? Quid des cas où le mot, et seulement lui, fait défaut (cf. les néologismes, la génétique des textes, la poésie etc.) ? "Erroné" est trop radical : notre expérience du langage est aussi celle de la distance (cf. aussi la norme, le mot "juste", etc.).
 
 b) Roman Jakobson dénombre cinq fonctions du langage : la fonction expressive (expression des sentiments du locuteur), la fonction conative (fonction relative au récepteur), la fonction phatique (mise en place et maintien de la communication), la fonction référentielle (le message renvoie au monde extérieur), la fonction métalinguistique (le code lui-même devient objet du message) 
Pour Jakobson, « la visée (Einstellung) du message en tant que tel, l'accent mis sur le message pour son propre compte, est ce qui caractérise la fonction poétique du langage. La fonction poétique n'a pas d'autre finalité qu'elle-même, elle n'instrumentalise pas le langage.
Le "message" jakobsonien, unité fondatrice de son système dans l'article auquel vous faites référence, provient de la théorie de l'information de Shannon et Weaver. (cf. sa représentation schématique qui reprend le leur). Il y a de toute façon encodage d'un truc préexistant - une idée, un contenu etc. -, via un code censé partagé de part en part etc. Sa "fonction poétique" présuppose une conception on ne peut plus instrumentaliste du langage. Certes, il y avait "Einstellung" emprunté à la phénoménologie (qu'il avait lue très vite), mais qu'en fait-il vraiment ? Pas grand chose...
 
c) Heidegger oppose la "pensée calculante" : la science, la technique à la "pensée méditante" : la philosophie, l'art, la poésie pour laquelle le langage n'est pas un instrument. pourquoi? Ce n'est pas le langage qui est au service de l'homme, mais bien plutôt l'homme qui est au service du langage. Comment l'homme peut-il être au service de tel ou tel de ses comportements? Autant on imagine sans difficulté l'humain mu par quelque Etre Supérieur ou principe transcendant, ou par ses passions, ou par ses pulsions, ou par des déterminismes sociaux, autant pour l'activité de langage et la symbolisation qu'elle implique, le lecteur a besoin d'un coup de pouce...
 
d) "Agis de telle sorte que tu traites l'humanité aussi bien dans ta personne que dans la personne de tout autre toujours en même temps comme une fin et jamais simplement comme un moyen." (Emmanuel Kant)
 
A quelles conditions le langage peut-il cesser d'être un instrument de domination sur autrui ?

A quel titre un impératif moral figure-t-il dans ce chapitre concernant l'essence du phénomène en question ? Rapport peu clair entre l'essence (quoi que cela signifie !) et ce qui doit être. 
Conclusion :
 
Les techniques modernes de communication cherchent à agir sur autrui, la science parle en langage mathématique, condition d'une action sur les choses. La science et la technique utilisent le langage, en font un instrument toujours plus conforme aux fins que détermine leur essence (cf. Descartes, "Discours de la Méthode", "se rendre comme maîtres et possesseurs de la nature.")
 
Le langage n'est pas un simple moyen de communication, d'action sur le monde et sur autrui, il n'est pas un instrument au service de la pensée, c'est bien plutôt la pensée qui se tient au service du langage, qui veille sur le langage en répondant à l'appel de l'Etre dont la langage est l'abri. [sans explication, cette phrase paraît sibylline, tout comme les citations qui suivent]
 
" Plein de mérites, mais en poète, l'homme habite sur cette terre." (Friedrich Hölderlin)

"La pensée redescendra dans la pauvreté de son essence provisoire. Elle rassemblera le langage en vue du simple dire. Ainsi le langage sera le langage de l'Etre, comme les nuages sont les nuages du ciel. La pensée, de son dire, tracera dans le langage des sillons sans apparence, des sillons de moins d'apparence encore que ceux que le paysan creuse d'un pas lent à travers la campagne." (Martin Heidegger, "Lettre sur l'Humanisme", page 173, éditions Aubier)

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par Robin le Mer 19 Juin 2013 - 22:37
@ nom d'utilisateur

Merci pour votre lecture attentive. Tout à fait d'accord avec vos remarques, y compris à propos de Jakobson, à qui je fais dire sans doute plus qu'il ne dit, au caractère abrupt de l'introduction et de la référence à Kant. Tout cela aurait besoin d'être développé.


