poème Lise de Hugo

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

poème Lise de Hugo

Message par manious le Jeu 19 Sep 2013 - 17:00

Je pensais travailler ce poème avec les 4èmes. Est-ce que quelqu'un l'a déjà travaillé en lecture analytique. Est-ce que les élèves ont accroché. Il est vrai que ce poème est un peu long mais il me semble simple à comprendre. Merci.

manious
Niveau 9


Revenir en haut Aller en bas

Re: poème Lise de Hugo

Message par babette le Jeu 19 Sep 2013 - 17:43

Je ne connaissais pas ce poème Hugo (honte à moi ma fille s'appelle Lise Embarassed ) il est très joli, je pense qu'il est tout à fait possible de l'étudier en classe.

_________________
« Si ton rève se réalise, c'est qu'il n'était pas assez beau."
Proverbe chinois.

babette
Expert


Revenir en haut Aller en bas

Re: poème Lise de Hugo

Message par retraitée le Jeu 19 Sep 2013 - 17:47

Je l'ai étudié. C'était il y a longtemps. pense à le rapprocher de l'histoire de Francesca da Rimini.

Dante, chant V de l'Enfer dans la Divine Comédie.


— « Poète, j'aimerais adresser la parole
À ces deux ombres-là, couple enlacé qui vole
Et qui semble flotter si léger sous le vent. »
— « Attends, » répondit-il, « qu'elles soient rapprochées ;
Alors, par cet amour qui les tient attachées,
Tu les conjureras de venir un moment. »
Dès que vers nous le vent les eut comme inclinées,
Je m'écriai : « Venez, ombres infortunées,
Si rien ne le défend, oh ! venez nous parler ! »
Comme on voit deux ramiers, que le désir convie,
Tendre vers le doux nid l'aile ouverte, affermie,
Et, portés par l'amour, de par les airs voler.
Ainsi sortant des rangs où Didon se lamente,
Le couple vint à nous à travers la tourmente,
Si touchant fut mon cri, tant mon appel pressant.
— « O toi, » dit l'un, « aimable et bonne créature,
Qui viens nous visiter dans la contrée obscure,
Quand le monde est encor rouge de notre sang !
Si le Roi tout-puissant nous était moins contraire,
Nos vœux l'invoqueraient pour ta paix, ô mon frère,
Puisque ton cœur s'émeut au séjour malfaisant.
Tout ce qu'il vous plaira de dire ou bien d'entendre,
Nous pourrons l'écouter, nous pourrons vous l'apprendre,
Pendant que l'ouragan se tait comme à présent.
La terre où je naquis de la mer est voisine,[13]
De la mer azurée où le Pô s'achemine
Pour y trouver la paix avec ses affluents.
Amour dont un cœur noble a peine à se défendre
Fit chérir mes attraits, aujourd'hui vaine cendre,
Le coup qui les ravit saigne encore à mes flancs !
Amour qui nous contraint d'aimer quand on nous aime,
De son bonheur à lui si fort m'éprit moi-même,
Que cette ardeur toujours me brûle, tu le vois.
Amour à tous les deux nous a coûté la vie;
Mais la Caïne[14] attend celui qui l'a ravie. »
L’air nous porta ces mots d» la plaintive voix.
Entendant ces douleurs, moi je penchai la tête,
Tenant les yeux baissés, tant qu'enfin le poète :
« Or à quoi penses-tu? Pourquoi baisser les yeux? »
Lorsque je pus répondre : « Hélas, âmes blessées !
Quels enivrants désirs, quelles douces pensées
Ont dû les entraîner au terme douloureux ! »
Puis vers eux me tournant : « Françoise, infortunée ! »
M’écriai-je, « mon cœur a plaint ta destinée;
Le récit de tes maux me rend triste à pleurer.
Mais dis-moi, dans le temps des doux soupirs, pauvre âme !
Comment, à quoi l'amour vous révéla sa flamme,
Ces désirs qui d'abord n'osaient se déclarer? »
Il n'est pas de douleur plus grande et plus amère
Qu’un souvenir des temps heureux dans la misère !
« Ton maître le sait bien, » me répondit la voix.
Mais puisque tu parais si désireux d'entendre
Comment dans notre cœur fleurit cet amour tendre,
Je parlerai comme qui pleure et parle à la fois.
Ensemble nous lisions l'histoire enchanteresse
De Lancelot épris d'amour pour sa maîtresse.
Nous étions seuls alors, innocents et sans peur.
Maintes fois soulevant nos regards de la page,
Nous nous rencontrions et changions de visage.
Mais ce fut un seul mot qui vainquit notre cœur.
Arrivés au passage où l'amant de Ginèvre
Baise enfin le sourire envié sur sa lèvre.
Celui qu'on ne peut plus me ravir, tout tremblant,
Se suspend à ma bouche et d'un baiser m'enivre.
Le Galléhaut[15] pour nous fut l'auteur et son livre :
Et nous ne lûmes pas ce jour-là plus avant. »
Ainsi l'ombre parlait; l'autre avec violence
Pleurait en l'écoutant et gardait le silence.
Et moi je me sentis mourir de son transport,
Et tombai sur le sol comme tombe un corps mort.

retraitée
Vénérable


Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum