Prononciation des esprits rudes en grec ancien

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Re: Prononciation des esprits rudes en grec ancien

Message par Lefteris le Dim 28 Juil 2013 - 11:54

@Dragonetto a écrit:Bonjour à tous,Very Happy 

Je me posais une question en tant qu'autodidacte débutant en grec ancien : comment faut-il prononcer les esprits rudes si jamais je dois passer un examen à l'oral dans une université française ou si je dois lire un texte en grec ancien lors d'un oral de concours comme le CAPES ?heu 

Je bute pas mal sur les mots qui débutent par un esprit rude, car la prononciation dite érasmienne que m'avait conseillée un enseignant de lettres classiques (parce que plus courante dans le milieu scolaire) ne fait pas entendre les esprits rudes ("udor" au lieu de "hudor" par exemple) si j'ai bien compris, mais je trouve que le fait de faire entendre l'esprit rude est un bon moyen mnémotechnique pour retenir la graphie (même si du coup on est dans la prononciation "restituée" plutôt là), ce qui fait que j'hésite perpétuellement entre les deux façons de lire.

En tant qu’entièrement autodidacte en grec ancien, je pense que respecter certains faits de langue, comme les aspirations , les αυ prononcés [aw] , placer l’accent si possible l’accent permet de mieux mémoriser, et aide à prendre directement les bonnes habitudes, d’autant plus que dans de nombreux cas esprits et accents sont discriminants et liés à la morphologie.
cela peut même aider (repérage des contractions, par exemple). Même si l’on sait que l’on ne connaîtra jamais la prononciation exacte de Démosthène (mais connaît-on exactement celle de Chateaubriand ? ) , même si l’on sait que tout le monde ne prononçait pas pareil, et qu’il y a eu des variantes selon les époques. Cela rend compte de traits essentiels de la langue.
J’ai appris principalement avec la méthode de Vernhes , mais en consultant parallèlement d’autres ouvrages (étant adulte et donc plus motivé et curieux, l’histoire de la langue m’intéressait), et pour des raisons trop longues à expliquer ici je suis convaincu après mûr examen (et comparaison avec les cours de fac , ultérieurement) par sa théorie considérant que les ει et ου , même issus d’allongements compensatoires, se prononcent [eil] et [ou] en attique classique (analogie, influence de l’écrit, fermeture du second élément, etc.) et non [ee] et [oo]. L’intérêt de ceci est également de bien entendre ces sons à l’oreille, et là encore de mémoriser.
Pour le placement de l’accent, même si l’on se trompe en en faisant plutôt un accent uniquement d’intensité, ça reste bénéfique pour le jour éventuel où il faut accentuer (thème), et aussi accessoirement pour apprendre le grec moderne, qui a gardé fidèlement la place des anciens accents, qui sont devenus uniquement toniques.

Ceci dit, j’ai été très gêné, et j’avais aussi peu d’en faire trop quand je suis allé à la fac sur le tard, et encore plus tard en préparant les concours, après avoir entendu des enseignants n’aspirant jamais et prononçant φεῦ [feu] et αὐτός [otos], donc j’ai coupé la poire en deux , et ça ne m’a jamais nuit aux concours, en prononçant les ew et aw , en aspirant légèrement surtout à l’initiale, et basta. Ca ne déroute personne, jamais on ne m’a fait une réflexion sur ma lecture, ni au capes ni à l’agreg.
Si j’avais utilisé la prononciation moderne (qui provient de diverses évolutions phonétiques), je pense que cela m’aurait desservi, d’autant que la monophtongaison et le iotacisme rendent des mots anciens totalement incompréhensibles. J’ ai connu des collègues qui roulaient les -ρ sans que cela ne les pénalise (personnellement, je m’en abstiens en grec comme en latin, parce que certains élèves ont du mal à rouler les –r, et portent leur effort sur ce point au lieu de se concentrer sur autre chose).

J’ai tenu compte de ces réflexions quand j’ai enseigné le grec (qui vient de disparaître), et noté en bonus l’accentuation correcte dans la déclinaison d’un mot, sans pénaliser les fautes, et les plus consciencieux parviennent plus rapidement qu’on ne le croit à accentuer correctement un mot de trois syllabes. Pour les esprits, ils font partie de l’orthographe du mot, il n’est pas plus difficile de les mémoriser à la fois en prononçant l’aspiration initiale et en photographiant le mot dans sa tête.

Lefteris
Guide spirituel


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Re: Prononciation des esprits rudes en grec ancien

Message par Nom d'utilisateur le Lun 29 Juil 2013 - 15:12

Cripure a écrit:
Pour le collègue qui parle de l'accent comme d'une fonction expressive, en grec ancien, ce n'est pas exact. L'accent est aussi discriminant.

La commande "rechercher dans la page" ne permet pas d'identifier ce collègue dans la discussion, personne n'a parlé de "fonction expressive", apparemment.
A moins qu'il n'y ait confusion. J'ai parlé pour mon compte d'une toute autre fonction : on qualifie traditionnellement de "contrastive" (ou "culminative") la fonction de l'accent de mot, puisqu'une syllabe accentuée contraste avec les autres syllabes dans la chaîne. Alors qu'un phonème s'oppose aux autres phonème licites à la même place.
Enfin, la loi de limitation et les mécanismes mentionnés par exemple dans l'article que je citais, réduisent le caractère discriminant de l'accent en grec ancien, ce qui permet de comprendre - sinon de souhaiter - la pratique qui consiste à ne pas le réaliser. On comparera avec les langues à accent dit "libre" (langues germaniques, slaves de l'Est et du Sud, japonais etc.).

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Re: Prononciation des esprits rudes en grec ancien

Message par User5899 le Mar 30 Juil 2013 - 18:00

@Nom d'utilisateur a écrit:
Cripure a écrit:
Pour le collègue qui parle de l'accent comme d'une fonction expressive, en grec ancien, ce n'est pas exact. L'accent est aussi discriminant.

La commande "rechercher dans la page" ne permet pas d'identifier ce collègue dans la discussion, personne n'a parlé de "fonction expressive", apparemment.
A moins qu'il n'y ait confusion. J'ai parlé pour mon compte d'une toute autre fonction : on qualifie traditionnellement de "contrastive" (ou "culminative") la fonction de l'accent de mot, puisqu'une syllabe accentuée contraste avec les autres syllabes dans la chaîne. Alors qu'un phonème s'oppose aux autres phonème licites à la même place.
Enfin, la loi de limitation et les mécanismes mentionnés par exemple dans l'article que je citais, réduisent le caractère discriminant de l'accent en grec ancien, ce qui permet de comprendre - sinon de souhaiter - la pratique qui consiste à ne pas le réaliser. On comparera avec les langues à accent dit "libre" (langues germaniques,  slaves de l'Est et du Sud, japonais etc.).
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