Dernière édition par Robin le Jeu 20 Juin 2013 - 23:48, édité 2 fois
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par Palombella Rossa le Jeu 20 Juin 2013 - 8:17
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par Robin le Jeu 20 Juin 2013 - 13:06
@ nom d'utilisateur

" C'est dans les mots que nous pensons. Nous n'avons conscience de nos pensées déterminées et réelles que lorsque nous leur donnons la forme objective, que nous nous les différencions de notre intériorité, et par suite, nous les marquons d'une forme externe, mais d'une forme qui contient aussi de caractère de l'activité interne la plus haute. (…) Et, il est également absurde de considérer comme un désavantage et comme un défaut de la pensée cette nécessité qui lie celle-ci au mot. On croit ordinairement, il est vrai, que ce qu'il y a de plus haut, c'est l'ineffable. Mais c'est là une opinion superficielle et sans fondement ; car en réalité, l'ineffable, c'est la pensée obscure, la pensée à l'état de fermentation, et ce qui ne devient clair que lorsqu'elle trouve le mot. Ainsi le mot donne à la pensée son existence la plus haute et la plus vraie.
Hegel, Philosophie de l'esprit.
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par Robin le Jeu 20 Juin 2013 - 13:51

Marguerite Duraille, L'éveil de Nabilla V. Stein  (écriture d'invention) :

Je veux écrire. Déjà je l'ai dit à ma mère : ce que je veux c'est ça, écrire. Pas de réponse la première fois. Et puis elle demande : écrire quoi ? Je dis des livres, des romans. Elle dit durement : après le CAP coiffure chez Pigier, tu écriras si tu veux, ça ne me regardera plus... Quinze ans et demi. Le corps mince, presque chétif, des seins d'enfant encore, fardée en rose pâle et en rouge. Et puis cette tenue dont tout le monde rigole. Je vois bien que tout est là. Je m'appelle Nabilla V. Stein, il y a du soleil ou de la pluie, je ne sais pas, je ne sais plus, je n'ai jamais su, j'ai tout oublié, sauf ses mains, la douceur de ses mains, ses pieds, son sexe... Dingue de toi ! ... Il y a cet homme, cet impressario venu de Los Angeles... quinze ans et demi, des seins d'enfant, à peine formés... Elle a laissé sa mère et ses deux frères, Caïn et Abel dans le 93, ZEP, méthode globale, activités d'éveil, notices de machines à laver... de Gauche, forcément de Gauche... elle les a laissés... sa mère devant Desperate Housewives, Caïn devant South Park, l'appel au crime et l'autre, le plus jeune, le plus fragile, celui qui ne parle jamais, devant Les Télétubbies... de Droite, forcément de Droite... elle a traversé le fleuve interdit, vers la rive gauche, elle a rejoint l'impressario Porte d'Italie, de l'autre côté du périph., ils ont fait l'amour toute la nuit sous le ventilateur du loft.. Il y a du saucisson et du fromage, mais il n'y a pas de shampooing dans l'armoire... Je suis une fille et il n'y a pas de shampooing, lui a-t-elle dit ... Allo non, mais allo quoi ? Elle a senti flotter ses mains autour de son corps, comme de grandes écharpes de soie rose décolorées dans le couloir de ce bac qu'elle n'a jamais eu à cause de la globale et dont on entend à peine le bruit du moteur, traversant la rivière... Il a ramassé tout ce qu'il a rencontré depuis Bougival. Il emmène tout ce qui vient, des oiseaux morts, des chiens morts, des hommes noyés, des leurres, l'affaire Cahuzac, l'affaire Woerth, des bouteilles de shampooing vides en plastique... tout va vers le Havre, rien n'a le temps de couler, tout est emporté par la tempête profonde et vertigineuse du courant intérieur, tout reste en suspens à la surface de la Seine... La brûlure de cet absence, cette explosion de jouissance dans son corps... La voix de cet homme murmure dans le couloir, ses mains, son sexe, sa voix, sa peau... Elle s'appelle Nabilla V. Stein... Elle est une fille et elle n'a pas de shampooing... Allo quoi ? Alors il a dit : "si tu n'es pas contente, tu peux faire ta valise... L’impressario en Hugo Boss est descendu du 4x4, il ressemble à Daniel Craig dans Skyfall, il fume une cigarette roulée à la main. Il regarde la jeune fille au feutre d’homme, au débardeur mauve et aux baskets vert fluo. Il vient vers elle lentement. C’est visible, il est étonné. Il pense : "Quelle dégaine de pouffe !". Il ne sourit pas tout d’abord. Tout d'abord il lui offre une cigarette. Sa main tremble. Il y a cette différence de race, il n’est pas blanc, il doit la surmonter, c’est pourquoi il tremble. Elle a conduit un camion, elle a appris à faire sa valise, elle a passé des journées entières dans les arbres à se peigner, à se faire des shampooings, à boire du Gigondas, à bouffer des burgers, à écouter Sexion d'Assaut sur son MP3, à regarder NRJ12, à sentir ses cheveux pousser... Il y a du soleil ou de la pluie, je ne sais plus... une valise dans un couloir...Tu es allée à Hiroshima, tu as fait la guerre de 78... non, tu n'es pas allée à Hiroshima, tu n'as rien vu... arrête de boire et laisse tomber le shit... Elle est partie en laissant sa valise avec le shampooing Loréal qui ne lui vaut rien... je ne sais pas, je ne sais plus, je suis si fatiguée, je n'ai jamais rien su, j'ai tout oublié, sauf sa voix, ses mains, ses pieds, son sexe, au-delà de l'oubli... Allo non, mais allo quoi ?...
Palombella Rossa
Palombella Rossa
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par Palombella Rossa le Jeu 20 Juin 2013 - 16:59
@Robin a écrit:

Marguerite Duraille, L'éveil de Nabilla V. Stein  (écriture d'invention) :

Je veux écrire. Déjà je l'ai dit à ma mère : ce que je veux c'est ça, écrire. Pas de réponse la première fois. Et puis elle demande : écrire quoi ? Je dis des livres, des romans. Elle dit durement : après le CAP coiffure chez Pigier, tu écriras si tu veux, ça ne me regardera plus... Quinze ans et demi. Le corps mince, presque chétif, des seins d'enfant encore, fardée en rose pâle et en rouge. Et puis cette tenue dont tout le monde rigole. Je vois bien que tout est là. Je m'appelle Nabilla V. Stein, il y a du soleil ou de la pluie, je ne sais pas, je ne sais plus, je n'ai jamais su, j'ai tout oublié, sauf ses mains, la douceur de ses mains, ses pieds, son sexe... Dingue de toi ! ... Il y a cet homme, cet impressario venu de Los Angeles... quinze ans et demi, des seins d'enfant, à peine formés... Elle a laissé sa mère et ses deux frères, Caïn et Abel dans le 93, ZEP, méthode globale, activités d'éveil, notices de machines à laver... de Gauche, forcément de Gauche... elle les a laissés... sa mère devant Desperate Housewives, Caïn devant South Park, l'appel au crime et l'autre, le plus jeune, le plus fragile, celui qui ne parle jamais, devant Les Télétubbies... de Droite, forcément de Droite... elle a traversé le fleuve interdit, vers la rive gauche, elle a rejoint l'impressario Porte d'Italie, de l'autre côté du périph., ils ont fait l'amour toute la nuit sous le ventilateur du loft.. Il y a du saucisson et du fromage, mais il n'y a pas de shampooing dans l'armoire... Je suis une fille et il n'y a pas de shampooing, lui a-t-elle dit ... Allo non, mais allo quoi ? Elle a senti flotter ses mains autour de son corps, comme de grandes écharpes de soie rose décolorées dans le couloir de ce bac qu'elle n'a jamais eu à cause de la globale et dont on entend à peine le bruit du moteur, traversant la rivière... Il a ramassé tout ce qu'il a rencontré depuis Bougival. Il emmène tout ce qui vient, des oiseaux morts, des chiens morts, des hommes noyés, des leurres, l'affaire Cahuzac, l'affaire Woerth, des bouteilles de shampooing vides en plastique... tout va vers le Havre, rien n'a le temps de couler, tout est emporté par la tempête profonde et vertigineuse du courant intérieur, tout reste en suspens à la surface de la Seine... La brûlure de cet absence, cette explosion de jouissance dans son corps... La voix de cet homme murmure dans le couloir, ses mains, son sexe, sa voix, sa peau... Elle s'appelle Nabilla V. Stein... Elle est une fille et elle n'a pas de shampooing... Allo quoi ? Alors il a dit : "si tu n'es pas contente, tu peux faire ta valise... L’impressario en Hugo Boss est descendu du 4x4, il ressemble à Daniel Craig dans Skyfall, il fume une cigarette roulée à la main. Il regarde la jeune fille au feutre d’homme, au débardeur mauve et aux baskets vert fluo. Il vient vers elle lentement. C’est visible, il est étonné. Il pense : "Quelle dégaine de pouffe !". Il ne sourit pas tout d’abord. Tout d'abord il lui offre une cigarette. Sa main tremble. Il y a cette différence de race, il n’est pas blanc, il doit la surmonter, c’est pourquoi il tremble. Elle a conduit un camion, elle a appris à faire sa valise, elle a passé des journées entières dans les arbres à se peigner, à se faire des shampooings, à boire du Gigondas, à bouffer des burgers, à écouter Sexion d'Assaut sur son MP3, à regarder NRJ12, à sentir ses cheveux pousser... Il y a du soleil ou de la pluie, je ne sais plus... une valise dans un couloir...Tu es allée à Hiroshima, tu as fait la guerre de 78... non, tu n'es pas allée à Hiroshima, tu n'as rien vu... arrête de boire et laisse tomber le shit... Elle est partie en laissant sa valise avec le shampooing Loréal qui ne lui vaut rien... je ne sais pas, je ne sais plus, je suis si fatiguée, je n'ai jamais rien su, j'ai tout oublié, sauf sa voix, ses mains, ses pieds, son sexe, au-delà de l'oubli... Allo non, mais allo quoi ?...

MAGNIFIQUE, Robin ! Immense ! ça dépasse Pascal ! aaiaaiaaiyesyesyesyesyesyesheartsheartsheartshearts

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par Iphigénie le Jeu 20 Juin 2013 - 17:24
ah ouais: grandiose  pompompompompompompompompompommdrmdrmdr


vus comme ça, quel régal, ces sujets d'invention  Laughing
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Bac Philo 2013, Terminales L : "La langage n'est-il qu'un outil?" Empty Re: Bac Philo 2013, Terminales L : "La langage n'est-il qu'un outil?"

par Nom d'utilisateur le Jeu 20 Juin 2013 - 17:28
@Robin a écrit:@ nom d'utilisateur

" C'est dans les mots que nous pensons. Nous n'avons conscience de nos pensées déterminées et réelles que lorsque nous leur donnons la forme objective, que nous nous les différencions de notre intériorité, et par suite, nous les marquons d'une forme externe, mais d'une forme qui contient aussi de caractère de l'activité interne la plus haute. (…) Et, il est également absurde de considérer comme un désavantage et comme un défaut de la pensée cette nécessité qui lie celle-ci au mot. On croit ordinairement, il est vrai, que ce qu'il y a de plus haut, c'est l'ineffable. Mais c'est là une opinion superficielle et sans fondement ; car en réalité, l'ineffable, c'est la pensée obscure, la pensée à l'état de fermentation, et ce qui ne devient clair que lorsqu'elle trouve le mot. Ainsi le mot donne à la pensée son existence la plus haute et la plus vraie.
Hegel, Philosophie de l'esprit.

Oui, merci, je découvre grâce à vous que cette citation (trad. de A. Vera) est souvent utilisée pour le bac. Comme subodoré, ce n'est pas des mots qu'il parle, mais bien des noms : "Es ist in Namen, daß wir denken" (Hegel, Encyclopédie des sciences philosophiques. "Philosophie de l'esprit", § 462)

(et le découpage indiqué dans ces citations n'est pas exact ; cf. la page correspondante du texte allemand sur zeno.org : ICI)


Dernière édition par Nom d'utilisateur le Jeu 20 Juin 2013 - 17:29, édité 1 fois
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par Olympias le Jeu 20 Juin 2013 - 17:28
Fantastique Robin !!!!!yesyes yesyes yesyes
Robin
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Neoprof expérimenté

Bac Philo 2013, Terminales L : "La langage n'est-il qu'un outil?" Empty Re: Bac Philo 2013, Terminales L : "La langage n'est-il qu'un outil?"

par Robin le Jeu 20 Juin 2013 - 21:53
@Nom d'utilisateur a écrit:
@Robin a écrit:@ nom d'utilisateur

" C'est dans les mots que nous pensons. Nous n'avons conscience de nos pensées déterminées et réelles que lorsque nous leur donnons la forme objective, que nous nous les différencions de notre intériorité, et par suite, nous les marquons d'une forme externe, mais d'une forme qui contient aussi de caractère de l'activité interne la plus haute. (…) Et, il est également absurde de considérer comme un désavantage et comme un défaut de la pensée cette nécessité qui lie celle-ci au mot. On croit ordinairement, il est vrai, que ce qu'il y a de plus haut, c'est l'ineffable. Mais c'est là une opinion superficielle et sans fondement ; car en réalité, l'ineffable, c'est la pensée obscure, la pensée à l'état de fermentation, et ce qui ne devient clair que lorsqu'elle trouve le mot. Ainsi le mot donne à la pensée son existence la plus haute et la plus vraie.
Hegel, Philosophie de l'esprit.

Oui, merci, je découvre grâce à vous que cette citation (trad. de A. Vera) est souvent utilisée pour le bac. Comme subodoré, ce n'est pas des mots qu'il parle, mais bien des noms : "Es ist in Namen, daß wir denken" (Hegel, Encyclopédie des sciences philosophiques. "Philosophie de l'esprit", § 462)

(et le découpage indiqué dans ces citations n'est pas exact ; cf. la page correspondante du texte allemand sur zeno.org : ICI)

La traduction de "Namen" par "mots" déforme en effet la pensée de Hegel. "Namen" (le nom) renvoie aux catégories fondamentales de la métaphysique, à la substance des Romains et à l'"upokaïmenon" des Grecs, le "se tenir là devant", que les Romains traduisent par le "ce qui demeure par dessous", et bien entendu Thomas d'Aquin (Dieu), Spinoza (Deus = Substantia = Natura) et Descartes dans le passage des Méditations sur le morceau de cire, par opposition aux accidents (les qualités contingentes) qui s'exprime dans les adjectifs qualificatifs et au mouvement qui s'exprime dans les verbes.
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